Remaniement, retour médiatique d'Adrien Quatennens, Israël et Paris 2024...Le 8h30 franceinfo de Manuel Bompard
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Bonjour Manuel Bompard, le gouvernement est enfin au complet, 20 nouveaux ministres ont été désignés hier soir. Est-ce qu'il y a dans cette liste des bons points, des bonnes nouvelles selon vous dans ce remaniement ?
Non, moi je suis inquiet pour mon pays, je le dis franchement, quand je vois cet attelage brinque-ballant dans lequel vous retrouvez des macronistes fanatisés et des mercenaires sans principe et sans conviction. Des mercenaires ? Oui bien sûr, des gens qui défendaient, comme Mme Belloubet il y a quelques années de ça, le fait qu'il fallait s'opposer au port de l'uniforme, que c'était quelque chose de ridicule, qui défendaient la réforme du collège de M. Hollande et qui maintenant sont prêts à prendre en charge un programme politique qui s'est fixé. J'ai écouté le Premier ministre M.
Attal et le Président de la République des propositions qui sont des propositions totalement opposées et totalement contraires. Donc oui, je ne comprends pas la cohérence politique de ces personnes qui sont capables de dire une chose et quelques mois ou quelques années plus tard de rejoindre un gouvernement pour faire l'inverse. Et je crois que les Français sont d'accord avec moi et ne le comprennent pas non plus.
Il n'y a même pas une bonne nouvelle, par exemple, vous avez eu la dent dure contre Amélie Oudea-Castera, vous jugez récemment qu'elle incarnait le mépris de la caste au pouvoir pour l'école publique. On imagine que vous vous félicitez du fait qu'elle ne soit plus à l'éducation nationale, non ?
Oui, bien sûr, ça c'est vrai. Mais il s'était difficile de trouver pire. Je pense que Mme Oudea-Castera a menti à plusieurs reprises, qu'elle a exprimé un mépris pour l'école publique et qu'effectivement elle était sans doute le symbole le plus pur de, comme elle l'a dit elle-même d'ailleurs, cette caste déconnectée et privilégiée. Et donc effectivement c'est une bonne nouvelle qu'elle quitte ses fonctions au ministère de l'éducation nationale. Et il y a quand même quelque chose qui me surprend, c'est qu'apparemment en Macronie, quand on ment, on ne peut pas être ministre de l'éducation nationale, mais on peut quand même être ministre de la jeunesse et des sports.
Je trouve ça assez surprenant.
Donc elle est remplacée, vous en parliez, par Nicole Belloubet. Nicole Belloubet, elle a été rectrice des académies de Limoges et Toulouse notamment, donc elle connaît les sujets de l'éducation. Est-ce que, à minima, vous reconnaissez qu'elle a une légitimité pour exercer cette chose ?
Moi je ne conteste pas l'expertise personnelle des uns et des autres. Mon opposition, elle est politique. Donc elle concerne le cœur du programme qui a été exprimé par le président de la République et par le Premier ministre en matière d'éducation. Je faisais remarquer tout à l'heure à quel point le cœur de ce programme était contradictoire avec les engagements et les prises d'opposition précédentes de Mme Belloubet.
Elle était au Parti Socialiste à la même époque que Jean-Luc Mélenchon, ça peut vous rapprocher ?
Non, je ne crois pas.
Ah si, elle y a milité pendant 30 ans.
Sans doute qu'elle y était, mais ça ne nous rapproche pas. Mais à la limite, bon, le problème ce n'est pas Mme Belloubet. La question c'est de savoir comment on va faire en sorte que la France ne soit plus comme elle l'est aujourd'hui ? La championne d'Europe des classes surchargées. Comment on fait en sorte qu'en France, enfin nos enseignants soient rémunérés, au moins à la hauteur de ce qu'on observe dans les autres pays de l'OCDE ? Ce n'est pas le cas aujourd'hui. Comment on fait en sorte qu'il n'y ait pas des milliers de personnes qui manquent lors des concours de recrutement parce que le métier d'enseignant est devenu si peu attractif que les gens ne veulent même plus le faire ?
Elle a quand même une feuille de route. Tout le monde est inquiet par le fait qu'à l'éducation nationale, on a besoin au moins un minima que nos enfants et des professeurs en phase 2 pour pouvoir mener leur éducation dans des bonnes conditions.
Manuel Bonparnicole Belloubet, elle a néanmoins une feuille de route qui a été en réalité dictée par son prédécesseur Gabriel Attal, notamment la question des groupes de niveau. Est-ce que ça, ça peut aller dans...
C'est une manière d'aller chercher ce qui décroche. Mais non, mais pas du tout. C'est une manière d'imposer, d'instaurer une forme d'école à deux vitesses. C'est une théorie, une proposition qui, en fait, toutes les études en pédagogie montrent que ça ne fonctionne pas. C'est quelque chose qui a été rejeté et qui est rejeté par l'ensemble des organisations syndicales. Écoutez, j'avais cru comprendre que le fait de mettre en place Mme Belloubet visait notamment à renouer le lien avec les syndicats enseignants qui avaient été très refroidiés et à juste titre par les propos de Mme Oudea Castera. Et là, vous m'interrogez précisément sur une proposition qu'ils combattent.
Il y a eu deux manifestations, une ce mardi et une jeudi dernier. Elles concernaient notamment cette question et ce sujet.
Mais Manuel Bombard, sur ces groupes de niveau, le dernier rapport de l'OCDE PISA estime qu'une relation positive entre la performance en mathématiques et le regroupement d'élèves est observée si ce regroupement est limité à quelques matières. Or là, ça va être regroupé sur les mathématiques, en français, trois groupes de niveau par classe. Est-ce que finalement, ça ne va pas dans le bon sens ? Est-ce que ce n'est pas une opportunité pour ces élèves qui arrivent moins vite ?
Non, je ne crois pas. Et encore une fois, comme je vous l'ai dit tout à l'heure, c'était un rapport avec une formule assez alambiquée d'ailleurs. Moi, ce que je vous dis, c'est qu'à minima... Et d'ailleurs, j'observe que M. Bayrou, qui était sur ce plateau hier, disait des choses pas très loin de celles que je vais dire.
Vous êtes d'accord avec M. Bayrou ?
Pas surtout, mais sur ce point, en tout cas, ou en tout cas, il a dit sans doute tout haut ce que beaucoup de gens pensaient tout bas, qui était que vous ne pouvez pas faire avancer l'éducation nationale dans notre pays sans écouter, sans dialoguer, sans discuter avec ceux qui la font vivre au quotidien. Donc, madame, si vous pensez que c'est une si bonne idée que ça, comment vous pouvez expliquer que l'ensemble des personnels de professeurs, mais aussi de responsables d'établissement, vous disent qu'il ne faut pas aller dans cette direction ?
Donc, les priorités de l'école aujourd'hui, c'est de faire en sorte que, je le disais tout à l'heure, le métier soit enfin attractif, redevienne attractif, pour que vous n'ayez pas des professeurs qui manquent, de faire en sorte, puisque, selon madame Oudea-Castera, et c'est observé, il y a parfois des difficultés de remplacement. Pourquoi il y a des difficultés de remplacement ? Parce que, tout simplement, il n'y a pas suffisamment d'enseignants, donc il faut faire en sorte qu'il y en ait davantage.
Bon, de faire en sorte que nos élèves puissent étudier dans des bonnes conditions, je ne sais pas, ça me paraît être une évidence, et pour ça, il faut débloquer les moyens financiers nécessaires pour le faire. Or, c'est ce que refuse de faire le gouvernement. Donc non, bien évidemment, c'est une proposition que je conteste, que je combats, et que je continuerai à combattre, qu'elle soit portée par madame Oudea-Castera, monsieur Attal ou madame Belloubet.
Le 830 France Info, Agathe Lambret, Jean-Rémi Baudot.
Toujours avec Manuel Bompard, coordinateur national de la France Insoumise, Frédéric Valtoux, lui, devient ministre délégué à la Santé. C'est un proche d'Edouard Philippe. Il a présidé pendant plus de dix ans la Fédération hospitalière de France. Vous ne lui faites pas de procès en incompétence non plus, a priori ?
Non, encore une fois, le sujet, ce n'est pas la connaissance ou pas des sujets. Mais puisque M. Valtoux était président de la Fédération hospitalière de France, peut-être écoutera-t-il ou entendra-t-il ce qu'a dit la Fédération hospitalière de France, notamment après le passage par 49.3 du dernier budget de la Sécurité sociale, où la Fédération hospitalière de France dénonçait un budget de l'hôpital public qui était bien loin, bien en deçà de ses attentes.
Donc, il va se retrouver confronté peut-être à une difficulté ou à une sorte de conflit de loyauté entre la réalité de ce qu'il faudrait faire et ce que disait la Fédération hospitalière de France et la réalité de ce que le gouvernement veut faire.
Mais qu'est-ce qu'il faudrait faire, Manuel Bompard ?
Débloquer des financements supplémentaires, reconstruire l'hôpital public. Je pense que tous les Français, aujourd'hui, sont confrontés. Dans à peu près toutes les régions de France, vous avez des services d'urgence qui fonctionnent, comme on dit maintenant, en mode dégradé, des urgences qui sont fermées la nuit. Chaque semaine, à peu près, dans ce pays, vous avez des manifestations pour sauver un service d'urgence qui est menacé de fermeture. Ça a été le cas en Bretagne. Ça a été le cas à Draguignan dans le Var.
Et ça, c'est une priorité du gouvernement, selon Gabriel Attal, justement.
Oui, mais justement, il ne débloque pas les financements nécessaires. Il annonce des financements qui sont déjà prévus et qui sont insuffisants. La Fédération hospitalière de France le dit précisément. Donc voilà, par exemple, ce qu'il faudrait faire. Ou ce qu'il faudrait faire, c'est qu'on ait enfin une politique sérieuse pour lutter contre la problématique des déserts médicaux. Et notamment, on avait examiné à l'Assemblée nationale une proposition de loi. D'ailleurs, je crois que M. Valtout en était signataire qui visait à faire en sorte qu'on ne permette pas à des médecins de s'installer dans des zones qui sont déjà suffisamment pourvues pour lutter contre les déserts médicaux.
Sauf que cette proposition de loi, elle a été rejetée par le gouvernement.
Frédéric Valtout, qui n'est pas particulièrement connu pour être proche des médecins libéraux. Il y a notamment eu récemment une grève suite à une de ces propositions de loi. La Sécurité sociale qui négocie actuellement un relèvement du tarif des consultations des médecins à 30 euros. On passerait de 26,50 à 30 euros. Est-ce que vous entendez l'appel des médecins être mieux rémunérés ? La Sécurité sociale semble d'accord pour y aller. Je peux entendre cet appel, mais la question, c'est de savoir
qui va payer la facture. Ce sera la Sécurité sociale et les complémentaires. Très bien. Mais j'observe que dans le même temps, en même temps que ça, en parallèle de ça, le gouvernement nous dit à l'intention de doubler le tarif des franchises médicales. Vous en êtes d'accord ? C'est une annonce qui a été faite par M. Attal. Je dis que dire aujourd'hui à des Français dont un quart d'entre eux a déjà renoncé à se soigner en raison du coût de l'accès aux soins, qu'on va doubler la franchise médicale,
est irresponsable. Il est mieux payer les médecins ? Est-ce que ça va dans le sens de mieux reconnaître le travail, sachant qu'il y a des contreparties, notamment sur l'installation, notamment sur prescrire moins d'examens, de certains types d'examens, par exemple ?
Mais je pense que la difficulté auxquelles on est confronté, c'est celle de l'installation de ces médecins dans des zones qui ne sont pas suffisamment pourvues aujourd'hui. Vous savez que dans un certain nombre de départements, je parle de départements ruraux en particulier, les temps pour obtenir un rendez-vous pour rencontrer des médecins de telle ou telle spécialité se sont allongés. Parfois, il vous faut six mois, presque un an pour pouvoir avoir un rendez-vous. Ça, ça devrait être une priorité gouvernementale. Donc, s'il faut rémunérer davantage certains médecins, je n'y suis pas opposé par principe.
Mais la question qui est posée, c'est comment on fait en sorte de lutter contre ce problème des déserts médicaux ? Donc, comment on va conduire, contraindre, ou en tout cas encourager ? Je trouve que la proposition, elle était transpartisane, on l'avait signée, qui avait été examinée à l'Assemblée nationale. À peu près, des signataires de tous les groupes parlementaires l'avaient déposée. Peut-être que ce n'est pas idéal, ce n'est pas ce que je ferais idéalement, mais elle ne disait pas, on va les obliger, mais elle disait, on va empêcher des médecins de s'installer dans des zones qui sont suffisamment déjà pourvus. Au moins, c'était un bon premier pas.
Je ne comprends pas pourquoi le gouvernement s'y est opposé.
Manuel Bompard, autre secteur en crise et autre priorité de l'exécutif, le logement, c'est le député de la majorité, Guillaume Casbarian, qui hérite du ministère. Vous avez partagé l'hémicycle avec lui. C'est une provocation, a dit l'insoumise Mathilde Panot. Pourquoi une provocation ?
C'est une provocation parce que M. Casbarian a porté, il y a quelques mois de ça à l'Assemblée nationale, une proposition de loi qui visait à faciliter les expulsions, qui visait notamment à pouvoir dispenser des peines de prison à des personnes qui auraient des impayés de loyer. Et je trouve que le fait de le nommer lui comme ministre du logement aujourd'hui, quand on sait la difficulté qu'ont les Français aujourd'hui pour se loger, quand on est confronté à une inflation sur les prix alimentaires, sur les prix de l'énergie. Donc des gens qui ont de plus en plus de difficultés à pouvoir payer leur loyer.
Quand on sait la difficulté pour pouvoir accès à un logement social, je rappelle quand même que dans certaines villes, c'est le cas par exemple dans la commune de Marseille dont je suis le député, il vous faut plusieurs années, parfois quasiment jusqu'à 10 ans pour pouvoir avoir accès à un logement social.
Mais vous ne protégez pas,
contrairement à ce que vous pensez, vous ne protégez pas les propriétaires en menaçant les impayés de loyer d'avoir une peine de prison. Parce que l'impayé de loyer va rester impayé. Par contre, les mesures qui existaient, pardon, je termine là-dessus, par contre, les mesures qui existent aujourd'hui, qui consistent à dire que quand il y a un problème d'impayé de loyer, on a une négociation, on va étaler par exemple l'impayé de loyer pour faire en sorte qu'on tienne compte de la difficulté du locataire, là vous protégez davantage le petit propriétaire parce qu'à la fin, son loyer va être payé.
Mais par contre, quand vous allez jusqu'à l'idée qu'ils ne s'en sortent pas, qu'ils n'y arrivent pas, vous allez les mettre en prison, je trouve que c'est un symbole et une provocation qui est insupportable. Il n'y a pas que moi qui le pense. Toutes les associations de logements disent que la nomination de M. Casbarian est une provocation. Et la loi Casbarian, elle a été rejetée par la Défenseuse des Droits et par des rapporteurs spéciaux de l'ONU qui ont dit à quel point elle violait des engagements internationaux de la France. Pour vous,
c'est au propriétaire de prendre en charge le problème du logement ? Parce que le cœur de cette loi, c'était surtout de punir trois fois plus les squatteurs, ceux qui s'introduisent dans les domiciles à l'aide de manœuvre, de menaces ou voies de fait ou contraintes. Ça peut sembler de bon sens.
Ce n'était pas le sujet de cette loi, c'était le truc qu'on mettait devant pour essayer d'expliquer aux gens que vous n'allez quand même pas défendre les squatteurs. La vérité, c'est que ça touchait des gens, des locataires qui avaient des difficultés à payer leur loyer. Et je ne suis pas en train de vous dire que c'est au propriétaire je ne sais quoi de prendre en charge. la solution de la négociation quand il y a des problèmes d'un payer de loyer elle est beaucoup plus efficace. Mais vous pouvez quand même entendre aujourd'hui que les loyers ont augmenté à plusieurs reprises chaque année alors qu'on a déjà une inflation grandissante.
Que quand nous les députés insoumis à l'Assemblée nationale nous avons déposé à deux reprises un amendement pour demander un gel des loyers pour faire en sorte que ça ne repose pas encore sur les locataires qui galèrent qui n'arrivent pas à payer les loyers ça a été balayé d'un revers de la main et à l'inverse au lieu d'aider les gens on leur dit on va vous sanctionner plus durement. Je trouve ça indigne je trouve ça ignoble mais je ne suis pas le seul à le penser.
Emmanuel Montpart votre collègue Adrien Quatennens a fait son retour médiatique ces derniers jours il avait été condamné en décembre 2022 pour violences conjugales pourquoi est-ce qu'il revient aujourd'hui dans la lumière ? Il faudra lui poser la question
mais je crois qu'il a eu Comment voyez-vous alors ce rapport ? Écoutez moi j'ai entendu les propos qu'il a eu mercredi matin je crois je pense qu'il a eu des mots forts pour dire à quel point il avait compris il avait réfléchi sur à la fois l'acte qu'il avait commis à la fois sur les mots qu'il avait employés à l'époque qu'il avait suivi les préconisations qui avaient été fixées à l'époque par notre groupe parlementaire notamment le fait de suivre un stage sur ces questions
qu'il y avait appris des choses
oui mais qu'il avait aussi suivi ce stage qu'il y avait appris des choses qu'il avait eu le temps de réfléchir à ses actes et je pense que les mots qu'il a eus montrent qu'il a aussi évolué sur ce sujet et je pense que c'est une bonne chose de se dire que quand on a fait une faute quand on a fait une erreur il l'a reconnu c'est aussi important qu'il puisse y avoir un processus de réhabilitation
pourtant certains au sein même de la NUPES ne voient pas ce retour d'un très bon oeil mais vous vous dites il a purgé sa peine et il peut même revenir en première ligne de votre parti
mais je ne sais pas ce que ça veut dire en première ligne
avoir un rôle central de premier plan
mais Adrien Quatennin c'est un député de talent qui porte des propositions qui mène la bataille à l'Assemblée nationale qui fait le travail dans sa circonscription et oui bien sûr il va continuer à le faire et je pense qu'il a commis encore une fois une faute il s'en est expliqué qu'il a beaucoup réfléchi sur ce sujet qu'il a sans doute pris conscience de choses dont il n'avait pas confiance avant et qu'en politique comme dans la vie quand on a commis des fautes il faut être capable de les reconnaître il faut être sanctionné pour les fautes qu'on a commis mais ensuite il y a un processus de réhabilitation
Manuel Bonpa l'une des premières prises de position d'Adrien Quatennin depuis sa réapparition dans les médias c'est d'approuver l'idée que les athlètes israéliens courent sous bannière neutre aux Jeux olympiques c'est-à-dire imposer aux athlètes israéliens le même traitement qu'aux athlètes russes vous jugez que la politique israélienne est similaire à celle de la Russie ?
Alors moi vous savez je suis de manière générale pas très à l'aise avec la sanction contre les athlètes de manière générale ce que je dis et ce que a dit je crois Adrien Quatennin c'est qu'à partir du moment où on a sanctionné les athlètes russes en raison de la guerre qui avait été déclenchée par la Russie contre l'Ukraine il était légitime effectivement de poser la question d'éventuelles sanctions contre les athlètes israéliens en raison de la guerre qui est commise aujourd'hui par Israël Mais c'est pas Israël
C'est un régime autoritaire qui a envahi une démocratie l'Ukraine en face vous avez un état une démocratie Israël qui a vu son intégrité territoriale violée par un mouvement terroriste le Hamas aujourd'hui certes il y a une guerre mais vraiment vous pensez que l'offensive israélienne aujourd'hui dans la vente de Gaza elle est comparable à l'invasion de l'Ukraine par la Russie
Madame moi vous savez je m'en réfère au droit international peut-être que ça vous a échappé mais il y a eu une saisine de la Cour internationale de justice qui est l'organe le plus important de l'ONU de l'Organisation des Nations Unies qui a pointé un risque de génocide à Gaza et qui a demandé qui a exigé du gouvernement israélien que tout soit fait pour prévenir ce risque de génocide donc vous pouvez considérer que ce n'est pas grave ou que ce n'est pas la même chose mais moi je considère que c'est extrêmement grave et que oui il faut qu'il y ait des mesures qui soient prises pour que les bombardements de l'armée israélienne contre les populations civiles de Gaza s'arrêtent immédiatement on assiste ces derniers jours à des déclarations de monsieur Netanyahou qui dit qu'il va désormais déclocher une offensive sur Rafa Rafa c'est 1,2 million de palestiniens qui sont réfugiés là-bas là où le gouvernement israélien leur a demandé de se réfugier soi-disant pour éviter les bombardements sur le nord de la bande de Gaza et désormais ils vont être l'objet d'une attaque les gens qui sont là ce ne sont pas des terroristes ce sont des populations civiles il y a 30 000 personnes qui sont mortes à Gaza donc oui c'est grave et la France sur ce sujet fait l'objet d'un double standard d'un double discours qui est insupportable si vous lisez la décision de la cour internationale de justice à propos du conflit entre l'Ukraine et la Russie
le 830 France Info Agathe Lambret Jean-Rémi Baudot
toujours avec Manuel Bonpar coordinateur national de la France Insoumise vous parliez du double standard de la France mais juste pour terminer vous compariez Israël et la Russie l'armée israélienne ne cible pas volontairement des civils
alors moi je ne compare pas tel ou tel pays ce n'est pas le sujet je dis qu'en matière de droit international quand il y a des décisions qui sont prises elles devraient s'imposer à nous et la France reconnaît la cour internationale de justice et donc la décision qui a été prise par la cour internationale de justice après la saisine de l'Afrique du Sud contre le gouvernement israélien elle devrait s'appliquer à la France or j'observe que la France a occupé au mois de janvier la présidence du conseil de sécurité des Nations Unies peut-être que les gens qui nous écoutent ne le savent pas la France présidait le conseil de sécurité de l'ONU au mois de janvier elle n'a rien fait elle n'a pas été capable de déposer une proposition de résolution pour obtenir un cessez-le-feu le plus rapidement possible un cessez-le-feu qui inclut bien évidemment la libération des otages qui sont détenus aujourd'hui par le Hamas c'est ce dont on a besoin
il y a eu des discussions à Paris de cessez-le-feu
oui mais c'est ce dont on a besoin le plus rapidement possible je sais qu'il y a des discussions mais j'observe qu'en parallèle de ces discussions monsieur Netanyahou annonce qu'il va y avoir une offensive militaire à Rafa écoutez une offensive militaire à Rafa c'est une nouvelle étape d'un projet de nettoyage ethnique il s'agit de virer la population palestinienne de la bande de Gaza
pour la pousser en Egypte
il y a un projet clairement qui consiste à expulser la population palestinienne de Gaza sinon expliquez-moi pourquoi vous avez demandes pourquoi vous pas vous
certains ministres israéliens ont évoqué ce projet mais ça a été démenté
pourquoi le gouvernement de monsieur Netanyahou a contraint la population civile palestinienne à aller au sud à la frontière égyptienne et pourquoi ils disent aujourd'hui qu'ils vont attaquer le sud si ce n'est pour pousser la population palestinienne de l'autre côté de la frontière égyptienne voilà le projet qui est à l'oeuvre et la France ne dit rien elle laisse faire et nous on devrait ne rien dire et accepter ça comme ça ben non excusez-moi je ne l'accepte pas et donc la France doit faire d'abord et pourtant vous êtes si il faut sanctionner les athlètes puisqu'on l'a fait pour la Russie faisons-le et s'il faut faire des sanctions économiques contre le gouvernement israélien je demande qu'on le fasse mais c'est-à-dire qu'Israël
n'a plus aucune légitimité pour vous parce qu'aller jusqu'à sanctionner des athlètes c'est-à-dire le monde du sport vous voulez qu'Israël n'ait plus aucune légitimité pas de drapeau pas d'hymne national je vous l'implique pas de couleur israélien il n'y a aucune légitimité
à tuer des populations civiles il n'y en a aucune strictement aucune il n'y a aucune légitimité à rentrer dans une démarche qui selon encore une fois les organes judiciaires internationaux fait courir un risque
de génocide pour ça il n'y a aucune légitimité Manuel Bonpart à votre place il y a une semaine précisément Clémentine Autain a critiqué je cite le profil de la France Insoumise depuis un an qui n'a pas permis d'engranger des forces ce qui a coûté au mouvement elle dénonce certains positionnements du clash et un manque de solennité qu'est-ce que vous répondez à ce type d'affirmation je réponds je réponds
que moi je suis coordinateur de la France Insoumise et que contrairement à Clémentine Autain je n'ai pas l'intention de passer une partie de mes interventions médiatiques pour régler des problèmes ou des questions internes et il me semble qu'au contraire et je pense qu'elle devrait l'entendre je crois que ce qu'on attend de nous c'est de mener notre travail est-ce que c'est du sabotage comme aurait dit Jean-Luc Mélenchon rapporté dans l'Obs mais d'abord vous ne savez pas si ces propos sont exacts ou pas et moi voilà ce que j'ai à vous dire personnellement j'ai l'intention de consacrer l'ensemble de mon temps d'expression médiatique à faire avancer la France Insoumise comme je le fais depuis et comme on le fait collectivement depuis plusieurs mois par exemple nous avons une campagne des élections européennes qui arrive alors justement on va en parler mais le collectif si le collectif il ne contient pas François Ruffin Raquel Garrido Alexis Corbière le collectif il s'émiette mais je préfère concentrer mes arguments pour convaincre les gens de voter en faveur de la liste qui sera défendue par la France Insoumise et de montrer à quel point la volonté des macronistes et de l'extrême droite de confisquer cette élection européenne serait un problème
sans langue de bois est-ce qu'ils ne doivent pas quitter le parti ces frondeurs est-ce qu'ils ne doivent pas quitter le parti on a l'impression que vous êtes d'accord sur rien vous n'êtes pas d'accord sur la ligne sur le Hamas pas d'accord pendant les émeutes pas d'accord sur le comportement adopté pendant la réforme des retraites est-ce que vous leur demandez
moi je suis membre d'une organisation politique dans laquelle qui s'appelle la France Insoumise dans laquelle il y a des moments de discussion collective ça s'appelle les assemblées représentatives du mouvement et dans laquelle nos choix nos orientations stratégiques elles sont votées par les militantes et les militants de la France Insoumise vous avez dit volé là voté au mois de décembre dernier nous avons eu une assemblée représentative nous avons eu un texte d'orientation stratégique nous avons eu un texte sur l'organisation du mouvement ils ont été votés ils ont été adoptés par plus de 90% des gens qu'est-ce que vous voulez que je vous dise d'autre donc c'est l'orientation de la France Insoumise et c'est cette orientation qui s'applique et j'appelle les uns et les autres à respecter
les décisions qui ont été prises collectivement et vous êtes coordinateur national de la France Insoumise merci beaucoup Manuel Bompard d'avoir été ce matin l'invité du 8.30 France Info
Manuel Bompard