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interviewC dans l'air· 11 février 2026 10 min

L'Europe face à l'offensive commerciale de la Chine

Transcription youtube_captions. À recouper avec la source d'origine.

entre les chefs d'Etat européens. Il appelle l'Europe à se lancer dans une stratégie d'endettement commune pour faire face notamment à l'offensive commerciale de la Chine et des Etats-Unis, concurrents féroces. Il parle de la Chine car parfois, Pékin est un investisseur accueilli à bras ouverts, notamment au coeur de l'Europe, comme en Hongrie. - La Hongrie de V.Orban est une terre européenne particulièrement appréciée par la Chine.

Ici, la diaspora chinoise est l'une des plus importantes d'Europe, et ça se voit dans les quartiers de la capitale. Mais quelle est la nature de cette amitié revendiquée entre Pékin et Budapest? - Vous êtes prêts, les enfants?

Vous avez de beaux costumes. Grâce à vous, nous aurons plein de nouvelles recrues. C'est super. - Les portes ouvertes de l'école bilingue sino-hongroise approchent.

Ici, la culture chinoise est enseignée au même titre que les mathématiques ou la littérature. - Beaucoup de familles chinoises sont arrivées récemment à Budapest. Leurs enfants viennent ici.

Les parents travaillent pour des entreprises chinoises implantées en Hongrie comme Huawei ou BYD, qui vient d'ouvrir une nouvelle usine ici. Nous avons aussi des enfants de familles hongroises qui misent sur l'apprentissage de la langue et de la culture chinoise pour garantir à leurs enfants une belle carrière. Ils voient cela comme une bonne opportunité.

On peut dire que la Chine représente l'avenir ici. - La Chine investit massivement dans cette école. Sur les murs, les chèques géants des généreux donateurs sont accrochés.

La cérémonie du thé en Hongrie, une façon pour Pékin d'étendre son influence culturelle et politique. - Les Chinois investissent dans le monde entier et chez nous, dans les grandes entreprises, il est utile de savoir parler chinois. Je suis persuadée que le chinois deviendra bientôt plus important que l'anglais. - Les Chinois ont trouvé en Hongrie des conditions favorables pour investir et implanter leurs entreprises.

Il y a une volonté de construire des relations fortes entre les 2 pays. - 300 km à l'est de la capitale. De gigantesques usines de batteries électriques chinoises sont apparues ces dernières années.

Avec son impôt sur les sociétés le plus bas d'Europe, la Hongrie est un emplacement stratégique pour Pékin, qui a investi plus de 16 milliards d'euros depuis le covid. - Nous avons installé ce détecteur de pollution devant notre école maternelle. Ca permet de mesurer le taux de polluants provenant des usines. - Dans le village voisin, le maire est attentif à la pollution, mais il comprend les intentions du gouvernement. - Regardez, c'est rouge.

La pollution est importante aujourd'hui. Pour le gouvernement, l'idée avec ces investissements chinois est de faire de Debrecen un grand centre de batteries. La ville bénéficiait déjà d'un développement économique important avec son industrie automobile, mais cette fois, l'idée est d'en faire le numéro 1 des industries de batteries dans toute l'Europe. - Il est l'un des rares membres du parti d'Orban à s'interroger publiquement sur les investissements chinois de son Premier ministre qui met en colère ses administrés. - Regardez le toit rouge.

C'est comme si les usines étaient au fond de notre jardin. - Depuis 3 ans, ces parents s'insurgent contre les fumées toujours visibles qui s'échappent des usines chinoises. - Les gens ici ont peur de rejoindre notre combat.

Une femme nous a dit qu'on l'avait menacée de perdre son travail si elle était prise en photo lors d'une de nos manifestations. - Si la pollution les inquiète, leurs craintes sont aussi politiques, notamment depuis le prêt de 1 milliard d'euros accordé par la Chine à la Hongrie de V.Orban. - L'UE nous a accordé une aide qu'elle a gelée, mais la Chine nous accorde un prêt à un taux d'intérêt dont nous ne connaissons pas les conditions. - Cette somme devra être remboursée.

Ce sont nos enfants qui devront payer. Ca ne rend pas service à la génération future. - Toujours plus tournée vers l'est, la Hongrie de V.Orban ouvre ses portes à la Chine et prend ses distances avec l'Europe. - C.Roux: La Chine vorace se retrouve au coeur de l'Europe. - D.Seux: Tout le monde a réalisé que la Chine fabriquait 90 % des téléphones, 80 % des batteries, les voitures électriques, c'est 66 %...

La production de la Chine, c'est un tiers de la production mondiale. Ca gagne un point. C'était 30 il y a 5 ans.

Si ça continue, on est à 50 %. La question, c'est de savoir S'il faut dire stop. Il y a des politiques qui demandent s'il faut fermer.

On a dit qu'il fallait faire un droit de douane de 30 % sur toutes les importations chinoises. Ca ne peut pas se faire comme ça, mais c'est une manière de dire: "On montre de la fermeté." Si la question est "dans combien de temps il y aura des droits de douane sur les produits chinois?", il y en aura bientôt. - C.Roux: Quand on interroge E.Macron sur ce sujet, est-ce qu'il faut du protectionnisme, ce qui est contre-intuitif par rapport à ce qu'est Europe, il répond que l'Europe est le marché le plus ouvert du monde. - C.Barbier: On a une trumpisation de ce débat.

Infliger 30 % de droits de douane, c'est une attitude trumpiste. C'est ce qu'il fait depuis qu'il est arrivé à la Maison-Blanche. L'Europe a commencé avec les petits colis.

On met 2 euros par-ci par-là pour freiner cette invasion et ce tsunami de petits colis. Il faudra continuer à le faire. Si on le fait au niveau européen, on invente une souveraineté européenne, un protectionnisme européen, on continue dans la lignée de ce qu'on fait depuis 80 ans.

Si c'est chacun pour soi, si la Hongrie peut dire aux Chinois "chez moi, vous êtes les bienvenus", c'est le début de la fin. Il faudra être vigilants sur l'unité de cette Europe. - C.Roux: On a vu, sur les discussions sur le Mercosur, qu'on n'avait pas cette unité. - C.Barbier: Chacun, vis-à-vis de la Chine ou du Mercosur, ont des intérêts.

Des gens veulent vendre des machines-outils. Il y a des gens qui veulent vendre du cognac ou des spiritueux, des Français. On aura des intérêts contradictoires. - C.Roux: C'est une problématique ancienne en Europe, la concurrence chinoise.

Ce qui est nouveau, c'est la déstabilisation américaine et le côté vorace de nos amis chinois sur des secteurs stratégiques. Notamment la sécurité, la transition écologique et l'IA. Il dit: "Si l'UE ne fait rien, d'ici 3 à 5 ans, elle sera balayée de ces secteurs." - S.Fay: Il y a des différences technologiques qu'on ne voyait pas avant.

Ils arrivent avec des produits dont on a envie et qu'on n'est pas capables d'égaler. Avant, on leur demandait de fabriquer des objets dont on pensait qu'ils avaient peu de valeur ajoutée. On se disait: "On va les faire là-bas et ça coûtera moins cher et on garde la propriété intellectuelle, la création et la créativité." On se rend compte que pendant ces années covid, où on ne regardait pas trop, on ne savait pas ce qu'il se passait là-bas...

Quand on y est retournés après le covid, on a vu qu'il y avait des drones qui livraient les colis, des voitures électriques partout, des voitures qui sont à un stade d'autonomie plus avancé que le nôtre. Il y a une concurrence entre acteurs chinois pour aller encore plus vite qui fait que ça nous fragilise. La peur est là.

On se retrouve attaqués sur des industries qui étaient des fleurons, comme l'aéronautique, puisqu'ils ont copié les avions Airbus et qu'ils avancent sur ce domaine. On voit les machines-outils. Pendant des années, l'Allemagne a vendu des machines-outils.

Elle a industrialisé la Chine. Aujourd'hui, c'est la Chine qui vend des machines-outils à elle-même. Quand vous mettez des cabines de peinture dans une usine, ça vient de Chine.

C'est ça qui inquiète E.Macron. Il ne répond pas en disant "protectionnisme et droits de douane", mais en disant"il faut qu'on arrive à imposer en Europe le made in Europe", une préférence pour les produits faits en Europe.

Quand on donne des aides publiques et qu'on ouvre les marchés publics, il faut que ce soit sur des produits à fort contenu européen. Les Etats-Unis font ça.

L'Europe face à l'offensive commerciale de la Chine — Emmanuel Macron · Pourquijevote