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interviewC à vous (sur YouTube)· 9 janvier 2024 52 min

Gabriel Attal nommé Premier ministre - C à vous - 09/01/2024

Transcription Whisper (large-v3), avec identification des locuteurs. À recouper avec la source d'origine.

0:00
Présentateur

Bonsoir, très heureuse de vous retrouver, c'est à vous pour vous accompagner en direct jusqu'à 21h avec toute l'équipe Mohamed, Pierre, Patrick et Laurin. Salut à tous les quatre. Bonsoir Mohamed. Mohamed, votre story ce soir ? C'est un fléau qui touche beaucoup de français, les stars du PSG, les chanteurs, chanteuses, personnalités de la télévision aussi et des anonymes. Les homi jacking, ces cambriolages ultra violents, les chiffres explosent en France. Et ça inquiète les autorités, on voit ça dans votre story Mohamed. Patrick, votre édito ? Une surprise jeune pour Matignon, Gabriel Attal, comme dit Laurent Joffrin cet après-midi dans son journal.

Un mouflet pour éviter le camouflet dans le but sans doute d'infliger une sorte de cœur de jouvence à ce quinquennat.

0:37
Invité

Un mouflet qu'avaient vu venir nos deux invités ce soir. Bruno Jeudy, dite journaliste politique, directeur de la Tribune dimanche, qui consacrait à sa une le 17 décembre dernier un portrait à Gabriel Attal sur les secrets de sa prise de pouvoir.

0:50
Présentateur

Bonsoir, cher Bruno. Bonsoir, Isabelle. À ses côtés, Erwann Bruecker, rédacteur en chef adjoint du service politique à L'Express, qui parlait de la, j'allais dire de la Bruelmania, de la Attelmania, comparée à la Bruelmania dans ce portrait, pareil, début décembre, qui s'appelait l'intrigant. Monsieur Attal, vous nous parlerez des coulisses de cette nomination. Merci à tous les deux de votre présence ce soir. Laurent, dans le 5 sur 5. Le procès d'une affaire retentissante qui a commencé aux assises de Seine-Saint-Denis, l'affaire Théo, ce jeune homme gravement blessé au rectum par des policiers en 2017, le gardien de la paix responsable du coup de matraque, risque 15 ans de prison.

Et on parle également du froid qui a fait une victime, une femme sans abri, d'une soixantaine d'années dans le Vaucluse, retrouvée morte ce matin sous sa couverture. Dans un instant, l'appel de Christophe Robert, le délégué général de la Fondation Abbé Pierre, pour plus d'hébergement d'urgence.

1:41
Invité

Pierre, votre œil ?

1:42
Présentateur

Rome, ville ouverte, Stromboli, le général de la Rovers, ses trois chefs-d'œuvre de l'italien Roberto Rossellini et beaucoup d'autres sont proposés jusqu'au 4 février par la Cinémathèque de Paris. C'est le premier grand rendez-vous à ne pas manquer, avec quelques belles archives tout à l'heure.

1:57
Invité

Nos invités après 20h, Frédéric Lopez, qui ne peut pas s'empêcher d'emmener des personnalités aux quatre coins du monde. Voilà, il leur met un bandeau sur les yeux et il les fait s'immerger dans la nature.

2:10
Présentateur

Ben voilà, c'est ce soir à 21h10 sur France 2, sa nouvelle émission, ça s'appelle Notre vraie nature. On reçoit également Daniel Auteuil, qui a accepté un rôle que quasiment tous les acteurs français d'une soixantaine d'années avaient refusé. Il nous dira pourquoi il a accepté ce rôle-là, un film de Joachim Lafosse.

2:26
Invité

Et puis on vous présente Noé Boon, c'est le fils de Dany et de Judith Godrèche. C'est le signe avec son groupe Fosami, la bande originale de la série de sa mère, Icone of French Cinema, qui est sorti le 22 décembre dernier.

2:38
Présentateur

Voilà pour le programme Le Dîner ce soir. Et signé Charles Coulombo, qui est aux côtés de Bertrand Chameroy. Salut à tous les deux. Salut Bappette, bonsoir à tous. Et oui, pas de remaniement en cuisine, Charles est avec nous ce soir encore et jusqu'à la fin de la semaine, avec Au Menu du Soir Chef. Donc du bœuf wagyu qui nous vient de Crazy en Lorraine, en Meurthe et Moselle, un peu de potimarron, butternut et du miso, donc de la pâte de soja fermentée. Merci beaucoup, bonne émission Bappette. Merci à tous les deux, à tout à l'heure. Elle a été la deuxième femme à devenir première ministre en France. Il est devenu le plus jeune premier ministre de l'histoire de la Vème République.

La traditionnelle passation de pouvoir entre deux premiers ministres atypiques a eu lieu à 14h30 dans la cour de l'hôtel de Matignon. Monsieur le Premier ministre, cher Gabriel, bienvenue à Matignon.

3:23
Invité

Je suis fier du travail accompli au cours de ces presque 20 mois, pendant lesquels je me suis en particulier, dans des conditions inédites à l'Assemblée, attelée à faire adopter nos budgets, la réforme des retraites, la loi immigration et plus de 50 textes.

3:46
Présentateur

Au moment où je te passe le relais, je suis confiante et je t'adresse tous mes voeux de succès. Tu peux compter sur moi pour t'y aider.

3:58
Élisabeth Borne

Elisabeth, Madame la Première ministre, merci pour tout.

4:03
Présentateur

À l'heure où je prends mes fonctions, c'est d'abord au Président de la République que j'adresse mes remerciements les plus sincères. Le plus jeune Président de la République de l'Histoire nomme le plus jeune Premier ministre de l'Histoire. Je ne veux y voir qu'un seul symbole, celui de l'audace et du mouvement.

4:21
Élisabeth Borne

Je le dis d'emblée, mesdames et messieurs, j'emmène avec moi ici à Matignon la cause de l'école.

4:29
Présentateur

Je réaffirme l'école comme étant la mère de nos batailles.

4:38
Invité

Voilà, Gabriel Attal à Matignon, c'est l'objet de l'édito de Patrick Cohen. Le sujet aussi, ça marche.

4:49
Présentateur

Gabriel Attal a donc été chargé de succéder à Elisabeth Borne, Patrick, et de former le gouvernement. 34 ans, plus jeune Premier ministre de nos cinq républiques. Quatrième chef de gouvernement choisi par Emmanuel Macron depuis son accession à l'Elysée. Mais le premier qui soit connu et plutôt apprécié des Français. Édouard Philippe, Jean Castex, Elisabeth Borne n'avaient à leur nomination ni la notoriété ni la popularité qui sont celles de Gabriel Attal. Il est enfin le premier chef de la majorité promu aussi près d'un scrutin important. Les européennes à la fin du printemps.

Laurent Fabius, ex plus jeune Premier ministre, avait eu deux ans pour limiter la casse aux législatives de 86 à suivre. Pierre Berrigau voit un an en 92. Gabriel Attal, lui, dispose de cinq mois, jour pour jour, pour contenir son jeune rival RN, Jordan Bardella, encore plus jeune que lui, qui écrase aujourd'hui la concurrence dans les sondages. Attal sera, à n'en pas douter, la véritable tête d'affiche de la campagne à venir dans le camp présidentiel, à défaut d'en être la tête de liste lors de sa passation de pouvoir tout à l'heure à Matignon.

Il s'est d'ailleurs fixé pour mission, je cite, de garder le contrôle de notre destin, ce qui est déjà une façon d'aller sur le terrain du RN et de parler à ses électeurs. Il n'était pourtant pas le premier choix du président ? Non, même s'il a parlé dans ses voeux du 31 décembre de régénération, Emmanuel Macron n'avait pas prémédité cette nomination-là, qui s'est révélée pour finir particulièrement laborieuse. 18 heures de flottement, spéculation et bavardage entre l'annonce du renvoi d'Elisabeth Borne hier soir et la nomination de Gabriel Attal à midi, c'est beaucoup, c'est troublant.

Est-ce l'hostilité ou la tièdeur des poids lourds sortants, Bruno Le Maire, Gérald Darmanin, ou des conseillers offshore, François Bayrou, Richard Ferrand, des tiraillements avec l'Elysée sur la composition du cabinet de l'hôtel de Matignon ou sur celle de l'équipe gouvernementale ? Les dernières hésitations d'Emmanuel Macron qui a petit-déjeuné pendant deux heures ce matin avec Gabriel Attal, on ne sait pas bien, mais même si l'opération semblait hier à peu près aussi bien vissée qu'une porte de Boeing 737 Max, elle marque quand même par son audace et son effet de surprise. Et maintenant, Gabriel Attal, Premier ministre, qu'est-ce que ça change ?

Eh bien, ça change d'abord qu'on parle de lui, de sa singularité, de sa jeunesse, de son parcours météoritique, de son énergie, de ses discours, et que ça va continuer. C'est un homme qui, dans sa courte carrière, a toujours brillé dans la communication politique, dans le faire savoir. Souvenez-vous, au début 2023, pendant le débat sur les retraites, il était l'un des rares ministres missionnés pour aller batailler sur les plateaux télé, alors que ce n'était pas son dossier, il était au budget, il n'était plus porte-parole.

Quand Emmanuel Macron, lors de ses voeux, parlait de réarmement, sans doute songeait-il à un Premier ministre plus impliqué qu'Elisabeth Borne dans le combat politique, dans la réplique aux oppositions, avec Gabriel Attal, ce sera le cas. Avec le ministère de l'Éducation nationale qui aura donc servi de tremplin.

Après seulement 6 mois en poste, même 5 mois et demi, c'est-à-dire en temps scolaire, un seul trimestre, c'est court, d'autant plus court qu'aucun autre ministre de l'Éducation avant lui n'aura lancé autant de chantiers en aussi peu de temps, et contrairement à Gérald Darmanin, sans faire de loi, interdiction de la baïa, expérimentation de l'uniforme, lutte contre le harcèlement scolaire, choc des savoirs avec transformation du brevet, mise en place de groupes de niveau et donc fin implicitement du collège unique.

Des chantiers qui ne sont pourtant que des annonces et qui se réaliseront ou pas sans lui ou avec un autre que lui, Ruth Grenelle, même si Gabriel Attal a réaffirmé tout à l'heure qu'il emportait à Matignon la cause de l'école. Au fond, il reste à Gabriel Attal, Premier ministre, à accomplir ce que Gabriel Attal, ministre de l'Éducation, n'a pas eu le temps de réaliser, franchir le mur qui sépare les effets d'annonce des changements concrets, des apparences, de la réalité.

8:34
Invité

Le plus dur commence, c'est la conclusion de votre édito, Patrick. Pour Gabriel Attal, on y revient dans un instant.

8:41
Présentateur

Un mot d'abord sur les coulisses de cette nomination. 18 heures de flottement, c'est beaucoup et c'est troublant, rappelle Patrick. Vous êtes d'accord avec lui ? Pourquoi est-ce que ce choix était si laborieux ? Et pourquoi ce n'est clairement pas le premier choix d'Emmanuel Macron ? Avant les 18 heures, il y a d'abord eu les jours qui se sont écoulés, pendant lesquels, au fond, la scénographie, c'est toujours la même. L'exécutif, l'Elysée, lance des leurs ou des vraies candidatures. Et c'est vrai qu'il y en a eu deux ou trois qui étaient en première ligne, pas celle de Gabriel Attal.

De ce point de vue-là, je pense que c'était bien joué de la part du président de la République qu'il l'avait dans sa manche. Samedi, pour vous donner une autre coulisse, celle de la tribune de dimanche, samedi, on a beaucoup hésité, nous, à pousser sur... On avait une très bonne source qui nous disait Gabriel Attal. Et la règle, c'est d'avoir deux bonnes sources. Donc, du coup, on est resté l'arme au pied. Mais déjà, il l'avait testé. Il l'avait testé auprès de plusieurs et il avait senti qu'il avait un peu de réticence. Mais les réticences étaient beaucoup plus fortes sur Le Cornu, sur Sébastien Le Cornu, le ministre des Armées.

Et c'est vrai qu'à la sortie du week-end, Julien Denormandie, qui est l'autre favori, l'autre chouchou de réticence. Et ce qui est la surprise, à mon avis, pour Emmanuel Macron, c'est que lorsqu'il a sorti sa vraie carte, puisque moi, à mon avis, ça faisait déjà plusieurs jours, finalement, c'était Gabriel Attal. Là, il a été surpris de... De l'adhésion ? Non, il a été surpris des réticences. Ah, des réticences. Ce que j'appelle, moi, les féodos, c'est-à-dire ce que Patrick appelle les conseillers offshore, Richard Perron, François Bayrou, et d'autres, Edouard Fini.

10:14
Invité

Et quels arguments pour justement ?

10:15
Présentateur

Edouard Philippe, il était pour le statu quo. Il voulait garder Elisabeth Borne. Bon, lui, on comprend. Lui, il n'a pas besoin d'avoir mettre en scène un adversaire potentiel dans son camp. Donc, lui, ça ne lui va pas du tout, Gabriel Attal. En même temps, on verra, la route est longue d'ici 2027. Et quant à Richard Ferrand et François Bayrou, depuis un certain temps, ils sont systématiquement contre. Ah oui, tout. Oui, oui, ils sont un peu, là, les... C'est un peu le loupé de chaud. Ils commencent à râler sur tout. Bon, voilà, ils sont comme ça, c'est leur personnalité aussi. Mais Emmanuel Macron, il les écoute, c'est un peu les piliers. Donc, ils l'ont fait un peu douter.

Mais là, cette fois-ci, il n'a pas cédé. Il avait cédé au renouement. Pourquoi tu trouves le train ? En 2022, ils le font changer d'avis. Et là, il n'a pas plié. Enfin, il y a quand même, pardon, dans les 18 heures, il y a quand même forcément des ajustements qui ne se sont pas trouvés tout de suite.

11:06
Invité

Erwin Drucker, est-ce que vous savez ça, de ces fameuses 18 heures ?

11:10
Présentateur

Pour revenir à François Bayrou, c'est-à-dire que François Bayrou ne voit qu'un seul excellent Premier ministre. C'est lui-même. Donc, c'est toujours quelque chose qui revient, toujours. Ça agace même ses amis au sein du Modem. Dans les tergiversations, il y avait aussi la question de garder ou non le ministère de l'Éducation, quelque chose qui ressemble dans la besace du Premier ministre. Peut-être un peu comme Elisabeth Borne avait. C'est-à-dire qu'Elisabeth Borne était Première ministre chargée de la planification écologique. Peut-être qu'à l'Élysée, on réfléchissait à quelque chose de la sorte dans le domaine éducatif.

Mais ces tergiversations sont un mélange, effectivement, de tout ça, de résistance des vieux grognards et aussi de chercher si vraiment ce jeune de 34 ans pouvait potentiellement manager aussi des gens qui pouvaient rester au gouvernement, des Bruno Le Maire, des Gérald Darmanin, qui, eux, n'étaient pas franchement convaincus de voir un si jeune homme prendre la place à Matignon. Vraiment, il y a eu des réticences à la part de Gérald Darmanin et de Bruno Le Maire au sujet de la nomination de Gabriel Attal ? Davantage Gérald Darmanin, à mon sens, que Bruno Le Maire. Bruno Le Maire, il y a le petit côté, c'était son ministre délégué. Maintenant, c'est lui qui va être s'en fait.

Les élèves dépassent le maître. Mais en même temps, entre les deux, ça marche plutôt bien. Ils s'entendent plutôt bien. Les deux disent plutôt du bien de l'un de l'autre. Alors que pour Gérald Darmanin, c'est quand même... Lui, il a vraiment rêvé de ce poste-là l'été dernier. Bon, encore une fois, ça ne lui passe souvenez. Bon, même si cette fois-ci, il avait peu de chances de l'avoir. Bon, voilà. Après, c'est la vie politique dans ces moments-là. C'est vrai de se faire doubler par un jeune de 34 ans. Bon, oui, ça doit aller... Oui, purement. Juste avant de faire réagir, Erwan, la déclaration cet après-midi à la DGSI de Gérald Darmanin au sujet de la nomination de Gabriel Attal.

Je pense que chacun a vu que je n'avais pas fini ma mission au ministère de l'Intérieur et que je ne suis pas homme à me dérober quand il y a des policiers, des gendarmes, des préfets qui, il y a quelques jours, on est à 100 jours du relais de la flamme, on est à 200 jours des Jeux olympiques. Ils vont risquer leur vie, mettre leur réputation en jeu. Moi, je suis un homme d'honneur, je suis un homme de devoir. Et vous savez, de là où je viens, d'une province, d'une famille populaire, on aime bien terminer ce qu'on fait. Entendre en creux, lui, au ministère de l'Éducation nationale, il ne commence pas ce qu'il a commencé.

Comment dire dans une même déclaration qu'on veut rester au gouvernement tout un désingant son futur Premier ministre ? Là d'où je viens, on termine ce qu'on fait. Ce que ne fait pas, évidemment, Gabriel Attal qui a passé 5 mois et demi au ministère de l'Éducation nationale. C'est quand même une déclaration... Alors, l'inimitié entre les deux hommes, elle remonte déjà à un certain temps. Ils ne s'aiment pas. Bon, ils ont vraiment des formations inverses. Il a raison d'ailleurs. Ils ne viennent pas du tout du même univers, ni politique, ni d'origine sociale.

13:37
Invité

Est-ce qu'il est obligé de le garder au ministère de l'Intérieur ? Avec quelle marge de manœuvre pour le diriger dans son équipe gouvernementale ?

13:42
Présentateur

Il y a des négociations qu'il va avoir avec Emmanuel Macron. Et in fine, c'est quand même Emmanuel Macron qui va choisir si Gérald Darmanin reste ou pas au gouvernement. Non, le plus intéressant, c'est qu'effectivement, là, c'est de l'art de se nommer, de s'autonomer dans le prochain gouvernement et de désinguer son premier ministre. Alors même que Gérald Darmanin, autant quand Elisabeth Borne avait été reconduite l'été dernier, il y a cru vraiment. Et d'ailleurs, Emmanuel Macron, il y a cru aussi. Mais là, cette fois-ci, Gérald Darmanin avait aucune chance. Il le savait. C'était su, on le savait qu'il n'allait pas être nommé à Matignon. Et pourtant, c'est du Gérald Darmanin tout craché.

Il ne peut pas s'empêcher de faire ce genre de petites déclarations. Ce qui a compté pour la nomination de Gabriel Attal, c'est sa jeunesse et sa popularité. Oui, absolument. Moi, je vais même plus loin. Je pense que pour Emmanuel Macron, ce début d'année 2024, c'est non seulement la relance de son quinquennat, mais c'est même, j'allais dire, la survie du macronisme et ce qu'il peut encore faire d'ici la fin de son mandat. Donc, il n'avait plus beaucoup de cartes. Il n'avait plus beaucoup de cartes pour être à la fois audible. On sait, pour moi, c'est un funambule. Donc là, il a l'habitude de surprendre.

Cette fois-ci, il a quand même surpris parce qu'il faut bien le dire, on pouvait discuter de la possibilité d'Attal, ce n'était pas si évident que ça. Donc là, il surprend. Le funambule continue à traverser de la vallée de la mort. C'est une expression qu'il avait utilisée lui-même. Et le macronisme va pouvoir encore un peu exister. On va voir maintenant.

15:05
Invité

Mais vous lui avez presque conseillé dans votre édito du 17 décembre de la Tribune dimanche. Emmanuel Macron devrait s'inspirer de Gabriel Attal. Le ministre ne se réfugie pas dans le déni. Il sort un plan avec mise en place de mesures immédiates. Bref, l'inverse du chef de l'État qui procrastine et semble totalement enlisé sur bien des dossiers.

15:22
Présentateur

Ce qu'on lui a lu dans l'émission du 17 décembre. Oui, je vous remercie d'ailleurs. C'est assez étonnant de le voir. Mais c'est la vérité. Emmanuel Macron a été un président qui a été élu sur la promesse de l'efficacité politique. Et depuis le début de ce deuxième mandat, il est enlisé à peu près sur tous les dossiers. Alors on a vu, c'est compliqué. Il n'a pas de majorité. Il a quand même passé ses dossiers difficiles que sont la retraite et l'immigration. Mais à quel prix ? Et là, aujourd'hui, il y a d'autres dossiers. Qu'est-ce qu'il attend ? La fin de vie, il y a d'autres dossiers. Et je trouve qu'à l'arrivée, oui, j'ai eu cette idée-là. En même temps, je vais vous dire un truc.

Dans une étude, une enquête d'opinion, il y avait une question ouverte qui était posée aux Français. Pas mal de Français, dans cette enquête d'opinion, disaient qu'il faudrait qu'ils fassent comme Gabriel Attal.

16:08
Locuteur 9

Ah oui.

16:09
Présentateur

Et des fois, quand on lit ce que disent les Français d'Emmanuel Macron, c'est ce qu'il disait en tous les cas au mois de décembre. Non, mais Bruno a raison, c'est-à-dire qu'Emmanuel Macron a quand même cette fâcheuse manie depuis sa réélection, a donné rendez-vous aux Français en laissant les journalistes un petit peu dans le marigot, attendre ce qu'il va faire. Et finalement, au bout du compte, ne pas faire grand-chose. Il y a souvent des rendez-vous déçus. Or, Gabriel Attal, quand il est arrivé à l'éducation, il a profité de ses premières semaines, ses premiers mois, pour faire des choses qui marchent tout de suite. Là-bas, il y a le harcèlement.

Il a mis de côté le côté pédagogique du poste, mais il a fait des choses qui marquaient les Français tout de suite. Et c'est vrai que le paradoxe, en tout cas la différence entre Gabriel Attal et Emmanuel Macron, est assez frappante de ce point de vue-là.

16:48
Invité

L'ascension de Gabriel Attal, on y revient, spectaculaire.

16:51
Présentateur

Automne 2018, il a 29 ans, il est nommé secrétaire d'État auprès du ministre de l'éducation, Jean-Michel Blanquer. Comment l'appelait-on à l'époque au gouvernement, Erwann Brocker ? Ce que vous racontiez dans votre portrait d'ailleurs. Natacha Kampouche ? Oui. C'est une vague de très bon goût de la part de ses collègues. Expliquez-nous pourquoi cette autrichienne qui a été retenue en captivité pendant 8 ans, je crois. Parce que pendant le Covid, Gabriel Attal était donc le secrétaire d'État à la jeunesse sous la tutelle de Jean-Michel Blanquer. Et Covid oblige, il faisait des réunions interministérielles par webcam, par Zoom.

Et Gabriel Attal envoyait des textos à certains de ses collègues en disant « sortez-moi de là ». Et comme il y avait un rideau un petit peu moche derrière eux, derrière la webcam, certains ministres imaginaient une cache derrière ce rideau dans lequel Gabriel Attal passait ses nuits. Donc voilà, ça faisait rire beaucoup des collègues avec une blague d'un goût qu'on peut relativiser.

17:41
Invité

En juillet 2020, le tout nouveau Premier ministre Jean Castex le nomme porte-parole du gouvernement. Et il fait son premier contre-ennu du Conseil des ministres.

17:49
Présentateur

Bien, bonjour à toutes et à tous. À titre liminaire, je voudrais dire que je suis très heureux et honoré de la confiance du Président de la République et du Premier ministre de me confier cette belle mission de porter la parole du gouvernement et heureux d'être devant vous aujourd'hui. Je considère que je ne suis pas là pour donner des leçons, mais pour répondre à des questions, à vos questions. Et je le ferai le plus concrètement et le plus clairement possible.

18:18
Élisabeth Borne

Bon, merci beaucoup. C'était une première pour moi, mais pour moi, ça s'est bien passé, en tout cas. Enfin, je crois. Et puis, la semaine prochaine, je crois que c'est comme ça qu'on dit. Merci.

18:29
Présentateur

Finalement, on a trouvé un os à ronger supplémentaire pour le jeune Gabriel. C'est ce que Jean Castex avait montré au photographe ? Un petit mot qu'il avait écrit pendant le Conseil des ministres ? Oui, il n'a pas tout à fait fait exprès de le montrer au photographe. Pour être honnête, c'était un mot d'Alexis Colère, effectivement, où Gabriel Attal était nommé porte-parole. Et il se demandait si à côté de ça, il ne fallait pas lui donner un petit Marocain, comme Olivier Véran a d'ailleurs en ce moment, avec la citoyenneté, le renouveau démocratique. Et finalement, non, il n'avait pas eu d'autres os à ronger. Mais bon, quelques années plus tard, l'eau, c'est quand même assez joli.

Il faut dire que la relation entre Jean Castex... Jean Castex a beaucoup compté pour Gabriel Attal. Il y a une équipe qui s'est formée à Matignon entre Jean Castex, Gabriel Attal et la conseillère communication de Jean Castex, Maria de Boulos, qui, moi, je la connais depuis 10 ans, elle a toujours dit qu'il sera président de la République. Il y a 10 ans, elle le disait déjà. Et il y a quelque chose qui s'est passé... Avec Marisol Touraine. Et il s'est passé quelque chose entre eux et il l'a pris un peu comme ça sous son aile. Et c'est vrai que Gabriel Attal a pris beaucoup la confiance, comme on dit, auprès de Jean Castex.

Il lui a rendu hommage tout à l'heure dans son discours de passation de pouvoir.

19:37
Invité

Et pourtant, lorsqu'il venait ici à Sétabou, ce qui est arrivé à un certain nombre de reprises, lorsqu'on lui parlait de son ambition, il était toujours un peu embarrassé.

19:47
Présentateur

Vous avez été nommé le 20 mai dernier ministre délégué au compte public. Vous avez 33 ans et Le Monde, cet après-midi, rapporte le propos anonyme d'un député. Depuis qu'il est petit, il veut être président de la République. Vous démentez ?

19:58
Élisabeth Borne

Je ne sais pas d'où ça sort, ça. C'est quelqu'un d'anonyme. Mais c'est vrai, ce n'est pas vrai ? Non, je ne comprends pas d'où ça sort, mais j'imagine que ça partait d'une bonne intention.

20:08
Invité

Mais ce n'est pas vrai.

20:09
Élisabeth Borne

J'ai voulu faire plein de choses quand j'étais petit. J'ai voulu être cosmonaute comme beaucoup d'enfants.

20:12
Invité

Mais jamais.

20:13
Élisabeth Borne

J'ai voulu être avocat. Mais aujourd'hui, j'ai assez vite voulu faire de la politique et m'engager. Je suis fait assez tôt en tant que militant, en tant qu'élu local. Ça fait 10 ans que je suis conseiller municipal dans ma commune. Voilà, je pense que ça suffit.

20:29
Invité

Embarrassé mais ambitieux.

20:31
Présentateur

Embarrassé mais ambitieux, ça le résume bien. Il y a quand même toujours quelque chose un peu de... Il a une réserve naturelle. C'est-à-dire que, vous voyez, des bêtes politiques, j'en ai vu pas mal. Un Sarkozy très jeune, il était déjà dans le truc, je le veux tout de suite, je prends tout, il faut tout prendre. Ou d'autres. François Hollande, à sa façon, avec son humour, on savait qu'il avait une ambition incroyable. Je ne sais pas, lui, il y a toujours un peu une réserve. Et même sur le terrain, il a une façon un peu... Ce qui fait qu'il a une distance. Et il trompe un peu le journaliste pas expérimenté, quoi. Qui pourrait croire, ah non, non, non, non.

Il ne donne pas l'impression de s'écouter parler. Ouais, je suis d'accord. Et surtout, moi, j'ai toujours dit que c'est un macroniste souriant. C'est un macroniste qui n'énerve pas, contrairement à tous ceux qui étaient sur la même ligne de départ en 2017 comme lui.

21:17
Invité

Qui pouvaient apparaître pour des donneurs de leçons.

21:18
Présentateur

Qui depuis ont en soi disparu, qui passaient pour des donneurs de leçons, les Mormons, tout ça. Toute cette fable des macronistes du départ. Et lui, il avait un côté macroniste qui n'énerve pas. Et c'est sans doute ça aussi que l'opinion les Français ont vue à travers lui.

21:30
Invité

Un loup solitaire aussi, Arwen ?

21:32
Présentateur

Oui, c'est là où on voit que c'est un bon communicant. Parce qu'il y a quand même des ministres, certains ministres qui l'ont même connu quand il était collaborateur de Marisol Touraine. Donc avant qu'Emmanuel le constatait lui. Et déjà, il trouvait que ce collaborateur avait un petit peu les dents qu'Irielle parquait et savait le montrer. Ça, c'est intéressant. Et deux, un loup solitaire, oui. Et je pense que ça va être un de ses grands défis maintenant à Matignon. Ça va être de manager cette équipe gouvernementale.

Parce que Gabriel Attal, tous les ministres qui l'ont côtoyé le disent qu'il soit de gauche, de droite, qu'il l'aime ou qu'il l'aime un peu moins, disent que quand même, il a un fonctionnement effectivement très solitaire, très replié sur son clan de collaborateurs de son cabinet. Mais il n'a pas créé de galaxie Gabriel Attal. Il y a des loméristes, il y a des darmanistes, mais il n'y a pas d'Attalistes. Donc les députés l'aiment plus tôt. Par contre, il n'a pas réussi encore à se créer de compagnonnage politique.

Et il faudrait voir comment ça peut marcher maintenant pour manager certains membres du gouvernement qui vont rester, qui trouvent effectivement qu'il est trop solitaire, pas collectif. Ça va être un de ses grands défis à mon avis. Pour cet avou, Audrey Payas et Salomé Delattre sont allés cet après-midi à l'Assemblée nationale pour voir ce que dit l'opposition. Eh bien, vous savez quoi ? Elle est contre.

22:39
Invité

Vous avez une sorte de Macron junior qui arrive à Matignon ?

22:44
Présentateur

C'est le premier collaborateur parfait pour Emmanuel Macron. Il incarne ce qu'est le macronisme, une somme d'opportunisme, l'agrégation des renégats des deux camps, sans boussole, sans valeur.

22:53
Invité

Comment est-ce que M. Attal, par exemple, a gagné la confiance de M. Macron ? Notamment en défendant bec et ongle Emmanuel Macron face à l'affaire Benalla ?

23:02
Présentateur

Vous savez, il ne suffit pas de sauter comme un cabri sur sa chaise en disant « je suis de gauche » ou « je viens de la gauche » pour l'être.

23:08
Locuteur 3

La réalité, c'est que je ne l'ai vu contester aucune des réformes de droite accomplies par ce gouvernement.

23:14
Présentateur

Il est condamné à décevoir. Une fois que l'état de grâce de quelques semaines sera passé, une fois qu'on aura vu qu'il fait de la communication, c'est un garçon qui sait faire de la communication, il se trouvera dans la difficulté parce qu'il lui faudra trouver des majorités pour réformer le pays. Or, une majorité n'y en a pas. Il est au fond un nouvel avatar qui succède à un ancien avatar et Emmanuel Macron se succède à lui-même d'une certaine manière. Voilà, il ne fallait pas s'attendre à autre chose, mais c'est le rappel utile que Gabriel Attal est dans la même situation politique à l'Assemblée nationale que sa prédécesseur Elisabeth Borne. Il n'y a pas de majorité absolue.

Oui, mais moi, quand j'entends toutes les réactions, d'abord elles sont sans surprise, je suis d'accord, ils s'opposent, c'est normal. Mais en même temps, on voit qu'ils ne trouvent pas tellement de prise. Ils disent oui, c'est un homme de communication. C'est le reproche qu'on lui fait, on entend le RN, c'est un homme de communication. Effectivement, c'est ce qu'on a reproché à Elisabeth Borne qui a péché par une communication qui était souvent défaillante. Moi, je trouve qu'elle n'a pas démérité, mais elle a souvent eu des problèmes justement de communication. Et par ailleurs, alors Boris Vallaud dit oui, il n'est pas de gauche, bon, ok, il est macroniste. Moi, je trouve qu'il est central.

Je trouve que pour quelqu'un qui vient du PS, il n'est pas allé jusqu'au... Il plaît à plusieurs électorales. Il est aujourd'hui, je trouve, Emmanuel Macron retrouve avec Gabriel Attal à Matignon, quelqu'un qui est central et qui peut justement, peut-être d'abord, ne pas dégarnir autant que ça a été le cas jusqu'à présent de sa jambe gauche. Sinon, aux européennes, ça se passera mal. Et à droite, il peut trouver des fils. On verra à l'usage. En quelques mots, avant de passer la parole à Pierre. D'ailleurs, Gabriel Attal le dit lui-même. Je n'incarne pas l'aile gauche. Il dit Gérald Darmanin, c'est l'aile droite. Il le revendique.

Ok, il dit même, je me revendique d'Emmanuel Macron et de l'espace central. Et il dit même, je pense qu'en 2027, l'espace central, le dépassement sera encore plus important qu'en 2017 et qu'en 2022. Ce qui laisse présager quand même quelques ambitions aussi. À chaque nomination d'un nouveau ou d'une nouvelle première ministre, on cherche sa première apparition publique. Nous sommes allés dans les archives et nous sommes tombés sur un petit garçon de 9 ans, élève de l'école alsacienne à Paris, célèbre établissement privé.

25:20
Élisabeth Borne

En 1998, 1900, les caméras de France 3, Île-de-France, ils filmaient un cours de théâtre.

25:28
Locuteur 9

Mes cousins, ils sont dans une école et ils disent qu'ils aimeraient bien être à ma place quand je leur raconte ce qu'on fait un peu.

25:35
Invité

Gabriel a 9 ans et demi. Ici, il peut pratiquer sa passion en toute liberté, le théâtre, considéré comme n'importe quelle autre matière. Les pièces de Molière n'ont plus de secret pour lui et chaque année, il participe à un spectacle.

25:47
Locuteur 9

Oh, voilà ma fille qui prend l'air. Elle ne me voit pas, elle soupire, elle lève les yeux au ciel. Papa travaille dans le cinéma et il m'a dit que si on voulait être un acteur célèbre, qu'il fallait commencer par le théâtre. L'année avant-dernière, j'ai fait le chat beauté et j'étais le chat. Et l'année dernière, j'ai fait le médecin volant et j'étais le médecin. Allons donc, découvre ton petit cœur.

26:12
Présentateur

Bon, il a en commun avec le président d'avoir fait du théâtre pendant ses études. Mais enfin, là, ça lui servira pas trop. Le théâtre. Ah, le théâtre ? Oui. Ah, c'est une autre scène. Mais à l'Assemblée, il faudra.

26:28
Invité

Pardon, oui, à l'Assemblée, il faudra.

26:29
Présentateur

1998 ?

26:30
Invité

Oui.

26:31
Présentateur

Il n'y a pas de campagne à 98, c'est 90 d'influence européenne. Non, parce qu'aujourd'hui, sur les réseaux sociaux, le jeu, c'était de savoir qu'est-ce que tu faisais à 34 ans. Alors moi, je sais ce que je faisais à 34 ans, j'ai dit avec Patrick parce qu'on était ensemble à l'époque. On couvrait la campagne après la dissolution calamiteuse de Jacques Chirac. Et vous, Erwann ? Moi, je ne les ai pas encore. Je suis désolé.

26:50
Invité

Ah bon, vous n'avez pas encore 34 ans ?

26:51
Présentateur

Non.

26:52
Invité

Oh ben non. Moi, je ne me souviens même plus ce que je faisais à 34 ans. Merci beaucoup à tous les deux. Vous restez avec nous pour commenter le reste de l'actualité. Je rappelle que vous êtes respectivement directeur de la Tribune dimanche, rédacteur en chef adjoint du service politique de l'Express.

27:07
Présentateur

La quasi-totalité du pays s'est réveillée ce matin avec des températures négatives jusqu'à moins 10, moins 12 ressenties dans certaines régions. Ce matin, à Carpentras, dans le Vaucluse, une femme sans domicile d'une soixantaine d'années a été retrouvée morte sous sa couverture, probablement de froid, d'après la direction départementale de la Sécurité publique. Drame qui souligne l'urgence pour les 330 000 personnes sans domicile, dont 3 000 enfants, que recense la Fondation Abbé Pierre.

27:33
Locuteur 9

Comment vous allez, Dominique ?

27:34
Présentateur

Oh, ça va, à Paris, c'est un peu frais, quoi. J'ai tout fait, moi. Le 115, tu sais, j'ai tout fait, moi. J'ai fait le tour de Paris, moi, comme dirait l'autre. Et alors, moi, je suis bien dehors.

27:45
Locuteur 9

Les trois quarts des personnes sans-abri que nous, on rencontre, effectivement, nous disent avoir déjà essayé les centres d'hébergement d'urgence et ne veulent pas y retourner. En termes de sécurité, essentiellement, il y a des vols, l'hygiène n'est pas forcément au rendez-vous. Donc oui, ils préfèrent malheureusement rester dans la rue.

28:00
Invité

Il y a aussi le manque de place et le 115 saturé. Alors, ces bénévoles apportent un moment de partage aux sans-abri.

28:07
Locuteur 9

C'est extrêmement important pour nous de faire ces maraudes. On essaye d'apporter un peu de réconfort auprès des sans-abri. Il y a besoin vraiment de créer avec eux du lien social, de leur apporter une petite joie. Si c'est uniquement leur apporter un café, c'est déjà une grande victoire pour nous. Bonsoir, Christophe Robert.

28:22
Locuteur 6

Bonsoir.

28:23
Présentateur

– Délégué général de la Fondation Abbé Pierre, merci de votre présence ce soir. Alors qu'on a appris le décès d'une femme sans-abri dans le Vaucluse, c'est un drame que vous redoutiez ? – Oui, pas tout à fait surprenant. Plus de 600 personnes mortes à la rue en 2022. On connaît la situation, ça fait des semaines qu'on alerte. Il y a quelques mois, c'était 8000 personnes qui appelaient le 115 chaque soir, à qui on ne proposait pas de solution. Donc c'est déjà des personnes qui prennent la peine d'appeler le 115 en disant « je ne sais pas où je vais dormir ce soir » et à qui on ne propose pas de solution.

Il y a eu quelques ouvertures de place qui fait qu'aujourd'hui, c'est plutôt 5000 personnes, 5200 personnes dont 1600 enfants. Donc on est face à une situation extrêmement tendue. Raison pour laquelle le fait que le ministre ait annoncé 120 millions d'euros pour ouvrir de nouvelles places est une bonne nouvelle, mais vous savez comment ça marche. – 10 000 nouvelles places, ça devrait permettre, oui. – Enfin, il disait que c'était l'équivalent de 10 000 places, ce que nous appelions de nos voeux, mais en disant « en fait, ça ne servira pas que à ça ». Donc on va voir concrètement, mais surtout, il faut les ouvrir maintenant. Vous voyez ce que je veux dire ? – C'est-à-dire que…

29:24
Invité

– C'est-à-dire qu'on attend qu'il fasse froid pour tout d'un coup prendre…

29:26
Présentateur

– Oui, c'est ce qu'on appelle la politique au thermomètre. Ça fait des semaines que des écoles se mobilisent, des enseignants, des parents d'élèves, parce qu'il y a des enfants, ils découvrent que des enfants dans la rue avant de venir à l'école, que des maires tirent la sonnette d'alarme, que nous, les associations, que la Fondation Abbé Pierre ont dit « mais là, c'est plus 40% par rapport à l'année dernière, donc il faut faire quelque chose ». On ne peut pas laisser des personnes comme ça à la rue. Donc voilà, c'est une bonne nouvelle qu'il y ait des moyens qui soient dégagés. Maintenant, il faut faire le boulot, c'est-à-dire que ça ne suffit pas de débloquer une enveloppe.

Souvent, on se satisfait, vous voyez comment ça marche après, il faut que ça se débloque. Nous, ce que l'on propose, c'est que le gouvernement demande à tous les préfets de mettre en place des cellules d'urgence.

30:05
Invité

Ça ne suffit pas les plans grand froid, parce qu'il y a 48 départements qui ont déclenché des plans grand froid, avec notamment l'ouverture d'hébergement d'urgence supplémentaire.

30:11
Présentateur

Non, il faut un moment regarder ce que ça veut dire de vivre à la rue, en été comme en hiver. Ça veut dire ne pas avoir de chez soi, ne pas pouvoir se reposer, ne pas pouvoir accueillir du monde, ne pas pouvoir se poser, ne pas pouvoir trouver un boulot, ne pas pouvoir vivre tout simplement.

Donc à partir de ce moment-là, on connaît les mécanismes qui font qu'aujourd'hui, il y a autant de personnes sans-abri dans notre pays, parce que les jeunes ne sont pas accompagnés à leur sortie de l'aide sociale à l'enfance, alors qu'on s'en est occupé pendant 15 ans, parce qu'il y a des sortants de prison qui n'ont pas de logement, parce qu'il y a des personnes qui sont expulsées de leur logement, parce qu'il manque de logements sociaux, pour permettre à ceux qui sont dans l'hébergement d'urgence aujourd'hui d'accéder à une solution digne et durable pour libérer des places pour les autres. Tout ça, on connaît.

Donc maintenant, on est dans l'urgence, on est face au froid, il faut ouvrir des places d'hébergement d'urgence, il n'y a pas de question. Mais on sait quels sont les mécanismes qui nous ont conduit à cette situation, et c'est ça qu'il faut faire de façon beaucoup plus dynamique que ce que nous faisons aujourd'hui.

31:02
Invité

Donc vous demandez quoi précisément au préfet, parce que je vous ai interrompi une minute de cette phrase ?

31:04
Présentateur

Aujourd'hui, ce qu'on demande, c'est de mettre en place des cellules d'urgence sous pilotage du préfet, où on rassemble les maires, les départements, les régions, les associations, on identifie tous les locaux qui sont vides. Il y en a des lycées, des collèges, des bâtiments qui sont vides. On les aménage avec les moyens qui ont été dédiés par l'État hier, et puis des associations vont pouvoir gérer. Après, ça veut dire qu'on a mis des personnes à l'abri, pour qu'on ne les laisse pas à la rue.

Mais derrière, il faut qu'on comprenne pourquoi ces gens sont là, qu'est-ce qui se passe, c'est quoi leurs difficultés, et qu'on les accompagne vers un hébergement d'insertion, un logement d'insertion, pour qu'on ne soit pas dans une logique de tourniquet ou de politique au thermomètre. Qu'est-ce que ça veut dire ? Ça veut dire qu'il fait moins 4, on ouvre, et puis deux jours après, on ferme. Ben non, on ne peut pas continuer comme ça. Et d'ailleurs, ce gouvernement avait dit qu'on allait arrêter ça. Il avait arrêté des budgets insincères au moment du projet de loi de finances, on adopte un budget, on sait que ça ne passera pas et on fera des rallonges.

Et il est retombé cette année un peu là-dedans, parce qu'il manque 200 millions d'euros dans le budget cette année, par rapport à ce qui a été dépensé l'année dernière, et il dit qu'on allait maintenir le nombre de places. Donc on savait qu'on aurait cette rallonge, elle est là, tant mieux. Je ne suis pas sûr qu'elle sera suffisante, mais surtout, il faut déclencher les réponses pour les gens. C'est ça la politique. – Je voulais vous faire, j'ai bien entendu un chiffre, vous dites 1 600 enfants ? – Oui, alors, le seul indicateur que nous ayons, c'est celui des appels au 115 pour lesquels on ne propose pas de solution le soir venu.

Donc, oui, le 4 janvier dernier, c'est 1 600, enfin, des familles avec des enfants, dont 1 600 enfants, qui appellent le 115 et qui n'ont pas eu de solution. Mais, sachez une chose, c'est que les 2 tiers des personnes que nous, on accueille à la Fondation Abbé Pierre ou d'autres associations, n'appellent même plus le 115. Parce que, faites le test un jour, croisez quelqu'un qui est en difficulté, vous dites, je vais appeler avec vous. Et c'était dit dans votre reportage, quand vous appelez pendant 1 heure, 2 heures, 3 heures, aujourd'hui, on hiérarchise, rendez-vous compte. Il y a des endroits où on dit, ah non, vous avez des enfants, mais ils n'ont pas moins de 3 ans.

Ah non, vous êtes enceinte, mais vous êtes enceinte de moins de 3 mois. Ah non, vous n'êtes pas malade et avec des enfants. Parce qu'évidemment, tous ceux qui sont au bout de la chaîne, qui essayent d'apporter une solution, et ils font tout ce qu'ils peuvent, à un moment où hiérarchisez, parce que vous vous dites, il y a un homme seul, c'est souvent les derniers servis, très clairement, et puis il y a une famille avec 3 enfants, et puis il y a une femme enceinte de plus de 6 mois. Donc, évidemment, on met en place une espèce de hiérarchisation, mais c'est indigne, quoi. C'est indigne, je crois que chacun le comprend.

Donc, il faut accélérer, on met les moyens d'urgence, et puis on essaye de répondre ensuite à toutes les problématiques que l'on connaît bien, qui ont conduit à ces situations.

33:33
Invité

Qu'est-ce que vous attendez du nouveau Premier ministre, Gabriel Attal ?

33:39
Présentateur

Une autre politique du logement, juste un point. 2018, on construit 125 000 logements sociaux en France. Aujourd'hui, c'est 90 000. Tout simplement parce qu'on a fait des coupes, comme jamais, dans le budget de l'État dédié au logement social. On a réduit la capacité d'intervention des APL, c'est-à-dire qu'elles sont moins performantes, ces aides personnelles au logement. Voilà, le gouvernement a choisi de faire du logement un des principaux contributeurs à la baisse des dépenses publiques. Je crois que tout le monde le dit aujourd'hui, les acteurs économiques, on voit bien la catastrophe. Sur le front du logement, on ne construit plus, on ne construit plus assez de logements sociaux.

Voilà, ça, ça appelle une vraie politique. Qu'est-ce qu'on appelle de nos venous ? Un plan quinquennal, ou alors il reste trois ans et demi, un plan triennal, pour donner de la perspective aux acteurs de l'immobilier, pour qu'ils sachent vers où aller. C'est un gros pas de boule, le logement. Si on fait du stop and go ou si on réduit la voilure, ça ne marche pas. Donc, ce n'est pas que le problème de l'État. Il faut les collectivités, il faut que tout le monde se retrousse les manches dans ce pays.

Mais en même temps, quand vous coupez des milliards d'euros sur la politique du logement, vous ne pouvez pas dire aux acteurs, « Allez, on va tous se bouger », je ne sais pas, moi, comme l'avait fait Jean-Louis Borloo avec son plan de cohésion sociale, ou d'autres, à d'autres moments. Voilà, il y a un problème de ce gouvernement avec le logement. Je crois qu'aujourd'hui, on le sait tous. Le problème, c'est qu'à un moment, ça se paye. Parce que quand vous construisez 40 000 de logements sociaux en moins par an, et bien c'est 40 000 par an. Donc 40 000 ménages qui ne se voient pas proposer une solution. C'est les personnes qui ne sortent pas d'hébergement.

C'est les femmes seules avec enfants qui se retrouvent sans solution. C'est les travailleurs pauvres qui n'arrivent pas à se loger. C'est seulement le problème de budget, la baisse de la construction de logement. Non, non. C'est pas le seul problème. Pendant les 4 premières années, c'était vraiment le gros problème. Depuis un an et demi, c'est la hausse du livret A, puisque les bailleurs sociaux empruntent sur le livret A, qui est désormais à 3%. Ça, ça coûte cher. Maintenant, les coûts de construction qui ont augmenté depuis 2 ans avec l'inflation. Donc on est venu, en fait, c'est la deuxième lame qui est venue, pas achevée, mais fragilisée énormément.

Vous savez, moi, j'ai copiloté le Conseil national de la refondation sur le logement à la demande du président de la République et la première ministre, l'ex-première ministre. Les acteurs du logement, ils étaient réunis pour booster une nouvelle politique du logement. Ils ont joué le jeu pendant 6 mois. Ils ont fait des propositions. On a proposé 20 chantiers prioritaires. Mais le problème, c'est qu'il a été décidé de faire des économies sur ce dos du logement. Donc ce n'est pas le seul problème, puisqu'il y a des éléments conjoncturels qui pèsent aussi. Mais quand même.

Et c'est vrai que nous, on est convaincus que la situation des personnes à la rue, elle a un lien aussi avec l'absence de production, des logements trop chers, pas assez régulés. Tout ceci est lié. Vous savez, il y a des effets dominos. Quand les classes moyennes n'arrivent pas à se loger dans de bonnes conditions dans les centres-villes, ils vont se rabattre vers les logements de moyenne qualité. Ces logements de moyenne qualité servaient aux catégories modestes. Et puis, ainsi de suite, il y a un effet comme ça, domino, qui fait que derrière, les plus fragiles, les plus pauvres, ils sont encore plus en difficulté que les autres.

Merci beaucoup, Christophe Robert, d'être venu lancer cet appel ce soir sur le plateau de CETAVO. Vous restez avec nous pour le reste de l'actualité ? Volontiers. C'est l'heure de la story de Mohamed Bouhafsi.

36:39
Invité

Mohamed, on parle avec vous ce soir du phénomène des home jacking qui explose en France.

36:50
Présentateur

Oui, c'est un fléau qui touche de plus en plus de Français, des cambriolages violents en présence des habitants. On se souvient de Kim Kardashian à Paris ou encore les stars du PSG, la chanteuse Vita. Un phénomène qui touche aussi les particuliers. Ces images de l'agression violente d'une employée de maison par des faux livreurs à Paris en octobre dernier avaient particulièrement choqué. L'animateur Bruno Guillon, lui, avait été menacé avec une arme à feu en présence de son fils et de sa femme. Tout de suite, on m'attache les mains dans le dos. On m'emmène dans la chambre de mon fils. On me dit que si jamais on fait quoi que ce soit, ils vont nous tuer.

Je vois ma femme avec quelqu'un d'autre avec une arme sur la tempe et ils l'emmènent dans le couloir. Alors je leur demande de me prendre moi et de laisser ma femme avec mon fils. Mais ils partent et ils nous renferment dans la chambre avec mon fils qu'ils attachent. Ils n'arrivent pas à l'étacher les mains dans le dos. Donc ils lui attachent les mains devant. Et là, on reste renfermé pendant ce qui sera, je pense, les 30 minutes les plus longues de ma vie. En 2021, la famille de Guillaume Pley, le créateur du média Legend, avait été victime d'une agression violente à son domicile. Sa femme et son bébé de 7 mois ont été menacés avec un pistolet.

Il a accepté de se confier aujourd'hui au micro de Salomé Delattre.

38:07
Élisabeth Borne

Je partais au Festival de Cannes assez tôt. Je l'avais annoncé sur mes réseaux sociaux. Au moment du décollage, je reçois un message de ma femme sur WhatsApp qui me dit qu'on vient d'être braqué au secours. Elle entend la porte qui claque et se retourne. Et il y a trois mecs qui arrivent assez grands, assez costauds. Il s'approche de mon fils tout de suite avec un pistolet sur sa tête. Il braque tout le monde. On jouait avec le pistolet pour lui faire peur. Le chien du pistolet pour lui dire, voilà, il va t'arriver quelque chose si tu ne nous dis pas où est le coffre. Sauf que c'est pas de coffre. Ils avaient juste vu que dans une émission et sur une photo, j'avais un bout de montre.

Maintenant, je mets tout en décalé. C'est-à-dire que quand je mets une photo de voyage ou une photo de week-end ou une photo d'événement, je la mets deux jours après, une semaine, quinze jours après parfois. En fait, c'est du pain béni pour les cambrioleurs.

38:56
Présentateur

C'est donc désormais sur les réseaux sociaux que les malfaiteurs identifient leurs futures victimes. Ils scrutent les objets de valeur sur les photos, mais aussi via les fameuses stories pour localiser les personnalités, comme l'a expliqué la porte-parole de la police à Benjamin Delmas.

39:08
Locuteur 3

– Alors, il faut et il convient pour les victimes, évidemment, de se protéger au maximum, de se protéger sur les réseaux sociaux, bien sûr, sur l'emploi du temps qu'ils peuvent diffuser à travers les réseaux sociaux, parce qu'il est parfois facile de retrouver un domicile ou un lieu de vacances lorsqu'il y a une diffusion de photographies sur les réseaux sociaux.

39:30
Présentateur

– Derrière ces cambriolages ultra-violents, il y a souvent des réseaux de délinquants, bien connus des services de police et de justice. Un homme déjà incarcéré est soupçonné d'avoir commandité plusieurs effractions chez des personnalités comme Bruno Guillon ou encore le champion de MMA, Cyril Gann. Mais ce ne sont pas toujours des groupes structurés de malfaiteurs qui se cachent derrière ces opérations. – Vous avez aussi des opportunistes, tout simplement, c'est-à-dire que vous allez avoir un livreur de repas, vous allez avoir un livreur de colis qui va donner une information via un réseau à tel ou tel individu.

Vous avez aussi un garage, ces garagistes-là, ils ont accès au fichier national des automobiles et du coup, ils peuvent très bien identifier le véhicule de telle personnalité et donc avoir son adresse. Tout ce qui est maroquinerie de luxe et produits de luxe, montres de luxe, bijoux de luxe, on se rend compte qu'il y a une demande qui est créée au travers des réseaux sociaux, il y a une demande qui est créée aussi au niveau des sites d'occasion et donc c'est une marchandise qui est beaucoup plus facile à écouler.

– Et pour répondre à ces attaques des personnalités, des chefs d'entreprise, mais aussi des anonymes réagissent, vous vous souvenez sûrement Babette du thriller américain « Panic Room » avec l'actrice Jodie Foster, elle y subissait un home jacking ultra-violent. Pour se protéger de ce phénomène, certains Français vont jusqu'à s'offrir des « Panic Room », pièce d'urgence en français à la maison. – Généralement, on positionne une pièce de panique près des lieux de vie, généralement près des chambres, à l'étage, ce qui permet effectivement de récupérer les enfants au passage et de venir se confiner dans cette pièce le temps nécessaire à ce que les forces de l'ordre puissent intervenir.

Nous avons constaté une augmentation, sans parler de nombre, il est clair que les Français de manière générale développent des inquiétudes sur l'avenir, il y a un contexte d'hostilité qui est ou local ou généralisé qui les préoccupe, et ils sont à la recherche de solutions de protection de leurs biens et de leurs familles. – Il faut préciser que la Sûreté territoriale et la police française ont démantelé plusieurs dizaines de réseaux, donc la police travaille bien depuis plusieurs mois sur ces sujets. En 2022, 484 home jacking ont été recensés en France, dont 139 sous la menace d'une arme. Ces chiffres ont fortement augmenté en 2023.

– Merci Mohamed, c'est l'ordre du 5 sur 5 de Lorrain de Sénéchal. – 3 policiers devant les assises de Sainte-Saint-Denis, c'est le procès de l'affaire Théo. – Oui, du nom de Théodore, l'UAK, 22 ans au moment des faits, a un contrôle d'identité qui dégénère à Aulnay-sous-Bois. Les 3 policiers sont jugés pour violences volontaires, notamment le gardien de la paix qui a blessé gravement à l'anus Théo avec sa matraque. Le jeune homme en garde une infirmité, précise son avocat à Audrey Payas. – C'est quelqu'un qui a été violé au sens psychologique parce qu'il a le sentiment d'avoir été humilié, d'avoir été battu.

Et puis les séquelles qu'il a subies font qu'aujourd'hui, il ne retrouvera jamais sa vie d'avant. – C'est quelqu'un qui venait de signer un contrat de football avec un club belge et donc qui se destinait à une carrière sportive. Et aujourd'hui, il ne peut plus pratiquer ce type d'exercice physique. Donc c'est quelqu'un qui souffre d'un handicap permanent. – À l'ouverture du procès tout à l'heure, le principal accusé, qui est ce policier, donc qui a gravement blessé Théo, a commencé par dire sa compassion pour sa victime. Un peu plus tôt, il s'exprimait ce matin pour la première fois devant un micro, en l'occurrence celui de RMC.

42:49
Locuteur 2

– À plusieurs reprises, j'ai porté des coups de bâton télescopique de défense en visant le haut des jambes de M. Luaka. Je le reconnais et je l'assume. Mais mon intention a toujours été de faire chuter la partie civile et libérer mon collègue. « Je n'ai jamais eu la volonté de causer cette blessure désolante ».

43:06
Présentateur

– À l'époque des faits, en 2017, le président François Hollande s'était rendu au chevet de Théo à l'hôpital. Elle avait pris cette affaire tout de suite beaucoup d'ampleur. Elle est même symbole de violence policière, un terme que récuse tous les ministres de l'Intérieur jusqu'à aujourd'hui. Le policier a usé d'une violence légitime, plaide d'ailleurs l'avocat du principal accusé. – C'est un geste de ce qu'on appelle la violence légitime, c'est-à-dire qu'il est intervenu suite à la rébellion d'un individu lors d'un contrôle pour dégager deux de ses collègues qui étaient en difficulté. C'est un geste qui est enseigné à l'école de police précisément pour ce genre de circonstances.

Et le malheur est que la matraque a glissé et a causé à la partie civile des blessures très graves que personne ne conteste. – Le policier risque jusqu'à 15 ans de prison. La salle d'audience, je précise tout à l'heure, elle était pleine de nombreux policiers qui sont venus soutenir leurs collègues. Il y avait aussi le président d'SOS Racisme qui était sur place. Ce procès doit durer 10 jours. – La neige a paralysé de nombreuses routes aujourd'hui. – Oui, neige qui est tombée dans les Alpes, mais surtout sur le Nord-Ouest, Île-de-France, Normandie notamment. Regardez ces images du côté de Flair dans l'Orne. Les habitants ont carrément sorti les skis dans leur jardin.

Il faut dire que c'est une région qui est surnommée la Suisse-Normande, elle porte bien son nom. Et avec cette neige, ce froid, ce verglas, certains ont passé 24 heures galère. Plusieurs centaines de personnes bloquées par exemple la nuit dernière sur l'autoroute A13 entre Paris et la côte Normande. – Un mec là, là-bas, il essaie de démarrer. Il ne démarre pas, les gars, il y a une couche de glace de 100 ans. – Quelle heure il est ? 4 heures ? 5 heures ? – En 1h30, j'ai fait 300 mètres. – C'est à l'arrêt complet, il y a 3 centimètres de verglas au sol, ça me saoule moi. – Non, c'est les 20 minutes de nuit pour aller bosser, on est là comme des comptes qui 2 heures.

– Cette neige, elle a aussi paralysé les transports en commun. Aucun car qui circulait aujourd'hui en Eure-et-Loire, transports scolaires suspendus également aujourd'hui dans l'Orne et le Calvados. En Ile-de-France, des ralentissements sur le Transilien, les lignes L, N et U notamment. Et dans ces cas-là, heureusement, quelque part, on trouve toujours pire que soi.

45:05
Locuteur 3

– Chez moi, je ne s'étais pas déblayée, comme la rue est forte en pente, je n'ai pas pu prendre ma voiture. Donc je me suis dit, je vais prendre le bus, et puis j'ai attendu, il n'est pas arrivé. Je me suis dit, je vais prendre le train et je l'ai raté à une minute près. Donc là, on n'a pas de chance.

45:18
Présentateur

– Alors d'être plein, remaniement, bonne journée. – L'exécutif a voulu quand même montrer qu'il était à la tâche. Par exemple, il y a toujours un ministre des Transports qui s'appelle Clément Beaune.

45:28
Élisabeth Borne

– Le salage et a fortiori le déneigement ne peuvent intervenir qu'à partir du moment où les premières chutes de neige interviennent. Sinon, le salage n'est pas efficace. Et donc dès que les chutes de neige ont été vues, on a mobilisé à ma demande tous les moyens de salage et de déneigement dès le début de la nuit.

45:43
Présentateur

– Bruno, je l'ai dit, il faut montrer qu'on est quand même au travail malgré cette période. – Et ils sont ministres jusqu'à la formation du prochain gouvernement. – Parce qu'au terminus, on pense qu'ils contractent.

45:53
Invité

– Oui, pour Clément Beaune, il ne sera pas parti, la nouvelle équipe.

45:55
Présentateur

– Il fait partie des frondeurs, des ministres frondeurs, vous savez. – Au moment de la loi immigration. – Oui, mais en même temps, une bonne source m'a dit samedi, il n'y aura pas de Saint-Barthélemy des ministres frondeurs. – Ah donc, il sera peut-être là, dans le gouvernement de Gabriel Attal. – Ah, il y a assez chaud pour deux quand même, lui et puis Mme Rima Boulmalek. – Il y avait été désavoué sur le plateau, c'était d'autant que les liens entre Clément Beaune et Gabriel Attal ne sont vraiment pas au beau fixe. Donc bon, a priori, ça sent un peu le sapin. – Bon. – Allez, il faut voir le positif. On peut profiter quand même de cette neige.

C'est beau d'abord, regardez ces images de la neige. Ça, c'est la plage de Deauville. C'est beau aussi sur les monuments, le château de Chambord, par exemple, dans le Val-de-Loire. – Ah oui, voilà. – Ou le Mont-Saint-Michel, on va le voir, qui était sous la neige. Qui se trouve où d'ailleurs, le Mont-Saint-Michel ? – En Normandie. – En Normandie, merci, je précise, parce que ça a donné lieu à une passe d'armes tout à l'heure chez nos copains de France 3. D'abord, un tweet de France 3, Bretagne. Regardez, la Bretagne sous la neige, les plus belles photos de Saint-Malo au Mont-Saint-Michel. – C'est eux qui déclenchent les hostilités.

– Et immédiatement, France 3 Normandie a réagi à cette tentative de poutes, bien essayé, écrit France 3 Normandie, mais le Mont-Saint-Michel reste en Normandie, même sous la neige. Et puis quand il neige, les plus heureux, ce sont les enfants.

47:03
Locuteur 1

– Qui s'est levé tout de suite pour aller voir la neige dehors. – Des fois, je fais des bonhommes de neige, qui est là, je lance des boules de neige en noir.

47:13
Présentateur

– Et ils auront encore le loisir de jouer aux boules de neige demain, les enfants, avec cette neige qui va continuer, le froid aussi. Je précise que 10 départements sont en vigilance orange-neige, verglas ce soir encore. Soyez donc prudents, patients sur les routes notamment. – En Italie, un rassemblement fasciste secoue la classe politique. – Oui, voici une image glaçante en plein cœur de Rome. Des centaines de manifestants qui font des saluts fascistes. Il n'y a pas d'erreur, pas d'amalgame, c'est bien de ça qu'il s'agit. Un rassemblement qui a même lieu tous les ans, en mémoire de militants fascistes assassinés en 78, pendant les années de plomb, les années des attentats communistes.

Deux anciens premiers ministres italiens, Matteo Renzi et Giuseppe Conte, s'inquiètent de ces manifestations fascistes.

48:02
Locuteur 7

– Toutes les vittimes des terribles années 70 devront être récordées en une prospettive historique, parce qu'ils ont perdu la vie des enfants qui n'étaient pas de perdre la vie. Ce n'est pas de dire et de répéter la vie. Ce sont incroyables. Ce serait bien que le président du Conseil, Giorgia Meloni, prenne les distances d'une manifestation du genre, qui est une palaisie apologie du fascisme.

48:28
Présentateur

– Voilà, ce qui interpelle, c'est notamment le silence de la chef du gouvernement, Giorgia Meloni. Mais il faut dire que ce rassemblement a lieu devant l'ancien siège du MSI, parti créé par des fascistes après la chute de Mussolini, et sur les cendres duquel a été fondé Fratelli d'Italia, le parti de Meloni elle-même. Parti qui d'ailleurs a réagi, accusé tout à l'heure ses rivaux, d'utiliser le souvenir de la mort tragique de trois garçons tués par la haine communiste pour mener une sinistre propagande, aucune condamnation donc des notoires saluts fascistes dans les rues de Rome. Deux partis qui ont le même emblème que celui du Rassemblement National. – La flamme.

– Il y a un vent mauvais qui se lève sur l'Europe, c'est incontestable.

49:10
Invité

– Aux États-Unis, quand une salle d'audience prend des airs du silence des agneaux.

49:14
Présentateur

– Oui, voici un prévenu menotté, mais surtout à qui la police a installé un masque sur la bouche, vous voyez, entravé également les mains, il a été escorté de six policiers, ça rappelle effectivement Hannibal Lecter, incarné par Anthony Hopkins dans le silence des agneaux. Alors pourquoi est-ce qu'il a eu le droit à ce traitement, ce jeune homme ?

Eh bien à cause de son premier passage, on va le voir devant un tribunal de Las Vegas la semaine dernière, à l'annonce, ce ne sont pas les bonnes images manifestement, à l'annonce de la condamnation, on va le voir pour coups et blessures, sans connaître encore la peine à laquelle il allait être condamné, il a sauté sur la juge par-dessus son estrade, elle n'a heureusement pas été blessée, il a écopé de quatre ans de prison tout à l'heure pour ses fameux coups et blessures, il va maintenant être à nouveau jugé, évidemment pour l'agression de la juge.

50:03
Invité

– On part faire le tour du monde en bateau, c'est ça ?

50:05
Présentateur

– Oui, avec plaisir, d'abord en vélo, puis en… – En stop. – En bateau stop, écoutez, il s'appelle Jules Risse, ce jeune homme, 27 ans, c'est une sorte d'Antoine de Maximi, vous savez, j'irai dormir chez vous, et c'est ce qu'il fait, lui, il va dormir chez l'habitant, que ce soit en France ou au Portugal. – En France ou au Portugal, c'était presque chaque soir, soit justement planter ma tente dans leur jardin, échanger un verre, un repas avec eux, soit directement dormir à la maison en fonction des habitations et de la place qu'il y avait. Et l'objectif, c'est surtout d'échanger, de partager avec des gens avec qui je n'aurais pas forcément partagé.

– Il est donc parti de sa ville de Metz en septembre dernier, à vélo, 3500 km à travers la France, l'Espagne, le Portugal, il a finalement rejoint Gibraltar, et là, vous allez me dire, à vélo, on ne peut plus continuer, donc il a pris un bateau, en l'occurrence, il a fait du bateau stop pour se retrouver jusqu'au Cap-Vert, où il est actuellement, il a pour projet d'aller au Brésil. – Le simple, c'est d'aller discuter un maximum à la marina, au port, avec les capitaines et les équipages. Au bout de 3-4 jours, j'ai trouvé, je suis resté à bord avec eux, puis on est parti une semaine plus tard.

Alors, je vous avoue que sur la première traversée, étant de Moselle, n'ayant pas trop fait de régate sur la rivière, j'ai eu du mal, j'ai eu deux premiers jours compliqués, où j'étais allongé, j'ai pas été d'une grande aide. – Voilà, ils cherchent quelqu'un pour aller au Brésil, si vous nous entendez du Cap-Vert, et que vous avez un bateau. – Merci Laura, merci à tous les trois d'avoir accepté ce soir notre invitation. Dans un instant, Daniel Hôtel, Frédéric Lopez, Noéboun et Richard Sears, l'œil de Pierre, les actualités de Bertrand, les radoteurs, on est ensemble en direct jusqu'à 21h. – A tout de suite !