Aller au contenu
Tous les transcripts
InterviewRTBF Info· 9 mars 2026 20 minContradictoireActualité / polémiqueDéfenseEurope & internationalInstitutions & électionsSécurité

Dominique de Villepin, probable candidat à la présidentielle de 2027- RTBF Info

Transcription youtube_captions. À recouper avec la source d'origine.

Analyse automatique

Générée par IA — peut contenir des erreurs. Méthodologie

Chapitres

Répartition du ton (temps de parole politique)

Propositif 40 %Attaque 50 %Défensif 10 %

Questions et réponses

Taux de réponse directe : 96 % (directe = 1, partielle = 0,5, éludée = 0)

  • 0:00OuverteRéponse directe

    Bonjour Dominique de Villepin. Vous vous opposez à cette guerre ? Pourquoi ?

  • 0:44RelanceRéponse partielle

    Cette guerre a mis fin à une dictature ? Comment comprendre ce paradoxe ?

  • 2:11OuverteRéponse directe

    Dominique de Villepin en 2003, vous avez marqué l'histoire avec un discours aux Nations-Unies. Une guerre qui a finalement eu lieu. 23 ans plus tard, l'histoire se répète.

  • 3:39OuverteRéponse directe

    Comment arrête-t-on une guerre de ce type ?

  • 5:04OuverteRéponse directe

    Le peuple iranien peut-il être une variable d'ajustement ?

  • 6:32OuverteRéponse directe

    Que peut encore l'Europe ? Est-ce qu'elle a un mot encore dans ce jeu de désordre international ?

Affirmations vérifiables (citations exactes)

  • 0:00Dominique de VillepinFait
    « Cette guerre est illégale mais cela ne suffit pas aujourd'hui à justifier une opposition. »
  • 5:04Dominique de VillepinFait
    « On ajoute des problèmes sans apporter des solutions et c'est en ça que le fantasme de la force, l'idée que par la puissance on peut tout et bien je l'ai dénoncé dès 2002, c'est une vanité. »
  • 7:49Dominique de VillepinFait
    « En 2003, nous avions dit aux Américains qu'ils se trompaient de chemin et qu'ils allaient le payer extrêmement cher et le monde avec eux. »
  • 9:10Dominique de VillepinFait
    « Pour un américain, les choses sont très simples. Il y a trois questions qu'il se posent avant toute intervention militaire. La première, c'est pourquoi ? Quel est l'objectif ? La deuxième c'est combien ça coûte et la troisième c'est combien de temps ça va durer. »
  • 10:34Dominique de VillepinFait
    « Quand on frappe un immeuble à Dubaï, vous pensez bien que le tourisme, il mettra quelques années à revenir. »

Temps de parole

  • ?100 %

≈ 0 interruption / 10 min (chevauchements et interjections détectés).

Modèle mistral-small-latest · prompt v1 · les citations sont vérifiées mot pour mot dans le transcript ; le taux de réponse directe est calculé à partir des verdicts question par question. Aucun label idéologique n'est produit.

Les intervenants ne sont pas encore identifiés sur ce transcript — l'identification des locuteurs est en cours de traitement et apparaîtra prochainement.

0:00

Bonjour Dominique de Villepin. Bonjour. Vous vous opposez à cette guerre ? Pourquoi ? D'abord parce que cette guerre est illégale mais cela ne suffit pas aujourd'hui à justifier une opposition. Je crains que cette guerre ne fasse pas l'objet d'une réflexion suffisante. D'abord, elle est menée très unilatéralement par les États-Unis et par Israël. Les Européens n'ont même pas été consultés. C'est dire que nous ne sommes pas dans le cadre d'une action collective. Et puis nous le voyons bien, jour après jour, les risques n'ont pas été pris en compte. Comme toujours, l'Amérique pensait pouvoir en quelques heures régler le problème. Et là, la guerre se prolonge, elle s'étend. Plus d'une dizaine de pays sont aujourd'hui

0:44

concernés dans le golf avec des risques stratégiques, des risques économiques, financier et bien sûr au premier chef des risques pour la population iranienne qui doit être au cœur de nos préoccupations. Cette guerre qui a mis fin à une dictature et pourtant vous dites que c'est un piège pour les démocraties. Comment comprendre ce paradoxe parce que d'abord elle n'a pas mis fin à une dictature. Ce n'est pas la mort euh de Layatola Hamenei qui met fin à la dictature du régime islamique. Le régime reste en place. le régime, le soubassement du régime. D'abord, c'est toujours le clerger qui est en position, mais c'est aussi tous ceux qui soutiennent ce régime à commencé par les gardiens de la révolution, les basiji

1:27

qui gardent le contrôle du pays. Et c'est bien cette difficulté à mettre en œuvre un changement de régime à partir du ciel qui est en cause. Cela n'a jamais marché dans l'histoire. On peut toujours chercher à défier les règles de l'histoire, mais le réel, il a la vie dure et le réel s'acogne. Et c'est ce réel qui se rappelle à nous. Aujourd'hui, Donald Trump, on est même à envisager de mettre des troupes au sol. Donc tout reste à faire. Et pendant ce temps, la guerre s'étend. La guerre apporte son lot de conséquences dramatiques. Et on voit aujourd'hui que d'autres populations souffrent. La situation du Liban est extraordinairement difficile avec euh une partie de la population qui

2:11

aujourd'hui est soumise au chaos, soumise au feu, soumise au bombardement. Donc c'est véritable véritablement une disruption pour l'ensemble de la région. Dominique de Vulpin en 2003, vous avez marqué l'histoire avec un discours aux Nations-Unies pour vous opposer à la guerre en Irak. Une guerre qui a finalement eu lieu. 23 ans plus tard, l'histoire se répète. Oui. Ce qui montre que les États ne tirent pas toujours les leçons. Il y a 23 ans, la décision avait été prise par l'administration américaine de George W. Bouche, mais elle avait été prise sans la légitimité des Nations-Unies. Nous avions réussi à empêcher le vote d'une résolution et le fait qu'il existe au sein de l'Occident des pays s'opposant à la guerre avait

2:54

constitué un élément d'équilibre pour l'après-gerre en direction du Sud global et en direction même si la guerre avait eu lieu, vous avez l'impression que vous aviez envoyé le signal à l'époque. Mais bien sûr, mais alors maintenant c'est un signal très important qui avait été envoyé à l'époque du refus d'un poids de mesure. Vous voyez le vrai poison en matière de relation internationale c'est le depoid de mesure. Regardez à quel point la légitimité de l'opération que nous menions en Ukraine en soutien au régime ukrainien a été terni par l'incapacité à faire respecter la même règle de respect du droit international à Gaza. Et aujourd'hui, le fait de ne pas être capable de nommer cette illégalité en Iran nous discrédite aussi vis-à-vis d'un grand nombre de pays du monde et

3:39

surtout ne nous permet pas efficacement de faire entendre notre voix et d'agir. Le résultat, c'est que c'est la loi de la force qui s'impose partout sous l'égide américaine sans qu'il y ait d'issu. Aujourd'hui, nous sommes dans la perspective d'une guerre sans fin. Comment arrête-t-on une guerre de ce type ? euh si euh le régime résiste, si le terrorisme ressurgit des décombres, si la prolifération est la première leçon que les États de la région vont tirer de cette guerre, car en effet, ils ont tous compris que la seule véritable protection, c'était d'avoir en sa possession l'arme nucléaire. Face à cette loi du plus fort, que pèse encore le droit international ? Vous

4:23

êtes vous en êtes un grand défenseur mais quand vous voyez ce qui se passe, la dynamique y compris en France, en Europe, le droit international se fissure et n'est même plus défendu par les leaders démocrates européens. Et c'est et c'est un grand malheur pour nous tous car nous pérons tous le prix à commencer par les populations civiles. Vous savez, on peut sortir de la route mais il y a pas beaucoup de perspective quand on fait une sortie de route tôt ou tard il faut revenir dans le droit chemin parce que c'est protecteur pour tous. Le droit international n'est pas respecté comme euh l'ordre n'est peut ne pas être respecté à l'intérieur de nos états. Il n'eque pas moins est-ce qu'on n'est pas basculé dans un autre ordre justement l'ordre des empires qui bfou

5:04

complètement ce droit et et quel est le sens de ce nouvel ordre si ce nouvel ordre ne permet pas de constituer un nouvel ordre justement et si ce nouvel ordre est un désordre et si ce nouvel ordre desserre l'intérêt des peuples, nous verrons les conséquences pour le peuple iranien. Mais est-ce que le peuple iranien peut-être une variable d'ajustement aujourd'hui, il est placé dans la situation terrible d'avoir à la fois la dictature, elle est toujours là. Et la mort de l'imam Hameney, de l'ayatene n'a rien changé. Et en plus, il y a la guerre et le risque c'est qu'il y ait non seulement la dictature et la guerre, mais aussi peut-être un jour la guerre civile ou une désagrégation du pays lui-même. Donc vous voyez bien que on ajoute des problèmes sans apporter des solutions et

5:48

c'est en ça que le fantasme de la force, l'idée que par la puissance on peut tout et bien je l'ai dénoncé dès 2002, c'est une vanité. Il y a une impuissance de la puissance quand il n'y a pas d'objectif politique, quand il n'y a pas une action collective qui est menée. Et c'est en ça que l'Amérique est une source de déstabilisation aujourd'hui pour le monde. Et c'est en cela que les Européens, plutôt que de dire le droit international est à remiser et aujourd'hui il ne vaut plus devrait s'accrocher à ce qui constitue l'héritage historique de notre civilisation. Nous avons appris qu'il n'y a pas de vie collective commune en dehors de la règle de droit et donc sauf à décider que demain on pourra se tirer

6:32

dessus librement à Bruxelles, à Paris et partout dans le monde. Je ne crois pas que ce soit un avenir souhaitable pour nos sociétés. Et bien c'est l'avenir aujourd'hui que nous promet Donald Trump. Vous êtes ici à Bruxelles, capitale européenne, Domic de Vulpin. Que peut encore l'Europe ? Est-ce qu'elle a un mot encore dans ce jeu de désordre international ? La première chose, c'est qu'elle peut se reprendre en main. elle peut se réveiller. Euh ça a fait maintenant de longs mois qu'on ne cesse de répéter euh de façon parfaitement angélique euh que l'Europe se réveille. C'est une berceuse. Vous n'y croyez pas ? Je n'y crois pas du tout. Où est la Commission européenne ? Alors, regardons, regardons, regardons quelques instants la situation. Euh nous l'avons vu sur les tarifs doués. Est-ce

7:12

que nous avons mené la bataille sur les tarifs doués ? Regardons sur les questions numériques. Est-ce que nous avons mené la bataille sur les questions numériques ? Regardons sur les sanctions qui ont frappé l'ancien vice-président Thierry Breton et un certain nombre d'autres européens et y compris des juges à la Cour pénale internationale. Est-ce qu'il y a une réaction de l'Union européenne ? Aucune. Mais en a encore les leviers en fait même s'il y avait la volonté, est-ce qu'il y a une capacité à agir ? Mais nous avons la capacité, ne serait-ce que de nommer ce qui se passe et de dire à quel point c'est insupportable. Non seulement il y a une soumission de l'Union européenne, mais en plus il y a une impuissance. que pour commencer à agir, il faut fixer le

7:49

chemin. Le chemin, c'est la capacité, en ce qui concerne l'Europe, à agir de façon unie et en marquant la vision que nous avons de l'ordre international. Prévenir aujourd'hui les Américains comme nous l'avons fait en 2003. En 2003, nous avions dit aux Américains qu'ils se trompaient de chemin et qu'ils allaient le payer extrêmement cher et le monde avec eux. Parce que ne l'oublions pas, l'Amérique décide de notre destin en ce moment et du destin de la région. Mais c'est nous qui payons l'adition. C'est nous qui allons payer pour l'immigration qui va débouler sur l'Europe. C'est nous qui allons payer sur le terrorisme qui va se multiplier en Europe. C'est nous qui allons payer à la pompe le prix de l'essence quand l'Amérique elle est totalement fournie.

8:31

Du point de vue du gaz. Ça c'est grandir la menace ou vous y croyez que forcément ça va durer ce conflit et forcément l'impact sera là et on l'anticipe pas. Mais mais comment est-ce qu'un conflit ne dure pas quand ceux qui mènent ce conflit n'ont pas pour but de le régler ? n'ont pas d'objectif politique. On a entendu Donald Trump. D'abord c'était parce qu'il y avait un risque nucléaire. Ensuite, c'est parce qu'il y avait un risque concernant les missiles. Il y a en permanence un changement de pied. Les Américains eux-mêmes ne comprennent pas ce que veut son administration. Vous savez, pour un américain, les choses sont très simples. Il y a trois questions qu'il se posent avant toute intervention militaire. La première, c'est pourquoi ? Quel est l'objectif ?

9:10

La deuxième c'est combien ça coûte et la troisième c'est combien de temps ça va durer. Donald Trump n'a de réponse à aucune de ces questions. Donc et bien on peut au doigt mouillés espérer que les choses iront mieux. Mais nous n'avons aucune garantie. Quand on est chef d'état, on ne joue pas avec son peuple et on ne joue pas avec les peuples des autres. Vous parlez beaucoup de Donald Trump et du président américain. Parlons de la France, puissance nucléaire, membre du Conseil national de sécurité. Quelle est selon vous la position de la France ? Est-ce qu'elle condamne cette intervention ? Est-ce qu'elle fait partie du soutien ? Alors, Emmanuel Macron a déclaré qu'il s'agissait d'une guerre qui ne correspondait pas aux règles du droit international, mais en même temps, se dit prêt à

9:50

comme vous le dites. Et en même temps, et c'est là où je regrette pour ma part que tous les pays européens n'ont n'est pas une position ferme et claire, marquant clairement que cette guerre se fait en dehors de notre volonté et que cette guerre ne peut apporter rien de bon perspective. et incité par une coalition des pays volontaires, pays pacifiques avec les pays de la région, à la fois apporter la meilleure protection possible aux populations civiles. En même temps, ouvrir les yeux euh de Donald Trump et de Benjamin Itanhiaou sur les conséquences régionales. Nous voyons bien aujourd'hui que tous les États du golf sont concernés. Aujourd'hui, le modèle financier économique de cette région, il est mis à

10:34

bas. Quand on frappe un immeuble à Dubaï, vous pensez bien que le tourisme, il mettra quelques années à revenir. Quand on frappe les infrastructures énergétiques, ça a des conséquences dans le golf. Quand on a le D3 d'Ormus qui est fermé, ça a des conséquences également. On passe par une coalition alternative aux États-Unis de pays par passe par la nécessité de montrer au monde qu'il y a une alternative à cette stratégie de la puissance qui ne mène à rien. Israël et on peut comprendre Benjamin Netaniaou il mène une politique de sécurité à tout prix mais la politique de sécurité à tout prix menée par Benjamin Etou on le voit au sud de Liban, on le voit en sud de Syrie, on le voit en Iran aujourd'hui. est une politique qui conduit à des guerres sans fin parce que les peuples résistent et

11:17

qu'il y aura toujours des mouvements qui n'accepteront pas l'ordre nouveau suspendu à la toute puissance du régime israélien. De la même façon, les États-Unis veulent dominer le monde par la puissance, mais le monde n'est pas prêt à accepter n'importe quoi. Nous n'avons pas été prêts à accepter la vassalisation de l'Europe au Groenland. Nous avons réagi. Pourquoi est-ce que le monde accepterait ? Pourquoi est-ce que l'Amérique latine accepterait que l'on puisse déposer l'un de ses dirigeants au gré des humeurs de monsieur Trump ? Le monde a besoin de rationalité et là nous avons franchi une ligne rouge qui aujourd'hui pose la question de la rationalité américaine. Quand on entend le secrétaire à la guerre, monsieur Peter Exet, dire qu'ils ne sont pas

12:00

tenus par les règles de la guerre, ça veut dire qu'ils méprisent le droit humanitaire international. Ce sont les populations qui en péront le prix. Tout ceci est inacceptable et l'Europe doit être fidèle à ses valeurs, fidèle à ses engagement, ne serait-ce que pour que les États-Unis, au terme de tout ça, ouvre les yeux sur les conséquences tragiques du monde qui sont en train de construire ou plutôt de détruire. car croyez-moi, la facture de ce qui se passe aujourd'hui sera lourde sur le plan historique, sur le plan politique, sur le plan économique. C'est une véritable tragédie qui se déroule sous nos yeux. Quand dans certaines rues terran, on voit des slogans pour remercier Donald Trump, que certaines voient de la diaspora notamment ici à Bruxelles

12:45

remercient aussi le président américain. Qu'est-ce que vous leur dites ? Alors mais je comprends parfaitement la situation tragique dans lequelle ils sont. Il voi à la fois des bombes tomberes sur l'Iran et en même temps ils ont subi dans des conditions horribles et continuent de subir l'oppression de ce régime ONI. Euh mettons-nous mettons-nous à leur place, mettons-nous à leur place. Mais de la même façon, à chaque intervention militaire, nous avons vu des accueils glorieux qui ont été donnés à ceux qui avaient décidé. L'intervention militaire François Hollande a été reçu glorieusement au Mali. Nicolas Sarkozy et Cameron ont été reçus glorieusement en Libye et il n'empêche que ce sont des États faillis et c'est le chaos dans ces régions.

13:29

Aujourd'hui, le drame pour le Moyen-Orient, c'est la multiplication des États faillis parce que la première conséquence d'un état failli, c'est qu'il n'y a plus de règles. Et quand il n'y a plus de règles, c'est alors le libre cours à toutes les organisations terroristes pour se structurer, se développer et pour essimer. Nous serons les premiers à payer la facture et c'est pour nous l'obligation de réagir par rapport à cela. Nous n'avons pas à suivre l'administration américaine dans ce qui est un véritable coup de folie. Autre image marquante de ces derniers jours, c'est le président français Emmanuel Macron à Lil Long deviant devant le le sous-marin nucléaire. Là aussi, c'est une bascule, un revirement selon vous. On relance la cour la course

14:12

à l'armement nucléaire. Non, ça c'est la continuité de la politique française depuis le général de Gaulle qui n'a jamais cessé de vouloir davantage prendre en compte les préoccupations et la nécessité de protection de nos amis européens. Sauf qu'ici, on élargit justement la puissance nucléaire aux autres. sous une forme qui préserve l'entière capacité de décision du président de la République. on altère ni la décision ni la chaîne de décision qui reste totalement indépendante mais on associe à la réflexion et à l'action puisqueon peut à travers un certain nombre d'exercices et des déploiements ponctuels de d'avions en particulier dans les différents pays,

14:54

on peut franchir une étape dans ce qu'on appelle la dissuasion avancée. Mais il y a un corollaire à cette dissuasion avancée. C'est ce qu'on appelle l'épaulement. L'épaulement, c'est l'intégration du renforcement conventionnel qui est nécessaire pour que notre dissuasion soit la plus efficace possible. Ça veut dire qu'on associe l'effort des autres pays qui seront parties prenantes dans cette grande stratégie qui vise à accroître la protection. Ça veut dire Dominique de VPIN que nous Belgique on sera protégé par l'arme nucléaire française. Ça veut dire que dans les intérêts vitaux qui sont ceux de la République française, la prise en compte d'autres intérêts de nos amis européens sera effective. Vous avez connu beaucoup de

15:39

crises, vous avez même vécu en tant qu'acteur beaucoup de crise mondiale. Est-ce que c'est de l'inédit, du jamais vu ? Est-ce que vous vous-même aussi vous êtes terrifié par ce que vous voyez en ce moment ? Euh je je crois que euh on est d'autant plus terrifié qu'on perd ses repères. Et c'est en ça que la logique de Surangère et je reviens au peuple iranien qui peut souhaiter à tout moment que tout cela marche mais malheureusement tout ce que nous savons montre que ce n'est pas le bon chemin. Et quand on agit en matière internationale, il vaut mieux choisir le bon chemin. Évidemment qu'il était nécessaire d'agir très fortement et de façon déterminée pour essayer de mettre fin à ce régime oppressif iranien. Il y avait un autre chemin qui aurait peut-être pu conduire de façon plus sûre,

16:24

celui qui en 2015 a conduit à signer un accord, qui a conduit à éliminer les sanctions, qui plaçait alors le peuple iranien dans une autre situation que celle d'aujourd'hui. Et bien l'entêtement de Donald Trump a contribué à créer la situation actuelle et il y a malheureusement un mirage et j'ai peur que à bien des égards on se moque du peuple iranien et c'est pour moi le le premier message que j'adresse aujourd'hui. On ne joue pas avec les peuples et je voudrais croire aujourd'hui que tout ça peut déboucher sur le meilleur. Et malheureusement tout ce qu'on sait de la région, de la vie internationale, des précédents qui existent dans ce domaine ne vont pas dans ce sens. Vous parlez de la France, vous parlez de l'Europe, on peut on est obligé de vous poser la question. Vous

17:09

dessinez un projet pour la France, vous serez candidat à future élection présidentielle. Alors, je dessine surtout un combat qui est indispensable. Vous avez évoqué le début du 21e siècle, juste après 2001, il fallait mener le combat sur la scène internationale pour un ordre plus juste et plus stable. Aujourd'hui, nous le voyons bien, la question pour nous français et pour nous européens, c'est la question de la soumission. euh le risque de voir cette épidémie d'extrême droite euh de radicalité gagner le continent européen avec le soutien du trumpisme, le soutien du poutinisme. Et vous avez l'impression que vous êtes un rempart justement à ce mouvement politique là. J'ai une mémoire, j'ai une santé, j'ai une détermination et je suis prêt à

17:53

livrer combat pour empêcher cela. Ce qui me fascine, c'est de voir à quel point on peut tromper les peuples. Vous voyez, beaucoup de ceux qui en France votent pour l'extrême droite comme en Allemagne, au Royaume-Uni et dans d'autres pays ou en Belgique. Beaucoup de cela croient que tout va changer pour eux et qu'ils vont vivre dans un monde meilleur. Ils n'imaginent pas que en fait ils participent à un changement de régime dans leur propre pays comme ceux qui ont lieu au Moyen-Orient au bénéfice de ce qui est aujourd'hui la Nouvelle donne impériale américaine. Et ils seront les jouets, ils seront une variable d'ajustement dans l'histoire. Moi, j'attache de l'importance à l'indépendance et les partis dit nationaux aujourd'hui en Europe ne sont pas des partis qui servent l'intérêt

18:35

national de ces États. Moi, j'attache de l'importance à la liberté, j'attache de l'importance à la souveraineté et c'est pour ça qu'aujourd'hui à Bruxelles, mon mot d'ordre, c'est souveraineté européenne dans le cadre des souverainetés nationales qui sont renforcées par cette souveraineté européenne. Ça veut dire quoi ? Ça veut dire un grand pacte européen de souveraineté, ça veut dire un Conseil de sécurité européen. Parce que l'Europe, elle est calminée, elle est enlisée dans l'indécision et dans l'unanimité. Mais est-ce que c'est pas de la prophétie autoréalisatrice ça ? Est-ce que on n'est pas en train d'essayer de prêcher ce qu'on veut mais qui n'aboutit pas ? Ça fait des années qu'on parle de l'autonomie stratégique européenne. Non non, ça fait des années qu'on

19:11

emploie le mot. Ça ne fait pas des années qu'on se donne les moyens. Moi, je propose un outil, le conseil de sécurité, je propose un pacte. Je veux que l'on se batte de la même façon. contre la loi sur les tarifs douanes américaines, que contre la pression sur le numérique, que contre la pression sur l'ordre financier, les services financiers européen, que sur les questions de sécurité. Quand certains pays européens dont la Belgique achète des F35, dont le bouton de démarrage n'est pas à Bruxelles, il est à Washington, et bien on ne prend pas une décision qui va dans l'intérêt sage du peuple belge. Merci Dominique de pour cet entretien. Merci à vous.