Yannick Jadot et Nicolas Bay, invités de « Mardi politique » • RFI
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Chapitres
Répartition du ton (temps de parole politique)
Propositif 40 %Attaque 46 %Défensif 13 %
Questions et réponses
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- 0:38OuverteRéponse directe
En 2016, vous aviez fait don de votre candidature à Benoît Hamon. En 2022, pas de sacrifice. Pourquoi ?
- 1:23OuverteRéponse partielle
Pourtant, l'écologie est une priorité des Français. Pourquoi n'êtes-vous pas plus audible ?
- 2:09RelanceRéponse directe
C'est quoi ces doutes dont vous parlez ?
- 3:28OuverteRéponse directe
Les États-Unis viennent d'instaurer un embargo sur le pétrole russe. Quelles conséquences pour l'Europe ?
- 4:41RelanceRéponse directe
Est-ce que ça n'est pas facile pour les États-Unis de prendre cette décision, eux qui sont indépendants énergétiquement ?
- 5:54RelanceRéponse directe
Sur la question du gaz, le ministre allemand de l'économie disait que renoncer au gaz russe aurait un coût social insupportable. Vous ne pensez pas comme lui ?
Affirmations vérifiables (citations exactes)
- 4:01Invité politiqueChiffre
« le gaz et le pétrole russe, c'est 700 millions d'euros tous les jours dans les caisses de Vladimir Poutine pour financer l'invasion de l'Ukraine. »
- 9:49Invité politiqueFait
« Total va continuer à faire d'énormes bénéfices sur l'augmentation des prix du carburant ou des prix de l'énergie. Il est temps de prendre les profits de Total pour le redistribuer aux consommateurs. »
- 9:50Invité politiqueChiffre
« Total a fait 15 milliards d'euros de bénéfices, des records historiques. »
- 12:25Invité politiqueFait
« Il a gouverné à travers des conseils de défense, même pas l'Assemblée nationale, même pas le Conseil des ministres. »
- 13:45Invité politiqueFait
« C'est quand même lui qui a choisi d'être président de l'Union européenne pendant la campagne présidentielle. »
- 30:03InvitéFait
« la guerre en Ukraine »
- 33:33InvitéChiffre
« la France est dépendante à hauteur de 17% du gaz russe »
- 35:12InvitéChiffre
« on a vu avec la crise sanitaire qu'on était capable de passer notre endettement public de 2200 à 2700 milliards »
- 35:22InvitéPromesse
« bloquer les prix de l'essence à la pompe à la situation d'avant crise ukrainienne, c'est-à-dire en dessous d'un euro 80 »
- 35:36InvitéFait
« le prix à la pompe c'est 60% de taxes, la TICPE et la TVA sur la TICPE »
- 37:16InvitéChiffre
« Éric Zemmour est en baisse dans les sondages autour de 12-13% »
Temps de parole
- Invité38 %
- Yannick Jadot33 %
- Présentateur12 %
- Invité 211 %
- ?6 %
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C
'est l'heure de Mardi Politique sur France 24 RFI. Bonsoir Frédéric Rivière.
Bonsoir Roselyne, bonsoir à tous.
Ensemble, nous recevons deux invités. Alors en deuxième partie, nous accueillerons Nicolas Bay qui a quitté les rangs du Rassemblement National pour rejoindre le parti d'Éric Zemmour, Reconquête. Mais tout de suite, nous sommes avec Yannick Jadot. Bonsoir.
Bonsoir.
Candidat d'Europe Écologie Les Verts à la présidentielle. Donc merci d'avoir accepté notre invitation. Tout de suite, votre portrait.
Yannick
Jadot, en 2016, vous aviez fait don, non pas de votre corps, mais de votre candidature au profit de Benoît Hamon du Parti Socialiste. En 2022, pas de sacrifice. Il vaut mieux un petit chez soi qu'un grand chez les autres. Vous avez remporté la primaire des Verts face à Sandrine Rousseau que vous avez finalement exclue de votre campagne il y a quelques jours après des critiques sur votre stratégie. Elle a ensuite déclaré que ça la déprimait de faire de la politique dans des groupes du Ku Klux Klan. Bon, de toute façon, tout était réuni, vous et elle, pour vous séparer. Elle, la candidate wokiste. Vous, l'écolo pragmatique. Alors vous êtes entre 5 et 7% dans les sondages.
Pourtant, l'écologie est l'une des priorités des Français. Pourquoi n'êtes-vous pas plus audible ? La faute à la guerre, la faute au fait que dans les écolos,
on
n'a pas une totale confiance encore parce que c'est un parti qui a grandi, mais qui a un peu du mal à s'imposer.
On
est rentré dans la campagne officielle. Les scores et les votes pour le premier tour, c
'est
le 10 avril.
On
n'a jamais considéré que ça allait être une campagne facile. Effectivement, comme vous l'avez dit, l'écologie n'a jamais dirigé notre pays. Donc je sais que dans cette campagne, il va falloir continuer à lever certains doutes. Mais on voit aussi que...
C'est quoi ces doutes dont vous parlez ?
Des doutes par rapport à l'économie, par rapport aux enjeux régaliens. Donc on fait ce travail
de
crédibilisation, de montrer que l'écologie, c'est un projet pour l'ensemble de la société, pour les services publics, l'école, l'hôpital, le commissariat, le tribunal. Avec l'écologie, justement, c'est le projet qui va permettre d'écrire une nouvelle page de l'histoire de notre pays. Parce que ça devrait être ça, une présidentielle. Passer d'une période à une autre, tirer toutes les leçons, des gilets jaunes, de la pandémie, de la guerre en Ukraine, qui montre combien le projet écologiste, justement, parce que nous, on veut sortir des dépendances aux énergies fossiles. On a vu toutes les complaisances politiques liées à ces dépendances.
Et on voit combien ces dépendances à la fois tuent la démocratie, tuent les Ukrainiens aujourd'hui, et tuent le climat. Donc, arriver à ce que notre pays, à ce que les Françaises et les Français ne soient pas complètement chamboulés, blackboulés, en permanence balottés par les crises, mais au contraire, en tirent toutes les leçons pour choisir un grand projet de société, celui d'écologie.
Alors Yannick Ajaud, bien sûr, on va revenir sur la politique française, mais d'abord l'actualité ukrainienne. Les Etats-Unis viennent d'instaurer un embargo sur l'importation de pétrole russe. Quelles conséquences va avoir cette mesure ?
Moi,
j'ai soutenu depuis plusieurs jours le fait que l'Union européenne aussi fasse un embargo sur le gaz russe. Si on veut mettre la pression sur Vladimir Poutine pour qu'il cesse de faire la guerre à la démocratie, de faire la guerre aux Ukrainiens, de perpétrer des crimes de guerre tous les jours en bombardant les populations civiles, il faut rehausser encore notre niveau de sanctions. Et aujourd'hui, ça passe par le gaz russe, parce que le gaz et le pétrole russe, c'est 700 millions d'euros tous les jours dans les caisses de Vladimir Poutine pour financer l'invasion de l'Ukraine. Donc il faut qu'on soit cohérent. Il faut qu'encore une fois, on s'affranchisse, on s'exonère de ce gaz russe.
On sait qu'on a les réserves pour tenir jusqu'à l'hiver prochain. Et ça va être un grand plan, à la fois de sobriété, d'élargissement de nos fournisseurs d'énergie, d'investissement massif en déployant très vite toutes les énergies renouvelables, parce qu'il
n
'y a que les énergies renouvelables qu'on peut déployer rapidement, pour pouvoir s'affranchir du gaz russe.
Mais Yannick Jodeau, est-ce que ça n'est pas un peu facile pour les États-Unis de prendre cette décision, eux qui sont sur le plan énergétique totalement indépendants ? Ce qui n'est absolument pas le cas de l'Europe, qui est très dépendante de la Russie, et en particulier pour le gaz. Autour de 40% du gaz européen vient de Russie. Vous avez raison, c'est vrai que c'est peut-être plus
facile pour les États-Unis que pour
l'Europe. C'est-à-dire que c'est plus
de rien, quoi. Pour les États-Unis que pour l'Europe, mais notre responsable, cette guerre, elle est sur le sol européen. Aujourd'hui même, ce sont des femmes et des hommes en Ukraine qui, dans la rue, dans leur maison, se battent pour leur liberté. Ce qui a déclenché Vladimir Poutine à travers cette invasion, c'est de remettre en cause la paix, la sécurité, les libertés sur l'ensemble du sol européen. Donc on est à un moment historique de basculement potentiel des civilisations, de notre civilisation.
Et nous savons, nous avons fait ce choix que je soutiens, qui n'est pas de faire la guerre à Vladimir Poutine, parce que nous sommes, y compris la France, c'est un pays doté de l'arme nucléaire, contre un autre pays doté de l'arme nucléaire. Ça pourrait basculer
en conflit régional
ou mondial. Sur la question du gaz, vendredi dernier, le ministre allemand de l'économie, qui est un écologiste,
disait
que si on renonçait à acheter du gaz
à
la Russie, ça aurait un coût social insupportable en Allemagne.
Vous
ne pensez pas comme lui ?
Non,
parce que je pense qu'aujourd'hui, encore une fois, tous les experts et l'Union Européenne le disent, on peut tenir sans le gaz russe jusqu'à l'hiver prochain. Oui, certains disent au début, voire au milieu de l'hiver. Non, donc jusqu'à l'hiver prochain.
La question, c'est qu'est-ce qu'on met en place comme mesure à la fois de solidarité à l'échelle de l'Union Européenne pour qu'on aborde ensemble cette question-là, d'avoir, et c'est ce que je propose, un acheteur européen unique de l'ensemble de nos approvisionnements en gaz pour que, justement, éviter la concurrence entre les États, les difficultés entre les États, qu'on ait la puissance de l'Européenne pour nous fournir en gaz et que, surtout, on mette en place les mesures qui nous permettront, conjoncturellement, de pouvoir s'en passer. Ça peut... Ça va... C'est des choses qui sont parfois très basiques.
C'est de réduire d'un degré la température dans l'ensemble du continent, dans nos maisons, dans les entreprises. C'est pas un grand changement, mais c
'est
un impact très lourd. C'est d'installer des panneaux photovoltaïques sur tous nos toits pour avoir de l'électricité. C'est, puisqu'on utilise surtout le gaz, ce qu'on appelle en électricité, de pointe. Donc, simplement, faire tourner nos machines à laver la nuit, c'est éviter le gaz russe. Donc, c'est quelques changements, mais pour une cause majeure, la sécurité, la paix sur le continent européen.
Alors, vous parliez tout à l'heure de l'Allemagne. Est-ce que ça a été une erreur stratégique de la part d'Angela Merkel, finalement, de baisser la part du nucléaire et de se fournir, en rendant ainsi son pays beaucoup plus dépendant du gaz, et en l'occurrence du gaz russe ?
L'Allemagne a toujours été très dépendante du gaz russe. C'est pas nouveau, c'est pas lié à la sortie du nucléaire, parce que, en fait, depuis la sortie du nucléaire,
l
'Allemagne a réduit son nucléaire, a réduit la consommation de son charbon et a maintenu au même niveau sa consommation de gaz en progressant très fortement sur les énergies renouvelables. Quelle est la leçon qu'on doit tirer de ce qui se passe en Ukraine ? Évidemment, la dépendance au gaz.
Remplacée par... Et
le danger du nucléaire. Enfin, on a quand même les Russes qui ont bombardé une centrale nucléaire, donc on ne peut pas s'affranchir du risque nucléaire.
Vous ne vous dites pas... Donc, en fait, les énergies
renouvelables sont les seules énergies
de paix et de sécurité.
Donc, simplement, il
faut s'en donner les
moyens. Mais enfin, il
y
a quelques semaines, les dirigeants européens nous expliquaient que le gaz était une énergie verte.
On
a... Et je continue à demander au président de la République de sortir Total de Russie. On ne peut pas avoir un
grand groupe énergétique. Il
en a le pouvoir, le président de la
République.
C'est le président de
la
République qui a installé Total en Russie. Oui. Maintenant, il existe. Il était ministre de l'économie. Il a tout fait pour donner toutes les conditions à Total d'aller chercher du gaz, y compris en Arctique. En 2018, le président Macron signe à Saint-Pétersbourg avec Vladimir Poutine, qu'il a toujours considéré comme son ami, malgré tous les actes et les crimes de guerre qu'il a commis. Il a médiatisé la signature de deux contrats, Total, pour aller chercher du gaz, et Orpea, le scandale qu'on connaît chez nous. Donc, maintenant qu'il a aidé Total à s'y installer, moi, je demande au président de
la
République d'imposer à Total la sortie de Russie. Et d'ailleurs, vous savez que Total a fait 15 milliards d'euros de bénéfices, des records historiques. Total va continuer à faire d'énormes bénéfices sur l'augmentation des prix du carburant ou des prix de l'énergie. Il est temps de prendre les profits de Total pour le redistribuer aux consommateurs.
Avec cette crise de l'énergie qui ne fait que commencer, vous ne vous dites en aucun cas que le nucléaire est quand même l'instrument de
l'indépendance énergétique de
la France.
Pour quand ? Vous savez d'où vient l'uranium ? Oui, je sais. Il vient d'où ? Oui,
il
vient d'Afrique, en grande partie. Non, il vient du Kazakhstan, principalement, sous tutelle Poutine, de l'Ouzbékistan, sous tutelle Poutine, et du Niger. Donc, la question pour notre pays,
ce
n
'est
pas aujourd'hui d'arrêter les centrales nucléaires. D'ailleurs, on a un gros problème, c'est que, comme elles vieillissent, il y a beaucoup de centrales nucléaires, de réacteurs nucléaires qui sont fermés et qu'on ne peut pas utiliser. C'est, est-ce que, face à un parc vieillissant, on investit dans des nouvelles centrales nucléaires, dans de nouveaux réacteurs, c'est ce que propose Emmanuel Macron, avec des réacteurs qui seront opérationnels en 2040-2045. Aucun intérêt pour les consommateurs aujourd'hui, aucun intérêt pour le climat, aucun intérêt pour notre indépendance énergétique.
Moi, ce que je propose, c'est d'investir, au-delà de compenser, évidemment, les consommateurs, avec mon chèque énergie de 400 euros maintenant, c'est d'investir sur les économies d'énergie dans le bâtiment, c'est la première source d'utilisation du gaz, et se déployer très vite les énergies renouvelables. Mon projet permet d'agir beaucoup plus rapidement et de manière beaucoup moins chère pour les Françaises et les Français.
On
va passer à la présidentielle française. Emmanuel Macron est rentré de plein pied hier, dans la campagne, en allant à Poissy, invité par un maire de droite, devant un panel de Français qui était soigneusement choisi. Il a décidé de ne pas débattre, lors de cette petite courte campagne, mais j'ai envie de dire, comme ses prédécesseurs.
C'est très bien. Je pense que vous avez résumé Emmanuel Macron. Il est comme ses prédécesseurs. Vous
en tirez
quelle conclusion ?
Il s'inscrit exactement dans le même conformisme que ses prédécesseurs. Emmanuel Macron, c'était celui qui allait revitaliser la démocratie, changer les institutions, créer de la mobilité sociale, agir sur les grands défis du siècle. Il a été condamné deux fois sur une action climatique par les tribunaux français. On a vu les inégalités s'accroître dans notre pays. Et finalement, c'est cinq ans de démocratie confisquée. Il a gouverné à travers des conseils de défense. Même pas l'Assemblée nationale, même pas le Conseil des ministres. On sait son mépris des maires,
Vous êtes en train de dire que la
campagne ressemble à son quinquennat.
Bien sûr, c'est la démocratie confisquée. Mais attendez, ça c'est son point de vue. Ça c'est ce qu'il cherche à faire. Mais il fait courir à notre pays un grave danger politique. Lequel ?
C'est que notre pays, notre pays,
aujourd'hui, du fait de cette guerre, avant du fait de la pandémie qui continue à se poursuivre, avant, on a eu les gilets jaunes,
on
a des Françaises et des Français qui sont inquiets, qui sont angoissés, qui ont de la colère. Et beaucoup, heureusement, ont beaucoup d'enthousiasme. Et là, ce que le président de la République est en train de dire, c'est en fait, il n'y aura pas d'élection présidentielle. En tout cas, moi, je ne participerai pas à l'élection présidentielle. C'est-à-dire qu'il ne permet pas à notre pays,
dans une situation très particulière,
bien sûr, dans une situation très particulière, je ne vous permets pas de faire un vrai choix de société. Je ne vous permets pas de purger vos colères, vos inquiétudes, pour qu'enfin, on se projette dans la phase d'après. Eh bien, je pense que le président de la République, je comprends qu'il soit fébrile sur son bilan. Je comprends qu'il n
'ait
pas
de
projet. Ça, c'est pas nouveau.
Oui,
mais attendez, personne ne dit qu'il n
'est
pas occupé. Je veux dire, c'est quand même lui qui a choisi d'être président de l'Union européenne pendant la campagne présidentielle. C'est son choix pour instrumentaliser l'Europe au service de sa campagne. Donc,
rien,
rien
de son agenda,
rien de son agenda l'empêche de débattre devant les Françaises et les Français pour
offrir aux Français le grand débat qu'ils méritent. Est-ce que cette guerre de la Russie contre l'Ukraine est en train, finalement, de préparer les conditions d'une réélection dans un fauteuil pour Emmanuel Macron ? Je n'en sais rien.
Est-ce qu'il peut incarner
une espèce de figure de père de la nation dans un moment de grande instabilité géopolitique
? Ou
est-ce
que vous
avez
l'impression que c'est ce qu'il essaye d'incarner ? Il est évident. Il est évident. Vous savez, ça fait des mois qu'Emmanuel Macron cherche à n'avoir qu'un adversaire, Éric Zemmour, pour déjà tuer le débat démocratique, pour qu'au fond, il y ait le monstre à éviter et moi, l'incarnation de la modération. bon, ça, ça fait des années qu'il est sur ce registre-là. Aujourd'hui, il
ne veut même
pas... Si c
'était ça, son objectif, il est raté, puisque Éric Zemmour, aujourd'hui, est aux environ 12% et c'est Marine
Le Pen qui est en deuxième position.
Vous avez raison. Mais ce que je veux dire, c'est que le président de la République a une responsabilité particulière. c'est de faire en sorte que notre pays n'entre pas dans une crise démocratique profonde faute de trouver aux inquiétudes, aux colères comme aux espoirs un
débouché politique.
Vous voulez dire que s'il est élu et qu
'il
n'y
a
pas eu cette purge démocratique dont
vous parlez... Moi, je me bats
pour être élu à
cette élection
présidentielle parce que j'ai envie que notre pays arrête d'être dans le déni sur le climat, sur la biodiversité, sur la justice sociale, sur nos services publics qui souffrent, sur les Françaises et les Français qui ne complènent plus dans quel monde ils vivent. Donc, j'ai envie de donner un débouché politique à la fois aux inquiétudes, aux colères comme aux espoirs. Ça, c'est ma responsabilité.
J'entends, mais ma
question, c'était quel risque prend-il à ne pas faire ce débat ? C'est-à-dire, est-ce que... Et je répète ma question.
Si...
S'il
continue
à confisquer
la
démocratie, la démocratie, les Françaises et les Français finissent toujours par s'exprimer d'une manière ou d'une autre. Moi, je préfère qu'ils s'expriment sur un beau projet pour le prochain quinquennat plutôt que d'avoir des gilets jaunes puissance 10 avec Macron. Voilà.
Alors,
on va passer à la rubrique aphorisme de Frédéric Rivière. Donc, il
y a
une gueule. Soyez bon.
Alors,
aphorisme, il s'agit de soumettre les candidats à l'élection présidentielle ou ceux parfois qui les représentent à cet exercice de la synthèse, de la contraction de la pensée, en quelque sorte. Un aphorisme, c'est donc une pensée résumée en quelques mots. Je vous en cite deux à titre d'exemple. La nature fait les hommes semblables, la vie les rend différents. Confucius,
l
'expérience prouve que celui qui n'a jamais confiance en personne ne sera jamais déçu.
On
pourrait penser que c'est Pierre Dac, mais c'est Léonard de Vinci. Donc, je vais vous soumettre quelques mots et vous demander d'essayer d'inventer un aphorisme. Et évidemment, on va commencer par la guerre.
La guerre, c'est le moyen le plus brutal, le plus violent de ne pas résoudre de vrais problèmes. On pense aujourd'hui, par exemple, à l'accaparement des ressources.
La
diplomatie ? La diplomatie, c'est l'art de gérer les tensions, c'est l'art de gérer les conflits potentiels pour y apporter des réponses de paix.
La
souveraineté
? La
souveraineté, c'est la maîtrise de sa vie individuelle comme la maîtrise de notre destin collectif. Est-ce qu'il y a de bonne et de mauvaise souveraineté
? Il
y a... Non, la souveraineté, c'est la capacité à choisir, c'est la capacité à décider.
Il n'y
a rien à voir avec le nationalisme. L'Europe
? L
'Europe, la France, c'est ma maison, l'Europe, c'est mon village.
La
terre
? La
terre, c'est la vie. Et la question n'est pas de sauver la terre, c'est de l'aimer.
L
'élection présidentielle
?
C'est le rendez-vous des Françaises et des Français avec leur avenir. Et rarement dans notre histoire, un pays n'a eu autant les moyens, autrement qu'en rêve, de choisir la société dans laquelle il veut vivre.
Là, on n'est plus tout à fait dans l'aphorisme. L'élection présidentielle, comme disait De Gaulle, c'est la rencontre d'un homme et d'un pays. Oui,
oui.
Ça, c'est votre aphorisme à vous.
Non, c'est celui de Gaulle. Moi, j'ai donné ma réponse. C
'est trop long. Il ne rentre plus dans la catégorie. Juste un petit mot. Vous avez dit tout à l'heure au fond qu'il y a besoin de prouver qu'on est sérieux. La tenue que vous avez depuis quelques semaines maintenant, le costume, la cravate, ça fait partie de cette volonté d'incarner le sérieux.
C'est le respect de la fonction présidentielle. Par
anticipation.
C'est quelque chose d'important pour les Françaises et les Français. C'est quelque chose d'important pour moi. On a besoin. On a parlé beaucoup de démocratie. Vous savez, on a vu que dans toutes ces dernières semaines, les complaisances de beaucoup de candidates et de candidats vis-à-vis de la démocratie, vis-à-vis des dictateurs, des ambiguïtés vis-à-vis de l'Union européenne. Et je pense que cette élection présidentielle, ce sera important pour les Français de bien regarder quelle a été la constance et la cohérence des candidats par rapport à la démocratie que, comme nous tous, nous chérissons. Merci Yannick Jadot.
Merci beaucoup. Merci. Et tout de suite, on accueille Nicolas Bay. Merci à vous.
RFI et
France 24 présente
Mardi
Politique
Retour dans Mardi Politique avec notre deuxième invité Nicolas Bay. Bonsoir. Bonsoir. Vice-président de Reconquête, le parti créé par Éric Zemmour. Merci d'avoir accepté notre invitation et tout de suite, le portrait.
Alors, l
'histoire est faite de ceux qui ont changé de camp en politique. C'est une vieille rengaine. On dit que vous êtes un traître, un ganelon de Roncevaux, un espion à la solde de Zemmour lorsque vous étiez au Rassemblement National. Vous avez été habillé pour l'hiver. Vous avez répondu que quand on veut noyer son chien, on l'accuse d'avoir la rage. Marine Le Pen vous a affublée du joli terme de limace poisseuse. La politique vole parfois très haut. Bref, vous voici donc dans votre nouvelle boutique reconquête après 30 ans de le pénisme. Même si à un moment vous avez suivi l'échappée solitaire de Bruno Maigret, le félon comme l'avait baptisé Jean-Marie Le Pen.
Vous êtes souvent présenté, Nicolas Bay, comme un catholique pratiquant, si je ne me trompe.
Je
crois que votre soeur est religieuse. Donc quand vous entendez Éric Zemmour dire qu'il ne veut pas accueillir les Ukrainiens qui fuient la guerre, est-ce que cela heurte vos valeurs chrétiennes
?
Tout d'abord, Éric Zemmour n'a pas tout à fait dit ça. Il a simplement dit qu'il ne fallait pas se précipiter comme le font certains de manière très démagogique en disant qu'on allait accueillir comme ça tous les Ukrainiens en France. Il a souhaité d'abord qu
'on
se mette à la place de ces réfugiés, de ces déplacés ukrainiens et en l'occurrence ukrainiennes parce que ce sont les femmes et les enfants. Les hommes restent
pour
mener le combat et c'est très respectable et ça mérite d'être salué
en
Ukraine et ce sont les femmes et les enfants
qui
se sont déplacés. La plupart
d
'entre eux, d'entre elles, en fait, souhaitent être accueillis dans les pays limitrophes pour rester à proximité
de
leurs conjoints, de leurs pères ou de leurs fils. Et c'est évidemment, là encore, très respectable. Dire qu
'on
va les accueillir à 2000 kilomètres, ça n'a aucun sens sauf peut-être pour une
petite minorité On peut dire nous sommes ouverts. Vous êtes les bienvenus si vous le souhaitez.
Toutes les clarifications ont été apportées par Éric Zemmour là-dessus. Il a dit que s'il y en a par exemple qui ont de la famille en France,
et
bien à ce moment-là, bien sûr qu'on peut les accueillir dans des villes qui peuvent les accueillir dans des conditions satisfaisantes. Mais il y a bien sûr un devoir de solidarité à l'égard des Ukrainiens qui sont des Européens, qui sont cette guerre qui se passe sur notre continent. Bien sûr que ça ne nous laisse pas indifférents, il y
a
un devoir de solidarité. Mais
vous personnellement ? Parce que c'était ma
question.
Moi personnellement,
je me sens parfaitement en phase avec ce qu
'a
dit Éric Zemmour. Je pense en effet qu'il faut que la solidarité européenne s'exprime. Mais vous savez, pour qu'il soit accueilli dans de bonnes conditions, notamment dans les pays limitrophes, la Pologne, la Hongrie, la Slovaquie ou la Roumanie, il faut à ce moment-là déjà lever les sanctions financières de l'Union Européenne par exemple contre la Pologne qui aujourd'hui est en première ligne. Il y a un lien très fort entre la Pologne et l'Ukraine, tout le monde le
sait. Naturellement,
la Pologne est en première ligne et donc naturellement, il faut aider la Pologne, les Polonais, par des moyens financiers, par des moyens humanitaires, par des moyens logistiques. Donc on leur
donne de l'argent et débrouille avec les... En fait, on
mélange tout. Il s'agit de personnes qui ont vocation à être hébergées, accueillies, temporairement, parce qu'il y
a
la guerre en Ukraine. On espère tous et les premiers que cette guerre durera le moins longtemps possible. Peut-être quelques jours ou quelques
semaines. Vous êtes en train de me dire que ça n'a rien à voir. Deux millions. Oui, bien sûr, mais ça n'a
rien à voir avec ceux qui fuient des situations économiques difficiles depuis l'autre bout du monde et qui arrivent sans aucune raison sur le continent européen.
Vous comprenez bien qu
'il
n
'y
a
aucune symétrie possible entre les situations des déplacés ukrainiens et de ceux qui quittent l'Afghanistan ou qui quittent même des pays en guerre comme la Syrie et qui voudraient venir en France. La situation n'est pas du tout comparable. Donc oui, à la générosité à l'égard des Ukrainiens, bien sûr, mais organisons-la en respectant ce qu'ils sont et ce qu'ils souhaitent. Est-ce qu'il n'y a pas eu au fond une espèce de crainte chez Éric Zemmour ? Parce qu'il aurait pu là trouver une occasion de montrer qu'il savait aussi être généreux.
Mais est-ce qu'au fond il n'a pas craint qu'on lui en fasse le reproche en lui disant vous voyez finalement vous pouvez accepter des réfugiés à condition qu'ils ne soient pas musulmans ? Mais en réalité c'est normal d'accueillir ces réfugiés parce qu'ils participent de la même civilisation que nous. Nous l'assumons et Éric Zemmour l'assume totalement.
Mais pourtant là en l'occurrence encore une fois il ne l'a pas dit comme ça. Il ne l'a pas dit explicitement. Il
a eu l'occasion de clarifier les joueurs qui
ont
suivi de manière très nette. Celui qui fuit l'Afghanistan et la vocation à être accueilli par exemple au Pakistan voisin. Celui qui fuit la Syrie en guerre et la vocation à être accueilli par les états du Golfe qui sont très riches et à qui on ne demande jamais rien d'ailleurs. C'est quand même très étonnant. Et bien sûr celui qui fuit l'Ukraine en guerre et bien naturellement nous devons l'accueillir en Pologne. Et on
doit
organiser
cet accueil dans la meilleure position.
La France et la Pologne mais aussi bien en France ou
en
Allemagne. Encore une fois quel est l'intérêt de les accueillir à 2000 kilomètres ? La Pologne ne pourra pas tous les accueillir. On verra.
Ça dépend combien de temps la guerre dure.
Et s'il y en a qui viennent en France encore une fois parce qu'ils ont la famille en France très bien ça ne
nous donne aucune
difficulté. Et ça n'a évidemment rien à voir avec l'immigration de masse clandestine qui provient principalement du monde arabo-musulman que nous avons subi et que nous ne parvenons plus à absorber et encore moins à assimiler depuis maintenant des décennies. Ce sont des situations qui ne sont pas symétriques qui ne sont pas comparables.
D'accord.
Alors
Eric Zemmour a perdu des points dans les sondages depuis le début de la guerre en Ukraine j'imagine que vous en êtes un peu rendu compte. Ne paye-t-il pas sa complaisance envers Vladimir Poutine
?
Non je ne le crois pas. Je crois simplement qu'il a...
On
est dans une situation aujourd'hui où les sondages donnent un avantage certain depuis quelques jours à Emmanuel Macron ça sera très vite. On se souvient tous que François Hollande au moment des attentats islamistes caracolait dans les sondages il s
'est
effondré dans les mois qui ont suivi à tel point qu'il n
'a
même pas pu être candidat à la présidence de la République. Donc prenons avec beaucoup de prudence
ces mouvements de
sondage. Moi je crois qu
'il
y
a
une lame de fond actuellement dans notre pays et une dynamique en faveur de la candidature d'Eric Zemmour qui se vérifie de manière très diverse. L'affluence dans ses réunions publiques l'audience de ses émissions de télévision et aujourd'hui il
a
une démarche tout à fait singulière c'est ça qui m'a amené à le rejoindre comme d'ailleurs des millions d'électrices et d'électeurs pour certains anciennement du Rassemblement National pour d'autres venant des Républicains ou encore certains qui s'étaient réfugiés dans l'abstention parfois depuis des années parce qu'aujourd'hui il a à la fois une ligne politique claire il place le débat au juste niveau le juste niveau c'est la survie de la France et la survie de notre civilisation. Est
-ce que à votre avis
Marine Le Pen ne faisait pas assez ?
Mais écoutez moi ce que je vois c'est qu'aujourd'hui elle est devenue la candidate du grand renoncement elle renonce même sur le regroupement familial elle renonce sur la fin de la binationalité elle renonce sur la Cour européenne des droits de l'homme qu'elle veut permettre en cause elle renonce sur Schengen auquel elle ne veut plus toucher elle renonce sur la PMA sans père bref pourquoi selon vous ? Pourquoi
cette stratégie ?
Peut-être par confort peut-être par facilité j'en sais rien je ne
veux
pas vous savez je ne cherche pas à câbler Marine Le Pen j'ai travaillé avec elle pendant des années et je n'oublie pas les combats que nous avons menés ensemble je vois simplement qu'aujourd'hui il y
a
une forme d'indifférence à l'égard de sa candidature elle
est quand
même numéro 2 dans les sondages
oui mais encore une fois elle ne
bouge pas de sa place
de chaleur bien
installée il
y
a quelques jours elle n'était pas forcément deuxième dans les sondages peut-être que dans quelques jours elle ne le sera plus vous savez ces sondages il faut les prendre avec beaucoup de pédance quand Éric
Zemmour était très haut
dans les sondages on est resté calme
vous
n'étiez pas à reconquête
vous étiez
avec Marine Le Pen
oui
quand il perd quelques points on est très calme aussi en réalité on voit bien que l'enjeu de cette campagne présidentielle pour aller à l'essentiel c'est encore une fois la survie de la France et je crois que le grand mérite d'Éric Zemmour dans cette campagne c'est d'avoir défini le grand enjeu le grand remplacement qui menace la France aujourd'hui et je crois qu'il
y a
une majorité de français qui est d'accord avec lui et le grand déclassement qui en est d'ailleurs largement une des conséquences pour nos compatriotes Nicolas l'Union Européenne a lancé en urgence le processus d'adhésion de l'Ukraine et de la Moldavie une initiative qu'Éric Zemmour a qualifiée d'acte de guerre vis-à-vis de la Russie le propos est très fort est-ce que ça veut dire qu'il faudrait laisser Vladimir Poutine envahir l'Ukraine sans condamner sans sanctionner et sans soutenir l'Ukraine
non
pas du tout nous avons dit très clairement dès le début Éric Zemmour l'a dit avec force la violation de l'intégrité territoriale ukrainienne est évidemment condamnable et c'est une atteinte gravissime au droit international qui a été menée par Vladimir Poutine maintenant quel est notre objectif ?
notre objectif c'est la paix donc restaurer par le bras de fer diplomatique la paix c'est ça l'objectif est-ce que vous croyez vraiment sérieusement que ce genre de gesticulation qui consiste à dire ah ben on va faire entrer l'Ukraine dans l'Union Européenne pourrait avoir la moindre efficacité justement pour aller sur le chemin de la paix alors que tout le monde sait que le processus d'adhésion d'un pays à l'Union Européenne c'est au minimum 8 ou 10 ans voilà donc évidemment ça relève de la communication un peu grossière de la gesticulation parfaitement inutile et même un peu dangereuse c
'est
une marque de soutien aussi
un symbole précisément on peut manifester
son soutien à l'Ukraine au peuple ukrainien sans tomber dans ce genre d'opération de communication parfaitement superflu et qui à mon avis contribue au contraire à la cristallisation des tensions plutôt qu'à l'apaisement vous savez aujourd'hui ce qu'on paye au prix fort c'est que la France a été incapable et beaucoup de nations européennes d'ailleurs depuis maintenant longtemps incapable de faire entendre une voix singulière alignée sur les intérêts et sur les positions américaines une Union Européenne qui est un nain géopolitique et qui est également alignée sur Washington 8 ans 8 ans que nous avons mis en oeuvre des sanctions contre la Russie
dont
nous avons souffert d'ailleurs parce que par ricochet la Russie a mis un certain nombre d'embargos notamment sur nos produits agricoles ça nous a pénalisé et le résultat de cette politique d'espèce de tension permanente et de guerre froide à l'égard de la Russie et bien ça aboutit aujourd'hui à la guerre en Ukraine on aurait été capable de faire entendre une voix européenne et une voix française peut-être plus encore vous
auriez pu empêcher la
guerre ? oui je pense
que
si la
France ne s'était pas enfermée dans une tension permanente avec la Russie et qu'elle aurait sans doute été mieux à même de faire respecter les accords de Minsk 2 à la fois par l'Ukraine et par la Russie parce qu'il faut dire qu'aucune des deux parties n'a respecté les accords et peut-être qu'on n'en serait pas là aujourd'hui il est évident qu'être aligné en permanence sur les positions américaines et agité en permanence aussi il faut bien le dire la perspective de l'adhésion ou de l'extension sans fin de l'OTAN et bien ça a contribué à la guerre alors je ne
dis pas ça pour minimiser la gravité de ce qu'elle fait mais si Eric Zemmour arrivait au pouvoir
dans un mois qu'est-ce qu'il ferait immédiatement lui pour tenter de sortir de cette crise et d'abord est-ce qu'il aurait les ressorts diplomatiques pour conduire des discussions en réalité la position de la France sur la scène internationale
est
considérablement dégradée et vous avez raison
oui mais ce que je vous demande c'est si
elle serait augmentée
avec
Eric Zemmour oui mais évidemment ça prendra du temps donc évidemment la situation que nous connaissons aujourd'hui elle est complexe et personne n
'a
une solution magique mais je crois que donner des garanties à la Russie et à l'Ukraine d'une France qui est capable à la fois d'avoir un poids géopolitique et donc une défense nationale et des capacités de projection militaire à la hauteur de ce statut là et capable de ne pas apparaître comme aligné sur les positions américaines ce serait sans doute l'un des éléments qui pourraient permettre la désescalade et c'est ça l'objectif et je pense que Eric Zemmour par la position qu'il a prise de longue date refusant justement cette espèce de tutelle américaine sur les pays européens et bien il serait sans doute capable de faire entendre cette voix mais c'est évidemment compliqué et celui qui dirait aujourd'hui qu'il a la solution miracle évidemment apparaîtrait au mieux comme un farfelu mais en tout cas il
y a
une certitude c'est que Emmanuel Macron et il faut bien le dire François Hollande avant lui et bien on contribue à tellement dégrader la position française sur la scène internationale et l'Union européenne étant absolument incapable de peser de quelque manière que ce soit sur le plan géopolitique et bien on
aboutit il y a eu quand même toutes ces
sanctions qui ont été
oui
c'est ce que je vous disais tout à l'heure
en pure inefficacité en pure inefficacité non seulement ça a renforcé quand on regarde bien les sanctions elles ont été elles ont commencé en 2014 ça
fait 8
ans elles ont permis à la Russie de renforcer ses positions économiques parce qu'elle a été obligée de faire sans
un certain nombre l'économie de la
Russie n'est pas brillante d
'accord mais elle a plutôt renforcé ses positions notamment en matière agricole ça a pénalisé au premier chef l'agriculture européenne donc c'était une des conséquences de ces sanctions et le résultat global des sanctions 8 ans après et bien c'est la guerre entre la Russie et l'Ukraine donc le moins qu
'on
puisse dire c'est que ceux qui ont été les initiateurs les architectes de cette politique et bien portent une immense responsabilité voilà ils se sont alignés sur les Etats-Unis pendant ce temps-là les Etats-Unis continuent à développer leur commerce avec la Russie d'ailleurs c'est le paradis c'est-à
-dire
qu'on était plus américains que les américains puisque vous parlez des conséquences des sanctions passées sur les économies européennes celles qui sont prises là maintenant depuis deux semaines quel impact vont-elles avoir selon vous sur l'économie française et européenne
d
'abord c'est très difficile de dire d'abord les sanctions qui sont prononcées le principe qui est des sanctions économiques
bien
sûr parce que ça contribue sans doute au bras de fer diplomatique mais
il
ne faudrait pas que les sanctions qu'on prenne
et
bien aboutissent à nous fragiliser encore plus que les russes premier élément et on le voit d'ailleurs sur la question de la dépendance au gaz
la
France est dépendante à hauteur de 17% du gaz russe mais l'Allemagne voisine est dépendante à plus de 50% et donc on voit bien que ces sanctions on risque d'en payer le prix fort donc elles ne sont pas forcément opportunes et elles ne sont pas toujours de nature à créer la désescalade quand on voit
le
ministre de l'économie et des finances Benoît Le Maire
qui
annonce qu'il fait la guerre économique
il
est
revenu après sur son propos il est revenu mais il l'a dit c'est vrai
vous vous rendez compte de la légèreté
on
est dans une situation d'extrême tension de conflit aux portes de l'Europe et on a le ministre de l'économie qui utilise le mot de guerre qui annonce qu'il fait la guerre à la Russie qui est une puissance nucléaire voilà ça c'est de l'inconséquence extrêmement grave extrêmement lourde encore une fois le seul moyen d'arriver à la paix ou de contribuer en tout cas à la paix c'est d'être capable de faire entendre une voix singulière non alignée sur les américains et la voix d'une France puissante ce qui n'est pas le cas aujourd'hui avec Emmanuel Macron
alors il y aura des répercussions ça c'est clair en France sur ces sanctions que doit faire le président de la république pour éviter la flambée des prix de l'énergie feriez quoi vous d
'abord il ne faut évidemment pas suivre les américains qui aujourd'hui veulent faire un embargo par exemple sur le gaz russe première chose et ensuite évidemment que la flambée des matières premières
pas
seulement des hydrocarbures et du gaz et bien va avoir une conséquence très concrète et très immédiate et a déjà d'ailleurs une conséquence immédiate sur le pouvoir d'achat des français donc il faut prendre des mesures d'urgence lesquelles ? alors ceux qui nous disent d'abord on ne peut pas prendre des mesures d'urgence on a vu avec la crise sanitaire qu'on était capable de passer notre endettement public de 2200 à 2700 milliards donc on peut parfaitement prendre des mesures d'urgence quitte à ce qu'elle coûte un petit peu cher pour éviter que ce soit les français qui soient totalement étranglés ce que propose Éric Zemmour c'est de bloquer les prix de l'essence à la pompe
à
la situation d'avant crise ukrainienne c'est à dire en dessous d'un euro 80 voilà c'est déjà très élevé c'est déjà très difficilement supportable pour les français il ne faut pas aller au-delà je vous rappelle que le prix à la pompe c'est 60% de taxes la TICPE et la TVA sur la TICPE et par conséquent c'est un levier direct de l'Etat qui permet évidemment d'avoir un impact immédiat à la baisse donc plus de taxes dans la poche de l'Etat beaucoup moins de taxes aujourd'hui l'essence à la pompe enfin le gazoil et l'essence à la pompe sont très lourdement taxés vous savez qu'autrefois il existait un système de TIPPE flottante c'est à dire que
la taxe avait pour
objectif d'absorber les fluctuations du baril aujourd'hui on a une taxe qui amplifie la hausse du baril
c
'est ce qu'avait fait Lionel Jospin mais attendez j'ai juste une question sur Total est-ce que puisque Yannick Jadot qui était là avant vous dit il faut qu'Emmanuel Macron fasse pression sur le groupe Total pour qu'il quitte la Russie vous dites quoi
?
je pense que c'est parfaitement stérile de faire ça on va affaiblir les positions françaises ça ne m'étonne pas de Yannick Jadot qui fait la guerre à tous nos acteurs économiques, industriels et énergétiques de manière totalement inconsidérée il fait la guerre au nucléaire alors que c'est l'énergie la plus propre et la plus décarbonée et de la même manière il voudrait faire la guerre à Total la position de Total dans le monde y compris en Russie c'est une des forces de la France aujourd'hui bien sûr compte tenu des gisements à la fois de pétrole et de gaz en Russie et donc bien sûr que dans cette situation de guerre on peut temporairement mettre en oeuvre un certain nombre de mesures y compris des sanctions mais il faut aussi penser à l'après si on a l'espoir de s'acheminer vers la paix et bien il ne faudrait pas qu'on ait perdu des positions économiques absolument majeures pour la France pendant la période de guerre
à
fortiori si elle ne dure que quelque chose Nicolas rapidement parce qu'après on va tester votre esprit de synthèse mais rapidement aujourd'hui Eric Zemmour est en baisse dans les sondages autour de 12-13% le week-end dernier il a très fièrement affiché le ralliement de Marion Maréchal vous croyez que ça peut doper ça les intentions de oui bien sûr moi je crois qu'Eric Zemmour a montré
une capacité à rassembler vous
savez le rassemblement tout le monde en parle et il y en a peu qui sont capables de le faire
il
y en
a
peu qui sont même capables de rassembler leur propre camp Eric Zemmour il a une démarche très originale il n'est pas lui un professionnel de la politique il crée une nouvelle force politique et il fait sauter cette espèce de digue artificielle qui avait été construite par François Mitterrand entre des électorats de droite patriote sincère qui n'avaient aucune raison d'être séparés et il le réussit de manière concrète des électrices et des électeurs qui viennent des différents camps et ça se traduit aussi par des personnalités comme Marion Maréchal qui a rejoint Eric Zemmour ce week-end ça montre une vraie force parce qu'il est aujourd'hui le seul candidat qui justement engrange des ralliements en nombre parce qu'il y a aujourd'hui une vraie dynamique sur sa campagne et les sondages passagers n'y changeront rien
on passe aux aphorismes de Frédéric
je
le disais donc Nicolas Veil il
s
'agit de tester votre esprit de synthèse votre capacité
qui
a ramassé votre pensée c'est ce qu'on appelle un aphorisme et je vais vous demander d'en imaginer quelques-uns ici même en direct je vous en cite deux le premier nos jeunes aiment le luxe ont de mauvaises manières se moquent de l'autorité et n'ont aucun respect pour l'âge à notre époque les enfants sont des tyrans c'est très surprenant mais c'est Socrate qui avait dit ça et puis il n
'y
a point de bonheur sans courage ni de vertu sans combat Jean-Jacques Rousseau premier mot évidemment comme il y a quelques instants avec Yannick Jadot la guerre la guerre c'est la situation ultime créée par nos propres faiblesses
très
souvent c'est parce qu'on n'a pas été capable civis pachem par abellum si tu veux la paix prépare la guerre parce qu'on n
'a
pas été capable d'avoir une voie singulière d'avoir une voie diplomatique d'avoir une force
militaire et
d
'apparaître comme
autonome et bien on arrive à une situation de conflit
là
c'est plus un exposé qu'un aphorisme alors essayez de faire plus court sur la diplomatie
et
bien la diplomatie c'est la confluence entre
le
rapport de force
et
le dialogue
la
trahison vous savez la trahison c'est quelque chose qui est brandi un peu comme un argument lorsque pour masquer ses propres faiblesses je vois bien à quoi vous faites allusion je
vais répondre
en une phrase pour moi il y a une vraie fidélité en politique c'est la fidélité à ses convictions à ses idées ensuite à ses électeurs et après à son parti sinon si on fait passer la fidélité à une boutique
d'abord et bien on est
déboutiqués la générosité
je
crois que c'est la c'est la vertu cardinale en politique la politique c'est la défense du bien commun la défense de l'intérêt général donc c'est la première des générosités la première des charités c'est la politique mais évidemment au sens noble un dernier la nuance
je
crois qu'elle est indispensable c'est la nuance la tempérance c'est ce qui donne de la force et de la crédibilité à une position politique alors ce qui est excessif est insignifiant
et
est-ce que Eric Zemmour a cela ?
oui je crois je crois qu'il incarne ça à la fois la
force la solidité merci et en même temps la nuance merci Nicolas Bay merci Nicolas
Bay merci
beaucoup merci à vous
merci à vous merci à vous merci à vous
Yannick Jadot