Aller au contenu
Pourquijevote
Tous les transcripts
interviewFrance Inter — L'invité de 8h20· 22 mai 2019 25 min

Yannick Jadot (EELV) : "L'écologie, ce n'est pas qu'un discours, une promesse avant une élection"

Transcription Whisper (large-v3), avec identification des locuteurs. À recouper avec la source d'origine.

0:00
Présentateur

La dernière ligne droite de la campagne et la suite des grands entretiens spéciaux que vous propose France Inter, avec tous les jours une tête de liste aux Européennes. Aujourd'hui avec Yael Goz, celui qui emmène la liste Europe Ecologie. Bonjour Yannick Jadot, et merci d'être au micro d'Inter ce matin. Partons de là, de la prise de conscience collective de l'urgence climatique, des menaces sur la biodiversité, des pollutions sous toutes leurs formes possibles. Cette prise de conscience donc a progressé, sans doute grâce au niveau d'information des citoyens.

Pourtant Yannick Jadot, la recomposition politique en cours en Europe ne se fait pas autour de vous les écologistes, mais autour de partis ou de courants pour lesquels l'écologie est peut-être une préoccupation, mais pas toujours une préoccupation centrale. Comment expliquez-vous ce paradoxe qui est spectaculaire en France ?

0:50
Invité

Vous l'avez dit dans vos différents journaux, y compris en 2009, c'est dans les 3-4 derniers jours que les citoyens se sont mobilisés autour de l'écologie, parce qu'on a une campagne très courte, malheureusement. On attendait même d'un président de la République qui avait fait sa campagne présidentielle beaucoup autour de l'Europe, qu'il ne sacrifie pas cette campagne européenne pour faire le duel Macron-Le Pen, mais on a encore 3 jours pour démontrer quoi ? Que c'est le groupe vert au Parlement européen qui gagne toutes les avancées sur l'environnement, la santé, les libertés.

1:28
Présentateur

Vous pouvez faire votre retard politique en 3 jours. Bien sûr, c'est comme ça que ça se passe. C'est comme ça que ça s'est passé en 2009.

1:34
Invité

Mais 2009 c'était différent Yannick Jadot, c'était l'Europe Écologie Les Verts, c'était très large. Tout est différent, mais nous avons une telle urgence en termes de climat, nous avons une telle urgence en matière de biodiversité. L'Europe ne s'est jamais disloquée à une telle rapidité. Et ce que nous allons démontrer, c'est que quand on gagne contre la pêche électrique, quand on gagne contre l'huile de palme, quand on gagne pour les lanceurs d'alerte, pour la protection des données personnelles, quand on gagne sur les renouvelables, à chaque fois, le cœur de ces combats qui est mené au Parlement européen, ce sont les écologistes réunis au groupe vert.

Et ce que nous allons démontrer dans ces derniers jours, c'est que le seul vote efficace, le seul vote efficace pour sauver l'Europe, pour sauver le climat, pour sauver la biodiversité, pour remettre de la solidarité dans nos sociétés qui se tendent ou explosent la haine,

2:30
Yannick Jadot

c'est le vote Europe Écologie. Yannick Jadot, il y a quand même une différence avec les bataillons verts allemands. Aujourd'hui, ils sont donnés deuxième partie, deuxième force politique d'Allemagne. Ils enverront sans doute une vingtaine d'eurodéputés à Strasbourg. Vous, on vous en donne six ou sept. Attendez, est-ce que vous... Moi, vous savez, je suis un footeux. Comment vous expliquez la différence avec l'Allemagne ?

2:47
Invité

Je suis un footeux. Regardez la finale de la Coupe de France, regardez les deux demi-finales de la Ligue des champions. C'est dans les dernières minutes de l'Etat de fait.

2:55
Présentateur

À l'Allemagne, c'est l'Allemagne qui gagne. Et à l'Allemagne, c'est l'Allemagne qui gagne. Mais là, on est d'accord, mais c'est quand même globalement la règle. Vous avez raison.

3:01
Invité

Ce qu'on attend, effectivement, et ça sera une véritable transformation du centre de gravité européen, si, au-delà de renforcer le groupe vert au Parlement européen, ce qui est quand même l'objectif d'une élection européenne, c'est le Parlement européen. La question, c'est pourquoi les verts allemands s'en sortent beaucoup ? Jérémie, vous, s'il y a un très fort score en Allemagne, s'il y a un très fort score en Belgique, au Luxembourg, aux Pays-Bas, dans certains pays fondateurs, et qu'il y a un très fort score en France, eh bien le centre de gravité politique de l'Europe sera en train de changer. Le centre de gravité sera autour de l'écologie.

C'est ça qui redonnera du souffle, de l'enthousiasme aux projets européens. Et franchement, le 26 mai, le seul vote qui enverra un signal, y compris de politique nationale, sur l'environnement, ce sera le vote Europe écologie. Tous les autres votes seront interprétés différemment.

3:54
Yannick Jadot

Vous ne répondez pas à la question, 3 000 militants verts en France, aujourd'hui, 10 000 il y a 10 ans, en Allemagne, deuxième parti.

4:01
Invité

Non, ça c'est ce que dit Danikon Bendit, mais il n'a pas forcément les chiffres en tête. Alors pourquoi les verts allemands sont-ils aussi puissants par rapport à vous ? Parce que, vous savez, dans le système politique allemand, il y a la proportionnelle. C'est-à-dire que même quand les verts, en Allemagne, font un score moyen, ils envoient 30 à 40 députés au Bundestag. Et donc, il y a la proportionnelle dans les régions. Et donc, nous sommes en permanence, aujourd'hui, en démonstration de notre capacité à gouverner, à porter les attentes, à répondre aux attentes, aux besoins, aux difficultés, mais aussi aux espoirs.

4:35
Présentateur

N'est-ce pas parce qu'ils sont moins sectaires, pour citer à nouveau Daniel Kohn-Bendit,

4:39
Invité

qui a considéré que vous l'étiez ? Écoutez, Daniel Kohn-Bendit, il dit ce qu'il veut. Je pense qu'aujourd'hui, il a surtout du mal, d'une certaine façon, à masquer les renoncements d'Emmanuel Macron sur l'écologie, sur les migrants, sur la géopolitique, sur l'Europe, dont il attaque les verts. Vous savez, écoutez les éléments de langage. Parlons concrètement au programme, Yannick Jadot. Écoutez les éléments de langage de La République en marche. Nous voulons ratisser les électeurs d'Europe écologie. Ils ne veulent pas sauver le climat. Ils ne veulent pas sauver la biodiversité. Ils veulent faire de l'opportunisme électoral autour de l'écologie. Et un exemple, un exemple.

On dit toujours, Emmanuel Macron n'a tenu aucune promesse sur l'écologie. C'est vrai. La seule promesse qu'il ait tenu et qui va s'appliquer ces derniers jours, c'est la division par deux du prix du permis de chasse. Ça, vous aviez Nicolas Hulot dans vos studios le lendemain où Emmanuel Macron avait rencontré les chasseurs. C'est l'une des raisons pour lesquelles il a démissionné. Pour lesquelles, notamment, il a démissionné. Et la seule promesse qu'il tient, juste avant l'élection européenne, c'est d'envoyer à tous les chasseurs leur nouveau permis avec un prix réduit par deux. C'est de continuer la chasse à la glu. C'est de continuer la souffrance animale.

C'est tout ça, le projet d'Emmanuel Macron en matière d'écologie. Vous faites un tri, évidemment, très sélectif.

5:57
Yannick Jadot

Non, je dis là où il agit.

5:58
Invité

L'écologie, il fait des discours. Et quand il ferme les centrales à charbon... Vous avez eu une centrale à charbon fermée, vous ? C'est d'ici 2020-2022. Ah, c'est toujours plus tard. L'écologie, c'est toujours plus tard. Quand il s'agit de réduire l'ISF, c'est immédiat.

6:10
Yannick Jadot

Ça ne se fait pas d'un claquement de loi

6:12
Invité

qu'on y arrive, Yannick Jadot. Il y a des contraintes juridiques. Mais attendez, vous avez bien vu ce qu'il fait sur la loi de transition énergétique. Il a reporté de 10 ans toutes les échéances. Il a reporté de 5 ans les échéances sur la réduction des émissions de gaz à effet de serre. Moi, je travaille beaucoup avec les entreprises des énergies renouvelables. Et j'ai un patron d'entreprises d'énergie renouvelable sur ma liste. Jean-Yves Grandidier, Abeg, Valorem. Ils ont tous le pied à l'étrier pour embaucher, pour embaucher, pour embaucher, pour mettre de l'activité économique sur tous nos territoires.

Et malheureusement, ils se plaignent en permanence que le gouvernement, par son obsession du nucléaire qui est en faillite totale, mette en permanence des bâtons dans les roues sur nos PME, nos entreprises.

6:54
Présentateur

Vous êtes Yannick Jadot, on l'entend, en opposition frontale à la fois avec la liste La République En Marche et avec le président de la République, Emmanuel Macron. Mais l'après 26 mai, ça se passera comment ? Est-ce que votre groupe vert passera des alliances avec les macronistes réunis au sein de ce fameux nouveau groupe qu'ils veulent créer ? Le fameux HALDE refondé. Est-ce qu'après la campagne, vous travaillez ensemble ou ça reste les adversaires absolus dont vous venez de dresser le portrait ?

7:28
Invité

Moi, vous savez, mes seuls adversaires absolus dans cette campagne, c'est le dérèglement climatique, c'est l'anantissement de la biodiversité. D'accord. Donc, ce n'est pas La République En Marche. Simplement, il y a un moment donné, l'opportunisme électoral autour de l'écologie, c'est un sujet.

C'est un sujet parce que vous voyez bien que les abeilles disparaissent, les oiseaux disparaissent, qu'on a les dauphins qui s'échouent sur nos plages, qu'on a les conséquences très palpables du dérèglement climatique dans nos régions, en montagne, sur l'agriculture, et qu'on attend tellement que les États agissent, qu'ils appliquent les solutions qui créent de l'emploi, qui revivifient la démocratie, qui remettent des services publics sur nos territoires.

8:11
Yannick Jadot

En attendant, il y a une élection dimanche, Yannick Jadot. C'est très concret. C'est peut-être un petit peu politicien.

8:16
Invité

Pour vous répondre, quand on gagne, pas un seul groupe au Parlement européen n'est majoritaire. Donc quand on gagne, pour la protection des lanceurs d'alerte, et je suis très heureux qu'Antoine Deltour, qui a été le lanceur d'alerte sur les paradis fiscaux, nous soutienne.

8:29
Présentateur

Vous travaillerez ensemble ou pas, Yannick Jadot ? C'est la logique du Parlement. Comme toujours, sur des projets.

8:35
Invité

Quand on gagne sur la pêche électrique, ce n'est pas le groupe vert qui, par ses seules voies, a gagné. Mais c'est parce que nous sommes un groupe cohérent. Alors pourquoi un tel affrontement

8:44
Yannick Jadot

caricatural en France alors que demain, vous travaillerez ensemble ? Vous ne faites ça depuis 10 minutes,

8:50
Invité

Yannick Jadot, ça fait 10 minutes que vous êtes dans l'antimacronisme. Mais vous vous rendez compte ? La frustration de tous les écologistes, de tous ceux qui ont au cœur de sauver l'Europe pour sauver le climat et la biodiversité, l'immense frustration... Mais vous n'avez pas

9:02
Yannick Jadot

le monopole de l'écologie, Yannick Jadot, il y en a aussi dans d'autres formations politiques, aux partis socialistes, il y en a aussi à la France insoumise, il y en a aussi à la République en marche.

9:11
Invité

Vous savez les écologistes, on a longtemps prêché seuls dans le désert. Aujourd'hui, l'écologie, tout le monde en parle. C'est aussi notre succès. C'est le succès des écologistes qui n'est pas d'OGM dans les champs. C'est le succès des écologistes qui n'est pas de gaz de schiste dans nos régions. Et c'est le succès des écologistes que ce débat soit... Alors vous voulez faire combien dimanche ? Attendez, essayez-moi répondre alors. Je m'en réjouis de ça. Simplement, l'écologie, ça ne peut pas être qu'un discours face à l'urgence. L'écologie, ça ne peut pas être qu'une promesse. L'écologie, ça ne peut pas être qu'un opportunisme électoral quelques jours avant une élection.

L'écologie, ça doit être de l'action. Et surtout, vous savez, il y a quelques jours, j'étais dans les quartiers nord de Marseille. Et l'écologie, vous le voyez, ce n'est pas une affaire de bobos, ce n'est pas simplement une affaire de bourgeois. Qu'est-ce qu'ils exigent dans les quartiers nord de Marseille ? Ils exigent l'écologie. Parce qu'ils disent, mais j'espère que vous allez gagner avec votre plan de rénovation et d'isolation de nos logements. On est dans la précarité énergétique. Nos enfants sont malades. Il y a les canalisations d'eau qui sont percées. Ils perdent des quantités astronomiques de flotte et ils les payent.

Et comme tous les parents dans les quartiers nord de Marseille, ils veulent une alimentation de qualité pour leurs enfants. Et c'est ça, l'écologie aujourd'hui. Et c'est ça qui nous permet de nous confronter au Rassemblement national. Le Rassemblement national, ce n'est pas simplement un prétexte électoral. au moment des échéances, l'extrême droite, il faut la combattre tous les jours. Vous avez fait dans vos journaux les un an du plan Borloo. Vous avez dit combien le président de la République avait mis à la poubelle le magnifique travail de Jean-Louis Borloo. Et comment il avait reporté avec un conseil autour de lui sur les banlieues. Et ça ne s'est jamais réuni.

Et il n'a tiré aucune leçon de ça. Si on veut combattre le Rassemblement national, on ne fait pas moi ou le chaos. On ne demande pas à tout le monde de voter contre, de voter résigné. On vote pour un projet qui combat tous les jours le Front national et nous réconcilier avec le climat

11:14
Yannick Jadot

et la biodiversité. Demain, l'Elysée réunit son premier conseil de défense écologique. C'était l'un des rêves de Nicolas Hulot. Une instance, on explique, au-dessus de Bercy, au-dessus des ministères, au-dessus de Matignon pour trancher plus vite les arbitrages sur l'écologie. Ça, c'est Gadget pour vous ?

11:28
Invité

Ah bah écoutez, c'est quand même... Moi, Nicolas Hulot, il se battait pour ce conseil de défense écologique parce qu'il voulait qu'il y ait des mesures de l'action. Qu'est-ce qu'il dénonce, Nicolas Hulot, partout, y compris ces jours-ci ? C'est que le gouvernement a renoncé sur l'action. Il n'est pas à la hauteur des enjeux. Et là, 4 milliards de plus seront annoncés demain sur la mobilité du Rennes. Ah bah voilà. Donc ça s'appelle de l'opportunisme électoral. Vous voyez ? Et donc, vous n'avez pas découvert

11:57
Présentateur

le cynisme, l'opportunisme, voire l'injustice du monde politique. Non, mais moi,

12:03
Invité

j'ai une équipe de 79 candidates et candidats qui ont toujours mis leurs convictions devant leurs ambitions, qui ont toujours mis le combat sur le terrain et le combat au Parlement européen devant tous les opportunistes. Et chacune, chacun des candidats de la liste Europe Écologie peut regarder les électeurs dans les yeux parce que ce que nous annonçons dans nos campagnes, nous le faisons au Parlement. 150 citoyens

12:27
Yannick Jadot

tirés au sort en juin pour décider de la transition énergétique. Vous savez, les écolos, on a toujours été

12:34
Invité

pour la participation citoyenne. Et cette participation citoyenne, elle s'est exercée à Strasbourg contre le grand contournement autoroutier. Participation citoyenne à la poubelle. Elle s'est exercée autour des états généraux de l'agriculture et de l'alimentation. La souffrance animale se poursuit, les pesticides se poursuivent, participation citoyenne à la poubelle. Le grand débat, 500 000 contributions sur l'écologie, c'est considérable. Le président de la République les a mis à la poubelle. Alors oui, les citoyens, toujours les citoyens au cœur de la transition écologique. Mais quand on les prend pour un gadget, là, on déstabilise

13:08
Présentateur

la démocratie et on rend tout le monde fou furieux. Vous redoutez, Yannick Jadot, qu'Emmanuel Macron parvienne à vous assécher dans les derniers jours de campagne ?

13:19
Invité

Pas du tout. Ce que je veux dire, c'est que, vous voyez bien, y compris, comme je l'ai dit, la stratégie assumée, affirmée, formellement, d'Emmanuel Macron, c'est de piquer les électeurs d'Europe écologie. Qu'est-ce que ça veut dire ? Ça veut dire que seul le vote Europe écologie peut faire bouger Emmanuel Macron. et seul le vote Europe écologie est efficace au Parlement européen contre les extrêmes droites mais surtout, c'est un projet d'enthousiasme, c'est un projet pour la jeunesse, c'est un projet qui doit nous réconcilier autour de l'avenir. Vous savez, le climat, la biodiversité, c'est notre avenir.

S'il n'y a plus de climat, s'il n'y a plus de biodiversité, c'est la catastrophe, on ne parle plus de rien d'autre. Alors réconcilions-nous autour d'un beau projet qui crée de l'emploi, de la justice sociale et de la démocratie.

14:04
Présentateur

Il nous reste 10 minutes, 10 minutes, avec les auditeurs de France Inter. Je salue Bernard du Lot-et-Garonne. Soyez le bienvenu Bernard. Bonjour.

14:13
Locuteur non identifié

Oui, bonjour à vous. Je regrette que M. Jadot, Mélenchon, Glucksmann, Hamon n'aient pas pu ou voulu établir une liste commune pour laquelle j'aurais voté. Il me restait la possibilité de voter blanc mais celui-ci n'étant pas comptabilisé dans les valeurs exprimés, je n'irai pas voter.

14:33
Présentateur

Vous n'irai pas voter Bernard ?

14:35
Locuteur non identifié

Non, je n'irai pas voter. Bon, j'avais la possibilité de voter blanc, encore une fois, mais ce n'est pas comptabilisé et puis je ne veux pas voter par défaut. Donc, voilà.

14:44
Présentateur

Merci Bernard. Alors, énormément de questions, Yannick Jadot, sur ce thème. Jean-Luc sur l'application France Inter ne pas avoir fait une alliance entre les gauches, cela vous amène à passer votre temps à vous taper dessus. Jadot tape sur Mélenchon, Aubry tape sur Glucksmann, Brossat tape sur Jadot, etc. Vous pensez tous la même chose. Je dois donc choisir sur le physique ou la sympathie que dégage l'un ou l'autre ?

15:05
Invité

Sur l'efficacité, le seul vote utile, ce n'est pas un vote contre. Le seul vote utile, ce doit être un vote efficace pour quel est le groupe qui, au Parlement européen, gagne toutes les avancées sur l'environnement. Vous l'avez entendu, il n'ira pas. Je veux dire à Bernard... Quand même dommage ! Non mais vous avez parfaitement raison. Parce que je pense qu'il voulait voter pour vous.

Je veux dire à Bernard, comme y compris aux jeunes qui, dont on entend dans les sondages, qui ne vont pas beaucoup aller voter, ne laissez pas votre avenir, votre destin décidé par d'autres, par la technocratie libérale qui est en place et qui alimente l'extrême droite et par l'extrême droite qui veut casser toute solidarité, toute perspective de commune.

15:47
Yannick Jadot

Le film de l'hiver, c'est que vous renoncez, vous empêchez cette liste unique

15:52
Invité

de la gauche de se faire en janvier. Vous seriez à 15 aujourd'hui. Mais non ! Par cohérence ! Regardez, le candidat des socialistes européens, le candidat des socialistes européens, c'est l'actuel vice-président de la Commission européenne, Franz Timmermans. Franz Timmermans, on l'a vu pendant 5 ans, il était pour le glyphosate, il était pour le dumping fiscal, il est pour tous les accords de libre-échange, il a participé de la manière la plus sadique à l'austérité contre les Grecs. Donc moi je dis, je ne dis pas que Raphaël Guzman n'est pas sincère, je dis qu'il va se retrouver dans un groupe qui ne correspond en rien à ce qu'il défend

16:28
Yannick Jadot

dans la campagne. Moi, mon groupe... Revenons 2 secondes au mois de janvier, Yannick Jadot, Ségolène Royal aurait pu... Ah super, maintenant elle est en marche ! Mais pourquoi ? Vous l'avez empêché elle-même de venir avec vous ? Mais vous voyez,

16:37
Invité

vous voyez quand je dis que notre liste, c'est 79 combattants qui ont toujours mis leurs convictions avant leurs ambitions. On m'a dit, ah, il faut faire avec Ségolène Royal ! Et d'autres ! Et bien voilà, maintenant Ségolène Royal qui visiblement a certaines ambitions avec ce gouvernement, avec ce président de la République, un coup, elle lui tape à bras raccourcis en disant que sur l'écologie il est totalement nul, le lendemain elle dit finalement il est génial, mais moi je ne veux pas des gens qui fluctuent comme ça, je ne veux pas des gens qui zigzaguent.

Vous savez, moi, à 20 ans, j'étais au Burkina Faso, après j'étais au Bangladesh, après j'ai été avec José Bové pour empêcher l'OMC de mettre l'agenda des multinationales au cœur de la régulation mondiale, après j'étais sur les bateaux avec Greenpeace, aujourd'hui je suis au Parlement européen, et bien ma liste, elle est faite de combattants comme ça, de combattants qui, tous les jours, comme Damien Carême, font le transport gratuit à Grande-Synthe, font le minimum social garanti à Grande-Synthe, donc le désarroi de la gauche

17:34
Présentateur

et de ses électeurs, sa division, ça ne vous intéresse pas en fait, ce n'est pas votre sujet, c'est ça ce que vous dites.

17:40
Invité

Est-ce qu'à un moment donné, le jour du scrutin européen, on peut voter pour l'Europe ? Est-ce qu'on peut voter pour élire 79 parlementaires qui vont rejoindre une assemblée européenne qui va décider dans les 5 ans qui viennent, il va décider d'une partie de l'avenir de l'humanité ? Et bien nous, le prochain mandat, ça doit être le mandat de la sortie des pesticides, ça doit être le mandat où on met les énergies renouvelables

18:08
Yannick Jadot

au cœur de notre système énergétique. Hier soir, en meeting au Cirque d'Hiver, vous étiez au milieu de 12 étoiles vertes, c'est ça, du projecteur, etc. Vous disiez, c'est le vote du siècle. Bien sûr. En face, Emmanuel Macron dit, c'est le vote existentiel, il y a un risque existentiel, il y a un risque plus important. Il y a raison. Mais est-ce que c'est un vote de résignation pour vous ? Quel est le vote utile ? Le vote contre les populistes ou le vote pour l'écologie, avant que ce soit le même ? Le vote efficace contre les populistes,

18:36
Invité

contre l'extrême droite, c'est le vote pour, c'est le vote pour un projet, c'est le vote pour des solutions. Je suis très triste, je l'ai dit, que le président de la République tombe dans le même travers que François Hollande, que Nicolas Sarkozy avant lui, le même travers qu'on nous sert depuis 2002, moi ou le chaos, moi ou l'extrême droite, résignez-vous, à la limite, n'allez plus voter, soyez déçus de la politique, résignez-vous au renoncement, sinon vous aurez le chaos.

Cette stratégie-là, elle banalise le Front National, elle l'inscrit dans notre paysage politique, comme les Clintons l'ont fait, et au finish, c'est Trump qui a gagné, comme Cameron l'a fait, et au finish, c'est le Brexit qui a gagné, comme Renzi l'a fait. Vous, vous avez fait différemment,

19:19
Présentateur

mais un auditeur comme Bernard, vous dit qu'il n'y aura pas voté, donc il faut croire que la stratégie que vous avez mise en place laisse des gens sur le carreau, ou en tout cas,

19:29
Invité

sur le bord de la route. C'est pour ça que je dis, j'entends la confusion, notamment à gauche, en se disant, le paysage politique du XXe siècle a explosé. Mais je leur dis, ne tombez pas dans la nostalgie de la politique du XXe siècle, ne tombez pas dans la confusion pour sauver des appareils politiques. Je leur dis que le nouvel espoir, la nouvelle espérance, c'est de mettre l'écologie au cœur du paysage politique européen et au cœur du paysage politique français. Et que nos valeurs, elles sont fortes. C'est le féminisme, c'est l'égalité des droits, c'est la justice sociale, c'est la solidarité, c'est la lutte pour l'accueil en dignité des migrants. Et c'est évidemment...

20:11
Présentateur

La sociale, l'écologie, comme on a pu l'entendre dans cette campagne.

20:14
Invité

Et vous l'appelez comme vous voulez. Moi, je pense que ça s'appelle l'écologie, tout simplement. Ce sont nos valeurs. Elles sont chevillées à nos corps. Elles sont dans tous nos combats. Et c'est l'élargissement, Yannick Jadot.

20:26
Yannick Jadot

Ça, j'ai découvert ça dans votre programme. Vous êtes pour l'élargissement encore de l'Union européenne. Mais il y a un processus. Quels pays doivent entrer encore ?

20:32
Invité

Mais pour l'instant, aucun pays.

20:34
Yannick Jadot

Ah bon ? C'est écrit dans le programme élargissement. Adhésion de nouveaux Etats membres.

20:38
Invité

Yannick Jadot. Dans le processus européen, vous avez des négociations sur l'entrée de nouveaux Etats. Qui vous voulez voir entrer demain ? Ceux de l'ex-Yougoslavie. Qui entre pour vous ? Aujourd'hui, aucun. Aucun. Aujourd'hui, n'a les acquis européens pour rentrer dans l'Union européenne. S'ils correspondent aux acquis européens sur les droits de l'homme, sur la lutte contre la corruption, sur l'état de droit, sur l'acquis environnemental. Après, il n'y a pas de raison, si vous voulez, qu'on est la Croatie et qu'on n'est pas la Mosnie. Un mot yel. Mais sur la base,

21:14
Yannick Jadot

autre surprise du programme, autre surprise du programme, on vous pensait un fédéraliste dans l'esprit. Je le suis. Pas de budget commun de la zone euro. Vous n'en voulez pas. Pourquoi ?

21:24
Invité

Si, vous savez, on défend un budget commun, on défend un budget d'investissement de la Banque Centrale Européenne, qui est la banque de la zone euro. Et qui a mis 4 000 milliards d'euros. 4 000 milliards d'euros pour sauver les banques et pour racheter de la dette publique. Ce qu'on veut, ce qu'on dit, c'est qu'évidemment, vous savez, le climat, il ne peut pas faire faillite. Une banque fait faillite, on continue à vivre. Le climat ne peut pas faire faillite. Eh bien, on veut que cet argent-là, qui a servi à sauver les banques, aujourd'hui, ça serve à sauver le climat. Et chaque euro qui peut être investi dans l'isolation des logements, c'est le combat contre la vie chère.

Chaque euro dans les énergies renouvelables, c'est plus d'indépendance de la vie de Poutine et plus d'emplois sur nos territoires. Chaque euro dans la politique agricole commune qui nous sort des pesticides, c'est des paysans heureux. C'est l'environnement protégé, c'est des sols fertiles et c'est une alimentation de qualité.

22:12
Présentateur

Alain est au standard. Alain, agriculteur. Bonjour et bienvenue. Je vous entends. Allez, on vous entend, nous aussi. Dites-nous, Alain, vous êtes à l'antenne. Non ?

22:25
Locuteur non identifié

Oui, alors, ma question, c'est plusieurs autres listes se réclament de l'écologie, notamment les listes menées par Manon Aubry et Raphaël Guzman. Qu'est-ce qui vous différencie de ces autres listes ?

22:39
Présentateur

Merci Alain pour cette question. Yannick Jadot vous répond.

22:45
Invité

La France insoumise, il y a incontestablement des convictions écologistes chez certains, mais aujourd'hui, vous avez entendu régulièrement Jean-Luc Mélenchon, finalement, il préfère la Russie de Poutine à l'Union européenne et qu'aujourd'hui, la façon dont il brutalise en permanence les débats, c'est devenu franchement intolérable. Les insultes, les fake news, tous les jours sur les réseaux des dirigeants de la France insoumise, c'est devenu insupportable. Nous, on ne veut pas brutaliser la politique, on veut l'apaiser, on veut réconcilier les Français, les Européens autour d'un grand projet.

Je l'ai dit pour Raphaël Guzman, moi, je ne conteste pas les convictions de Raphaël Guzman, mais ça ne correspond pas à la réalité du Parlement européen. La gauche au Parlement européen... Vous allez vous retrouver après, tous, ou pas ? Le 26 ? Après le 26 ? Mais on sera dans des groupes différents au Parlement européen. On essaiera de trouver des combats communs. Moi, je veux que l'Europe sorte des pesticides. La recomposition française, on parle de la recomposition française, là aussi. La recomposition française, ça sera autour de l'écologie. Il n'y a pas d'alternative. La recomposition française, ça doit être de nous emparer de notre avenir. Ça doit être de réconcilier les Français.

Ça doit être un projet d'espérance. Ça doit être un horizon civilisationnel qu'on offre en Europe, qu'on offre pour nos jeunes. Je l'ai dit. Mais vous allez reparler. Vous allez reparler ensemble. Il faut que les jeunes... Mais on se parle dans les débats. Moi, je l'ai dit, j'ai des concurrents en politique. Mes adversaires, c'est le dérèglement climatique, ce sont les lobbies, c'est la perte de biodiversité. La question portée sur vos alliés, là, pas vos adversaires.

Mais je l'ai dit, mais franchement, vous savez, si au Parlement européen, on arrive à mettre l'Europe sur la trajectoire de 1,5 degré de réchauffement maximum, eh bien, on fera avec tous ceux qui veulent le faire, mais ce sera grâce au groupe vert qui aura cet agenda-là. Le vote efficace, c'est Europe Écologie.

24:33
Présentateur

Yannick Jadot, au micro de France Inter, ce matin, tête de liste Europe Écologie. Merci d'avoir été là et dialogué avec les auditeurs d'Inter. On est un petit peu en retard. Le carrefour du 7-9 arrive. Merci d'avoir regardé cette vidéo !

Yannick Jadot (EELV) : "L'écologie, ce n'est pas qu'un discours, une promesse avant une élection" — Yannick Jadot · Pourquijevote