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interviewfranceinfo — 8h30 franceinfo· 24 mars 2022 26 min

La guerre en Ukraine et les accusations contre les activités de TotalEnergies... Le 8h30 franceinfo de Yannick Jadot

Transcription Whisper (large-v3), avec identification des locuteurs. À recouper avec la source d'origine.

0:00
Présentateur

Bonjour Yannick Jadot. Bonjour. Vous accusez Total Energy de complicité de crimes de guerre pour avoir maintenu ses activités en Russie. Le groupe a décidé en réponse de vous poursuivre en diffamation. Est-ce que vous retirez vos propos ce matin ?

0:11
Yannick Jadot

Absolument pas, je confirme. Je persiste. J'accuse Total Energy d'être complice de crimes de guerre en Ukraine. Vous savez, selon l'article 25 de la Cour pénale internationale, à partir du moment où vous avez connaissance des faits, que, vous le savez, le groupe Total travaille avec des partenaires russes qui sont très liés au plus haut sommet de l'État poutinien. Vous avez notamment l'oligarque Timchenko, qui est très lié aussi et qui est sous les sanctions internationales. Donc Total, c'est parfaitement les crimes de guerre qui sont perpétrés en Ukraine. Total sait parfaitement que, par ses activités, il contribue à financer des groupes très liés à cette guerre.

Et donc, ça s'appelle une complicité de crimes de guerre.

1:01
Présentateur

Le PDG de Total, Patrick Pouyanné, dit que c'est une insulte aux 100 000 salariés du groupe, dont certains, en ce moment, ont pris des armes en Ukraine contre l'armée russe.

1:08
Yannick Jadot

D'accord. Et vous pensez que les soldats ukrainiens, qui ont pu travailler chez Total, ils sont heureux que les bombes qu'ils reçoivent sur la tête ont aussi, pour financement, les activités de Total ? Moi, le cynisme de M. Pouyanné, qui sanglot dans la voix, nous parle de ses salariés. M. Pouyanné, il est en colère sur cette guerre au nom de ses actionnaires. Moi, je suis en colère au nom des Ukrainiennes et des Ukrainiens qui, aujourd'hui, sont victimes d'atrocités de guerre. M. Pouyanné, il parle de ses salariés et il parle de combattants ukrainiens.

Mais la seule façon d'aider ces combattants ukrainiens, la seule façon d'être solidaire avec les millions d'Ukrainiennes et d'Ukrainiens qui sont sur les routes, c'est de faire l'embargo sur le gaz et sur le pétrole russe. Et c'est que des groupes comme Total, BP, Shell, ExxonMobil, ont quitté la Russie. C'est le seul groupe qui reste. Et vous savez, je suis en colère aussi sur le fait qu'Emmanuel Macron n'a pas cessé, depuis des années, de soutenir le groupe Total et son implantation en Russie. Il l'a fait comme ministre des Finances et de l'Économie. Il l'a fait comme président de la République. C'est à Emmanuel Macron, aujourd'hui, que je m'adresse.

Il doit imposer le retrait de Total de Russie.

2:28
Invité

Alors, pour le moment, Total a décidé d'arrêter tout achat de pétrole ou de produits pétroliers russes avant la fin 2022. Vous êtes satisfait de cette décision ?

2:36
Yannick Jadot

Non, mais bien sûr que non. La guerre, c'est maintenant. C'est en ce moment que les Ukrainiens et les Ukrainiens se prennent des bombes sur la tête. Enfin, on ne peut pas regarder les bombardements d'hôpitaux pédiatriques, de théâtres, la crise humanitaire majeure qu'il y a à Mariupol et se dire, mais d'ici la fin de l'année, je vais peut-être faire un petit geste. Mais quel est ce cynisme absolu ? C'est maintenant que Total doit quitter la Russie, comme l'ont fait les autres multinationales du pétrole. Et puis, vous savez, Total veut me faire taire ? Total veut me faire taire en pleine campagne électorale présidentielle ?

Non, mais vous savez, moi ça fait 30 ans que je fais de l'écologie, ça fait 30 ans que je mène ces combats-là. On a toujours eu les menaces des lobbies. Ça n'a jamais cessé. J'ai été espionné par ODF et maintenant j'ai une attaque juridique de Total. Les écologistes ne reculeront pas. Et vous savez, il va falloir sacrément, dans le quinquennat qui vient, faire le ménage dans les conflits d'intérêt entre le privé et l'intérêt général. C'est-à-dire ? Ces lobbies qui dirigent le pays, ça suffit. M. Pouyanné, qui entend dicter la politique énergétique à la France, qui commente la campagne présidentielle. Vous savez que le principal conseiller spécial de M.

Le Drian, pendant des années et des années, au ministère des Affaires étrangères, il est aujourd'hui directeur des Affaires publiques de Total.

4:01
Invité

Mais ça veut dire quoi Yannick Jadot ? Ça veut dire que toutes les entreprises privées, maintenant, elles n'ont plus le droit de travailler en Russie ?

4:07
Yannick Jadot

Mais ça veut dire qu'aujourd'hui, moi je relaie l'appel du président Zelensky.

4:11
Présentateur

C'est-à-dire que vous considérez que toutes les entreprises françaises qui maintiennent aujourd'hui une présence en Russie sont complices de crimes de guerre ?

4:16
Yannick Jadot

Non, parce que... Toutes ou uniquement totales ? Pas au même niveau, parce qu'on voit bien que ce qui fait le cœur de l'oligarchie corrompue est aujourd'hui engagée dans la guerre en Ukraine, dans le système russe. C'est le gaz et c'est le pétrole. Donc je ne mets pas tout le monde au même niveau. Mais oui, les groupes français doivent quitter la Russie. On est un des pays où les groupes économiques restent le plus en Russie. Et vous savez, je l'ai dit, l'une des premières mesures qu'on mettra en place si les Français le choisissent, c'est une loi sur les lobbies. Ce n'est pas possible qu'en permanence dans notre pays les lobbies soient au cœur des politiques publiques.

4:57
Invité

On fait quoi par exemple pour ENGIE qui est engagée dans le projet Nord Stream 2 qui est suspendu pour le moment ?

5:01
Yannick Jadot

Mais Nord Stream 2, tant mieux.

5:01
Invité

Il faut carrément sortir de Nord Stream 2 ?

5:04
Yannick Jadot

Mais bien sûr. Mais vous voyez bien...

5:05
Invité

Mais c'est ENGIE, c'est l'État aussi.

5:07
Yannick Jadot

Alors on dit quoi ? Ah mais donc, en fait, on nous a expliqué... Vous voyez, tous ces gouvernements... Non mais est-ce que vous voulez le retrait d'ENGIE aussi ? Tous ces gouvernements qui ont orchestré la dépendance de l'Europe vis-à-vis du gaz russe. Qui ont orchestré, il y a encore quelques semaines, vous savez, on a eu ce débat, on en a parlé ici. Qui ont voulu faire du gaz une énergie verte. Et bien évidemment, ces dépendances aux énergies fossiles, elles alimentent, elles sont le carburant de la guerre en Ukraine. Elles tuent le climat. Et puis franchement Total, qui nous donne des leçons d'empathie, ils ont soutenu la dictature birmane jusqu'à ces dernières semaines.

Ils sont en train de faire un projet qui va déplacer 30 000 personnes en Ouganda.

5:47
Présentateur

Vous, Président Yannick Jadot, vous coupez le robinet du gaz russe dès votre arrivée à l'Elysée et vous dites aux Français, quelles qu'en soient les conséquences, c'est fou. Marc Fauvel, comment on fait ? J'espère que c'est le Conseil européen qui va trancher ça. Si ce n'est pas le cas, parce qu'aujourd'hui, il n'y a absolument pas d'unanimité en Europe sur cette question, vous savez que d'autres pays sont encore plus dépendants que nous. Si vous êtes Président, vous fermez le robinet du gaz russe. Qu'est-ce que vous faites pour assurer les Français, par exemple, pour avoir le chauffage l'hiver prochain ?

6:13
Yannick Jadot

Vous avez parfaitement raison. Le sujet, c'est bien l'hiver prochain. On a du gaz et du pétrole.

6:19
Présentateur

Le printemps arrive, les cuves vont être pleines. L'hiver prochain, on fait quoi ?

6:22
Yannick Jadot

On met un acheteur unique européen, comme on a fait sur les vaccins. C'est-à-dire qu'on crée la solidarité au sein de l'Union Européenne et on renforce nos approvisionnements extérieurs à la Russie. En gaz ? En gaz ? Bien sûr. A quel pays vous achetez du gaz ?

6:36
Présentateur

L'Arabie Saoudite en vente, ce n'est pas une immense démocratie non plus. Les Etats-Unis en vente, c'est du gaz de schiste.

6:43
Yannick Jadot

Vous avez raison sur tout ça. La question aujourd'hui, c'est la guerre en Ukraine, des populations civiles bombardées. Donc notre priorité est la seule façon d'obtenir la paix. Parce que mon seul sujet, c'est la...

6:56
Invité

Mais votre flambé, Yannick Jadot, c'est l'Arabie Saoudite ou le gaz de schiste américain ?

6:59
Présentateur

Non, mais ça, c'est... Yannick Jadot, mais attendez, pour être très clair, est-ce que vous dites mieux vaut du gaz de schiste que du gaz russe ?

7:06
Yannick Jadot

Je dis aujourd'hui, un, on se met en situation de fournir du gaz, du pétrole, de l'électricité et de l'énergie aux Européens d'ici l'hiver prochain. Mais quand j'entends que Engie nous vend aujourd'hui son contrat de 20 ans, passé déjà il y a des mois sur le gaz de schiste américain, c'est totalement, là aussi, cynique. On a deux enjeux. Vous voyez bien combien la paix et le climat, aujourd'hui, sont le même combat.

7:35
Présentateur

Mais je vous pose la question, elle est importante.

7:36
Yannick Jadot

Tout sauf du gaz russe, y compris du gaz de schiste. Je dis que nous devons...

7:41
Présentateur

C'est la priorité des priorités.

7:42
Yannick Jadot

Nous devons, la priorité des priorités, c'est de garantir l'approvisionnement européen. Mais d'ici là, d'ici l'hiver prochain, on peut parfaitement multiplier les substitutions chaudière-gaz, pompe à chaleur. On peut... Attendez, on peut commencer. On peut prioriser tous les chantiers de rénovation. Moi, je veux mettre tous les acteurs... Si vous ne me laissez pas répondre, ça ne va pas aller. Allez-y. Si vous ne me laissez pas...

8:06
Présentateur

C'est ce que je vous propose, Yannick Jadot. On va marquer une toute petite pause, le temps du fil d'info. Et vous allez développer après, ce sont des sujets intéressants, qu'intéressent les auditeurs, les téléspectateurs. Merci, parce qu'on a des réponses. Parce que ça va loin dans l'économie, dans la morale parfois aussi. On a un plan. Vous allez nous l'expliquer. On a un plan pour se passer du gaz russe. Vous nous l'expliquez dans un instant, le temps du fil d'info, 8h41. Maureen Suignard.

8:24
Locuteur non identifié

J'accuse Total Energy d'être complice de crimes de guerre. Je persiste et je signe, dit ce matin sur France Info. Yannick Jadot, la compagnie pétrolière à connaissance de la situation sur place, dit le candidat à la présidentielle. Total Energy a annoncé qu'il portait plainte pour diffamation contre le candidat. De son côté, Volodymyr Zelensky lance un nouvel appel vibrant. Le président ukrainien demande aux citoyens du monde entier de manifester pour la paix, pour soutenir l'Ukraine partout, dans les écoles, les universités, mais aussi les bureaux, en arborant des symboles du pays envahi il y a un mois maintenant.

Le tir ce matin d'un missile par la Corée du Nord, possiblement balistique, selon les autorités japonaises. Il est tombé à seulement 170 km des côtes du Japon. Après plusieurs lancements récents, Pyongyang a déclaré qu'il testait des composants pour un système de satellites récemment. Des manifestations dans une vingtaine de villes en France pour réclamer une hausse des pensions de retraite à la hauteur de l'inflation. Neuf syndicats et associations appellent les retraités à défiler aujourd'hui. Douzième journée de ce type depuis le début du quinquennat.

9:32
Présentateur

France Info, l'info juste. Le 8.30 France Info, Salia Brakia, Marc Fauvel.

9:41
Invité

Toujours avec Yannick Jadot, candidat Europe Écologie Les Verts, à l'élection présidentielle, vous disiez juste avant le fil info, il faut absolument se passer du gaz russe. Comment on fait si on s'en passe ?

9:50
Yannick Jadot

Un, je l'ai dit, un acheteur unique européen. On ne met pas les pays européens en compétition les uns avec les autres pour se fournir. On fait comme pour les vaccins. Deux, on suspend les directives européennes sur la libéralisation des prix de l'énergie pour réglementer de nouveau les prix de l'énergie. Trois, je l'ai dit, c'est un investissement aujourd'hui avec un impact qui ne sera pas majeur pour l'hiver prochain, mais on repriorise tous les travaux de rénovation des bâtiments publics et des logements privés. C'est bon pour le pouvoir d'achat, c'est bon pour réduire notre consommation de gaz.

Quatre, on installe massivement des panneaux photovoltaïques sur les toits plats, centres commerciaux, écoles, parkings. Vous réduisez d'un tiers, d'un tiers, notre consommation de gaz liée à l'électricité. Pas en six mois. Mais on commence, on le fait, c'est bon pour le climat, c'est bon pour la paix. Vous savez, il va falloir d'hiver, d'ici l'hiver prochain, il faudrait dire de 10 à 15% notre consommation.

10:50
Présentateur

Est-ce qu'il y a un petit 5 aussi dans ce plan, Yann Jadot ? Est-ce que vous dites aux Français, il faudra d'une manière ou d'une autre, consommer moins, baisser le chauffage, changer notre façon de faire et plus rapidement qu'on pensait ?

11:00
Yannick Jadot

L'agence internationale à l'énergie a sorti son plan pour se passer du gaz russe. Et effectivement, il peut y avoir des changements de comportement. Par exemple ? J'avais mentionné, j'avais mentionné, vous savez par exemple, le fait de décaler l'utilisation des machines à laver. Tout le monde a rigolé, mais parce qu'en fait, les gens ne savent pas comment ça fonctionne. Si vous mettez en place votre machine à laver dans notre pays à 6 heures, elle va tourner grâce au central gaz. À 22 heures, elle ne tourne plus grâce au central gaz. Donc on peut trouver des choses.

11:34
Invité

Ça, les particuliers peuvent le faire, mais les entreprises, elles font comment ?

11:38
Yannick Jadot

Vous avez raison, mais la question, c'est... Et puis surtout, pour moi, il n'est pas question que ce soit les 12 millions de personnes qui souffrent déjà de précarité énergétique, qui réduisent leur consommation de gaz. L'agence internationale à l'énergie dit par exemple, on pourrait économiser énormément d'énergie si on réduit de 10 km heure la vitesse sur les routes. Alors, je sais le débat qu'on a eu sur les 10 km heure, mais on a 10 millions de réfugiés ukrainiens. On a 3 millions d'ukrainiennes et d'ukrainiens qui sont déjà en dehors. On a des atrocités tous les jours.

Si à un moment donné, pour défendre nos valeurs, pour défendre la démocratie, pour défendre la paix et la sécurité, et en plus, enfin lutter contre le dérèglement climatique, ça passe par ces gestes-là temporairement, et bien franchement, c'est à la hauteur de notre responsabilité en Ukraine aujourd'hui.

12:25
Présentateur

Vous êtes à notre connaissance, Yannick Jadot, le seul candidat à l'élection présidentielle à qualifier Vladimir Poutine de criminel de guerre. Est-ce à dire que si vous êtes élu dans un mois et demi, vous n'irez jamais le voir ? Mais bien sûr que non. Il n'y aura aucun contact entre vous.

12:37
Yannick Jadot

Non, mais bien sûr que non, j'irai le voir. Ah, vous irez le voir, pardon. Excusez-moi, c'est ma réponse qui n'est pas claire. Non, c'est ma question, oui. Je l'ai dit depuis le début. On peut serrer la main à l'élection de guerre. On n'est pas obligé de lui serrer la main, et surtout pas, comme le fait le président Macron, de le tutoyer. Ça, c'est certain. Moi, j'ai toujours dit, y compris dans la phase avant la guerre, j'ai toujours dit, il faut que le président Macron, en tant que président de l'Union européenne, joue collectif. Il joue Union européenne. Vous savez, pendant cette période-là, je pense que personne n'est dans la tête de Vladimir Poutine.

Mais, avant qu'il déclenche la guerre, il y a un mois, il a vu défiler les dirigeants européens, les uns après les autres. Pas ensemble, les uns après les autres. Et dans sa tête, je suis convaincu qu'il s'est dit, les Européens font comme d'habitude. Ils ne sont pas ensemble, ils sont divisés.

13:25
Présentateur

On sait que s'il avait vu dans le même bureau Charles Michel, Ursula von der Leyen et Emmanuel Macron, il n'aurait pas attaqué l'Ukraine.

13:30
Yannick Jadot

Ce qui est certain, c'est que nous aurions dû démontrer dès le début, et c'est comme ça que je continuerai à faire, de l'unité et de la fermeté. On ne rencontre pas Vladimir Poutine à Brégançon. On le rencontre dans un cadre européen avec les autres dirigeants européens. C'est toujours comme ça que se construisent les rapports de force. Il ne peut y avoir ni naïveté, ni arrogance, ni complaisance dans les rapports avec la Russie. Et vous savez, vous en parliez, ce moment-là que nous vivons est un moment historique à bien des égards. Historique au sens de la remise en cause de la paix sur le continent européen. des liens de dépendance, de complaisance.

Ça doit être un moment de clarification politique aujourd'hui. Je veux dire, les écologistes, on ne peut pas nous reprocher ça. On a toujours eu la constance de se séparer des énergies fossiles et de nos dépendances. De n'avoir jamais aucune complaisance avec aucun dictateur.

14:24
Présentateur

Vous vivez mal les critiques en ce moment, Yannick Jadot, sur le « va-t'en-guerre » Jadot ? Celui qui veut livrer des armes, celui qui ne veut plus entendre le discours de paix. Ça vous touche ?

14:33
Yannick Jadot

Ce qui me touche, c'est le cynisme de ces discours. Parce que ceux qui les portent, c'est ceux qui défendent la guerre en fait. C'est ceux qui laissent la guerre se dérouler. C'est les mêmes qui reconnaissaient l'annexion de la Crimée par la Russie et qui disaient qu'au fond, l'Ukraine pouvait disparaître dans le giron russe. Eh bien, tous ces gens-là, en acceptant, en étant complaisants vis-à-vis de Poutine, ont laissé Poutine développer les guerres partout. Ce que je veux, moi, c'est la paix. Ce que je veux, c'est la démocratie. En armant l'Ukraine ? En armant des résistants. En armant des résistants. Il faut envoyer plus d'armes aux ukrainiens ?

J'aurais aimé que le Front Populaire, pendant la guerre d'Espagne, arme les républicains. Contre les fascistes. Et oui, je suis heureux que les Anglais et les Américains aient armé la résistance française pendant la Deuxième Guerre mondiale. C'est un vrai projet de paix. C'est ça, le projet de paix. C'est d'a à Poutine. C'est eux, les vats en guerre. Ceux qui disent, au fond, qu'il faut tout faire pour la paix, mais qu'ils ne proposent rien. Qu'ils ne proposent rien. Et surtout pas d'aider les Ukrainiens et les Ukrainiens.

15:37
Invité

C'est le président de la République qui propose ça. Il faut envoyer plus d'armes aux Ukrainiens aujourd'hui ? C'est la demande du président Zelensky.

15:42
Yannick Jadot

Il y a une coopération aujourd'hui qui est engagée, contre l'Union Européenne, les facilités européennes pour payer des armements. Ça s'engage, c'est très bien. Il faut faire ce qu'il faut pour éviter les bombardements et pour éviter les massacres de populations civiles. Mais, soyez clair, mon projet n'est que la paix. Mais pour imposer la paix aujourd'hui, il faut un rapport de force vis-à-vis de Vladimir Poutine. Et pourquoi je défends l'embargo du gaz, le pétrole ? Pas parce que c'est simple à faire. Je sais qu'il y aura des conséquences sur nos pays.

Mais parce qu'aujourd'hui, le gaz et le pétrole, c'est 700 millions de dollars qui viennent par jour, par jour, alimenter la guerre que mène la Russie en Ukraine. Depuis le début du conflit, on doit être à 17, 18 milliards. Si on arrête ça, vous savez, c'est la moitié des recettes du budget de l'État russe, le gaz et le pétrole. Si on arrête nos importations, on se met en situation d'obtenir la paix. La paix, c'est pas faire des grands discours. La paix, c'est construire le rapport de force pour que cessent les atrocités.

16:46
Présentateur

Le fil info à 8h50. Maureen Suinière, on poursuit avec vous dans un instant. Yannick Jadot.

16:52
Locuteur non identifié

Le chef de la diplomatie ukrainienne salue la décision de Renault, celle de fermer son usine à Moscou. Le groupe automobile français affirme aussi étudier les options possibles concernant sa filiale russe. Total, de son côté, abandonnera le pétrole russe d'ici la fin de l'année, mais pas le gaz. Emmanuel Macron doit imposer le retrait du groupe de Russie. Yannick Jadot, candidat écologiste à la présidentielle, invité sur France Info ce matin. Ce matin, les autorités ukrainiennes annoncent aussi la mort d'au moins 4 personnes dans un bombardement à Lugansk. La mise en berne des drapeaux de l'exécutif Corse est une faute, dit Emmanuel Macron.

C'est inapproprié, assure le chef de l'État, des drapeaux qui ne flottent plus pour exprimer la tristesse de l'île après la mort d'Yvan Colonna, l'indépendantiste assassin du préfet Rignac. Une loi de plus aux Etats-Unis qui restreint le droit à l'avortement. L'état de l'IDAO permet aux familles des femmes qui avortent d'attaquer en justice les cliniques ou les médecins ayant pratiqué l'IVG. Les pères du fœtus y compris, même en cas de viol, peuvent également porter plainte. Une défaite au match allé en quart de finale de la Ligue des championnes de football pour Lyon. Défaite 2-1 hier soir sur le terrain de la Juventus. Le match retour se déroulera jeudi prochain.

18:03
Présentateur

France Info, l'info juste. Le 8.30 France Info, Salia Brakia, Marc Fauvel. Yannick Jadon, on voit que cette guerre en Ukraine a mis en évidence également notre dépendance en matière alimentaire. Le prix de certaines matières, de certains produits alimentaires est en train d'exploser sur les marchés. Est-ce que vous dites aujourd'hui la priorité pour l'Europe et pour la France, c'est de produire le plus possible, quitte à mettre de côté certaines mesures écologiques ?

18:30
Yannick Jadot

Je défends exactement l'inverse. Si notre agriculture aujourd'hui est vulnérable en Europe, c'est parce que nous dépendons, vous savez, pour notre élevage industriel, du soja, qui nourrit les animaux, qui vient notamment du Brésil, qui participe à la destruction de l'Amazonie et du dérèglement climatique. Je prends un autre exemple, si vous voulez bien. Les engrais azotés qui viennent de Russie, nous sommes le pays qui consomme le plus d'engrais azotés. C'est un drame pour les sols, c'est un drame pour le climat. Et pour tout ça, pour vendre des produits sur le reste du monde, où nous sommes aussi vulnérables sur les marchés.

Donc notre souveraineté alimentaire, c'est justement repenser la durabilité de l'agriculture.

19:12
Présentateur

On pourra produire plus dans un an, deux ans, trois ans, avec moins de pesticides, moins de produits phytosanitaires pour vous, ou alors on produira mieux, mais on ne pourra pas nourrir tout le monde.

19:21
Yannick Jadot

L'urgence, Marc Fauvel, et je vous entends, c'est qu'il y a des risques de famine dans un certain nombre de pays dans le monde. On peut parler de l'Egypte, on peut parler du Liban, on peut parler d'un certain nombre de pays qui sont devenus totalement dépendants de leurs importations parce qu'ils ont abandonné leur agriculture. On a 100 millions de tonnes, à peu près, de céréales qui sont bloquées entre la Russie et l'Ukraine. Il y a 500 millions de tonnes de céréales stockées dans le monde. 500 millions de tonnes de céréales stockées dans le monde.

Donc l'enjeu, c'est d'utiliser ces stocks pour faire en sorte que ces pays aient évidemment accès à des céréales et qu'il n'y ait pas de famine ou d'explosion des prix. Parce qu'aujourd'hui, sur les marchés de l'énergie, comme sur les marchés des produits alimentaires, il y a eu ces derniers mois une explosion des prix, notamment sur le blé, mais qui est plutôt liée à la sécheresse et au dérèglement climatique. Aujourd'hui, ce sont des prix énormes, mais de spéculation. Si on décroche, si on déstocke, on fera retomber l'attention. Mais nous, par exemple, on a 30 millions de tonnes de stock en Europe. Il y en a 250 millions dans les pays dits occidentaux et 250 millions en Chine.

Donc on peut parfaitement passer cette épreuve par la gestion des stocks. À nous, encore une fois, d'être solidaires. Mais ce n'est certainement pas en affranchissant, en exonérant l'agriculture de ses responsabilités sur le climat, sur la biodiversité, sur les paysans et sur notre souveraineté alimentaire qu'on y perviendra. Et c'est bien l'inverse qui nous a amenés dans ce mur.

21:06
Invité

Rapidement, Yannick Jadot, la collectivité de Corse a mis ses drapeaux en Berne pour rendre hommage à Yvan Colonna, désigné coupable de l'assassinat du préfet Rignac, on le rappelle. Emmanuel Macron dit que c'est une faute et que c'est inapproprié. Il a raison ?

21:18
Yannick Jadot

Je regrette. Je regrette ces drapeaux en Berne. Je peux comprendre l'émotion qu'il peut y avoir autour de la mort d'Yvan Colonna. Vous savez qu'on était un certain nombre de responsables politiques qui avaient demandé le rapprochement des prisonniers corses. Mais je regrette cette décision parce qu'on connaît la qualification du crime de l'assassinat du préfet Rignac. Et donc aujourd'hui, ce qu'il faut surtout, et c'est vrai que ça a été là aussi un échec de ce quinquennat, c'est retrouver une relation apaisée entre la Corse et l'État français. Il y a ce débat qui s'est ouvert. C'est toujours terrible parce que dans ce quinquennat, les débats s'ouvrent quand il y a des violences.

C'est vraiment la pire des solutions. Mais sur l'autonomie, de plein droit, de plein exercice, il faut ouvrir ce débat pour encore une fois retrouver un climat de confiance entre la Corse et l'État français.

22:15
Présentateur

Vous voyez Yannick Jadot dans les intentions de vote à 17 jours du premier tour. Jean-Luc Mélenchon ne cesse de progrès. C'est s'il est en position de se qualifier au matin du 10 avril prochain, s'il est en position de représenter la gauche au second tour de l'élection présidentielle. Est-ce que vous pourriez voter pour lui ?

22:30
Yannick Jadot

Je voterai Yannick Jadot. Je voterai Yannick Jadot, Marc Fauvel. N'ayez pas l'ombre d'un doute. C'est quoi le vote utile aujourd'hui ? Dans ce moment très particulier, c'est évidemment un vote pour la paix et le climat. Je l'ai dit, c'est le même combat. C'est le vote pour la biodiversité. C'est le vote pour la justice sociale et le pouvoir d'achat. Mais on le voit dans ce moment. C'est un vote... Pour moi, l'écologie est indissociable de la démocratie. La démocratie, on doit la défendre, y compris en Chine, en protégeant les Ouïghours contre le Parti communiste chinois. Aujourd'hui, on ne la défend pas assez, la démocratie, à vos yeux ?

Écoutez, il n'a pas voté la reconnaissance du génocide sur les Ouïghours. Il a expliqué que ça ne servait à rien. C'est marrant, ça ne sert jamais à rien dès qu'il s'agit de condamner des dictatures qui écrasent des peuples, qui écrasent les libertés. De la même façon, l'a-t-il dit pour l'Ukraine.

23:21
Présentateur

Ce que vous dites, c'est important. Ce que vous dites est valable aussi pour un second tour, éventuellement. Vous ne pourriez pas voter pour lui.

23:27
Yannick Jadot

Franchement, on a déjà du mal à faire...

23:28
Présentateur

Il ne défend pas la démocratie, c'est l'ami des dictateurs. Je ne vais pas vous demander ce que vous feriez entre Emmanuel Macron et Jean-Luc Mélenchon, mais vous dites, je ne peux pas voter pour lui. C'est valable aussi pour un second tour.

23:37
Yannick Jadot

Je dis quel est le vote utile. On a déjà du mal à faire cette campagne présidentielle, si on peut éviter déjà de passer au second tour avant le premier, mais c'est aussi l'Union Européenne. Moi, je suis convaincu, vous savez, j'appartiens à un parti politique dont le nom commence par Europe. Europe, écologie, les verts. Pour moi, c'est essentiel dans ce monde, face aux dictatures, face aux puissances économiques, pour le climat, pour la justice sociale, pour la démocratie. Il nous faut l'Union Européenne. Une Union Européenne transformée, mais une Union Européenne. Et le programme de Jean-Luc Mélenchon, c'est l'effacement de l'Union Européenne. C'est le repli sur la France.

Et vous pensez vraiment que la France seule va résoudre ou va contribuer à résoudre les grands problèmes du monde ? Je ne crois pas.

24:21
Invité

Le fait d'avoir ces désaccords avec Jean-Luc Mélenchon, est-ce qu'ils vous interdisent à un moment donné, que ce soit au premier ou au second tour, de voter pour lui ?

24:28
Yannick Jadot

Mais je vous l'ai dit, là je suis, on est...

24:30
Invité

Non mais on parle de gauche irréconciliable ou pas ?

24:32
Yannick Jadot

Non, non, pour moi, vous savez, les gauches irréconciliables, c'est dire que les électrices et les électeurs sont irréconciliables, ce que je ne crois pas.

24:39
Présentateur

Et par exemple, vous êtes capable de vous parler, avec Jean-Luc Mélenchon, de vous entendre quel que soit le score, le 10 avril, est-ce que vous êtes capable de vous parler, de gouverner ensemble, éventuellement ou pas ?

24:48
Yannick Jadot

Marc Fauvel, je suis dans ma campagne de premier tour. Est-ce que vous êtes capable de gouverner le pays avec lui ? Il faudra, ça dépend sur quelle ligne ? Sur la vôtre, par exemple. Ah bah sur la mienne, s'il se rallie au fait qu'on a besoin de l'Union Européenne, et qu'il ne faut pas, au fond, comme d'autres projets, effacer l'Union Européenne. Parce que le projet de Mélenchon, c'est quoi ? Vous savez, c'est le fameux opt-out. Alors c'est plus simple que plan A, plan B, personne ne comprend rien, le opt-out. Qu'est-ce que ça veut dire ? Ça veut dire que chaque pays va choisir les sujets qu'il ne veut pas partager avec les autres pays de l'Union Européenne.

Notamment, Mélenchon ne veut pas partager la politique de défense. Mais imaginez 27 pays qui disent, ça j'en veux pas. Vous allez avoir les paradis fiscaux qui disent, bah nous on ne veux pas. La fiscalité, vous allez avoir les pays du charbon qui disent, nous on ne veut pas le climat. A la fin, il n'y aura plus rien à manger ensemble dans les repas du sommet européen. Et bah je ne crois pas que ce soit une bonne perspective pour notre pays de sortir finalement de l'Union Européenne, d'effacer l'Union Européenne. Nous sommes dans un moment tellement critique sur les grands défis du siècle qu'il nous faut aussi l'Union Européenne. Merci Yannick Janot et bonne journée à vous. Merci.