Couvre-feux, menace d'état d'urgence : qu'a annoncé Sébastien Lecornu ?
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Chapitres
Répartition du ton (temps de parole politique)
Propositif 10 %Attaque 30 %Défensif 60 %
Questions et réponses
Taux de réponse directe : 90 % (directe = 1, partielle = 0,5, éludée = 0)
- 0:01OuverteRéponse partielle
Quel était le ton général et quels sont les grandes lignes de ce qui a été annoncé ?
- 3:22OuverteRéponse directe
Est-ce que Sébastien Le Cornu fait l'effort de distinguer manifestants et casseurs ?
- 3:59OuverteRéponse directe
Sur le couvre-feu, est-ce que tu peux nous en dire un peu plus ?
- 5:18OuverteRéponse directe
Sébastien Lecornu s'est-il exprimé sur les violences policières ?
- 6:29OuverteRéponse directe
Est-ce que la cellule de crise était opportune ?
Affirmations vérifiables (citations exactes)
- 1:56Sébastien LecornuPromesse
« chômage partiel dès demain pour les commerces qui ont été touchés »
- 1:56Sébastien LecornuChiffre
« 200 enquêteurs mobilisés à Paris pour analyser les images sur les réseaux sociaux »
- 5:18Sébastien LecornuFait
« si c'était nécessaire nous pourrons en effet instaurer l'état d'urgence mais que pour l'instant le couvre-feu lui semblait plus proportionné »
- 5:51Lisa GulmanFait
« on a vu la troupe charger massivement les manifestants dans l'après-midi et attaquer des gens qui n'avaient rien fait »
- 7:06Lisa GulmanFait
« le couvre-feu a déjà été instauré en Guadeloupe »
Temps de parole
- ?99 %
≈ 0 interruption / 10 min (chevauchements et interjections détectés).
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Emmanuel Macron avait pris la parole pour ne rien dire le dimanche 18 octobre, c'est donc Sébastien Le Cornu qui s'est chargé des basses besognes ce lundi 19 à l'issue d'une cellule de crise interministérielle faisant suite aux violences et aux pillages observés en marge de la manifestation du samedi 17 octobre. Couvre-feu partiel, menace de recourir à l'état d'urgence, promesse de condamner rapidement les casseurs. Pour faire le point sur les annonces du Premier ministre, je suis avec Lisa Gulman du service actualité de l'Humanité. Salut Lisa. Salut Cyprien. Euh donc tu as suivi ces annonces de donc du Premier ministre.
Quel était le ton général et quels sont bah les grandes lignes de ce qui a été ? Bah écoute, le ton général n'était pas à l'excuse hein contrairement à Laurent Nunez donc le ministre de l'Intérieur qui était invité ce matin sur France Inter. Alors avant la prise de parole de Le Cornu, il faut savoir que tous les ministres pratiquement sont allés en plateau dans les matinales faire le service après-vente. Euh écoute, le ton était bah déjà euh d'emblée Le Cornu a réaffirmé son soutien à Laurent Nunez donc qui avait présenté sa démission Emmanuel Macron qui lui l'a refusé.
Pour la faillite sécuritaire ce soir-là Euh voilà, après euh le ton ça a été effectivement un ton très sécuritaire hein d'autre façon depuis samedi on est sur euh une réponse au ni niveau de de l'ordre hein. Euh donc comme tu dis une annonce de couvre-feu donc euh localisée euh dans les centres-villes donc ça ce sera aux préfets de prendre la décision. Enfin c'est ce qu'il dit mais en fait on sait que l'ordre va émaner euh de l'Intérieur du ministère de l'Intérieur.
Il y a des il y a des exemples qui ont été donnés de ce que ce serait concrètement ce couvre-feu Non non, il y a pas d'exemples qui ont été donnés mais Il il me semble qu'il y a juste une ils ont notamment cité le le Quartier de la République en Île-de-France où il y aura pas de couvre-feu sur tout Paris en prenant l'exemple de Paris. République, ça fait euh Les Halles, Châtelet, ça pourrait Voilà, bon après ils ont ils il a pas euh été catégorique mais effectivement euh ça pourrait être comme ça des endroits très très localisés donc d'ailleurs c'est un petit peu étrange parce que euh on peut imaginer que les foules se déplacent, donc voilà.
Euh, des des mesures de soutien pour économiques de pour les commerçants, donc chômage partiel dès demain pour les commerces qui ont été touchés, la création d'un fait d'un fond pardon de soutien spécifique pour les trésoreries et euh des discussions avec les assurances pour accélérer accélérer pardon les les expertises, simplifier les démarches, aussi une opération judiciaire massive, il a employé ce mot avec 200 enquêteurs mobilisés à Paris pour analyser les images sur les réseaux sociaux, des vidéos surveillance pour samedi prochain comme il y a une une annonce de d'acte 2 de la mobilisation, donc un renforcement des effectifs parce que c'est Laurent Nunez ce matin sur France Inter a reconnu qu'il y avait une faille dans l'anticipation des effectifs de euh de police euh et surtout Nunez pardon Le Cornu encore une fois l'ultra gauche, donc il a accusé de vouloir organiser un désordre profond jusqu'à l'élection présidentielle, rappelons quand même que la procureure de Paris Laura ce matin a a insisté sur le fait que pour l'instant on ne pouvait pas imputer les violences à l'ultra gauche.
Voilà, donc un ton C'est intéressant parce que même hier donc Emmanuel Macron dimanche soir prend la parole et il fait quand même l'effort, c'est pas pour donner le bon point à Macron, mais il fait l'effort de distinguer les manifestants et leurs revendications légitimes, revendications qu'il n'écoutera pas dont il se fiche bien mais en tout cas de dire qu'il y a des gens qui ont manifesté dans le cadre habituel de manifestation et que il y a eu ensuite du des casseurs des pilleurs.
Euh, est-ce que Sébastien Le Cornu lui fait cet effort-là ou est-ce que ses déclarations de ce matin sont uniquement tournées vers la question des casseurs des pilleurs comme s'il n'y avait eu que ça en fait samedi, comme si la journée de samedi se résumait à ça. Justement en fait, il a évoqué donc les manifestations au moment de l'ultra gauche en disant que justement il ne laisserait pas l'ultra gauche donc saper la campagne présidentielle et le droit de manifester. Oui, donc sous-entendu oui oui. Voilà l'ultra gauche quoi. Ouais d'accord.
Donc aucun mot sur les revendications par ailleurs qui se sont exprimées ce qu'on pouvait imaginer que le la cellule de crise ne cherche pas uniquement à répondre au pillage mais aussi à répondre aux revendications qui se sont exprimées cette journée-là, c'est pas le cas. On va le préciser. Euh sur le couvre-feu, c'est quand même pas rien euh un couvre-feu il y a des précédents évidemment dans l'histoire du maintien de l'ordre j'ai envie de dire à la française sur les couvre-feux euh est-ce que tu peux nous en dire un petit peu plus ?
Euh oui alors sur les couvre-feux la dernière fois qu'on a eu comme ça des couvre-feux massifs donc imposés par le ministère de l'Intérieur aux préfets, c'était lors des de l'affaire Nahel et des émeutes qui s'en étaient suivies dans les banlieues donc euh on a eu aussi des couvre-feux en 2005. Donc tu vois au moment des vraiment de de des grosses mobilisations de ce qu'on appelle ce que les pouvoirs publics appellent les violences urbaines. Euh sachant que quand même il faut rappeler que on a de plus en plus de couvre-feux par arrêtés municipaux. Euh voilà mais là c'est vraiment le couvre-feu instauré par le ministère de l'Intérieur. Oui.
Euh et sachant que comme tu le disais euh Sébastien Lecornu a a répondu à un journaliste qui lui demandait s'il y aurait possiblement un état d'urgence, il a répondu euh si c'était nécessaire nous pourrons en effet instaurer l'état d'urgence mais que pour l'instant le couvre-feu lui semblait plus proportionné. Mais je pense qu'il faut s'attendre à une peut-être une logique d'escalade parce que là j'ai pas l'impression qu'on soit dans une logique justement de d'apaisement des choses. du tout.
D'ailleurs ce qui aurait pu être un facteur d'apaisement c'est aussi que Sébastien Lecornu s'exprime sur les violences policières puisque ce qu'on a vu samedi il faut quand même le rappeler on a vu effectivement euh des des scènes de pillage et cetera dans Paris notamment pas que dans Paris mais notamment dans dans les grandes villes on va dire. Et à Paris singulièrement euh avec très peu de d'interventions policières pour arrêter ces gens-là. Par contre on a vu la troupe charger massivement les manifestants dans l'après-midi et attaquer des gens qui n'avaient rien fait quand même. On a eu quand même des vidéos là-dessus.
Donc on a on a quand même une grosse question sur l'usage de la police dans cette journée qui a plus servi à matraquer des manifestants qui pour le coup étaient ceux qui exprimaient les fameuses revendications légitimes dont on parlait Emmanuel Macron et pas du tout pour assurer vraiment une mission de sécurité pour le coup, c'est-à-dire éviter que des gens détruisent des magasins et et et volent.
Alors c'est une grosse question pour nous mais visiblement pas pour lui puisque la seule fois où il a évoqué les violences policières, c'était là encore en répondant à la question d'un journaliste euh en disant "Depuis 3 semaines, on nous explique que la police tue euh et blesse et depuis 2 jours, on nous demande où était la police." Et euh il a dit dit que c'était une schizophrénie bien française. D'accord. Donc euh pour lui, on va oui que on on est forcément pro-police ou anti-police, on ne peut pas juste distinguer une mission de la police. bah il continue dans dans la lignée de d'Emmanuel Macron qui avait appelé justement à choisir son camp dès samedi.
On avait déjà entendu cet argument euh on vous êtes bien contents d'avoir les policiers qu'on sait le bataillon et cetera. On avait déjà ces arguments-là absolument dégueulasses euh il faut quand même le dire qu'ils sont assez enfin c'est quand même la la six elle est quand même assez atroce. Quand même parce que Laurent Nunez était présent et a dit qu'il pourrait y avoir une réflexion sur le schéma du maintien de l'ordre. Bah alors après dans quel ? Est-ce que c'est pour le renforcer ou bien aller vers la désescalade comme on le demande depuis enfin le demandent les manifestants depuis 3 ?
Peut-être mentionner que le couvre-feu a déjà été instauré en Guadeloupe puisque euh évidemment les les le mouvement social en France n'est pas uniquement en métropole, il est aussi très fort en outre-mer où la question de la vie chère se se se se pose de manière beaucoup plus aiguë et de c'est c'est pas nouveau évidemment, il y a déjà eu des mouvements sociaux de de très depuis très longtemps en Guadeloupe notamment et donc couvre-feu en Guadeloupe depuis depuis dimanche, voilà, déjà. C'est souvent l'outre-mer qui sert de d'ailleurs de ballon de de ballon d'essai avant de avant de de systématiser les procédures de répression.
Euh est-ce que tu voulais nous rajouter quelque chose ou est-ce que tu as fait le tour de ce qu'il fallait retenir donc de cette intervention de Sébastien ? Donc rappelle cellule de crise interministérielle qui s'est tenue que lundi un peu tardivement d'ailleurs on peut peut-être poser la question quand même.
D'opposition l'ont l'ont refait remarquer parce que bon la crise c'était samedi dimanche il y avait encore quand même quelques pillages voilà c'est surtout je pense une manière de d'amener d'amener le pion si je puis dire au RN en disant nous aussi on est là avec nos mesures sécuritaires parce que voilà bien sûr le risque c'est que tout ça profite au rassemblement national d'ailleurs Jordan Bardella a fait sa conférence de presse au même moment que la tenue de cette cellule interministérielle.
Tout à fait et ben merci beaucoup Lisa d'avoir apporté ces éclaircissements sur la question donc des couvre-feux qui seront donc potentiellement effectifs à la discrétion des préfets mais évidemment les préfets étant les obligés de l'État on voit bien qui sont les donneurs d'ordre. Merci beaucoup. Au revoir.
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