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interviewEurope 1 (sur YouTube)· 18 novembre 2025 8 min

Budget 2026 : «Les maires sont entravés par l'Etat qui multiplie les décisions sans concertation

Transcription youtube_captions. À recouper avec la source d'origine.

Il est 5h41 [musique] et votre invité ce matin Jacques et André Leniel, maire dit soudin et premier vice-président de l'AMF en l'association des maires de France. Bonjour André Leniel. Bonjour.

Merci beaucoup d'avoir accepté notre invitation ce matin sur sur Europe. Ce matin s'ouvre le 107e congrès des mers, porte de Versailles à Paris. Alors, 12000 élus locaux sont attendus, donc plusieurs milliers de ma euh quel est l'état d'esprit des des maires ce matin lorsqu'ils vont arriver à Paris ?

L'état d'esprit va être combatif. Il va être combatif parce que malheureusement euh les communes ont des difficultés. Euh, les maires euh sont en première ligne mais non plus les moyens de répondre aux attentes de nos concitoyens.

L'État est aux abonnés absents sur l'essentiel des dossiers. Euh on nous pressure, on nous pressure juridiquement avec des normes qui s'accumulent, on ne pressure financièrement avec une véritable purge qui qui est de plus de 7 milliards 600 millions sur les collectivités territoriales. Donc il y a à la fois de l'anxiété, de la colère et et parfois aussi de la tristesse parce que nous voudrions pouvoir faire plus et mieux pour notre pays, pour chacune de nos communes et que nous sommes empêchés.

C'est d'ailleurs pour ça que nous avons choisi comme titre de notre congrès un seul mot et qui est essentiel, liberté. Liberté pourité à vos yeux, il faut libérer les maires aujourd'hui. Tout à fait.

Ils sont entravés. sont entravés par l'État qui multiplie, j'allais dire les décisions sans concertation et souvent sans réflexion, ce qui conduit à des injonctions contradictoires. Il faut libérer notre capacité d'action et pour cela, il faut nous laisser les moyens de de répondre aux attentes de chaque habitant, de chacune de nos communes.

Nous sommes pour les citoyens le premier recours mais aussi parfois le dernier espoir. Il faut qu'on puisse répondre. Autant d'élus qui dénonce et vous et vous le dites une lourdeur administrative étouffante.

Certains qui parlent même de schématographie. Schématocratie vous le vivez au quotidien ? Oui, bien sûr.

Chaque fois qu'on a un projet euh il faut passer devant deux trois ou quatre directions euh départementales, régionales, euh éventuellement même devant des euh instances nationales. Euh en en moyenne un projet euh qui a une un peu de consistance, je sais pas, une crèche, une nouvelle école, un stade, faut faut 4 ans. Ce discours là, on a l'impression de de l'entendre quasiment chaque année.

Vous voulez dire que ce constat est fait depuis des années et qu'il s'empire encore. il s'aggrave, il s'aggrave d'année en année. Il y avait eu, j'allais dire dans les années 82 83 la décentralisation.

Il y avait eu un moment de respiration, un moment de libération pour l'ensemble des territoires. Et maintenant, depuis une dizaine d'années, c'est un recul fondamental. La France est en train d'étouffer de sa recentralisation.

C'est pas un problème entre élus, c'est pas un problème entre les élus locaux et l'État. C'est un problème pour les citoyens. les citoyens qui attendent qu'on soit capable d'être réactif et les seuls qui sont dans cette situation aujourd'hui, ce sont les communes.

On l'a vu ces six dernières années, nous avons été en permanence dans des situations de crise et les seuls qui ont tenu, ce sont les communes, leurs mères. Alors André Leniel, nous sommes à 4 mois des des élections municipales. Beaucoup de ces maires qui qui seront à ce congrès euh vont repartir en campagne et en même temps, il y a cette possibilité d'une dissolution.

Comment que vous abordez tout cela ? Est-ce que ce congrès des mes finalement bah va se dérouler dans ce contexte politique extrêmement incertain ? Je l'ai jamais vu.

Nous sommes dans une totale instabilité de l'État. Le seul lieu de stabilité, c'est la commune, son maire, ses équipes. Et c'est vrai que nous ignorons ce qui va advenir du budget qu'on évoquait et qui serait insupportable s'il restait en l'État.

Moi je le dis mais là à titre personnel si le budget restait en l'état pour 2026 en ce qui concerne les collectivités territoriales compte tenu de la gravité de la saignée à laquelle nous serions soumis, je considère que ce budget devrait entraîner la censure. C'est clair. Oui, on parle d'un d'un budget qui empute de 7,5 milliards 5 7,6 pour être précis.

Euh c'est le compte que j'ai fait en tant que président du comité des finances locales. Euh j'ai proposé moi un débat avec les ministres s'il conteste mes chiffres mais j'ai pas pour l'instant eu de réponse. Oui.

Alors justement le Premier ministre Sébastien Lecornu va venir à votre rencontre, il va délivrer un discours. Quel message est-ce que vous attendez ? Je crains de ne jamais entendre le message que je peux attendre.

Malheureusement, il va être très aimable. L'homme est intelligent, aimable. il va être très aimable.

Il va il va expliquer que nous sommes des gens formidables. Euh j'ai aucun doute sur la tonalité de son discours. Ce dont je doute, c'est de la réalité des actions.

Il est hors d'état. Il nous annonce de la décentralisation. Mais attendez, dans le même moment, on nous étouffe.

C'est le supplice du garau. On nous supprime nos moyens d'action et il vient nous dire que vous inquiétez pas, il va y avoir une décentralisation. Mais très franchement, personne n'y croit.

On est poli, on l'écoute mais c'est hors sol. Et quant aux finances, nous attendons évidemment s'il nous dit c'est un milliard de moins, bah on serait déjà bien content. Mais c'est totalement insuffisant par rapport à la réalité de euh ce que doivent faire les maires sur le terrain avec leurs équipes.

Et quand on tard de 7,6 milliards, vous comprendrez que même si c'est un milliard de moins, c'est absolument pas la hauteur. Ce que nous demandons, c'est au minimum la stabilité de nos finances pour 2026 pour pouvoir faire ce qui est attendu de nous et répondre à toutes les crises car malheureusement elles ne sont pas terminées et c'est pas ce qui est en train de se passer au niveau national qui peut rassurer nos concitoyens. Mais malgré ce constat que vous faites André Leniel, 6 ma sur 10 envisagent aujourd'hui de se représenter selon selon une enquête de la MF Svipov.

Est-ce que vous voyez un paradoxe sur le fait qu'une majorité de mèes aujourd'hui souhaite repartir au combat, poursuivre leur mandat locaux ? Ils savent que c'est difficile mais il ne se voit pas abandonner le navire. Dans la tempête, un marin, il abandonne pas, il se met au gouvernail.

Et les ma ils ont ce tempérament de marin, ils ont cette volonté de ne pas baisser les bras, de continuer à se battre. Ils savent que c'est difficile. Ils savent qu'on aura du mal à comprendre et à convaincre.

Mais on va le faire. Et d'ailleurs, la résolution finale qui sera portée, je l'espère, à l'unanimité par le Congrès des maires de France jeudi après-midi, elle aura cette tonalité, cette tonalité volontariste. Nous n'ignorons rien des difficultés puisque nous les subissons mais nous ne baissons pas la tête.

Nous sommes la tête fière, la volonté en action. Et j'allais dire un mot qu'on prononce rarement dans les débats politiques. Vous savez les maires c'est d'abord un amour qui les porte.

L'amour de leur commune, de leur ville, de leurs concitoyens. Le ressort, c'est l'amour. Et l'amour, il est immense entre les maires et les citoyens.

Il reste les seuls à être encore largement considérés comme des responsables, comme des recours et comme ayant des visions d'avenir. André Leniel, Mirepouin, premier vice-président délégué de l'association des maires de France. Merci beaucoup, monsieur Lenel, d'avoir accepté notre invitation ce matin sur Europin.