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Podcast / conversationJean-Luc Mélenchon (sur YouTube)· 29 janvier 2017 42 minAutoproduitMixteEnvironnement & énergieEurope & internationalInstitutions & électionsSolidarités & famille

#RDLS16 - VENISE, DROIT À L'IVG, JEU VIDÉO, BD, NÉGAWATT, PRIMAIRE PS, FILLON

Transcription youtube_captions. À recouper avec la source d'origine.

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Générée par IA — peut contenir des erreurs. Méthodologie

Chapitres

Répartition du ton (temps de parole politique)

Propositif 65 %Attaque 25 %Défensif 10 %

Affirmations vérifiables (citations exactes)

  • 2:00JLMFait
    « cette scène abominable à Venise, où un pauvre gars est en train de se noyer et où vous avez une collection d'abrutis dont le premier souci est de le filmer pour avoir quelque chose à montrer aux copains »
  • 4:00JLMFait
    « Venise, c'est historiquement un des lieux de naissance du capitalisme en Europe »
  • 6:00JLMPromesse
    « il faut introduire le droit à l'avortement dans la Constitution pour qu'on ne puisse plus le discuter »
  • 10:00JLMChiffre
    « 18 réacteurs vont arriver à la limite des 40 ans pendant le prochain mandat »
  • 12:00JLMFait
    « il faut des années pour sortir totalement du nucléaire »
  • 22:00JLMFait
    « j'ai voté contre tous les paquets ferroviaires européens, ils sont en train d'organiser la destruction du service public »
  • 35:00JLMChiffre
    « plus du tiers, je crois, si je me souviens bien, vit dans la pauvreté »
  • 39:00JLMFait
    « il y aura un bulletin Benoît Hamon »

Modèle mistral-small-latest · prompt v1 · les citations sont vérifiées mot pour mot dans le transcript ; le taux de réponse directe est calculé à partir des verdicts question par question. Aucun label idéologique n'est produit.

Bonjour. Nous voici à la 16ème édition de cette Revue de la Semaine. (Thème générique) Vous avez vu le générique ?

C'est quelque chose, hein ? Forcément, c'est de plus en plus swag. Alors, cette semaine, je refais la Revue.

En fait, c'est la deuxième fois que je filme la Revue cette semaine, parce que la première séance, on l'a fait en allant dans le train à Périgueux et à Angoulême, parce que cette semaine, c'était mon déplacement, et ça tombait sur les jours où on doit faire la Revue. Alors, on avait tout bien fait dans le train et tout, et puis, évidemment, au retour, patatras, on découvre qu'il y a eu un problème technique, bref, on entend le bruit de... je ne sais pas de quoi, d'ailleurs, hein.

On entend un bruit, peut-être cette saleté de clim qu'il y a là-dedans - que je n'ai pas demandée, mais qui y est quand même - ou quelque chose d'autre du même genre. Et donc, il a fallu tout recommencer et on recommence ici, c'est dans mon bureau personnel, et c'est là où j'avais fait la première Revue de la Semaine avec quoi tout a commencé. Bon, je vais vous parler de ce que j'ai fait dans la semaine, et de ce qui m'y a intéressé ou qui m'a fait réfléchir, mais franchement, je vais rester pour cette semaine sur une image abominable qui montre à quoi nous sommes...

à quoi nous sommes rendus dorénavant, dans cette civilisation absolument écœurante du chacun pour soi et de la consommation de tout, y compris des autres : c'est cette scène abominable à Venise, où un pauvre gars est en train de se noyer et où vous avez une collection d'abrutis dont le premier souci est de le filmer pour avoir quelque chose à montrer aux copains, hein, ou de se moquer de lui ou de l'insulter, et pour finir, cet homme est mort. Voilà. Voilà le monde dans lequel on est, ça se passe à Venise, qui est un endroit pas seulement réputé parce qu'on vient y célébrer ses amours depuis bien longtemps, mais Venise, c'est historiquement un des lieux de naissance du capitalisme en Europe - parce que c'est là que se faisait le commerce - et, en tout cas, l'un des lieux des premières mondialisations, parce qu'il y en a eu plusieurs, hein.

Il ne faut pas croire qu'aujourd'hui, c'est tout nouveau, la mondialisation. Non. Ça a toujours existé sous des formes différentes.

Mais à l'époque, eh bien, ça a été le lieu de la banque, du grand commerce et c'était déjà un lieu où le capitalisme était chez lui avec le sang qu'il trimbale derrière lui, les exploitations et les misères. Et là, la misère, elle est venue à domicile sous sa forme la plus abjecte. Vraiment, ça serre le cœur et ça invite quand même chacun d'entre nous un peu à réfléchir, hein, et puis à faire un peu la leçon autour de soi, à dire : il y a des limites quand même au voyeurisme, et le premier devoir à l'égard de quelqu'un qui est en difficulté, ce n'est pas de le filmer ou de faire des commentaires, mais d'agir pour venir à sa rescousse.

Et ce qui est vrai pour un homme qui se noie dans un canal à Venise, est vrai pour des peuples entiers qui sont en train d'être détruits, soit par la guerre, soit par les famines, soit par le changement climatique. C'est vrai pour les gens qui dorment par terre autour de nous et cette masse de pauvres qui se cachent dans notre pays pour essayer de garder pour eux-mêmes la bonne image et l'idée de la dignité qu'ils se font en permanence. Donc, d'accord ?

En quelque sorte, essayons de vivre ce qui s'est passé à Venise comme une allégorie de notre incroyable capacité à nous divertir de tout ou à nous divertir pendant que d'autres souffrent et de passer à côté de cet aspect de la réalité, partout, partout autour de nous. L'autre chose qui m'a impressionné cette semaine, c'est cette photo qui est parue dans "Le Monde", où on voit M. Trump en train de signer un décret pour interdire les subventions aux associations qui informent les femmes des moyens dont elles disposent aux États-Unis d'Amérique pour avorter.

Naturellement, il n'a pas supprimé le droit à l'avortement, puisqu'il est dans la Constitution nord-américaine, mais il a manifesté d'une manière spectaculaire son opposition au droit à l'avortement, c'est-à-dire à une liberté fondamentale des femmes, et naturellement, du coup, à une liberté fondamentale de la société toute entière, parce que les libertés des femmes concernent le genre masculin, ça va de soi. De même que, tout problème qui se poserait spécifiquement, parce qu'il serait genré, aux hommes serait aussi un problème posé aux femmes. Donc là, on a eu un moment bizarroïde, parce que la photo qui a été donnée dans le monde entier montrait un groupe d'hommes autour de Trump en train de signer son décret.

Et, bon, j'ai dit dans mon dernier meeting : vous n'avez qu'à imaginer la tête qu'on ferait tous, comment on ferait ? on serait absolument scandalisé pour ceux qui n'ont pas été scandalisés par cette photo si on avait eu une présidente entourée de femmes, qui décidait de ce que les hommes avaient le droit de faire avec leurs organes génitaux. Bon, ça, rien que d'en parler, ça fait rire ceux qui écoutent ça, hein, mais ça montre l'inanité absolue de cette situation.

Évidemment, moi, je crois que ça nous concerne en France, c'est pour ça que je propose qu'on mette le droit à l'avortement dans la Constitution, pour qu'on ne puisse plus revenir dessus et je voudrais signaler que, quand même, il y a eu la semaine dernière une manifestation publique contre une proposition de loi, qui était à l'Assemblée Nationale, qui proposait de faire obstacle à ce qu'on appelle le délit d'entrave, hein. Punir le délit d'entrave. C'est-à-dire que vous allez pour assumer un droit, pour en bénéficier - là, il s'agit du droit à l'avortement -, et on vous empêche d'y accéder par des moyens de pression divers, et là, il s'agit de moyens de pression psychologiques, parce que les gens qui cherchent des renseignements tombent sur des sites qui, bon, effraient, culpabilisent et font des pressions sur les femmes qui comptent recourir à l'avortement et...

Bon, il y a une proposition de loi qui a été faite, pour combattre ce genre de méthodes, et il y a eu une manifestation et en plus, j'ai eu au téléphone Marie-George Buffet pour me faire raconter ça, là, la scène dans l'Assemblée, parce que vous savez, c'est une chose de lire les choses, c'en est une autre de se faire raconter. Et moi, j'aime bien qu'on me raconte et des fois, je me fais raconter plusieurs fois la même histoire, hein, c'est-à-dire vue sous des angles différents. Et Marie-George Buffet me disait qu'il y avait vraiment une tension terrible, parce qu'on sentait les conservateurs dans l'Assemblée Nationale complètement remontés, très hystérisés, très violents, faisant toutes sortes de pressions, et d'ailleurs, ils ont fait toutes sortes de pressions pour détruire sa proposition de loi, à elle, qui est une proposition de loi pour essayer d'éteindre la précarité que subissent les femmes au travail, hein.

Elle a fait une très bonne proposition de loi, mais il faut voir d'abord à la Commission, les élus PS ont enlevé tout ce qu'ils pouvaient enlever, et puis une fois que c'est arrivé en séance plénière, alors là, ils se sont tous mis, entre les uns entre les autres, c'est-à-dire entre les élus du PS et ceux de la droite, pour réduire à néant sa proposition. Je trouve que c'est une... une situation qui doit faire réfléchir et inquiéter, quoi.

Il ne faut pas attendre d'en être à la situation des États-Unis pour commencer à se dire : "Bon, qu'est-ce qu'on peut faire ?" Ben, moi, je vous donne la réponse : il faut introduire le droit à l'avortement dans la Constitution pour qu'on ne puisse plus le discuter, de même qu'il faut introduire le respect du droit au travail, mais c'est un autre sujet, je ne l'aborde pas aujourd'hui. Alors, cette semaine, l'événement pour moi, mon premier événement dans la semaine, c'est que j'ai participé à la présentation du rapport négaWatt.

Beaucoup d'entre vous ne savent pas ce qu'est négaWatt. NégaWatt, c'est un scénario, hein, donc c'est un récit qui est composé par des spécialistes de toutes sortes, et toute une équipe s'est constituée sous forme associative, et qui met en scène les moyens de sortir du nucléaire et de passer au 100% renouvelable, hein. C'est concentré sur la transition énergétique.

Et le scénario négaWatt, c'est un scénario qui repose sur plusieurs piliers. Comment faire pour revenir à 100% de renouvelable dans les délais les plus courts ? Et le premier aspect, c'est la sobriété énergétique.

C'est-à-dire consommer moins et avoir un mode de fonctionnement de la société qui ne soit pas aussi prédateur de l'énergie, aussi gaspillant jusqu'à l'absurde, hein, que celui que nous avons sous les yeux avec cet abus permanent, constant, du recours à l'énergie électrique, parce que dans notre pays, c'est la part la plus importante de la source d'énergie, compte tenu du fait que, comme on y a développé un parc nucléaire très important qui, à un moment donné, était en état de surproduction permanent, on s'est dit : "Ben, il faut bien utiliser cette électricité", et on a renforcé par tous les moyens possibles la consommation d'électricité. Alors, ce n'est pas que bête, de consommer de l'électricité, parce qu'un moteur électrique a un rendement infiniment supérieur à un moteur à explosion. Dans un moteur à explosion, quand c'est jour de fête, et en formule 1, 30% de l'énergie de l'explosion est transformé en énergie mécanique pour faire avancer la voiture.

Bon. Dans un moteur électrique, non. On est sur plus de 80%, hein.

Bon, donc, c'est un bon rapport. Mais après, il faut réfléchir sur l'ensemble des énergies qui sont déployées. Et cette question, elle est tout à fait centrale, parce qu'à la fois, il nous faut de l'énergie, on ne va pas raconter d'histoires, et en même temps, pour avoir recours à l'énergie, il ne faut plus passer par des moyens qui aggravent la situation, que ce soit le recours au pétrole ou que ce soit le recours au nucléaire.

Alors, dans la description en bas de cette vidéo, vous allez trouver le lien avec le rapport de négaWatt, hein. Et dans ce rapport, vous allez voir comment eux organisent ça, comment ils le prévoient. Ce qui est très important pour moi, ce n'est pas de vous raconter tous les détails de cette histoire, c'est de dire : voilà, en France, nous disposons d'une équipe qui a été capable d'inventer un scénario de cette nature, de le chiffrer...

Alors, on peut discuter de tout, hein. On peut discuter des chiffres, on peut discuter des aspects du scénario, mais enfin, on a quelque chose de concret à mettre sur la table pour savoir comment réaliser un plan de sortie des énergies, heu, des énergies nucléaires et de l'énergie avec le recours aux fossiles pour fonctionner. C'est ça qui est très important et si demain, ce que je souhaite, nous dirigeons le pays, eh bien, je vous promets que nous constituerons un commissariat aux énergies renouvelables.

Un commissariat général aux énergies renouvelables qui sera donc chargé de la planification, de la mise en place, dans tous les domaines, de cette idée des énergies renouvelables. Et on peut...

On est sûr qu'on a un bon appareil d’État pour suivre mais on a aussi des gens qui ont réfléchi loin en amont. D'accord ? La politique, ce n'est pas seulement des chapitres dans un programme, ce n'est pas seulement un certain nombre de perspectives, de lignes d'horizon, c'est aussi des gens qui sont capables de mettre en œuvre tout ça, donc c'est pour ça que je voulais vous parler de ce rapport, de ce scénario.

Et aussi, par exemple, pour signaler des choses qui, moi, m'ont intéressées. Par exemple, faire marcher des machines au gaz, c'est très important. Bon.

Mais si c'est pour ramener du gaz de schiste, on a perdu notre temps. Ou si c'est pour ramener du gaz naturel à qui on a fait traverser toute l'Europe, et pour lequel on a fait trois guerres pour faire en sorte que le pipeline puisse passer, non, ça n'avance pas tellement nos affaires. Alors, dans le rapport, il y a une place qui est donnée, qu'on voit croissante, à la méthanisation, c'est-à-dire à la production de gaz par des procédés artificiels : de l'électrolyse, on sort... - de l'électrolyse de l'eau, - on sort de l'hydrogène, on le mélange au CO2 - justement, il y en a de trop - et ça donne du méthane et de l'eau.

D'accord ? De l'eau d'un côté, du méthane de l'autre. Je donne ce point-là pour que, vraiment, vous entendiez ce qu'est notre méthode.

La méthode de travail de "L'Avenir en Commun", et en tout cas, de celui qui porte sa candidature. C'est qu'à chaque fois, je veux qu'on m'explique comment on va faire et quels moyens concrets, techniques on a, à part dire : "Y a qu'à, faut qu'on, et puis, bon, comme on consomme trop d'électricité, alors on arrête." Tout ça est absurde.

Ça n'aura pas lieu comme ça. D'ailleurs, si vous lisez le rapport, vous voyez qu'il faut des années pour sortir totalement du nucléaire et puis bon, je vous dis pas combien de temps il faut pour régler fondamentalement cette question. Je vous en reparle - j'en ai déjà parlé la semaine dernière - parce que ce sont des problèmes que vous avez... dont vous allez confier le règlement à votre prochain président de la République.

Il ne faut pas rêver, les gens, hein. 18 réacteurs vont arriver à la limite des 40 ans pendant le prochain mandat, mmmh ? Donc, quelqu'un va devoir décider tout ce que Hollande n'a rien décidé du tout, ou le petit scénario ramollo qu'ils ont mis au point, qui prévoit à l'horizon 2050 qu'on atteindra 50% d'énergies renouvelables, ce qui est le programme commun de tous les socialistes, quels qu'ils soient.

Que ce soit Hollande, Valls, Hamon et les autres, tout le monde est d'accord sur ce scénario, bah pas moi, hein. Pas moi. Je suis pour qu'on arrête le nucléaire, donc c'est clair.

Si on arrête le nucléaire, on est obligé de mettre en même temps en mouvement tous les moyens pour avoir une autre énergie. Ça, c'était mardi, si mes souvenirs sont bons, parce que maintenant, les semaines sont tellement denses que je finis par mélanger les jours. Et le jeudi, je partais pour Périgueux, parce que j'avais un meeting de prévu à Périgueux et ensuite, j'allais à Angoulême, parce que ce n'est pas très loin, pour le festival de la bande dessinée.

Alors, à Périgueux : formidable. Quand j'arrive, on me dit qu'il y a une manifestation des cheminots qui voient un atelier de maintenance et d'entretien - donc, hein, vous avez compris - de matériel ferroviaire qui va être fermé. C'était le plus gros employeur, autrefois, de la ville de Périgueux, maintenant, c'est l'hôpital.

Et, bon, c'est vital, ces ateliers. Vous savez que la SNCF en a dans un certain nombre d'endroits, parce que ça permet de maintenir en état le matériel, de le renouveler, bon. Si on veut qu'il y ait un service de transport public par la voie ferrée, on a besoin de ces ateliers.

Vous avez compris la musique, ce n'est pas la peine que je vous la raconte : j'ai voté contre tous les paquets ferroviaires européens, ils sont en train d'organiser la destruction du service public pour vendre par petits morceaux, les morceaux rentables, les morceaux juteux, et puis tout ce qui n'est pas rentable et tout ce qui ne rapporte pas à l'entreprise privée, ben, couic, on ferme et on met à la place des cars Macron, bon. Voilà. Dites merci à M.

Macron. Des cars au diesel de préférence, hein, parce que M. Macron a dit que le diesel restait le modèle et au cœur de notre système de transport.

Voilà. Donc, je vais à la manif, bon après, il y a eu un moment, on a parlé un peu fort avec un gars, mais je ne lui en veux pas, parce qu'il disait, bon : "Tous pourris". Moi, je ne suis pas le genre d'homme à me laisser dire une chose pareille.

Après, le gars, il me dit : "On va faire la révolution, on ne sait pas qui on va assassiner." On ne va assassiner personne, hein. Bon, tu veux faire la révolution, surtout, n'hésite pas.

Mais pour ce qui est d'assassiner, je ne suis pas d'accord. Et, à un moment donné, bon, le ton est un peu monté. Ça n'a pas grande importance, mais la vie, la vraie vie, ça se passe comme ça.

C'est-à-dire vous rencontrez des gens, même quand c'est vos copains, ils peuvent parler très fort. Des fois, ils parlent tellement fort, tout le monde parle en même temps, je ne comprends même plus ce qu'on dit, m'enfin bon. Ça m'est arrivé le samedi de cette semaine au salon du taxi, où il y avait tous les taxis.

Là, pour une fois, ils voyaient quelqu'un qui vient les voir, donc tout le monde voulait parler en même temps, et des fois, ils parlent fort, on dirait qu'ils m'engueulent. Mais non, pas du tout. Ils n'engueulent personne, ils expliquent leur truc.

Bon. Alors, là, bon, passons, parce que ce qui m'a frappé, c'est évidemment que les... hein !

Il y en avait... alors c'est trop beau, quoi.

Alors, il y a une petite séquence de Mélenchon, vous allez voir, ce qui va être marrant, c'est qu'à mesure que les jours vont passer, ils vont la couper de plus en plus court, hein, pour qu'on me voie juste...

Ils m'ont déjà fait le coup, il y a quelques années. Et puis à la fin, ça servira juste à montrer que je suis un homme, ben, comme tout le monde, quoi. C'est-à-dire qu'il y a des moments où le ton monte, hein.

Alors, bon, mais quand même, deux fois en 10 ans, merde ! C'est... vous voyez, les médias étaient là, quoi.

Bon, ce qui m'a un peu - je dis "les médias", ce n'est pas "les" médias, parce que les médias locaux, eux, ils ont parfaitement fait la part des choses - mais ce qui est intéressant, c'est de voir... le soir, il y avait le meeting à Périgueux et franchement...

Bon, ça, vous ne pouvez pas le savoir parce qu'il n'y a pas eu ni image, ni son, ni keud, hein, chez les grands éditorialistes qui ont pointé ce moment où le ton monte avec ce cheminot, mais ils n'ont pas parlé du reste. Et pourtant, c'était le reste qui était très important. D'abord, l'accueil formidable que m'ont fait les cheminots, qui m'applaudissent.

Vidéo : (Applaudissements et acclamations) Un cheminot : Ah bah on vous attendait, Monsieur Mélenchon ! Un cheminot : Ca fait plaisir ! JLM : alors ça, vous allez voir que tuc, tuc tuc, plus le temps va passer, plus ils vont couper avant les applaudissements - qui m'applaudissent, et ils ne m'applaudissent pas parce que c'est moi.

C'est à cause de ce que je représente dans cette histoire. Et puis le soir, il est quand même venu 2 000 personnes à Périgueux, hein. Alors, bon, on me dit : "Vous prenez une salle trop petite." Mais non, je ne prends pas une salle trop petite, je prends la seule salle qu'il y a.

Qu'est-ce que vous voulez que je fasse ? Je ne vais pas en construire une en plus. Bon.

Alors, celle-là, elle ne m'a pas coûté trop cher, mais, les gens, moi, je vais vous parler un jour dans une Revue de la Semaine de l'argent qu'on me demande. Parce qu'ils sont là : "La démocratie, bla bli, bla bla", tout ça. Ouais, ouais, peut-être bien, mais va réserver une salle pour faire une réunion, tu vas voir combien ça coûte.

Une salle nue. On te loue un truc, tchoc, tchoc, et après, il y a les barres dedans et tu fais un point d'accrochage pour mettre une lumière : 150€. Deux points : 150€, etc., etc.

Ça coûte affreusement cher. Alors, bon, en région, les gens sont moins cupides, quoi, donc souvent, c'est les mairies. D'ailleurs, là, je vous dis les choses comme c'est, j'ai été accueilli par le maire quand je suis arrivé, c'est lui qui m'a proposé de passer à la mairie, moi, je dis pas non.

Il est de droite comme pas un, il est chez Sarkozy, mais extrêmement courtois, extrêmement républicain et puis bon, ben, on sait bien qu'on ne va pas se convaincre, hein, il est de droite, ce n'est pas mon cas, il est sarkozyste, ce n'est pas mon cas. Mais, du coup, comme je n'essaie pas de le convaincre et qu'on est pas là pour se crier dessus, on a pu parler un moment et cet homme-là, tout de droite qu'il est, il voit bien que 30% de la population de sa ville est en-dessous du seuil de pauvreté. On est à Périgueux !

On n'est pas je sais pas où, dans un pays qui ne touche pas terre. On n'est pas dans un pays sous-développé. Périgueux, c'est quand même, voilà, c'est la Dordogne, c'est des régions qui ont été riches et opulentes pendant des générations et des générations et les voilà tous réduits à la misère.

Demandez-vous pourquoi, hein, c'est la question qu'il faut poser tout le temps. Bon, il y a 2 000 personnes qui sont venues, mais c'est ça, l'événement. On a pas fait de cars de ramassage.

Des fois, on en fait. Par exemple, pour le 5 juin, on avait organisé un système de ramassage dans tout le pays, vous vous rappelez ? Il y avait l'inondation et la grève de la SNCF, les deux le jour où on faisait le rassemblement.

Bon. Et ça avait bien marché. Et puis, pour aller à Lyon le 5 prochain, là, pour le meeting en double, avec l'hologramme qui sera présent à Paris, on organise aussi un système de ramassage de cars centralisé, donc vous pouvez acheter vos places de car en allant directement sur le site.

On va voir ce que ça donne, et si ça marche bien bien, on va pouvoir organiser un système, comme ça, de cars quand il n'y a pas de trains, hein, pour venir directement sur Paris, parce que comme vous savez, notamment pour le 18 mars, hé hé hé, ils changent un aiguillage à la gare de Lyon, et donc ça bloque la gare de Lyon et la gare de Bercy, hein. Mmmh ! Bien joué, hein !

Bon, enfin, ça nous empêchera pas de venir. Donc je viens sur Périgueux et j'ai fait un discours beaucoup trop long, mais j'ai dû en faire deux, à nouveau, parce que comme la salle est trop petite, il y avait du monde partout et donc j'ai été dans une salle faire un bout du discours et puis l'autre juste derrière. C'était un peu trop long, parce que ça a quand même duré 2 heures, là.

Je vais réorganiser mes discours, mais quand je suis là, les gens me disent...

Je demande avant : bon, de quoi vous, vous croyez que les gens veulent que je parle ? Alors les groupes d'appui me donnent des infos, bon, ci, ça, ça, ça, ça. Alors, des fois, il y a : "Il faut que tu réexpliques quelque chose que tu as dit dans le précédent meeting, et nous on ne l'a pas entendu." C'est pour ça que, par exemple, je reviens sur la Sécurité Sociale, ce n'est pas du tout le sujet de l'autre soir.

Il faut dire que Hollande m'avait un peu cherché parce qu'à Poitiers, il avait dit que la Sécu à 100%, ce n'était pas possible. Bon. J'ai donc été obligé de refaire la démonstration.

Mais, bon, ça a été un moment très très très très très très fort. Pour moi, très parlant, parce que les gens ont été d'une...

Comment dire ? Il n'y en a pas un qui s'est levé avant la fin du meeting. Pas un, pas une.

Et puis je voyais la grande diversité de la composition de la salle, et puis c'était une salle où les gens... vous savez, comme je peux circuler, me tourner et parler, et ben, les gens, ils réagissent et je vois, ils sont... je sens qu'il y a une connexion, on sait qu'on parle des mêmes choses, bon.

Donc c'était un moment très fort et très important et évidemment, je remercie mes amis, là, parce qu'ils étaient plus de 100 pour organiser ça, hein. Alors ils sont venus un petit peu partout du coin, pour la sécurité, l'installation de tout le matériel, le montage, démontage de la salle, ça prend beaucoup de temps, ça n'a l'air de rien comme ça, plus toutes les équipes de colleurs et puis surtout de sécurité et de surveillance du bâtiment pendant que je m'y trouve et que le meeting a lieu, parce qu'il faut quand même garantir la sécurité de tout le monde à un bon niveau. Donc ils ont été formidables.

Dans la Dordogne, il y a 31 groupes d'appui, je trouve que c'est vraiment pas mal. Et je crois qu'on doit être, je ne sais pas combien, 300 ou 400 signataires de l'appui à Jean-Luc Mélenchon. Bon.

Voilà. Alors, le soir, hop, à la fin du meeting, bon, j'avais parlé tellement longtemps, je n'ai même pas eu... j'étais vraiment vidé, je ne suis pas allé au pot.

J'aime bien, d'habitude, après, on fait un pot avec les organisateurs, tous ceux qui ont fait quelque chose. Et j'apprends des tas de choses, parce que je découvre des gens, des métiers, des gens que je ne connais pas, des gens que je retrouve des années après, c'est très important, cet élément humain, hein. La bataille qu'on mène, ce n'est pas une chose abstraite avec des pions sur la table, hein, c'est des êtres humains, des femmes, des hommes, des jeunes, hein.

Ceux qui arrivent, j'en vois, ils commencent, voilà, comme moi j'ai fait, ils ont 14, 15 ans, 16 ans, il y en a, hein, de ces âges-là, ils ont bien réfléchi, hein, il ne faut pas croire qu'ils sont là par hasard, sans savoir ce qu'ils font. Par exemple, j'ai croisé deux jeunes, heu, dans le meeting précédent, c'était à Florange, hein, qui avaient constitué un groupe d'appui dans leur lycée, hein. Bon.

Bon, un peu partout, il y en a, comme ça. Et les deux, ils n'étaient pas électeurs, ils avaient quand même fait un groupe d'appui parce qu'ils réfléchissent et ils ont compris. Bon, ça c'était... et le soir...

Donc, le soir, on est parti et je me retrouve le lendemain à Angoulême. Alors, Angoulême, c'est en deux étapes, hein. Première étape, l'établissement public du supérieur où on apprend toutes les techniques liées aux jeux vidéos.

Et ça, bon, c'est un moment pour moi qui a été extraordinaire. Parce que les gens, ils savent... ils ne savent pas eux-mêmes à quel point ce qu'ils font est exceptionnel.

Pourquoi ? D'abord sur la technique de travail de l'équipe. Si vous voulez, on se mange les mains pour essayer d'expliquer à certains comment on travaille en équipe, hein, pour décloisonner les savoirs.

Bon. Décloisonner les savoirs. Je donne un exemple : si vous êtes dans le bâtiment, vous êtes plombier.

Bon, vous passez pour poser ce que vous avez à poser et vous savez, en gros, vous connaissez les autres étapes, ce n'est pas les vôtres, hein, c'est le moment où on va couler le béton, hein, où on a posé le grillage, et puis, s'il y a des murs, bon, ben, vous venez régler vos trucs. Vous savez le boulot que fait le plâtrier, ce n'est pas que vous êtes plâtrier, c'est que vous savez ce qu'il fait. Et du coup, vous tenez compte, dans ce que vous installez, de ce que va faire l'autre.

Ça, c'est le premier niveau de la coopération. Il y a des gens, ils en ont rien à fiche, hein. Ils arrivent, ils font leur truc, salut, au revoir, ils ne s'occupent pas des autres.

Bon. Evidemment, quand vous avez des chantiers comme ça, c'est rare que ça se passe bien, hein. Alors, à l'inverse, ce premier niveau de coopération, c'est celui que je viens de décrire.

Et dans le jeu vidéo, il y a un très haut niveau de coopération, parce que vous avez quelqu'un qui invente le jeu - qui écrit l'histoire - l'autre, il va mettre au point... en quelque sorte, sa spécialité, c'est de créer la tension : quel va être le système de jeu, quel est l'enjeu du jeu.

Alors, après, le reste, vous connaissez, il y a le graphisme, c'est un boulot particulier et hautement spécialisé. Ensuite, vous avez celui qui fait la programmation des logiciels, et combien d'autres travaux qui sont là, au milieu du truc. Donc, spontanément, ces gens travaillent ensemble et comme chacun sait ce que fait l'autre, comprend en gros de quoi il s'agit, eh bien, il est capable de faire des suggestions qui enrichissent le travail de l'autre.

Ça marche dans les deux sens. C'est quelque chose d'extraordinaire cette interaction. Et puis après, bon, là, le jeu vidéo, il est en train d'entrer dans la dimension 3D.

Bon, le côté philosophie, vue personnelle, c'est que, clairement, quand vous avez mis le masque, vous voyez que la frontière entre le virtuel et le concret n'est pas là où vous le croyez. Parce que vous-mêmes, vous êtes en quelque sorte un filtre. Parce que moi, on me dit : "Ah oui, mais, M.

Mélenchon, c'est parce qu'il y a le filtre." Mais nous sommes des filtres. Nos yeux ne voient pas tous les rayonnements lumineux, on n'en voit qu'une partie.

Encore heureux, sinon, on ne verrait rien. Eh ben oui, c'est ça le secret. Celui qui voit tout ne voit rien.

Celui qui entend tout n'entend rien, parce que c'est trop à la fois. Donc, nous sommes, nous, des machines à sélectionner, par nos sens, la réalité. La réalité telle que nous la percevons, ce n'est pas la réalité.

En tout cas, ce n'est pas toute la réalité. C'est juste un segment. Et là-dedans, on a une machine qui passe son temps à calculer ce qui va se passer tout à l'heure.

C'est-à-dire l'instant d'après, la seconde d'après, la seconde d'après. Cette machine, elle ne fait que ça : elle produit le futur parce qu'elle l'anticipe. Bon, ça c'est la partie être humain.

Mais là, c'est pareil. Vous vous mettez la machine, vous mettez le casque sur vous, et vous commencez le jeu. Bon.

Alors, deux choses se produisent en même temps. La première, c'est que vous vivez réellement le jeu. Quand on m'a fait essayer un des jeux, j'ai dû escalader une montagne.

D'accord ? Vous tournez la tête du côté que vous voulez, il y a bien une montagne, il y a bien des rochers, etc. [A Angoulème] JLM : Attendez, mais là, c'est une vraie merveille.

Pourquoi vous m'enlevez de là après ? [rires] JLM : Et comme les gars sont super forts - ceux qui ont fait ça - à mesure que vous respirez, vous avez la buée qui sort devant vous dans le jeu. [A Angoulème] JLM : Et alors, hé, ça me met un souffle, ha ha !

Démonstrateur : - On s'y croit, hein ? JLM : Donc vous y êtes. Alors cette réalité, elle m'affecte physiquement.

Je vois bien qu'il fait froid, je vois qu'il y a de la buée...

Mais si ça vous paraît trop compliqué, je vais vous prendre un autre exemple dans ce jeu-là : je m'approche du bord. Ben, j'y suis vraiment, mes amis. J'y suis vraiment.

Donc si j'ai le vertige, j'aime mieux vous dire, je passe un mauvais moment. Et c'est étudié pour. Donc mes réactions physiques sont totales, comme si j'étais réellement dans la situation.

Et d'ailleurs, j'y étais. Vous voyez ? J'arrête là, sinon, ça prend une heure de cours.

Mais ça, c'est le premier effet. C'est-à-dire : la réalité virtuelle est un des aspects du concret, et le jeu vidéo nous permet d'y entrer tous. Parce que c'est le jeu !

Parce que, nous autres, les êtres humains, nous aimons jouer. Jouer - la fonction du jeu - c'est toujours d'anticiper, de reproduire une situation à l'avance, dont on s'amuse parce que ça n'est pas une vraie situation, c'est-à-dire qu'il n'y aura pas de conséquence irréparable à nos décisions. Le jeu, il s'arrête, et vous recommencez.

Dans la vie, vous avez fait la grosse bêtise, et, hé, vous n'arrêtez pas le jeu et ça ne recommence pas, vous faites avec. Donc, ça, c'est le premier aspect : l'importance du jeu comme vecteur d'un grand saut technique. Pourquoi je dis un grand saut technique ?

Parce que je viens de vous parler de mon histoire de "aller au bord". Ben, vous voyez bien, ça a une vertu thérapeutique. Il y a quelqu'un qui m'a dit : "On va faire un jeu, on va mettre des araignées partout pour les gens qui ont peur des araignées." Et donc vous pouvez aller au contact de votre difficulté à vivre un événement, en revenir, recommencer jusqu'à ce que vous le dominiez.

Donc c'est une machine à construire l'être humain, pas à le détruire, contrairement aux apparences. Et donc, c'est une formidable machine à étudier. Parce que si vous étudiez en jeu en situation, par exemple si on pouvait interagir avec... vraiment interagir en 3D avec le jeu...

Assassin's Creed sur la Révolution, la partie du jeu qui montre Paris en 1789, c'est génial ! La reconstitution du décor, ce n'est pas un gars qui a dessiné ça dans son coin en se demandant ce qui lui passait par la tête, hein. Non !

C'est des spécialistes qui font ça, hein. Alors, c'est extraordinaire. Une extraordinaire ouverture sur le futur qui donne beaucoup d'espoirs, beaucoup d'enthousiasme.

D'ailleurs, vous le savez bien que le jeu 3D commence à entrer dans la pédagogie, parce que vous avez des simulateurs de vol d'hélicoptères, d'avions, des simulateurs de navigation. Et les simulateurs commencent à être de plus en plus nombreux. Le simulateur, c'est typiquement un apprentissage radicalement concret, hein.

Alors, voilà. Ça m'a mis vraiment dans un très grand état d'excitation et puis il y avait là-dedans, je crois, des gens qui apprécient ce que je dis. Alors, c'est ça, maintenant, le troisième aspect : l'évolution du jeu.

D'abord, un : heureusement qu'il y a une école publique, parce que sinon, ça dépendrait entièrement du privé. Deuzio : heureusement qu'il y a des gens audacieux qui veulent être des producteurs indépendants, parce que sinon, ils produiraient dans les normes dominantes, c'est-à-dire qu'ils produiraient partout la même mouise, hein, la même bouillie, comme c'est le cas dans certains arts que je ne veux pas nommer où c'est tout du pareil au même à cause des majors. Donc, là, il y a plein d'indépendants qui inventent et quelqu'un m'a dit : "J'ai observé qu'il y avait une politisation du jeu qui est croissante depuis 10 ans." C'est-à-dire que, de plus en plus, les jeux ont un sens.

Par exemple, j'étais dans une salle, il y avait des jeunes qui avaient préparé un jeu et le jeu, c'était : des gens ont trouvé... ils ont besoin de trouver de l'énergie et bon, du soleil et de l'eau.

Et alors, bon, ils sont dans leur communauté, ils vont à la recherche d'eau et d'énergie, de soleil, etc. Bon ils jouent c'est ça. La communauté se construit.

Il faut renforcer sa communauté. C'est politique, ça. Et ben oui, ce n'est pas chacun pour soi.

C'est : on travaille tous pour tout le monde. Et de temps à autre, il est possible d'aller à la rencontre d'autres communautés et ça se fait sur une base positive, c'est-à-dire qu'on échange des trucs, hein. Fantastique, non ?

Fantastique. Ça vaut mieux que 10 heures de discussion sur un programme politique sur la différence entre la compétition et la coopération. Là, tout le monde comprend du premier coup, la différence entre les deux, parce que sinon, vous perdez, hé hé, au jeu.

Donc vous apprenez, mais vous apprenez là dans votre cœur, dans vos affects. Vous n'attendez pas de vous trouver devant une situation où vous allez réagir sans savoir comment réagir, vous voyez ? Donc ça, ça m'a... j'ai trouvé ça extraordinaire.

Et l’après-midi, j'allais au salon de la BD. Alors, à la BD, ce qui m'a intéressé, c'est 2 choses : l'une, je ne vous la dis pas parce que je le dirai à Lyon, dans mon discours, parce qu'on a parlé du statut des gens qui écrivent des livres de bande dessinée, parce que ça s'appelle un livre. Quand vous parlez avec eux, personne ne dit un album.

Ils disent un livre, hein. Et bon. Plus du tiers, je crois, si je me souviens bien, vit dans la pauvreté.

Alors, ça ne va pas ça, les gars, ce n'est pas possible. Ça ne peut pas continuer comme ça. Est-ce que vous avez compris une chose ?

Vous ne pouvez pas faire une société créative si vous ne commencez pas par accumuler avant de la capacité à créer. Donc il faut des gens qui nous racontent des histoires, qui nous écrivent des romans, qui nous font des BD. On les lit, on se transforme, on emmagasine des images et puis après, on devient créatif dans d'autres domaines.

Si vous ne savez pas que c'est comme ça que ça se passe, l'esprit humain, ben, je vous l’apprends. La culture chez l'être humain, elle est cumulative. Si vous ne mettez rien dedans, il n'en sortira rien.

Voilà. C'est aussi simple que ça. Si vous y mettez que de l'argent, il n'en sortira même pas de l'argent, c'est dire.

Alors il y avait beaucoup le statut social des personnes qui font les bandes dessinées, dont on a absolument besoin qu'ils les fassent ! Sauf si vous me dites : "On n'a pas besoin de bandes dessinées, on peut vivre sans bandes dessinées." Bon, d'accord.

Et ben, ce n'est pas mon avis. Donc si on veut vivre avec des bandes dessinées, il faut des gens pour les dessiner et ces gens qui vont les dessiner, ils sont comme vous et moi. C'est des êtres humains.

Il faut qu'ils aient une vie socialement acceptable, hein, digne. Ce n'est pas possible que des gens croupissent dans la misère comme c'est leur cas. Donc, là-dedans, il faut changer beaucoup de choses.

Ça, on en parlera une autre fois. Moi, j'en reste sur le fait que l'auteur de bande dessinée, il déclenche une chaîne imaginaire, une chaîne de culture, hein. Il fait voir, connaître, découvrir des choses et il enrichit l'imaginaire.

Alors, j'ai fait le tour des stands, je n'arrêtais pas. Là, bon, là, celui-là, j'ai dit : "Je l'achète", mais je n'avais pas de sous, alors ils me l'ont donné, ils m'ont fait une ardoise. C'est "Le linceul du vieux monde", c’est la révolte des Canuts.

Alors, là, je suis en dette. J'en ai payé un, je crois, et je dois les deux autres. Alors, après, on m’en a donné d'autres.

Evidemment, j'ai plutôt pris les choses qui étaient un peu politiques. Celui-ci : "La structure est pourrie, camarade." Mmmh ?

Bon. "Tulipe", super drôle. Bon, j'en ai plein, quoi !

Ça. Celui-là, ouf ! C'est une femme qu'il l’a fait, Céline Wagner.

C'est... je ne sais même pas si on dit : "C'est de la bande dessinée." C'est quelque chose qui a avoir avec le dessin, le récit, une merveille.

Alors, j'ai essayé d'acheter le manga où j'étais dedans...

Il n'était pas là. Et on m'a conseillé de lire celui-ci parce qu'on m'a dit : "Ta culture va commencer avec ça", sur le sujet des mangas. Bon, celle-là, je la montre, c'est une petite histoire de la Révolution française parce que ça, pour le coup...

Grégory Jarry et Otto T, mmmh ? Alors, c'est marrant parce que ça raconte la prochaine révolution, pas celle de 89. Donc il a pris comme trame du récit la révolution de 89 et il y a mis de l'humour.

C'est pas lourdingue...

Un méli-mélo du monde actuel et des questions du monde actuel. Si vous voulez bien comprendre les problèmes de la bande dessinée, parce que ça peut vous intéresser, il faut vous procurer ce livre : "La bande dessinée au tournant", Thierry Groensteen. Alors, ils tenaient le samedi les états généraux, je n'y ai pas été, mais deux de mes camarades s’y trouvaient pour prendre des notes, et puis, ce que j'ai retenu de tout ça, vous le saurez en venant à Lyon ou à Paris pour voir mon hologramme.

Évidemment, il faut aussi quand même qu'on soit nombreux à Lyon parce qu'on va faire une petite démonstration de force, hein, quand même, les gens. Un truc rigolo, c'est qu'on a donné aux journalistes les jauges de toutes les salles, hein, parce que maintenant, les chiffres, ça a de l'importance. Donc, moi, je commence à en avoir un peu marre de voir que M.

Macron réunit 18 000 personnes dans une salle à 8 000 places et qu'il faut attendre 20 jours pour que le journal “L'Opinion” - qui est le seul journal qui l'a fait - dise : "Il y avait un bobard." Bon. Et puis surtout en ce moment, là, c'est tragique, hein, nous sommes... j'enregistre cette Revue de la Semaine qui va maintenant passer à la moulinette du montage, on est samedi : on n'a toujours pas les bons chiffres du résultat du vote de la primaire des socialistes du premier tour, hein !

Non mais, vous vous rendez compte, on n'a toujours pas... ils ont donné des chiffres et quand on fait l'addition, ça ne tombe pas juste.

Donc les gars, ils ont un logiciel pour calculer comment on fait de la gonflette, mais ils n'ont pas une machine à calculer pour faire une addition, et s'apercevoir que les chiffres qu'ils mettent ne tombent pas rond. C'est vraiment des amateurs, même pour la triche, encore qu’eux, ils sont bien entraînés. Moi, ce que j'ai trouvé admirable, c'est qu'au débat à la télé, avec les deux derniers, pas un mot sur la question.

Vous êtes à une élection, elle est truquée, ça vous fait quel effet ? Ça aurait été quand même une question intéressante, hein. Non, rien.

Et personne ne proteste. Tout le monde trouve ça normal. Donc, il ne faut pas m'en vouloir, hein, les gens, si je me sens, quelque part, conforté dans le choix que j'ai fait de ne pas participer à cette mascarade.

Alors, ça continue : "la primaire de la gauche." Alors, en effet...

Avant, ils disaient : "Il y a Bennahmias." Bon, très bien, il y a Bennahmias, ce n'est pas que le PS, mais là, il ne reste que le PS et ils appellent ça la primaire de la gauche ! Alors, évidemment, on se ramasse les deux qui sont là et les voilà repartis : "Ah, c'est moi la gauche, il faut se mettre avec moi, il faut se rassembler, bla bla bla bla" et d'ailleurs, vous entendez un beau discours bien construit, et pour cause, c'est de la pompette pure et simple.

Et puis, bon, pour ceux qui ont aimé : "Mon ennemi, c'est la finance", "Je vais renégocier les traités européens", "Je vais faire un impôt à 75%", alors là, mes amis, il y a du rab. Deuxième tournée. Si vous en voulez encore, il ne faut pas aller vous en priver, mais ne me demandez pas de participer à ça.

Alors, je dis ça parce que dans la semaine, il y a eu le petit numéro habituel : "Plus unitaire que moi, tu meurs." Donc M. Hamon a dit : "Je vais téléphoner", mais j'ai dit : "Mais téléphonez-moi, on va prendre un café." Là-dessus, il commence à dire quel café on va boire… et puis, bon, tout ça c'est de la comédie, hein.

Heu, bon. On me dit : "Il faut vous rapprocher." Eh ben, très bien, je me rapproche.

Pour faire quoi ? C'est ce que j'ai dit, à la fin. Il faut une candidature.

Trois jours après, Bourdin pose la question à Hamon, il dit : "Est-ce que vous êtes prêts à vous désister pour M. Mélenchon ?" Parce que c'est ça que je lui demande, à Hamon.

S'il est vraiment sincère dans ce qu'il dit, c'est de venir, de se désister, hein. Et l'autre, il répond : "Quoi qu'il arrive, il y aura un bulletin Benoît Hamon." Donc, voilà, la scène est close.

M. Hamon tend la main à ceux qui veulent se rallier derrière lui, ce que je comprends parfaitement. D'ailleurs, je pense qu’il y aura des clients pour faire ça, hein.

On va retrouver la reconstitution de ligues dissoutes. Alors, on va retrouver toutes sortes de personnalités qui étaient déjà dans les coalitions avec le Parti Socialiste, et dimanche soir, il y aura un candidat du Parti Socialiste et de ses alliés du précédent gouvernement. Point !

Et moi, ben, je continuerai ma campagne. Je vous dis tout ça parce qu'il faut quand même que je dise que ça m'a amusé, honnêtement, et puis que quelque part je me frotte les mains. J'ai des amis... parmi mes amis, des gens qui sont exaspérés du côté "la pompette", quoi !

On reproduit tout, on reprend les mots d'ordre, même la scène, la manière de faire les meetings et tout. Mais non. Il ne faut pas avoir la tête étroite dans ces situations-là.

Plus il y a de gens qui parlent comme nous, plus on élargit le champ sur lequel fonctionnent des mots. Quand j'ai commencé avec "planification écologique", ils me traitaient tous, sans exception, de partisan de l'Union Soviétique. Ces ignorants ne savaient pas que tout le monde planifiait, à part l'Union Soviétique.

Et maintenant, ça y est, le mot est en train de se répandre. Quand j'ai parlé pour la première fois d'Europe austéritaire, c'était très fermé, on a fabriqué le mot à deux, celui-là. Je peux vous le dire, je l’ai préparé avec François Delapierre.

On a dit : "Ça, c'est un mot qui peut bien résumer la situation." Et quand je fais des campagnes, je commence comme ça. Quand j'entends "6ème République" dans tant de bouches, ben, je suis content.

C'est comme ça qu'il faut réfléchir, une idée se répand, et puis après, il faut faire confiance à l'intelligence des gens. Vous aurez toujours le petit groupe de la carabistouille en train d'essayer d'arranger, magouiller je sais pas quoi pour que, bon, tac, tac, tac, tac... et après, il y a les gens normaux, qui écoutent, qui essayent de faire leur travail avec soin.

Ils comparent les programmes, ils regardent les manières de l'appliquer, de le mettre en œuvre. Ils ne s'arrêtent pas aux apparences, ils vont au fond. C'est pour ça qu'on a commencé il y a un an.

C'est pour éviter d'être à la merci du dernier rebondissement médiatique, de la dernière trouvaille de je ne sais qui, qui recopie tel ou tel paragraphe du chapitre. Tout le monde a le droit de recopier. Je vous invite tous à recopier quel que soit le parti pour lequel vous êtes candidat.

Mais nous, on est stable. On construit avec des gens éclairés qui comprennent ce qu'ils font, qui ne sont pas un ramassis de poules mouillées qui s'affolent dès qu'on leur joue une pièce. Alors, surtout en ce moment, et je vais terminer avec ça, la pièce, elle est drôle, hein.

Tous les jours, ça change. Alors, ça devait être M. Juppé.

Ça a duré un an, la comédie Juppé. Patatras ! C'est M.

Fillon. Alors, M. Fillon, ça y est, il avait gagné l'élection, hein.

On n'avait plus qu'à se préparer à subir la saignée qu'il comptait nous faire, hein. Alors, parce que ça allait être Mme Le Pen / M. Fillon.

Alors, tchouf ! M. Fillon, là, il a l'air très mal.

Très mal, hein, et il a dit lui-même à la télé, sans qu'on lui demande rien : "Si jamais je suis mis en examen, eh bien, je ne serai pas candidat." Alors, ce qu'on peut prévoir, parce qu’on connaît notre pays, c'est le pire. C'est-à-dire qu'au-delà de la date à laquelle il aura déposé sa candidature et où on pourra le faire, tac, il va être mis en examen.

C'est une histoire de fou, dans laquelle plus personne ne va arriver à se retrouver parce qu’on aura un gars mis en examen, qu’on élira, pour ne pas qu'il soit jugé. Alors j'aimerais savoir, ceux qui faisaient des reproches à Sarkozy à cause de ça, ce qu'ils vont dire de celui-ci, à cause de la même raison. Moi, je me frotte les mains parce que ça fera peut-être un de moins pour le deuxième tour.

Et puis, il y a d'autres histoires comme ça, qui vont, qui viennent. Alors, de grâce, on arrête de sauter à la corde, on regarde les programmes, on se demande ce qui est bon pour le pays, et on vote de cette manière. Quant à moi, je ne ferai pas de compromis avec moi-même, car je serai candidat d'un bout à l'autre, puisque M.

Hamon a dit qu'il serait candidat, qu'il y aura un bulletin de vote à son nom. Pour ceux qui avaient un doute sur le sens de la manœuvre, eh bien, les voilà dans la situation suivante : vous allez suivre sur mes doigts, peut-être que vous m'avez déjà vu faire. En 2012, il y avait M.

Hollande, M. Mélenchon, Mme Joly, M. Poutou, Mme Nathalie Arthaud.

D'accord ? Cinq. M.

Hollande disait déjà que si on ne votait pas pour lui en se rassemblant pour lui, ça serait la catastrophe. Bon. 30% des électeurs de M.

Hollande ont hésité entre lui et moi, et à la fin, ils ont dit : "On va voter Hollande, parce que Mélenchon est un peu énervé, alors que l'autre, il est plus calme, ça va se passer très bien tout ça." Vous avez eu Hollande, merci, vous êtes servis. Eh bien, cette fois-ci, il y aura le candidat du PS, je me mets là, c'est moi, le candidat des Verts, ils nous ont écrit que vraisemblablement, il n'y en aurait pas, M.

Poutou, il semble qu'il ait beaucoup de mal - et je comprends les deux, que ça ne doit pas leur faire plaisir - à trouver leurs 500 signatures parce que nous, on a dû ramer, et puis il restera Mme Arthaud. Donc, ce qui est le plus probable, c'est qu'on soit 3, au lieu de 5. Et à 5, on avait gagné l'élection.

Il y a des gens qui me disent : "Oui, mais vous ne comptez pas M. Macron". Supposez que je le compte, ça n'en ferait toujours que 4.

Mais je ne le compte pas. Pourquoi ? Parce que lui, il ne veut pas être compté à gauche.

Lui ne veut pas être compté à gauche, lui dit qu'il n'est pas de gauche, il n'est ni de gauche ni de droite. Nous, on connaît la musique, on dit : "Ni de gauche, ni de gauche." Voilà.

Donc c'est ça la situation, et vous savez très bien que la compétition pour l'instant la plus sauvage, elle a lieu du côté de la droite et que tout le monde va aller picorer de ce côté-là, surtout que M. Fillon est très mal en point. Bon allez, il faut que j'arrête parce que ça a vraiment été long, il va y avoir du travail de montage.

Comme d'habitude, si ça vous a plu, vous mettez les pouces bleus, parce que ça aide cette publication, beaucoup. Et ça aide ma chaîne et puis, à la fin, vous avez la description et si vous jugez que tout ça vaut la peine, eh ben, abonnez-vous parce que comme c'est gratuit, ça n'engage que votre intérêt pour ce que je viens expliquer chaque semaine et vous voyez que, même quand il faut recommencer, je suis quand même là, que ce soit dans le train, dans mon bureau ou ailleurs, voilà. Et en tout cas, ça me fait chaud au cœur de savoir que ça intéresse des gens et qu’ils participent, et ça me fait bien rigoler de voir les imitations dont je fais l'objet et j'espère que ça vous fait rire autant que moi.