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interviewPublic Sénat — Bonjour chez vous ! (sur Podcast)· 19 novembre 2025 26 min

Laurent Burgoa sur Perrier : « J’ai été soulagé pour les employés et les collectivités de Vergèze »

Audio original de l'émission.

Transcription Whisper (large-v3), avec identification des locuteurs. À recouper avec la source d'origine.

0:00
Présentateur

Vous écoutez Bonjour Chez Vous, un podcast de Public Sénat. Bonjour Laurent Burgoire. Bonjour. Merci d'être avec nous, vous êtes sénateur à l'air du Gard. On va revenir sur la décision du tribunal hier sur les eaux périllées qui maintient la commercialisation des eaux de la marque. La source se trouve dans votre région, vous avez évidemment beaucoup travaillé sur ce sujet au Sénat. Mais d'abord, on va regarder les unes de la presse régionale. On en a sélectionné trois. La une du Dauphiné, la loi peut-elle venir à bout du narcotrafic après les récents drames sur fond de trafic de drogue à Grenoble ?

À Marseille, le président a donc appelé à intensifier la mise en œuvre de la loi promulquée en juin. La deuxième une, c'est celle du Populaire du Centre. Des maires en quête de remerge, cette semaine, se tient le Congrès des maires de France. Et les maires, ils trouvent des solutions dans leurs communes, notamment contre les déserts médicaux. Exemple, à Saint-Sornin-le-Lac, c'est en Haute-Vienne. Un cabinet médical est présent deux fois par mois. Et puis la une de la Voix du Nord en voie de disparition, ce sont les boîtes postales. Et face à la diminution du courrier postal, la Poste va réduire son nombre de boîtes aux lettres.

Un plan de rationalisation qui crée beaucoup d'inquiétudes en milieu rural. De quelle une avez-vous envie de nous parler ?

1:13
Invité

Je crois difficile parce que j'allais dire ces trois sujets sur lesquels on m'a sensibilisé récemment. Mais j'allais dire, je crois que le plus important, c'est quand même le narcotrafic. Notamment sur la ville de Nîmes, où on sait qu'il y a eu des drames avec ce jeune qui a été tué depuis des années. Je veux dire que la situation va un peu mieux, mais il faut être modeste.

Depuis la présence quand même de CRS, grâce d'ailleurs à la décision de l'ancien ministre de l'Intérieur, Bruno Rotaillot, moi j'attends beaucoup de la loi narcotrafic qui a été votée, à laquelle j'ai participé, puisque j'étais membre de la commission d'enquête sur le sujet, du travail important qu'ont pu faire Étienne Blanc et Jérôme Duren. C'est une boîte à outils intéressante. Je peux vous dire que…

2:03
Présentateur

– Suffisante, quand vous voyez ce qui se passe à Marseille, une nouvelle étape a été franchie, crime d'intimidation, a dit Laurent Nunez. Est-ce que vous pensez que la loi narcotrafic…

2:12
Invité

– Elle n'est pas encore complètement rentrée en vigueur. Regardez, le parquet national ne sera installé que début janvier.

2:19
Présentateur

– Elle va pouvoir empêcher ce type d'actes à l'avenir ?

2:21
Invité

– Je crois que c'est après une volonté des uns et des autres. Moi je peux vous dire qu'avec la présence de CRS, avec une procureure sur Nîmes qui est très attentive, on a des résultats, il y a des contrôles, il y a des arrestations, et derrière il y a également des condamnations. Il y a deux points sur lesquels peut-être c'est la problématique des mineurs. On sait que notre droit pénal des mineurs manque d'outils pour mieux appréhender les mineurs, et on sait que malheureusement les narcotrafiquants utilisent beaucoup de mineurs.

2:52
Présentateur

– Donc là-dessus il va falloir compléter la loi ?

2:53
Invité

– Je pense qu'il faut aller beaucoup plus de manière répressive par rapport aux droits pénals des mineurs. Et l'autre point quand même qu'il faut signaler, c'est qu'il y avait un travail important qui avait été fait, notamment sur tout ce qui était le renseignement, et qu'à l'Assemblée nationale cela n'a pas été voté, notamment pour le Rassemblement national, ce qui me paraît bizarre, lui qui est le chantre soi-disant de la sécurité.

3:15
Présentateur

– Quand vous entendez hier Emmanuel Macron, on l'a entendu dans le journal, dire qu'il faut la même approche dans la lutte contre le narcotrafic que l'approche qu'on a dans la lutte contre le terrorisme, vous êtes d'accord avec ça ?

3:24
Invité

– Oui, je pense que c'est possible. Bon après, le président parle, après il faut agir aussi. – Il n'agit pas assez ? – Vous savez, je n'ai jamais été macroniste, je ne le saurais jamais. Le problème c'est que nous avons un président de la République qui parle beaucoup, qui parle peut-être un peu trop, et je pense qu'à la fonction qu'on dit là, moi je pense, quand on est président de la République, que ce soit Mitterrand, que ce soit Chirac, que ce soit Sarkozy, ce que j'ai connu, parlait moins, mais agissait peut-être plus. Je pense qu'il parle beaucoup et qu'il manque d'action.

3:53
Présentateur

– Acheter de la cocaïne, il a également dit, acheter de la cocaïne, du cannabis, c'est de fait être complice. Est-ce qu'il faut sanctionner plus les consommateurs ?

4:02
Invité

Moi j'étais d'accord d'ailleurs avec l'ancien ministre de l'Intérieur, Gérald Larmanin, ça fait longtemps qu'il le dit. Et je suis d'accord avec cela, parce que, j'allais dire, on serait très surpris de savoir qui c'est qui achète la drogue. Ça concerne tous les milieux. – Donc il faut des sanctions. – Et moi je vais vous dire un exemple très clair sur Nîmes, le distributeur du billet qui marche au milieu de la Poste, c'est celui de Pisse 20, où il y a le plus de retrait d'argent. Là, à côté de là où il y a les points de deal les plus importants du Gard.

Donc on voit bien que ça concerne toutes les populations, toutes les strates, et moi je serais favorable bien sûr à ce que l'on punisse également les consommateurs, et je ne comprends pas la position de certains élus qui voudraient au contraire légaliser la consommation de drogue, quelle qu'elle soit. Parce que si on commence à légaliser une drogue, je crois que ça va donner une image justement permissive à nos concitoyens.

4:57
Présentateur

– Autre sujet, c'est le Sénat qui entame aujourd'hui son marathon budgétaire, arrivé en séance du budget de la Sécurité sociale, avec son point politique clé, en tout cas c'est la suspension de la réforme des retraites, approuvée à l'Assemblée nationale, rejetée pour le moment en commission au Sénat. Est-ce que les Républicains abordent cette séance dans une démarche de compromis ou dans une volonté de faire voter leur budget ?

5:19
Invité

– Nous d'abord, on est conformes à nos choix. Ce sujet des retraites, ce n'est pas depuis 2023. On l'avait fait voter les amendements depuis 4 ou 5 ans dans le cadre du projet de la finition.

5:33
Présentateur

– Donc vous n'êtes à aucun compromis sur la réforme des retraites ?

5:35
Invité

– Je crois que ça c'est un marqueur sur lequel, non je le dis franchement, c'est un marqueur sur lequel on ne reviendra pas. Et je veux dire que, moi je serais agrément surpris de voir la solidarité qu'il y a au sein de la majorité sénatoriale, mais élargis sur ce sujet-là, quand même, au groupe indépendant, voire également, à quelques membres également, du groupe RDPI. Je crois que…

5:57
Présentateur

– Indépendant, juste pour qu'on comprenne bien, c'est l'appelé sénateur horizon et RDPI c'est redécence.

6:01
Invité

– Horizon ou apparenté horizon, on va dire. Donc on voit bien qu'ici, c'est un marqueur du Sénat que Bruno Retailleau a raison de dire qu'on peut noter que le Premier ministre, depuis qu'il est en fonction, a plus regardé sur sa gauche que sur sa droite. Il faudra qu'il apprenne qu'ici, la majorité sénatoriale est à droite.

6:21
Présentateur

– Donc il n'y aura pas de compromis sur le budget de la sécurité ?

6:23
Invité

– Il y aura une commission disparitaire, mais voilà, je pense que, vous savez, le président du Sénat, les présidents de commissions sont des hommes et des femmes qui ont des principes et ne sont pas pour la compromission par rapport aux idées.

6:35
Présentateur

– Donc vous, vous ne dites pas mieux vaut un mauvais budget que pas de budget du tout ?

6:38
Invité

– Un mauvais budget, je pense avant tout à notre pays, aux finances de notre pays. Si c'est voter quelque chose pour aggraver les finances, le déficit de notre pays, non, je dis non, j'allais dire, excusez-moi, mais actuellement la position de l'Assemblée nationale…

6:53
Présentateur

– Même si la censure, voire la dissolution, aurait un coût aussi énorme pour nos finances publiques ?

6:57
Invité

– Oui, mais on connaît le problème, c'est aussi une question, j'allais dire, d'honneur par rapport à nos positions. Moi, je crois qu'à un moment, on ne peut pas tout admettre, voilà.

7:07
Présentateur

– On va parler d'un sujet qui concerne vos travaux au Sénat, qui concerne aussi votre département, c'est la marque Perrier qui pourra donc continuer à commercialiser ses bouteilles sous l'appellation eau minérale naturelle. La justice a tranché, hier, vous avez présidé, Laurent Pergoire, la commission d'enquête sur le scandale des eaux en bouteille et c'est dans votre département que se trouve la source de Perrier. Mais d'abord, Fanny, pour qu'on comprenne bien ce qui s'est passé hier, retour sur cette décision du tribunal de Nanterre au sujet des bouteilles Perrier. – Oui, vous l'avez dit, le tribunal de Nanterre a rejeté la demande de l'UFC Que Choisir.

En clair, vous l'avez dit aussi, les bouteilles de Perrier vont pouvoir rester en rayon. L'UFC a réclamé leur retrait, leur rappel et qu'elles ne puissent plus être commercialisées sous l'appellation eau minérale naturelle. Pourquoi ? Concrètement, l'UFC Que Choisir reproche à Nestlé Waters, à qui appartient la marque Perrier, d'avoir utilisé des traitements pour ces eaux produites sur le site de Vergès dans le Gard. L'affaire remonte au début de l'année dernière. Le Monde et Radio France publient alors une enquête sur les pratiques de Nestlé Waters. Conclusion, la marque, l'entreprise utilise des filtres pour son eau alors qu'elle les vend comme eau minérale naturelle.

Premier problème donc, il y a tromperie, dit l'UFC des consommateurs, car une eau minérale naturelle doit être, comme son nom l'indique, naturelle et pure, interdiction donc de la filtrer, d'autant qu'une eau minérale naturelle se vend en moyenne 100 à 300 fois plus cher que l'eau filtrée. Deuxième problème, les filtres utilisés par Nestlé Waters, eau charbon actif ou par traitement ultraviolet par exemple, sont dangereux pour la santé des consommateurs, d'après l'UFC Que Choisir, même s'ils sont utilisés pour dépolluer l'eau issue du site de Vergès donc, qui a été accusé d'être contaminé notamment par des matières fécales.

Nestlé Waters a de son côté toujours clamé que ces eaux étaient consommables en toute sécurité. Hier, le juge lui a donc donné raison, il a estimé qu'il n'y avait pas de risque sanitaire évident qui justifierait un retrait du marché et que par ailleurs les consommateurs avaient été suffisamment informés. Pour rappel, en juin, Nestlé avait mis en place une campagne de communication pour alerter ces mêmes consommateurs. Laurent Burgois, vous pensez quoi de cette décision de la justice ?

9:15
Invité

– D'abord, je n'ai pas à la commenter parce que depuis que je suis parlementaire, je suis très respectueux de la séparation des fonctions. J'en ai pris acte. Par rapport à ce que vous avez dit, la campagne de publicité, c'est l'État qui l'a imposé à Nestlé, ce n'est pas l'initiative de Nestlé, c'est notamment Mme Louvagi en tant que ministre de la Consommation à l'époque qui l'avait imposé. – Moi, ce que je tiens à dire, c'est que dans ce rapport que la commission d'enquête que j'ai présidée, avec comme rapporteur Alexandre Ozil, on avait quand même très bien dit qu'il n'y avait pas de contamination sanitaire avérée. Après, comme vous l'avez dit, il y a tout ce problème de microfiltration.

Le préfet du Gard, pour le site de mon département, a interdit la microfiltration à 0,2. Maintenant, on est tous en discussion dans ce département à quel niveau de microfiltration. Je lis dans la presse que la Maison des Minéraliers, qui est le syndicat des Minéraliers, fait une campagne de communication très forte en disant « nous, on ne pratique pas de microfiltration ». Pour trancher ce problème de microfiltration, il faut avoir le retour de l'ANSES, l'Agence Nationale de Santé et de Sécurité. C'était une des préconisations de notre rapport. Les anciens ministres de la Santé, Vautrin et Noderre l'ont saisie.

Moi, j'espère que rapidement, elle pourra se prononcer en disant « à quel niveau de microfiltration on peut considérer que l'eau minérale est toujours naturelle ».

10:36
Présentateur

Et on va revenir sur votre rapport et sur les conclusions, Laurent Bourgois, mais sur cette décision de justice. On l'a dit, Perrier, la source se trouve dans votre département. L'usine de Vergès se trouve dans le Gard. C'est une source d'emploi, c'est aussi une manne financière.

10:48
Invité

C'est mis l'emploi sur le site.

10:51
Présentateur

Est-ce que hier, quand même, vous attendiez évidemment cette décision ? Est-ce que vous avez été soulagé pour votre commune ?

11:00
Invité

J'ai été soulagé pour les employés et j'ai été soulagé pour les finances des collectivités, parce que quand même, les communes comme Vergès, ont eu chaud dans mon département, c'est une redevance entre 200 et 800 000 euros par an. Donc, ce n'est pas négligeable.

11:16
Présentateur

Vous la redoutiez, cette décision de justice ?

11:18
Invité

Écoutez, elle a été dans ce sens, elle aurait pu être dans l'autre. Voilà, je n'ai pas à la commenter, parce que ce n'est pas fini, les décisions de justice concernant.

11:27
Présentateur

Non, mais sans commenter la décision, comment vous l'avez accueillie, vous ?

11:30
Invité

C'est un ouf de soulagement, oui. Il faut quand même le reconnaître, oui.

11:35
Présentateur

Et vous avez eu les élus de la commune ?

11:37
Invité

Non, mais je vais les voir aujourd'hui, parce qu'ils sont au salon des maires, et je vais les rencontrer aujourd'hui.

11:44
Présentateur

Fanny, on va revenir justement sur les travaux de la commission d'enquête présidée par Laurent Burgoy, parce que le Sénat s'est longuement penché sur cette affaire. Oui, parce que cette affaire s'intègre en fait dans un vaste scandale d'État. D'après Radio France et Le Monde, qui l'ont révélé, l'État était en fait au courant des pratiques de Nestlé Waters depuis 2021. À l'époque, c'est même l'entreprise elle-même qui a informé les cabinets ministériels. Des Liens, qui interroge le Sénat, qui a créé une commission d'enquête, vous en avez parlé il y a quelques instants.

Elle a rendu un rapport en mai dernier dans lequel elle reproche à l'État, notamment de ne pas avoir signalé la fraude de Nestlé Waters, ou trop tard, ne pas avoir pris la mesure du risque sanitaire, ne pas avoir suffisamment contrôlé l'entreprise, ou prononcé de sanctions, s'être laissé influencer par Nestlé, et n'avoir informé ni les préfets, ni les agences régionales de santé, voire avoir mis en place une stratégie délibérée de dissimulation pour que l'affaire reste confidentielle. Ce sont les mots du Sénat.

Une série de défaillances qui aurait permis à Nestlé de s'enrichir, je cite, sur le dos des consommateurs, en vendant des bouteilles litigieuses, gains estimés près de 3 milliards d'euros en 15 ans d'après le Sénat. La commission d'enquête sénatoriale a donc formulé 28 recommandations, parmi lesquelles un renforcement des contrôles, la création de ce qu'on appelle un chef de file interministériel pour gérer les remontées d'alerte, la création aussi de groupes départementaux de suivi des eaux embouteillées, ou encore un meilleur étiquetage des techniques de traitement utilisées. Au moins deux propositions de loi sont en cours de préparation.

Où en est-on, monsieur le Sénateur, de la préparation de ces lois ?

13:19
Invité

On y travaille, pour tout vous dire. On a mis en place un groupe de travail informel qui regroupe le rapporteur, moi-même, et j'allais dire des collègues sénateurs qui étaient membres de cette commission d'enquête et qui souhaitent continuer à travailler. Donc tous les groupes politiques, ils sont représentés pour rester transpartisans. On y travaille, c'est long. On va voir pourquoi pas déposer aussi des amendements dans le cadre du projet de loi de finances par rapport à tout ce qui est, vous savez, les redevances, et notamment actuellement les groupes industriels ne doivent une redevance que lorsqu'ils exploitent de l'eau minérale naturelle vendue en France.

Il y a des collègues qui veulent également mettre une taxe lorsqu'elle est à l'exportation. Il y a aussi la problématique, si on change, s'il n'y a plus d'eau minérale naturelle, est-ce qu'il ne faut pas aussi taxer l'eau de boisson puisqu'elle est quand même issue de la même nappe ? Voilà, donc tout cela, on y travaille et des amendements seront déposés ici au Sénat.

14:22
Présentateur

Mais est-ce que vous avez l'impression que Nestlé Waters a tiré des leçons de vos travaux ?

14:29
Invité

Ça, c'est compliqué avec Nestlé, vous l'avez vu, lors des auditions. Je pense que les préfets, parce qu'il y a deux départements concernés, avant tout avec Cédé-Voge et Le Gard, ils travaillent, mais je pense qu'il y a un problème de confiance, voilà. Je le dis, je pense que Nestlé aurait pu très bien avoir comme défense en disant, d'abord, c'est eux, comme on vous l'a dit, qui ont reconnu qu'ils pratiquaient la micro-filtration, donc ils ont pu dire, oui, c'est vrai, on l'a pratiqué et on l'a fait justement dans le but de ne pas contaminer nos concitoyens. Alors, vous savez, il faut avouer, être à moitié pardonné, et on aurait pu rester là-dessus.

Ce mutisme qu'il y a eu, rappelez-vous, ces auditions des deux représentantes de Nestlé ont donné une très mauvaise image. Moi, j'ai tendu la main en disant, non, et je pense que ce mutisme-là a donné une très mauvaise image du groupe et qu'après, il faut travailler, je crois tout le transparent, je crois que le préfet du Gard doit prendre une décision d'ici la fin de l'année, puisqu'au mois de mai, il a interdit la micro-filtration à 0,2, il faut refaire tous les dossiers pour qu'ils puissent autoriser ou non une exploitation du site en eau minérale naturelle. Donc, ça demande des études des hydrologues, donc sur la nappe, et donc le rendu devrait être pour la fin de l'année.

Ça veut dire qu'avant la Noël, le préfet du Gard prendra une décision de conscience, après concertation, bien sûr, avec les services compétents, notamment l'ARS. Le sujet majeur dans le Gard, c'est la qualité de la nappe, très claire, on l'a dit, malgré les efforts qu'a pu faire Nestlé, puisqu'ils ont créé une filiale qui s'appelle maintenant Agri-Garig, il y a une filiale la même dans les vols qui s'appelle Agri-Vert, en mettant 25 millions d'euros jusqu'en 2030 pour des actions à matrice environnementale, mais la nappe, ce n'est pas du jour au lendemain qu'elle va être modifiée, il faut des années.

16:33
Présentateur

– L'actualité dans votre région, Laurent Bourgois, c'est aussi l'inquiétude des élus, suite à la décision de Groupama de ne plus assurer les manas des clubs tourins pour les activités dans l'espace public, c'est à compter de janvier prochain. Pour en parler, Vincent Coste, journaliste au Midi Libre, a une question à vous poser sur le sujet.

16:51
Laurent Burgoa

– Bonjour Laurent Bourgois. La compagnie Groupama des Méditerranées a décidé de résilier les contrats couvrant les jeux tourins dès le 10 janvier 2026 prochain. Même si d'autres compagnies d'assurance pourront s'y substituer, cette décision inquiète cependant dans les manades et les élevages, dans les territoires et les communes concernées, là où cette culture et ces traditions restent solidement et profondément ancrées. C'est aussi l'existence même des fêtes votives dans l'Hérault, dans le Gard et dans les Bouches-du-Rhône également, qui pourrait être tout simplement gravement menacée à terme.

Vous-même, avec d'autres parlementaires, issus de ces trois départements, dans une démarche transversale, vous souteniez la création d'une loi sur le régime de responsabilité applicable aux manadiers en cas de dommage causé par les animaux lors de ces fêtes. L'idée étant que la responsabilité ne s'appliquerait pas lorsqu'un dommage résulte d'un risque accepté initialement par la victime. Le sénateur du Gard que vous êtes préconise-t-il toujours l'avènement d'une législation de ce type ? Où en est votre réflexion sur le sujet ? Merci.

17:53
Invité

C'est une bonne question. Vincent Coste connaît bien le sujet puisqu'il travaille à Médil. Oui, c'est toujours d'actualité, mais je crois qu'il faut travailler en concertation. Et d'ailleurs, comme vous l'avez dit, il y a une mobilisation des élus. Plus de 210 ont signé une tribune dans le Gard, 130 dans les rôles à l'initiative de mon collègue Hussein Bourgie.

18:19
Présentateur

C'est une tribune qui a été publiée dimanche dans le Médil. qui s'intitule « Pour que vive la course camargaise et nos traditions taurines ». Qu'est-ce que vous attendez après cette tribune ?

18:28
Invité

Cette tribune, pour tout vous dire, je l'ai transmise au président de la République, au Premier ministre, à divers ministres, à commencer par le garde des Sceaux, le ministre de l'Agriculture, le ministre de l'Économie, le ministre de la Ruralité, pour les sensibiliser. Je crois que maintenant...

18:41
Présentateur

Mais vous n'avez pas eu de réponse pour le moment.

18:43
Invité

J'ai envoyé hier. J'en ai quand même un peu de temps, il faut être respectueux. Non, mais pour revenir sérieusement au sujet, il y a aussi une initiative d'élus gardois d'écrire directement « Sensibilis le garde des Sceaux » pour qu'ils demandent à ces services. On a besoin qu'il y ait une analyse juridique de la chancellerie par rapport à ce problème de responsabilité. Je crois qu'il faut qu'on travaille en étroite collaboration avec la chancellerie pour voir quel texte...

Parce que je le reconnais, il faut être de Paris, ce problème-là, et Epsilon, pour nous, c'est un problème important et c'est normal parce que ces fêtes votives, c'est un enjeu culturel, sociétal, économique pour nos territoires. Mais ça concerne le Gard-les-Rots.

19:29
Présentateur

C'est 850 courses à environ 2200 événements. Oui, mais à l'échelle nationale,

19:34
Invité

c'est vrai que réformer la responsabilité, il faut quand même travailler à la chancellerie. Donc c'est ce travail qu'on souhaitait mettre en place à divers élus de Gard, en écrivant au Gard des Sceaux, que je vais relier et je ne doute pas que mon ami Gérald Darmanin sera attentif et ouvrira les portes.

19:52
Présentateur

Parce que qu'est-ce que vous dites ? Qu'elles sont menacées, ces fêtes taurines ?

19:55
Invité

Elles sont menacées parce que s'il n'y a plus d'assurance, comme on est très bien, c'est compliqué d'organiser ces fêtes de rue. Ce ne sont pas les courses camarguaises que l'on pratique dans les arènes. C'est ces fêtes de rue et la problématique, c'est que...

20:11
Présentateur

Il ne faut pas aussi un peu les revoir, ces traditions ? Il faut retrouver de l'éthique.

20:14
Invité

Vous avez raison. Et là-dessus, il faut se battre, nous tous. Moi, j'apprécie beaucoup la Fédération des Manadiers, M. Obanel, qui a bien dit qu'il faut retrouver l'éthique de ces jeux taurais. Il y a eu des faits qui se sont passés récemment dans mon département, du Gard, qui sont inamissibles. Les gens qui jettent de la farine avec des fumigènes, qui ont fait enflammer, ça s'est enflammé sur les chevaux, les taureaux. Des jeunes qui ont essayé de noyer des taureaux lorsqu'ils traversaient les cours d'eau. Tout ça, ce n'est pas possible. Il faut rendre l'éthique, il faut s'amuser, mais il faut traiter correctement les animaux et les hommes qui organisent ces spectacles.

20:55
Présentateur

On va terminer par un supplément que vous retrouverez tous ce matin dans vos quotidiens régionaux. Enquête de demain, supplément sur le mieux vivre ensemble. C'est le fruit d'un travail de l'ensemble de la presse régionale pour mettre en avant des initiatives locales. Et on va parler justement de ces initiatives locales. On est avec Fanny Lacroix. Bonjour, merci d'être avec nous. Vous êtes maire de Châtel-en-Trieve. C'est dans l'ISER, vice-présidente de l'Association des maires ruraux de France. Fanny Lacroix, vous avez été élue en maire en 2020, lors de la dernière élection. C'est votre premier mandat. Le vivre ensemble, vous le pratiquez concrètement, quotidiennement.

Vous faites participer vos habitants à la création de projets. Comment est née cette démarche ?

21:34
Locuteur 2

Eh bien, cette démarche, elle est née en 2014 sur un constat qui était simple, celui de la désertification qu'on peut connaître en milieu rural et avec la possibilité de formaliser un projet politique par une équipe en place qui était celui de lutter contre cet état de fait. Mais aussi grâce à un essai un domaine de trois hectares qui était en plein centre-bourg de Saint-Sébastien à l'époque parce que la Commune Nouvelle n'était pas encore créée.

Et du coup, une méthode, en plus de ces espaces, qui est une méthode participative où on a décidé de faire travailler les habitants pour définir en fait le village qu'ils voulaient voir se réaliser concrètement, c'est-à-dire quel type d'usage ils avaient besoin de mettre en place pour que le village soit vivant. Ça a marché ? À partir de là, il y a eu des... Tout à fait, à partir de là.

22:22
Présentateur

Auprès de vos habitants, ils ont suivi. Est-ce que, du coup, vous vous dites que ça renforce la cohésion ? Ça renforce aussi le lien entre le maire et les habitants ?

22:31
Locuteur 2

Oui, totalement. Ça a vraiment bien fonctionné. Donc, il y a eu déjà quatre mois de travail avec les habitants pour formaliser une feuille de route partagée qui a été ensuite remise au conseil municipal qui, lui, était clair dans sa démarche, c'est-à-dire qu'il n'avait pas déjà choisi à l'avance. Et à partir de là, on a pu faire toute la démarche de recherche de subvention et de réalisation. Donc, les projets des habitants ensuite sont sortis de terre. Et donc, on a vu la création d'un café-épicerie associatif, d'une carrière équestre communale à gestion associative, de jardins partagés.

Et à partir de cette dynamique, en fait, après, ça a fait envie à d'autres porteurs de projets de venir s'installer sur le village. Et donc, on a vu des kinés qui ont ouvert un cabinet, une compagnie de marionnettistes qui ont ouvert aussi un petit centre, un petit musée interactif autour de la marionnette. Et donc, ça a après redonné vie petit à petit à ce village qui aujourd'hui, écoutez, est quand même bien dynamique. Qu'est-ce que vous pensez de cette initiative, Laurent Bourgois ?

23:26
Invité

C'est mon initiative ? Il me semble, Madame le maire, qu'on vous avait auditionné dans le cadre de la délégation de la collectivité territoriale sur la problématique des transitions environnementales. Il me semble avoir retenu... Oui, oui, c'est possible. Et vous représentiez l'association des maires ruraux ? Non, mais je crois que je trouve...

23:44
Présentateur

Vous avez bonne mémoire, hein, Laurent ?

23:45
Invité

Oui, c'était il y a trois ans, à peu près, mais ça me dit. Moi, je crois que ces maires, ce sont des... Je veux dire, ces fantasmes de la République, des initiatives, quelles qu'elles soient, sans loi, parce que ce sont ces élus de proximité, ils sont proches de nos concitoyens. Et l'exemple que donne Madame le maire, sa commune, c'est une commune rurale, mais vous voyez, le dynamisme qu'il y a... Et moi, je ne peux que les saluer. On est en plein congrès des maires et on a besoin de maires. Je pense qu'actuellement, ce sont les seuls élus, j'allais dire, référents de notre République. Donc, on a besoin de vous.

Continuez, parce que, quelles que soient vos idées, quels que soient vos projets, vous êtes proches de nos concitoyens. Et j'allais dire, par les temps qui courent, à un moment où on a quand même une instabilité nationale, politique importante, vous êtes le socle de la République.

24:34
Locuteur 2

– Merci. Un dernier mot, très rapidement, Fanny Lacroix ? – Oui, je veux rebondir sur ces mots qui sont importants, c'est-à-dire continuer. Et c'est vrai que nous, on profite aussi de ce congrès des maires de France pour porter aussi la problématique du statut de l'élu. Et donc, vous savez, pour qu'il y ait des communes qui soient dynamiques, il faut qu'on puisse leur donner les moyens d'agir. Donc, certes, il y a les capacités de faire au quotidien avec nos concitoyens, c'est un sujet, mais il y a aussi celui de l'accessibilité de la fonction. Et aujourd'hui, force est de constater que seulement 20% des maires sont des femmes.

Et si on regarde les moins de 40 ans, c'est 4% des premiers édiles, ce qui vient vraiment poser une problématique de statut qui est absolument majeure. Et si on veut une démocratie qui soit vivante, incarnée, qui ressemble aux Français, il va falloir vraiment porter ce message et qu'il y ait un vrai travail qui s'ouvre pour rendre accessible la fonction de maire qui est quand même la plus proche de nos concitoyens.

25:28
Présentateur

– Merci beaucoup, merci. Fanny Lacroix, merci d'avoir été avec nous maire de Châtel-Antrieve, c'est en Isère. Merci Laurent Bourgoire d'avoir été votre invité. – Merci beaucoup de nos invités. – Retrouvez l'intégralité de nos podcasts sur la plateforme Public Sénat. – Sous-titrage ST' 501

25:46
Locuteur

– Sous-titrage ST' 501 – Sous-titrage ST' 501 – Sous-titrage ST' 501 – Sous-titrage ST' 501 – Sous-titrage ST' 501 – Sous-titrage ST' 501 – Sous-titrage ST' 501 – Sous-titrage ST' 501 – Sous-titrage ST' 501