LE GRAND DOSSIER - Incendie dans l'Aude, le point sur la situation|LCI
Transcription youtube_captions. À recouper avec la source d'origine.
Bonsoir à tous, soyez les bienvenus dans votre grand dossier. Nous nous intéressons aujourd'hui à ce terrible incident dans l'Ude. 15000 hectares ont déjà été ravagé par les flammes.
Une femme est décédée alors qu'elle ne voulait pas laisser sa maison déblessée dont un grave qui est brûlé sur une grande partie de son corps. Les pompiers luttent encore activement pour pouvoir arrêter cet incendie qui n'est pas fixé alors que le vent est en train de s'inverser sur la rapidité de cet incendie. Très précisément, écoutons en préambule de ce grand ancier le colon Manis.
Le colonel Man, il est à la tête des chef des pompiers dans l'Aude et il explique cette progression 1000 hactares parcouru par heure dans l'eau la nuit dernière. Écoutez, regardez qu'on a des actions à faire à l'arrière puisque le vent est en train de basculer. Donc ça veut dire que si on ne fait rien, il peut se continuer à se propager.
Donc quand on connaît le niveau de sécheresse, il faut vraiment qu'on soit mobilisé sur chaque saute de feu parce que là c'est ça qu'on a observé aussi he à 200 m à 500 m, on avait des des feux qui redémarrent en fait par le fait que la simple bégule ou étincelle qui vient de pine de pain ou quoi permet de réactiver un nouveau foyer. C'est c'est ce qui amène à ce qu'on ait 1000 hectares par heure dans dans les distances parcourues. Donc voilà, quelque chose de conséquent.
Vous êtes les bienvenus dans votre grand dossier. Nous sommes ensemble jusqu'à 18h. Vous venez d'entendre ici le chef des pompiers de l'Aude.
Avec cet incendie apocalyptique, le plus grand incendie de l'été. Déjà 15000 hectares ont été ravagés. Comme on vous le rappelle, une personne hélas et décédée autour de ce plateau.
Thomas Hermand, vous êtes notre journaliste TF1 LCI. Mathieu Desmoulin, notre journaliste politique TF1 LCI. Le lieutenant colonel Frédéric Aro vient de nous rejoindre.
Soyez le bienvenu monsieur. Vous êtes le porte-parole de la sécurité civile. Munia Mostfaoui, soyez la bienvenue madame, vous êtes climatologue.
Et enfin le capitaine Marc Roland, soyez le bienvenu monsieur. Merci d'être resté avec nous. capitaine de la gendarmerie, porte-parole de l'association gendarmes et citoyens.
Tous les moyens de la nation sont mobilisés. C'est ce que nous a dit le chef de l'État. Alors Mathieu Desmoulin que le premier ministre François Baou est actuellement sur place dans l'OUDE.
Il est accompagné notamment du ministre de l'intérieur. On l'a vu il y a un instant, il s'entretenait avec euh le maire de cette commune euh Saint-Laurent de la Cabrer 6 qui a été une commune hélas dévastée par cet incendie. Quelle est la posture ici du Premier ministre ?
Quelles sont les attentes sur place ? Sa parole est importante. Il est attendu le premier ministre sur le terrain.
Il y a beaucoup de d'oléance. Il doit échanger en ce moment même avec toutes ces personnes qui ont été impliquées, que ce soit dans ce front à combattre les flammes et qui continuent encore les pompiers, les forces de l'ordre. Il y a des gendarmes qui sont également mobilisés en renfort et et tous ces personnels officiels, institutionnels, j'ai envie de dire, qui aident à la sécurisation des populations à lutter contre les flammes.
Il y a aussi des attentes de la part des des populations et des sinistrés. Euh, on parlait de ce bilan dramatique, une femme euh qui est décédée dans sa maison qu'elle ne voulait pas quitter, un autre qui est brûlé gravement et qui est hospitalisé, mais il y a aussi des gens qui ont simplement perdu leur maison. On est aussi dans une région viticole et donc forcément des exploitations qui sont désormais inutilisables à l'avenir pour les agriculteurs, pour les exploitants.
Beaucoup donc de questions auxquelles va devoir répondre le Premier ministre. d'inquiétude sur la suite. Il va devoir rassurer, montrer que le gouvernement est à la tâche même au cœur de l'été alors que d'autres sont en vacances et qu' sera pleinement mobilisé à la fois sur la gestion de cette crise, ce feu à combattre, mais aussi sur les suites et les dégâts.
Lieutenant colonel Frédéric Carro sur les moyens qui ont été mises en place sur place, on a entendu notamment le le colonel Mani qui est le chef des pompiers dans l'Aude et qui a expliqué que dans dans les 5 premières minutes, on a commencé les les largages. Dans ces cas-là, il faut agir vite. Il faut agir de façon précise, presque chirurgicale.
Vous nous le confirmez. C'est notre méthode française, c'est notre stratégie d'attaque du feu naissant, d'avoir un dispositif d'abord terrestre réparti sur le terrain. Tous les matins, on va regarder la carte météo, on va regarder la carte des massifs, la carte des risques et on va positionner tous nos moyens, nos camions, nos groupes d'intervention dans l'ensemble du massif pour pouvoir les les détecter le plus rapidement possible et intervenir le plus rapidement possible et avec des moyens aériens qui vont faire des circuits, qui vont parcourir tous ces massifs à risque pour être à même également de pouvoir les détecter au plus tôt et pouvoir faire un premier largage le plus tôt possible avant que ce feu n'atteigne le premier hectare pour pour intervenir et le et le limiter, le le faire dès son éclosion.
Et puis quand un feu dépasse euh ce premier hectare, et bien il devient un sinistre majeur qu'on prend en compte et qu'on va donc organiser en conséquence pour pouvoir le traiter sur l'ensemble de ces flancs. Liutenant colonel, pourquoi est-ce qu'on parle aujourd'hui du feu le plus important qu'on a jamais vu en France ? En tout cas, du feu le plus important de l'été. 15000 hectares, c'est énorme.
Pour qu'on se fasse un un ordre d'idée, c'est la la superficie de Paris. Vous nous le confirmez. Pourquoi est-ce que on est presque sur la ligne vers un mégafeu ?
C'est c'est c'est gros ce qui est en train de se passer. C'est pas rien. Pour avoir une échelle, on se rappelle de l'andiras 2022.
Alors l'andiras c'était plusieurs feux. On a un premier feu qui fait à peu près 20000 hectares. On en a eu d'autres qui ont suivi derrière le la somme de l'ensemble des feux de l'andiras sur l'été 2022.
Ça était à peu près 30000 hectares. 32000 hectares, je crois de de souvenir. Ça veut dire que là avec ce qu'on a eu en 24 heures, c'est déjà la moitié.
Donc c'est ça qui fait quelque chose de de dimensionnant. 1000 hectares par heure, on nous dit parcourir. C'est c'est c'est gigantesque le les mégafeux aux États-Unis, on parle de mégafeu pour 10000 hectares.
En Europe, l'échelle est différente parce que notre massif forestier est différent mais surtout en France notamment, on a un massif forestier dans lequel on a de l'habitat. Aux États-Unis, vous avez des zones entières avec juste de la forêt. On peut gérer ça un petit peu différemment.
Nous, on a le devoir d'éteindre parce qu'on a cet habitat, on a cette présence humaine qui est partout. Et donc c'est quelque chose qui est majeur, qui est qui est notre priorité pour nous pompiers. La priorité c'est les vies humaines.
Et donc les premières actions visent à éteindre le feu. C'est ce qu'a dit le colonel Manie et c'est ce qui a été fait. Mais dès lors que le feu prend un peu d'ampleur, notre priorité c'est de sauver les gens qui sont dedans et après d'organiser le sinistre pour pouvoir réduire le feu jusqu'à l'état.
On l'imagine lieutenant colonel Munia Mostfaoui, vous êtes climatologue. Je je l'ai dit en préambule. Il y a une véritable question sur la géographie et très précisément euh ce que ça veut dire.
Les arbres, la météo sur place. On nous parle ici d'un changement de vent. En quoi en quoi est-ce que c'est important on parler d'un vent d'est puis d'un vent d'ouest ?
Que va-t-il se passer exactement de façon à ce que les les pompiers puissent intervenir chirurgicalement ? C'est ce qu'on a dit il y a un instant. Oui.
Alors merci. Tout d'abord, je voulais saluer et et tout à fait souscrire complètement à ce que vient de dire le lieutenant colonel. En fait, on est vraiment sur un mégafeu, que ce soit dans la définition européenne qui est de plus de 1000 hectares ou la définition américaine qui est de plus de 10000 hectares.
Euh c'est intéressant de regarder l'étymologie. Méga évidemment, comme chacun sait en grec, c'est grand. Et feu à la base, c'est focus, l'étymologie de latine pour le coup.
Et donc normalement quelque chose de un feu, c'est quelque chose qui est c'est la même étymologie que le foyer. Donc c'est quelque chose qui est restreint en fait sur le plan sur au niveau de son périmètre. Et là en l'occurrence effectivement le l'étendue c'est ça qu'on narrive pas qui est dangereux qu'on arrive pas à maîtriser et donc qui est qui est dommageable he même si en France on est quand même bien équipé plutôt bien armé.
Je crois qu'on a 23 euh Canada et et des alors on en a pas autant hélas on a 12 Canadaires. On a 39 aéronefs bombardiers d'eau d'État plus une dizaine de départementaux. Très bien.
Bon bah c'est c'est quand même quelque chose. D'ailleurs la France avait pu aider aussi l'Algérie et d'autres pays qui avaient été affectés par ce genre de choses. Mais en ce qui concerne le changement climatique là-dedans, voilà effectivement jusqu'à 9 incendies sur 10 sont d'origine humaine.
Mais ici le problème c'est effectivement le vent, la vitesse des vents. En l'occurrence ici, on a une un vent qui souffle à environ 60 km/h ce qui est beaucoup et du coup on a une vitesse de déplacement qui a quasiment 6 km/h, qui est énorme. Donc ça rend difficile le travail. ben de de nos forces de du ministère de de l'intérieur qui fait un travail remarquable he par ailleurs.
Et puis effectivement la végétation bah la végétation méditerranéenne et bien malheureusement c'est c'est propice à une propagation avec les combustibles naturel les huiles et absolument mais c'est surtout des températures de plus de 30°gr donc ça c'est totalement lié au réchauffement climatique et ça ça s'intensifie avec des périodes qui malheureusement se déplacent bon là on est en plein mois de de juillet mais ça ça ne risque de faire que de s'aggraver et puis évidemment des précipitations qui sont de plus en plus réduites et donc quand vous avez et bien un taux d'humidité qui est inférieur à à 30 % et bien vous augmentez les risques. Et je voudrais quand même signaler donc pour prendre juste un petit peu de hauteur, nos amis américains dans le même temps viennent de publier un rapport climatoceptique, donc fin juillet. Euh alors ce évidemment il y a il y a des aspects locaux et je tiens à dire mon émotion avec le cœur et la raison.
On est scientifique mais on est aussi très ému de voir toutes ces personnes malheureusement sinistrées. Cette dame qui a pas voulu quitter sa terre parce que c'est aussi il y a aussi une question de patrimoine he c'est c'est notre patrimoine naturel. C'est la le territoire le terroir même qu'on aime malheureusement qui est blessé par ces incendies et ça c'est ça se joue aussi à l'échelle internationale.
Donc on est dans l'année de la COP 30 des 10 ans de la séparation des 10 ans de la C de Paris. Absolument. Et donc on a aussi un rôle à jouer au niveau international parce que malheureusement le réchauffement climatique il ne se joue pas qu'à l'éclal.
Là on peut intervenir sur des actions d'adaptation. La France peut être leader en montrant l'exemple par ces actions d'atténuation. Mais les gros émetteurs, ce sont notamment les États-Unis, nos amis américains, les Chinois, les Indiens et cetera et et nous en tant qu'Europe, pas seulement en tant que que France.
Donc je pense qu'on a vraiment un travail collectif à faire parce que on est vraiment, je pense qu'on peut le dire, en guerre mais tous collectivement contre le réchauffement climatique. On vous sent à la fois, si je puis me permettre Muniamo Stéphafawi ému et un peu en colère. Oui, je suis ému.
Je suis ému. Vous savez, moi j'ai j'ai fait des retraites par exemple à l'abaye de la Grâce et euh et voilà, on a des moines qui prient aujourd'hui pour que le bon le feu s'éteine. Notre le pape hein le le précédent en tout cas avait écrit l'encyclique Laudat aussi donc sur plein d'aspects.
Je suis émue en tant que citoyenne évidemment aussi en tant que scientifique et comme la communauté. Euh alors colère colère contre euh je crois je crois qu'en France on fait vraiment ce qu'on on fait quand même ce qu'on peut en tout cas comparé au reste du monde on est plutôt leader mais je pense qu'il faut qu'on arrive à à vraiment jouer collectif à l'échelon mondial. Alors justement ce collectif on l'a entendu le maire de de Saint-Laurent de la Cabressie c'est ce qu'il a dit tout à l'heure en le regardant dans les yeux au premier ministre.
Il a dit nous on est prêt il faut s'asseoir il faut réfléchir à à cette façon de penser pour nos petites communes pour qu'on puisse avancer pour que ça ne se reproduise plus. Jean-Jacques Marty, vous êtes toujours avec nous, monsieur. Vous êtes le maire de Saint-Fériol.
Saint-Fiol, c'est une comm, une commune, pardon, fort heureusement qui n'a pas été touché par les flammes pour le moment. Monsieur, vous êtes à 1 heure de route en tout cas de Saint-Laurent de de la de la Cabressie. Cette question parce que vous nous l'évoquiez, monsieur tout à l'heure et vous disiez nous on n pas besoin de plus d'argent.
En réalité ce qu'on veut c'est de pouvoir agir. Et pour pouvoir agir, il faut qu'on nous donne les moyens l'égaux de pouvoir le faire. Tout à fait.
C'est exactement ça. C'estàd que bon c'est c'est problématique. Alors effectivement il y a le rechargement de la planète tout ça.
Donc là il y a il y a des spécialistes qui peuvent qui peuvent nous aider. Il y a il y a c'est indéniable, il y a pas de problème. Mais nous ce qu'on voit sur le terrain, c'est qu'on y est au quotidien.
Donc ces problèmes comme les problèmes de délinquence, comme les problèmes de de violence conjugale, comme les problèmes tous ces problèmes là que tous les jours nous avons dans dans vos journaux, nous nous les avons au quotidien. Nous avons quelques solutions concernant les incendies pour revenir ce qui ce qui nous intéresse aujourd'hui. On voit les les problématiques, on voit nous nos limites.
Vous comprenez bien que les élus aujourd'hui, nous on est sur le terrain, j'étais sur le terrain aujourd'hui, c'est dramatique. Euh un maire qui voit son village brûler, sa population, c'est vous pouvez pas vous imaginer, c'est c'est la famille qui s'en va pour un maire qui se bat pour son village toute l'année. Et aujourd'hui, ce qui nous fait le plus râer, c'est que on entend, on va pas faire de polémique.
Peu importe les gouvernements, moi je veux bien entendre tout le monde. On nous promet des choses. Écoutez les maires les maires, ils ont les solutions.
Moi, je dis aujourd'hui à monsieur Rotaillot, ministre de l'intérieur, puisqu'il est pas loin de chez vous, recevez-moi à Paris. Écoutez-moi. Je dis pas que j'auraiis toutes les solutions comme pas mal de mes collègues, je suis pas le seul.
Écoutez-nous. Prenez 1h30 de votre temps pour nous écouter les problèmes que nous rencontrons avec les feux de forêt. Ce que nous rencontrons aujourd'hui, c'est l'incivilité.
Les incivilités, on les connaît. Les gens qui font des barbecu le dimanche dans un bois, tout ça, on le voit. Sauf que nous dans les pays de communes, on n pas de police municipale.
Nos gendar nos gendarmes qui font excellemment leur travail. Souvent, il y a une patrouille pour 10 10 communes, ils peuvent pas être partout. Et lorsque on a ces gens-là ou lorsqu on veut les obliger à nettoyer que lorsque ce sont des particuliers qui ont intérêt, mais aujourd'hui une fois qu'on a envoyé nos trois lettres recommandées, qu'on a averti les services de la préfecture, qu'on a averti le procureur de la République et ben voilà, on a fait notre travail et la personne il continue à rigoler, il débroussaillera jamais.
Alors, on nous dit mais vous avez qu'à faire les travaux et éventuellement faire un titre pour qui vous paye. Et mais ça marche pas comme ça. Déjà nous souvent dans une mairie, on a un agent ou deux agents, on n'est pas équipé pour faire du débroussaillage.
C'est ça que qu'il faut comprendre. Nous, on demande pas du tout de moyens, j'ai entendu des moyens. Bien sûr qu'on a toujours besoin de moyens, mais ce qu'on demande aujourd'hui, c'est qu'on nous écoute et qu'on nous accompagne et qu'on nous soutienne et qu'on nous aide justement lorsque le maire ne peut plus avancer parce que la loi, le régalien l'empêche d'avancer, il faut que l'État soit présent et nous donne les moyens d'agir.
Merci monsieur le maire d'avoir été avec nous en direct sur LCI pour ce coup de gueule qu'on peut comprendre, qu'on entend. On espère que votre message arrivera au plus haut sphè, c'est-à-dire à Bruno Rotailloto. C'est ce que vous nous avez dit.
Merci encore, monsieur le maire. À l'instant, on apprend que l'Union européenne est prête à mobiliser des moyens si nécessaires. Comment est-ce que comment est-ce que ça marche dans ces cas-là ?
Alors, on a un mécanisme, hein, le mécanisme de protection civile de l'Union européenne avec un centre opérationnel qui est à Bruxelles qui est le RCC European Emergency Response and Coordination Center qui monitore l'activité sur l'ensemble de l'Europe et donc notre centre opérationnel français, le cogique, leur rend compte de notre situation et dès lors qu'un pays, un membre des 27 ainsi que 10 étatsmembres participants vont atteindre leurs limites capacitaires, vont avoir besoin de moyens supplémentaires. Ça pourrait être le cas avec notre flotte aérienne. Ce mobilise l'ensemble de nos avions et qu'il nous en faut encore plus.
Et bien, on peut disposer des moyens de nos collèges de nos voisins européens avec des Canadaires qui peuvent être croates, italiens ou espagnols qui viendraient en renfort chez nous. Capitaine Marc Reland sur cette sur ce travail étroit avec l'Europe la France n'est pas seule, c'est une bonne nouvelle. En tout cas, ça se nomme militairement pour en revenir au à ce que je suis militaire, c'est la complémentarité des moyens, c'est la hiérarchisation des responsabilités.
En fin de compte, on a une boîte à outils européennes lorsqu'on en a besoin. On se sert des outils européens. Thomas Hermand, point de situation.
À l'heure où nous nous parlons en direct sur LCI, il est presque 17h. C'est incendie. Quel bilan à l'heure actuelle ?
Bah, il faut toujours rester extrêmement prudent. D'ailleurs, la vigilance est toujours de mise sur place puisqueon a un vent qui a changé de secteur depuis 14h. Donc, on pourrait se dire mécaniquement, mais il revient sur ses traces.
Mais en fait le piège c'est que vous avez ce qu'on appelle des des sautes de feu. Donc vous avez des zones brûlées et du non brûlé. Vous avez des habitations à protéger.
Et ben en fait ce matin les sapeurs pompiers ont anticipé changement de vent en prépositionnant donc des colonnes de sapeur pompiers notamment devant des habitations pour tenter bien de les protéger en fonction de la progression. Et puis on essaie également de maîtriser cette progression de la Ferrari dans un secteur bien précis là où on a justement prépositionné les moyens justement c'était cet après-midi qui est un petit peu à risque. On voit qu'on a renforcé les moyens aériens.
On a sep Canadaires et quatre d'hes là maintenant en ce moment. Ils vont d'ailleurs se se recharger autour de de Carcasson actuellement. Donc c'est pour vous dire que les sapeurs pompiers sont extrêmement vigilants cet après-midi.
Vous évoquiez à l'instant Thomas Hermand les sapeurs pompiers forcer l'incendie à prendre une direction différente. C'est ce qu'on a appris. Oui, bah en fait ça se fait régulièrement de pour tous les incendies.
On évalue les zones à risque en fait sur une carte. Vous avez des sapeurs pompiers qui qui font ça dès dès qu'un feu arrive. les zones à risque à protéger et puis on essae avec les moyens au sol et les moyens aériens de forcer l'itinéraire d'un feu pour pouvoir le contenir.
On a l'impression qu'il y a de nombreux hectares qui sont brûlés et que c'est la situation n'est pas contrôlée. Au contraire et bien on va faire volontairement prendre la direction du feu même si on sacrifie plusieurs milliers d'hectares. Mais vau les sacrifier dans une zone boisée non habitable plutôt que dans une zone avec une fort dontée de population.
C'est ce que vous nous avez dit tout à l'heure le temps colonel. La priorité c'est de sauver les êtres humains qui sont sur place. Ça, on ne déroge pas la règle.
Exactement. La priorité c'est les vies humaines, c'est les vies animales et puis les biens et l'environnement. Donc il faut gérer tout ça.
Il faut bien 2000 pompiers sur ce terrainlà pour le pour le faire. Chacun va se répartir dans les différentes fonctions. Mais mais l'exercice c'est pas simple parce que il faut composer avec le relief, faut composer avec le vent qui est changeant avec le relief qui peut tantôt être une difficulté et puis tantôt être un atout, se servir effectivement de de zones non boisées avec avec des lacs ou ou avec une autoroute par exemple qui va nous permettre de de ralentir la puissance du feu, d'aller casser sa puissance pour derrière pouvoir faire l'extinction.
Mathieu de Moulin. Alors que nous voyons en direct ces images euh de Saint-Laurent de la Cabreris dans l'Aude, une ville qui a été meurtrie littéralement euh par ces incendies. C'est précisément dans cet endroit qu'une femme est décédée d'une soixantaine d'années parce qu'elle ne voulait pas laisser son habitation.
Nous voyons les images ici du premier ministre François Baou. Il n'est pas venu seul le Premier ministre. Non, il est accompagné de deux membres du gouvernement.
Bruno Rota d'abord ministre de l'intérieur. C'est lui qui en tant que chef de la place Bova a la charge de toutes ces opérations en tout cas administrativement. Et puis un autre ministre de la place Bovau, c'est François Noël Buffet qui est ministre délégué auprès du ministre de l'intérieur.
Alors, c'est pas un portefeuille très défini dans le titre. Ils ont fait une répartition des rôles et c'est lui notamment qui a en charge par exemple la réforme de la sécurité civile, de la protection civile. Et donc les deux hommes qui accompagnent François Baou sur le terrain pour montrer que le gouvernement est mobilisé au cœur de l'été euh sur la lutte contre les flammes et sur l'accompagnement aussi des victimes puisque c'est une dimension très importante dans ce genre de catastrophe naturelle.
Alors que cet incendie historique dévastateur, apocalyptique, ce sont les mots qui sont sortis de la bouche des mers sur place, des habitants sur place, des pompiers qui sont encore en train de lutter contre cet incendie qui est loin d'être terminé. Il y a une question, il y a la question des moyens en notre possession aujourd'hui dans le pays. On évoquait les les Canadaires.
Il y a quelques minutes, il y a 12 Canadaires dans le pays. 11 sont opérationnels. Ça vous nous le confirmez Thomas, c'est ce que vous nous disiez peut-être.
Ah d'accord. Donc je vais vous poser cette question sur les moyens. Il y a eu des il y a eu des promesses.
On a des politiques qui sont sur place. question peut-être un peu dure, un peu triviale parce qu'aujourd'hui on a les moyens de nos ambitions. On sait qu'il va y avoir de plus en plus de feu, hein, c'est pas à vous que je vais l'apprendre.
On sait qu'il fait de plus en plus chaud sur la planète. Ce serait comme arrêter un océan avec nos mains. C'est presque impossible.
On peut lutter. Alors, on lutte, hein, c'est exactement ce qu'on est en train de faire. Il faut des moyens, on pourrait en demander de manière infinie.
On pourrait avoir des des centaines de Canadaires. Il faut avoir quelque chose qui est rationnel et qui est proportionnel adapté à notre massif. proportionnel.
On a des Canadaires qui datent de la fin des années 90. On en avait acheté 15 à l'époque. On en a perdu trois en 25 ans.
On en a 12 aujourd'hui. Alors un qui a eu un gros souci technique en en début de saison. Donc on en a 11 qui sont opérationnels.
Mais on a pas que les Canadaires. On a nos Dash qui sont des avions encore plus gros que les Canadaires qui peuvent pororter 10000 L d'eau là où un où un canader en emporte 6000. On en a combien des dash ?
On a 8 dash. Donc en avion gros porteur 6000 L 10000 L. On a donc les les 12 canadair les 8.
Ça fait déjà 20 machines. D'accord. Ce travail d'analyse du dérèglement climatique et de ses conséquences, on le fait depuis déjà une quinzaine d'années.
On le voit au quotidien, on voit l'évolution de ces surfaces, cette occurrence de feu toujours plus forte et et un début de saison toujours plus tôt. Et donc, on a besoin d'adapter notre réponse opérationnelle. Donc la sécurité civile fait ce travail là déjà depuis une quinzaine d'années et plus encore depuis l'andiras 2022.
On a vu ces ces propositions enfin ces ces décisions du du président de la République d'adapter et de compléter notre flotte en la montant déjà à 16 canadaires. Donc avec l'achat de quatre nouvelles machines et puis le renouvellement des 12 machines existantes. C'est donc ce qui a été initié avec l'achat de deux premières machines.
La sécurité civile travaille à l'achat des deux suivantes. Maintenant, ce qu'il faut dimensionner aussi, c'est qu'il y a la question industrielle derrière. Les Canada, ils ne sont plus produits depuis 2015.
La licence a été revendue. Donc Bombardier à l'époque qui fabriquait les Canadaires a arrêté cette production. On a acheté parmi les dernières machines nos 415 c'est le dernier modèle produit par par bombardier et donc ils ont dessiné une nouvelle machine qui est le 515 mais dont ils n'ont jamais commencé la production.
La licence a été rachetée aujourd'hui, c'est de Aviland, le constructeur qui l'a racheté, toujours un constructeur canadien mais qui aujourd'hui n'a pas encore commencé la production de ces machines. Donc en réalité, pas permettez-moi d'intervenir hein, lieutenant colonel, on a commandé des Canadaires Oui. qui n'existent pas, qui vont être produits.
On aura les premières machines sorties avec les Grecs, les Grecs auront les deux premières, on aura les deux suivantes. Mais ça veut dire quand ? Alors aujourd'hui, on nous annonce 2028 mais nous on est tributaire de cette de cette industrie et de cette livraison industrielle.
Et alors forcément, pardonnez-moi, ça veut dire que même si on voulait en acheter 100 aujourd'hui, on pourrait pas faire possible. Exactement. Il n'existerait pas ou alors il faudrait les acheter à d'autres pays qui eux se priverent.
Exactement. Et ça, on n' pas attendu de le savoir pour le pour le prendre en compte. On n pas entendu de d'avoir ces échéances là.
Donc pour compléter parce que nous il nous faut des machines maintenant. C'est aujourd'hui qu'on a les feux, c'est tout de suite, on l'a vu he en l'occurrence dans le coup en attendant on a loué des appareils, on a loué des air tractors, on a loué des hélicoptères bombardiers de on a vu le le super puma tout à l'heure à l'ure, on le loue à des sociétés qui font ça depuis toujours parce que nous notre stratégie française depuis des décennies c'est d'avoir notre flotte, d'avoir notre flotte nationale. On avait notre hackurs, notre hackur qu'on a changé parce qu'ils étaient trop vieux par des dashes, des avions plus gros et puis on a nos Canadaires qu'on a renouvelé.
Mais d'autres pays ont fait d'autres choix. Il y a des pays notamment les pays anglo-saxons qui louent leur machines et donc aujourd'hui devant l'urgence parce qu'on voit que on n'est plus en mesure d'acquérir les avions suffisamment rapidement pour répondre à la nécessité et bien nous aussi on a commencé à louer et donc depuis 2023 on loue ces hélicoptères lourds légers et on loue des des air tractors qui complètent le dispositif. lieutenant colonel, alors que nous voyons le premier ministre qui est à Saint-Laurent de la Cabrer et qui s'exprime, on l'écoute.
Oui, je recommence. Nous avons voulu venir avec euh le ministre d'État, ministre de l'intérieur et le ministre chargé auprès de lui de des problèmes de sécurité. C'était très important pour nous d'être là parce que la catastrophe est une catastrophe d'ampleur inédite.
C'est important parce que des centaines et milliers de personnes se sentent atteintes dans ce qu'elles ont de plus précieux, leur leurs biens, leurs maisons, leurs vignes. pour ceux qui travaillent dans le tourisme, le paysage qui est atteint. Et donc c'était après euh presque 24 après presque 24 he de combat de tous les pompiers, de tous les soldats du feu, des élus qui sont là et qui n'ont pas dormi de la nuit, c'était très important que nous soyons avec eux pour dire deux choses.
D'une part, chaque fois que le une partie des Français sont atteints par une catastrophe de cet ordre, la solidarité nationale doit s'exprimer. joué, elle a joué à plein parce que les services de l'État et les services de sécurité ont été immédiatement, j'allais dire dans la minute mobilisée. C'est très important aussi parce que c'est l'avenir qu'il faut penser, l'avenir de ces territoires.
Et comme vous le voyez, l'avenir de ces territoires, elle est marqué par le drame qui touche la vie. C'est un pays qui a deux, si j'ose dire, deux orientations économiques. La vie d'un côté, le tourisme de l'autre. et les deux sont atteints.
Et ce que disent les chefs d'exploitation et les personnes qui travaillent dans le tourisme, c'est deux choses. Il faut nous aider aujourd'hui en voyant les déclarations possibles de catastrophe naturell, en voyant les questions d'assurance qui sont pas simples parce que les pertes de récolte, on n'est pas sûr qu'elles soi assurées comme il le faudrait. Et donc vous aider aujourd'hui et préparer ce que demain doit être. tout le monde met de l'eau en attendant un métier féministe.
Tout le monde voit ce qui se passe. On est dans un sur, j'allais dire toute la planète, en tout cas l'Europe. Ce changque se fait sentir et entraîne des événements inédits.
Et l'événement aujourd'hui, c'est un c'est un événement qui est lié au réchauffement climatique, à la sécheresse et il faut qu'on réfléchisse avec les élus locaux, avec les responsables professionnels, avec les parlement, nous avons à réfléchir à ce que demain pourrait être. Quel type de plantation pour la vie ? Quelle possibilité d'imaginer des essences différentes qui peuvent être des essences de résistance à la progression du feu ?
Quel type de plantation pour réaliser des stops ? Ce qu'on a vu là et qui est très frappant, c'est que partout où il y avait des vignes, pour l'essentiel, le feu a été arrêté. Et là où il n'y avait plus de vig là où les taillis, les broussailles, les gares avaient pris la place, et bien on se trouve devant un accroissement de la catastrophe, de la vitesse du feu et de la catastrophe. [Applaudissements] On va attendre une minute.
Je vais aller l'ar [Musique] total. Pardon mais on est en plein milieu de des opérations et des opérations de de sauvegarde et de sécurité. Et je disais donc une partie des questions qui se posent, c'est quel avenir, quel type de culture, quel type de paysage, quel type d'économie va pouvoir être mise en place, vont pouvoir être mises en place pour que les corbières et cette partie des corbières retrouve une vision de l'avenir et et une et une foi dans ce qu'elles que qui vont vivre ensemble.
Et donc ça c'est une deuxième partie du travail et nous allons le mener avec les élus locaux, avec les responsables professionnels, avec le gouvernement pour définir précisément ce que un plan de sauvegarde et d'avenir pourrait être car il faut prendre en compte la sauvegarde, les problèmes économiques et ce que l'avenir doit être. Et puis après, il y a encore d'autres réflexions à il y a eu alerte très précoce quelques minutes seulement mais il y a d'autres types de lieu en sur lequel il faut que des alertes précoces peut-être par cette élite par un système surveiller le sol puisse être mise en place Et pour nous tout ça c'est un ensemble dont nous avons la responsabilité pour dire pas seulement notre solidarité mais notre volonté de participer avec les les personnes victimes, avec les personnes enracinées, avec les personnes qui pensent l'avenir de ce territoire à ce que tout cela pourrait être dans un grand plan dont les corbières pourraient être le laboratoire. Il y a aussi une question de moyen aérien de lutte contre les incendies.
Certains disent qu'il n'y en a pas assez en France. Alors, nous avons depuis que nous sommes là mis en place un un plan pour multiplier les moyens aériens, y compris en finançant des projets de fabrication des Canadaires ou des ty avions de type Canadaire en France. Mais là, il y avait beaucoup de moyens aériens puisque c'est 7 aéroneuf 9 aéronf en tout en tout 18 en été 18 entre les Canadaires, entre les dash entre les entre les hélicoptères bombardiers d'eau, on en avait 18 et ilen fallait pas plus en réalité.
Par chance, on avait la capacité de mobiliser beaucoup de moyens. Ça n'a pas suffi pour arrêter l'incendie. Ça n'a même pas suffi parce que le premier dash est intervenu dans les minutes qui ont suivi le repérage du déclenchement de cet incendie au bord de la route.
Justement, qu'est-ce que l'on sait sur les ca de cet incendie ? L'enquête est en cours. On on a l'impression que c'est un départ d'incendie à partir des activités sur le bord de la route, mais c'est une impression et aucune preuve pour l'instant n'a été apportée.
Mais on voit bien que des accidents de cet ordre. Dans quelle mesure est-ce que ce feu il est inédit ? Parce qu'il y a en dehors de la superficie, il y a également un bilan humain qui est assez lourd.
Bon, c'est il y a malheureusement une dame qui a refusé de quitter sa maison d'après ce qu'on nous a dit et puis il y a en effet des blessés mais pour un incendie de cet ordre làà sans cet accident malheureux et déplorable qui permet de rappeler aussi à nos concitoyens que quand il y a une alerte en demandant de quitter la maison, je pense que le le plus responsable c'est de suivre les consignes de cette alte. Mais vous voyez bien l'attachement de quelqu'un à sa maison, le fait que nit pas envie d'abandonner tout ça, c'est si profondément humain et si profondément désolant que on va pas mettre en accusation les gens qui hélassent ont fait des choix qui leuront coûté la vie. Est-ce qu'on aurait été en mesure de d'agir sur un autre incendie dans le sud de la France avec tous les moyens déployés ici ?
Est-ce qu'on aurait pu par exemple à Marseille à quelques semaines, est-ce qu'on a assez de moyens quoi vraiment on a en tout cas on a mobiliser tous les moyens nécessaires et ils sont mobilisables à l'instant partout ailleurs. Vous voyez bien que là l'activité a un tout petit peu baissé. Il est pas question d'avoir une zone du territoire qui soit abandonnée et nous pouvons faire appel au moyen européens.
Si nous sommes en difficulté, il y a des accords entre les pays européens qui font que dans une circonstance comme celle dont vous évoquer l'hypothèse, on peut mobiliser des moyens d'autres pays européens qui seraient prêts à nous aider. On se discutif, on a eu aidé la Grèce. Oui.
Les moyens sont massifs, hein. Comme disait le premier ministre, on a 2150 sapeurs pompiers avec 600 véhicules. 600 véhicules.
On a des moyens aériens, c'est quasiment inédit. et on va mobiliser de demain des moyens militaires avec trois hélicoptères et plusieurs dizaines de militaires. Donc ces moyens sont là, mais ça ne suffit pas quand vous avez un feu avec des circonstances d'humidité très faible, de température très forte et et aussi de vent très très puissant avec des pinettes qui parfois dépérissent avec la sécheresse.
Comment vont les quatre pompiers qui ont été blessés en intervention ? Il y avait un bien sûr qui était grièvement blessé et qui à l'heure où je vous parle semble aller mieux. Il faut rester extrêmement prudent.
Euh a priori il aurait un traumatisme crânien. Les autres sont blessés plus légèrement mais comme le disait un de vos confrères, l'incendie est effectivement inédit parce qu'il y a des victimes. Un décès des victimes.
Je voudrais dire aussi que parmi les victimes, il y a quand même neuf sapeurs pompiers blessés. Quand on sait que 9 feux sur 10 sont d'origine humaine, on voit bien ce que disait François Beou il y a quelques instants que cette culture de risque, on doit tous l'adopter et il est inédit aussi pour les surfaces. Ça fait depuis 1949 sans doute le feu qui a brûlé le le plus d'hectares, le le nombre d'hectares brûlés, plus de 15000, c'est qui ?
C'est l'équivalent de tout ce qui a été brûlé en 2019, dans l'année 2019, dans l'année 2020, dans l'année 2021 et c'est le double de ce qui était brûlé en 2023. Et en partie parce que les paysages ne sont pas préparés, on laisse des friches s'installer. Les cultures reculent, la culture de la ville en est un exemple.
Ce qui veut dire que les espaces prévus pour stopper les incendies disparaissent. devant des taillis, des broussailles, des gars, des pines non entretenues avec, comme le disait le le ministre d'État, avec des arbres morts qui servent d'accélérateur au feu parce qu'on n'entretient pas les espaces. Et vous voyez que tout ça c'est une politique à repenser à la fois du point de vue de l'équilibre écologique et de ce qu'il va être avec le changement climatique, l'adaptation au changement climatique, la pensée de ce que doivent être les villages, les maisons, les plantations, les cultures, les l'entretien des forêts.
Tout ça, ça fait partie de l'adaptation au changement climatique et c'est ce travail là que nous avons à conduire et dont nous savons nous à quel point il est crucial, même si nos concitoyens s'en rendent pas compte. Et on voit que les OLD ne sont pas forcément respectés dans tous les cas, que les maires ont du mal à mettre en place ces obligations de débrossaillement et pourtant ça peut sauver des maisons. Est-ce qu'on donnerait peut-être plus de moyens au maire peut-être mettre des amendes ?
On a on a c'est une très bonne question sur laquelle qu'on a constaté dans le cadre du bouveau de la sécurité civile et que l'on se propose probablement d'intégrer dans les pouvoirs donné au maire supplémentaires dans le cadre du texte sur la police municipale qui viendra la rentrée. On a déjà prévu qu'ils aient des capacités de coerition beaucoup plus importantes et de sanctions beaucoup plus importantes. Rajouter sur ce qu'a dit tout à l'heure le ministre d'État 9 inc 110/ 10 c'est d'origine humaine mais plus de la moitié de cette origine humaine sont de caractère involontaire.
Je qualifierai plutôt d'irresponsable. hein, je qualifierai plutôt d'irresponsable. C'est souvent de la négligence qui entraîne ce que l'on vit aujourd'hui.
C'est-à-dire des viticulteurs en difficulté, des maires en difficulté, des habitants en difficulté. 2000 pompiers sur place hier, une flotte aérienne mobilisé fortement tout ça parce que quelqu'un a été négligent à un moment un autre et cette irresponsabilité là, il faut savoir la sanctionner très fort. Monsieur le premier ministre, quel est le moyen, le bras de levier que vous avez pour faire accélérer les procédures de d'indemnisation des des pauvres gens ?
Nous allons mobiliser tout ce qui existe et si on peut un peu plus parce que on est obligé d'être à leur côté. Mais vous savez à quel point les obligations administratives existent, qu'on peut pas d'un trait de plume les rayer. C'est pour ça qu'on est là pour mobiliser, accélérer, fédérer et entraîner pour qu'il y ait de véritables réponses.
Mais je me mets tout à fait à la place et au côté de ceux qui ressentent la situation comme terrible pour eux et qui attendent de l'aide que nous sommes là pour leur apporter le plus vite possible. Mais je sais que le plus vite possible, c'est généralement pas assez vite. On est on est tous témoins de ces difficultés là quand il y a une catastrophe.
Merci beaucoup. Merci à vous. Voilà, on vient de l'entendre le premier ministre François Bairrou qui a donc répondu aux questions très précises des journalistes qui l'entouraient.
Je vous rappelle que ce feu continue bien évidemment sa route. 15000 hectares ont été ravagées. Une personne est décédé car elle ne voulait pas quitter son habitation.
Plusieurs autres personnes sont blessées dont un homme grièvement brûlé sur l'ensemble de son corps. On a appris également que neuf sapeurs pompiers étaient également blessés dont teint dans un état grave. Le plus grand feu depuis 1949 nous a dit le ministre de l'intérieur Bruno Rotaillot.
Il faut préparer demain face aux incendies nous dit le premier ministre François Baerou. Toujours avec moi, le lieutenant colonel Frédéric Aro, porte-parole de la sécurité civile, Monia Mestafaoui, climatologue. À mes côtés, Mathieu De Moulin, notre journaliste politique TF1 LCI et Thomas Hermand, notre journaliste TF1 LCI.
Mathieu de Moulin, des mots forts, très forts, du premier ministre François Bairou. Il veut une politique pour repenser demain, repenser ce que seront les infrastructures de demain, les paysages de demain, tout en préservant aussi notre économie. Quelle difficulté ici pour le gouvernement alors que les mots sont forts, sont précis et qu'il ne veut pas y déroger le Premier ministre.
Absolument. Au-delà du simple point de situation qui est presque un rituel lorsqu'une autorité se déplace sur un incendie de de cette nature, le Premier ministre a quand même voulu répondre à une interpellation que lui a fait le le maire de la commune tout à l'heure qui lui dit "Il faut qu'on pense demain, il faut que ce que cela ne se reproduise plus jamais." Alors évidemment, on sera tous d'accord autour de cette table pour dire que le risque zéro n'existe pas. des incendies, il il y en aura toujours mais en tout cas en réduire l'ampleur, en réduire les dégâts.
Et pour cela, il promet de réunir euh les associations d'élus, les élus en parlant notamment de cette région sinistrée en ce moment même comme un laboratoire pour la suite. parler de comment freiner les feux. Faut-il travailler avec plus de viges alors même que le plan de réduction par exemple ont réduit la capacité viticole en France prévoit que dans l'aud soit près de 5000 hectares de vigne qui soient retiré et en même temps on en loue les mérites dans la lutte contre les incendies.
Quelles essences d'arbres mettre dans les forêts ? Comment positionner les moyens ? Comment donner plus de euh compétences au maire pour faire appliquer l'obligation de débroussaillage ? autant de choses qui vont être nécessaires, j'oserais même dire indispensables, alors que les catastrophes naturelles au vu du réchauffement climatique vont se multiplier.
Un plan de sauvegarde, un plan d'avenir Thomas Hermand. Oui. Alors, c'est c'est compliqué parce que j'ai l'impression qu'on disait un peu les mêmes choses en 2022, juste après le feu de l'andiras. alors que vous avez couvert par ailleurs sur le terrain où j'étais effectivement sur place à de nombreuses reprises c'est un qui avait duré quand même plusieurs semaines.
On avait la test de bûche et l'andiras 1 et l'andiras 2. C'est pour ça d'ailleurs celui-là dépasse celui de l'Andiras puisque il est découpé en plusieurs parties et au total c'est 32000 hectares quand même ravagé par par les flammes. Et c'est là où on avait eu les annonces sur les quatre Canadaires en plus deux Canadaires qui avaient été supprimés après par Gabriel Atal par économie.
Là finalement Bruno Ortaillo avait annoncé en rajouté deux. Je vois pas la différence entre ce qui avait été annoncé en 2022 et et aujourd'hui. C'est là où bien sûr le débroillage et donner plus de compétences au maire.
Bien sûr, c'est les premiers à le demander d'avoir des compétences de verbalisation. On parlait de la police municipale. Encore faut-il avoir une police municipale aussi et avoir les moyens d'en avoir et avoir les moyens d'en avoir une.
Donc effectivement, c'est vrai que c'est c'est un dossier compliqué tant il coûte de l'argent sur les les moyens humains. On peut aussi parler de la formation des des sapeurs pompiers. Je vous rappelle que les 10 sont financés par les départements, que c'est pas de l'argent de de l'État directement mais que ça passe par le niveau départemental.
Donc c'est c'est vrai que comprend bien l'équation lorsque vous nous exprimez tout cela Thomas en quelle équation compliquée pour le gouvernement surtout quand le premier ministre permettez-moi d'insister Mathieu de Moulin dit en réalité la sauvegarde d'un côté mais les problèmes économiques de l'autre il y a deux dimensions qu'il va falloir traiter effectivement la lutte contre le les effets du réchauffement climatique au-delà de la lutte contre le réchauffement climatique en lui-même et c'est ce dont dont on vient de parler travailler à l'après, travailler à prévenir les causes et les effets et puis il va y avoir une lutte aussi dès lors que cet incendie sera maîtrisé, fixé, éteint, ce qui n'est pas le cas pour le moment, ce qui n'est pas encore le cas et c'est ce qui fait que le premier ministre en train de jongler entre plusieurs temporalités dans cette déclaration. Il va falloir aussi parler d'indemnisation. Est-ce que l'état de catastrophe naturelle sera reconnu ? comment indemniser tous ces viticulteurs puisqu'on est vraiment dans une région qui dépend énormément de la viticulture et qui ne sont pas toujours très bien assurés contre les incendies.
Comment les indemniser au risque de laisser monter la gronde, de laisser aussi une région se sentir abandonnée et puis comment indemniser aussi toutes ces personnes qui lorsqu'elles n'ont pas été blessées par les flammes ont perdu leur maison, leurs voitures, certains leurs terrains. Lieutenant colonel Aro, quelle équation compliquée pour le gouvernement. On l'a vu, une équation qui est délicate aussi au moment où nous ne parlons avec les les moyens qui sont en place.
On le rappelle, l'incendie n'est pas fixé. On nous a parlé de de la tête de ce feu qui elle avait été maîtrisée. Est-ce que vous pouvez nous expliquer ?
Nous sommes en direct, il est presque 17h30 sur LCI. où en est ce feu et comment vos collègues travaillent sur le terrain pour tenter d'arrêter ce feu qui prend une une très grande ampleur aujourd'hui. Alors, le feu, il a un point de départ qui est en train d'être d'être identifié par les par les enquêteurs et de ce point de départ, il va s'étendre pousser par le vent en fonction du relief et de ce qu'il va rencontrer comme combustible.
Nous, on appelle ça en terme technique une plume parce que ça prend la forme d'une plume. Et et donc cette plume poussée par le vent va s'élargir avec une tête de feu, le front de flamme très virulent et puis des flancs. Et donc on va répartir, je parlais tout à l'heure du de la répartition entre les moyens terrestres et les moyens aériens.
On va répartir les moyens terrestres sur les zones avec le plus d'habitats sur les flancs pour pouvoir protéger les personnes à notre mission première et puis les évacuer les évacuer les confiner les et puis protéger les maisons à mettre des dispositifs autour des maisons pour faire en sorte que le feu passe sans brûler les maisons et puis sur les zones qui sont plus boisées avec moins d'habitat les réserver au moyen aérien et donc avoir ces 18 aéronefs qui vont tourner pour pouvoir matraquer le feu et puis il y a ce front de flamme qu'on va essayer de resserrer. Il est illusoire. de vouloir se mettre en face du feu et de vouloir l'arrêter, c'est des flammes de 30 m de haut qui arrivent, on l'a vu, à 5 6 km/h avec une puissance calorifique qui est gigantesque.
Et puis surtout lorsque on y est tenu parce que on a quelque chose à protéger, et bien on va faire ce qu'on appelle une ligne d'appui. On va mettre des moyens qu'on va aligner qui vont attendre le feu. Ces moyens, ils vont d'abord commencer par arroser l'arrière parce qu'en fait on a des sautes de feu qui font plusieurs centaines de mètres.
Donc on a un feu qui n'est pas encore arrivé que déjà derrière il aura commencé. Donc on va mouiller cette zone-là pour faire en sorte que tout ce qui va sauter comme projection voir même comme animaux vont être pris dans le dans le mouiller et puis on va attendre le feu. Quelques minutes avant qu'il arrive, il va commencer à faire nuit.
C'est la fumée qui arrive dans le vent qui va enlever toute lumière et puis tout d'un coup on va voir ces arbres qui vont s'enflammer les uns derrière les autres et on va essayer de casser son intensité. Ça c'est la tête de feu. Mais ça dès lors qu'il y a du vent c'est inarrêtable.
Donc on va tenter de casser sa puissance et puis un moment où le feu va faiblir, on va en profiter pour gérer aussi avec le relief, gérer avec une zone qui serait moins boisée et profiter de ce moment-là pour tenter de faire une de profiter de la calmie pour le casser l'intensité. C'est ce qu'on a fait cette nuit. Vers 4h du matin, on a eu on a eu cette situation là, une zone propice avec un vent qui s'est affaibli et on a réussi à casser son intensité en tête de feu.
Mais ça n'enlève rien au travail qui est fait sur les flancs parce qu'il faut continuer et continuer sa progression. droit et gauche donc avant et arrière qui m donc fixer le feu c'est vraiment casser sa protection dans l'axe sa sa propagation pardon dans l'axe du vent et puis le maîtriser et ben c'est ça plus tenir les flancs également lorsqu'on entend le le lieutenant colonel Muniamfa on comprend à quel point le vent a une incidence capitale dans la gestion et dans l'arrêt d'un feu comme celui-ci dans les heures à venir dans les jours à venir comment est-ce qu'on va se positionner, comment va se positionner ce vent ? Qu'est-ce qu'on attend sur le terrain ?
Alors, absolument, le vent c'est un élément majeur de de ce qui peut se passer. Alors, les météorologues évidemment vont suivre ça de très très près. La météorologie, c'est sur une échelle de temps courte.
Moi, je travaille sur le climat qui a une échelle de temps plus longue et donc sur des statistiques. Moi, ce que je peux vous dire, c'est que par exemple Copernicus Effice, donc qui fait les prévisions et qui regarde par satellite notamment avec Sentinel 2, bah comment progressent les feux. Et bien regarde ça si vous voulez sur des échelles de temps plus longues, donc sur des décennies.
Donc moi je ne peux pas vous dire demain quelle va être la direction du vent. Ça, ce sont les météorologues qui font cela. Par contre, je peux vous dire que d'ici 30 ans, la fréquence, l'intensité, la vitesse des vents et la trajectoire de ce type de phénomène va augmenter.
Et ce qui se pose aussi dans ces ces problématiques de planification sur le temps long, c'est comment est-ce que on démultiplie et bien les capacités qui sont actuellement les nôtres aussi avec des problématiques de souveraineté pour être en mesure de répondre à à ce type de feu parce qu'on va pas comme on va pas se mentir, ce type de feu veut se reproduire. Même les stratégies d'adaptation, il y a deux choses. Il y a l'atténuation et il y a l'adaptation.
Vous avez beaucoup parlé et en local, on parle beaucoup d'adaptation, des stratégies type mettre des vignes. Effectivement, ça peut aussi avoir des intérêts économiques forts, notamment en France comme un grand pays euh de du vin. Donc, il peut y avoir des choses à voilà aussi à tirer sur le plan économique de ce côté-là.
Euh bien sûr, il y a ça. Il y a aussi les stratégies de confinement, ça dépend hein. Je crois que par exemple pour Marseille, dans le cas d'une cité, enfin d'une ville, c'est très intéressant parce qu'on est aussi face à un phénomène d'urbanisation forte en France comme dans le monde.
Et donc, les problématiques sont pas les mêmes quand effectivement vous avez des des villages ou des endroits qui sont comme vous le disiez peu urbanisés. et d'autre part Marseille et effectivement le civisme on l'avait vu dans le cadre du feu du 17 juillet était très important des citoyens qui étaient qui a qui ont obéi finalement euh aux recommandations par les Mais Mounia Mustapha Will lorsqu'on vous entend lorsqu'on vous écoute que vous parlez de ces projections que vous connaissez parfaitement aidé notamment par les satellites et cetera, vous nous dites ça va forcément se multiplier dans dans quelques années. Vous nous dites dans 10 ans, les vent ils vont être plus forts, ils vont être plus fréquents.
Donc en réalité ça va multiplier la force des incendies. C'est une conjonction de de essentiellement de trois choses he qui sont dit de façon très qu'on peut résumer les fameux 330 he donc plus de 30 km à l'heure devant. Vous avez un taux de sécheresse enfin un taux d'humidité inférieur à 30 % et puis vous avez une température de plus de 30° et ça bon bah pour l'instant on a ça dans le bassin méditerranéen qui est plutôt bien équipé. les gens sont les maires y compris les élus, les gens ont l'habitude de cela, mais ça va être beaucoup plus compliqué quand vous avez ce genre d'événement qui peut avoir lieu ben bien plus haut dans d'autres géographies de France où les gens sont pas du tout habitués à cela.
Et il y a aussi des problématiques de d'urbanisation, de bâtis. par exemple des maisons qui sont résistantes au feu, une dame qui malheureusement n'a pas souhaité quitter son logement avec un logement qui est résistant au feu. Effectivement, il y a des problématiques de débroussaillement mais euh en terme d'ordre de grandeur, franchement c'est pas ça le problème.
Le le gros du sujet, c'est le changement climatique. Et je voudrais quand même revenir sur le chiffre des 9/10. Oui.
Par sur les incendies qui sont d'origine humaine. Voilà, on dit alors d'abord c'est jusqu'à 9/10 parce que c'est assez difficile d'en établir spécifiquement l'origine. C'est toujours assez compliqué.
Non non, c'est pas que je je conteste, c'est que je dis qu'il faut parler d'incertitude. C'est jusqu'à 9/ 10. C'est c'est pas une contestation.
C'est jusqu'à avec les toutes les incertitudes et les précautions qu'il faut prendre là-dessus. C'est jusqu'à 9/10 d'origine humaine. Mais attention, sans réchauffement climatique, enfin quand vous n'avez pas des périodes de précipitation sans précipitation plutôt aussi longue, quand vous n'avez pas des températures aussi élevées et des vents de cette force là, vous n'avez pas un mégafeu.
On a de très très bons enfin on a une armée, on a une sécurité civile, on a des gens qui sont très compétents, qui voyez comme ils sont engagés, des pompiers blessés et cetera qui sont là. Donc quand euh les conditions climatiques euh ne sont pas déréglées, si je puis dire, pour parler de façon un peu vulgarisée, et bien on n' pas ce genre de feu. On a pas ces dégâts mais important du réchauffement climatique.
C'est ce qu'il faut comprendre. C'est ce que vous nous dites aujourd'hui. Et ça ne fait que commencer.
Et ça ne fait que commencer et enfin c'est pas pour être alarmiste, mais ça ne peut enfin statistiquement, objectivement, je ne vois pas. Ça ne peut que s'aggraver en terme de fréquence et d'intensité au vu des des attention des projection qu'on a depuis mais ça fait une trentaine d'années. Oui.
Ce que vous nous dites c'est que on le découvre pas aujourd'hui. Absolument pas. Thomas Hermand vous parlez de Coparnicus et desfit.
Si on prend les chiffres de cette année déjà en nombre d'hectares brûlés sur le territoire français, on est à près de 24000 hectares. On prend pas en compte ce cet incendie en cours. À la même période, sur une moyenne de 2006 jusqu'à aujourd'hui, on est à à plus de 10000 hectares.
C'est pour dire qu'on a plus du double de ce qu'on fait en moyenne par an. Donc c'est pour vous dire que là le mois d'août ne fait que commencer. On sait que c'est le mois d'août statistiquement qui est plus propice aux incendies que le mois de juillet.
On a observé quand même un pic dès le mois de mars cette année d' 110 pour vous dire que la saison s'est passé beaucoup plus tôt que d'habitude. Donc ce qui des peu plus précoce donc hein. Pré oui oui oui.
C'est ça c'est dans les statistiques sont très intéressantes cette année, c'est que on voit que ce pic a commencé très tôt et notamment vous vous fatiguez déjà dès le mois de mars vos serpeurs pompiers en fait déjà aussi sur le terrain c'estd que normalement on commence les attaques incendie au mois de juillet là vous avez des pompiers dans certains départements ça fait depuis le mois de mars en fait qu'ils sont sur le qui vivent pour traiter des incendies donc c'est aussi une méthode complètement différente avec des régions beaucoup moins habituées aux incendies je parle sous le sous sous votre contrôle il y a eu un incendie gigantesque en forêt de brancé en Bretagne. Ce n'est pas la Bretagne qui est d'ordinaire la plus touchée par ses feux, ne serait-ce que simplement remonter plus au nord sur le pouretour méditerranéen et c'est une fois encore tragique, c'est presque devenu l'habitude été après été d'être en vigilance permanente. En revanche, des départements beaucoup plus au nord dans le Grand Est par exemple ou même en Bretagne, c'est beaucoup plus rare et pourtant on voit que ce ces phénomènes se multiplient. lieutenant colonel, comment est-ce qu'on se prépare face à ce changement climatique qui est en marche sans mauvais jeu de mots hein, qui est qui est là depuis un moment, c'est pas une nouveauté.
Elle nous l'a très justement expliqué, Mounia Mestafa qui est qui est juste à côté de vous. Comment est-ce que vous vous préparez ? Parce que il il y a plusieurs équations, si je puis me permettre.
Il y a l'équation humaine. Est-ce que vous avez assez d'hommes ? Et puis il y a l'équation matérielle parce qu'on a beau avoir du matériel et on y reviendra.
Si on n' pas les hommes pour opérer, c'est c'est compliqué hein. On se prépare à plein de points de vue. On vient de parler de d'adaptation du territoire pour faire face au feu qui se produisent et donc que le territoire puisse faire en sorte de pouvoir y répondre.
Adaptation opérationnelle, on en a parlé avant avec l'acquisition des Canadaires, avec la formation des pompiers et cetera. Après, un Canader, ça coûte 60 millions d'euros pour éteindre les feux là. Et on a vu tout ce qu'on a mobilisé dessus.
Euh faire une campagne de sensibilisation pour éduquer les gens, avoir des gestes qui restent relativement simples, mais de ne pas opérer avec des étincelles, que ce soit des briquets, des cigarettes, des barbecue à proximité d'une zone qui est plutôt sèche. Ça coûte quelques centaines milliers d'euros de faire ces campagnes là et qu'il faut marteler. Alors, on le fait pas encore suffisamment puisqu'il y en a encore.
Donc, on va continuer. Mais on a ce travail là en amont. Avoue, je vais l'apprendre.
Il y a toujours les gens qui fument dans leur voiture qui jettent les mégu par la voiture, hein. Oui, mais il faut qu'on continue ce travail-là. Aujourd'hui, on a une approche environnementale parce que le Mego, il met pas juste le feu, il pollue aussi.
Et donc aujourd'hui, on voit qu'on a un petit peu un rapport à l'environnement qui est différent mais qui est pas encore suffisant. Et donc si on continue ce travail-là parce que si ça fonctionne et ça fonctionne déjà, on a déjà des bénéfices, si on faisait pas ces campagnes de sensibilisation, on aura encore plus de feu. Mais le feu, si on arrive à faire en sorte qu'il ne se déclenche pas, on a vu que c'était irrémédiable.
Les conditions climatiques pour que les feux puissent se développer, on les aura. Donc il faut aussi qu'on puisse agir en faisant en sorte que le feu ne se déclenche pas. S'il se déclenche pas, il se développera pas.
Et donc si on arrive à agir sur les neuf causes humaines, on aura juste la cause naturelle à gérer et là pour le coup ça sera largement gérable. Mathieu des Moulins, lorsqu'on a écouté très attentivement tout à l'heure le Premier ministre, il a dit à un moment euh alors un, on va mobiliser tout ce qui est mobilisable sur les assurances, sur les assurances et cetera, voire plus, c'est exactement ce qu'il a dit, voire plus. Et on le sent vraiment déterminé à vouloir lutter.
On a senti qu'il avait entendu le maire de cette ville martyre des incendies. Le maire qui lui a dit "Il faut que vous nous donnez les moyens, il faut qu'on s'assoit, il faut qu'on discute, il faut qu'on sanctionne. Si vous nous aidez pas, on pourra pas en réalité.
Il est déterminé le Premier ministre. Vous rappelez une chose importante dans la vie de François Bairou, c'est que François Bairrou, c'est avant tout un élu local. Il est maire de peau en parallèle de ses fonctions de premier ministre et euh forcément de par ses fonctions électives par le passé, il a forcément été beaucoup plus sensibilisé que peuvent l'être d'autres responsables politiques aux problématiques du local, du terrain de la décentralisation euh comme on le dit de manière un petit peu barbare.
Et donc forcément quand vous vous retrouvez avec quelqu'un dont vous partagez forcément certaines responsabilités avec lui et donc forcément une forme de proximité. Deuxièmement, que c'est le maire d'une vi d'une ville martyre, je reprends votre expression. Euh, il y a forcément plus d'empathie et plus de volonté à aller l'aider au-delà du fait que c'est un mégafeu et un événement gigantesque au cœur d'un été où le premier ministre a annoncé qu'il ne prendrait pas de vacances, qu'il serait mobilisé tout l'été et donc il va être très attendu sur le sujet.
Après, il y a les mots tombement et puis il y a les actions. Est-ce qu'on va avoir les moyens de nos ambitions ? On attend ce qui va venir.
C'est pas le premier feu auquel vous avez assisté. Non non, bien sûr et puis cette année, on a on a une saison qui a commencé très tôt par rapport à d'habitude. Le le ce feu qui est en cours.
Euh donc là, on est à à 15 16000 hactares, je peux vous dire que il est toujours pas fixé parce que là, on parle de du temps d'après, mais il faut se rappeler que pour ceux qui habitent dans le secteur, ils ont toujours ils ont toujours des flammes, toujours de la fumée, toujours des canadières qui volent audessus de leur tête, des sapeurs pompiers partout. On est entre 15 à 16000 hectares. Pour qu'un feu soit fixé, ça veut dire qu'il ne progresse plus.
Donc on a encore un petit peu de temps avant qu'il soit fixé avec ce travail. bien sûr des sapeurs pompiers. On peut le comparer à celui de la Gironde, je vous le disais avec ces ces trois sinistres qui avaient eu lieu à l'été 2022 qui avait créé tout un tas de mesures notamment pour la prévention en risque incendie.
Si on se rappelle quand même il y a quelques années avant 2023 la méthode des forêts n'existait pas. On ne savait pas quel département était concerné par un risque incendie ou non. Dans cela, il y a une belle évolution dans notre pays.
Bah on a à la fois des habitants mais également des touristes qui sont dans ce secteurl sur le porton Méditerra notamment. Il y avait pas une vision départementale, il y avait quelques massifs qui étaient localement interdits au au public, mais c'était précisé sur le site de la préfecture et pour beaucoup ça se découvrait au moment de de franchir des des barrières pour rentrer dans un massif forestier. Il y avait pas une vision nationale comme ça existe aujourd'hui via la carte.
Oui, une vision bottom up, c'est la base de données des incendies des des forêts françaises euh qui récupère en fait de façon bottom up euh les les feux de forêt. Donc ça c'est en complément de ce que fait donc à Copernicus au niveau européen et ça c'est quand même mis à jour depuis un certain temps, depuis 2006. Enfin, il y avait quand même des bases de données existantes mais au France à renforcer ce niveau de vigilance et cetera mais bon, il y a quand même des choses qui qui qui préextaiit.
Enfin, je pense qu'au niveau donné, on est quand même assez bon. Bien sûr. C'est votre métier mais pour le grand public de voir au au bulletin météorologique à la fin de la de la météo, la météo des forêts, c'est quand même beaucoup plus accessible que donner.
C'est dans ce sens où j'allais bien sûr. Tout à fait, tout à fait. Mais c'est vrai que la tête de Buc en 2022, c'était 5806 hectares, je crois.
Donc c'était quand même 10000 hectares de moins que ce qu'on voit malheureusement aujourd'hui. Il y a effectivement la volonté de vouloir informer et éduquer la population. C'est très certainement l'un des messages qui ressort de ce que nous a dit aujourd'hui le Premier ministre et ce que vous nous expliquez Tomar, c'est que oui, il y a des choses qui sont mises en place aujourd'hui.
Est-ce qu'on va avoir les moyens de pouvoir aller plus loin ? C'est la question bien sûr qui subsiste. Bah même sur les enquêtes quand vous regardez maintenant le processus pour identifier les les origines de départ de feu par exle depuis ce matin, on a des des enquêteurs de la gendarmerie, des experts donc du côté environnement qui sont sur place puisque le le la zone de départ du feu maintenant n'est plus concernée par le sinistre qui est en cours.
Il y a tout est cramé autour en fait. B là depuis ce matin, ils sont en train de faire des relevés assez précis pour voir s'il y a eu du combustible ou non, savoir si c'est volontaire, involontaire, s'il y a eu quelque chose pour accélérer ce départ de feu. C'est c'est assez à voir.
C'est assez impressionnant. C'est plein de petits drapeaux qui se dirigent dans le sens de départ de feu pour essayer de reconstituer un petit peu tout ça. Tout ça et on commence à en savoir un peu plus.
On sait que le départ de feu serait produit à proximité de la route de la D212 dans une zone non boisée. Bon, on s'arrête alors en terme d'éléments qui sont communiqués par c'est tout ce qu'on sait officiellement pour l'instant. lieutenant colonel Frédéric Ar, qu'est-ce que ça peut vouloir dire quand ça commence à proximité d'une route non boisée ?
La D212, alors on veut pas subodorer et bien sûr on comprend votre réserve là-dessus, mais quelle piste est-ce que ça pourrait évoquer ? Je vais répondre par une autre statistique, hein. Euh 9 départs de feu sur 10 sont à moins de 50 m d'une habitation.
Donc on va interdire des massifs. Alors c'est nécessaire. C'est vrai que c'est un des enseignements de de 2022 hein de d'avoir cette météo des forêts qui permet pour le grand public d'être mieux sensibilisé à en amont et et de pouvoir préserver ces zones-là.
Et donc on va interdire l'accès à ces massifs pour éviter cette présence humaine qui pourra déclencher. Et ça ça concerne un feu sur 10. On en a 9/ 10 qui se font à proximité des habitations, donc en bord des routes parce que les gens vont faire des travaux, vont être avec un moteur thermique, leur véhicule qui qui va faire ça vont être avec des des des appareils antimoustiques avec du feu, vont être avec tout ça qui peuvent mettre le feu à la végétation sans avoir pris les mesures adéquates d'avoir un tuyau d'arrosage, quelque chose pour pouvoir éteindre ce départ de feu immédiatement.
Et donc là encore la nécessité, la sensibilisation pour que chacun soit en mesure de dimensionner que cette petite étincelle, ce méga, il est en mesure de pouvoir faire 15000 hectares comme on l'a là. Il y a la question qui a été posée au premier ministre forcément des moyens. Vous nous aviez exprimé avant que nous écoutions les ministres qui ont répondu aux questions de de nos confrères que oui, il y avait des moyens mais que la problématique c'était qu'on ne en tout cas sur notre territoire. qu'on ne produisait plus de Canadair, c'est ces avions qui sont donc utilisés pour larguer de l'eau que ça coûtait extrêmement cher aussi.
Cette question a été posée au Premier ministre, il a répondu il y a ce projet de fabrication de Canada. Bon, on imagine que ce sera pas demain. Non, mais mais je suis impatient.
En fait, aujourd'hui, il y a une espèce de monopole de des Canadaires sur les avions amphibies bombardier d'eau. On a beaucoup de sortes d'avions bombardier d'eau de toute l'éta de 3000 à 10000 L. am encore plus gros qui pe larguer plus que ça.
Le Canad, il est symbolique parce que lui peut écoper. Donc il y a vraiment cette image de l'écopage et faire des rotations. Expliquez-nous de quoi il s'agit pour les gens qui nous regardent.
Comment est-ce qu'on écope ? Il a pas besoin de se poser dans un aéroport pour qu'on le remplisse. Donc il va aller sur une étendue d'eau qui peut être en mer, peut être en rivière, qui a été prédéfinie à l'avance où il va se recharger en une douzaine de secondes et donc repartir sur le Ça veut dire qu'il peut faire une rotation d'environ 20 minutes pour larguer ces 6000 L d'eau et comme ils sont à plusieurs, ils vont être à deux ou à quatre pour faire ces largages simultané.
Et donc ça permet pour le commandant des opérations de secours etth bien d'avoir la garantie de d'avoir cette euh cette cette eau euh qui va qui va revenir de manière très périodique. Là où un dash qui larque 100 ml d'eau ou d'eau retardant larque beaucoup plus mais doit se poser donc avec un temps de rotation qui va être supplémentaire. Donc ce canader, il est vraiment symbolique.
C'est lui qui représente la lutte contre le feu. Mais il est pas il y a pas que lui il est il est un parmi d'autres dans une équation mais il est nécessaire. On a besoin de ces Canadaires là.
Et donc aujourd'hui, on avait ce monopole du Canader. On acheté des Canadaires depuis des décennies maintenant. Euh on a eu cette rupture industrielle pendant une dizaine d'années qui va nécessiter de de recréer cette chaîne industrielle pour en avoir.
Et donc on va avoir bientôt ces alternatives là qui sont développées par des start-up. soit de développer un nouvel appareil, partir de zéro et développer un nouvel appareil, soit adapter des appareils existants pour leur permettre de larguer euh voire même de leur permettre de décoper, euh transformer des appareils qui sont pas faits pour ça en appareil amphibie. Et donc euh on attend beaucoup et et j'espère vraiment à titre personnel que dans quelques années, on pourra encore diversifier encore plus notre flotte avec ces appareils-là.
Maintenant, ça se fait pas non plus du jour au lendemain. Il faut d'abord concevoir ces machines-là, faire des prototypes qui vont être testés et puis une fois qu'ils sont validé euh pouvoir commencer le leur leur industrialisation et leur vente infinée. Mais euh oui, on va tout de suite se connecter avec euh avec l'autre parce que le le feu n'est pas fixé.
On vous retrouve Elisa Cléac. Les dernières informations. Oui, effectivement des dernières informations que nous avons reçu il y a encore quelques minutes avec les sapeurs pompiers, le feu est très loin d'être maîtrisé.
Il a déjà parcouru plus de 16000 hectares depuis hier après-midi. Il avance extrêmement vite à une vitesse de 1000 hactares par heure. C'est le deuxè feu le plus important depuis depuis 1949. un feu hors norme, hors de contrôle.
C'est également ce que soulignait le premier ministre François Bairou il y a encore quelques minutes. C'était très important pour nous d'être là parce que la catastrophe est une catastrophe d'ampleur inédite. C'était très important parce que des centaines et milliers de personnes se sont atteintes dans ce qu'elles ont de plus précieux, leur leurs biens, leurs maisons, leur vie.
Face à l'ampleur de ce feu, les moyens déployés sont donc extrêmement conséquents avec plus de 2000 sapeurs pompiers qui sont mobilisés sur le terrain depuis hier après-midi. Sep canadaires, quatre dash, deux hélicoptères bombardiers d'eau lourds, deux hélicoptères bombardiers d'eau légers. Mais on le sait, les éléments les conditions météorologiques n'étaient pas de leur côté avec des rafales de vent jusqu'à 65 km/h, un taux d'humidité inférieur à 25 % et des températures supérieures à 35°.
Les pompiers continuent donc de lutter avec intensité. Il nous le disait, le feu fait encore 30 km de long sur un périmètre de 90 km. Il est très très loin d'être fixé.
Merci à vous. Elisa Cléac, lieutenant colonel. Une question peut-être.
À quoi est-ce qu'on doit être vigilant dans les heures à venir ? On voit que ce feu a un diamètre important 90 km de long. Euh 90 km de diamètre, 30 km de long.
C'est c'est beaucoup cette superficie. Si on devait la comparer par exemple à une à un endroit en particulier qu'on connaîtrait, ce serait quoi ? En surface he c'est Paris.
Donc c'est ça veut dire Paris en feu. C'est Paris Paris en feu. Alors la zone centrale est brûlée et donc c'est le c'est le pourtetour de Paris.
Alors il est plus allongé he Paris et rond. On est sur une zone plus allongée mais en surface ça représente à peu près ça. Pour ce qu'il y a des heures qui viennent deux éléments qui sont importants.
Le premier c'est le vent. On le surveille. On a eu ce changement de vent dans l'après-midi.
Alors, avec un vent qui partait vers la mer, qui maintenant va arriver de la mer, mais ça reste un vent un peu plus humide mais ça reste un vent, c'est pas de la pluie. Et donc ce vent va faire changer la direction et donc donner de nouveaux combustibles à ce feu-là et va obliger et à obliger les les pompiers à se à se repositionner pour y faire face. et puis l'arrivée de la nuit dans quelques heures qui va nous priver des moyens aériens, le temps de la nuit aéronautique et donc avec un redéploiement des moyens terrestres pour continuer leur travail en l'absence de de cet appui aérien.
Thomas, comment est-ce qu'on fait avec la population sur place quand on est face à un incendie ? Comment est-ce qu'on s'organise ? Mais le plus dur d'ailleurs, c'est pas la première nuit, c'est les nuits qui vont arriver.
En fait, quand vous avez un cisme qui est en cours, le premier soir, c'est un peu la précipitation et la panique. Personne ne comprend vraiment ce qui se passe, mais comprend qu'il y a un danger imminent, faut partir. Là, on va rentrer dans d'une phase de temps long où il faut faire comprendre aux habitants qu'ils ne peuvent toujours pas retourner dans le secteur.
Certains vont peut-être vouloir être pressés, s'énerver et c'est là où pour les autorités, les élus locaux, ça va être plus compliqué. D'un point de vue, sapeur pompier, ce qui va être compliqué, c'est d'intervenir au sol. Mais tout dépend des conditions météorologiques de cette nuit.
Tout dépend le nombre de foyers encore actifs. On parle d'un périmètre qui est très grand, 15 à 16000 hectares. Si on rapporte à certains feux, on avait utilisé pour la première fois toujours en Gironde, c'était en 2022, des Caracales, donc les moyens de l'armée de l'air avec des caméras infrarouges pour surveiller la nuit l'ensemble des points chauds.
On pouvait orienter du coup avec le Caracal depuis le ciel, les sapeurs pompiers au sol pour leur dire dans telle zone nous avez encore des points chauds et pour faciliter et prioriser le travail durant la nuit. puisque vous l'imaginez, on ne voit pas grand-chose quand vous avez des points chauds où le feu s'enfonce un petit peu sous terre. Reste donc beaucoup de prudence pour les habitants et pour les touristes dans ce secteur puisque ce feu n'est toujours pas fixé.
Mathieu de Moulin, on a eu des précisions de la part du ministre de l'intérieur sur les moyens qui étaient déjà alloués, qui étaient déjà sur place. On a appris qu'il y avait 2150 sapeurs pompiers, 600 véhicules et il a annoncé le ministre de l'intérieur l'aide du génie militaire aussi demain avec l'aide donc forcément du du ministère des des armées mobiliser tous les savoirs des forces de l'ordre des militaires, des sapeurs pompiers pour avoir une sorte de complémentarité finalement sur le terrain. génie militaire, ce sont des personnes qui sont capables de faire des des missions très précises, très techniques, qui ne sont pas à la portée de n'importe quelle caserne, de n'importe quel département et qui vont aider les sapeurs pompiers sur le terrain, faciliter leur travail.
On le disait, au total 2150 sapeurs pompiers, 600 véhicules et des moyens aériens considérables qui sont mobilisés. Le ministre de l'intérieur disait lui-même, il n'y avait pas besoin de plus. C'est ce qu'il a dit.
Vous êtes d'accord avec le ministre de l'intérieur ? Pardon de vous poser cette question. Il a dit "Il y a eu 18 euh avions en réalité et c'était suffisant.
On avait besoin de ça. Et à ce moment-là, vous étiez avec moi au plateau, vous avez dit "Je vais pouvoir réagir." 18, c'était suffisant.
Alors, d'abord, évidemment que je suis d'accord avec le ministre de l'intérieur. Euh, on a on a mis 18 machines sur cette sur ce chantier là, sur ce sur ce feu-là. Je vous dis je vous disais tout à l'heure qu'on a 39 moyens aériens d'état, hélicoptère, léger lourd et canader dash et cetera.
Euh, ça veut dire 18 avions mobilisés euh dessus. Euh ça veut dire que tous les autres euh les 21 autres étaient mobilisés ailleurs en France. On en a positionné en Corse, on a mis des Canadaires en Corse, on a mis des dashes à Bordeaux parce qu'on a l'ensemble du territoire à couvrir.
On avait ce feu-là mais on avait d'autres zones qui étaient en orange, en jaune et puis on avait quelques autres plus petits feux qui avaient aussi besoin de ces moyens aériens là. Donc sur ce feu-là, il s'agit pas non plus de mettre 100 avion simultanément, il ne pourrait pas travailler. On a déjà eu des feux sur lesquels on a beaucoup de machines qui en fait se gênnent les unes les autres.
Déjà, c'est très compliqué de faire travailler des avions et des hélicoptères bombardiers d'eau ensemble. Ils vont pas du tout à la même vitesse. L'hélicoptère, il va arriver à à une centaine de kilomètres heures là où un avion va arriver à plusieurs centaines de kilomètres heures.
Et donc c'est très compliqué pour eux de travailler ensemble. On sait le faire. On va coordonner ça.
Donc on on est habitué à ça mais malgré tout c'est pas simple et plus on en met plus c'est difficile on l'imagine. Donc on on a vu que on pouvait répartir le chantier entre les moyens terrestres les moyens aériens comme ça a été fait là. Et donc ces 18 machinesl correspondaient à ce type de feu là.
S'il en avait fallu plus, on les aurait fait venir. Notre base est anime, c'est pas très très loin et et donc on aurait pu comp. Donc vous nous dites c'est pas un manque de moyens, on a mis les moyens dont on avait besoin.
Trois hélicoptères qui sont attendus, des dizaines de militaires. En quoi est-ce qu'ils vont vous aider ces hélicoptères et ces militaires ? Alors ces moyenslà, notamment les moyens terrestres militaires ont pe permettre de faire du génie civil.
Ce sont des énormes moi engin de chantier alors en kaki. Ils n viennent de du génie de l'armée et ils sont capables de faire des tranchées. On l'avait vu déjà sur l'endiras il y a il y a 3 ans.
Ils font des tranchées de plusieurs dizaines de mètres de ils font des autoroutes. En fait notre forêt elle est déjà préparée. On parlait de la préparation du territoire.
Notre forêt elle a déjà ces ces grandes traits ces grands traits qui sont fait dans la forêt pour permettre de casser l'intensité. Encore une fois, le feu passera mais ça va casser son intensité et on pourra le traiter derrière. Et puis des fois, le massif fait que on avait on en avait pas à cet endroit là et donc on va le créer.
Donc les le commandant des opérations de secours va regarder la carte, va regarder l'évolution du vent, va anticiper à quelques heures euh le devenir de ce feu-là et va décider de faire des coupes à des endroits donnés pour permettre de rabattre le feu, de le de le resserrer sur une zone où on va pouvoir le le contenir marmand. Oui. Bah, on les avait suivi justement Girond, c'est vraiment des bandes de 80 m mais de du d'une longueur impressionnante pour essayer de ralentir justement cette presque des tranchées en vérité hein.
Alors, on creuse pas mais on enlève les arbres. il arrivent à couper et en arbre en quelques secondes c'est tout à fait impressionnant à voir. Et ils ont une capacité d'évolution de plusieurs kilomètres en quelques heures qui est bluffante et Thomas comme moi sur plusieurs incendies on a mémoire aussi d'opération des pompiers qui consiste à brûler par avance des zones pour éviter justement qu'il y ait des franchissements.
Est-ce que cette technique est aussi utilisée ici dans l'UD ? C'est le feu tactique. L'UD sait faire ça.
Alors j'ai pas l'information de s'ils l'ont utilisé sur ce feu-là. Ce qui est sûr, c'est qu'on parlait du feu de 6 gens euh dans le dans la même zone il y a quelques semaines sur lequel on a utilisé ces feux tactiques là. C'est la façon d'éteindre les incendies euh enfin de faire face à ces incendiesl qui est sans doute la plus ancienne.
Je pense que ça doit faire 30000 ans qu'on fait ça. Et euh alors chez les pompiers du coup ça fait 50 ans. Mais euh on on brûle en fait dans une zone où on sait qu'on va pouvoir le contenir.
On va repérer là aussi en fonction de l'évolution du feu. Trouver une zone dans laquelle on va pouvoir travailler. On va mouiller une zone à l'avance.
On va brûler en amont un feu qu'on va pouvoir éteindre tout de suite. Et quand ce feu massif va arriver sur cette zone qui a été brûlée sur 80 m également, et bien il va aussi perdre en puissance en pouvoir le casser. Ça permet de là aussi enlever le combustible euh soit en coupant les arbres, soit en brûlant préventivement.
Et ce feu qui n'est toujours pas maîtrisé hein, c'est très important de le dire en direct sur LC. Aujourd'hui, plus de 15000 hectares ont été brûlé, une personne est décédée, d'autres personnes sont blessées, une personne brûlée grièvement sur l'ensemble de son cœur, de son corps. Et et Mounia Mostawis, ce que vous nous disiez tout à l'heure, vous qui êtes climatologue, c'est que ce genre de feu, bah ça n'est que le début.
Ça n'est que le début, faut s'attendre à plus. Absolument. Et sur la dernière stratégie qui a été évoquée, qui est l'une des plus anciennes, effectivement, elle est pas sans coup sur le plan de la pollution de l'air, mais on est obligé de faire un une balance entre bah risque et et bénéfices.
Donc oui, effectivement, on est on va être confronté à des feux de plus en plus intenses, de plus en plus fréquents. Il y a cette stratégie du let it burn qui est beaucoup utilisé aux États-Unis. Ça veut dire qu'on laisse brûler.
Ouais, on laisse brûler en un peu. On a vu les les grands seya dans les méga feux aux États-Unis. On peut pas le faire parce qu'on a de l'habitat partout.
On a de la présence humaine de pe laisser les maisons et les gens brûer bien évidemment. Donc il y a différentes stratégies qui sont mises en place avec aussi des pertes parce que vous perdez des essences et puis vous polluez par ailleurs. Donc il y a tout ça tout ça à gérer.
Mais mon ami Mustapha oui quand on parlait pardonnez-moi parce qu'il y a quand on voit ces images on est obligé de penser à l'air qu'on respire à l'air que les gens respirent autour. C'est quoi les conséquences ? Vous êtes climatologue c'est quoi les conséquences d'incendie comme ça dans l'air ption de l'air ?
Donc c'est alors la pollution de l'air n'est pas le climat mais c'est quand même lié. Donc vous allez avoir des particules fines qui vont euh bah qui vont affecter la santé notamment la santé pulmonaire des populations. Euh et il y a un rapport très récent d'une étude britannique qui montre que et bien justement les les maladies et les décès liés à la pollution de l'air et bien sont de plus de plus en plus malheureusement fréquents.
Donc on va être aussi exposé à ça. Et ça c'est des choses qui sont moins mesurées parce que quand vous êtes dans le feu de l'action sans mauvais jeu de mots, bon vous regardez les vies que vous pouvez épargner avec ça mais on a tendance à moins si vous voulez être attentif à la pollution de l'air qu'on qu'on produit par ailleurs et puis ben aux essences perdues. Vous avez des problématiques de CO2 qui sont capté en moins en fonction des essences.
Mais c'est quoi les options possibles ? Bah les options possibles, il faut les regarder de façon très précise, planifier, enfin je suis désolée de le dire, mais aussi sur le temps long. C'est-à-dire que il va falloir faire des simulations comme on fait pour les modèles climatiques et voir la moins pire, si je puis parler ainsi euh des options pour les différents cas en fonction des différents scénarios parce que vous avez vu, ça dépend beaucoup de la vitesse des vents, de leur intensité, les ventes peuvent tourner, comment est-ce qu'on arrive à prédire ça ? et en fonction des capacités aussi qu'on aura en fonction des investissements qui seront mis en place.
Ça c'est et et juste pour revenir sur l'aspect innovation et industrie et lien avec l'armée, c'est vrai que la 400M donc qui est un avion militaire mais qui aujourd'hui est aussi utilisé pour ravitailler en tout cas en phase de test pour ravitailler nos très chers Canadaires qui sont si utiles. Je pense qu' aussi qu'il y a il y a un enjeu qui est d'un autre ordre économique et même financier pour mettre des incitations à ce que ce genre de dispositif et que cette industrie qui est quelque part une industrie de la vie pour utiliser la terminologie de de Jacques Catal de Jacques Catalie, on est quand même dans l'économie de la vie quand on travaille sur sur des industries, sur des dispositifs qui permettent de bah d'agir, d'aider nos forces armées, notre sécurité civile dans dans ces cas-là qui risquent enfin qui qui quand on dit qui risque dont la probabilité qu'il se reproduise et de manière plus ample euh et bien est quasiment certaine malheureusement. Merci à tous les cas de m'avoir accompagné.
On vous rappelle ces informations principales. Ce feu n'est pas fixé. 15000 hectares ont été ravagés.
Les pompiers sont toujours à pied d'œuvre pour tenter d'arrêter ce feu qui est l'un des plus grands feux qu'on a jamais vu depuis 1949, nous dit le ministre de l'intérieur Bruno Retaille. Yeah.
François Bayrou