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Discours / meetingMathilde Panot· 31 janvier 2018 5 minAutoproduitFond programmatiqueEnvironnement & énergieÉconomie & entreprisesInstitutions & élections

«LIBÉRER LES ÉNERGIES PEUT SE RÉVÉLER DANGEREUX QUAND ON PARLE DU NUCLÉAIRE» - Mathilde Panot

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Chapitres

Répartition du ton (temps de parole politique)

Propositif 30 %Attaque 50 %Défensif 20 %

Affirmations vérifiables (citations exactes)

  • Mathilde PanotChiffre
    « Sur 58 réacteurs nucléaires, elle relevait que 29 présentaient des réseaux de tuyauterie rongés par la rouille à cause du manque d’entretien. »
  • Mathilde PanotFait
    « Les failles dans la cuve de l’EPR ont mis à jour 471 anomalies sur des pièces forgées dans l'usine Areva du Creusot qui touchent la majorité des centrales ainsi que des documents falsifiés. »
  • Mathilde PanotChiffre
    « Que 80% des activités nucléaires soient réalisées par des travailleurs d'entreprises sous-traitantes sans statut protecteur est un fait ahurissant au regard de l’importance stratégique du secteur. »
  • Mathilde PanotPromesse
    « Nous proposons de sortir de l’énergie nucléaire en se dotant d’un plan qui nous permettrait de nous en passer d’ici 2050, et même avant si possible. »
  • Mathilde PanotChiffre
    « Le gouvernement accepte d’engager 100 milliards dans le grand carénage, pour rafistoler les centrales. »

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Mathilde Panot

Merci Monsieur le Président, Madame la Présidente de la commission, cher.e.s collègues, Je commence par dire que je me réjouis de la proposition de cette commission d’enquête. Avec notre groupe parlementaire, nous avons alerté à plusieurs reprises sur l’état des installations nucléaires françaises. J’espère que cette commission d’enquête permettra avec sérieux de montrer la folie vers laquelle nous entraine l’actuelle direction nucléaire d’EDF qui continue à affirmer comme un dogme d’Etat que des réacteurs ne pourront pas être fermées avant 2029 et que des centrales peuvent être sans problème prolongées jusqu’à 50 à 60 ans. Il faut, chers collègues, agir avant qu’il ne soit trop tard.

Le 12 octobre 2017, l’Autorité de sûreté nucléaire considérait que la situation du parc nucléaire était « préoccupante ». Sur 58 réacteurs nucléaires, elle relevait que 29 présentaient des réseaux de tuyauterie rongés par la rouille à cause du manque d’entretien. Les failles dans la cuve de l’EPR ont mis à jour 471 anomalies sur des pièces forgées dans l'usine Areva du Creusot qui touchent la majorité des centrales ainsi que des documents falsifiés. Comment ce scandale a-t-il pu durer pendant trente ans sans que rien soit entrepris ? Cette commission permettra qu’enfin ce ne soit plus aux associations seules de montrer la vulnérabilité de nos centrales à l’enjeu sécuritaire.

Et je salue le travail des militants de Greenpeace qui pointent inlassablement les failles nombreuses des installations nucléaires face à des attaques extérieures. Ce n’est pas tout. Je souhaite que cette commission d’enquête se penche sur les conditions de travail des salariés du nucléaire et surtout les conditions de travail des sous-traitants. Que 80% des activités nucléaires soient réalisées par des travailleurs d'entreprises sous-traitantes sans statut protecteur est un fait ahurissant au regard de l’importance stratégique du secteur. S’il est un secteur où "libérer les énergies" peut se révéler singulièrement dangereux, c'est celui-ci.

De tous ces éléments se dégage un constat lourd dont nous devons mesurer la portée : une épée de Damoclès pèse sur nous en permanence, celle d’un accident nucléaire. En plus d’être dangereux, le nucléaire est sale. Et la question des déchets largement occultée dans le débat nucléaire ne doit pas l’être de cette commission. Lors de ses vœux, le 22 janvier 2018, Nicolas Hulot a évoqué le projet d’enfouissement des déchets nucléaires à Bure, qui suscite une forte opposition. Il a eu ces mots, savoureux pour les fermes opposants au nucléaire que nous sommes : « Je me serais bien passé des déchets nucléaires ». Nous aussi, Monsieur le Ministre.

C’est pourquoi nous proposons de sortir de l’énergie nucléaire en se dotant d’un plan qui nous permettrait de nous en passer d’ici 2050, et même avant si possible. Le nucléaire est une énergie archaïque, notre avenir appartient aux énergies renouvelables. Les déchets nucléaires sont une véritable plaie sur notre territoire. Ces déchets restent radioactifs pendant 800 à 1000 voire des dizaines de milliers d’années. Cette production ininterrompue de déchets, ainsi que leur stockage désordonné, relèvent d’une politique énergétique irresponsable et dangereuse pour l’environnement et les générations futures.

C’est pourquoi j’espère que cette commission d’enquête permettra de lever enfin le voile opaque et antidémocratique qui pèse sur le nucléaire. Nous avions, par exemple, proposé dans notre programme de rendre publique la carte d’enfouissement des déchets nucléaires. Nous devons également faire en sorte que cette commission d’enquête mette en lumière la répression indigne d’une démocratie que subissent les militants de Bure. Et qu’elle montrera, comme l’a fait le rapport des médiateurs sur Notre-Dame-des-Landes que la solution alternative de stockage des déchets en surface n’a jamais été étudiée avec le sérieux nécessaire.

Cette commission est pour la France l’occasion de devenir raisonnable et d’échapper au piège nucléaire. Vous avez l’opportunité de devenir des responsables politiques, au sens noble du terme, aptes à décider du meilleur pour votre pays. Il ne faut pas que le gouvernement accepte d’engager 100 milliards dans le grand carénage, pour rafistoler les centrales. C’est autant d’argent à n’être pas investi dans les énergies renouvelables. Madame la Présidente de la commission, cher.e.s collègues. L’existence même de cette commission d’enquête est un signe de la dangerosité évidente du nucléaire.

Nous allons continuer le travail de conviction pour que la décision politique de sortir du nucléaire soit enfin prise. Nous lançons ainsi une vaste campagne d’information sur la nécessité de l’abandon de cette énergie et l’ambition nécessaire d’aller vers le 100% renouvelable. Cette campagne se conclura par une large votation citoyenne en lien avec des acteurs anti-nucléaire du 11 au 18 mars. Je vous invite, cher.e.s collègues, à y exprimer votre avis. Vous êtes habitué.e.s à voter. Vous pourrez le faire, à cette occasion, en toute liberté.

Comme nous ferons usage, avec précision et sens de l’investigation, de notre liberté de parlementaires pour enquêter sur la sûreté et la sécurité des installations nucléaires. La France Insoumise votera donc cette proposition de résolution en espérant qu’elle contribue à défaire le silence qui entoure le nucléaire et qui prive notre société du débat légitime sur sa sécurité. Je vous remercie