Au cœur de Beyrouth bombardée - l'Actu de la semaine
Audio original de l'émission.
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Chapitres
Répartition du ton (temps de parole politique)
Attaque 70 %Défensif 30 %
Questions et réponses
Taux de réponse directe : 94 % (directe = 1, partielle = 0,5, éludée = 0)
- 1:46OuverteRéponse directe
Est-ce que tu es en sécurité Arthur ?
- 2:31RelanceRéponse directe
Est-ce qu'Israël continue ces bombardements aujourd'hui ?
- 3:30OuverteRéponse directe
À quel point ces frappes étaient massives ?
- 7:04OuverteRéponse partielle
Quel est le sentiment de la population à Beyrouth vis-à-vis du Hezbollah ?
- 9:19OuverteRéponse directe
Que signifie l'annonce de Netanyahou sur les négociations avec le Liban ?
- 10:26RelanceRéponse directe
L'axe de dialogue avec le Liban était de demander le désarmement du Hezbollah. Est-ce réaliste ?
Affirmations vérifiables (citations exactes)
- 4:06InvitéChiffre
« Il y avait hier, quand j'y étais dans la nuit, 20 personnes qui avaient été tirées des décombres, 7 qui s'y trouvaient encore. »
- 4:16InvitéChiffre
« Il y a encore 5 personnes qui sont sous ces gravats. »
- 15:53PrésentateurFait
« Donald Trump avait menacé de faire disparaître la civilisation iranienne. »
- 21:51PrésentateurFait
« Est-ce que c'est une réussite ? Non. Non. Et pour Israël, non plus. »
- 32:28PrésentateurChiffre
« Ça fait 14 millions de dollars par jour. »
- 35:03PrésentateurFait
« ce texte de loi est censé combattre les formes renouvelées de l'antisémitisme en créant un nouveau délit réprimant le fait de provoquer à la destruction ou à la négation d'un état ou de faire publiquement l'apologie de sa destruction ou de sa négation »
- 35:14PrésentateurFait
« le texte est inscrit à l'ordre du jour de l'Assemblée Nationale pour les jeudis 16 et vendredi 17 avril prochain »
- 37:12PrésentateurChiffre
« il y a 120 députés qui sont co-signataires, essentiellement des macronistes, mais aussi quelques socialistes comme Jérôme Gage et François Hollande »
- 40:24PrésentateurFait
« l'eurodéputée insoumise Rima Hassan a été placée en garde à vue jeudi dernier pour apologie du terrorisme »
- 43:36IntervenantFait
« il y a eu non-lieu, elle avait du CBD »
- 44:23PrésentateurFait
« il y a une question qui se pose aussi sur son immunité parlementaire »
Temps de parole
- Intervenant23 %
- Invité22 %
- Présentateur19 %
- Présentateur 216 %
- Locuteur non identifié16 %
- ?4 %
≈ 15,5 interruptions / 10 min (chevauchements et interjections détectés).
Modèle mistral-small-latest · prompt v1 · les citations sont vérifiées mot pour mot dans le transcript ; le taux de réponse directe est calculé à partir des verdicts question par question. Aucun label idéologique n'est produit.
Nous,
on pense que ce n
'est
pas Bolloré qui va vous aider à vous y retrouver là-dedans. On a besoin d'une émission indépendante. C'est de plus en plus difficile de trouver des partenaires pour financer Baxit. Si vous pensez qu'elle a sa place dans le paysage médiatique, sur Internet, soutenez Baxit, participez à son financement.
Alors,
on va parler d'un sujet important puisque Donald Trump, le cri haut et fort, les États-Unis auraient remporté la victoire face à l'Iran dans la nuit de mardi à mercredi. Le président américain a annoncé un cessez-le-feu de 15 jours dans la guerre qu'il menait aux côtés d'Israël contre la République islamique et ses alliés dans la région. Ça avait commencé le 1er mars dernier, appelez-vous. Quelques heures plus tard, malgré les conditions du cessez-le-feu, Israël a mené sa plus grande frappe coordonnée contre le Liban.
Ses frappes dans le centre et le sud de Beyrouth, ainsi que dans des villes et des villages de l'est et du sud du pays, ont tué 254 personnes et blessés, plus de 1000 autres, en une seule journée. Pour en parler, on retrouve en distance et en direct de Beyrouth, un tonnerre d'applaudissements pour Arthur Saradin. Salut Arthur, est-ce que tu m'entends bien
? Alors,
on a perdu Arthur, visiblement. La connexion en direct de Beyrouth peut être un petit peu difficile, effectivement. Je le présente quand même à Arthur, est journaliste correspondant au Liban pour plusieurs médias français, dont Radio France, Libération ou encore LCI. Est-ce qu'on a réussi à récupérer Arthur
? On
est en train d'essayer. Salut Arthur, est-ce que tu m'entends bien
? Ouais,
je t'entends très bien.
On t'entend super bien ici à Avignon. Arthur, merci beaucoup d'être avec nous en ligne. On sait que tu es très sollicité et que la situation doit être assez difficile sur place à Beyrouth. Question pour toi d'abord, est-ce que tu es en sécurité Arthur
?
Alors oui, on a eu quand même il y a quelques minutes des ordres d'évacuation de la banlieue de Beyrouth.
C'est
pour ça, je vous parle un peu en marchant parce qu'on est parti avec des confrères de cet endroit où on était en train de travailler. La situation, elle est hyper volatile ici. C'est-à-dire qu'on a entendu, on nous a rapporté beaucoup de bombardements dans le sud du pays. On sait qu'ils vont être amenés à se poursuivre aujourd'hui dans la capitale. Sans doute dans la nuit, on a entendu plein de frappes la nuit dernière, en plus des opérations qui avaient été menées
dans
la journée et qui avaient fait plusieurs centaines de morts. Donc on est en sécurité, mais on ne sait pas ni quand ni où l'armée israélienne pourrait frapper.
Donc
il y
a
encore beaucoup d'incertitudes de ce que tu nous dis. Est-ce qu'Israël continue ces bombardements aujourd'hui
?
Alors oui, elle les poursuit. Par exemple, aujourd'hui,
il
y a eu un bombardement contre le dernier pont dans le sud du Liban qui menait dans cette région. Donc même un communiqué de l'armée israélienne avait été publié où l'état-major israélien se targuait justement d'avoir isolé cette région du reste du pays.
Là,
je voulais vous montrer, c'est aussi pour ça que je marche un peu. L'enjeu aujourd'hui pour les Libanais, c'est de fouiller les décombres des frappes d'hier. Par exemple, là, je suis dans un quartier qui s'appelle Aynem Reissé.
Je
ne sais pas si vous voyez derrière moi.
C
'est des immeubles entiers qui ont été bombardés. Donc la défense civile, elle est toujours dépêchée. Vous voyez, il
y
a des secouristes derrière moi. Il y a des voisins qui essaient de retrouver un peu dans les décombres des effets personnels. Et en fait, depuis ce matin, tout le Liban est mobilisé pour essayer de réagir aux frappes d'hier.
J
'en ai parlé un petit peu justement dans l'introduction de ces frappes d'hier. Mais pour nous rendre compte,
est
-ce que tu peux nous dire à quel point elles étaient massives, importantes, ces frappes
?
Je vais vous donner un exemple. Par exemple, là, on est dans ce quartier du nord de Beyrouth. Aynem Reissé, ça n'a jamais été touché pendant la guerre de 2024. Et par le passé, c'est un quartier qui a toujours été épargné. Vous voyez, c'est des bâtiments qui sont plutôt huppés derrière. C'est classe moyenne supérieure. Il y
a
quand même des très vieilles bâtisses qu'on voit typiques de l'architecture des routes 10 centimaires. Et c'est un immeuble derrière moi ici qui a été entièrement effondré. C'est-à-dire que je crois qu'il faisait 5 étages. Il y avait hier, quand j'y étais dans la nuit, 20 personnes qui avaient été tirées des décombres, 7 qui s'y trouvaient encore. Et d'après les secours de la défense civile à qui j'ai pu parler avant de venir, il y
a
encore 5 personnes qui sont sous ces gravats. Ils ont seulement pu, vous voyez, derrière moi un peu déblayer la route. Mais c'est quelque chose qui est ingérable pour un pays comme le Liban qui est encore failli, qui a du mal à justement pouvoir dépêcher autant de personnel médical pour faire face à la situation. Pour vous donner un exemple, au Liban,
on
n
'a
pas de banque du sang, par exemple. Donc hier, il y
a
eu des appels dans tout le pays pour que les habitants viennent donner leur sang parce que les hôpitaux étaient débordés et que c'était impossible pour eux de répondre à la demande avec plus de 1000 blessés qui arrivaient de partout dans le pays.
Alors, qu
'est
-ce qu'on sait, qu'est-ce qu'on comprend des objectifs d'Israël ? Dans le sud du pays, apparemment, ils veulent faire une zone tampon, c'est-à-dire qu'ils rasent des villages entiers. L'idée,
c
'est que ça fait beaucoup de réfugiés, mais plus personne pourra y retourner, de ce qu'on comprend. Mais pour ce qui est de Beyrouth, même Beyrouth Sud, on continue à essayer de décapiter le Hezbollah, de tondre la pelouse. C'est ça qu'on comprend. C'est une expression qu'ils utilisent, eux, tondre la pelouse. C'est-à
-dire
que de temps en temps, il faut continuer à éliminer des chefs. C'est ça qu
'ils
sont en train de faire, là, en ce moment, à Beyrouth
? Oui,
c'est vrai. Il y a une double stratégie, en fait. Alors, il y a celle du sud, qui est une stratégie pour colonisation, occupation, annexion. On verra ce que ça donnera. Moi, j'appelle surtout ça une stratégie de décivilisation, parce qu'on empêche, en effet, aux civils de revenir. Et en plus de les prendre pour cible dans la région, on détruit les infrastructures civiles, on rase méthodiquement leurs maisons.
Ici,
à Beyrouth, on n'a que des théories pour l'instant. Moi, je me souviens, avec un ami, hier, on s'est dit c'est le bouquet final, c'est-à-dire qu'on s'est souvenu qu'en 2024, l'armée israélienne, avant de signer un cessez-le-feu, avait bombardé partout dans la capitale. Et on s'est dit, voilà, c'est un peu leur au revoir, ils vont faire des dizaines de morts, voire des centaines, et après, tout s'arrêtera. Et puis, on a écouté les déclarations américaines qui nous disaient que non, l'armée israélienne avait encore leur soutien pour les opérations au Liban. Et donc, c'est un peu difficile pour nous maintenant d'y voir clair.
On essaie soit de parier sur le fait que c'est une manière de faire capoter les négociations autour du cessez-le-feu avec Téhéran, en contraignant justement l'Iran à réintervenir dans le conflit au nom de son allié. Ou alors, on peut estimer que l'armée israélienne en a fini de ses opérations militaires en Iran et qu'elle décide de peser de tout son poids au Liban dans des objectifs qui sont encore très, très flous. Parce qu'en effet, décapiter le Hezbollah, comme c'est souvent matraqué par l'état-major israélien, ça ne
veut
pas dire grand-chose. Le Hezbollah, c'est beaucoup de choses au Liban. D'ailleurs, c'est plus qu'une organisation militienne.
Bien.
Merci. Salut Arthur. Déjà, merci beaucoup de prendre le temps d'être là avec nous. Tu parles du Hezbollah et moi,
j
'avais une question pour toi qui, j'imagine, est difficile et qu
'on
ne
va
pas pouvoir y répondre facilement. Mais quel est le sentiment de la population, justement, et plus particulièrement là où tu te trouves à Beyrouth, parce que c'est un peu particulier, je sais, dans la vallée de Baka ou dans le sud du Liban, par rapport justement au Hezbollah ? Il y en a beaucoup qui considèrent que, finalement, ils sont pris entre une espèce de tenaille et que le Liban n'a rien à voir dans ce conflit avec l'Iran et que
c
'est à cause du Hezbollah. Comment les gens le perçoivent sur place ?
Alors,
il faudrait peut-être même un livre pour répondre à ça, mais c'est vrai que le Hezbollah, c'est un point central de division au Liban et pour des raisons qui sont presque toujours légitimes, même si parfois elles se contredisent. C'est-à-dire que vous avez en effet des gens qui estiment que le Hezbollah a suicidé le Liban en rentrant dans la guerre. Et c'est vrai que l'action du Hezbollah, qui a été la sienne en rentrant dans ce conflit, a été surtout pour ouvrir un front de soutien à son allié qui est Téhéran et qui est aussi son principal parrain puisque c'est grâce à lui qu'il est né et c'est Téhéran qu'il le finance. Et donc, beaucoup ont estimé que ce n
'était
pas un conflit qui concernait les Libanais et que le Hezbollah n'avait pas à entraîner le pays entier dans une confrontation qui n'est pas la sienne et où le prix est celui de destruction massive pour les civils. Moi, je me souviens d'une déclaration qui avait été faite par le ministre de la Culture, Hassan Salameh, sur France Inter, il y a quelques semaines, qui ne
me
semblait pas inintéressante parce qu'il résumait bien ce qu'était le Hezbollah. Il parlait de l'Iran et du Hezbollah et disait que l'Iran avait été les sages-femmes du Hezbollah quand il était né dans les années 80. Et c'est vrai que si on considère que l'Iran est la sages-femmes du Hezbollah, ça veut dire que le Hezbollah a des parents. Et donc, ces deux parents, c'est d'un côté, un État libanais failli qui lui a permis d'exister parce qu'au Liban, tous nos partis politiques sont hérités des milices de la guerre civile. Et d'un autre côté, le Hezbollah, il est aussi né d'un autre parent, c'est l'occupation israélienne. Dans les années 80, le Hezbollah, il s'est
créé,
fondé, renforcé face à l'occupation israélienne. Plus l'armée israélienne menace le sud du Liban, plus le Hezbollah renforce sa base militante et se trouvent des raisons d'exister puisqu'il donne presque raison à ses armes là où l'armée libanaise n'a pas les moyens de défendre le territoire.
Arthur,
on
vient de l'apprendre pendant que tu nous parlais. Benyamin Netanyahou vient d'annoncer qu'il demandait à ses équipes d'ouvrir des négociations directes avec le Liban.
Qu
'est-ce que ça veut dire
?
En tout cas, déjà, ça veut dire que je l'apprends parce qu'il y avait eu depuis plusieurs heures, enfin, non, pas plusieurs jours, parce que ça a commencé hier, des appels vraiment internationaux à inclure le Liban dans le siège de la désescalade. Il y avait le président libanais qui avait dit qu'il avait plus ou moins parlé avec toutes les chancelleries occidentales et reçu des échos assez positifs à ce sujet. On sait qu'Emmanuel Macron, mais aussi le gouvernement espagnol et d'autres pays européens avaient poussé depuis 24 heures, même Emmanuel Macron, en agitant le spectre de revenir sur l'accord entre l'Union européenne et Israël pour obtenir un cessez-le-feu au Liban.
Si Benyamin Netanyahou, justement, va à la table des négociations, c'est quelque chose de très, très, très nouveau, parce que jusqu'à présent, depuis un mois de guerre, et malgré les appels des autorités libanaises, l'armée israélienne, enfin, l'État israélien, refusait catégoriquement d'entamer des négociations.
– Oui, c'est compliqué comme situation, notamment pour la France, qui se retrouve alliée d'Israël et soutien historique aussi du Liban. On en est où, là, exactement ? C'est-à-dire que l'axe de dialogue avec le Liban, c'était de demander au Liban de désarmer le Hezbollah, de démanteler autant que faire se peut le Hezbollah. Ce n
'est
pas un objectif réaliste, ces jours-ci ?
– Oui
et non, parce que, alors, ce n
'est
pas réaliste de la manière où on présente les choses. C'est vrai, parce que beaucoup, par exemple, de puissances occidentales demandent à l'armée libanaise de s'en charger. Et c'est vrai, dans un monde idéal, il faudrait que le Liban soit débarrassé de toutes ses forces militiennes, et un État qui soit réellement démocratique et pas hérité des seigneurs des guerres, et que l'armée nationale, comme n'importe quel pays, ait le monopole de la violence et puisse être la seule, au nom d'un gouvernement démocratique, à pouvoir entraîner le pays ou non dans une guerre. Le problème, c'est que l'armée libanaise, elle a été historiquement affaiblie par les puissances occidentales.
Pour être tout à fait honnête, depuis la création du Liban, les pères fondateurs du Liban ne voulaient pas d'une armée très forte, ils avaient peur que dans un pays aussi confessionnel, ça crée du déséquilibre. Mais à vrai dire, depuis la guerre civile, les États-Unis, qui sont les premiers pourvoyeurs de fonds pour l'armée libanaise, ont toujours empêché l'armée libanaise d'avoir des missiles anti-drones, d'avoir de l'équipement aérien, on n'a pas une aviation militaire au Liban.
Et donc c'est difficile aujourd'hui de demander à une armée qu'on a historiquement affaiblie de faire en une période réduite une action qui est celle du désarmement du Hezbollah que l'armée israélienne n'a pas réussi à faire en 40 ans et sans lui permettre d'avoir les moyens matériels justement de remplacer aussi le Hezbollah au sud dans tout l'aspect sécuritaire pour protéger la frontière.
Dernière question pour toi, Arthur. Est-ce que tu peux te déplacer ?
Est
-ce que tu réussis à travailler dans de bonnes conditions malgré tout
? Pas
trop. Parce qu'en fait, c'est ce que je disais au début, l'intervention c'est toujours un peu l'intime qui se mêle quand on couvre le Liban. Et journalistiquement, il y a aussi un enjeu qui est difficile, c'est celui de, moi je dis toujours, de trouver les mots à la hauteur de la vérité, de la vérité qu'on a envie de documenter. Moi j'aurais aimé passer des jours sur cet immeuble ici, dans un monde idéal. J'aimerais pouvoir retrouver tous les noms des familles qui ont vécu ici. J'aimerais m'attarder, on les voit ici, les effets personnels des habitants qui ont été soufflés. J'aimerais bien regarder qui ils étaient, avoir leur histoire, les retrouver, nommer les blessés.
Mais le problème c'est qu'hier, on a eu 100 frappes à travers tout le pays. On est beaucoup à voir des proches déplacés dans nos maisons, même certains journalistes à être déplacés, moi ce n
'est
pas mon cas. Il y a vraiment quelque chose de très dur aujourd'hui, à documenter justement le Liban, parce qu'on n'a pas le temps, parce que c'est trop violent, parce que c'est des enjeux qui nous dépassent. Et on essaie de raconter, là comme j'essaie de prendre un peu le temps pour le faire, un maximum de récits et de voix libanaise, parce que c'est aussi parce qu'il y a ces récits qu'on arrive à ne pas être sous enclave et à conscientiser un peu les gens autour de ce qui est en train de se passer ici et de l'importance de ne pas oublier ce pays.
Merci beaucoup Arthur Saradin d'être venu en direct de Beyrouth
sur
Backseat. On retrouve ton travail notamment dans Libé. C'est toi qui signe l'article qu'on retrouve à la une du journal aujourd'hui. On te retrouve aussi sur Radio France, sur LCI et sur Radio Canada. Merci Arthur. Arthur, prends soin de toi et à très bientôt.
Merci
beaucoup. Merci à vous.
Salut Arthur.
On
va poursuivre sur l'Iran. On a entendu Donald Trump qui a fanfaronné en parlant d'une immense victoire. Est-ce qu'on peut en douter
avec
ce cessez-le-feu ? Qu'est-ce que vous en pensez
? Oui,
non,
ce
n
'est
pas une victoire. Surtout si obtenir le truc, c'est juste la réouverture des trois d'Hormuz. Ce n
'est
pas une victoire de fou. Il s'est fait entraîner là-dedans.
Il
essaie d'en sortir. Tu dis ?
Avec une taxe
?
Avec une taxe. Il faut que
tu
parles dans le micro.
Avec une taxe par ailleurs.
Oui, voilà, parle dans le micro.
Qu
'est
-ce
que tu faisais
?
On mettait du rouge à lèvres.
Du coup, oui, parce que maintenant, en plus, l'Iran a obtenu en négociant de dire qu'elle le contrôle. Parce qu'en fait, de fait, quand tu peux bloquer un truc,
c
'est que tu le contrôles d'une manière ou d'une autre. Donc là, je ne sais pas où en sont les négociations. Il me semble qu'aux dernières nouvelles, ça reprenait. On en est où, directement ? Tu
as
quelque chose ou pas ? Tu
n
'es pas sûr que tu avais des news en direct ?
Non, je n
'ai
plus de news. J'ai juste reçu l'information que Benyamin Netanyahou demandait à son cabinet d'ouvrir des négociations avec le Liban. Ce qui, comme l'a dit Arthur, veut tout et rien dire. À ce stade, ça veut dire quoi ? Avec qui il va parler ? Pour parler de quoi ?
C'est lui qui bombarde. Globalement, pour résumer, pour les gens, c'était une surprise. Les capacités de résistance iraniennes ont surpris aussi les États-Unis. Israël était quand même à l'initiative, ça commence à être beaucoup dit, était quand même à l'initiative de ces nouvelles attaques.
D
'ailleurs, ça leur permet aussi d'avoir les mains libres au Liban, etc. Là, pour l'instant, il semble qu'ils soient un peu moins écoutés. Parce que Donald Trump voit ce que ça lui a coûté d'écouter Netanyahou directement. Netanyahou était venu lui vendre un plan génial qui allait se terminer en trois jours avec le changement de régime en Iran. Et vous, vous allez pouvoir faire main basse sur quoi il faut faire main basse en Iran. Et nous, pendant ce temps-là, nananina, ça ne se passe pas du tout comme prévu. C
'est
une bérésina un peu son...
Voilà, il
fallait une porte de sortie assez vite. Parce que lui-même, en interne, ça devient très...
Alors, on va en parler
de ça. Mais avant Climax, avant d'annoncer son cessez-le-feu, la veille quand même, Donald Trump avait menacé de faire disparaître la civilisation iranienne. Fin de citation. C'est quand même des propos d'une portée incroyable.
Oui, c'était quoi ?
C
'était sur Truth Social ? Sur
son réseau social à lui, oui. Sur son réseau
social. Oui, je crois qu'en plus, le tweet, il se terminait par quelque chose comme « Vive le peuple iranien ». Enfin, c'était un truc délirant. Et c'est vrai que
là,
j'ai l'impression qu'on... Enfin, moi, mon impression, de manière générale, c'est un
peu
comme si on était des grenouilles dans un verre d'eau. Tu vois ? Des grenouilles dans un verre d'eau chaude,
tu
sais, avec l'eau qui chauffe de plus en plus. En fait, on ne se rend pas compte qu'on est en train de bouillir. On est habitués à un niveau de... Enfin, j'ai envie de dire violence, mais ce n
'est
même pas à la hauteur de ce que...
De barbarie, je dirais.
...d'inhumanité,
de
barbarie, de volonté, de destruction extrême de la part du président de la plus grande puissance mondiale et d'autres personnes aussi. Et je pense que tout ça, ça n'aurait pas été possible avant la guerre à Gaza, avant le 7 octobre.
Et
qu'en fait,
c
'est quoi ? C
'est
trois dernières années, ça ?
Ça
fait trois ans.
Trois, oui. Ces
trois dernières années nous a vraiment habitués, acclimatés à entendre ce genre de choses. Et je pense qu'il y a quatre ans, ça n'aurait pas été la même chose. Et aujourd'hui, on regarde ça comme si c'était normal.
On
voit ce que
Trump...
Non, non, je suis d'accord avec toi.
C
'est-à-dire que je suis assez vieux pour vos souvenirs de la guerre en Irak et des discours que prononçait George Bush et que prononçait Colin Powell, etc. C'était d'un niveau administration américaine, c'était poli bien élevé, ça disait des horreurs, mais c'était très différent. Là, Donald Trump, il tweet des dingueries au milieu de la nuit.
Oui, et même parce que Bush, c
'est
quand même... C'est pas, comment dire... C'était pas le plus intello des présidents non plus. Mais quand il faisait son discours comme ça, c'était on va aller les sauver. C'était un grand discours pseudo-humaniste, etc. Là, on est dans totalement autre chose. et de tweeter que le président tweet « anéantir une civilisation » pour qu'elle ne puisse jamais renaître de s'étendre. C'est vraiment du discours génocidaire.
Alors, Léa, on a vu aussi que les délires de Trump commençaient à diviser au sein de son propre camp à lui.
Eh
oui, figurez-vous. Oui, oui, oui. Mais pas qu'au sein du camp républicain, parce que ça, c'est quelque chose qui n'est pas tout à fait récent. Enfin, Trump n'a pas toujours fait l'unanimité auprès des républicains. Mais là, la fracture commence à vraiment s'empirer. Et là où c'est assez marquant,
c
'est que chez les pires gugus des magas, là aussi, c'est pas non plus... Voilà,
les plus
smarts de la bande. Il commence à avoir un certain nombre d'influenceurs, d'influenceuses qui le lâchent. Alors, il
y
a eu des politiques qui avaient fait campagne avec lui. Je pense à Marjorie Taylor Greene, qui l'a lâchée depuis un certain temps déjà. Mais
il
y a aussi, voilà, des influenceuses. J'ai oublié le nom de la meuf qui était chez Fox News.
Ça
s
'en
dit quelque chose. Bref, quelqu'un qui vraiment a toujours été pour Trump, l'a soutenu, qui se dit féministe. À
ce
moment-là, j'ai un gros doute, je dois vous avouer. Qui l'a vraiment soutenu jusqu'au bout. Qui commence à dire des trucs en mode... Elle fait des lives sur YouTube où elle est en mode, il
faut
arrêter avec cette connerie. Et il commence à questionner même son état de santé mentale au sein même de la magasphère. Mais
c'est intéressant quand même, ça commence à se... Oui, il
y
en
a même qui considèrent qu'il faudrait peut-être le impeach. Mais c'est
des
républicains qui disent ça, parce que j'ai vu que les
démocrates... C'est au-delà des républicains, c'est des magas. Ah,
c'est des magas. C
'est
des magas. Donc c'est ça qui est ouf, quoi.
Parce qu'il n'arrête pas de décevoir.
Pour autant, on voit que les magas... J'ai vu un sondage de la BBC qui est sorti. Disons qu'à 80% soutiennent quand même l'invasion de l'Iran, ce qui est en train de se passer, etc. Attends, 80% des... Des magas. OK, mais tu parles aussi des électeurs normaux ? Non,
non,
non, juste des magas, pour le coup. Donc c'est un peu sa base.
Non, mais pardon,
excuse-moi, ce que je veux dire, c'est les gens qui ont voté pour Trump, ou alors tu parles du parti, des magas au sein du Parti républicain
? Des magas au sein du Parti républicain, oui. Qui ne sont pas forcément très nombreux, mais qui sont quand même sa base solide. Eux commencent à effectivement poser des questions sur la pertinence de cette guerre. Déjà, il avait dit qu'il arrêterait toutes les guerres. Il avait dit, moi, je ne ferai pas comme mes prédécesseurs, je ne
vais
pas envoyer nos enfants
à la guerre.
Voilà, America first, je ne
vais
pas envoyer nos enfants à la guerre. Ça commence quand même à avoir des répercussions aussi sur le coût de la vie, parce qu'aux États-Unis, ils seraient très dépendants du pétrole. Donc ça, ça a une répercussion directe dans les porte-monnaies.
Et
ça, pour le coup, c'est très visible et très concret pour les Américains et les Américains. Et puis, il y a effectivement...
Ils ont ramené des corps.
Ils
ont ramené des corps, il y
a
eu des morts
américains.
Exactement, alors qu'ils avaient promis que ce ne serait plus le cas. Et puis,
il
y a effectivement les midterms qui arrivent en novembre. Mais c'est assez intéressant, parce qu
'il
y a aussi des élections qui vont avoir lieu en Israël en 2026, des élections assez importantes pour Netanyahou. Et on voit que
des
deux côtés, que ce soit aux États-Unis, mais aussi en Israël,
plus
les élections arrivent et plus ils se radicalisent dans leur positionnement. Comme si, finalement, c'était le seul truc qui pouvait un peu les sauver, qu'ils essayaient de s'accrocher au pouvoir. Alors, c'est vrai que l'Israël,
il
est quand même assez bien soutenu par la classe politique actuelle, qui est clairement plus dans son sens qu'ailleurs.
La classe
politique, oui, mais la base,
pas toujours. Mais
voilà, la base, pas toujours. Bon, après,
il faut voir la
réalité. Il y a quelques activistes, mais ils se font réprimander de suite. La
population israélienne,
et on le voit... Est
globalement plutôt favorable.
Plutôt contre l
'Iran, et plutôt... Plutôt
favorable à l'intervention, effectivement.
Et les seuls qui essaient de porter un discours un peu différent et qui sont fondamentalement contre se font réprimander très rapidement. Donc, c'est aussi très difficile d'avoir une parole libre en Israël. Et en fait, je
pense
qu'ils sont tous les deux en train de s'enfermer dans une espèce d'obsession du pouvoir, sans savoir trop quoi faire face à l'Iran. Parce que tu posais la question, est-ce que c'est une réussite ? Non. Non. Et
pour
Israël, non plus. Ouais, c'est vrai. Usul, on l'a dit, il
y
a ceux qui commencent à douter du côté du camp Maga, mais à l'inverse, il y en a qui vont encore plus loin que Donald Trump. Je pense à son secrétaire à la Défense.
Oui, oui, oui. Les Etats-Unis, là, sont en mutation depuis la réélection de Trump, au point que tout ça ne se fait pas sans des évictions successives de tous ceux qui ne sont pas trop d'accord. Et notamment dans l'armée, il y a une transformation de la culture dans l'armée. C'est-à-dire que les Etats-Unis ont toujours été relativement barbares en termes de pratiques militaires.
On
se souvient du Napalm au Vietnam, etc. On se souvient de Guantanamo à Bougraïb. Enfin, je veux dire, il y a quand même une culture de la violence dans ce pays qui est un pays de violents, un pays avec une culture d'armes, etc. Mais ce n
'est
pas encore assez pour Pete Exet, qui est donc le ministre de la guerre. Maintenant, il s'appelle comme ça. Avant, c'était secrétaire d'État de la Défense. Maintenant, c'est ministre de la guerre. Il avait convoqué, vous vous souvenez peut-être, il
y
a quelques mois, il avait convoqué tous les généraux, quitte à les faire revenir des pays où ils étaient postés. Ah oui, la grand
-messe à la con,
là ! Exactement.
Il avait fait un long discours. J'avais écouté en entier. C'était assez fascinant, parce que ce mec, Pete Exet, vient de la télé. Il vient de la télé, donc il avait fait un speech pour expliquer que c'était fini maintenant les gros, les femmes, la diversité, les machins. Et là, récemment, il y
a
un chef d'État-major qui a démissionné parce qu'il a refusé d'annuler quatre promotions de femmes de Noirs que lui demandait d'annuler Pete Exet. Lui, il a dit non, je ne vais pas annuler ça.
Enfin,
c
'est
des promotions réglo, quoi. Mais il y a une reprise en main aussi de l'appareil militaire. Pareil, il y a les règles d'engagement qui sont évoquées par Pete Exet en disant on va arrêter d'être gentil. Genre, jusque-là, ils étaient pisses, tu vois. On va arrêter d'être gentil.
C
'est-à
-dire
que les règles d'engagement, le droit de la guerre, en fait, ce qu'on appelle le droit de la guerre, ce qu'on a le droit de faire, pas faire, maintenant c'est fini, on n
'est
pas des faibles, on s'en fout de ces histoires-là. Donc il y
a
une mutation de la culture américaine. Mais là, on est au bout d'une longue période. Je parlais du Vietnam avant,
c
'est-à
-dire
que pendant longtemps, les États-Unis ont engagé leurs troupes pour lutter contre l'URSS, les communistes et surtout de la Corée au Vietnam, etc. Et après, ils se sont passés, gendarmes du monde, en organisant eux-mêmes la mondialisation. Et leurs adversaires, à partir des années 90, ça a été tous ceux qui résistaient à cette mondialisation d'une manière ou d'une autre, qui n'étaient pas d'accord pour remettre leur... Alors c
'est
Saddam Hussein ou je ne sais pas quoi, des pouvoirs autoritaires, certes, mais ça s'est quand même beaucoup passé au Moyen-Orient, c'est quand même beaucoup passé là-bas. Et là,
on
est à la fin, j'ai l'impression, quand même, de ce moment-là, au point où cette mondialisation qu'ils ont installée, qui était une mondialisation américaine, une mondialisation états-unienne, sous leur contrôle et pour leur profit, avec leur dollar, etc. Ce truc-là, est-ce qu'ils sont prêts à le remettre en question ? Je veux dire, bloquer le détroit d'Hormuz, c'est aussi bloquer la mondialisation à
l
'américaine, etc.
Non mais, pardon...
Oui, vas-y, vas-y, parce que sinon, moi, je suis parti.
Non mais, en fait, je ne
sais
pas si tu as lu ou entendu parler du livre d'Arnaud Horin qui s'appelle...
Oui, bien sûr.
Bon ben, Arnaud Horin, il dit que...
C'est pas ce
livre
? Pardon, ça s'appelle « Le
capitalisme
de la finitude
». Voilà, Arnaud Horin, c'est un économiste,
un
historien, qui
a
donc écrit un livre là-dessus, et pour lui, là, on est entré dans une période, justement, qui est terminée, en gros, la période libérale qu'on a connue, elle est terminée, et là, on entre dans quelque chose de nouveau, et cette période où...
Et c'est quoi, alors ? Les
États-Unis étaient les gendarmes du monde, où ils assuraient la liberté des mères, parce qu'il y
a
un truc... Moi, il
y a
un truc qui m'a vachement marquée à la lecture de ce bouquin, c'est que depuis, bon, grosso modo, les années 90, on parle du capitalisme financiarisé, on a l'impression que le capitalisme,
c
'est gazeux un peu, c'est des... Voilà, ça n'existe pas, c'est virtuel, mais en fait, le capitalisme,
il
n
'a
pas tant changé que ça depuis le XIXe siècle, ça reste des gros bateaux, des grosses machines qui doivent passer dans des endroits, amener des marchandises d'un point A à un point B, du pétrole, etc. Et en fait, quand on n'a plus cette liberté des mères, quand on n'a plus cette liberté qui est donc assurée par les États-Unis parce qu'ils avaient leur puissance... Navale. ...leur puissance navale, on se retrouve dans un monde, en fait, où c'est plus le libéralisme. Et c'est pas, en fait, les États-Unis ne peuvent pas décider de... Le capitalisme, c'est une énorme machine et les acteurs ne peuvent pas décider à eux tout seuls comment fonctionne le monde, aussi puissant soit-il.
Et donc là, en fait, on est rentré dans une période qui... Bon,
alors,
Arnaud Rhin, il dit qu
'il
n
'y
ait plus tout à fait la guerre, plus tout à fait la paix, qui est juste un endroit, en gros, de confitualité permanente sur lequel on ne peut pas revenir à cet État libéral
d
'avant.
On
a aussi noté que des grandes entreprises énergétiques profitent de cette crise sur le dos des citoyens et des contribuables parce que la fermeture du droit d'Hormous, ça a provoqué une augmentation du prix de l'essence dans le monde entier, y compris en Europe, y compris aux États-Unis, avec les effets que ça a eus. Ça montre notre ultra-dépendance aux hydrocarbures aussi.
Oui, ça c'est quelque chose... Enfin, j'ai écouté Zuckman, l'économiste Gabriel Zuckman, à la radio il y a 2-3 jours, et lui disait que, en fait, dans les années 70, quand il
y
a eu la crise du pétrole, les profits des grandes entreprises pétrolières ont été taxés à 90 %, y compris aux États-Unis, tout ça. Aujourd'hui, les grandes entreprises du pétrole se font un argent monumental sur cette crise parce qu'ils augmentent les prix, etc. Et ça, ça passe globalement dans la poche des compagnies pétrolières, mais aussi des actionnaires qui ensuite vont le mettre dans des paradis fiscaux. En fait, c'est pareil, on est des grenouilles, quoi. Enfin, on ne se rend pas compte depuis les années 70 de ce à quoi on est habitués et de ce qui se passe, en fait, et de vraiment, je ne
sais
pas, cet emballement capitaliste, ce capitalisme violent qu'on vit, et on ne s'en rend même pas compte. Et aujourd'hui, partout, les grands patrons et même des gens normaux vont dire que c'est absolument honteux, que
c
'est impossible de taxer à 90 % des profits, mais c
'est
ce qu'on a fait dans les années 70, quoi. Et par ailleurs, il y a un truc sur toute cette question de l'essence, etc., que je déplore vraiment, qu'on n
'ait
pas vraiment de vraie discussion autour de l'écologie. Alors, on entend quelques personnes qui mettent quand même en avant le fait qu'il faut sortir la dépendance aux hydrocarbures, puisque là, évidemment, pour les gens qui n'ont pas le choix d'utiliser leur voiture, c'est dramatique, l'augmentation du prix de l'essence. Mais il faut bien se rendre compte que l'État, déjà,
l
'État subventionne entre 10 et 15 milliards par an, je crois, de mémoire, les hydrocarbures. Et donc, l'État subventionne ce secteur qui est en train de nous tuer tous et toutes. Les gens sont dépendants à l'essence, et on n'est pas capable de mettre en place des trucs assez... Vraiment, on peut mettre des trucs hyper simples en place, comme, par exemple, il y
a
cette histoire de leasing social, là, pour les personnes les plus pauvres, pour permettre d'avoir accès à une voiture électrique. Bref, en mettant 100 euros par mois, quelque chose comme ça. Mais moi,
j
'aimerais bien que ce moment, ce soit aussi l'occasion de parler du modèle dans lequel on est,
d
'infrastructures, parce que les infrastructures, tant que ça va bien, on ne les voit pas, mais là, ça ne va pas bien et on commence à se rendre compte que, en fait, notre organisation de la société, elle ne va pas.
Elle
ne va pas du tout. Et typiquement, le modèle de la voiture individuelle, c'est quelque chose dont il faut parler. Il faut parler, il faut se rendre compte de toutes les ramifications que ça a, il faut se rendre compte de l'organisation du territoire, de où est
-ce
qu'il y
a
du travail, de qui travaille dans ces travails-là, de comment on peut faire pour organiser la société différemment, pour, oui, OK, il
y
a un niveau d'électrification, merci, qui est important dans les voitures individuelles, mais que le modèle de la voiture individuelle, il faut réussir à en sortir parce qu'on ne peut pas être dépendant aux énergies comme on est dépendant aujourd'hui.
Qu'est-ce que, je complète, on parle beaucoup d'électrification en ce moment parce qu'évidemment, c'est une vulnérabilité que de dépendre autant des hydrocarbures. Ça veut dire aussi arrêter le chauffage au gaz, etc. Ça va avec. L'électrification, c'est électrifier tous nos usages. Et donc, ça va coûter un certain nombre de pognons. Et rajoutons à ça qu'on se dirige vers un été encore caniculaire, évidemment. Le réchauffement climatique fait son oeuvre et il y a des besoins considérables. On va avoir des besoins considérables en matière d'adaptation au changement climatique puisque, de toute façon, il est là.
Donc ça aussi, c'est des besoins considérables et on se retrouve à un moment où les riches ne veulent pas payer. Donc, on va se retrouver en conflit. On est en conflit d'usage de la planète, presque. Il
y
a un conflit d'usage de la planète entière.
Et
donc, tu as tout à fait raison. On va vers une crise. Ce modèle n'est pas soutenable, mais il n
'est
pas soutenable, pas seulement écologiquement, il n
'est
pas soutenable socialement, techniquement, si tu veux aussi, et politiquement, en fait. Même géopolitiquement. Qu'est-ce que... Et géopolitiquement.
Mais attends,
juste, l'écologie, c'est une question sociale, quand même. C
'est un peu ce que je
dis.
Non, non, mais oui, mais c'est important de rappeler parce que, tu vois, dans ces moments-là, on voit, parce qu'on est là, oui, l'écologie, c'est un truc de bobo, machin,
un
truc, mais non, enfin, en fait, il faut bien se rendre compte que l'écologie, c'est une question sociale et qu
'on
voit bien dans cette crise du pétrole et de cette dépendance typiquement à la voiture que, en fait, ces questions-là, elles sont hyper importantes socialement, quoi.
Il faut
être
capable de proposer un autre modèle de société pour moi, pour la gauche.
Qu'est-ce que cette crise avec l'Iran... Qu'est
-ce
que cette crise avec l'Iran provoque dans la classe politique française ? Moi, j'ai l'impression, les copains, c'est que dalle. Oui,
c'est vrai. En fait, j'ai l'impression que ça
ne bouge pas beaucoup. Il se passe des trucs en Iran, ouais, d'accord, mais là, on est sur la commission... Moi,
j'avoue, ce qui m'inquiète, sur la commission d'enquête... Enfin, je ne sais pas, on est sur le truc, on est sur la présidentielle. C
'est l'absence de prise de position ferme et de soutien de la France à l'égard du Liban, notamment, ce que tu disais tout à l'heure.
Le fait qu'on ait envoyé le porte-avion
Charles de Gaulle dans la Méditerranée orientale, tu ne le vois pas ça comme un signe de soutien
au Liban. En fait,
le problème, c'est que la France continue à fournir des armes à Israël.
Oui,
c'est même eux qu'on dit, si c'est comme
ça, on ne vous achète plus
d'armes parce qu'ils n
'étaient
pas
contents. Voilà, c
'est quand
même
assez problématique. Alors, Jean-Noël Barraud qui condamne fermement les interventions, enfin bon, voilà. Je pense que la France pourrait peut-être être plus... Par ailleurs,
elle
était garante de la mise en place du cessez-le-feu en 2024. Cessez-le-feu qui n'a absolument pas été respecté. À de nombreuses reprises par Israël. Il y
a
eu, je crois, pendant l'intégralité du cessez-le-feu, près de 1 000 morts. Donc bon, pas ouf en termes de cessez-le-feu. Et donc, voilà. Moi, je m'interroge surtout avant de penser à ce que font les autres partis qui ne sont pas au pouvoir en l'occurrence, à la réaction du gouvernement qui est quand même très inquiétante, très passive. Par ailleurs, là, sur les négociations qui vont commencer demain au Pakistan parce qu'il y
a
un cessez-le-feu de 15 jours entre l'Iran et les États-Unis, mais sous couvert de négocier un accord avec des propositions qui ont été mises sur la table, notamment le déblocage du détroit d'Hormuz avec la mise en place de ces taxes qui seraient prélevées par l'Iran et les États-Unis. Donald Trump se dit «
Ah,
super, on va faire une joint venture. » Vraiment, il a dit ça. « On va aller récupérer un dollar par baril de pétrole. »
Ça
fait 14 millions de dollars par jour.
Pas
mal. Et il aimerait que l'Iran lui reveste une petite contribution très intéressante. On n
'a
pas parlé de la Chine aussi dans tout ça qui est très dépendante à l'hydrocarbure iranien. Et tout ça pour dire que la France dit déjà que cette fameuse droite douane en quelque sorte que ça rogerait l'Iran sur le pétrole serait un point d'achoppement sur la négociation de l'accord et que la France ne soutiendrait pas l'accord si jamais c'était négocié en ce sens. Donc il y a quand même voilà on dirait que la France est en capacité d'avoir une position ferme sur certaines choses et notamment des enjeux économiques mais quand il s'agit d'aller sauver une population qui est
on
parle d'une guerre certes mais en fait c'est une invasion ni plus ni moins bon on en entend moins parler. On se souvient que le déclenchement de la guerre en Ukraine avait été un moment qui avait ça avait été analysé comme étant un moment qui avait bénéficié à Emmanuel Macron parce que la Vème République étant ce qu'elle est le chef de l'État c'est le chef des armées c'est l'international c'est les grands sujets les grands discours les allocutions à la télévision très sérieuses pour dire des choses très importantes est-ce que vous pensez que l'élection présidentielle de 2027 risque de se dérouler dans un contexte international tendu pour ne pas dire guerrier
et
si oui est-ce que ça aura un impact
?
Bien sûr
Ouais
tu penses ? Ah ouais ouais et beaucoup plus que la dernière fois la dernière fois en effet la campagne avait été percutée par l'invasion l'agression russe sur l'Ukraine
et
Emmanuel Macron se posait en chef de guerre je ne
sais
pas quoi on se souvient des photos mais là cette fois-ci non seulement il ne sera pas là mais en plus donc il y a plusieurs projets qui vont s'opposer aucun n'aura plus d'autorité que l'autre là Macron il est arrivé en position déjà d'autorité là il va y avoir une vraie discussion sur quels sont nos rapports avec les Etats-Unis est-ce qu'on veut ressembler plutôt avoir une diplomatie plus proche de celle de l'Espagne par exemple ou est-ce qu'on veut faire plutôt comme fait Mélanie il y a plusieurs modèles là qui s'opposent ou est-ce qu
'on
fait comme Orban en ce moment on interroge pas mal Marine Le Pen sur sa proximité avec Orban parce qu'il y a Poutine aussi de l'autre côté et là c'est des questions qui vont à mon avis être beaucoup plus discutées que la dernière fois parce qu'il y
a
plusieurs modèles qui s'opposent assez clairement
On
verra en tout cas et vous la suivrez sur Backseat cette élection présidentielle bien entendu autre sujet qu'on voulait aborder c'est celui de la proposition de loi dite Yadan parmi vous les viewers il y
en
a peut-être qui ont signé une pétition dont on parle beaucoup en ce moment qui a recueilli un demi-million de signatures cette pétition elle s'oppose à une proposition de loi de la députée apparentée EPR Caroline Yadan dans l'idée ce texte de loi est censé combattre les formes renouvelées de l'antisémitisme en créant un nouveau délit réprimant le fait de provoquer à la destruction ou à la négation d'un état ou de faire publiquement l'apologie de sa destruction ou de sa négation l'autre proposition c'est d'élargir le délit d'apologie du terrorisme le texte est inscrit à l'ordre du jour de l'Assemblée Nationale pour les jeudis 16 et vendredi 17 avril prochain si cette pétition qui vient d'atteindre un demi-million de signatures va permettre l'organisation d'un débat sans vote à l'Assemblée Nationale et c'est déjà en soi une victoire
le
fait d'inscrire alors c'est pas ouf c'est pas ouf voilà mais déjà le fait d'inscrire à l'ordre du jour de l'Assemblée Nationale une discussion même si elle n
'est
pas suivie d'un vote spécifique puisque le vote aura lieu sur la loi quand la loi sera discutée moi je trouve que c'est plutôt une victoire du camp des gens qui s'opposent à la loi Yadant qu'est
-ce
que vous en pensez ?
Peut
-être qu'on a appris de ce qui s'est passé à partir de 2014 à partir du moment où on a sorti l'apologie du terrorisme du droit de la presse pour un régime spécial où là vous l'avez vu récemment avec Rima Hassan pour l'apologie du terrorisme on peut être placé en garde à vue directement c'est-à-dire c'était un autre régime qui à l'époque dans le climat de l'époque s'est passé parce qu'on se disait oui c'est pour les terroristes et quand tu dis aux gens c'est contre les terroristes les gens ils font bah oui bah les terroristes il faut bien tous les moyens contre les terroristes
ça fait peur
le mot terrorisme
et puis il y
en
avait d'autres qui disaient oui bah attendez parce que ça commence comme ça avec les terroristes puis ensuite ce sera peut-être les éco-terroristes puis ensuite les militants politiques et là Caroline Yadant propose d'étendre ça à ceux qui critiquent un pays voilà mais ça veut pas dire seulement il y aura un procès etc ça veut dire les flics peuvent sonner chez toi toc toc toc qu'est-ce que t'as posté etc pour un tweet pour un machin donc non c'est une on est dans un raidissement très dangereux en matière de liberté d'expression et c'est ce que ferait un état policier quoi littéralement donc évidemment les gens je pense ont commencé à comprendre peut-être qu'il
y a
eu des déclics peut-être que de voir des enfants dans des commissariats parce qu'ils étaient pas Charlie à partir de 2015 ça a peut-être fait aussi un peu réagir et que pas être Charlie c'était déjà apologie du terrorisme donc alors qu'est-ce que c'est alors
on verra ce que ça donnera à l'Assemblée cette proposition de loi il y a 120 députés qui sont co-signataires essentiellement des macronistes mais aussi quelques socialistes comme Jérôme Gage et François Hollande
on
va
jamais s'en sortir de dire François Hollande mais genre c'est
pas possible
sortez-nous de ce cauchemar
Olivier Faure le patron du PS a assuré que les députés socialistes allaient voter contre bon alors c'est comme d'hab avec le PS c'est-à
-dire
qu'ils parlent pas d'une seule voix donc Olivier Faure il a dit on va voter contre Arthur Delaporte le porte-parole il a dit que le groupe déciderait plus tard et Hollande et Gage ça va être compliqué pour eux de voter contre
juste vous vous rendez compte que laisser le pays au RN avec des lois comme ça déjà votées c'est irresponsable c'est
clair je suis bien d'accord les députés RN soutiennent le texte est-ce que c'est une manière
de faire
oublier
ben voyons
non
mais voilà justement est-ce que c'est une manière de faire oublier l'antisémitisme du FN l
'antisémitisme oui je pense qu'ils y voient une opportunité effectivement en se disant c'est l'occasion peut-être de se racheter un peu je voulais juste revenir sur un avis qui a été posté par la commission nationale consultative des droits de l'homme que je renomme ce soir en droit humain si ça ne vous dérange pas qui analyse ce texte et qui parle bien évidemment du glissement depuis 2014 dont tu parlais Jean de l'atteinte à la liberté d'expression etc etc et qui revient en fait sur l'amalgame pardon de faits entre antisémite et antisionisme qui rappelle qu'il y
a
effectivement des actes antisémites qui sont en augmentation dans notre pays et que la seule réponse du gouvernement c'est ce texte que rien n'a été fait hormis ce texte qui en fait pose un gros gros gros gros problème il faut savoir qu'en plus il a quand même un peu évolué il a été présenté en 2024 il n'est pas nouveau elle n
'est
pas nouvelle cette proposition de loi je crois si je ne dis pas de conneries ce n
'est
pas quelque chose de nouveau
ça fait longtemps que
ça pousse pas
mal donc voilà affaire à suivre moi j'ai peur que ça passe en fait très sincèrement et peut-être qu'on aura une chance que ce soit retoqué par le conseil Constit on
croise les droits
ça ça commence à poser un problème vraiment d'ailleurs j'ai vu des constitutionnalistes en parler même l'ancien président du conseil constitutionnel Laurent Fabius en avait parlé publiquement ce qui est très rare pour ce genre de personnalité c'est que le parlement se met de plus en plus à voter des textes anticonstitutionnels de manière parfaitement consciente
en
se disant on verra non mais voilà on verra bien c'est le conseil constitutionnel qui verra qui tranchera en fait ça te permet de faire une sorte de démagogie parlementaire on va voter des trucs c
'est
le cas pour la loi via par exemple sur le harcèlement en ligne tiens on va voter un truc on se doute bien que ça va pas passer mais on va quand
même le voter comme ça ça nous permet de faire des
tweets pour dire regardez le gouvernement agit regardez la majorité
agit ça permet même autre chose pour ceux qui voient le coup d'après c'est regarder après je vais pouvoir expliquer à mes électeurs que j'aurais bien pu vouloir j'aurais bien pu faire autre chose
mais gouvernement des juges à cause du conseil
constitutionnel
qui est politisé et qu'il faudrait peut-être en
terminer avec le conseil constitutionnel parce que le peuple s'est exprimé le peuple veut ça donc tant pis pour le conseil constitutionnel c'est à dire l'idée c'est aussi d'affaiblir ce contre-pouvoir en tout cas cette méthode finie par leur donner des arguments
c
'est un énorme risque en tout cas en parlant d'apologie du terrorisme parce qu'on en a parlé l'eurodéputée insoumise Rima Hassan a été placée en garde à vue jeudi dernier pour apologie du terrorisme elle sera jugée le 7 juillet pour avoir fait référence sur son compte X à un ancien membre de l'armée rouge japonaise auteur d'un massacre perpété le 30 mai 1972 dans un aéroport l'aéroport de Tel Aviv en l'occurrence qui a fait 26 morts on peut en reparler de cette apologie du terrorisme qui est effectivement quelque chose de spécifique Climax pourquoi est-ce que ça constitue un dévoiement des moyens de lutte contre le terrorisme
?
alors ça encore un coup de Hollande cette histoire franchement mais non mais en vrai j'ai l'impression que Jules tu en as déjà un peu parlé avant mais en fait les outils de lutte contre le terrorisme c'est n'importe quoi c'est juste on s'en sert pour typiquement pour attaquer Rima Hassan avec en plus des espèces de trucs genre elle avait de la drogue sur elle c'est vraiment un niveau c'est terrible et moi il n
'y a
pas longtemps j'étais invitée à un événement où il y avait la journaliste Ariane Lavrieux qui était là qui était journaliste d'investigation de Disclose qui reparlait de ce qui lui était arrivé où elle pareil au nom de la lutte contre le terrorisme elle s'était fait perquisitionner à son domicile elle avait fait de la garde à vue tout ça tout ça au nom parce qu'elle avait révélé des liens entre une opération en Égypte où l'armée française ou l'état français était impliquée bref mais tout ça pour dire que vraiment cette histoire de lutte contre le terrorisme aujourd'hui c'est vraiment un cheval de trois pour vraiment contourner
les droits individuels attachés à personne je ne
sais
pas si vous vous
souvenez
une garde à vue c'est déjà une punition je ne
sais
pas s'il y a des gens ici c'est pas censé l'être aujourd
'hui
la garde à vue c'est tellement banal en fait
moi je me souviens de Sarkozy qui chouinait sur ses garde à vue il les trouvait inhumaines et horribles oui il n
'était
pas content
lui il disait que c'était déjà une
punition la garde
à vue et qu'on
lui inflige ça à lui voilà
tu vois ce que je veux dire sur le fait aujourd
'hui
quand tu vas en manif tu sais que tu as un risque d'aller en garde à vue tu sais que tu vas te faire taper tu sais que tu vas prendre des lacrymaux dans la gueule c'est le but des gilets jaunes c'est
genre
c'est n'importe quoi mais
tu as
raison la garde à vue a été utilisée comme une punition ou comme une mise à distance on vous met en garde à vue comme ça vous n
'allez
pas en manif comme ça on est sûr que voilà donc oui il y a un dévoiement complet de la garde
à
vue normalement on appelle ça le secret de l'instruction non ? oui
le secret de l'instruction le secret de
l'instruction t'es pas censé y'a pas censé y avoir de fuite de ce qui se passe en garde à vue ne serait-ce que pour préparer ta défense machin et là l'avocat Vincent Bringard t'a dit j'apprenais des trucs dans la presse que je ne savais pas encore alors que ma cliente était en garde à vue etc pardon ça veut
dire
je pense qu'il
y a
des gens dans les commissariats qui disent très bien on arrive à Hassan et ça communique à d'autres gens regardez on a fouillé son sac qu'il y avait du CBD non il y
a
de la drogue voilà et ensuite ça a été ce
qui est
contesté
par Rima Hassan
non mais
ce qui
est
contesté il y a eu non-lieu il y a
eu non-lieu elle
avait du
CBD voilà
voilà
donc c'était pas ce
truc là
était faux de A à Z mais
oui et matraquage médiatique
derrière bien
sûr le matraquage
médiatique derrière je veux dire le préjudice
mais
il y
a
un truc raciste derrière pour le coup
évidemment
évidemment
il
y a des gens avec qui on peut faire subir des trucs qu'on ne ferait peut-être pas subir à d'autres c'est sûr et Rima Hassan il faut rappeler que là c'est pas la première fois qu'on l'a fait qu'elle comparait pour apologie du terrorisme à chaque fois elle a été relaxée c'est-à-dire qu'à chaque fois c'est pas très sérieux par contre il y a des elle est attaquée là-dessus pour ça et ensuite ça suit et elle est harcelée en fait elle est victime d'un harcèlement judiciaire parce que c'est une figure exposée institutionnelle quoi et institutionnelle et grâce à ce truc de l'apologie du terrorisme il
y
a
aussi
il y
a
une question qui se pose aussi sur son immunité parlementaire elle est censée en bénéficier en principe les parlementaires ne doivent pas pouvoir être placés en garde à vue
ne
doivent pas être soumis à des enquêtes c'est une règle qui vise à protéger les représentants du peuple les parlementaires contre les tentations d'un pouvoir qui ferait pression sur eux en agissant
des menaces
oui non mais voilà c'est ça en l'occurrence pour des choses qu'elle a dites oui on
voudrait la faire c'est on ne s'y prendrait
pas autrement évidemment l'immunité parlementaire ça ne marche pas tout le temps dans tous les cas sur des crimes de flagrance ou des choses comme ça tu peux évidemment te retrouver en garde à vue si tu tues quelqu'un ça peut arriver mais pour des prises de position politique
c
'est un vrai problème si on commence à judiciariser le débat politique
et puis l'apologie du terrorisme moi si je dis que la résistance française était bien courageuse face aux nazis c'est l'apologie du terrorisme si on veut ça dépend ça dépend qui est au pouvoir ça dépend qui décide ce
truc
là il faut le remettre dans le droit de la presse c'est à dire on fera un procès plus tard si vraiment vous voulez machin mais qu'on puisse pas foutre des gens en garde à vue direct pour ça en flagrance
rien que le terme de terrorisme en vrai c'est hyper compliqué à
décrire
tout ça cette souplesse permet de faire entrer tout et n'importe quoi
c'est quoi
une apologie là en l'occurrence elle a fait une citation d'un mec qui en effet a fait du terrorisme mais elle a fait une citation de ce gars là elle a pas dit bravo pour ce qu'il a fait à Tel Aviv en tuant plein de personnes elle a pas dit ça
c'est quoi
?
c'est quoi ?