La chronique de Corinne Lepage du 05/10/26
Audio original de l'émission.
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Chapitres
Répartition du ton (temps de parole politique)
Propositif 60 %Attaque 30 %Défensif 10 %
Questions et réponses
Taux de réponse directe : 100 % (directe = 1, partielle = 0,5, éludée = 0)
- 0:10OuverteRéponse directe
Qu'est-ce que vous pensez de la situation actuelle du parti des Verts ?
- 1:56OuverteRéponse directe
Dans une situation économique et sociale dégradée, avez-vous un message positif à nous donner ?
- 3:07OuverteRéponse directe
Y a-t-il un backlash dans le monde économique concernant la transition écologique ?
Affirmations vérifiables (citations exactes)
- 1:13Invité politiqueFait
« Si j'ai créé Cap 21 il y a 30 ans maintenant, c'est précisément parce que je ne me reconnaissais pas chez les Verts. »
- 2:30Invité politiqueChiffre
« 80%. »
- 2:48Invité politiqueChiffre
« Trois quarts des Français considèrent que la transition est absolument indispensable. »
- 3:49Invité politiqueChiffre
« C'est quand même 425 000 emplois directs et indirects. »
- 3:57Invité politiqueChiffre
« des rentrées fiscales de l'ordre de 2,5 milliards d'euros. »
- 4:01Invité politiqueChiffre
« les énergies renouvelables ont fait gagner en moyenne 20 euros par mégawatt aux Français l'année dernière. »
Temps de parole
- Corinne Lepage78 %
- Présentateur16 %
- ?6 %
≈ 28,4 interruptions / 10 min (chevauchements et interjections détectés).
Modèle mistral-small-latest · prompt v1 · les citations sont vérifiées mot pour mot dans le transcript ; le taux de réponse directe est calculé à partir des verdicts question par question. Aucun label idéologique n'est produit.
Bonjour
Radio-J, elle est avec nous justement, ancienne ministre de la transition écologiste Corine Lepage, bonjour.
Bonjour Ilana, bonjour à toutes et à tous.
Merci d'être avec nous. Avant
justement
de parler du thème de votre chronique, je voulais quand même vous faire réagir puisque le parti des Verts c'est un parti frère justement que
vous connaissez bien. En tout cas, avant
à l'origine, qu'est-ce que vous pensez de tout ça maintenant ? Les juifs qui vont devoir être sommés de s'expliquer sur leur
sionisme ou non ? Écoutez, c'est bien entendu une dérive tout à fait inacceptable qui n
'a
rien à voir avec l'universalisme dont devrait se draper l'écologie.
J
'ai du reste dans mon petit bouquin paru chez Gallimard en juin qui s'appelle « Le discrédit écologique
» montrer
comment ce discrédit était lié à la fois
à
la pression de l'extrême droite et d'une écophobie et des outrances de l'extrême gauche qui fait de la question écologique un étendard de l'extrême gauche. On en a une nouvelle illustration. Moi, j'attends beaucoup d'intérêt que LV prenne position là-dessus. Aujourd
'hui, vous
ne
vous
reconnaissez plus du tout dans ces
parties ? J'ai été.
Si j'ai créé Cap 21 il y a 30 ans maintenant, c'est précisément parce que je ne me reconnaissais pas chez les Verts. Et lorsque, il y a 7-8 ans, on a essayé de faire un pôle écolo, lorsque j'ai exigé des engagements sur la laïcité, je me suis fait virer. Donc voilà, c'est leur état d'esprit. Il s'est considérablement dégradé encore depuis. Malheureusement, les Verts courent derrière les filles pour garder quelques postes de députés. Et je voudrais bien voir ce qu'ils vont dire sur ce qui s'est passé en Grande-Bretagne.
Eh oui, pour l'instant,
pas de réaction de Marine Tondelier.
En tout cas, on a regardé.
Et pour cause.
Alors, dans une situation économique, financière, sociale, sociétale qui ne cesse de se dégrader, vous essayez d'avoir un message quand même un peu positif. Alors, qu'est-ce que vous voulez nous dire ce matin ? Ma
réflexion
est venue de plusieurs assemblées générales ou colloques auxquelles j'ai pu participer la semaine dernière. Et je me suis rendu compte
que
si le backlash dans le monde politique est puissant, dans la société, il ne l'est pas du tout.
Il
ne l'est pas du tout. Et je voudrais en donner deux illustrations qui tiennent à la société civile. Depuis le début de la montée du pétrole, savez-vous combien de voitures électriques, toutes électriques ou hybrides, ont été achetées en France ? 80%.
C
'est-à-dire que le mouvement de l'électrification, ce qu'on appelle électrification des usages, est en marche. Et ça, c'est extrêmement important. D'abord, ça va permettre aux gens qui ont pu s'offrir une voiture électrique, où maintenant il y a beaucoup de voitures électriques sur le marché de l'occasion, de ne plus payer de fioul. Donc,
c
'est quand même très intéressant. Deuxième élément, trois quarts des Français considèrent que la transition est absolument indispensable. Mais ce qui est beaucoup moins bien, c'est que 25% seulement estiment que les mesures sont prises pour y parvenir. Ce qui veut dire qu'il y
a
une véritable demande de ce côté-là. Donc oui, il
y a
un backlash indéniable du côté des politiques, mais pas du tout de la société civile.
Alors, y a-t-il un backlash, comme on dit, un contre-coup dans le monde économique ?
Alors, il ne faut pas, vous allez la face, les positions américaines et l'interdiction qui est faite de parler de climat, de transition et, bien entendu, d'égalité de genre, fait que beaucoup d'entreprises ont, pour leurs activités internationales, un peu gommé ce qu'elles faisaient. Et ça ne veut pas dire qu'elles ne le font pas.
Elles
ne communiquent plus dessus. On est à l'envers du greenwashing, en quelque sorte. Les gens font et ne disent pas.
Mais
à côté de ça, on a un développement des activités économiques autour de la transition qui est indéniable. Le congrès du syndicat des énergies renouvelables, qui s'est tenu la semaine dernière, a mis en lumière l'importance de la filière. C'est quand même 425 000 emplois directs et indirects. C
'est
énorme. C'est plus de deux fois la filière nucléaire
et
des rentrées fiscales de l'ordre de 2,5
milliards
d'euros.
Le
backlash, en fait, il vient des décisions gouvernementales qui ont déjà fait perdre 10 000 emplois, merci pour eux, à la filière, et qui planent alors même que, selon la CRE, la Commission de régulation de l'énergie, donc ce n
'est
pas les écolos hirsutent, les énergies renouvelables ont fait gagner en moyenne 20 euros par mégawatt aux Français l'année dernière. Donc, oui, ça se développe. Le salon Pro Durable, qui s'est tenu à la Porte Maillot sur deux étages la semaine dernière,
a
mis en lumière des très nombreuses entreprises qui se sont créées autour de l'ARSE, de la décarbonation, de la biodiversité, du social-environnemental. Donc, il y a toute une activité économique qui se développe et qui ne demande qu'à faire mieux. Donc, ça, c'est quand même assez encourageant dans le contexte actuel. Alors, quelles conclusions vous en tirez
? Eh
bien, un qui ne vous passe trompé de combat. Le combat, c'est contre le fossile
et
pour l'électrification des usages. Et deux, comme l'a écrit dans un très bel article Jacques Attali dans Les Échos la semaine dernière, que j'engage tout le monde à lire, le moment est churchillien. Dans le domaine personnel comme dans le domaine collectif, il ne faut rien lâcher.
Merci beaucoup, Corinne Lepage. Merci d'avoir répondu à nos questions. On vous retrouve évidemment la semaine prochaine.
Avec plaisir. Avec plaisir. Bonne semaine. Bonne semaine.
Merci à vous.
Sous
-titrage
Société Radio-Canada
Corinne Lepage