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Podcast / conversationBACKSEAT· 11 avril 2026 46 minContradictoireActualité / polémiqueSécuritéEnvironnement & énergieInstitutions & électionsÉconomie & entreprises

Au cœur de Beyrouth bombardée - l'Actu de la semaine

Source d'origine 4 locuteurs

Audio original de l'émission.

Transcription Whisper (large-v3), avec identification des locuteurs. À recouper avec la source d'origine.

Analyse automatique

Générée par IA — peut contenir des erreurs. Méthodologie

Chapitres

Répartition du ton (temps de parole politique)

Attaque 70 %Défensif 30 %

Questions et réponses

Taux de réponse directe : 94 % (directe = 1, partielle = 0,5, éludée = 0)

  • 1:46OuverteRéponse directe

    Est-ce que tu es en sécurité Arthur ?

  • 2:31RelanceRéponse directe

    Est-ce qu'Israël continue ces bombardements aujourd'hui ?

  • 3:30OuverteRéponse directe

    À quel point ces frappes étaient massives ?

  • 7:04OuverteRéponse partielle

    Quel est le sentiment de la population à Beyrouth vis-à-vis du Hezbollah ?

  • 9:19OuverteRéponse directe

    Que signifie l'annonce de Netanyahou sur les négociations avec le Liban ?

  • 10:26RelanceRéponse directe

    L'axe de dialogue avec le Liban était de demander le désarmement du Hezbollah. Est-ce réaliste ?

Affirmations vérifiables (citations exactes)

  • 4:06InvitéChiffre
    « Il y avait hier, quand j'y étais dans la nuit, 20 personnes qui avaient été tirées des décombres, 7 qui s'y trouvaient encore. »
  • 4:16InvitéChiffre
    « Il y a encore 5 personnes qui sont sous ces gravats. »
  • 15:53PrésentateurFait
    « Donald Trump avait menacé de faire disparaître la civilisation iranienne. »
  • 21:51PrésentateurFait
    « Est-ce que c'est une réussite ? Non. Non. Et pour Israël, non plus. »
  • 32:28PrésentateurChiffre
    « Ça fait 14 millions de dollars par jour. »
  • 35:03PrésentateurFait
    « ce texte de loi est censé combattre les formes renouvelées de l'antisémitisme en créant un nouveau délit réprimant le fait de provoquer à la destruction ou à la négation d'un état ou de faire publiquement l'apologie de sa destruction ou de sa négation »
  • 35:14PrésentateurFait
    « le texte est inscrit à l'ordre du jour de l'Assemblée Nationale pour les jeudis 16 et vendredi 17 avril prochain »
  • 37:12PrésentateurChiffre
    « il y a 120 députés qui sont co-signataires, essentiellement des macronistes, mais aussi quelques socialistes comme Jérôme Gage et François Hollande »
  • 40:24PrésentateurFait
    « l'eurodéputée insoumise Rima Hassan a été placée en garde à vue jeudi dernier pour apologie du terrorisme »
  • 43:36IntervenantFait
    « il y a eu non-lieu, elle avait du CBD »
  • 44:23PrésentateurFait
    « il y a une question qui se pose aussi sur son immunité parlementaire »

Temps de parole

  • Intervenant23 %
  • Invité22 %
  • Présentateur19 %
  • Présentateur 216 %
  • Locuteur non identifié16 %
  • ?4 %

≈ 15,5 interruptions / 10 min (chevauchements et interjections détectés).

Modèle mistral-small-latest · prompt v1 · les citations sont vérifiées mot pour mot dans le transcript ; le taux de réponse directe est calculé à partir des verdicts question par question. Aucun label idéologique n'est produit.

0:04
Locuteur

Nous,

0:04
Présentateur

on pense que ce n

0:05
Locuteur

'est

0:05
Présentateur

pas Bolloré qui va vous aider à vous y retrouver là-dedans. On a besoin d'une émission indépendante. C'est de plus en plus difficile de trouver des partenaires pour financer Baxit. Si vous pensez qu'elle a sa place dans le paysage médiatique, sur Internet, soutenez Baxit, participez à son financement.

0:20
Locuteur

Alors,

0:21
Présentateur

on va parler d'un sujet important puisque Donald Trump, le cri haut et fort, les États-Unis auraient remporté la victoire face à l'Iran dans la nuit de mardi à mercredi. Le président américain a annoncé un cessez-le-feu de 15 jours dans la guerre qu'il menait aux côtés d'Israël contre la République islamique et ses alliés dans la région. Ça avait commencé le 1er mars dernier, appelez-vous. Quelques heures plus tard, malgré les conditions du cessez-le-feu, Israël a mené sa plus grande frappe coordonnée contre le Liban.

Ses frappes dans le centre et le sud de Beyrouth, ainsi que dans des villes et des villages de l'est et du sud du pays, ont tué 254 personnes et blessés, plus de 1000 autres, en une seule journée. Pour en parler, on retrouve en distance et en direct de Beyrouth, un tonnerre d'applaudissements pour Arthur Saradin. Salut Arthur, est-ce que tu m'entends bien

1:10
Locuteur

? Alors,

1:12
Présentateur

on a perdu Arthur, visiblement. La connexion en direct de Beyrouth peut être un petit peu difficile, effectivement. Je le présente quand même à Arthur, est journaliste correspondant au Liban pour plusieurs médias français, dont Radio France, Libération ou encore LCI. Est-ce qu'on a réussi à récupérer Arthur

1:29
Locuteur

? On

1:31
Présentateur

est en train d'essayer. Salut Arthur, est-ce que tu m'entends bien

1:33
Locuteur

? Ouais,

1:35
Invité

je t'entends très bien.

1:36
Présentateur

On t'entend super bien ici à Avignon. Arthur, merci beaucoup d'être avec nous en ligne. On sait que tu es très sollicité et que la situation doit être assez difficile sur place à Beyrouth. Question pour toi d'abord, est-ce que tu es en sécurité Arthur

1:48
Locuteur

?

1:50
Invité

Alors oui, on a eu quand même il y a quelques minutes des ordres d'évacuation de la banlieue de Beyrouth.

1:56
Locuteur

C'est

1:56
Invité

pour ça, je vous parle un peu en marchant parce qu'on est parti avec des confrères de cet endroit où on était en train de travailler. La situation, elle est hyper volatile ici. C'est-à-dire qu'on a entendu, on nous a rapporté beaucoup de bombardements dans le sud du pays. On sait qu'ils vont être amenés à se poursuivre aujourd'hui dans la capitale. Sans doute dans la nuit, on a entendu plein de frappes la nuit dernière, en plus des opérations qui avaient été menées

2:18
Locuteur

dans

2:19
Invité

la journée et qui avaient fait plusieurs centaines de morts. Donc on est en sécurité, mais on ne sait pas ni quand ni où l'armée israélienne pourrait frapper.

2:28
Locuteur

Donc

2:29
Présentateur

il y

2:29
Locuteur

a

2:29
Présentateur

encore beaucoup d'incertitudes de ce que tu nous dis. Est-ce qu'Israël continue ces bombardements aujourd'hui

2:34
Locuteur

?

2:36
Invité

Alors oui, elle les poursuit. Par exemple, aujourd'hui,

2:39
Locuteur

il

2:39
Invité

y a eu un bombardement contre le dernier pont dans le sud du Liban qui menait dans cette région. Donc même un communiqué de l'armée israélienne avait été publié où l'état-major israélien se targuait justement d'avoir isolé cette région du reste du pays.

2:53
Locuteur

Là,

2:54
Invité

je voulais vous montrer, c'est aussi pour ça que je marche un peu. L'enjeu aujourd'hui pour les Libanais, c'est de fouiller les décombres des frappes d'hier. Par exemple, là, je suis dans un quartier qui s'appelle Aynem Reissé.

3:05
Locuteur

Je

3:05
Invité

ne sais pas si vous voyez derrière moi.

3:07
Locuteur

C

3:07
Invité

'est des immeubles entiers qui ont été bombardés. Donc la défense civile, elle est toujours dépêchée. Vous voyez, il

3:14
Locuteur

y

3:14
Invité

a des secouristes derrière moi. Il y a des voisins qui essaient de retrouver un peu dans les décombres des effets personnels. Et en fait, depuis ce matin, tout le Liban est mobilisé pour essayer de réagir aux frappes d'hier.

3:27
Locuteur

J

3:27
Présentateur

'en ai parlé un petit peu justement dans l'introduction de ces frappes d'hier. Mais pour nous rendre compte,

3:31
Locuteur

est

3:31
Présentateur

-ce que tu peux nous dire à quel point elles étaient massives, importantes, ces frappes

3:35
Locuteur

?

3:37
Invité

Je vais vous donner un exemple. Par exemple, là, on est dans ce quartier du nord de Beyrouth. Aynem Reissé, ça n'a jamais été touché pendant la guerre de 2024. Et par le passé, c'est un quartier qui a toujours été épargné. Vous voyez, c'est des bâtiments qui sont plutôt huppés derrière. C'est classe moyenne supérieure. Il y

3:53
Locuteur

a

3:53
Invité

quand même des très vieilles bâtisses qu'on voit typiques de l'architecture des routes 10 centimaires. Et c'est un immeuble derrière moi ici qui a été entièrement effondré. C'est-à-dire que je crois qu'il faisait 5 étages. Il y avait hier, quand j'y étais dans la nuit, 20 personnes qui avaient été tirées des décombres, 7 qui s'y trouvaient encore. Et d'après les secours de la défense civile à qui j'ai pu parler avant de venir, il y

4:17
Locuteur

a

4:17
Invité

encore 5 personnes qui sont sous ces gravats. Ils ont seulement pu, vous voyez, derrière moi un peu déblayer la route. Mais c'est quelque chose qui est ingérable pour un pays comme le Liban qui est encore failli, qui a du mal à justement pouvoir dépêcher autant de personnel médical pour faire face à la situation. Pour vous donner un exemple, au Liban,

4:38
Locuteur

on

4:38
Invité

n

4:38
Locuteur

'a

4:38
Invité

pas de banque du sang, par exemple. Donc hier, il y

4:40
Locuteur

a

4:40
Invité

eu des appels dans tout le pays pour que les habitants viennent donner leur sang parce que les hôpitaux étaient débordés et que c'était impossible pour eux de répondre à la demande avec plus de 1000 blessés qui arrivaient de partout dans le pays.

4:52
Intervenant

Alors, qu

4:52
Locuteur

'est

4:52
Intervenant

-ce qu'on sait, qu'est-ce qu'on comprend des objectifs d'Israël ? Dans le sud du pays, apparemment, ils veulent faire une zone tampon, c'est-à-dire qu'ils rasent des villages entiers. L'idée,

5:00
Locuteur

c

5:00
Intervenant

'est que ça fait beaucoup de réfugiés, mais plus personne pourra y retourner, de ce qu'on comprend. Mais pour ce qui est de Beyrouth, même Beyrouth Sud, on continue à essayer de décapiter le Hezbollah, de tondre la pelouse. C'est ça qu'on comprend. C'est une expression qu'ils utilisent, eux, tondre la pelouse. C'est-à

5:14
Locuteur

-dire

5:14
Intervenant

que de temps en temps, il faut continuer à éliminer des chefs. C'est ça qu

5:18
Locuteur

'ils

5:18
Intervenant

sont en train de faire, là, en ce moment, à Beyrouth

5:20
Locuteur

? Oui,

5:22
Invité

c'est vrai. Il y a une double stratégie, en fait. Alors, il y a celle du sud, qui est une stratégie pour colonisation, occupation, annexion. On verra ce que ça donnera. Moi, j'appelle surtout ça une stratégie de décivilisation, parce qu'on empêche, en effet, aux civils de revenir. Et en plus de les prendre pour cible dans la région, on détruit les infrastructures civiles, on rase méthodiquement leurs maisons.

5:44
Locuteur

Ici,

5:44
Invité

à Beyrouth, on n'a que des théories pour l'instant. Moi, je me souviens, avec un ami, hier, on s'est dit c'est le bouquet final, c'est-à-dire qu'on s'est souvenu qu'en 2024, l'armée israélienne, avant de signer un cessez-le-feu, avait bombardé partout dans la capitale. Et on s'est dit, voilà, c'est un peu leur au revoir, ils vont faire des dizaines de morts, voire des centaines, et après, tout s'arrêtera. Et puis, on a écouté les déclarations américaines qui nous disaient que non, l'armée israélienne avait encore leur soutien pour les opérations au Liban. Et donc, c'est un peu difficile pour nous maintenant d'y voir clair.

On essaie soit de parier sur le fait que c'est une manière de faire capoter les négociations autour du cessez-le-feu avec Téhéran, en contraignant justement l'Iran à réintervenir dans le conflit au nom de son allié. Ou alors, on peut estimer que l'armée israélienne en a fini de ses opérations militaires en Iran et qu'elle décide de peser de tout son poids au Liban dans des objectifs qui sont encore très, très flous. Parce qu'en effet, décapiter le Hezbollah, comme c'est souvent matraqué par l'état-major israélien, ça ne

6:47
Locuteur

veut

6:47
Invité

pas dire grand-chose. Le Hezbollah, c'est beaucoup de choses au Liban. D'ailleurs, c'est plus qu'une organisation militienne.

6:52
Locuteur

Bien.

6:53
Présentateur

Merci. Salut Arthur. Déjà, merci beaucoup de prendre le temps d'être là avec nous. Tu parles du Hezbollah et moi,

6:59
Locuteur

j

6:59
Présentateur

'avais une question pour toi qui, j'imagine, est difficile et qu

7:02
Locuteur

'on

7:02
Présentateur

ne

7:03
Locuteur

va

7:03
Présentateur

pas pouvoir y répondre facilement. Mais quel est le sentiment de la population, justement, et plus particulièrement là où tu te trouves à Beyrouth, parce que c'est un peu particulier, je sais, dans la vallée de Baka ou dans le sud du Liban, par rapport justement au Hezbollah ? Il y en a beaucoup qui considèrent que, finalement, ils sont pris entre une espèce de tenaille et que le Liban n'a rien à voir dans ce conflit avec l'Iran et que

7:24
Locuteur

c

7:24
Présentateur

'est à cause du Hezbollah. Comment les gens le perçoivent sur place ?

7:29
Locuteur

Alors,

7:30
Invité

il faudrait peut-être même un livre pour répondre à ça, mais c'est vrai que le Hezbollah, c'est un point central de division au Liban et pour des raisons qui sont presque toujours légitimes, même si parfois elles se contredisent. C'est-à-dire que vous avez en effet des gens qui estiment que le Hezbollah a suicidé le Liban en rentrant dans la guerre. Et c'est vrai que l'action du Hezbollah, qui a été la sienne en rentrant dans ce conflit, a été surtout pour ouvrir un front de soutien à son allié qui est Téhéran et qui est aussi son principal parrain puisque c'est grâce à lui qu'il est né et c'est Téhéran qu'il le finance. Et donc, beaucoup ont estimé que ce n

8:04
Locuteur

'était

8:04
Invité

pas un conflit qui concernait les Libanais et que le Hezbollah n'avait pas à entraîner le pays entier dans une confrontation qui n'est pas la sienne et où le prix est celui de destruction massive pour les civils. Moi, je me souviens d'une déclaration qui avait été faite par le ministre de la Culture, Hassan Salameh, sur France Inter, il y a quelques semaines, qui ne

8:20
Locuteur

me

8:20
Invité

semblait pas inintéressante parce qu'il résumait bien ce qu'était le Hezbollah. Il parlait de l'Iran et du Hezbollah et disait que l'Iran avait été les sages-femmes du Hezbollah quand il était né dans les années 80. Et c'est vrai que si on considère que l'Iran est la sages-femmes du Hezbollah, ça veut dire que le Hezbollah a des parents. Et donc, ces deux parents, c'est d'un côté, un État libanais failli qui lui a permis d'exister parce qu'au Liban, tous nos partis politiques sont hérités des milices de la guerre civile. Et d'un autre côté, le Hezbollah, il est aussi né d'un autre parent, c'est l'occupation israélienne. Dans les années 80, le Hezbollah, il s'est

8:51
Locuteur

créé,

8:52
Invité

fondé, renforcé face à l'occupation israélienne. Plus l'armée israélienne menace le sud du Liban, plus le Hezbollah renforce sa base militante et se trouvent des raisons d'exister puisqu'il donne presque raison à ses armes là où l'armée libanaise n'a pas les moyens de défendre le territoire.

9:09
Présentateur

Arthur,

9:10
Locuteur

on

9:10
Présentateur

vient de l'apprendre pendant que tu nous parlais. Benyamin Netanyahou vient d'annoncer qu'il demandait à ses équipes d'ouvrir des négociations directes avec le Liban.

9:19
Locuteur

Qu

9:20
Présentateur

'est-ce que ça veut dire

9:20
Locuteur

?

9:23
Invité

En tout cas, déjà, ça veut dire que je l'apprends parce qu'il y avait eu depuis plusieurs heures, enfin, non, pas plusieurs jours, parce que ça a commencé hier, des appels vraiment internationaux à inclure le Liban dans le siège de la désescalade. Il y avait le président libanais qui avait dit qu'il avait plus ou moins parlé avec toutes les chancelleries occidentales et reçu des échos assez positifs à ce sujet. On sait qu'Emmanuel Macron, mais aussi le gouvernement espagnol et d'autres pays européens avaient poussé depuis 24 heures, même Emmanuel Macron, en agitant le spectre de revenir sur l'accord entre l'Union européenne et Israël pour obtenir un cessez-le-feu au Liban.

Si Benyamin Netanyahou, justement, va à la table des négociations, c'est quelque chose de très, très, très nouveau, parce que jusqu'à présent, depuis un mois de guerre, et malgré les appels des autorités libanaises, l'armée israélienne, enfin, l'État israélien, refusait catégoriquement d'entamer des négociations.

10:18
Intervenant

– Oui, c'est compliqué comme situation, notamment pour la France, qui se retrouve alliée d'Israël et soutien historique aussi du Liban. On en est où, là, exactement ? C'est-à-dire que l'axe de dialogue avec le Liban, c'était de demander au Liban de désarmer le Hezbollah, de démanteler autant que faire se peut le Hezbollah. Ce n

10:38
Locuteur

'est

10:38
Intervenant

pas un objectif réaliste, ces jours-ci ?

10:40
Locuteur

– Oui

10:43
Invité

et non, parce que, alors, ce n

10:45
Locuteur

'est

10:45
Invité

pas réaliste de la manière où on présente les choses. C'est vrai, parce que beaucoup, par exemple, de puissances occidentales demandent à l'armée libanaise de s'en charger. Et c'est vrai, dans un monde idéal, il faudrait que le Liban soit débarrassé de toutes ses forces militiennes, et un État qui soit réellement démocratique et pas hérité des seigneurs des guerres, et que l'armée nationale, comme n'importe quel pays, ait le monopole de la violence et puisse être la seule, au nom d'un gouvernement démocratique, à pouvoir entraîner le pays ou non dans une guerre. Le problème, c'est que l'armée libanaise, elle a été historiquement affaiblie par les puissances occidentales.

Pour être tout à fait honnête, depuis la création du Liban, les pères fondateurs du Liban ne voulaient pas d'une armée très forte, ils avaient peur que dans un pays aussi confessionnel, ça crée du déséquilibre. Mais à vrai dire, depuis la guerre civile, les États-Unis, qui sont les premiers pourvoyeurs de fonds pour l'armée libanaise, ont toujours empêché l'armée libanaise d'avoir des missiles anti-drones, d'avoir de l'équipement aérien, on n'a pas une aviation militaire au Liban.

Et donc c'est difficile aujourd'hui de demander à une armée qu'on a historiquement affaiblie de faire en une période réduite une action qui est celle du désarmement du Hezbollah que l'armée israélienne n'a pas réussi à faire en 40 ans et sans lui permettre d'avoir les moyens matériels justement de remplacer aussi le Hezbollah au sud dans tout l'aspect sécuritaire pour protéger la frontière.

12:10
Présentateur

Dernière question pour toi, Arthur. Est-ce que tu peux te déplacer ?

12:14
Locuteur

Est

12:14
Présentateur

-ce que tu réussis à travailler dans de bonnes conditions malgré tout

12:17
Locuteur

? Pas

12:20
Invité

trop. Parce qu'en fait, c'est ce que je disais au début, l'intervention c'est toujours un peu l'intime qui se mêle quand on couvre le Liban. Et journalistiquement, il y a aussi un enjeu qui est difficile, c'est celui de, moi je dis toujours, de trouver les mots à la hauteur de la vérité, de la vérité qu'on a envie de documenter. Moi j'aurais aimé passer des jours sur cet immeuble ici, dans un monde idéal. J'aimerais pouvoir retrouver tous les noms des familles qui ont vécu ici. J'aimerais m'attarder, on les voit ici, les effets personnels des habitants qui ont été soufflés. J'aimerais bien regarder qui ils étaient, avoir leur histoire, les retrouver, nommer les blessés.

Mais le problème c'est qu'hier, on a eu 100 frappes à travers tout le pays. On est beaucoup à voir des proches déplacés dans nos maisons, même certains journalistes à être déplacés, moi ce n

13:08
Locuteur

'est

13:08
Invité

pas mon cas. Il y a vraiment quelque chose de très dur aujourd'hui, à documenter justement le Liban, parce qu'on n'a pas le temps, parce que c'est trop violent, parce que c'est des enjeux qui nous dépassent. Et on essaie de raconter, là comme j'essaie de prendre un peu le temps pour le faire, un maximum de récits et de voix libanaise, parce que c'est aussi parce qu'il y a ces récits qu'on arrive à ne pas être sous enclave et à conscientiser un peu les gens autour de ce qui est en train de se passer ici et de l'importance de ne pas oublier ce pays.

13:40
Présentateur

Merci beaucoup Arthur Saradin d'être venu en direct de Beyrouth

13:45
Locuteur

sur

13:46
Présentateur

Backseat. On retrouve ton travail notamment dans Libé. C'est toi qui signe l'article qu'on retrouve à la une du journal aujourd'hui. On te retrouve aussi sur Radio France, sur LCI et sur Radio Canada. Merci Arthur. Arthur, prends soin de toi et à très bientôt.

13:59
Locuteur

Merci

14:00
Invité

beaucoup. Merci à vous.

14:02
Présentateur

Salut Arthur.

14:04
Locuteur

On

14:04
Présentateur

va poursuivre sur l'Iran. On a entendu Donald Trump qui a fanfaronné en parlant d'une immense victoire. Est-ce qu'on peut en douter

14:12
Locuteur

avec

14:13
Présentateur

ce cessez-le-feu ? Qu'est-ce que vous en pensez

14:15
Locuteur

? Oui,

14:17
Intervenant

non,

14:17
Locuteur

ce

14:17
Intervenant

n

14:17
Locuteur

'est

14:17
Intervenant

pas une victoire. Surtout si obtenir le truc, c'est juste la réouverture des trois d'Hormuz. Ce n

14:21
Locuteur

'est

14:21
Intervenant

pas une victoire de fou. Il s'est fait entraîner là-dedans.

14:23
Locuteur

Il

14:23
Intervenant

essaie d'en sortir. Tu dis ?

14:25
Présentateur

Avec une taxe

14:26
Locuteur

?

14:26
Intervenant

Avec une taxe. Il faut que

14:27
Locuteur

tu

14:27
Intervenant

parles dans le micro.

14:28
Présentateur

Avec une taxe par ailleurs.

14:29
Intervenant

Oui, voilà, parle dans le micro.

14:30
Locuteur

Qu

14:31
Intervenant

'est

14:31
Locuteur

-ce

14:31
Intervenant

que tu faisais

14:31
Locuteur

?

14:31
Présentateur

On mettait du rouge à lèvres.

14:33
Intervenant

Du coup, oui, parce que maintenant, en plus, l'Iran a obtenu en négociant de dire qu'elle le contrôle. Parce qu'en fait, de fait, quand tu peux bloquer un truc,

14:41
Locuteur

c

14:41
Intervenant

'est que tu le contrôles d'une manière ou d'une autre. Donc là, je ne sais pas où en sont les négociations. Il me semble qu'aux dernières nouvelles, ça reprenait. On en est où, directement ? Tu

14:49
Locuteur

as

14:49
Intervenant

quelque chose ou pas ? Tu

14:50
Locuteur

n

14:50
Intervenant

'es pas sûr que tu avais des news en direct ?

14:52
Présentateur

Non, je n

14:52
Locuteur

'ai

14:52
Présentateur

plus de news. J'ai juste reçu l'information que Benyamin Netanyahou demandait à son cabinet d'ouvrir des négociations avec le Liban. Ce qui, comme l'a dit Arthur, veut tout et rien dire. À ce stade, ça veut dire quoi ? Avec qui il va parler ? Pour parler de quoi ?

15:03
Intervenant

C'est lui qui bombarde. Globalement, pour résumer, pour les gens, c'était une surprise. Les capacités de résistance iraniennes ont surpris aussi les États-Unis. Israël était quand même à l'initiative, ça commence à être beaucoup dit, était quand même à l'initiative de ces nouvelles attaques.

15:17
Locuteur

D

15:17
Intervenant

'ailleurs, ça leur permet aussi d'avoir les mains libres au Liban, etc. Là, pour l'instant, il semble qu'ils soient un peu moins écoutés. Parce que Donald Trump voit ce que ça lui a coûté d'écouter Netanyahou directement. Netanyahou était venu lui vendre un plan génial qui allait se terminer en trois jours avec le changement de régime en Iran. Et vous, vous allez pouvoir faire main basse sur quoi il faut faire main basse en Iran. Et nous, pendant ce temps-là, nananina, ça ne se passe pas du tout comme prévu. C

15:43
Locuteur

'est

15:43
Présentateur

une bérésina un peu son...

15:44
Locuteur

Voilà, il

15:44
Intervenant

fallait une porte de sortie assez vite. Parce que lui-même, en interne, ça devient très...

15:48
Locuteur

Alors, on va en parler

15:49
Présentateur

de ça. Mais avant Climax, avant d'annoncer son cessez-le-feu, la veille quand même, Donald Trump avait menacé de faire disparaître la civilisation iranienne. Fin de citation. C'est quand même des propos d'une portée incroyable.

16:01
Locuteur non identifié

Oui, c'était quoi ?

16:03
Locuteur

C

16:03
Locuteur non identifié

'était sur Truth Social ? Sur

16:05
Locuteur

son réseau social à lui, oui. Sur son réseau

16:06
Locuteur non identifié

social. Oui, je crois qu'en plus, le tweet, il se terminait par quelque chose comme « Vive le peuple iranien ». Enfin, c'était un truc délirant. Et c'est vrai que

16:14
Locuteur

là,

16:15
Locuteur non identifié

j'ai l'impression qu'on... Enfin, moi, mon impression, de manière générale, c'est un

16:17
Locuteur

peu

16:17
Locuteur non identifié

comme si on était des grenouilles dans un verre d'eau. Tu vois ? Des grenouilles dans un verre d'eau chaude,

16:23
Locuteur

tu

16:23
Locuteur non identifié

sais, avec l'eau qui chauffe de plus en plus. En fait, on ne se rend pas compte qu'on est en train de bouillir. On est habitués à un niveau de... Enfin, j'ai envie de dire violence, mais ce n

16:33
Locuteur

'est

16:33
Locuteur non identifié

même pas à la hauteur de ce que...

16:35
Locuteur

De barbarie, je dirais.

16:37
Locuteur non identifié

...d'inhumanité,

16:38
Locuteur

de

16:38
Locuteur non identifié

barbarie, de volonté, de destruction extrême de la part du président de la plus grande puissance mondiale et d'autres personnes aussi. Et je pense que tout ça, ça n'aurait pas été possible avant la guerre à Gaza, avant le 7 octobre.

16:52
Locuteur

Et

16:52
Locuteur non identifié

qu'en fait,

16:52
Locuteur

c

16:52
Locuteur non identifié

'est quoi ? C

16:53
Locuteur

'est

16:53
Locuteur non identifié

trois dernières années, ça ?

16:54
Locuteur

Ça

16:54
Locuteur non identifié

fait trois ans.

16:55
Locuteur

Trois, oui. Ces

16:56
Locuteur non identifié

trois dernières années nous a vraiment habitués, acclimatés à entendre ce genre de choses. Et je pense qu'il y a quatre ans, ça n'aurait pas été la même chose. Et aujourd'hui, on regarde ça comme si c'était normal.

17:08
Locuteur

On

17:08
Locuteur non identifié

voit ce que

17:08
Locuteur

Trump...

17:09
Présentateur

Non, non, je suis d'accord avec toi.

17:10
Locuteur

C

17:10
Présentateur

'est-à-dire que je suis assez vieux pour vos souvenirs de la guerre en Irak et des discours que prononçait George Bush et que prononçait Colin Powell, etc. C'était d'un niveau administration américaine, c'était poli bien élevé, ça disait des horreurs, mais c'était très différent. Là, Donald Trump, il tweet des dingueries au milieu de la nuit.

17:27
Locuteur non identifié

Oui, et même parce que Bush, c

17:29
Locuteur

'est

17:29
Locuteur non identifié

quand même... C'est pas, comment dire... C'était pas le plus intello des présidents non plus. Mais quand il faisait son discours comme ça, c'était on va aller les sauver. C'était un grand discours pseudo-humaniste, etc. Là, on est dans totalement autre chose. et de tweeter que le président tweet « anéantir une civilisation » pour qu'elle ne puisse jamais renaître de s'étendre. C'est vraiment du discours génocidaire.

17:51
Présentateur

Alors, Léa, on a vu aussi que les délires de Trump commençaient à diviser au sein de son propre camp à lui.

17:57
Locuteur

Eh

17:57
Présentateur

oui, figurez-vous. Oui, oui, oui. Mais pas qu'au sein du camp républicain, parce que ça, c'est quelque chose qui n'est pas tout à fait récent. Enfin, Trump n'a pas toujours fait l'unanimité auprès des républicains. Mais là, la fracture commence à vraiment s'empirer. Et là où c'est assez marquant,

18:17
Locuteur

c

18:17
Présentateur

'est que chez les pires gugus des magas, là aussi, c'est pas non plus... Voilà,

18:22
Locuteur

les plus

18:22
Présentateur

smarts de la bande. Il commence à avoir un certain nombre d'influenceurs, d'influenceuses qui le lâchent. Alors, il

18:30
Locuteur

y

18:30
Présentateur

a eu des politiques qui avaient fait campagne avec lui. Je pense à Marjorie Taylor Greene, qui l'a lâchée depuis un certain temps déjà. Mais

18:37
Locuteur

il

18:37
Présentateur

y a aussi, voilà, des influenceuses. J'ai oublié le nom de la meuf qui était chez Fox News.

18:43
Locuteur

Ça

18:43
Présentateur

s

18:43
Locuteur

'en

18:43
Présentateur

dit quelque chose. Bref, quelqu'un qui vraiment a toujours été pour Trump, l'a soutenu, qui se dit féministe. À

18:49
Locuteur

ce

18:49
Présentateur

moment-là, j'ai un gros doute, je dois vous avouer. Qui l'a vraiment soutenu jusqu'au bout. Qui commence à dire des trucs en mode... Elle fait des lives sur YouTube où elle est en mode, il

19:00
Locuteur

faut

19:00
Présentateur

arrêter avec cette connerie. Et il commence à questionner même son état de santé mentale au sein même de la magasphère. Mais

19:07
Locuteur

c'est intéressant quand même, ça commence à se... Oui, il

19:08
Présentateur

y

19:08
Locuteur

en

19:08
Présentateur

a même qui considèrent qu'il faudrait peut-être le impeach. Mais c'est

19:13
Locuteur

des

19:13
Présentateur

républicains qui disent ça, parce que j'ai vu que les

19:14
Locuteur

démocrates... C'est au-delà des républicains, c'est des magas. Ah,

19:16
Présentateur

c'est des magas. C

19:17
Locuteur

'est

19:17
Présentateur

des magas. Donc c'est ça qui est ouf, quoi.

19:20
Locuteur

Parce qu'il n'arrête pas de décevoir.

19:22
Présentateur

Pour autant, on voit que les magas... J'ai vu un sondage de la BBC qui est sorti. Disons qu'à 80% soutiennent quand même l'invasion de l'Iran, ce qui est en train de se passer, etc. Attends, 80% des... Des magas. OK, mais tu parles aussi des électeurs normaux ? Non,

19:40
Locuteur

non,

19:41
Présentateur

non, juste des magas, pour le coup. Donc c'est un peu sa base.

19:43
Locuteur

Non, mais pardon,

19:44
Locuteur non identifié

excuse-moi, ce que je veux dire, c'est les gens qui ont voté pour Trump, ou alors tu parles du parti, des magas au sein du Parti républicain

19:50
Présentateur

? Des magas au sein du Parti républicain, oui. Qui ne sont pas forcément très nombreux, mais qui sont quand même sa base solide. Eux commencent à effectivement poser des questions sur la pertinence de cette guerre. Déjà, il avait dit qu'il arrêterait toutes les guerres. Il avait dit, moi, je ne ferai pas comme mes prédécesseurs, je ne

20:06
Locuteur

vais

20:06
Présentateur

pas envoyer nos enfants

20:07
Locuteur

à la guerre.

20:07
Présentateur

Voilà, America first, je ne

20:09
Locuteur

vais

20:09
Présentateur

pas envoyer nos enfants à la guerre. Ça commence quand même à avoir des répercussions aussi sur le coût de la vie, parce qu'aux États-Unis, ils seraient très dépendants du pétrole. Donc ça, ça a une répercussion directe dans les porte-monnaies.

20:22
Locuteur

Et

20:22
Présentateur

ça, pour le coup, c'est très visible et très concret pour les Américains et les Américains. Et puis, il y a effectivement...

20:29
Locuteur

Ils ont ramené des corps.

20:30
Présentateur

Ils

20:31
Intervenant

ont ramené des corps, il y

20:32
Locuteur

a

20:32
Intervenant

eu des morts

20:32
Locuteur

américains.

20:33
Présentateur

Exactement, alors qu'ils avaient promis que ce ne serait plus le cas. Et puis,

20:39
Locuteur

il

20:39
Présentateur

y a effectivement les midterms qui arrivent en novembre. Mais c'est assez intéressant, parce qu

20:44
Locuteur

'il

20:44
Présentateur

y a aussi des élections qui vont avoir lieu en Israël en 2026, des élections assez importantes pour Netanyahou. Et on voit que

20:54
Locuteur

des

20:55
Présentateur

deux côtés, que ce soit aux États-Unis, mais aussi en Israël,

20:58
Locuteur

plus

20:58
Présentateur

les élections arrivent et plus ils se radicalisent dans leur positionnement. Comme si, finalement, c'était le seul truc qui pouvait un peu les sauver, qu'ils essayaient de s'accrocher au pouvoir. Alors, c'est vrai que l'Israël,

21:07
Locuteur

il

21:07
Présentateur

est quand même assez bien soutenu par la classe politique actuelle, qui est clairement plus dans son sens qu'ailleurs.

21:12
Locuteur

La classe

21:12
Présentateur

politique, oui, mais la base,

21:13
Locuteur

pas toujours. Mais

21:13
Présentateur

voilà, la base, pas toujours. Bon, après,

21:16
Locuteur

il faut voir la

21:16
Présentateur

réalité. Il y a quelques activistes, mais ils se font réprimander de suite. La

21:20
Intervenant

population israélienne,

21:21
Locuteur

et on le voit... Est

21:22
Présentateur

globalement plutôt favorable.

21:24
Locuteur

Plutôt contre l

21:24
Intervenant

'Iran, et plutôt... Plutôt

21:25
Locuteur

favorable à l'intervention, effectivement.

21:28
Présentateur

Et les seuls qui essaient de porter un discours un peu différent et qui sont fondamentalement contre se font réprimander très rapidement. Donc, c'est aussi très difficile d'avoir une parole libre en Israël. Et en fait, je

21:42
Locuteur

pense

21:42
Présentateur

qu'ils sont tous les deux en train de s'enfermer dans une espèce d'obsession du pouvoir, sans savoir trop quoi faire face à l'Iran. Parce que tu posais la question, est-ce que c'est une réussite ? Non. Non. Et

21:51
Locuteur

pour

21:52
Présentateur

Israël, non plus. Ouais, c'est vrai. Usul, on l'a dit, il

21:56
Locuteur

y

21:56
Présentateur

a ceux qui commencent à douter du côté du camp Maga, mais à l'inverse, il y en a qui vont encore plus loin que Donald Trump. Je pense à son secrétaire à la Défense.

22:01
Intervenant

Oui, oui, oui. Les Etats-Unis, là, sont en mutation depuis la réélection de Trump, au point que tout ça ne se fait pas sans des évictions successives de tous ceux qui ne sont pas trop d'accord. Et notamment dans l'armée, il y a une transformation de la culture dans l'armée. C'est-à-dire que les Etats-Unis ont toujours été relativement barbares en termes de pratiques militaires.

22:23
Locuteur

On

22:23
Intervenant

se souvient du Napalm au Vietnam, etc. On se souvient de Guantanamo à Bougraïb. Enfin, je veux dire, il y a quand même une culture de la violence dans ce pays qui est un pays de violents, un pays avec une culture d'armes, etc. Mais ce n

22:35
Locuteur

'est

22:35
Intervenant

pas encore assez pour Pete Exet, qui est donc le ministre de la guerre. Maintenant, il s'appelle comme ça. Avant, c'était secrétaire d'État de la Défense. Maintenant, c'est ministre de la guerre. Il avait convoqué, vous vous souvenez peut-être, il

22:44
Locuteur

y

22:44
Intervenant

a quelques mois, il avait convoqué tous les généraux, quitte à les faire revenir des pays où ils étaient postés. Ah oui, la grand

22:50
Présentateur

-messe à la con,

22:50
Locuteur

là ! Exactement.

22:51
Intervenant

Il avait fait un long discours. J'avais écouté en entier. C'était assez fascinant, parce que ce mec, Pete Exet, vient de la télé. Il vient de la télé, donc il avait fait un speech pour expliquer que c'était fini maintenant les gros, les femmes, la diversité, les machins. Et là, récemment, il y

23:05
Locuteur

a

23:05
Intervenant

un chef d'État-major qui a démissionné parce qu'il a refusé d'annuler quatre promotions de femmes de Noirs que lui demandait d'annuler Pete Exet. Lui, il a dit non, je ne vais pas annuler ça.

23:17
Locuteur

Enfin,

23:17
Intervenant

c

23:17
Locuteur

'est

23:17
Intervenant

des promotions réglo, quoi. Mais il y a une reprise en main aussi de l'appareil militaire. Pareil, il y a les règles d'engagement qui sont évoquées par Pete Exet en disant on va arrêter d'être gentil. Genre, jusque-là, ils étaient pisses, tu vois. On va arrêter d'être gentil.

23:32
Locuteur

C

23:32
Intervenant

'est-à

23:32
Locuteur

-dire

23:32
Intervenant

que les règles d'engagement, le droit de la guerre, en fait, ce qu'on appelle le droit de la guerre, ce qu'on a le droit de faire, pas faire, maintenant c'est fini, on n

23:38
Locuteur

'est

23:38
Intervenant

pas des faibles, on s'en fout de ces histoires-là. Donc il y

23:41
Locuteur

a

23:41
Intervenant

une mutation de la culture américaine. Mais là, on est au bout d'une longue période. Je parlais du Vietnam avant,

23:48
Locuteur

c

23:48
Intervenant

'est-à

23:48
Locuteur

-dire

23:48
Intervenant

que pendant longtemps, les États-Unis ont engagé leurs troupes pour lutter contre l'URSS, les communistes et surtout de la Corée au Vietnam, etc. Et après, ils se sont passés, gendarmes du monde, en organisant eux-mêmes la mondialisation. Et leurs adversaires, à partir des années 90, ça a été tous ceux qui résistaient à cette mondialisation d'une manière ou d'une autre, qui n'étaient pas d'accord pour remettre leur... Alors c

24:09
Locuteur

'est

24:09
Intervenant

Saddam Hussein ou je ne sais pas quoi, des pouvoirs autoritaires, certes, mais ça s'est quand même beaucoup passé au Moyen-Orient, c'est quand même beaucoup passé là-bas. Et là,

24:16
Locuteur

on

24:16
Intervenant

est à la fin, j'ai l'impression, quand même, de ce moment-là, au point où cette mondialisation qu'ils ont installée, qui était une mondialisation américaine, une mondialisation états-unienne, sous leur contrôle et pour leur profit, avec leur dollar, etc. Ce truc-là, est-ce qu'ils sont prêts à le remettre en question ? Je veux dire, bloquer le détroit d'Hormuz, c'est aussi bloquer la mondialisation à

24:35
Locuteur

l

24:35
Intervenant

'américaine, etc.

24:36
Locuteur non identifié

Non mais, pardon...

24:37
Intervenant

Oui, vas-y, vas-y, parce que sinon, moi, je suis parti.

24:39
Locuteur non identifié

Non mais, en fait, je ne

24:40
Locuteur

sais

24:40
Locuteur non identifié

pas si tu as lu ou entendu parler du livre d'Arnaud Horin qui s'appelle...

24:44
Locuteur

Oui, bien sûr.

24:44
Locuteur non identifié

Bon ben, Arnaud Horin, il dit que...

24:46
Locuteur

C'est pas ce

24:46
Présentateur

livre

24:46
Locuteur non identifié

? Pardon, ça s'appelle « Le

24:48
Présentateur

capitalisme

24:49
Locuteur

de la finitude

24:49
Locuteur non identifié

». Voilà, Arnaud Horin, c'est un économiste,

24:51
Locuteur

un

24:51
Locuteur non identifié

historien, qui

24:52
Locuteur

a

24:52
Locuteur non identifié

donc écrit un livre là-dessus, et pour lui, là, on est entré dans une période, justement, qui est terminée, en gros, la période libérale qu'on a connue, elle est terminée, et là, on entre dans quelque chose de nouveau, et cette période où...

25:02
Locuteur

Et c'est quoi, alors ? Les

25:03
Locuteur non identifié

États-Unis étaient les gendarmes du monde, où ils assuraient la liberté des mères, parce qu'il y

25:09
Locuteur

a

25:09
Locuteur non identifié

un truc... Moi, il

25:10
Locuteur

y a

25:10
Locuteur non identifié

un truc qui m'a vachement marquée à la lecture de ce bouquin, c'est que depuis, bon, grosso modo, les années 90, on parle du capitalisme financiarisé, on a l'impression que le capitalisme,

25:18
Locuteur

c

25:18
Locuteur non identifié

'est gazeux un peu, c'est des... Voilà, ça n'existe pas, c'est virtuel, mais en fait, le capitalisme,

25:24
Locuteur

il

25:24
Locuteur non identifié

n

25:24
Locuteur

'a

25:24
Locuteur non identifié

pas tant changé que ça depuis le XIXe siècle, ça reste des gros bateaux, des grosses machines qui doivent passer dans des endroits, amener des marchandises d'un point A à un point B, du pétrole, etc. Et en fait, quand on n'a plus cette liberté des mères, quand on n'a plus cette liberté qui est donc assurée par les États-Unis parce qu'ils avaient leur puissance... Navale. ...leur puissance navale, on se retrouve dans un monde, en fait, où c'est plus le libéralisme. Et c'est pas, en fait, les États-Unis ne peuvent pas décider de... Le capitalisme, c'est une énorme machine et les acteurs ne peuvent pas décider à eux tout seuls comment fonctionne le monde, aussi puissant soit-il.

Et donc là, en fait, on est rentré dans une période qui... Bon,

25:59
Locuteur

alors,

26:00
Locuteur non identifié

Arnaud Rhin, il dit qu

26:00
Locuteur

'il

26:00
Locuteur non identifié

n

26:00
Locuteur

'y

26:00
Locuteur non identifié

ait plus tout à fait la guerre, plus tout à fait la paix, qui est juste un endroit, en gros, de confitualité permanente sur lequel on ne peut pas revenir à cet État libéral

26:08
Locuteur

d

26:08
Locuteur non identifié

'avant.

26:09
Locuteur

On

26:09
Présentateur

a aussi noté que des grandes entreprises énergétiques profitent de cette crise sur le dos des citoyens et des contribuables parce que la fermeture du droit d'Hormous, ça a provoqué une augmentation du prix de l'essence dans le monde entier, y compris en Europe, y compris aux États-Unis, avec les effets que ça a eus. Ça montre notre ultra-dépendance aux hydrocarbures aussi.

26:28
Locuteur non identifié

Oui, ça c'est quelque chose... Enfin, j'ai écouté Zuckman, l'économiste Gabriel Zuckman, à la radio il y a 2-3 jours, et lui disait que, en fait, dans les années 70, quand il

26:39
Locuteur

y

26:39
Locuteur non identifié

a eu la crise du pétrole, les profits des grandes entreprises pétrolières ont été taxés à 90 %, y compris aux États-Unis, tout ça. Aujourd'hui, les grandes entreprises du pétrole se font un argent monumental sur cette crise parce qu'ils augmentent les prix, etc. Et ça, ça passe globalement dans la poche des compagnies pétrolières, mais aussi des actionnaires qui ensuite vont le mettre dans des paradis fiscaux. En fait, c'est pareil, on est des grenouilles, quoi. Enfin, on ne se rend pas compte depuis les années 70 de ce à quoi on est habitués et de ce qui se passe, en fait, et de vraiment, je ne

27:12
Locuteur

sais

27:12
Locuteur non identifié

pas, cet emballement capitaliste, ce capitalisme violent qu'on vit, et on ne s'en rend même pas compte. Et aujourd'hui, partout, les grands patrons et même des gens normaux vont dire que c'est absolument honteux, que

27:23
Locuteur

c

27:23
Locuteur non identifié

'est impossible de taxer à 90 % des profits, mais c

27:26
Locuteur

'est

27:26
Locuteur non identifié

ce qu'on a fait dans les années 70, quoi. Et par ailleurs, il y a un truc sur toute cette question de l'essence, etc., que je déplore vraiment, qu'on n

27:35
Locuteur

'ait

27:35
Locuteur non identifié

pas vraiment de vraie discussion autour de l'écologie. Alors, on entend quelques personnes qui mettent quand même en avant le fait qu'il faut sortir la dépendance aux hydrocarbures, puisque là, évidemment, pour les gens qui n'ont pas le choix d'utiliser leur voiture, c'est dramatique, l'augmentation du prix de l'essence. Mais il faut bien se rendre compte que l'État, déjà,

27:55
Locuteur

l

27:55
Locuteur non identifié

'État subventionne entre 10 et 15 milliards par an, je crois, de mémoire, les hydrocarbures. Et donc, l'État subventionne ce secteur qui est en train de nous tuer tous et toutes. Les gens sont dépendants à l'essence, et on n'est pas capable de mettre en place des trucs assez... Vraiment, on peut mettre des trucs hyper simples en place, comme, par exemple, il y

28:13
Locuteur

a

28:13
Locuteur non identifié

cette histoire de leasing social, là, pour les personnes les plus pauvres, pour permettre d'avoir accès à une voiture électrique. Bref, en mettant 100 euros par mois, quelque chose comme ça. Mais moi,

28:26
Locuteur

j

28:26
Locuteur non identifié

'aimerais bien que ce moment, ce soit aussi l'occasion de parler du modèle dans lequel on est,

28:31
Locuteur

d

28:31
Locuteur non identifié

'infrastructures, parce que les infrastructures, tant que ça va bien, on ne les voit pas, mais là, ça ne va pas bien et on commence à se rendre compte que, en fait, notre organisation de la société, elle ne va pas.

28:39
Locuteur

Elle

28:39
Locuteur non identifié

ne va pas du tout. Et typiquement, le modèle de la voiture individuelle, c'est quelque chose dont il faut parler. Il faut parler, il faut se rendre compte de toutes les ramifications que ça a, il faut se rendre compte de l'organisation du territoire, de où est

28:48
Locuteur

-ce

28:48
Locuteur non identifié

qu'il y

28:49
Locuteur

a

28:49
Locuteur non identifié

du travail, de qui travaille dans ces travails-là, de comment on peut faire pour organiser la société différemment, pour, oui, OK, il

28:54
Locuteur

y

28:54
Locuteur non identifié

a un niveau d'électrification, merci, qui est important dans les voitures individuelles, mais que le modèle de la voiture individuelle, il faut réussir à en sortir parce qu'on ne peut pas être dépendant aux énergies comme on est dépendant aujourd'hui.

29:05
Intervenant

Qu'est-ce que, je complète, on parle beaucoup d'électrification en ce moment parce qu'évidemment, c'est une vulnérabilité que de dépendre autant des hydrocarbures. Ça veut dire aussi arrêter le chauffage au gaz, etc. Ça va avec. L'électrification, c'est électrifier tous nos usages. Et donc, ça va coûter un certain nombre de pognons. Et rajoutons à ça qu'on se dirige vers un été encore caniculaire, évidemment. Le réchauffement climatique fait son oeuvre et il y a des besoins considérables. On va avoir des besoins considérables en matière d'adaptation au changement climatique puisque, de toute façon, il est là.

Donc ça aussi, c'est des besoins considérables et on se retrouve à un moment où les riches ne veulent pas payer. Donc, on va se retrouver en conflit. On est en conflit d'usage de la planète, presque. Il

29:48
Locuteur

y

29:48
Intervenant

a un conflit d'usage de la planète entière.

29:50
Locuteur

Et

29:50
Intervenant

donc, tu as tout à fait raison. On va vers une crise. Ce modèle n'est pas soutenable, mais il n

29:53
Locuteur

'est

29:53
Intervenant

pas soutenable, pas seulement écologiquement, il n

29:55
Locuteur

'est

29:55
Intervenant

pas soutenable socialement, techniquement, si tu veux aussi, et politiquement, en fait. Même géopolitiquement. Qu'est-ce que... Et géopolitiquement.

30:02
Locuteur

Mais attends,

30:03
Locuteur non identifié

juste, l'écologie, c'est une question sociale, quand même. C

30:07
Locuteur

'est un peu ce que je

30:07
Intervenant

dis.

30:08
Locuteur non identifié

Non, non, mais oui, mais c'est important de rappeler parce que, tu vois, dans ces moments-là, on voit, parce qu'on est là, oui, l'écologie, c'est un truc de bobo, machin,

30:13
Locuteur

un

30:13
Locuteur non identifié

truc, mais non, enfin, en fait, il faut bien se rendre compte que l'écologie, c'est une question sociale et qu

30:18
Locuteur

'on

30:18
Locuteur non identifié

voit bien dans cette crise du pétrole et de cette dépendance typiquement à la voiture que, en fait, ces questions-là, elles sont hyper importantes socialement, quoi.

30:25
Présentateur

Il faut

30:26
Locuteur

être

30:26
Locuteur non identifié

capable de proposer un autre modèle de société pour moi, pour la gauche.

30:28
Présentateur

Qu'est-ce que cette crise avec l'Iran... Qu'est

30:33
Locuteur

-ce

30:33
Présentateur

que cette crise avec l'Iran provoque dans la classe politique française ? Moi, j'ai l'impression, les copains, c'est que dalle. Oui,

30:42
Locuteur

c'est vrai. En fait, j'ai l'impression que ça

30:43
Présentateur

ne bouge pas beaucoup. Il se passe des trucs en Iran, ouais, d'accord, mais là, on est sur la commission... Moi,

30:48
Locuteur

j'avoue, ce qui m'inquiète, sur la commission d'enquête... Enfin, je ne sais pas, on est sur le truc, on est sur la présidentielle. C

30:53
Présentateur

'est l'absence de prise de position ferme et de soutien de la France à l'égard du Liban, notamment, ce que tu disais tout à l'heure.

31:04
Locuteur

Le fait qu'on ait envoyé le porte-avion

31:05
Présentateur

Charles de Gaulle dans la Méditerranée orientale, tu ne le vois pas ça comme un signe de soutien

31:09
Locuteur

au Liban. En fait,

31:10
Présentateur

le problème, c'est que la France continue à fournir des armes à Israël.

31:13
Locuteur

Oui,

31:13
Intervenant

c'est même eux qu'on dit, si c'est comme

31:15
Locuteur

ça, on ne vous achète plus

31:16
Intervenant

d'armes parce qu'ils n

31:16
Locuteur

'étaient

31:16
Intervenant

pas

31:16
Locuteur

contents. Voilà, c

31:17
Présentateur

'est quand

31:18
Locuteur

même

31:18
Présentateur

assez problématique. Alors, Jean-Noël Barraud qui condamne fermement les interventions, enfin bon, voilà. Je pense que la France pourrait peut-être être plus... Par ailleurs,

31:32
Locuteur

elle

31:32
Présentateur

était garante de la mise en place du cessez-le-feu en 2024. Cessez-le-feu qui n'a absolument pas été respecté. À de nombreuses reprises par Israël. Il y

31:41
Locuteur

a

31:41
Présentateur

eu, je crois, pendant l'intégralité du cessez-le-feu, près de 1 000 morts. Donc bon, pas ouf en termes de cessez-le-feu. Et donc, voilà. Moi, je m'interroge surtout avant de penser à ce que font les autres partis qui ne sont pas au pouvoir en l'occurrence, à la réaction du gouvernement qui est quand même très inquiétante, très passive. Par ailleurs, là, sur les négociations qui vont commencer demain au Pakistan parce qu'il y

32:05
Locuteur

a

32:05
Présentateur

un cessez-le-feu de 15 jours entre l'Iran et les États-Unis, mais sous couvert de négocier un accord avec des propositions qui ont été mises sur la table, notamment le déblocage du détroit d'Hormuz avec la mise en place de ces taxes qui seraient prélevées par l'Iran et les États-Unis. Donald Trump se dit «

32:21
Locuteur

Ah,

32:21
Présentateur

super, on va faire une joint venture. » Vraiment, il a dit ça. « On va aller récupérer un dollar par baril de pétrole. »

32:28
Locuteur

Ça

32:28
Présentateur

fait 14 millions de dollars par jour.

32:30
Locuteur

Pas

32:30
Présentateur

mal. Et il aimerait que l'Iran lui reveste une petite contribution très intéressante. On n

32:38
Locuteur

'a

32:38
Présentateur

pas parlé de la Chine aussi dans tout ça qui est très dépendante à l'hydrocarbure iranien. Et tout ça pour dire que la France dit déjà que cette fameuse droite douane en quelque sorte que ça rogerait l'Iran sur le pétrole serait un point d'achoppement sur la négociation de l'accord et que la France ne soutiendrait pas l'accord si jamais c'était négocié en ce sens. Donc il y a quand même voilà on dirait que la France est en capacité d'avoir une position ferme sur certaines choses et notamment des enjeux économiques mais quand il s'agit d'aller sauver une population qui est

33:10
Locuteur

on

33:10
Présentateur

parle d'une guerre certes mais en fait c'est une invasion ni plus ni moins bon on en entend moins parler. On se souvient que le déclenchement de la guerre en Ukraine avait été un moment qui avait ça avait été analysé comme étant un moment qui avait bénéficié à Emmanuel Macron parce que la Vème République étant ce qu'elle est le chef de l'État c'est le chef des armées c'est l'international c'est les grands sujets les grands discours les allocutions à la télévision très sérieuses pour dire des choses très importantes est-ce que vous pensez que l'élection présidentielle de 2027 risque de se dérouler dans un contexte international tendu pour ne pas dire guerrier

33:42
Locuteur

et

33:42
Présentateur

si oui est-ce que ça aura un impact

33:43
Locuteur

?

33:45
Présentateur

Bien sûr

33:45
Locuteur

Ouais

33:45
Intervenant

tu penses ? Ah ouais ouais et beaucoup plus que la dernière fois la dernière fois en effet la campagne avait été percutée par l'invasion l'agression russe sur l'Ukraine

33:54
Locuteur

et

33:55
Intervenant

Emmanuel Macron se posait en chef de guerre je ne

33:58
Locuteur

sais

33:58
Intervenant

pas quoi on se souvient des photos mais là cette fois-ci non seulement il ne sera pas là mais en plus donc il y a plusieurs projets qui vont s'opposer aucun n'aura plus d'autorité que l'autre là Macron il est arrivé en position déjà d'autorité là il va y avoir une vraie discussion sur quels sont nos rapports avec les Etats-Unis est-ce qu'on veut ressembler plutôt avoir une diplomatie plus proche de celle de l'Espagne par exemple ou est-ce qu'on veut faire plutôt comme fait Mélanie il y a plusieurs modèles là qui s'opposent ou est-ce qu

34:22
Locuteur

'on

34:22
Intervenant

fait comme Orban en ce moment on interroge pas mal Marine Le Pen sur sa proximité avec Orban parce qu'il y a Poutine aussi de l'autre côté et là c'est des questions qui vont à mon avis être beaucoup plus discutées que la dernière fois parce qu'il y

34:32
Locuteur

a

34:32
Intervenant

plusieurs modèles qui s'opposent assez clairement

34:35
Locuteur

On

34:36
Présentateur

verra en tout cas et vous la suivrez sur Backseat cette élection présidentielle bien entendu autre sujet qu'on voulait aborder c'est celui de la proposition de loi dite Yadan parmi vous les viewers il y

34:46
Locuteur

en

34:46
Présentateur

a peut-être qui ont signé une pétition dont on parle beaucoup en ce moment qui a recueilli un demi-million de signatures cette pétition elle s'oppose à une proposition de loi de la députée apparentée EPR Caroline Yadan dans l'idée ce texte de loi est censé combattre les formes renouvelées de l'antisémitisme en créant un nouveau délit réprimant le fait de provoquer à la destruction ou à la négation d'un état ou de faire publiquement l'apologie de sa destruction ou de sa négation l'autre proposition c'est d'élargir le délit d'apologie du terrorisme le texte est inscrit à l'ordre du jour de l'Assemblée Nationale pour les jeudis 16 et vendredi 17 avril prochain si cette pétition qui vient d'atteindre un demi-million de signatures va permettre l'organisation d'un débat sans vote à l'Assemblée Nationale et c'est déjà en soi une victoire

35:31
Locuteur

le

35:32
Présentateur

fait d'inscrire alors c'est pas ouf c'est pas ouf voilà mais déjà le fait d'inscrire à l'ordre du jour de l'Assemblée Nationale une discussion même si elle n

35:41
Locuteur

'est

35:41
Présentateur

pas suivie d'un vote spécifique puisque le vote aura lieu sur la loi quand la loi sera discutée moi je trouve que c'est plutôt une victoire du camp des gens qui s'opposent à la loi Yadant qu'est

35:50
Locuteur

-ce

35:50
Présentateur

que vous en pensez ?

35:50
Locuteur

Peut

35:51
Intervenant

-être qu'on a appris de ce qui s'est passé à partir de 2014 à partir du moment où on a sorti l'apologie du terrorisme du droit de la presse pour un régime spécial où là vous l'avez vu récemment avec Rima Hassan pour l'apologie du terrorisme on peut être placé en garde à vue directement c'est-à-dire c'était un autre régime qui à l'époque dans le climat de l'époque s'est passé parce qu'on se disait oui c'est pour les terroristes et quand tu dis aux gens c'est contre les terroristes les gens ils font bah oui bah les terroristes il faut bien tous les moyens contre les terroristes

36:21
Locuteur

ça fait peur

36:22
Locuteur non identifié

le mot terrorisme

36:22
Intervenant

et puis il y

36:23
Locuteur

en

36:23
Intervenant

avait d'autres qui disaient oui bah attendez parce que ça commence comme ça avec les terroristes puis ensuite ce sera peut-être les éco-terroristes puis ensuite les militants politiques et là Caroline Yadant propose d'étendre ça à ceux qui critiquent un pays voilà mais ça veut pas dire seulement il y aura un procès etc ça veut dire les flics peuvent sonner chez toi toc toc toc qu'est-ce que t'as posté etc pour un tweet pour un machin donc non c'est une on est dans un raidissement très dangereux en matière de liberté d'expression et c'est ce que ferait un état policier quoi littéralement donc évidemment les gens je pense ont commencé à comprendre peut-être qu'il

36:59
Locuteur

y a

36:59
Intervenant

eu des déclics peut-être que de voir des enfants dans des commissariats parce qu'ils étaient pas Charlie à partir de 2015 ça a peut-être fait aussi un peu réagir et que pas être Charlie c'était déjà apologie du terrorisme donc alors qu'est-ce que c'est alors

37:10
Présentateur

on verra ce que ça donnera à l'Assemblée cette proposition de loi il y a 120 députés qui sont co-signataires essentiellement des macronistes mais aussi quelques socialistes comme Jérôme Gage et François Hollande

37:20
Locuteur non identifié

on

37:21
Locuteur

va

37:21
Locuteur non identifié

jamais s'en sortir de dire François Hollande mais genre c'est

37:23
Locuteur

pas possible

37:24
Locuteur non identifié

sortez-nous de ce cauchemar

37:26
Présentateur

Olivier Faure le patron du PS a assuré que les députés socialistes allaient voter contre bon alors c'est comme d'hab avec le PS c'est-à

37:31
Locuteur

-dire

37:31
Présentateur

qu'ils parlent pas d'une seule voix donc Olivier Faure il a dit on va voter contre Arthur Delaporte le porte-parole il a dit que le groupe déciderait plus tard et Hollande et Gage ça va être compliqué pour eux de voter contre

37:44
Intervenant

juste vous vous rendez compte que laisser le pays au RN avec des lois comme ça déjà votées c'est irresponsable c'est

37:50
Présentateur

clair je suis bien d'accord les députés RN soutiennent le texte est-ce que c'est une manière

37:54
Locuteur

de faire

37:55
Présentateur

oublier

37:55
Locuteur

ben voyons

37:55
Présentateur

non

37:56
Locuteur

mais voilà justement est-ce que c'est une manière de faire oublier l'antisémitisme du FN l

37:59
Présentateur

'antisémitisme oui je pense qu'ils y voient une opportunité effectivement en se disant c'est l'occasion peut-être de se racheter un peu je voulais juste revenir sur un avis qui a été posté par la commission nationale consultative des droits de l'homme que je renomme ce soir en droit humain si ça ne vous dérange pas qui analyse ce texte et qui parle bien évidemment du glissement depuis 2014 dont tu parlais Jean de l'atteinte à la liberté d'expression etc etc et qui revient en fait sur l'amalgame pardon de faits entre antisémite et antisionisme qui rappelle qu'il y

38:38
Locuteur

a

38:38
Présentateur

effectivement des actes antisémites qui sont en augmentation dans notre pays et que la seule réponse du gouvernement c'est ce texte que rien n'a été fait hormis ce texte qui en fait pose un gros gros gros gros problème il faut savoir qu'en plus il a quand même un peu évolué il a été présenté en 2024 il n'est pas nouveau elle n

38:58
Locuteur

'est

38:58
Présentateur

pas nouvelle cette proposition de loi je crois si je ne dis pas de conneries ce n

39:01
Locuteur

'est

39:01
Présentateur

pas quelque chose de nouveau

39:03
Intervenant

ça fait longtemps que

39:04
Locuteur

ça pousse pas

39:05
Présentateur

mal donc voilà affaire à suivre moi j'ai peur que ça passe en fait très sincèrement et peut-être qu'on aura une chance que ce soit retoqué par le conseil Constit on

39:14
Locuteur

croise les droits

39:15
Présentateur

ça ça commence à poser un problème vraiment d'ailleurs j'ai vu des constitutionnalistes en parler même l'ancien président du conseil constitutionnel Laurent Fabius en avait parlé publiquement ce qui est très rare pour ce genre de personnalité c'est que le parlement se met de plus en plus à voter des textes anticonstitutionnels de manière parfaitement consciente

39:33
Locuteur

en

39:33
Présentateur

se disant on verra non mais voilà on verra bien c'est le conseil constitutionnel qui verra qui tranchera en fait ça te permet de faire une sorte de démagogie parlementaire on va voter des trucs c

39:42
Locuteur

'est

39:42
Présentateur

le cas pour la loi via par exemple sur le harcèlement en ligne tiens on va voter un truc on se doute bien que ça va pas passer mais on va quand

39:47
Locuteur

même le voter comme ça ça nous permet de faire des

39:49
Présentateur

tweets pour dire regardez le gouvernement agit regardez la majorité

39:51
Intervenant

agit ça permet même autre chose pour ceux qui voient le coup d'après c'est regarder après je vais pouvoir expliquer à mes électeurs que j'aurais bien pu vouloir j'aurais bien pu faire autre chose

40:01
Locuteur

mais gouvernement des juges à cause du conseil

40:03
Intervenant

constitutionnel

40:04
Locuteur

qui est politisé et qu'il faudrait peut-être en

40:05
Intervenant

terminer avec le conseil constitutionnel parce que le peuple s'est exprimé le peuple veut ça donc tant pis pour le conseil constitutionnel c'est à dire l'idée c'est aussi d'affaiblir ce contre-pouvoir en tout cas cette méthode finie par leur donner des arguments

40:18
Locuteur

c

40:18
Présentateur

'est un énorme risque en tout cas en parlant d'apologie du terrorisme parce qu'on en a parlé l'eurodéputée insoumise Rima Hassan a été placée en garde à vue jeudi dernier pour apologie du terrorisme elle sera jugée le 7 juillet pour avoir fait référence sur son compte X à un ancien membre de l'armée rouge japonaise auteur d'un massacre perpété le 30 mai 1972 dans un aéroport l'aéroport de Tel Aviv en l'occurrence qui a fait 26 morts on peut en reparler de cette apologie du terrorisme qui est effectivement quelque chose de spécifique Climax pourquoi est-ce que ça constitue un dévoiement des moyens de lutte contre le terrorisme

40:56
Locuteur

?

40:56
Locuteur non identifié

alors ça encore un coup de Hollande cette histoire franchement mais non mais en vrai j'ai l'impression que Jules tu en as déjà un peu parlé avant mais en fait les outils de lutte contre le terrorisme c'est n'importe quoi c'est juste on s'en sert pour typiquement pour attaquer Rima Hassan avec en plus des espèces de trucs genre elle avait de la drogue sur elle c'est vraiment un niveau c'est terrible et moi il n

41:20
Locuteur

'y a

41:20
Locuteur non identifié

pas longtemps j'étais invitée à un événement où il y avait la journaliste Ariane Lavrieux qui était là qui était journaliste d'investigation de Disclose qui reparlait de ce qui lui était arrivé où elle pareil au nom de la lutte contre le terrorisme elle s'était fait perquisitionner à son domicile elle avait fait de la garde à vue tout ça tout ça au nom parce qu'elle avait révélé des liens entre une opération en Égypte où l'armée française ou l'état français était impliquée bref mais tout ça pour dire que vraiment cette histoire de lutte contre le terrorisme aujourd'hui c'est vraiment un cheval de trois pour vraiment contourner

41:54
Intervenant

les droits individuels attachés à personne je ne

41:58
Locuteur

sais

41:58
Intervenant

pas si vous vous

41:58
Locuteur

souvenez

41:58
Intervenant

une garde à vue c'est déjà une punition je ne

42:01
Locuteur

sais

42:01
Intervenant

pas s'il y a des gens ici c'est pas censé l'être aujourd

42:03
Locuteur

'hui

42:04
Locuteur non identifié

la garde à vue c'est tellement banal en fait

42:06
Intervenant

moi je me souviens de Sarkozy qui chouinait sur ses garde à vue il les trouvait inhumaines et horribles oui il n

42:11
Locuteur

'était

42:11
Intervenant

pas content

42:12
Locuteur

lui il disait que c'était déjà une

42:13
Intervenant

punition la garde

42:14
Locuteur

à vue et qu'on

42:15
Intervenant

lui inflige ça à lui voilà

42:17
Locuteur non identifié

tu vois ce que je veux dire sur le fait aujourd

42:19
Locuteur

'hui

42:20
Locuteur non identifié

quand tu vas en manif tu sais que tu as un risque d'aller en garde à vue tu sais que tu vas te faire taper tu sais que tu vas prendre des lacrymaux dans la gueule c'est le but des gilets jaunes c'est

42:29
Locuteur

genre

42:29
Locuteur non identifié

c'est n'importe quoi mais

42:30
Locuteur

tu as

42:30
Intervenant

raison la garde à vue a été utilisée comme une punition ou comme une mise à distance on vous met en garde à vue comme ça vous n

42:35
Locuteur

'allez

42:35
Intervenant

pas en manif comme ça on est sûr que voilà donc oui il y a un dévoiement complet de la garde

42:40
Présentateur

à

42:54
Intervenant

vue normalement on appelle ça le secret de l'instruction non ? oui

43:04
Locuteur

le secret de l'instruction le secret de

43:05
Intervenant

l'instruction t'es pas censé y'a pas censé y avoir de fuite de ce qui se passe en garde à vue ne serait-ce que pour préparer ta défense machin et là l'avocat Vincent Bringard t'a dit j'apprenais des trucs dans la presse que je ne savais pas encore alors que ma cliente était en garde à vue etc pardon ça veut

43:20
Locuteur

dire

43:20
Intervenant

je pense qu'il

43:21
Locuteur

y a

43:21
Intervenant

des gens dans les commissariats qui disent très bien on arrive à Hassan et ça communique à d'autres gens regardez on a fouillé son sac qu'il y avait du CBD non il y

43:30
Locuteur

a

43:30
Intervenant

de la drogue voilà et ensuite ça a été ce

43:32
Locuteur

qui est

43:32
Intervenant

contesté

43:33
Présentateur

par Rima Hassan

43:33
Intervenant

non mais

43:34
Locuteur

ce qui

43:34
Intervenant

est

43:34
Locuteur

contesté il y a eu non-lieu il y a

43:36
Intervenant

eu non-lieu elle

43:37
Locuteur

avait du

43:37
Intervenant

CBD voilà

43:38
Locuteur

voilà

43:38
Intervenant

donc c'était pas ce

43:39
Locuteur

truc là

43:40
Intervenant

était faux de A à Z mais

43:41
Locuteur

oui et matraquage médiatique

43:43
Intervenant

derrière bien

43:44
Locuteur

sûr le matraquage

43:45
Intervenant

médiatique derrière je veux dire le préjudice

43:46
Locuteur

mais

43:46
Locuteur non identifié

il y

43:46
Locuteur

a

43:46
Locuteur non identifié

un truc raciste derrière pour le coup

43:47
Locuteur

évidemment

43:48
Intervenant

évidemment

43:49
Locuteur

il

43:50
Intervenant

y a des gens avec qui on peut faire subir des trucs qu'on ne ferait peut-être pas subir à d'autres c'est sûr et Rima Hassan il faut rappeler que là c'est pas la première fois qu'on l'a fait qu'elle comparait pour apologie du terrorisme à chaque fois elle a été relaxée c'est-à-dire qu'à chaque fois c'est pas très sérieux par contre il y a des elle est attaquée là-dessus pour ça et ensuite ça suit et elle est harcelée en fait elle est victime d'un harcèlement judiciaire parce que c'est une figure exposée institutionnelle quoi et institutionnelle et grâce à ce truc de l'apologie du terrorisme il

44:22
Locuteur

y

44:22
Présentateur

a

44:22
Locuteur

aussi

44:22
Présentateur

il y

44:23
Locuteur

a

44:23
Présentateur

une question qui se pose aussi sur son immunité parlementaire elle est censée en bénéficier en principe les parlementaires ne doivent pas pouvoir être placés en garde à vue

44:31
Locuteur

ne

44:32
Présentateur

doivent pas être soumis à des enquêtes c'est une règle qui vise à protéger les représentants du peuple les parlementaires contre les tentations d'un pouvoir qui ferait pression sur eux en agissant

44:44
Locuteur

des menaces

44:45
Présentateur

oui non mais voilà c'est ça en l'occurrence pour des choses qu'elle a dites oui on

44:49
Locuteur

voudrait la faire c'est on ne s'y prendrait

44:51
Présentateur

pas autrement évidemment l'immunité parlementaire ça ne marche pas tout le temps dans tous les cas sur des crimes de flagrance ou des choses comme ça tu peux évidemment te retrouver en garde à vue si tu tues quelqu'un ça peut arriver mais pour des prises de position politique

45:02
Locuteur

c

45:03
Présentateur

'est un vrai problème si on commence à judiciariser le débat politique

45:07
Intervenant

et puis l'apologie du terrorisme moi si je dis que la résistance française était bien courageuse face aux nazis c'est l'apologie du terrorisme si on veut ça dépend ça dépend qui est au pouvoir ça dépend qui décide ce

45:16
Présentateur

truc

45:18
Intervenant

là il faut le remettre dans le droit de la presse c'est à dire on fera un procès plus tard si vraiment vous voulez machin mais qu'on puisse pas foutre des gens en garde à vue direct pour ça en flagrance

45:28
Locuteur non identifié

rien que le terme de terrorisme en vrai c'est hyper compliqué à

45:31
Locuteur

décrire

45:32
Locuteur non identifié

tout ça cette souplesse permet de faire entrer tout et n'importe quoi

45:37
Locuteur

c'est quoi

45:37
Intervenant

une apologie là en l'occurrence elle a fait une citation d'un mec qui en effet a fait du terrorisme mais elle a fait une citation de ce gars là elle a pas dit bravo pour ce qu'il a fait à Tel Aviv en tuant plein de personnes elle a pas dit ça

45:47
Locuteur

c'est quoi

45:47
Intervenant

?

45:47
Locuteur

c'est quoi ?