Eric Ciotti, député UDR des Alpes-Maritimes, sur son alliance avec le RN : "C'était un choix personnel"
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Questions et réponses
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- 1:46OuverteRéponse directe
Faut-il rétablir le service militaire dans la situation internationale actuelle ?
- 2:41OuverteRéponse directe
Vous n'avez pas fait votre service militaire, pourquoi ?
- 3:31OuverteRéponse directe
Êtes-vous à l'aise avec la proposition du gouvernement de créer une réserve plutôt que de rétablir le service militaire ?
- 5:46OuverteRéponse directe
Est-ce que c'est un rêve pour vous que Bruno Retailleau soit ministre de l'Intérieur ?
- 7:47OuverteRéponse partielle
Il n'a pas un bon bilan, Bruno Retailleau ?
- 9:27FerméeÉludée
Qui soutenez-vous au congrès de LR ?
Affirmations vérifiables (citations exactes)
- 1:55Invité politiqueFait
« Je crois que la suppression du service militaire fut une erreur. »
- 3:44Invité politiqueFait
« Je rappellerai la démission du général Pierre de Villiers, qui avait alerté au lendemain de l'élection d'Emmanuel Macron sur le danger d'affaiblir notre modèle de défense. »
- 4:08Invité politiqueChiffre
« il avait lui-même proposé la fin de la dissuasion nucléaire en soulignant que ça ferait 4 milliards d'euros d'économie. »
- 4:48Invité politiqueChiffre
« 6,5% de notre richesse nationale a ses missions de défense, sécurité, justice, défense nationale. »
- 4:57Invité politiqueChiffre
« aujourd'hui, ce chiffre a été divisé par deux. »
- 6:57Invité politiqueFait
« Déclin économique, faillite budgétaire, faillite sécuritaire, crise migratoire. »
- 7:56PrésentateurChiffre
« Une hausse des expulsions par arrêté de 182 %. »
- 8:20Invité politiqueFait
« Il est prisonnier d'une coalition d'une coalition de l'impuissance. »
- 8:58Invité politiqueFait
« Au second tour des élections législatives, LFI était l'allié de LR. »
- 10:26Invité politiqueFait
« Car face à nous se dresse un terrible danger. Une extrême gauche disciplinée, mobilisée, organisée. »
- 11:36Invité politiqueFait
« J'ai créé depuis un parti qui s'appelle l'UDR, du nom du parti du général de Gaulle. »
- 16:44Invité politiqueChiffre
« 11 millions de Français ont voté pour notre coalition. »
- 22:40Invité politiqueChiffre
« Il y a un taux de croissance de 6%. »
- 22:50PrésentateurChiffre
« 53% de la population vit sous le seuil de pauvreté. »
- 25:52Invité politiqueChiffre
« 58% de dépenses publiques par an. Record d'Europe. »
- 26:15Invité politiqueChiffre
« Notre croissance est annoncée à 0,8%. »
- 29:17Invité politiqueChiffre
« une province qui ferait entre 800 000 et 1,5 million d'habitants selon les bassins. »
- 33:10Invité politiqueChiffre
« C'est 4500 euros par habitant. »
- 33:58Invité politiqueChiffre
« le maire de Nice vient d'augmenter la taxe foncière de 23% pour les Niçois. »
- 34:00Invité politiqueChiffre
« de 23% »
- 34:01Invité politiqueFait
« pour les Niçois. »
- 34:05Invité politiqueFait
« Les transports en commun 170%, l'eau, les bornes électriques, les parkings, le stationnement tout a augmenté. »
- 35:43Invité politiqueFait
« 250 mètres carrés de carrelage où on a mis des jardinières sur l'espace du théâtre »
- 36:10Invité politiqueChiffre
« 500 000 euros là un organe de presse 400 000 euros un autre organe de presse »
- 36:49Invité politiqueChiffre
« on a diminué nos dépenses de fonctionnement de 15 millions d'euros »
- 36:55Invité politiqueFait
« on a continué à investir pour le territoire »
- 36:59Invité politiqueFait
« on continue à se désendetter »
- 37:03Invité politiqueFait
« on n'a pas augmenté la fiscalité notamment sur les frais de notaire »
- 39:55InvitéChiffre
« c'est pas moins de 650 millions de tonnes d'eau qui sont tombées sur le mercantour »
- 39:59InvitéFait
« 500 litres d'eau par mètre carré c'est du jamais vu »
- 40:33InvitéChiffre
« 10 morts et 8 disparus »
- 40:45PrésentateurChiffre
« 1 milliard d'euros de dégâts »
- 40:59Invité politiqueChiffre
« 260 maisons ont été rayées de la carte à Saint-Martin-Vésubie »
- 41:03Invité politiqueFait
« c'est une cicatrice énorme »
Temps de parole
- Éric Ciotti80 %
- Présentateur17 %
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Bonjour à toutes et à tous et bienvenue dans Sens Politique, l'émission qui prend le temps de connaître un invité pour décrypter avec lui son parcours, son engagement et sa personnalité au rythme de l'actualité. Notre invité a surpris son monde un soir de juin. Barricadé dans son bureau sur une musique de série télé, il annonce une alliance de son parti Les Républicains avec l'extrême droite de Marine Le Pen, sans consultation. Un coup de tonnerre comme une secousse au séisme de la dissolution, décidé deux jours plus tôt par Emmanuel Macron qui donne lui aussi le point aux RN et à Jordan Bardella après leur victoire écrasante aux Européennes.
Huit mois plus tard, quel est le bilan d'une telle aventure ? Un groupe à l'Assemblée, une nouvelle étiquette, l'union des droites pour la République ? Mais pour faire quoi et avec qui ? Son ancien rival du Congrès de 2022, Bruno Retailleau, prend sa revanche à l'intérieur le poste de ses rêves. Cela fait des années qu'il s'y prépare. Et désormais, la mairie, lui qui a commencé sa carrière dans l'ombre de Christian Estrosi, va-t-il réussir son pari ? À Nice, là où il est né, famille d'origine italienne qui tient une quincaillerie, il grandit aussi dans la vallée de la Vésubie.
L'économie, Sciences Po Paris, collaborateur parlementaire d'Estrosi, avant d'entrer lui-même à l'Assemblée comme député. En 2007, vague, Sarkozy, réélu quatre fois depuis. Le Conseil municipal, premier adjoint en 2008 et départemental, président des Alpes-Maritimes pendant huit ans. Ancrage local, visibilité nationale. Bonjour Éric Ciotti. Bonjour. Merci d'avoir accepté notre invitation. Merci à vous. Et merci à vous de nous écouter. Comme chaque samedi, nous sommes ensemble jusqu'à 13h30. Faut-il, dans la situation internationale qui est la nôtre, Éric Ciotti, rétablir le service militaire ?
Je crois que la suppression du service militaire fut une erreur. Aujourd'hui, il serait très compliqué parce que notre modèle de défense n'est plus organisé sur la conscription. Nos armées ne pourraient plus accueillir, compte tenu de leur format, des conscrits, comme on les appelait. Mais je crois que la suppression du service militaire fut une erreur. Le service militaire, c'était tout à la fois un engagement pour la nation, mais c'était aussi un brassage social de différentes personnalités. C'était un vecteur d'intégration. C'était aussi le lieu de la transmission de repères pour, quelquefois, ceux qui n'en disposaient pas par ailleurs.
Alors vous, vous ne l'avez pas fait, votre service militaire ?
Non, je ne l'ai pas fait pour des raisons familiales, puisque c'était la naissance de ma première fille, et c'est dans ce cadre que je ne l'ai pas fait.
Et le canard enchaîné a révélé en 2016 que François Fillon avait tenté d'écrire au ministre de la Défense de l'époque, Jean-Pierre Chevènement, pour vous en exempter.
Ça, c'était des polémiques qui viennent de mes, on va dire, de mes amis, entre guillemets, actuels. Il y avait un cadre qui légitimait cela. Je rappelle que c'était la toute fin du service militaire. En plus, disons qu'un Français sur deux qui pouvait le faire ne le faisait plus à l'époque. Et puis, j'avais ce cadre qui reposait sur des bases familiales qui étaient prévues par la loi.
Vous êtes plutôt à l'aise, donc, avec ce que semble proposer le gouvernement Emmanuel Macron, c'est-à-dire plutôt créer une réserve ?
Il faut qu'il y ait notre modèle régalien, notre modèle de défense a été trop longtemps affaibli. Je rappellerai la démission du général Pierre de Villiers, qui avait alerté au lendemain de l'élection d'Emmanuel Macron sur le danger d'affaiblir notre modèle de défense. Ça a été la première vision d'Emmanuel Macron. J'ai lu avec effarement aussi que lorsqu'il était le secrétaire de Jacques Attali dans la commission Attali, il avait lui-même proposé la fin de la dissuasion nucléaire en soulignant que ça ferait 4 milliards d'euros d'économie. Cette information n'a jamais été démentie. Depuis, il a changé d'attitude et je m'en réjouis.
Ce qu'il faut sur la défense, sur la sécurité, sur la justice, c'est-à-dire les piliers régaliens de l'État, des missions qu'aucune autre organisation privée ou publique ne peut faire, c'est un affaiblissement de nos moyens de défense. Lorsque le général de Gaulle était président de la République, nous consacrions, c'est difficile de résumer ça à des chiffres, mais 6,5% de notre richesse nationale a ses missions de défense, sécurité, justice, défense nationale. Aujourd'hui, ce chiffre a été divisé par deux. Ça veut dire qu'on a divisé par deux, en gros, en 50 ans, notre effort de protection. Donc, il faut se réarmer parce que parallèlement, les menaces n'ont fait que croître.
On voit aujourd'hui ce qui se passe en Europe. On voit, et pour moi, c'est la première menace, la menace islamiste qui vient jusque dans nos quartiers. On voit un monde perturbé, un Moyen-Orient aussi complexe que l'évoquait le général de Gaulle, ce qu'il voguait vers la Syrie pendant la guerre. Donc, dans ce monde où les dangers se multiplient, il faut être plus armé et j'espère qu'il y aura cette prise de conscience. En tout cas, moi, je plaide dans ce sens depuis des années.
Bruno Retailleau, je le disais en introduction, est donc ministre de l'Intérieur. Est-ce que c'est l'un de vos rêves qui se réalise en ce moment, Éric Ciotti ?
Moi, je considère aujourd'hui que ceux qui occupent un poste gouvernemental, quelque part, sont des... Et ce n'est pas méprisant pour eux, mais sont des intérimaires. Nous sommes dans une période de transition où il ne se passe pas grand-chose. Quand vous regardez les textes qui se déroulent à l'Assemblée nationale, c'est des textes qui ne vont pas changer la France, alors que la France a besoin de réformes puissantes. Il y a quand même le projet de loi en ce moment à l'Assemblée sur le narcotrafic. C'est un petit texte par rapport aux enjeux. C'est un texte qui contient quelques dispositions intéressantes.
Je l'ai voté, mais sincèrement, qui peut dire que c'est sur ses bases qu'on va faire la révolution sécuritaire, qu'on va réarmer le pays, qu'on va engager le vrai combat contre le narcotrafic. On a l'impression que ceux qui nous gouvernent font du rodeo pour durer, pas pour agir, mais pour durer. C'est de la communication. Et finalement, c'est quelque part pour moi la fin d'un monde de 40 ans de vie politique ou d'alternance à d'alternance. Tous ceux qui ont dirigé ont été des acteurs du déclin du pays. Déclin économique, faillite budgétaire, faillite sécuritaire, crise migratoire. Moi, je n'ai jamais fait partie d'un gouvernement dans ces périodes. Vous l'avez relevé.
J'ai fait partie de majorité, mais je suis en train d'écrire un livre. On en reparlera. Mais je reviens sur les erreurs de ma famille politique. Je suis très lucide. Je suis un homme libre. J'ai pris une grande décision de liberté au mois de juin dernier. Ce n'était pas une décision d'un homme seul. C'était une volonté de rupture avec des pratiques et avec des comportements qui ont conduit le pays dans l'état où il est. Alors, ceux qui nous gouvernent aujourd'hui, non, moi, je ne rêverais pas d'être dans ce gouvernement. Parce qu'il est impuissant et il ne peut pas agir. Et ce que fait Bruno Retailleau démontre qu'il ne peut pas agir.
Il n'a pas un bon bilan, Bruno Retailleau. Parce que lui met en avant, par exemple, la réduction du nombre de titres de séjour délivrés chaque mois. Il dit qu'il se fait passer de 31 000 à 16 000. Une hausse des expulsions par arrêté de 182 %. Il a durci la circulaire valse. Pour limiter les réguliers.
On est dans la communication. Moi, je n'ai rien contre le ministre de l'Intérieur. C'est plutôt un ami. On partage le même constat et les mêmes convictions. Mais il est prisonnier d'une coalition. D'une coalition de l'impuissance. Il est allié des macronistes. Ceux qui, jusqu'à maintenant, il avait toujours refusé de faire. Il n'a franchi ce pas. Moi, je m'y suis opposé. C'est ce qui nous différencie. Et il fait partie d'une majorité toute relative, d'un socle minoritaire qui a été élu grâce au soutien du nouveau Front Populaire. Donc, c'est une coalition qui va de LFI à LR. Pas au gouvernement. Pas au gouvernement, mais à l'Assemblée.
S'il y a eu cette espèce de barrage républicain, combien de retraits de LFI pour des candidats à LR ? Oui, mais les motions de censure, elles sont déposées par LFI. Deux sans retraits aux élections législatives. Ce qui compte dans une démocratie, c'est l'élection. Au second tour des élections législatives, LFI était l'allié de LR. Et LR était l'allié de LFI. Pourtant, à LR, ils n'ont pas fait le Front Républicain. Ils ont appelé à voter contre nous. Ils ont appelé à voter contre la coalition des droites. Au premier tour, alliance avec les macronistes, ce que moi j'ai refusé. Et au second tour, alliance avec les mélenchonistes. Pour moi, c'est un label que je récuserai toujours.
Qui soutenez-vous, Éric Ciotti, au congrès de LR ? Personne. Ce n'est pas mon sujet. Moi, je suis parti avec une grande part de LR. Celle qui est à droite. Aujourd'hui, le LR qui reste, qui va peut-être changer de nom, c'est un LR macroniste. C'est une partie de la macroniste. C'est le sucre dans le café macroniste. Qui est en train de se diluer sous l'autorité aujourd'hui de François Bayrou. Donc tout ça, ce n'est plus mon sujet. Le 11 juin dernier, j'ai pris une décision majeure. Celle d'assumer l'union des droites. Une décision rapide, mais réfléchie. Qui certes a pu heurter certains d'entre vous. Face à l'urgence de la situation, devant les périls que rencontre notre nation, j'ai décidé.
J'assume ce choix nécessaire à notre famille politique. Indispensable à nos idées. Vital pour notre pays. Car face à nous se dresse un terrible danger. Une extrême gauche disciplinée, mobilisée, organisée. Une extrême gauche qui s'apprête à prendre le pouvoir. Un alliage dangereux. Nous avons choisi une alliance électorale avec le Rassemblement National. Les républicains demeureront un grand parti de droite indépendant. Avec notre histoire, notre singularité, notre enracinement. Nous sommes fiers de qui nous sommes. C'est-à-dire une droite qui a toujours cherché à faire rimer autorité, liberté et responsabilité.
Nos responsabilités, nous les assumons aujourd'hui en nous mettant au service du pays.
Le 18 juin 2024, dans une vidéo postée sur vos réseaux sociaux, Eric Ciotti, une semaine après votre décision de rallier le RN. Postez ça le 18 juin quand on vient d'offrir les restes du parti gaulliste au successeur de Pétain.
D'abord, je vous corrige si vous m'y autorisez. Je n'ai pas rallié le Rassemblement National. J'ai conclu une alliance électorale au moment des élections législatives avec le Rassemblement National. J'ai créé depuis un parti qui s'appelle l'UDR, du nom du parti du général de Gaulle. Je suis gaulliste, profondément gaulliste. Je suis un homme de droite, je l'assume. Je pense que les droites doivent être unies. Je pense que le péril qui menace notre pays, c'est l'extrême gauche. Ce sont les insoumis. On voit bien leur dérive aujourd'hui et que le Rassemblement National a beaucoup évolué sur beaucoup de sujets.
Et qu'aujourd'hui, je préfère, et je le dis, et j'assume, je revendique et j'en suis fier, cette alliance, cette alliance des patriotes, de ceux qui aiment sincèrement la France, plutôt que cette confusion que certains de mes anciens amis, je le regrette, je le déplore, je le condamne, ont nourri avec les faux soyeurs de notre nation. Pourquoi, Éric Ciotti, ne pas ? Restons, si vous le voulez bien, sur ce moment qui est majeur, de la vie politique française, historique, bien sûr. En tout cas, c'est un choix de rupture. Alors, justement, pourquoi vous prenez cette décision tout seul ? Je prends, d'abord, je suis président d'une famille politique, je suis un responsable politique.
Il y a un moment de choix et dans la vie, il y a toujours des choix qui se font de façon individuelle. Je savais très bien, un, que le fonctionnement de ma famille politique, tel qu'il était fait, était verrouillé, était sclérosé, avec des hommes politiques qui n'étaient guidés que par leur intérêt, pas simplement par l'intérêt de la nation. J'ai pris une responsabilité. Je savais que j'avais une immense confiance des militants. J'entendais ce qu'on me disait sur le terrain depuis des années. Unissez-vous, la gauche est unie. Ils ne vous ont pas beaucoup suivi, ces militants.
Quand il y a cette dissolution, quand il y a cette dissolution qui nous surprend tous, on voit qu'en quelques heures à peine, toute la gauche, la gauche socialiste, la gauche républicaine, s'allie en quelques minutes avec M. Mélenchon et pliée par M. Mélenchon. Elle se soumet aux ordres de M. Mélenchon. Donc, il y a une gauche dominée par l'extrême gauche qui fait une alliance totale. De l'autre côté, il y a le bloc macroniste qui a conduit le pays dans cet état,
qui dissout, qui est le responsable de l'état du pays. On sait vos arguments, Éric Zotim.
On était quatrième dans ce schéma. Si on y allait tout seul, on n'avait naturellement aucune chance. Donc, moi, j'ai fait un choix, c'est de dire qu'il faut que ceux qui aiment la France, ceux qui partagent des convictions de droite... Et moi, j'écoutais souvent les discours à l'Assemblée nationale sur les bancs du Rassemblement national, sur la sécurité, sur l'immigration, sur l'identité, sur l'amour de la France aussi. Et je ne voyais pas de différence avec ceux que je crois. Je me suis dit, c'est un moment grave. Notre pays est en train de sombrer. Il faut faire un choix, un choix de rupture. Certains ne m'ont pas suivi, bien sûr, ce que j'ai appelé les chapeaux à plumes. Mais...
Et ils ont été très sévères avec vous, Éric Zotim.
Valérie Pécresse vendre son âme pour un plat de lentilles. Madame Pécresse... Bruno Retailleau, déloyauté. Laurent Wauquiez, il ne faut pas trahir. Julien Dive, député sortant. Nous savons désormais qu'en juin 40, Éric Zotim n'aurait jamais traversé la manche.
Vous pouvez tous les citer. C'est pseudo résistant de Pacotti. Qu'a fait Madame Pécresse dans sa vie ? Elle nous a amené à 4,7% à l'élection présidentielle. Ce n'était même pas une défaite. C'était une humiliation. C'était une humiliation tellement elle a été mauvaise. Tellement ce meeting nous a couvert de honte. Éric Zotim, juste pour comprendre. On a des gens qui viennent nous donner des leçons, qui ont été les faux soyeurs de cette droite, qui ont participé à un système, qui ont, dans les coulisses, voulu négocier des places, des postes avec Emmanuel Macron. Donc c'est cela, je crois, avec lequel il faut rompre l'avenir.
L'avenir, il n'est plus là, tous ces gens, leur avenir, il est derrière eux. Mais vous qui les connaissez bien, est-ce que c'est parce que vous... C'est parce que je les connais bien que j'ai fait ce choix aussi. D'accord, c'est ça que je voulais savoir. Plus rien ne pouvait venir de ces personnes. Vous vous attendiez à ce qu'ils soient contre votre décision. Bien sûr, mais je le savais, c'est pour ça aussi que j'ai fait ce choix personnel. Parce que je savais que les instances étaient tellement verrouillées, que ce choix de courage, je le dis, ce choix de courage, ce choix pour la France, pour eux, il était impensable.
Si on refait un petit peu le fil des événements, on comprend donc que le 11 juin, vous prenez cette décision. On se souvient aussi de cette vidéo dans votre bureau, vide, qui a été beaucoup moquée sur les réseaux sociaux. Est-ce que vous vous êtes à l'aise avec ces nouvelles façons de faire de la politique ? Ou on vous le souffle, ce sont vos conseillers qui vous les soufflent ?
Il y a eu beaucoup de caricatures dans ces séquences. Moi, ce que je retiens, c'est le choix de l'Alliance. C'est ce qui restera. C'est une rupture à droite. C'est une rupture avec plusieurs décennies où la gauche, quelque part, a inventé ce cordon sanitaire, ce front républicain, qui était quelque part un front du mépris pour des millions de Français. Au premier tour de l'élection législative, 11 millions de Français ont voté pour notre coalition. Ces 11 millions de Français, ce ne sont ni des nazis, ni des fascistes, ce sont des Français qui ne supportent plus l'état de leur pays.
Et vous avez une classe politique qui a à peu près tout échoué, tout échoué, qui a conduit le pays dans le mur, qui a affaibli nos services publics, l'éducation, la santé, qui a ruiné nos comptes, qui a laissé prospérer l'insécurité dans nos rues, et qui vient donner des leçons à ces Français. Éric Ciotti, est-ce que... Et c'est ça le front républicain. Eh bien, je crois qu'on a ouvert une brèche dans ce mur. Il a encore résisté, j'en conviens au dernier. C'est ce que j'allais vous dire. Il a encore résisté.
Est-ce que vous prenez cette décision, parce que vous voyez le score ?
Je crois que c'est la dernière fois. Je crois que cette résistance... Qu'il résistera, d'accord. Oui, parce qu'on a montré aujourd'hui ce à quoi ça conduise. Et je disais que tout à l'heure, il y a une coalition qui nous gouverne, qui est le fruit de cette alliance contre nature, qui va de LFI à M. Wauquiez. Éric Ciotti. Eh bien, aujourd'hui, on montre bien, on voit bien qu'est-ce qui se passe.
Est-ce que vous prenez cette décision, parce que vous voyez le score dont vous venez de parler deux jours avant le 9 juin du RN aux élections européennes qui arrivent largement en tête, ou est-ce que finalement ça fait des années que vous hésitez, que vous dites il faut que je les rejoigne pour reprendre tout l'argumentaire que vous avez dit ?
Je vous disais il y a quelques instants que nos points de vue s'étaient considérablement rapprochés sur beaucoup de sujets que le RN. Et j'ai vu son évolution à l'Assemblée nationale. C'est une formation qui, lorsqu'elle est arrivée massivement à l'Assemblée nationale, s'est parfaitement comportée. Vous vous attendiez à ce que Jordan Bardella l'emporte le 7 juillet ? C'était ce qui était annoncé par les commentateurs, par les sondages, mais on s'est battus pour ce qui m'a surpris naturellement. Et je le redis, et plus que surprise, ce qui m'a choqué, qui pour moi sera toujours une tâche indélébile, c'est que des LR, comme M. Bertrand, appellent à voter à l'FI.
Qu'Édouard Philippe appelle à voter pour l'extrême-gauche. Donc le danger, il est où dans le pays ? M. Mélenchon ne représente pas un danger pour ces gens-là ? Ce n'est pas ma vision.
Et c'est ce que vous aviez prédit,
la gauche arrive en tête. Il y a eu 200 retraits. La gauche arrive en tête, et finalement... Elle n'est pas arrivée en tête, en nombre de voix. En siège, en siège. Elle est arrivée grâce aux retraits, justement. Oui, c'est pour ça que je vous en parle. Il y a eu ces retraits un peu contre nature, mais qui aurait pu imaginer que des LR se retirent pour l'extrême-gauche, et que l'extrême-gauche se retire pour les LR ?
Mais la gauche arrive en tête, et finalement, à la surprise générale, Emmanuel Macron décide de nommer quelqu'un de votre famille politique, Michel Barnier. Est-ce que finalement, ce n'est pas vous qui auriez dû être à cette place, en fait, si vous n'aviez pas fait ce choix-là ?
Celle de Bruno Retailleau. Je reviens à mon appréciation première. On est dans une période de transition. Je crois que tout se jouera dans les mois et dans les années à venir pour installer un nouveau paysage politique. Ce qu'on a fait, ce qu'on est en train de construire, c'est pour l'avenir. De façon durable. Aujourd'hui, c'est la continuité du déclin. Ce n'est pas sérieux ce qui se passe. Je redis ce qui sont en fonction. Pour moi, ce sont des intérimaires de la politique. Et l'histoire ne retiendra rien de ce qui se fait en ce moment. Parce que c'est la fin d'un système.
Et moi, je ne voulais pas, je ne m'imagine pas, une seconde, participer à cette coalition soutenue électoralement par la gauche au deuxième tour et qui gouverne avec M. Macron qui, pour moi, a été le faux soyeur du pays.
Mais d'un point de vue strictement démocratique ou républicain, est-ce qu'il a bien fait de nommer Michel Barnier qui est arrivé en quatrième position ?
Ça a pu interpeller et choquer. Mais M. Macron est adepte des coûts politiques. C'est un peu sa spécialité. C'est vrai que ce n'était pas forcément la logique qui sortait des urnes.
Qu'est-ce que vous auriez fait, vous ?
Je crois qu'il aurait fallu essayer les coalitions qui étaient les plus importantes. Mais là, on a une coalition des contraires. Mais tout ça ne peut donner rien de bon. Parce que, en fait, tout est vicié par l'alliance électorale contre nature. France Culture, Sens Politique,
Astrid De Villene. Ministère du Tourisme et des Sports, ça dégage. Ministère de la Culture, ça dégage. Ministère de l'Environnement et du Développement Durable, ça dégage. Ministère des Femmes, des Genres, de la Diversité, ça dégage. Ministère des Travaux Publics, ça dégage, même si vous résistez. Ministère de la Science, de la Technologie et de l'Innovation, ça dégage. Ministère du Travail, de l'Emploi et de la Sécurité Social, ça dégage. Ministère de l'Éducation, de l'Endoctrinement, ça dégage. Ministère des Transports, ça dégage. Ministère de la Santé, ça dégage. Ministère du Développement Social, ça dégage. C'est fini, le vol de la politique. Vive la liberté, bordel !
Vive la liberté, carajo !
Le président argentin Ravier Milleh devant un tableau blanc en pleine campagne présidentielle fin 2023. Il arrache un à un les post-it de chaque ministère qu'il entend supprimer. 18 mois plus tard, il est au pouvoir et il vous inspire, Éric Ciotti. Vous avez tenu, le 21 janvier dernier, à la Maison de l'Amérique Latine, un grand forum des libertés où vous êtes venu avec une tronçonneuse.
Écoutez, le clin d'œil à la tronçonneuse, c'est un clin d'œil. mais ce qu'il a fait est inspirant et ça marche. Parce que 18 mois plus tard, l'Argentine est sortie du chaos.
Alors, il y a quand même une explosion de la pauvreté.
Il y a un taux de croissance de 6%. Alors que nous, nous sommes quasiment en stagnation aujourd'hui. 6% de croissance.
Mais vous avez vu, 53% de la population vit sous le seuil de pauvreté.
C'était déjà le cas avant. 20 points de plus en un an quand même. Et je suis persuadé qu'avec ces 6% de croissance, ça sera la meilleure réponse à la pauvreté. Il a donné ce souffle de liberté. Moi, je pense que nous avons besoin. Alors, nous sommes dans des cultures, dans des pays différents. Mais nous sommes dans un pays aujourd'hui qui est assommé par une bureaucratie. 1200 agences. Dès qu'il y a un problème, dès qu'il y a un problème. Et malheureusement, il se multiplie. On crée une structure. On crée une institution. Qui, elles-mêmes, vont créer des normes. Parce qu'elles vont justifier leur présence et leur activité et leurs dépenses par la création de normes.
Qui vont empêcher l'activité économique. Donc, on est dans cet état qui s'auto-paralise lui-même. Donc, il faut désormais, c'est ce que nous avons voulu porter lors du forum des libertés avec l'UDR. Je crois qu'il faut un grand plan de liberté. Moins de bureaucratie. Moins de normes. Moins de contraintes. Et au final, moins de dépenses. Et donc, moins d'impôts. C'est cette logique qui m'a inspiré.
On va en parler longuement. Notamment, d'ailleurs, pour la ville de Nice. Mais quand vous dites souffle un grand vent de liberté, c'est aussi une référence à Donald Trump.
Europe, c'est quelque part aussi la même logique. Et vous savez que, bon, l'Europe a toujours été contaminée ou frappée ou touchée selon l'appréciation par ce qui se passe outre-Atlantique. Donc, il y a eu aussi lors de l'élection américaine ce vent de liberté pour dire stop aux normes, stop aux contraintes, stop aux impôts, faisons confiance à l'initiative individuelle, à l'entreprise, aux acteurs privés. Et ce vent de liberté, je crois qu'on en a besoin en France, quelle que soit l'appréciation que l'on porte sur les urnes. Je ne suis pas fan, personnellement, ni de Trump, ni de Milley. Mais les idées qu'ils ont incarnées et aussi la méthode.
Ça veut dire que c'est la réhabilitation de la politique. En France, vous avez des politiques revenons à M. Retailleau qui parlent d'impossibilisme. Aujourd'hui, le politique en France, dans l'image de nos concitoyens, c'est quelqu'un d'impuissant. Il ne peut plus agir. Ce qui se passe outre-Atlantique, ça démontre qu'on aime ou qu'on n'aime pas, qu'on soutienne ou qu'on ne soutienne pas. Ça, c'est la démocratie. C'est les urnes qui ont parlé. Mais ça veut dire que le politique, il retrouve sa capacité à agir, à modifier le cours des choses, à porter une espérance pour l'avenir. Allons sur le fond.
C'est ça qui m'intéresse. Est-ce bien de la liberté que de démanteler l'État fédéral, de censurer des chercheurs ou des journalistes ?
C'est le cas en ce moment aux États-Unis. Après, on peut naturellement, je vous le dis, tout n'est pas à prendre les yeux fermés. Mais quand on est dans l'État aujourd'hui de la France, 58% de dépenses publiques par an. Record d'Europe. Quand on est dans l'État de la France en matière de prélèvements obligatoires, 48% de prélèvements, 46% de prélèvements obligatoires, record du monde. Quand on voit que nous sommes asphyxiés par ces institutions, que notre croissance est annoncée à 0,8%, c'est-à-dire presque 10 fois moins qu'en Argentine et presque 5 fois moins qu'aux États-Unis, on se dit qu'il y a quelque chose qui ne fonctionne plus.
On est l'État, on est un État qui est collectiviste, qui est presque un État socialiste et on voit qu'on a plus de chômage que la moyenne européenne, on a moins de croissance, on a la dette quasiment la plus élevée, plus on dépense. Et vous savez ce que me disent mes concitoyens ? Ce que veulent les gens, c'est que leur vie quotidienne soit assurée, qu'ils aient du pouvoir d'achat pour faire vivre leur famille, pour amener leurs enfants en vacances, en loisirs, qu'ils puissent se soigner, qu'ils puissent se loger, que leurs enfants puissent avoir une éducation de qualité, qui leur permettent de progresser dans l'échelle sociale. Ça, ça ne se fait pas sans baisse d'impôt.
Qu'ils puissent sortir dans la rue en sécurité, y compris le soir. Et aujourd'hui, qu'est-ce qui se passe ? Notre modèle éducatif s'écroule. Quand on va à l'hôpital, il faut des semaines d'attente ou en ville pour avoir un rendez-vous. Il y a une crise du logement inégalée. On ne peut plus vivre en sécurité. Mais sans baisse d'impôt, comment on fait ? Et pourtant, on dépense de plus en plus et les résultats sont de plus en plus faibles. Eh bien, on doit gérer différemment. Moins de structures, moins de démocratie. On a apporté un message de 120 milliards d'euros d'économies par an. Absolument.
400 agences gouvernementales dont les agences régionales de santé, l'Office français de la biodiversité, l'ARCOM, l'OFPRA, etc. On n'a pas trouvé toutes les autres agences que vous vouliez supprimer.
On a établi la liste. Il y en a qui sont tellement inconnues et inutiles qu'elles sont connues que d'elles-mêmes. Mais ces agences, encore une fois, d'abord, elles coûtent, elles créent des normes et elles démantèlent l'action politique.
Mais par exemple, l'agence sur la biodiversité pour lutter contre le réchauffement climatique ?
Ce sont des structures, ce n'est pas l'agence contre la biodiversité qui va lutter contre le réchauffement climatique. Ça donne des statistiques ? Oui, ce n'est pas avec des statistiques qu'on va lutter contre le réchauffement climatique. Si on veut aller pour lutter contre le réchauffement climatique, la solution est très simple. Il faut une énergie totalement décarbonée. Le général de Gaulle nous l'avait donnée. Il y a des idéologues d'extrême-gauche et écologistes qui nous en ont privés. M. Macron a fait dix ans d'erreur et puis il vient de se reprendre. Tant mieux ! Une question sur la pierre mille. Ce n'est pas une agence.
C'est une pensée qu'une agence va lutter contre le réchauffement climatique. Non, cette agence elle va créer des dépenses, elle va créer des normes. Donc, c'est pour ça qu'il faut redonner et ce que je veux aussi, vous savez, on a proposé dans ce grand forum des libertés une nouvelle organisation territoriale. autour d'une cinquantaine de provinces en France où il n'y aurait plus que deux échelons de collectivité. La commune, parce que chacun est attaché à sa commune de base. Pour moi, c'est Nice.
Et au-dessus, une province qui ferait entre 800 000 et 1,5 million d'habitants selon les bassins, les territoires qu'on adapterait et qui reprendrait toutes les compétences des métropoles, des départements, des régions. Ça, c'est pour les collectivités territoriales et en même temps, on aurait la même organisation de l'État. Est-ce qu'il est normal pendant la crise sanitaire que ces agences régionales de santé aient été incapables d'agir ? Il a fallu que les préfets reprennent la main. Mais aujourd'hui, hors crise, les préfets, ils n'ont pas de pouvoir. Ils n'ont pas de pouvoir sur des directions régionales totalement autonomisées.
Donc, il faut de la simplification il faut de l'unité de commandement et il faut redonner de la force au pouvoir politique contre la bureaucratie.
On a écouté Ravier Milay, le président argentin. Finalement, il n'a pas vraiment supprimé tous ces ministères. Il les a fusionnés. Éducation, enseignement supérieur, culture, travail. En revanche, il y en a un qui a bien été supprimé, c'est celui des droits des femmes.
Les droits des femmes doivent être défendus. Est-ce que c'est un ministère qui va participer à la défense des droits des femmes ? Il y a des textes, il y a des avancées. Il faut progresser sur cette égalité. Mais je ne pense pas que ce soit un ministère qui garantisse les droits. Il y a des institutions dans notre pays. Il y a des lois. C'est au Parlement. Plus de ministères sur votre présidence. ça nous verrons bien. Il faut qu'il y ait naturellement cette idée qui soit portée politiquement et qui continue à l'être. Mais ce n'est pas ça qui est le plus coûteux. Ce qui est le plus coûteux, c'est toutes ces structures justement qui échappent aux politiques.
La France, vous dites souvent, Eric Ciotti, la France est le pays des lumières. Est-ce que nous devons accueillir les scientifiques américains empêchés de travailler aujourd'hui aux Etats-Unis parce qu'ils font des recherches sur le climat, sur le handicap, sur les femmes ?
Moi, je suis naturellement toujours soucieux de promouvoir la science, la recherche. Vous savez, aujourd'hui, je ne suis pas certain qu'il y ait beaucoup de scientifiques américains qui aient envie de venir en France parce que notre système de recherche, il est aujourd'hui en jachère. Ce qu'on paye à nos chercheurs, justement, la fuite, elle est dans l'autre sens. Ce sont les chercheurs français que l'on doit empêcher de partir à l'étranger et notamment aux Etats-Unis. Etats-Unis parce qu'un chercheur américain, il va gagner presque dix fois plus qu'un chercheur au CNRS. Vous,
le budget de la recherche, il faut le monter pour vous ?
En tout cas, il faut favoriser la recherche, il faut mettre plus de moyens et des moyens privés aussi parce que la recherche, elle n'est pas que publique. Il faut soutenir l'investissement, il faut soutenir la recherche. Dans la croissance, il y a cette idée qui repose sur l'investissement et la recherche. Moi, je crois en cette liberté économique, la recherche, elle est aussi privée et il faut la soutenir. Ce n'est pas forcément par la subvention qu'on va y arriver.
Vous, vous préparez à la mairie de Nice pour être sans doute candidat face à Christian Estrosi et vous mettez l'accent sur une grande politique culturelle pour la ville, notamment par exemple pour le théâtre. Vous souhaitez qu'il soit établi dans la gare du Sud qui est une grande halle dans le quartier de la Libération à Nice. Vous promettez également une grande municipale pour les crèches pour accueillir les enfants. Tout ça sans hausse d'impôt. Il n'y a pas de tronçonneuse pour la ville de Nice, Eric Chuty ?
On gérera différemment. Aujourd'hui, la ville de Nice, vous avez raison de souligner ces points qui pourraient faire partie d'un programme municipal ambitieux et audacieux. La ville de Nice est comme Paris dans une situation budgétaire catastrophique. La ville et la métropole puisque désormais la plupart des compétences ont été transférées à la métropole. L'agrégation de la dette de la métropole et de la ville c'est presque 3 milliards d'euros. C'est 4500 euros par habitant. Donc c'est plus que Paris. Il y a une dette considérable.
Ce qui a conduit le président de la métropole, maire de Nice, après avoir dépensé sans compter un argent qu'il n'avait pas qui était celui des autres avec beaucoup de gaspillage. Quand la métropole de Nice finance le grand prix du Castelet à la limite des Bourges-du-Rhône et qui a un trou de 33 millions d'euros, c'est un énorme gaspillage que les Niçois n'ont pas à combler et n'ont pas à payer. Mais il a dépensé sans compter, il s'est endetté plus que de raison et quand il n'a plus pu s'endetter, il a augmenté les impôts.
On a créé un impôt métropolitain il y a 5 ans qui n'a aucune raison d'être parce que la métropole elle est financée par le transfert d'autres collectivités et là le maire de Nice vient d'augmenter la taxe foncière de 23% pour les Niçois. C'est un prélèvement sur leur pouvoir d'achat tout augmente. Les transports en commun 170%, l'eau, les bornes électriques, les parkings, le stationnement tout a augmenté. Éric Chauty, pourtant les Niçois
semblent satisfaits de leur maire 61% selon un sondage EIFOP la tribune très satisfait 74% et Christian Estrosy défend bien les intérêts de la ville de Nice 71% estiment qu'il a un projet
pour Nice. Si vous regardez tous les sondages et le même institut a fait les mêmes sondages dans toutes les villes de France c'est à peu près les mêmes résultats sur les maires sortants. Ça ne traduit pas les intentions de vote. Moi ce que j'entends dans la rue c'est justement qu'il y en a assez de ce gaspillage d'argent public qu'il y en a assez de ces politiques où l'on détruit un mot sur la politique culturelle on est à France Culture quand même Nice c'est la capitale de la Côte d'Azur.
La Côte d'Azur c'est et vous la connaissez bien puisque je crois que vous avez des origines niçoises la Côte d'Azur c'est cette extraordinaire lumière c'est ce climat c'est cette beauté des paysages mais plus encore ça on peut le retrouver ailleurs peut-être même si c'est exceptionnel la Côte d'Azur ce qui fait son identité sa spécificité sa supériorité je le dis sans objectivité c'est la culture aussi c'est cette terre d'inspiration pour les grands peintres les grands musiciens les grands cinéastes les grands réalisateurs c'est ça c'est une terre de culture et aujourd'hui on a abîmé la politique culturelle à Nice quand on détruit ça veut dire détruire un théâtre détruire un théâtre national
c'était pour faire la coulée verte je précise pour les auditeurs qui ne connaîtraient pas bien la ville
pour faire très exactement 250 mètres carrés de carrelage où on a mis des jardinières sur l'espace du théâtre qui lui-même était sur un parcours parce que ce promontoire reste là avec quel argent vous allez faire votre politique culturelle et vos crèches on va gérer très différemment cette ville il faut arrêter avec les dépenses ostentatoires bling bling les sommets que l'on finance de façon inconsidérée 500 000 euros là un organe de presse 400 000 euros un autre organe de presse des événements sportifs qui coûtent des millions d'euros un train de vie dispensieux des bureaux de la métropole à Paris rue Saint-Dominique extraordinairement luxueux des chauffeurs des voitures à Nice à Paris tout ça et bien il faut revenir là-dessus oui il faut que les élus s'habituent à se serrer aussi la ceinture comme le font les citoyens donc on fera des économies moi j'ai présidé le département des Alpes-Maritimes j'allais vous en parler les niçois peuvent comparer ce qu'on a fait là on vient de voter un budget on a diminué nos dépenses de fonctionnement de 15 millions d'euros on a continué à investir pour le territoire et en même temps on continue à se désendetter et on n'a pas augmenté la fiscalité notamment sur les frais de notaire parce que l'activité de l'immobilier elle est importante
c'est pas trop difficile vous avez été l'adjoint de Christian Estrosi en 2008 il vous met le pied à l'étrier au conseil départemental c'est pas trop difficile d'entrer en confrontation avec celui qui vous a mis le pied à l'étrier
ceux qui nous connaissent bien auront des réponses différentes qui a mis le pied à l'étrier de l'autre c'est un autre débat qui était très personnel entre lui et moi et tous ceux qui connaissent notre histoire chacun s'est aidé à des moments importants mais moi c'est pas ça l'essentiel l'essentiel c'est la dérive que l'on observe aujourd'hui je trouve que notre ville n'évolue pas bien elle n'évolue pas bien sur la gestion de ses finances et c'est pas au Niçois de payer plus d'impôts chaque année en permanence elle n'évolue pas bien sur ses politiques culturelles elle n'évolue pas bien sur la sécurité et puis j'ai l'impression qu'on conduit une politique qui ne s'adresse pas au Niçois qui s'adresse aux touristes qui s'adresse à l'extérieur Nice est belle bien sûr il y a eu des réalisations de qualité mais moi je vois des Niçois qui s'ouvrent dans leur quartier je vois la crise du logement je vois la propreté qui est remise en cause le déficit de proximité il y a eu une étude sur l'état de nos écoles sur les équipements
sur ce qui fait
la vie quotidienne des Niçois ils ne sont pas dans les grands événements ils ne sont pas dans les manifestations bling bling il y a de la concurrence ils veulent qu'on s'occupe d'eux de leur vie pas qu'on parle
en permanence de soi il y a de la concurrence sur votre créneau puisque Reconquête va investir un candidat le délégué départemental actuel Cédric Vela et également Philippe Vardon pour les identitaires ça c'est pas l'union des droits à talent
nous verrons bien je crois qu'une élection municipale elle est aussi la rencontre d'un homme d'une femme avec vous n'allez pas vous allier avec eux moi je suis député de Nice depuis 2007 j'ai gagné 5 élections législatives on a gagné les 3 circonscriptions de Nice au mois de juin dernier c'est une confiance forte très forte c'était Niçois derrière nous en deuxième position c'était la gauche c'était la gauche moi je vais devant les Niçois avec et j'irai si demain je décide de le faire parce que vous m'entraînez dans ce chemin mais je parle avec passion de Nice mais je crois qu'une élection municipale elle se joue dans la rencontre personnelle dans des idées dans un projet dans un arracinement je suis Niçois vous l'avez rappelé je suis né dans ces quartiers de Nice j'ai vécu dans le vieux Nice dans la quincaillerie de ma famille j'aime Nice j'aime les Niçois et je veux donner le meilleur pour ma ville
sens politique l'archive de l'invité ce 2 octobre 2020 c'est pas moins de 650 millions de tonnes d'eau qui sont tombées sur le mercantour 500 litres d'eau par mètre carré c'est du jamais vu cet épisode méditerranéen sans précédent détruit une grande partie de la Roya et de la Vésubie absolument rien ne résiste à la violence des flous il y a tout qui s'en va toutes les voitures tous les camions et les gens qui sont coincés dans les maisons le lendemain vu du ciel redevenu calme c'est un vrai cauchemar pour les habitants les routes sont coupées les maisons détruites Roquebillière Breil ou encore Saint-Martin-Vésubie vivent les pires heures de leur existence bilan 10 morts et 8 disparus dont ses 2 pompiers
la tempête Alex qui ravage les vallées de la Vésubie la Roya et la Tinnée dans les Alpes-Maritimes c'était un reportage de France 3 le 2 octobre 2020 1 milliard d'euros de dégâts et surtout 10 morts
oui c'est un immense traumatisme qui a touché au delà d'un territoire dont je suis l'élu a touché mon village mon berceau d'origine Saint-Martin-Vésubie 260 maisons ont été rayées de la carte à Saint-Martin-Vésubie avec un bilan humain très lourd que vous rappeliez c'est une cicatrice énorme j'y étais encore ce week-end tout reste à vif d'autant que malheureusement les travaux de reconstruction n'ont pas été conduits au rythme nécessaire et là ça ramène au débat précédent mais pour moi ce fut une émotion immense quand ce 2 octobre je suis allé à Saint-Martin-Vésubie après avoir vécu cette nuit d'horreur où on a quasiment vécu en direct la disparition de nos deux pompiers je pense à eux Loïc Milot Bruno Colubert quand j'ai vu ce paysage c'était pas celui que j'avais connu depuis mon enfance c'est une cicatrice terrible et on a veillé et j'ai veillé heure par heure à ce qu'elle soit réparée qu'elle soit recousue si possible mais ça sera jamais possible ça sera plus jamais comme avant ça sera plus jamais comme avant
merci Eric Ciotti d'être venu dans Sens Politique peut-être candidat à la mairie de Nice l'année prochaine député des Alpes-Maritimes et président du groupe Union des Droites pour la République à l'Assemblée Nationale vous pouvez réécouter cette émission et toutes les autres sur franceculture.fr et sur l'application Radio France je rappelle pour toutes celles et ceux qui se posent la question sur le choix de nos invités que nous respectons les règles de l'ARCOM y compris hors période électorale merci à Léa Varin qui m'a aidé à préparer cette émission à la réalisation cette semaine Anna Olvec à la technique aujourd'hui Noé Chaban à samedi prochain à samedi prochain Sous-titrage Société Radio-Canada
Éric Ciotti