Les ambitions contrariées de Sébastien Lecornu
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Chapitres
Affirmations vérifiables (citations exactes)
- 1:16Fait
« la perspective croissante d'un second tour de l'élection présidentielle entre Marine Le Pen et Jean-Luc Mélenchon »
- 1:52Fait
« son bilan à Matignon n'est pas si mauvais. apprécié du centre, négociateur habile, il ne s'est pas mis trop de monde à dos à droite »
- 2:28Fait
« les incendies prenaient une telle ampleur que tout abandon de poste en ce moment crucial n'était pas concevable »
- 3:04Fait
« plus le feu progresse, plus son image se ternit »
- 3:38Fait
« le conseil des ministres de ce matin, à l'issue duquel tout le monde aurait dû repartir avec un beau sourire en souhaitant de bonnes vacances, va sans doute ressembler à une réunion de crise »
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7h 9h Europein matin [musique] 8h-10 sur Europous. Il est l'heure de retrouver l' dito politique du jour avec Jean-Christophe Buisson. Bonjour Jean-Christophe. Bonjour Alexis. Bonjour à tous. Journaliste au Figaro. Et ce matin vous vouliez nous parler des ambitions contrariées de Sébastien Lecornu. Oui mais auparavant je voudrais faire un petit détour par le cyclisme au lendemain de la fin du Tour de France parce que la politique c'est parfois un peu comme le vélo de haute compétition. Ouais. Si vous voulez vous échapper du pleloton et affirmer des ambitions de victoire, il faut le faire au bon moment, ni trop tôt ni trop tard au bénéfice d'une préparation minutieuse et discrète en jouant si possible au maximum l'effet de surprise et avec la certitude que vos coéquipiers vont vous épauler
efficacement. Le problème, c'est que tout cela ne suffit pas toujours. Il y a toujours les conditions extérieures, les impondérables, le diabolique détail non prévu, le caillou tombé du ciel dans la chaussure pourtant bien fermé. On a encore tous en tête la chute de l'américain Sebus samedi dernier alors qu'il allait remporter l'étape mythique de l'Alpe du en solitaire. Et bien le Premier ministre Sébastien Lecnu depuis quelques jours a sans doute le sentiment de vivre la même chose. Tout semblait bien parti pour réussir son début d'échapper et puis soudain l'accident imprévu. En l'occurrence pour lui les dramatiques feux de forêt qui ravagent la Gironde et les Landes depuis une semaine. Expliquez-nous tout cela Jean-Christophe. Et bien depuis quelques
jours, face à la perspective croissante d'un second tour de l'élection présidentielle entre Marine Le Pen et Jean-Luc Mélenchon, avec la bonne dynamique du chef des insoumis et le tassement des intentions de vote pour les candidats du bloc central comme Gabriel Atal ou Édouard Philippe, l'hypothèse de voir le premier ministre se lancer dans la course ne cessait de grandir. Un jour, c'était un sondage où des sympathisants du parti présidentiel disaient le préféré majoritairement aux deux anciens premier ministres. Le lendemain, c'était une grande interview à la fois politique et personnelle dans Paris Match qui ressemblait à si méprendre d'un ballon d'essai lancé dans l'opinion publique. Un autre jour, c'était des proches d'Emmanuel Macron qui laissait entendre qu'il était le
favori du président, ce qui n'est d'ailleurs pas forcément un atout. Bref, à la veille du dernier conseil des ministres avant quelques semaines de repos, il paraissait évident que tout le monde allait partir avec cette petite musique dans la tête et si c'était lui ? Après tout, son bilan à Matignon n'est pas si mauvais. apprécié du centre, négociateur habile, il ne s'est pas mis trop de monde à dos à droite, sa famille d'origine vers laquelle il a envoyé des messages forts ces derniers temps. Ainsi, quand il a annoncé saisir le Conseil constitutionnel après le vote de la loi créant un droit à l'aide à mourir ou quand il a tout fait contre la volonté de sa ministre de la transition écologique pour éviter un débat à l'assemblée sur une mesure de la loi d'urgence agricole liée au pesticides
dont beaucoup de députés de gauche demandaient la suppression. Oui, d'ailleurs la ministre en question Monique Barbu en avait été affecté au point de proposer sa démission que le président de la République avait finalement refusé. He oui, c'était mercredi dernier et une des raisons pour lesquelles elle avait accepté de rester était le fait que les incendies prenaient une telle ampleur que tout abandon de poste en ce moment crucial n'était pas concevable. Mais ces feux ont une autre conséquence directe sur Sébastien Lecnu. D'abord, ils ont éteint toute attention de l'opinion publique ou des médias sur ces éventuels désir d'Élysée. Quand un tel drame se produit, tout le monde se désintéresse de ce type d'initiative personnelle. Le Premier ministre lui-même, et c'est à
son honneur, n'y songe même plus quand il est concentré sur la tragédie en cours. Le problème est que plus le feu progresse, plus son image se ternit. De partout fuse les critiques sur la gestion de ce drame national. à gauche, à droite, chez LFI, chez les écolos. Ce ne sont hilas pas des trompes d'eau mais de blâ qui se déversent sur lui et son gouvernement notamment sur le ministre de l'intérieur Laurent Nouz à qui on reproche à tort ou à raison de ne pas avoir pris assez tôt la mesure de la catastrophe. Résultat, le conseil des ministres de ce matin, à l'issue duquel tout le monde aurait dû repartir avec un beau sourire en souhaitant de bonnes vacances, va sans doute ressembler à une réunion de crise avec des consignes peut-être seulement écrites si le
premier ministre est encore à faune comme il était hier à Saint-Étienne du Rouvreil où il n'a pas pu prendre lui-même la parole. Lors de la commémoration du 10e anniversaire de l'assassinat du père Amel par un islamiste, un frodien vous dirait que la voix pour le cornu était si étroite pour se faufiler dans une échappée présidentielle qu'il a fini par la perdre. Affaire à suivre donc merci beaucoup Jean-Christophe Buisson. C'était votre édito. Je rappelle que vous êtes journaliste au Figaro et que c'estdito cet édito pardon il est à retrouver sur europein.fr. Merci à tous d'écouter Europin matin 7h54. Restez bien avec nous dans dans quelques instants. Euh à 8h12, il y aura la grande interview Europe C News avec Hotman Nasrou, le secrétaire général général des républicains. Et puis votre
journal arrive, la météo est le sein du jour. À tout de suite sur rep 7h 9h.
Sébastien Lecornu