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Interviewfranceinfo — 8h30 franceinfo (sur Site radio)· 31 mars 2017 25 minContradictoireActualité / polémiqueInstitutions & électionsÉconomie & entreprisesEnvironnement & énergieOutre-mer

François de Rugy : "Les recompositions politiques font craquer le vieux système politique"

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Chapitres

Répartition du ton (temps de parole politique)

Propositif 40 %Attaque 45 %Défensif 15 %

Questions et réponses

Taux de réponse directe : 55 % (directe = 1, partielle = 0,5, éludée = 0)

  • 0:56OuverteRéponse directe

    Qu'est-ce que vous en pensez François de Rugy ?

  • 2:48OuverteRéponse partielle

    Quelle est pour vous la mesure phare d'Emmanuel Macron ?

  • 3:56RelanceRéponse partielle

    Vous nous faites du fait alternatif, là, François de Rugy

  • 4:26FerméeRéponse partielle

    C'est quoi la proposition phare de Macron ?

  • 5:16OuverteRéponse partielle

    Benoît Hamon était notre invité hier, il a résumé le programme d'Emmanuel Macron. Qu'en pensez-vous ?

  • 6:56OuverteRéponse partielle

    Un mot sur cette couverture de l'Express

Affirmations vérifiables (citations exactes)

  • 0:29Invité politiqueFait
    « Elle essaie de résoudre là-bas la crise, ça n'a pas l'air facile. »
  • 0:52Invité politiqueFait
    « Un ministre qui présente des excuses, c'est quand même assez rare. »
  • 4:43InvitéPromesse
    « c'est la question de la baisse des cotisations sur les salaires pour à la fois baisser le coût du travail et augmenter le salaire net. »
  • 5:23InvitéFait
    « pour des gens de gauche, se fait sur la base d'une baisse de l'ISF, d'une augmentation de la CSG, d'un plus grand contrôle des chômeurs, d'une baisse de l'indemnisation des chômeurs »
  • 6:45InvitéFait
    « le programme d'Emmanuel Macron sur l'école, c'est vraiment un programme qui est dans la lignée des programmes de gauche »
  • 12:06InvitéFait
    « les 66 propositions que j'ai faites, elles étaient beaucoup plus proches du projet et des propositions d'Emmanuel Macron que de celles de Benoît Hamon. »
  • 22:21InvitéPromesse
    « la part du nucléaire dans la production d'électricité à 50% d'ici 2025 »
  • 24:46InvitéFait
    « M. Fillon il est pour l'abrogation de la loi sur la transition énergétique »
  • 24:50InvitéFait
    « il est pour la suppression du principe de précaution qui est dans la constitution depuis Jacques Chirac »

Temps de parole

  • Invité63 %
  • François De Rugy18 %
  • Invité 28 %
  • Présentateur5 %

3,6 interruptions / 10 min (chevauchements et interjections détectés).

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0:02
Présentateur

Et la politique sur France Info, comme chaque jour, à 8h30 et jusqu'à 9h avec vous, Jean-Michel Apathy, bonjour. Bonjour Nicolas. Gilles Bornstein, Guy Bernbaum pour vous accompagner, et notre invité soutien d'Emmanuel Macron, et ancien candidat à la primaire de la Belle Alliance Populaire.

0:19
François De Rugy

Bonjour François de Rugy. Bonjour. La ministre de l'Outre-mer, Érika Barretsch, est présente en Guyane avec le ministre de l'Intérieur, Mathias Feckel. Elle essaie de résoudre là-bas la crise, ça n'a pas l'air facile. Et hier soir, elle a même été jusqu'à présenter des excuses pour sa présence tardive sur le terrain. On l'écoute.

0:36
Locuteur non identifié

Au-delà de ma personne, de ma petite personne, au-delà des fonctions, au-delà des fonctions, toutes mes excuses au peuple gagné, au-delà...

0:52
François De Rugy

Alors un ministre qui présente des excuses, c'est quand même assez rare. Qu'est-ce que vous en pensez François de Rugy ?

0:57
Invité

Ça peut se comprendre, parce que je pense que les Guyanais avaient une attente forte d'avoir une réponse politique, d'avoir une présence politique. Au début, le gouvernement avait parlé d'envoyer une délégation de hauts fonctionnaires, de personnalités...

1:14
François De Rugy

Elle est même arrivée sur le terrain, oui.

1:15
Invité

Et évidemment, ça n'a pas été très bien perçu, ce qu'on peut comprendre.

1:19
François De Rugy

Mais des excuses, ça affaiblit un peu l'autorité de celui qui représente l'État.

1:23
Invité

Oui, mais il faut parfois savoir reconnaître aussi les erreurs qui ont pu être faites. Et donc la ministre de l'Outre-mer, on ne connaît pas bien le contexte. Je crois qu'il y a eu beaucoup de tensions, y compris dans toute la journée, autour de l'organisation des rencontres, des réunions, des échanges entre les deux ministres, puisqu'il y avait aussi le ministre de l'Intérieur, et des représentants, sachant qu'il doit être difficile aussi d'avoir des représentants représentatifs, si on peut dire, si tant est que ce soit possible, d'un mouvement comme celui-là. Puisque c'est assez spontané, ce n'est pas organisé par des syndicats, ou des associations d'élus, ou des associations patronales.

Donc c'est aussi, je pense, à l'issue de cette journée un peu chaotique que la ministre a dit cela. Mais surtout, moi j'aimerais bien qu'on ait l'occasion, et que la ministre s'exprime sur l'avenir de la Guyane, et sur ce que l'on peut faire pour un territoire d'Outre-mer comme la Guyane, Quand elle aura fini de s'excuser, elle le fera, oui. Qui accumule les difficultés, qui est soumise à des phénomènes particuliers, une forte augmentation de population, des sous-investissements, sans doute aussi des problèmes d'organisation de l'État et des collectivités locales sur place.

2:32
François De Rugy

Bon, voilà. Donc en tout cas, la visite ministérielle se poursuit en Guyane, et bien entendu, nous la suivons attentivement, la campagne électorale, Gilles Branche-Tagne. Vous soutenez Emmanuel Macron pour le premier tour de cette élection. Alors certains de l'Express, par exemple, dénoncent le flou du programme du candidat. Quelle est pour vous la mesure phare d'Emmanuel Macron ?

2:52
Invité

Ben, le voilà, le programme du candidat. Vous ne le connaissez pas encore, c'est pour ça que vous vous promenez avec ? Non, je me promène tout le temps avec, exactement. Vous avez tout à fait raison de le dire. Il est d'ailleurs un peu usé, parce qu'à force de faire des réunions, parce que c'est ce sur quoi nous faisons campagne. Il y a beaucoup de candidats qui font campagne contre les autres. Il y en a beaucoup de candidats qui font campagne contre Emmanuel Macron. Ça, on a bien compris. Quand on a vu le premier débat télévisé, d'ailleurs, ça sautait aux yeux.

Il y a même un autre candidat qui se prétend candidat de la gauche, et qui a préféré mettre en cause Emmanuel Macron que François Fillon et Marine Le Pen, qui n'a pas eu un mot contre François Fillon et Marine Le Pen. Et évidemment, on voit François Fillon qui attaque aussi, dans tous ses meetings, il passe dix fois plus de temps à attaquer Emmanuel Macron que Marine Le Pen. Donc nous, nous faisons campagne sur le programme. Le programme, il ne se résume pas à une mesure. Le programme, il ne se résume pas à une mesure. Mais en revanche, parler de flou, c'est dommage.

Les journalistes de l'Express, moi, je n'ai pas trop le temps de lire les magazines en ce moment, mais ils n'ont pas dû lire le programme.

3:56
Présentateur

Vous nous faites du fait alternatif, là, François de Rugy, parce que Benoît Hamon, il s'est attaqué à François Fillon et à Marine Le Pen pendant ce débat. Il ne s'en est pas pris qu'à Emmanuel Macron.

4:05
Invité

Oui, mais certains de vos confrères, de vos consoeurs, ont été regarder le nombre de lignes, vous savez, qui sont consacrées dans les discours. Et par exemple, pour François Fillon, c'était très net. Je crois que je l'ai entendu sur votre antenne. Dans un discours, il y avait huit lignes contre Marine Le Pen et deux pages et demie contre Emmanuel Macron. Mais ce que je veux dire, c'est que nous, nous faisons campagne sur le programme pour des propositions, pas contre les autres, que chacun développe ses propositions.

4:26
François De Rugy

C'est quoi la proposition phare de Macron ?

4:27
Invité

Par exemple, mais attendez, moi, je refuse cette idée qu'un programme, on serait élu sur une mesure. Ça n'est jamais arrivé, d'ailleurs. Heureusement, vous vous rendez compte, ce serait grotesque.

4:36
François De Rugy

Mais après, si je devais, par exemple, en mettre une en avant,

4:41
Invité

parce que ça me paraît extrêmement important, c'est la question de la baisse des cotisations sur les salaires pour à la fois baisser le coût du travail et augmenter le salaire net. J'étais dans une entreprise il y a quelques jours à Nantes, qui est implantée en France, qui a 750 salariés à Nantes, mais qui est implantée partout en Europe. Et le dirigeant me dit, vous voyez, il ne savait pas, lui, il n'avait pas regardé encore les programmes, mais il me dit, vous voyez, moi, j'ai des salariés en Allemagne, au Danemark, en Hollande, en France. Et le problème, c'est qu'en France, ça coûte plus cher, alors que les salariés sont moins payés.

Eh bien, c'est justement cela que nous voulons résoudre, améliorer la compétitivité des entreprises et augmenter le salaire net.

5:15
François De Rugy

Benoît Hamon était notre invité hier, excusez-moi, Benoît Hamon était notre invité hier et il a résumé le programme de la manière suivante. J'imagine.

5:22
Invité

Quand on voit que le rassemblement autour d'Emmanuel Macron, pour des gens de gauche, se fait sur la base d'une baisse de l'ISF, d'une augmentation de la CSG, d'un plus grand contrôle des chômeurs, d'une baisse de l'indemnisation des chômeurs, bref, tout ce qui ne relève pas des valeurs, des réponses et des solutions de gauche. La baisse du nombre de fonctionnaires, la baisse des dépenses publiques, la baisse des dotations en collectivité locale. Business as usual. Voilà, c'est le résumé vu par Benoît Hamon. Eh bien, c'est l'illustration parfaite, je n'ose vous remercier, de ce que je disais à l'instant. Benoît Hamon, au lieu de faire campagne sur ses propositions...

5:54
François De Rugy

On lui a posé la question, c'est normal. Oui, mais il a fait campagne, il vous a expliqué, par exemple,

5:58
Invité

il vous a expliqué quelle était la dernière version valable sur le revenu de base, le revenu universel, mais qui n'est pas attribué à tout le monde, donc qui n'est plus universel, mais dont on ne sait toujours pas par qui il serait payé, parce que M. Hamon peut ironiser sur des propositions, mais moi j'aimerais bien qu'il nous dise comment il finance, avec quels impôts il augmente, quels impôts il va augmenter pour financer ses mesures.

6:17
François De Rugy

Mais sur le fond, ce qu'il dit du programme d'Emmanuel Macron est vrai, et ce sont plutôt des mesures de droite.

6:23
Invité

Mais voilà, écoutez, là aussi, c'est tout de suite, au lieu de parler du fond, on va qualifier, et éventuellement, pour ce qu'il y a de Benoît Hamon, je ne parle pas pour vous, disqualifier. Mais nous, on assume, on pense qu'il y a des idées considérées comme de droite, en matière d'économie, qui peuvent être des bonnes idées, et qu'il vaut mieux les mettre en œuvre, comme il y a des idées considérées comme de gauche.

Je vais vous donner des exemples sur l'école, je crois que le programme d'Emmanuel Macron sur l'école, c'est vraiment un programme qui est dans la lignée des programmes de gauche, et c'est les bonnes idées de gauche ou de droite qu'on reprend, avec un projet commun, que l'on présente aux Français, sur lesquels ils se prononceront.

6:56
François De Rugy

Un mot sur cette couverture de l'Express, l'Express appartient au groupe de Patrick Drahi, Patrick Drahi, dont on dit qu'il soutient Emmanuel Macron. Donc voilà, le grand flou en marche à tous ceux qui disent qu'Emmanuel Macron est le big chouchou des médias. Vous voyez, vous dites des big bêtises, la preuve par la une de l'Express.

7:13
Présentateur

En tout cas, ce qui est sûr, c'est qu'il fait la une toutes les semaines Emmanuel Macron, que ce soit dans un sens ou dans l'autre, ça, ça se vérifie, 8h40, un point sur l'info, David Doba.

7:23
Invité

Les négociations en bonne voie en Guyane, après le mea culpa, Gérick Abarèj, la ministre des Outre-mer, a présenté ses excuses aux Guyanais pour ne pas être venu plus tôt, mais également pour le manque de moyens alloués depuis maintenant plusieurs années. Feu de consensus sur une alternative, France Télévisions maintient son débat entre les candidats à la présidentielle. Ce sera donc le 20 avril, trois jours avant le premier tour, date jugée trop proche du scrutin par Jean-Luc Mélenchon et par Emmanuel Macron. Donald Trump annonce la couleur, le président américain prévoit une rencontre jugée très difficile avec son homologue chinois.

Réunion programmée la semaine prochaine, jeudi et vendredi précisément en Floride. Durant la campagne, il avait accusé la Chine de voler des millions d'emplois. Rassemblement hier soir, place de la République à Paris. De plusieurs centaines de personnes, majoritairement d'origine chinoise, elles se sont retrouvées pour réclamer la vérité après la mort d'un père de famille chinois dimanche. Il a été tué à son domicile par un policier. Il n'y a pas eu de débordement. Et dans le même temps, sans faire de lien, le consulat de France à Shanghai appelle à la vigilance après l'agression au couteau d'un Français. Et ça se passait mercredi.

8:29
Présentateur

François Durugy, député de Loire-Atlantique et l'invité politique de France Info jusqu'à 9h. Il va voter Emmanuel Macron au premier tour. Et ce n'est pas le seul, Jules Bornstein.

8:38
François De Rugy

Oui, absolument. Il a décidé de voter Emmanuel Macron.

8:41
Présentateur

Je fais campagne.

8:42
François De Rugy

Je m'inscris dans le mouvement En Marche. Vous faites campagne absolument. Lui a simplement décidé de voter Emmanuel Macron. Une décision qui a été très fraîchement accueillie.

8:49
Invité

C'est un déni de démocratie. Quand on ne respecte pas la parole donnée, et je parle à la fois de Macron vis-à-vis du président de la République ou de Valls, quand les intérêts personnels et l'envie du pouvoir pour le pouvoir sont en premier lieu, eh bien, on se ressemble et on s'assemble. Moi, je suis une électrice de gauche, d'abord, avant d'être la porte-parole de Benoît Hamon. Et je me sens trahie dans mon vote et dans ma voix.

9:14
François De Rugy

Comment réagissez-vous

9:17
Invité

à cet océan de bon accueil, si je puis dire ? Mais il faudrait que Benoît Hamon et ses soutiens choisissent. Soit il voulait rassembler tout le monde largement. Les candidats à la primaire. Le Parti Socialiste, dans son ensemble. Moi, je ne suis pas membre du Parti Socialiste. Je n'ai jamais été membre. Je n'ai jamais voulu en être membre. Donc, c'est quand même... Chacun a son rôle. Mais si Benoît Hamon voulait faire ça, il fallait qu'il ait un projet rassembleur. Qu'il sorte de son projet de la primaire et qu'il dise « Maintenant, je vais bâtir avec ces différentes sensibilités un projet ».

Vous savez qu'aux Etats-Unis, par exemple, Hillary Clinton, qui avait gagné la primaire du Parti démocrate, elle a fait un accord avec Bernie Sanders et elle a repris un certain nombre de propositions de Bernie Sanders. Soit Benoît Hamon, il assume et c'est parfaitement son droit, il est légitime pour le faire, il a été désigné. Il assume d'avoir un projet politique qui est un projet qui ne rassemble pas toute sa famille politique.

10:10
François De Rugy

Comme vous le dites, c'est son projet qui a été désigné. Et moi, je vais même vous dire

10:12
Invité

qu'il fait campagne sur ce projet et il fera le score que les Français voudront bien donner, la confiance que les Français voudront bien donner à ce projet et c'est très bien ainsi. Moi, je vais vous dire, Benoît Hamon, d'une certaine façon, il fait aussi une recomposition politique. Emmanuel Macron, en a lancé une en lançant le mouvement En Marche et on en a parlé tout à l'heure. Benoît Hamon, lui, il en fait une, on va dire, à la gauche de la gauche, une gauche rouge-verte. C'est parfaitement son droit. C'est les électeurs qui trancheront. Alors, à quoi ça sert ?

Pourquoi ils n'ont rien d'autre à dire pour les soutiens de Benoît Hamon que des commentaires sur Manuel Valls plutôt que de parler de leur projet ? Peut-être parce qu'ils sont un petit peu acculés, peut-être parce qu'ils sont un petit peu aux abois par rapport à ce qu'ils voient comme réaction dans la population. Peut-être, M. de Rugy,

10:57
François De Rugy

parce que Manuel Valls, comme vous, n'avait pas respecté la charte que vous avez signée. La parole donnée. La parole donnée. Peut-être que c'est pour ça qu'ils sont en colère. C'est important, c'est ça.

11:06
Invité

C'est vrai que les frondeurs du Parti Socialiste sont les champions de la parole donnée, de l'esprit collectif, de l'esprit collectif, de la discipline de parti. Mais oui, je vais vous dire une chose. Est-ce que le non-respect

11:20
François De Rugy

de la parole des uns rachète le non-respect

11:23
Invité

de la parole des autres ? Non, mais il y a des gens qui assument et d'autres pas. Vous vous assumez ? Moi, j'assume. Depuis le début, je suis venu le dire sur votre plateau il y a un mois, plus d'un mois. Qu'est-ce que vous assumez ? J'aimerais bien que les autres assument. J'assume qu'à partir du moment où je vois bien qu'il y a une incompatibilité de projet, qu'il y a des contradictions au sein de la France. Vous le saviez avant ? Excusez-moi, ce qu'on ne savait pas, c'est quels seraient les projets présentés quand on s'est lancé dans la primaire. Y compris, c'est un peu particulier, mais c'est ainsi. On ne refera pas l'histoire.

Vous savez que même le Parti Socialiste n'a pas fait de projet pour l'élection présidentielle. Il s'en est remis en quelque sorte au candidat à la primaire. Chacun a développé son projet. présenté ici, comme à d'autres endroits, 66 propositions. J'ai fait le constat, mais chacun peut le voir par lui-même, que les 66 propositions que j'ai faites, elles étaient beaucoup plus proches du projet et des propositions d'Emmanuel Macron que de celles de Benoît Hamon.

Mais je vais vous dire plus largement, ça ne sert à rien de croire qu'on va régler des problèmes politiques, des contradictions politiques qu'on a vues pendant 5 ans dans le mandat de François Hollande en appliquant des disciplines de parti. Ce système-là est en train de craquer et cette recomposition politique dont je parlais qu'Emmanuel Macron mène, mais que Benoît Hamon mène aussi avec Jean-Luc Mélenchon et avec Cécile Duflo, eh bien, ça fait craquer les vieux partis politiques qui ne correspondaient plus au clivage réel. Franchement, Gérard Filoche qui est au Parti Socialiste, mais il est plus proche de Philippe Poutou que de Manuel Valls ou même que de Martine Aubry.

Donc, à un moment donné, ces choses-là, ça ne peut plus continuer et c'est en train d'éclater et c'est les électeurs qui trancheront

12:55
Présentateur

et c'est la démocratie. Cette gauche rouge-verte que vous dénoncez, Gérard Filoche, elle était présente en 2012, elle vous dérangeait moins quand il y a eu un accord électoral entre Europe Écologie, Les Verts et le Parti Socialiste qui a permis, notamment, à certains députés écologistes comme vous d'arriver à l'Assemblée Nationale d'être co-président du groupe écologiste à l'Assemblée.

13:13
Invité

Ah mais ce projet, d'ailleurs, moi j'ai fait partie de ceux qui l'ont mis en œuvre même quand c'était difficile et que d'autres se dérobaient devant les responsabilités et ont claqué la porte du gouvernement, successivement, Cécile Duflo, Benoît Hamon, Arnaud Montebourg, Aurélie Philippetti et quelques autres. Donc ça, si vous voulez, là, ce n'est pas à moi qu'il faut faire la leçon en la matière.

Moi, j'ai tenu bon, même dans les difficultés, justement pour mettre en œuvre des compromis parce que la politique, là-dessus, j'ai été un des seuls candidats à la primaire à dire que non, François Hollande, ce ne serait pas une bonne chose, je crois que je l'ai dit aussi sur votre antenne d'ailleurs, ce ne serait pas une bonne chose qu'il soit candidat parce qu'en effet, à un moment donné, il avait créé trop de déceptions, trop de mécontentement, trop d'insatisfactions.

Vous savez, il faut regarder les choses en face, ça ne sert à rien de faire des constructions politiques artificielles, on en a trop soupé pendant ce quinquennat et Emmanuel Macron, s'il est candidat, avec le projet qu'il porte, avec la méthode qu'il défend, échec du quinquennat de François Hollande et qu'on ne veut surtout pas les reproduire. Emmanuel Valls,

14:15
François De Rugy

rejoigne donc Emmanuel Macron, Emmanuel Macron a accueilli fraîchement hier, c'était sur Europe 1, Emmanuel Valls, on écoute Emmanuel Macron.

14:21
Invité

Je serai le garant du renouvellement des visages, du renouvellement des pratiques, derrière laquelle... Ça veut dire que vous ne gouverneriez pas forcément avec lui si vous êtes élu. Vous l'avez compris.

14:32
François De Rugy

Voilà, ça c'est un accueil plutôt frais. Merci d'être devenu, mais enfin, on ne pourra pas grand chose pour vous. Vous faites une grande recomposition mais ça a le mérite d'être clair. Mais vous imaginez

14:41
Invité

si Emmanuel Macron disait écoutez, je vais nommer Premier ministre Emmanuel Valls. Mais c'est pas grand. On n'aurait tiré aucune leçon des cinq années écoulées.

14:50
François De Rugy

Non mais vous dites, vous dites, il faut une grande recomposition, voilà, c'est plus clair, la gauche sociale démocrate ou sociale libérale comme vous voulez, réunie.

14:58
Invité

Et du renouvellement.

14:59
François De Rugy

Et du... Oui,

15:00
Invité

recomposition et renouvellement. Rassemblement et renouvellement. Qu'il les accueille, tous ces gens à Emmanuel Macron. Et des personnes nouvelles.

15:06
François De Rugy

On a l'impression que c'est lui

15:07
Invité

et seulement lui et qu'il ne veut personne. Non mais attendez, vous ne pouvez pas dire. Non mais là, il faut choisir là aussi. Vous ne pouvez pas dire d'un côté, il y a trop de monde autour d'Emmanuel Macron. C'est trop large. Ça va, alors un jour on nous dit ça va de Robert Rue à Alain Madeleine, etc. Et puis nous dire, ah ben il est tout seul et il n'y a personne autour de lui. Non, là il faut choisir. Il a dit Emmanuel Macron et il l'a dit avant que Emmanuel Valls s'exprime. Il a dit, voilà, pour la future majorité parlementaire, pour le futur gouvernement, ce sera la règle du renouvellement et de l'expérience.

50-50, moitié, moitié, moitié des candidats qui ont déjà une expérience politique, moitié, peut-être, de la moitié qui a une expérience et moitié des têtes nouvelles du renouvellement. Car oui, Emmanuel Macron incarne le renouvellement. En tant que candidat, il incarne à lui tout seul le renouvellement. Mais il veut qu'il y ait un mouvement qui soit partagé. Est-ce que vous avez l'édicateur marche pour les élections législatives qu'on soit de régie ? Moi je souhaite bien sûr m'inscrire dans la construction politique d'En Marche et donc être candidat au nom d'En Marche aux élections législatives. Vous l'aurez l'investiture ? Vous la demandez ? Oui. Vous êtes inscrit ?

Vous êtes candidat à la candidature ? Je suis adhérent d'En Marche et j'ai fait un don d'ailleurs aussi et par ailleurs je remplis les formulaires pour être candidat. Ministre, ça vous intéresse

16:17
François De Rugy

d'un futur gouvernement Macron ?

16:18
Invité

Alors là, moi je veux dire je suis très clair chaque chose en son temps mon objectif c'est qu'Emmanuel Macron soit élu président de la République il y a d'abord le premier tour c'est loin d'être joué moi je ne suis pas de ceux qui disent ça y est c'est fait on commence déjà à se partager les postes etc. Ensuite il y aura le deuxième tour c'est pareil il faut convaincre jusqu'au dernier moment et ensuite on a largement le temps et c'est Emmanuel Macron qui le fera de réfléchir sur la composition du gouvernement.

16:41
Présentateur

On va en parler de la suite ce sera dans un instant juste après un tour de l'info à 9h10 c'est David Doba

16:46
Invité

Areva et EDF ont fait forger en connaissance de cause la cuve de l'EPR de Flamanville dans une usine qui n'était pas aux normes information France Info l'autorité de sûreté nucléaire avait alerté l'électricien dès 2005 concernant des dysfonctionnements chez le fabricant Eric Abarage présente ses excuses au peuple guyanais excuses d'une part pour ne pas être venu plus tôt d'autre part pour les sous-investissements réalisés depuis des années la ministre des Outre-mer et Mathias Feckel le ministre de l'Intérieur qui prolonge leur déplacement à Cayenne Pac Guenet est en prison l'ancienne présidente sud-coréenne a été arrêtée dans le cadre du scandale de corruption qui a mené à sa destitution les enquêteurs redoutent désormais des destructions de preuves et puis un mot de tennis c'est Roger Federer qualifié pour les demi-finales du Masters 1000 de Miami il a battu Thomas Berditch en 3-7 après tout de même avoir sauvé deux balles de match

17:38
Locuteur non identifié

France Info

17:41
Présentateur

8h30 à pâti l'émission politique de France Info suite et fin avec vous François Durugis invité depuis 8h30 et une question de Guy Biranbaum vous rappeliez tout à l'heure que vous aviez un projet

17:53
François De Rugy

tout à fait sérieux avec 66 propositions alors moi j'adore fouiller dans les projets je me suis souvenu que vous vouliez faire de la condition animale une des grandes causes du quinquennat et figurez-vous que votre candidat a été le 15 mars devant l'Assemblée Générale de la Fédération Nationale des Chasseurs à Paris Emmanuel Macron Emmanuel Macron bien évidemment et qu'il s'est déclaré à la surprise générale favorable à la réouverture des chasses présidentielles alors vous le défenseur de la cause animale ça vous inspire quoi ? c'est pas tout à fait le même sujet ah oui

18:20
Invité

la chasse la cause animale c'est des animaux c'est genre

18:23
François De Rugy

les chasses présidentielles on pourrait aussi parler de la dimension

18:25
Invité

monarchique

18:27
François De Rugy

des chasses présidentielles

18:27
Invité

si vous voulez oui on peut parler de plein de choses qui sont vitales pour l'avenir de la France alors je vais vous dire très simplement parce que j'ai pas l'habitude de noyer le poisson voilà ce genre de proposition ça vient pas de moi c'est clair c'est pas moi qui proposerai ça mais par ailleurs je ne pense pas que l'avenir de la France ni même l'avenir de l'écologie ni même l'avenir de la biodiversité se joue dans ce genre de proposition

18:50
François De Rugy

le diable est dans les détails monsieur de Rugy car quand même

18:51
Invité

il faut faire attention à une chose et je dis pas ça spécialement pour vous je vois ça dans toute la campagne c'est l'anecdotisation de la vie politique on ne sort pas une petite proposition un petit coup de phrase pardonnez-moi de lire votre programme une petite anecdote pardonnez-moi mais vous avez non mais surtout ne vous excusez pas bien au contraire et il est un peu tard pour en faire la promotion mais le programme d'Emmanuel Macron lisez-le aussi dans son ensemble et vous verrez les contradictions ça vous ennuie c'est normal c'est la politique mais oui mais ce que je veux non mais ce que je veux non c'est normal qu'il y ait des différences et des sensibilités différentes dans un rassemblement large ça c'est normal mais en revanche moi vous savez quand j'ai rencontré Emmanuel Macron pour lui dire que je le soutenais il ne m'a pas demandé de ne plus être écologiste il ne m'a pas demandé de renier mon histoire et mon parcours d'écologiste vous avez un peu raison

19:37
François De Rugy

et un peu tort les chasses présidentielles je regarde après le côté où j'ai raison les chasses présidentielles c'est un peu anecdotique vous avez raison et en même temps c'est un peu archaïque quand on voit un candidat qui prétend refaire de la politique autrement il va devant les chasseurs et il leur dit vous savez mes bons amis je vais rouvrir les chasses présidentielles qui concernent vraiment la crème de la crème de la crème de la société qui a accès aux chasses présidentielles c'est quand même un peu démagogique non ?

20:04
Invité

non c'est pas démagogique puisque justement ça ne concerne pas grand monde

20:07
François De Rugy

on peut en convenir un peu tous les deux ?

20:09
Invité

en tout cas moi je l'ai dit ce n'est pas du tout ma proposition mais par exemple plus sérieusement sur la question c'est sérieux par exemple rien que la question chasse et biodiversité vous savez que nous les écologistes et puis même les français de manière générale ont beaucoup souffert il y a 10, 15, 20 ans des conflits des controverses des manifs il y avait même un candidat à la présidentielle qui se revendiquait d'abord et avant tout comme chasseur il y a 15 ans heureusement tout ça c'est derrière nous c'est pas pour ça que tous les problèmes sont réglés mais on a réussi à faire un certain nombre de compromis et il y a beaucoup de chasseurs qui se sont rendus compte que défendre la biodiversité par exemple c'était assez logique finalement un autre point du programme

20:46
François De Rugy

on va voir s'il est anecdotique celui-là le nucléaire alors comme dit Emmanuel Macron il est pour la poursuite de la construction de centrales nucléaires et notamment en Angleterre il y a un gros projet qui s'appelle Inkle Point et écoutez Emmanuel Macron c'était sur France Inter il défend la construction des centrales nucléaires

21:04
Invité

c'est le plus grand projet nucléaire des pays développés c'est une technologie à 100% française on va expliquer à nos concitoyens et à toutes celles et ceux qui travaillent dans la filière nucléaire que c'est mauvais que quand un pays veut s'équiper en nucléaire et bien non on va considérer qu'on n'est pas capable de le faire que c'est pas bon pour nous donc oui c'est un bon projet pour EDF

21:22
François De Rugy

alors vous notez François de Rugy vous avez raison que l'extrait que nous diffusons a un an d'âge mais est-ce qu'en un an Emmanuel Macron a radicalement changé d'opinion vous en êtes inquiété auprès de lui ?

21:32
Invité

ah non non mais je connais les positions d'Emmanuel Macron tout comme il connait les miennes à partir de là on se rassemble autour d'un projet donc ce qui compte ce qui est écrit dans le projet Inclay Point c'est un sujet qui malheureusement d'ailleurs de mon point de vue est derrière nous puisque la décision elle est prise le contrat il est signé etc.

en revanche ce qui n'est pas du tout derrière nous et d'ailleurs vous en avez parlé je crois ce matin sur votre antenne en faisant des révélations assez graves sur les défauts connus connus d'EDF sur la construction de l'EPR de Flamanville qui conduit l'autorité de sûreté nucléaire l'ASN à refuser l'ouverture de Flamanville pas encore alors que ce projet devrait déjà être en service si les promesses de l'EDF avaient été tenues et donc la position d'Emmanuel Macron dans le programme qu'il a dit publiquement c'est il l'a encore redit le 20 mars dans le premier débat télévisé c'est l'application de la loi de transition énergétique qui ramène la part du nucléaire dans la production d'électricité à 50% d'ici 2025 ce qui implique de fermer un certain nombre de vieilles centrales nucléaires et il dit la méthode puisqu'il dit que ce sera l'autorité de sûreté nucléaire qui définira quelles sont les centrales les plus usagées les plus dangereuses celles sur lesquelles il faudrait le plus d'investissement pour les prolonger et c'est ce qui conduira à faire le choix des centrales qui seront fermées

22:48
François De Rugy

mais à quel point si le gouvernement français parce que vous dites que la décision est prise par EDF mais on est au tout début du processus le contrat a été signé je regrette d'ailleurs mais c'est ainsi ça suppose des financements très importants que EDF a du mal à réunir aujourd'hui et s'il y a l'incident que nous évoquons sur l'antenne de France Info ce matin à propos de Flamanville l'impasse financière devant laquelle risque de se trouver EDF est colossale donc il n'est pas très réaliste d'imaginer

23:15
Invité

que des centrales nucléaires pourront être fabriquées en grande boîte de toute façon il faudra traiter la situation financière d'EDF la situation économique et financière parce que nous regardons les réalités en face et cette réalité là elle est rude et inquiétante et il s'agit de protéger aussi EDF parce que c'est une grande entreprise française avec des salariés avec beaucoup de consommateurs qui sont attachés au service qui est fourni par EDF et donc évidemment qu'il faudra prendre les moyens pour éviter des faillites comme celle d'Areva parce qu'Areva on était au bord de la faillite et il a fallu d'ailleurs renationaliser Areva

23:49
François De Rugy

quand Jean-Luc Mélenchon dit sortir du nucléaire en 2050 c'est l'objectif il a raison Jean-Luc Mélenchon

23:55
Invité

mais moi je reconnais que Jean-Luc Mélenchon et Benoît Hamon ils ont intégré aussi des dimensions écologiques des enjeux écologiques à leur programme sur cet objectif là il a raison on pourrait converger sur certains points sur celui-là et d'ailleurs sur celui-là mais moi vous connaissez ma position dans les 66 propositions moi je proposais ça en 2050 donc là-dessus vous êtes plus proche de Jean-Luc Mélenchon que d'Emmanuel Macron en tout cas je vous le dis il y a des sujets sur lesquels heureusement d'ailleurs on peut avoir des convergences mais ce qui est intéressant à noter c'est que sur les enjeux écologiques qui sont comme souvent peu traités dans cette campagne présidentielle je ne suis pas sûr que tous les français sachent qu'il y a un vrai clivage parce que Madame Le Pen elle elle est la seule candidate à avoir voté contre c'est pas simplement avoir dit que elle a voté contre au Parlement européen la ratification de l'accord sur le climat M.

Fillon il est pour l'abrogation de la loi sur la transition énergétique il est pour la suppression du principe de précaution qui est dans la constitution depuis Jacques Chirac et il est pour relancer les OGM et le gaz de schiste auxquels nous nous opposons avec Emmanuel Macron ça ce sont des clivages concrets clairs qui peuvent éclairer les français avant le vote Merci François Le Régis d'avoir accepté l'invitation de France Info Merci François Le Régis