Organiser la colère : les POMPIERS EN GRÈVE discutent avec ANASSE KAZIB | REPORTAGE
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Chapitres
Répartition du ton (temps de parole politique)
Attaque 80 %Défensif 20 %
Questions et réponses
Taux de réponse directe : 100 % (directe = 1, partielle = 0,5, éludée = 0)
- 0:45OuverteRéponse directe
Pourquoi avoir fait le déplacement de Bruxelles à Paris ?
- 1:30OuverteRéponse directe
Qu'avez-vous observé des incendies en France depuis la Belgique ?
- 2:57OuverteRéponse directe
Quels sont les points communs entre les pompiers belges et français ?
- 3:41OuverteRéponse directe
Quelle est la situation actuelle des pompiers en Belgique ?
- 4:24OuverteRéponse directe
Comment percevez-vous la mobilisation en France face à l'extrême droite ?
- 6:32OuverteRéponse directe
Pourquoi êtes-vous mobilisé en tant que pompier ?
Affirmations vérifiables (citations exactes)
- 2:57Fait
« Le manque d'effectif, le manque de moyens, le manque de considération. C'est le manque de aussi d'écoute par rapport aux revendications mais aussi aux besoins. »
- 6:32RéiChiffre
« On a plusieurs centaines de milliers de d'hectares qui ont brûlé, plusieurs centaines. On a 200 maisons qui ont été totalement détruites. On a quatre sappeurs pompés qui sont décédés. »
- 7:15RéiFait
« On est à l'aube d'une catastrophe sanitaire chez les sapeurs pompiers. »
- 9:10RéiFait
« Depuis 2022 et là, cet été 2026, on a rien eu du tout. »
- 11:01RéiChiffre
« C'est combien le salaire moyen d'un pompier à peu près en début de carrière ? Début carrière, on est autour de 1700 1800 1800 € ? »
Temps de parole
- ?100 %
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Monsieur Nunz, monsieur Macron, méfiez-vous de la colère d'homme de sapeur pompier patient. Salut à tous, on est en direct de la manifestation parisienne du 29 septembre. J'ai l'honneur d'être avec des camarades pompiers de Bruxelles qui sont venus exceptionnellement à Paris. Ils étaient là déjà pour rencontrer les pompiers de France qui occupent le champ de Mars et qui manifestent aujourd'hui. Et puis euh ils sont à nos côtés à Paris. Euh vous l'avez suivi il y a quelques mois en arrière, il y avait des grandes mobilisations notamment en Belgique à Bruxelles qu'on a beaucoup couvert avec révolution permanente là-bas où il y a une colère qui est la même contre ces gouvernements néolibéraux. C'est des attaques austéritaires, des
contreréformes et cetera et cetera. Euh je vais peut-être demander à Pablo pourquoi euh vous avez mis un point d'honneur à être là aujourd'hui et pourquoi c'est important de euh pour vous de venir de Bruxelles à Paris ? Oui, ben ce qu'on a vu, c'est que les revendications des pompiers de Belgique mais aussi des pompiers euh de France ou même d'Espagne sont exactement les mêmes. Avec la crise climatique, on voit que le manque de moyen, il est devenu euh gigantesque, euh le manque de personnel est devenu gigantesque. Et donc pour nous, c'était hyper important de venir en solidarité avec nos collègues, nos collègues français quoi. Ça Sacha, tu as suivi le les incendies
cet été. Euh vous êtes dit quoi vous vu de vous depuis la la Belgique sur la situation catastrophique des pompiers euh euh durant cet été ? On s'est on s'est fait la même réflexion que comme un des mortels. Déjà, on s'est dit que les défis futurs étaient énorme pour notre corps de métier et que ça accentuait encore plus le manque de moyens qui est criant depuis déjà pas mal d'années, le manque d'effectif et et je pense que cette crise climatique, elle a mis en exerg tout ça. Mais bien sûr, ça fait des années que ces symptômes, ils sont là, que on savait que ça allait arriver. Ça montre aussi l'absence de prévoyance. Ça montre bah c'est vraiment un exemple de des conséquences que peuvent avoir ces
politiques néolibéral euh sur notre métier et sur le quotidien de chacun, la sécurité, enfin tout ce que ça peut entraîner quoi. C'est quoi les points communs avec entre vous et les pompiers français dans le travail ou en tout cas dans la dégradation plutôt du travail aujourd'hui ? Bah ils sont extrêmement nombreux. C'est le manque d'effectif, le manque de moyens, le manque de considération. C'est le manque de aussi d'écoute par rapport aux revendications mais aussi aux besoins et c'est multiple en fait. Ils sont vraiment similaires en tout point et on peut faire des parallèles sur tous les points aujourd'hui entre la Belgique, la France et à mon avis pour l'Espagne, c'est exactement la même chose. Ça montre bien que le problème il est il est structurel, il est
systémique, il est pas dans une question de gestion des des corps de pompiers indépendamment les uns des autres quoi. C'est quoi la situation Pablo euh pour les pompiers en Belgique actuellement et même pour la classe ouvrière de manière générale ? Quoi un peu l'état des des lieux là-bas un peu en cette rentrée ? En fait, on a passé une séquence en Belgique de lutte très massives avec des manifestations, des mobilisation, des grèves qui ont été extrêmement bien suivies par l'ensemble de la classe ouvrière belge et particulièrement par les pompiers, par les pompiers de Bruxelles. Mais ici, on arrive un peu dans un moment d'impasse où ben les
directions syndicales, elles nous envoient de de journée en journée, enfin de journées de mobilisation en journée de mobilisation. sans qu'elles n'aient aucun lien pour pouvoir construire un rapport de force euh qui qui est durable et qui met la pression au gouvernement. Donc pour l'instant, on est on en est là et nous, on doit se on va devoir penser en tant que pompier comment est-ce qu'on peut créer des liens avec les autres secteurs, par exemple avec les enseignants en Belgique qui sont de retour dans la lutte et comment on peut bah pousser pour construire un vrai rapport de force depuis la base quoi. Vous qui êtes en Belgique, il y a il y a un discours un peu euh chez certains en France à considérer que là il y a pas de
lutte en France, que il y a beaucoup une forme de de scepticisme, de fatalisme dans la lutte. Vous qui êtes à l'extérieur de la France, mais en même temps qui euh suivez, c'est quoi votre vision à celles et ceux qui pensent qu'il y a pas de lutte en France, que on n'est pas capable de se mobiliser, que face à l'extrême droite, l'arrivée possible en 2027 de l'extrême droite, quel est votre regard à vous notamment par rapport à cette rentrée ici en France, le les blocus dans les lycées, le 17 octobre qui est en train de se préparer cette journée là aujourd'hui, la colère dans les réseaux sociaux. Vous voyez comment vous en depuis la Belgique, est-ce que vous dites les Français ça se bat pas assez ou bien vous dites au contraire on devrait s'inspirer ? Ouais, je pense au
contraire au contraire nous en Belgique, on est plutôt envieux de cette culture de la lutte française. Bien sûr, on se rend compte aussi que elle est pas non plus suffisante, qu'elle doit s'étendre toujours plus pour euh pour arriver à plus de victoires. Et pour autant, je pense que en Belgique, on a beaucoup une politique de compromis et qui est qui est encore moins combative. Et donc, je pense qu'on est plutôt admiratif de cette culture là en France et de cette combativité et bien sûr du mouvement des lycéens actuellement encore plus et ça nous donne de l'espoir et d'une source d'inspiration au contraire pour nos luttes en Belgique.
Chers amis, bonjour à tous. On est au cœur de la manive du 29 septembre à Paris. Énormément de monde et surtout énormément de pompiers qui sont présents. Vous le savez hier, ils étaient ils occupaient le champ de Mars. Ce matin, ils ont manifesté puis ils ont rejoint cette manifestation interpro qui dénonce la case des services publics, qui réclame l'augmentation des salaires et cetera. Et je suis content parce j'ai retrouvé le camarade Réi de Sud 10 avec lequel on avait partagé un plateau commun à l'époque Balance ton poste face à Anouna où il y avait c'était le premier jour de la grève des retraites par point le la fameuse réforme de Levois et Réi on te retrouve ici. Est-ce que tu peux nous dire pourquoi vous êtes
mobilisé en tant que pompier hier et aujourd'hui ? Écoute, c'est simple. [musique] Cet été là, ça a été une catastrophe. On a plusieurs centaines de milliers de d'hectares qui ont brûlé, plusieurs centaines. On a 200 maisons qui ont été totalement détruites. On a quatre sappeurs pompés qui sont décédés. On a 200 euh sapeurs pompés qui ont été blessés dont certains très gravement on a 30 véhicules incendies qui ont été détruits. Et dans n'importe quel pays normalement constitué, un pays civilisé, un pays démocratique, les autorités qui sont responsables de ce fiasco, elles auraient démissionné. Il y a qu'en France et en Europe où les gens qui sont responsables de ce fiasco, elles restent à la tête d'une administration. Et on voit, il y a énormément de de colère
parce que souvent les pompiers, on vous laisse de côté comme si vous étiez un corps à part impartial sur la la société. La réalité c'est que vous avez des problématiques comme les autres travailleuses et travailleurs, que ça soit sur le salaire, les conditions de vie, même les conditions sanitaires. Là, je pense notamment à à tout ce que ça va engendrer comme maladie, le fait d'avoir respiré euh tous ces gaz et cetera pendant pendant des semaines et des semaines dans les feux de forêt. Mais c'est exactement ça. Tu mets le doigt exactement où ça fait mal. On est à l'aube d'une catastrophe sanitaire chez les sapeurs pompiers. Écoute bien à l'aube d'une catastrophe sanitaire, on a des sapeurs pompiers qui ont été exposés au plus près du feu à 2 3 m de l'incendie en permanence pendant des
semaines. Et en parallèle, les personnes qui habitaient à 50 km, à 100 km, elles étaient confinées dans leur domicile parce qu'il y avait des particules en suspension qui étaient cancéreuses. Et nous qui sommes au contact du feu directement, on voudrait nous dire que d'être protégé avec une cagoule, celle que tu utilises quand tu vas au ski, hein, celle-ci, elle nous protègerait contre les fumées et cetera. On a les pays qui sont arrivés, Roumanie, Pologne, Turquie, on a euh les Croates, on a des Allemands qui sont arrivés avec des cartou filtrantes, ils sont arrivés avec des détecteurs de monoxyde de carbone. Aujourd'hui, la France 7e puissance mondiale. On n'a pas été capable de donner ça à nos sapeurs pompiers sur le terrain. Et nous, il y a quoi qui a avancé entre la fin
des incendies et aujourd'hui ? Qu'est-ce qu'il y a concrètement pour les pompiers que ça soit aussi bien pour vos conditions de travail, de salaire ? Est-ce qu'il y a eu des primes ? Est-ce qu'il y a eu quelque chose pour vous remercier ou il y a eu des médailles ? [rires] Est-ce qu'il y a des médailles en chocolat ? Et est-ce queil y a du matériel en plus ? Parce que on le sait toutes et tous. Enfin, je veux dire, il fait 27°gr, on est le 29 septembre donc on sait qu'on va partir sur des années et des années de crise à répétition comme ça. Qu'est-ce qu'a fait le gouvernement depuis la fin des incendies pour vous ? Alors euh alors depuis la fin des incendies, ce qui faut savoir quel incendie on parle parce que déjà en 2022, on avait eu les incendies en
Gironde, ce qu'on appelle les mégafeux. J'ai même entendu cet été nos autorités parlent de feux méchants. Feu méchants. J'ai jamais entendu ça. Moi je suis pompier depuis 36 ans. J'ai jamais entendu parler de feu méchants. Des feux diaboliques. En fait, ils essayent de faire penser que quand on utilise cette sémantique des feux diaboliques, bah en fait, on aurait pu avoir tous les moyens qu'on voulait, tous les engins, tous les avions qu'on voulait, on aurait jamais pu l'éteindre parce que c'était l'intervention divine. Donc depuis 2022 et là, cet été 2026, on a rien eu du tout. Là, on est encore là à la minut où je suis en train de te parler. à 15h, mes collègues étaient reçus par Nunz pour nous dire qu'il n'y aura rien, rien du tout. En fait, les flagorneurs
d'aujourd'hui sont les amnésiques de demain parce que juillet-août tout le monde est inquiet, on voit les vidéos sur les chaînes et puis en septembre on passe à autre chose. On est avec le gazoil à 2,40 €. On est concerné également. On passe à à la rentrée scolaire, on passe à et puis on va oublier et en juin l'année prochaine, ça va recommencer et c'est de plus en plus précoce. jeudi, juin mais ce sera mai et c'est vas-y vas-y ça va ça va être de plus en plus précoce et puis ça va être de plus en plus tardif. On a encore des incendies la fin septembre qui sont en train de couver de partout. Surtout qu'on voit que dans les budgets tout est en train de d'être attaqué sauf le budget de l'armée et le budget de la de la police. Mais la sécurité incendie et cetera, il y a il y a rien qui est en
train de se faire. Il y a rien du tout. La preuve, c'est que dans le projet de loi qu'on vient de nous poster il y a pas longtemps, le 8 septembre dernier, c'est qu'on a les pompiers volontaires également qui travaillent avec nous. On a les pompiers professionnels, donc je suis pompier professionnel et les pompiers volontaires. Et là maintenant, c'est marqué dans les articles du projet de loi. Une fois qu'on a rincé les professionnels depuis longtemps, on a rincé les pompiers volontaires, on vient de trouver un nouveau un nouveau filon, c'est le bénévola. OK ? Le bénévola s'est inscrit dans la loi. Ils veulent aller chercher les associations agréées de sécurité civile, c'est-à-dire les bénévoles. On va encore rincer une nouvelle ressource. En fait, le modèle
de sécurité civile en France que tout le monde nous envie, que tout le monde veut reproduire, mais que personne ne reproduit nulle part, c'est un modèle économique. C'est un modèle qui repose principalement sur la sur des sapeurs pompiers volontaires qui sont payés sans avec des vacations qui sont non imposables, non saisissables. C'est un vrai scandale ce que nous sommes en train de vivre en France. C'est combien le salaire moyen d'un pompier à peu près en début de carrière ? Début carrière, on est autour de 1700 1800 1800 € ? Ouais. 1800 € pour travailler les weekends, les nuits, les jours fériers et risquer sa vie. Et risquer sa vie. Et un pompier professionnel quand il rentre, il a 5 ans d'espérance supplémentaire à l'espérance de vie moyenne parce que bah
on n pas de diabétique, on a pas de cholestérol, on a pas on les sélectionne avec une une condition physique qui est top. Ouais. Et au bout de 10 ans de carrière, 15 ans de carrière, on est à l'équilibre. On a perdu 5 années et à la fin de carrière on perd encore 2 années. Donc en fait sur toute notre carrière on a 7 ans d'espérance de vie en moins que ce que nous avions au débit avec un bonus au départ. C'est quoi les deux trois revendications centrales des pompiers que que vous avez apporté aujourd'hui ? Tu vas être surpris, je vais pas demander un centime de salaire. Ouais. Nous ce qu'on veut c'est du matériel pour travailler. Du matériel avec des véhicules. Nous manque 1000 camions c de forêt. Il nous manque des avions. Il nous [musique] manque également des
personnes à mettre à l'intérieur. Des pompiers professionnels. C'est pas dur des pompiers professionnels. Il y en a 3000 là qu'on pourrait recruter immédiatement. C'est les lauréat du concours de pompiers professionnels. Il suffit d'appuyer sur un bouton et tu en as 3000 qui rentrent dans les casernes. C'est juste la volonté. Il y a pas de crise d'évocation, c'est une crise des recrutements qu'on a chez nous. D'accord. Et ensuite le dernier point c'est de faire tout ce qu'il faut pour la promotion de la santé sécurité des pompiers. On a une espérance de vie, comme je viens de te l'indiquer, de 7 ans inférieur à la moyenne et on est encore équipé comme il y a 20 ans en arrière. 20 ans en arrière. Un dernier mot, qu'est-ce que tu as envie de transmettre comme message à
toutes celles et ceux qui vont regarder cette vidéo ? Ceux qui sont euh solidaires des pompiers, qui sont inquiets aussi vis-à-vis des incendies. Euh toi qui est militant syndical aussi, quel message de combativité peut-être tu voudrais transmettre ? Monsieur Nunz, monsieur Macron, méfiez-vous de la colère d'homme de sapeur pompier patient. Merci Réy et à très vite. Merci à toi. Merci.
Anasse Kazib