Lamia El Aaraje - L'interview politique du 10/02/26
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Chapitres
Répartition du ton (temps de parole politique)
Propositif 45 %Attaque 40 %Défensif 15 %
Questions et réponses
Taux de réponse directe : 86 % (directe = 1, partielle = 0,5, éludée = 0)
- 0:29OuverteRéponse directe
Pourquoi voter PS aujourd'hui, aux prochaines municipales, alors que le parti dirige la ville depuis 25 ans ?
- 0:43RelanceRéponse partielle
Est-ce qu'après ce quart de siècle, les Parisiens n'auront pas envie de tourner la page ?
- 1:52OuverteRéponse directe
Un mot sur l'état du rapport de force tel que mesuré par les sondages.
- 2:33OuverteRéponse partielle
Comment on peut se sortir de cette complication ?
- 3:57OuverteRéponse directe
Sur le sérieux, Sarah Knafo s'est attiré les moqueries après avoir affirmé que le pass Navigo annuel coûtait 52 euros.
- 5:41OuverteRéponse partielle
Pierre-Yves Bournazel refuse d'évoquer le deuxième tour. Comment se sortir de cette complication ?
Affirmations vérifiables (citations exactes)
- 1:13Invité politiqueFait
« On a le risque du changement climatique qui va faire 50 degrés à Paris dans les prochaines années. »
- 4:29Invité politiqueChiffre
« Il y a de ça quelques années, on payait aux alentours de 70-75 euros. »
- 4:54Invité politiqueFait
« Le pouvoir d'achat, aujourd'hui, est un problème pour de nombreux Parisiens et de nombreuses Parisiennes. »
- 5:04Invité politiquePromesse
« Emmanuel Grégoire souhaite aller plus loin en étendant cette offre de gratuité, notamment aux étudiants. »
- 6:52Invité politiqueFait
« de toute la situation de banqueroute dans laquelle se retrouve le pays »
- 9:41Invité politiqueFait
« Je vous rappelle qu'elle est attendue devant les tribunaux, qu'elle pourrait faire l'objet d'une peine de condamnation et d'inéligibilité potentielle. »
Temps de parole
- Lamia El Aaraje73 %
- Présentateur27 %
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Bonjour Lamia et Larage, vous êtes adjointe à la maire de Paris en charge de l'architecture et de l'urbanisme. Vous êtes aussi première secrétaire fédérale du PS dans la capitale, porte-parole du candidat socialiste au municipal, Emmanuel Grégoire. Alors, ma première question hier, c'était le dernier conseil de Paris d'Anne Hidalgo. Je vais vous poser la question directement. Pourquoi voter PS aujourd'hui, aux prochaines municipales des 15 et 22 mars, alors que le parti dirige la ville depuis 25 ans, un quart de siècle ? Est-ce qu'après ce quart de siècle, le règne socialiste, les Parisiens n'auront pas envie de tourner la page ?
Écoutez, quand on voit aujourd'hui les transformations à l'œuvre dans la ville, moi je ne crois pas qu'il s'agisse de tourner la page, mais plutôt de regarder en face la réalité de ce qui nous attend. Aujourd'hui, on a la démocratie qui est en danger, et je pense qu'on y reviendra, la façon de faire de la politique a évolué, la violence exercée sur le milieu politique et sur le milieu sociétal est aussi en train de progresser. On a le risque du changement climatique qui va faire 50 degrés à Paris dans les prochaines années. On a la question de la qualité de la vie, comment est-ce qu'on pense une ville pour les gens et non pas pour des bagnoles ou la réserver à quelques élites.
Et je crois que la politique qu'on a menée depuis maintenant un certain nombre d'années permet de se projeter dans l'avenir, a permis de transformer radicalement cette ville et a permis de construire ensemble un tissu social, sociétal qui tient et qui a vocation, j'espère, à perdurer. Moi, en tant que maman, en tant que citoyenne, en tant que politique, je suis plutôt rassurée par ce qui a été fait à Paris. Il y a des choses à améliorer, clairement, mais pour le coup, je pense que cette ville va dans le bon sens.
Alors, un mot sur l'état du rapport de force tel que mesuré par les sondages, qui ne sont que des sondages, bien sûr, mais qui donnent quand même une photographie. Emmanuel Grégoire, donc votre candidat, celui de l'Union de la Gauche, or LFI, arriverait en tête du premier tour. Derrière, pas très loin, Rachida Dati, pour les Républicains, le Modem et l'UDI. Ensuite, c'est le troisième homme, Pierre-Yves Bournazel, candidat Horizon Renaissance, devant la candidate LFI, Sofia Chikirou, quatrième et cinquième, Sarah Knafo, qui a fait le break avec le candidat RN, Thierry Mariani, on les cite tous.
Les sondages donnent un match extrêmement serré et potentiellement une cadre angulaire, voire une quinque angulaire, c'est-à-dire cinq candidats au deuxième tour. Comment on peut se sortir de cette complication ?
D'abord, les sondages donnent une indication à un moment T sur une intention de vote ou sur une opinion de notoriété. Nous, pour l'instant, on est extrêmement concentrés sur la campagne que nous sommes en train de mener. Emmanuel Grégoire est le candidat qui a le projet le plus sérieux, qui connaît la ville, qui ne raconte pas n'importe quoi, qui a déjà eu l'occasion de diriger cette ville en sa qualité de premier adjoint et qui la connaît sur le bout des doigts. Ce n'est pas Emmanuel Grégoire qui vous dirait que Saint-Fargeau, que la rue d'Avron ou que Saint-Blaise est situé dans le 18e arrondissement, comme l'a fait Rachida Dati.
Ce n'est pas Emmanuel Grégoire qui vous expliquera qu'on va construire, comme le dit Sarah Knafo, un espèce d'énorme monument béton autour de la tour Eiffel pour augmenter la capacité de visite. Bref, toutes ces incohérences, toutes ces bêtises qui sont racontées par les uns et les autres, au détriment du sérieux, de la connaissance de cette ville, du respect des Parisiennes et des Parisiens, mais surtout de comment est-ce qu'on projette une ville capitale comme Paris dans le siècle à venir, dans les années à venir.
Encore une fois, je le dis, la question du changement climatique, la question du lien social, la question de l'opportunité donnée aussi aux Parisiennes et aux Parisiens de pouvoir vivre dans cette ville, elle est pour nous fondamentale. Et en ce sens, Emmanuel est celui qui connaît le mieux cette ville, qui est le mieux en capacité de défendre ses intérêts, mais au-delà de ça, de la diriger avec sérieux, respect et ambition.
Sur le sérieux, justement, Sarah Knafro s'est attiré dimanche les moqueries, après avoir affirmé que le pass Navigo annuel coûtait 52 euros, c'est à peu près 20 fois moins que le véritable tarif. Elle s'est par ailleurs montré incapable, ce qui à mon sens est un véritable scandale, de citer trois joueurs du Paris Saint-Germain, je plaisante bien sûr. Qu'est-ce que ça raconte ?
Alors, le sujet, c'est pas tant les 52 euros annuels, je pense qu'elle a dû sans doute se mélanger entre annuel et mensuel. C'est quand même 90 euros mensuels. Mais pour le coup, c'est 91 euros, puisque je rappelle que c'est la troisième augmentation que Valérie Pécresse applique au prix du pass Navigo. Il y a de ça quelques années, on payait aux alentours de 70-75 euros. Donc on voit bien là une déconnexion pour moi de l'enjeu du quotidien des Parisiennes et des Parisiens. C'est-à-dire qu'aujourd'hui, la question du prix du pass Navigo, elle est fondamentale dans un certain nombre de foyers.
Le pouvoir d'achat, aujourd'hui, est un problème pour de nombreux Parisiens et de nombreuses Parisiennes. Quand nous mettons en place la gratuité du pass Navigo pour les moins de 25 ans, pour les plus de 65 ans, nous savons que nous favorisons le pouvoir d'achat des Parisiens et des Parisiens. Emmanuel Grégoire souhaite aller plus loin en étendant cette offre de gratuité, notamment aux étudiants. Et on le sait aujourd'hui, vous regardez la précarisation des étudiants, c'est un sujet majeur et nous savons qu'à chaque fois que nous mettons en œuvre des solutions pour améliorer le pouvoir d'achat des Parisiens, c'est une facilitation de leur quotidien.
Sarah Knafo n'en a que faire, elle ne connaît pas Paris, elle ne comprend pas Paris. Et pour le coup, la seule chose qu'elle souhaite en faire, c'est dévoyer Paris pour des intérêts sans doute autres, avec des visées davantage nationales que locales. Et j'espère que les Parisiens ne seront pas dupes de ces messages qui sont délivrés par cette candidate de l'extrême droite.
Alors ce soir, meeting du troisième homme, on en parlait, Pierre-Yves Bournazel à Paris. Et il refuse, lui, d'évoquer le deuxième tour, son rapprochement, puisqu'il est situé entre Emmanuel Grégoire et Rachid Dati, grosso modo. Soit avec Dati, soit avec Grégoire, ça peut quand même être un game changer, comme on dit, il peut faire basculer le deuxième tour. Pierre-Yves Bournazel, si d'aventure, il décide de se rallier à l'une ou à l'autre ?
D'abord, moi, je ne sais pas faire de la politique sur la base de spéculation. Ce que je sais, c'est qu'au soir du premier tour, nous verrons bien qui sera au second tour, quelle est l'offre politique, et à partir de là, quelles seront les dynamiques de second tour. Moi, ce que j'ai du mal à comprendre, c'est qu'on a deux candidats de la Macronie. Vous avez Rachid Dati, soutenu par Emmanuel Macron, une partie des macronistes, mais pas par Renaissance. Pierre-Yves Bournazel, soutenu par Renaissance, pas par Emmanuel Macron, et une partie des cadres de Renaissance, accessoirement quand même, le patron de Renaissance à l'échelle parisienne, Sylvain Maillard.
Donc, j'estime que ça amène à une confusion aujourd'hui de l'offre politique, avec deux candidats qui se revendiquent de la Macronie. Macronie, qui, je le rappelle, est responsable de toutes les coupes budgétaires sur ces dix dernières années, de toute la situation de banqueroute dans laquelle se retrouve le pays, et de la désolation sociale qu'ils ont induit par leur politique délétère. Et là aussi, j'espère que les Parisiens ne seront pas dupes.
Une question sur un incident qui a eu lieu récemment. Le parquet de Paris a ouvert une enquête préliminaire pour, je cite, « atteinte à l'intimité de la vie privée », après un porte-à-porte de l'équipe de votre candidat, Emmanuel Grégoire, dans un immeuble du 7e arrondissement, qui est celui de Rachida Dati. Qu'est-ce qui s'est passé ?
Écoutez, c'est un scandale. Je le dis, le porte-à-porte est une opération militante que nous menons tous les soirs partout dans Paris. Tous les soirs, nous avons des équipes mobilisées pour concrètement taper aux portes des gens. « Bonjour, nous sommes les équipes de campagne d'Emmanuel Grégoire. Nous aimerions vous parler des municipales. » Jusque-là, rien que de très normal. Si les gens ne souhaitent pas répondre, c'est évidemment leur droit. Si jamais ils ne souhaitent pas donner suite, c'est évidemment leur droit. Qu'a fait Mme Dati ? Elle a appelé la police, ou quelqu'un aurait appelé la police. Je vais rester dans des suppositions.
Je crois que ce sont les habitants, d'après la version officielle.
Il s'est dépêché d'arriver sur place. Moi, ce que je note, c'est que la police, aujourd'hui, pour les faits que vous évoquez, est en capacité de se déplacer en moins de 10 minutes. Alors j'espère que nous pourrons, dans le 20e arrondissement à Saint-Blaise, dans le 18e arrondissement à Porte-de-la-Chapelle, dans le 19e arrondissement à Porte-de-la-Villette, voir les habitants des quartiers populaires du Nord-Est parisien bénéficier de la même célérité de l'apport des forces de police. Moi, je trouve ça très inquiétant. Je vous le dis très sincèrement, et je parlais tout à l'heure de péril démocratique.
Vous voyez, quand vous avez des politiques qui ont envie, qui auraient vocation à utiliser des moyens de l'État, des moyens régaliens, au profit d'une vision politique, je pense que c'est très inquiétant et qu'il ne faut pas être dupe du projet politique et de la façon de faire de la politique qu'il y a derrière.
Un mot sur le débat qui aura lieu bientôt. Rachida Dati, elle le refuse, je crois, ce débat, non ?
Bien sûr qu'elle le refuse.
Elle trouve que ça n'a pas de sens. Je la cite, je mets tout mon temps utile et mon énergie « A parler avec les Parisiens, mon enjeu est là ». Et vous, vous le demandez, ce débat.
Mais enfin, le principe même de la démocratie, c'est de pouvoir faire un choix éclairé. Comment ce choix peut-il être éclairé ? Il est éclairé sur la base de propositions qui sont mises sur la table et qui ont vocation à être confrontées les unes aux autres de façon à permettre aux Parisiens de se faire une opinion. La réalité de Mme Dati, c'est qu'elle a peur. Elle a peur parce qu'elle sait que, par rapport à Emmanuel Grégoire, elle n'est pas au niveau sur le fond.
Elle a peur parce qu'elle sait que, par rapport à Emmanuel Grégoire, elle n'est pas au niveau sur la forme puisque, en dehors de l'invective et des interpellations et de la mise en scène par ses petites vidéos TikTok, la réalité, c'est qu'elle n'a rien à dire aux Parisiennes et aux Parisiens. Et moi, je trouve ça, là aussi, extrêmement inquiétant sur le plan démocratique et sur la façon qu'elle pourrait avoir de diriger Paris. D'ailleurs, c'est une vraie question aussi qui doit lui être posée et qui, sans doute, lui fait peur. Que va-t-il se passer six mois après l'élection potentielle de Mme Dati en tant que maire de Paris ?
Je vous rappelle qu'elle est attendue devant les tribunaux, qu'elle pourrait faire l'objet d'une peine de condamnation et d'inéligibilité potentielle. Qui serait maire de Paris à ce moment-là ? Mme Dati ne veut pas répondre à ces questions et donc, elle refuse le débat démocratique. C'est ça, l'opinion qu'elle a de la République et de ce qu'elle doit aux Parisiennes et aux Parisiens pour leur permettre de faire un choix.
Alors, Emmanuel Grégoire, il a conclu un accord entre son parti, le PS, le PCF, les communistes et les écologistes, mais sans la France insoumise. Est-ce que, dans ce contexte, il pourrait trouver un accord pour le deuxième tour avec Mme Chikiru, qui n'est pas tendre, il faut le dire, avec le PS et avec lui ?
Mais au-delà de ne pas être tendre, d'abord, nous ne partageons rien sur la vision politique, sur la façon de pratiquer la démocratie, la politique, mais au-delà de ça, si vous voulez, moi, ce que je vois, ce que je constate, nous avions une convention municipale ce dimanche au Parti Socialiste. J'ai discuté avec les copains candidats un peu partout en France. La France insoumise souhaite battre Karim Bouamran à Saint-Ouen, Mathieu Annotin à Saint-Denis, Mickaël Delafosse à Montpellier, etc. Benoît Payon à Marseille. Avec une forme de violence, de façon de pratiquer la politique qui n'est pas la nôtre.
Nous, ce que nous avons en tête, c'est le premier tour pour arriver le plus haut possible, le second tour pour remporter la victoire et permettre à Emmanuel Grégoire d'être maire de Paris. C'est tout ce qui compte. Ceux qui sont dans les invectives personnelles, dans les insultes, dans l'intimidation, dans le harcèlement en ligne et dans une forme d'outrance que nous ne partageons pas, ne nous intéressent pas.
Ça veut dire que toute nouvelle alliance avec LFI type NFP ou NUPES est exclue, qu'il s'agisse des municipales, de la présidentielle bien sûr, et des prochaines législatives qui suivront cette dernière ?
Pour ma part, à titre personnel, j'ai toujours été extrêmement claire sur cette question. Le périmètre d'alliance de la gauche unit aujourd'hui autour d'Emmanuel Grégoire est celui qui correspond aux attentes des Parisiennes et des Parisiens, à celui qui va, je l'espère, susciter un très haut niveau d'adhésion et permettre à Emmanuel d'être le prochain maire de Paris dans la clarté, dans la cohérence et dans aussi un exercice de renouvellement autour de lui puisqu'il a tenu à avoir des profils sur sa liste qui sera dévoilé très bientôt, issus de la diversité des territoires parisiens, des parcours, des histoires de vie, mais aussi d'un renouvellement générationnel très fort.
Et pour ma part, ça me donne très envie de participer à la suite et je suis extrêmement enthousiaste sur cette campagne.
Très rapidement, en quelques secondes pour conclure, le premier secrétaire du Parti Socialiste, Olivier Faure, a récemment annoncé la tenue de primaire avec les écologistes et d'autres personnalités de gauche. Ce sera en octobre. C'est très critiqué, ces primaires. En quelques secondes, qu'est-ce que vous en pensez ? Vous êtes pour ?
Moi, je pense que d'abord, il faut faire les municipales et on verra ensuite ce qui se passera sur la présidentielle. Il n'y aura aucune dynamique pour la présidentielle si nous ne sommes pas en capacité de remporter un maximum de villes les 15 et 22 mars prochains. C'est là-dessus que nous sommes concentrés et le reste viendra après.
Merci Lamia et Larage et à très bientôt sur Radio-G.
Merci beaucoup David. Demain, votre invité sera Yann Brossat, sénateur PCF de Paris. Merci à tous.
Lamia El Aaraje