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interviewC à vous· 8 juillet 2026 52 min

Le Pen en cassation : décision au plus tard en avril - C à Vous l’Intégrale - 08/07/2026

Transcription youtube_captions. À recouper avec la source d'origine.

... - A.-E.Lemoine: Bonsoir. "C à vous" en direct jusqu'à 21h avec toute l'équipe.

A la une, le premier jour d'une campagne présidentielle pas tout à fait comme les autres. - PAS DE DELINQUANTS AU GOUVERNEMENT! - Elle peut pas être présidente, c'est une honte!

Voleuse! - Oh! - On arrête! - A.-E.Lemoine: C'était ce matin, dans la Sarthe, pour le 1er déplacement de campagne de M.Le Pen.

Ces images, on risque de les revoir d'ici à l'élection. - P.Cohen: C'est l'une des conséquences que pouvait redouter M.Le Pen en décidant de se porter candidate malgré sa double condamnation.

D'autres slogans ont déjà fleuri. Des affiches aussi, ou encore "mains sales, tête basse" comme dans un détournement de vieux slogans frontistes. - A.-E.Lemoine: De quoi faire réagir J.-P.Tanguy, notre invité, député RN de la Somme et président délégué du groupe RN à l'Assemblée.

La gauche vent debout contre ce qu'elle appelle "un permis de tuer". - A.Lambret: Une loi votée par les macronistes et la droite. - Notre sapeur-pompier était toujours là.

Il venait de réussir le concours de caporal de sapeur-pompier professionnel. Il allait faire de sa passion son métier. - L.Sénéchal: Il avait 22 ans.

Il a été tué dans un incendie en Savoie qui s'est déclaré il y a 2 semaines. C'est l'illustration de l'enfer qu'on est en train de vivre. 3 fois plus d'incendies depuis le début de l'année que d'habitude. - A.-E.Lemoine: Tout à l'heure, 2 invités pour en parler, N.Berrod et G.Musquet.

Dans la Story de L.Amar, la gestation pour autrui qui divise les Français. - Pour nous, ça a duré 3 ans et demi.

C'est un parcours familial très complexe avec de nombreuses difficultés. Réaliser ça très loin de la France, le vécu de la grossesse, les démarches administratives et juridiques...

C'est un vrai parcours du combattant. - L.Amar: Cet homme et son compagnon ont eu recours à la gestation pour autrui à l'étranger.

Cette pratique n'est pas légale chez nous. Les Français y sont majoritairement opposés et les responsables politiques aussi, notamment le RN. - A.-E.Lemoine: Après 20h, 3 formidables actrices: C.Chamoux, O.Côte et S.Yacoub.

Il y aura aussi A.Besson et L.Suarez.

Dans votre OEil, Pierre? - P.Lescure: Le 25e album des Rolling Stones.

Il sort vendredi. Pour en parler, on a pensé à M.Jagger.

Il a dit oui. Bien que l'album s'appelle "Foreign Tongues", "langues étrangères", il nous enseignera... - A.-E.Lemoine: Victor Blanchet est notre chef. - B.Chameroy: J.-P.Tanguy en plateau en ce moment, était l'invité du cabinet de psy du docteur Lambret, ouvert à toute heure.

Les images dans l'ABC. D'ici là, au menu du soir? - V.Blanchet: On part sur des oeufs brouillés, saumon fumé et de l'aneth.

J'ai hésité à rajouter une salade d'amandes fraîches pour faire une référence au RN qui s'est pris une belle amende, mais je me suis dit...

Rires. - B.Chameroy: Bonne émission, Babeth. - A.-E.Lemoine: Tout de suite, l'Edito de Patrick.

Désormais candidate, M.Le Pen a lancé sa campagne. - P.Cohen: Dans l'ambiance houleuse de manifestations d'opposants qui la traitent de délinquante.

On vient de voir les images. Les contestataires n'étaient pas très nombreux, mais ils ont obligé M.Le Pen et J.Bardella à écourter leur déambulation sur le marché de La Flèche, dans la Sarthe, l'une des rares mairies de l'Ouest gagnées par le RN en mars.

Ce genre de démonstration est appelé à se reproduire, à l'instar des concerts de casseroles qui accompagnaient les meetings de F.Fillon après la révélation de l'affaire Penelope, alors que l'intéressé n'était pas 2 fois condamné, mais tout juste mis en examen. Une 1re affiche vient d'être diffusée par les Jeunes en marche, groupe de soutien de G.Attal, sur le modèle de l'affiche de recrutement pour l'armée américaine en 1916. "J'ai volé votre argent", avec le visage de M.Le Pen...

M.Le Pen connaissait les risques d'une campagne perturbée par sa double condamnation pour détournement de fonds. Elle avait anticipé un passage de témoin hier avec J.Bardella en cas de nouvelle condamnation.

L'arrêt de la cour d'appel n'a pas été celui attendu. - A.-E.Lemoine: A cause de sa mansuétude? - P.Cohen: L'arrêt est très sévère dans ses motivations.

Il parle de faits graves, d'accaparement de fonds publics au profit d'un parti et d'une instigatrice, nommée M.Le Pen. La candidate est la seule parmi les prévenus à se voir infliger de la prison ferme.

Les magistrats de la cour d'appel ont eu la main légère en matière de privation de droits civiques. Les magistrates n'ont pas voulu prolonger l'inéligibilité de M.Le Pen au-delà de ce qui a été accompli.

Elles ont prononcé une peine: 45 mois d'inéligibilité dont 30 avec sursis. Ca fait 15 mois ferme. Un avocat disait que c'est la 1re fois qu'il voyait une peine prononcée en nombre impair.

Les 15 mois ferme tombaient exactement 7 mois jour pour jour avant le délibéré. Un certain nombre d'observateurs font remarquer que pour une atteinte à la probité de la part d'un élu, c'est pas cher payé. La jurisprudence en témoigne.

F.Fillon, pour l'affaire Penelope, ou Robert Falco, qui a détourné 60 000 euros, ont pris chacun 5 ans d'inéligibilité. - A.-E.Lemoine: Ces 15 mois ont permis à M.Le Pen d'être candidate. - P.Cohen: Tout en faisant dépendre sa candidature d'une autre décision de justice, celle de la Cour de cassation.

Le pourvoi qu'elle va former suspend la peine décidée par la cour d'appel. Son choix repose sur une stratégie qui consiste à gagner du temps en affichant sa conviction que la justice ne pourra pas l'obliger à porter un bracelet électronique d'ici à la présidentielle. Ca s'appelle jouer la montre, même si ce matin, elle a récusé l'expression. - M.Le Pen: Je ne joue pas la montre.

Je suis une citoyenne qui use de ses droits, que l'Etat de droit, que mes adversaires ont souvent à la bouche, offre à tout justiciable. J'effectue un pourvoi car je suis innocente des faits qui me sont reprochés. La cour d'appel m'a rendu mon éligibilité.

Je suis donc éligible. - P.Cohen: A ses côtés, un homme qui vient de passer un an à se forger un statut, qui pensait pouvoir jouer les premiers rôles, et qui ne sera que le numéro 2.

Il va former un bilan presque inédit dans une présidentielle française. - J.Bardella: On va ensemble entrer en campagne pour offrir au pays l'alternance que le pays mérite et que les Français attendent. - P.Cohen: Un J.Bardella moins souriant qu'à l'ordinaire.

Ca nous a valu cette délicieuse réplique de S.Chenu. - A.-E.Lemoine: Est-ce que nos téléspectateurs ont le son? - S.Chenu: J.Bardella ne fait pas la gueule, il se prépare à être Premier ministre. - P.Cohen: Une décision sur laquelle la cour d'appel pourrait statuer au plus tard début avril 2027, sachant que le premier tour de la présidentielle est fixé au 18 avril.

Ca ne nous dit pas grand-chose et ça n'annonce rien d'autre qu'un feuilleton judiciaire qui risque d'écraser la campagne pour les prochains mois. - A.-E.Lemoine: Vous prenez ce risque d'un feuilleton judiciaire?

C'est ce que provoque cette décision de ce pourvoi en cassation qui écrase la campagne présidentielle, et de voir les manifestations comme celles de ce matin se reproduire? - J.-P.Tanguy: Je ne pense pas que ça va écraser la présidentielle.

On va avoir des débats de fond. Ce sera intéressant sur les enjeux du pays. Le fait que quelques énergumènes de gauche radicale viennent perturber nos manifestations, c'est tout le temps depuis 25 ans.

Même à Debout la France, on avait moins d'influence politique et on était perturbés. Ils ont craché sur des policiers et ont usé de violence. Beaucoup étaient des insoumis.

Il y a un candidat définitivement condamné aujourd'hui, monsieur Mélenchon, pour révolte et outrage, quand il avait hurlé "la République, c'est moi". Ils sont à géométrie variable. Ca m'étonne pas vraiment de ces gens. - A.-E.Lemoine: Il y a quand même un sondage pour BFMTV qui explique que 59 % des Français désapprouvent la décision de M.Le Pen. - J.-P.Tanguy: Et un autre dit strictement l'inverse. - P.Cohen: Non.

Il est à 51 %. - J.-P.Tanguy: C'est l'inverse. - A.-E.Lemoine: Non.

C'est juste moins élevé. - P.Cohen: Ca fait 10 points d'écart.

Ca veut dire que l'opinion est très partagée sur la décision de M.Le Pen. - A.-E.Lemoine: Y compris au sein de votre base. - J.-P.Tanguy: Non.

Elle est très favorable à M.Le Pen. Ca fait 65 % qui approuvent.

Pourquoi vous n'avez pas montré les 2 sondages? - A.-E.Lemoine: C'est pas une malhonnêteté de ma part. - J.-P.Tanguy: Il y a surtout un autre sondage, celui sur l'intention de vote, qui va sortir ce soir.

Embargo 19h, je peux en parler. "Le Figaro", l'Ifop et Harris. Les deux voient une montée de M.Le Pen de 4 points, à 36 % au premier tour et qui gagne tous les deuxièmes tours avec des ampleurs très différentes.

Ca prouve que notre électorat est mobilisé derrière M.Le Pen. Elle n'a jamais été aussi haute. - A.-E.Lemoine: Le risque valait le coup d'être pris? - J.-P.Tanguy: Bien sûr. "De l'audace et la France sera sauvée." Ca correspond à celle qui pourrait devenir la 1re présidente de la République.

Il avait aussi des gens très heureux, le maire de La Flèche qui l'a accueillie, notamment. On n'a pas écourté la visite à cause de la gauche...

Il y avait un verre à la mairie de La Flèche. - P.Cohen: Les journalistes sur place ont vu que le déplacement sur le marché a été écourté.

M.Le Pen a dit que ça n'a pas été écourté? - J.-P.Tanguy: Non.

Les journalistes étaient au courant qu'il y avait un pot, puisqu'ils étaient devant les grilles de la mairie. - A.-E.Lemoine: La Cour de cassation a indiqué qu'elle pourrait se prononcer au plus tard début avril 2027.

C'est trop tard ou trop tôt? - J.-P.Tanguy: C'est la procédure judiciaire.

Les magistrats font ce qu'ils veulent. Ils sont libres. J'ai croisé monsieur Attal dans une chaîne du service public qui parlait de "guérilla judiciaire".

Si utiliser la Cour de cassation pour un justiciable, c'est faire une guérilla, c'est un problème. - P.Cohen: C'est plutôt le fait que d'autres porte-paroles et avocats de M.Le Pen, ici même, disaient qu'il fallait que la Cour de cassation ralentissent le rythme qu'elle avait prévu pour rendre sa décision. - J.-P.Tanguy: En quoi c'est une guérilla? - P.Cohen: C'est une manière de faire pression sur les juges et l'institution judiciaire, en particulier sur des magistrats de la Cour de cassation. - J.-P.Tanguy: Heureusement pour vous et pour nous tous que vous n'avez pas fait la guérilla.

Si c'est ça, la guérilla... - A.-E.Lemoine: On peut discuter des termes... - J.-P.Tanguy: La guérilla, c'est ce qu'a fait monsieur Trump au Capitole en ne soutenant pas une élection, en laissant faire des gens violents.

Il y a eu des morts. Dire que c'est trumpien d'utiliser la Cour de cassation...

Je vois pas le rapport. Il faut que tout le monde accepte M.Le Pen...

C'était pas le plan de certains opposants qui ont l'air très désolés. Hier, à l'Assemblée nationale, j'ai vu un certain nombre de députés insoumis, et favorables à monsieur Attal, pleurnicher sur le fait qu'ils étaient déçus que M.Le Pen soit candidate.

Ca me renforce dans ma conviction. - P.Cohen: Hier soir, quand G.Bouleau demande à M.Le Pen ce qu'elle fera si la Cour de cassation valide l'arrêt de la cour d'appel et si elle fera campagne sous bracelet électronique, et qu'elle répond "les Français seront juges", c'est une façon de dire que les Français et la souveraineté populaire est plus forte que l'institution judiciaire. - A.-E.Lemoine: Les Français sont de meilleurs juges que les juges? - P.Cohen: N.Farage a utilisé la même expression pour justifier sa candidature alors qu'il est cerné par un scandale financier en Angleterre.

Il démissionne du Parlement britannique et provoque une élection anticipée. "Les électeurs sont juges." - J.-P.Tanguy: Quel est le problème? - P.Cohen: Ils seront pas juges à la place des juges... - J.-P.Tanguy: Etre juge ne veut pas dire... - A.-E.Lemoine: Ce n'est pas à eux de décider si M.Le Pen est coupable ou non.

Vous dites que les mots ont une importance. - J.-P.Tanguy: Les Français seront juges par leur vote pour savoir si M.Le Pen peut être présidente de la République ou pas.

Elle n'a pas dit que les Français remplaceront les juges. On cherche une mauvaise querelle. M.Le Pen, si elle a envie de dire quelque chose, elle le dit.

Si elle avait envie de dire que les Français savent mieux que les juges, elle l'aurait dit. - P.Cohen: On se souvient de ce qu'elle a dit après le jugement en première instance, lors d'un rassemblement, et où l'institution judiciaire a été plus que vivement critiquée et vilipendée. - J.-P.Tanguy: Si M.Le Pen a voulu dire ce que vous pensez qu'elle a voulu dire, elle l'aurait dit.

Ce n'est pas ce que vous pensez qu'elle pense. - P.Cohen: Elle n'a pas changé de point de vue?

Elle pense toujours qu'il y a un système qui veut l'abattre et l'empêcher de se présenter? - J.-P.Tanguy: Ca ne s'est pas passé de la même façon.

C'est pas le même jugement. Ca lui a rendu son éligibilité. - P.Cohen: Il n'y a pas de système contre le RN? - J.-P.Tanguy: Il en avait un avant, mais il n'y en a plus. - A.-E.Lemoine: M.Le Pen pourrait faire campagne sous bracelet électronique? - J.-P.Tanguy: Si la procédure suit ce chemin, peut-être. - P.Cohen: Des documents montrent que ce n'est pas que des énergumènes de La Flèche...

Ce ne sont pas seulement des énergumènes qui protestent contre la candidature de M.Le Pen et qui pensent qu'elle n'est pas légitime à se présenter devant les électeurs. - G.Attal: On a une responsable politique condamnée 2 fois pour détournement de fonds publics qui engage une forme de guérilla judiciaire et juridique pour se présenter, qui prend en otage toute la campagne présidentielle. - M.Bompard: Elle avait indiqué qu'elle ne miserait pas sur la cassation.

Ca en dit long sur le fait qu'il ne faut pas croire ce que dit M.Le Pen. Elle dit des choses et fait l'inverse. - J.-F.Copé: En 10 minutes à la télé hier, M.Le Pen, très lourdement condamnée, est allée s'asseoir et s'essuyer les pieds sur 40 ans de leçons de morale qu'elle a donné à absolument tout le monde sur le fait que la classe politique était malhonnête et qu'elle incarnerait les mains propres et la tête haute. - P.Cohen: Il n'y a pas une contradiction, pour reprendre ce que dit J.-F.Copé? - J.-P.Tanguy: Non, puisque M.Le Pen s'estime innocente des faits qui lui sont reprochés.

Par ailleurs, il n'y a aucun enrichissement personnel. C'était la critique essentielle, voire exclusive de la campagne du RN. - P.Cohen: Donc il n'y a pas de contradiction? - J.-P.Tanguy: Non.

On va parler des contradictions de monsieur Copé, si on ne veut pas passer une émission trop longue. C'est quelqu'un qui a truqué le vote pour sa propre élection, détruisant son propre parti. - A.-E.Lemoine: Sur franceinfo, voilà comment votre collègue S.Chenu résumait la campagne présidentielle. - S.Chenu: Aujourd'hui, M.Le Pen, comme dans "Le Comte de Monte-Cristo"...

La voilà devant les Français. - A.-E.Lemoine: Vous feriez la même comparaison d'Edmond Dantès? - J.-P.Tanguy: Oui, sauf qu'elle n'est pas vengeresse. - P.Cohen: Pardon, mais Edmond Dantès n'est mû que par la vengeance. - J.-P.Tanguy: On parle d'un film populaire auprès des Français et des Françaises.

On cherche un prêt bancaire pour financer notre campagne. On parle beaucoup de l'Etat de droit, mais personne ne parle du fait que le principal parti d'opposition n'a pas accès au lobby bancaire. - A.-E.Lemoine: Si M.Le Pen voulait se venger, c'est contre ceux qui pensaient que J.Bardella était un meilleur candidat... - J.-P.Tanguy: Ces gens étaient anonymes. - A.-E.Lemoine: J.Bardella, tout le monde a remarqué qu'il était en retrait et plus fermé qu'habituellement.

Dans quel état d'esprit est-il? - J.-P.Tanguy: Comme l'a dit S.Chenu, J.Bardella a conscience de son rôle.

Son rôle est d'être Premier ministre d'une France ruinée, en grande difficulté sur l'éducation, la santé et les services publics. Il a une forme de gravité. Pour avoir fait campagne auprès de M.Le Pen à de nombreuses reprises, quand vous aidez la candidate, vous avez pas la même attitude que quand vous êtes vous-même le candidat. - A.-E.Lemoine: On passe d'un potentiel présidentiable à un Premier ministrable du jour au lendemain. - J.-P.Tanguy: Samedi, ils étaient ensemble à Liévin pour une fête populaire à côté de la circonscription de M.Le Pen.

A ce moment-là, M.Le Pen était moins favorite pour être notre candidate que J.Bardella.

C'est un moment où elle se préparait à lui céder la place. On a la force de ce binôme solide. Il n'y a pas beaucoup de familles politiques qui auraient affronté cette longue année de péripéties judiciaires en étant aussi soudées.

Les autres n'ont pas les difficultés qu'on a eues, et soit ils n'ont pas de candidat, soit ils en ont plusieurs qui ne s'aiment pas entre eux et passent leur pré-campagne à s'affronter plutôt que de se rassembler et faire des propositions. Nous, on est non seulement prêts, mais prêts à proposer des éléments et des solutions aux Français. - P.Lescure: Vous êtes prêts avec déjà une affiche et ce slogan: "Pour la France, la renaissance." L'emploi du mot "renaissance", ça a pas fait tiquer G.Attal? - J.-P.Tanguy: Lui-même avait oublié que c'était le nom de son parti.

Ca n'a pas prospéré. La Renaissance, comme la France, appartiennent à l'histoire de notre civilisation. On décide de s'en saisir, parce que c'est un message d'espoir.

Même si le Moyen Age a été souvent caricaturé, c'était une période de lumière après des temps obscurs, un réveil des sciences, du savoir, de la volonté de découvrir, de l'ambition humaine, de l'humanité, une certaine vision des femmes...

Je suis très fier de cette campagne. Je la trouve belle. Elle donne de l'espoir et de l'envie.

M.Le Pen est très belle et ça fait plaisir de la voir heureuse. Je pense à elle.

C'était pas facile. - P.Cohen: L'affiche a été dévoilée en fin d'après-midi hier.

Celle du plan B était prête, avec Bardella? - J.-P.Tanguy: Bien sûr.

Il y avait...

Je dis pas "plan B". C'était pas un plan B, et c'est pas une critique, c'est qu'on l'envisageait pas comme ça. Comme l'a dit M.Le Pen, si elle tombait, quelqu'un était prêt à monter au front à sa place.

Oui, c'était prêt. Quand vous avez... - A.-E.Lemoine: Qu'allez-vous faire de ces affiches?

Elles deviennent collector? - P.Cohen: Elles n'ont pas été imprimées? - J.-P.Tanguy: Non, parce qu'on avait une capacité d'impression dans la soirée.

Quand on est le principal parti d'opposition, c'est normal d'être prêt. Si on n'avait pas été prêts, ça n'aurait pas été responsable par rapport aux Françaises et aux Français qui nous font confiance. Je suis fier d'appartenir à une famille capable d'avoir ces 2 candidats qui pouvaient être candidats à la présidentielle et qui se présentent aujourd'hui aux Français en bonne intelligence et en bonne entente, avec amitié.

Quand on regarde les autres partis, c'est un sentiment qui n'est pas partagé. - A.-E.Lemoine: Restez avec nous.

C'est la chronique d'A.Lambret. - A.Lambret: Aujourd'hui, la gauche dénonce un permis de tuer.

De quoi parle-t-on? Une loi adoptée hier à l'Assemblée nationale avec les voix du RN, de LR et des macronistes. Cette loi prévoit que lorsqu'ils font usage de leur arme, policiers et gendarmes sont présumés avoir agi légalement dans certains cas, par exemple si leur vie ou celle d'autrui est menacée, dans certaines hypothèses de délit de fuite ou de périple meurtrier.

Un texte adopté à l'Assemblée, dans une ambiance extrêmement tendue. - M.Bompard: La France deviendrait un pays où la mort par tir policier ne donnerait lieu à aucune enquête automatique. - L.Nunez: La présomption de légitime défense peut être levée à tout moment.

Ca n'engage à aucune responsabilité pénale. - A.Lambret: C'est justement ce qui inquiète les opposants au texte, au-delà du fait que cette idée est une vieille rengaine d'extrême droite.

Elle figurait dans le programme de J.-M.Le Pen en 2007.

Ce qui trouble, c'est l'inversion de la charge de la preuve qui figure dans cette loi. - Ce sera aux victimes, parfois la famille des victimes, quand ils ne seront plus en état d'expliquer ce qui s'est passé, d'apporter la charge de la preuve que les policiers n'étaient pas en état de légitime défense. Ce sera très compliqué, puisqu'ils n'ont pas les moyens nécessaires, pas les éléments matériels que le parquet récolte, la vidéosurveillance... - A.Lambret: Cette mesure est réclamée depuis longtemps par les syndicats de policiers qui expliquent que les forces de l'ordre ont besoin de ne pas être automatiquement suspectées quand elles utilisent l'arme. - Ce texte permet de ne plus considérer comme un suspect le policier qui fait un usage régulier, par rapport aux textes, de son arme.

C'est pas un permis de tuer. Une enquête est toujours en cours. L'agent devra respecter les 5 cas d'usage des armes. - A.Lambret: Les syndicats de police saluent une avancée.

Mais ce texte suscite une réelle émotion. Un homme dont le fils avait été tué par tir policier a lancé une pétition contre cette loi. Plus de 400 000 signatures ont été recueillies.

J.-P.Tanguy, votre parti a soutenu ce texte.

Ne redoutez-vous pas que cela risque d'augmenter les bavures? - J.-P.Tanguy: Non.

Je suis fier de cette loi qui provient du programme de M.Le Pen. C'est un texte que nous avons inspiré et soutenu.

Le gouvernement a préféré défendre son texte. Ce qui compte, c'est que les policiers disposent de cette légitimité de défense. - A.Lambret: Vous voulez aller plus loin? - J.-P.Tanguy: Non.

C'est un texte équilibré. On verra comment il atterrit définitivement. Au contraire, beaucoup de policiers sont tombés.

Beaucoup de familles pleurent des policiers qui ont pas pu se défendre parce que la doctrine les empêchait de se défendre alors qu'ils sont formés. Nous avons une police parfaitement républicaine. Sans doute faut-il l'améliorer et leur donner plus de moyens pour s'entraîner.

Je suis plutôt fier. On aurait pu dire à des enfants, des femmes et des maris que des policiers étaient tombés parce que la doctrine était mauvaise. - A.-E.Lemoine: Merci.

La Story. - Ceux qui s'opposent à la GPA n'ont jamais adressé la parole à quelqu'un qui est né par GPA ou qui y a eu recours. - C'est un projet qui se vit étape par étape avec ses difficultés, ses joies et ses peines. - L.Amar: C'est l'histoire d'un débat à la fois ancien, sensible et clivant.

Faut-il légaliser la gestation pour autrui? Les états généraux de la bioéthique viennent de s'achever et se sont penchés sur ce sujet. 300 débats organisés partout dans le pays...

Les Français sont favorables à une extension de la PMA pour aider à la conception d'un enfant, mais restent majoritairement opposés à la gestation pour autrui, souvent comparée à une marchandisation du corps des femmes. C'est une solution choisie par de nombreux couples qui ne peuvent pas avoir d'enfants, autant d'hétérosexuels que d'homosexuels. On estime à 2000 le nombre d'enfants vivant en France issus de GPA à l'étranger.

Nous avons rencontré Fiorella, 25 ans, née d'une mère porteuse en Californie. - Ma relation avec ma gestatrice, mes parents et ma donneuse d'ovocyte, pour moi, c'est clair et évident. Le lien que j'ai avec ma gestatrice, c'est justement parce qu'elle n'a pas été marchandisée, parce qu'elle a pu faire ce choix libre et éclairé, qu'elle ait fait ce choix incroyable.

Elle ne sera jamais ma mère. - L.Amar: S'ils ont retenu l'option de la GPA, c'est pour que leur fille connaisse son histoire. - A l'adoption, on connaît pas l'histoire de l'enfant.

On peut pas lui dire d'où il vient. Ca posait un gros problème. Avec la GPA, on vit la grossesse, on connaît les personnes qui nous ont aidés et on peut le raconter à nos enfants.

Il n'y a pas de secret. - L.Amar: Personne dans cette famille ne nie les dérives potentielles de la GPA, l'exploitation des femmes dans les pays qui ne leur reconnaissent pas de droits, le chantage que les mères porteuses peuvent exercer en demandant de l'argent aux parents.

Mais pour Fiorella, c'est de la France que vient la majorité de ses ennuis. - Ne pas avoir de papiers d'identité français, c'est une discrimination, devoir galérer à chaque inscription scolaire, c'est une discrimination. L'angle mort du débat sur la GPA, c'est spécifiquement les enfants et leur impossibilité de se construire, non pas à cause de la façon dont ils sont nés, mais dont la France les traite. - L.Amar: Les galères administratives, les doutes et les délais, c'est aussi ce qu'a vécu cet homme.

Il a eu recours à une GPA en Argentine avec son compagnon. Sa fille a 2 ans. - C'est un parcours familial complexe avec de nombreuses difficultés.

Le fait de réaliser ça loin de la France, ça nous oblige à vivre un parcours avec une langue différente. Il y a beaucoup d'émotion, du stress sur le plan médical du parcours, le lien spécifique avec cette femme porteuse, le retour en France... - L.Amar: La GPA, si elle est interdite en France, plusieurs pays européens l'ont déjà légalisée.

La Belgique, les Pays-Bas, la Grèce ou le Royaume-Uni. Cette question va revenir dans le débat public, puisqu'une nouvelle loi est prévue pour 2028. Plusieurs candidats à la présidentielle se sont positionnés.

Seul G.Attal est favorable à une GPA éthique, très encadrée, consentie et non rémunérée. Tous les autres sont contre, de B.Retailleau à J.-L.Mélenchon, en passant par E.Philippe et M.Le Pen.

Vous-même y êtes opposé. - J.-P.Tanguy: La GPA est une forme de réification du corps des femmes.

Est-ce qu'un jour, le besoin d'avoir un enfant sera supérieur à mes convictions politiques? Si, demain, je tombe amoureux de quelqu'un qui veut un enfant, comment j'arbitrerai entre la politique et mon amour pour cette personne? Ce serait inhumain. - L.Amar: Dans cet entretien, vous êtes revenu sur le paradoxe que peut représenter le fait d'être homosexuel et membre du RN. - A.Lambret: Quand vous voyez M.Le Pen s'afficher avec V.Orban, en tant qu'homosexuel, vous vous dites pas que des milliers d'homosexuels ont été victimes de discriminations du fait de la politique de V.Orban? - J.-P.Tanguy: On peut pas dire que ce soit les meilleurs moments de ma vie. - L.Amar: Etre homosexuel au RN, est-ce que ça veut aussi dire fermer les yeux sur certaines positions du parti, quitte à mettre une part de soi-même de côté? - J.-P.Tanguy: Non.

C'est parfois donner une autre opinion, avancer un combat...

Il n'y a pas eu de parlementaires au RN, au moment du mariage pour tous et au moment de la PMA...

Aujourd'hui, si ces débats se tenaient, une partie du groupe voterait pour et une partie majoritaire, peut-être, voterait contre. - L.Amar: Il vous arrive d'être en désaccord avec M.Le Pen? - J.-P.Tanguy: Oui.

On a des discussions en interne ou publiquement. C'est comme la question sur la fin de vie. Il y a entre 14 et 18 députés RN qui ont voté pour la fin de vie.

Une très grande majorité a voté contre. - A.-E.Lemoine: Vous espérez la faire changer d'avis? - J.-P.Tanguy: Non. - A.-E.Lemoine: Vous émettez une opinion sans espoir... - J.-P.Tanguy: C'est pas une secte.

Sur ces questions-là...

Ces questions devraient être arbitrées par référendum, de préférence, y compris la fin de vie. Ce sont des sujets qui ne respectent pas le clivage partisan politique. - P.Cohen: Pour avoir suivi beaucoup les débats sur la fin de vie...

Ne s'expriment en séance, sauf erreur, que les députés du RN opposés au texte du gouvernement. - J.-P.Tanguy: En orateur pour, il y avait G.Dussausaye, entre autres.

Il y avait un rapport de 1 à 10. Je ne minimise pas du tout la différence de vote. - A.-E.Lemoine: Le reste de l'actualité dans le 5/5.

Les sapeurs-pompiers endeuillés dans l'enfer des incendies. - L.Sénéchal: Et ils ont perdu l'un des leurs.

Un pompier volontaire de 22 ans emporté par un éboulement. Il luttait contre un incendie en Savoie déclenché par la foudre il y a près de 2 semaines dans un endroit escarpé. - Il participait à de multiples campagnes en tant que sapeur-pompier volontaire.

Il était toujours là. Il venait de réussir le concours de caporal de sapeur-pompier professionnel. Il allait faire de sa passion son métier. - L.Sénéchal: En France, il a brûlé en 8 jours plus que l'année dernière. 800 pompiers sur le plus gros incendie, celui des Pyrénées-Orientales, qui a parcouru 5000 ha et n'est toujours pas maîtrisé.

Entre 2 rotations, les pompiers ont un lieu pour reprendre des forces. C'est l'établissement scolaire du coin. - On nous fournit du gel douche, des brosses à dents.

On ne manque de rien. - On vient de Normandie. Quand on vient ici, on souffle un peu. - L.Sénéchal: Il y a même des cours de sophrologie dans le gymnase, mais très vite interrompus par des nouvelles alertes.

Les habitants se sont organisés pour leur fournir des vivres, de l'eau, de la nourriture. On n'est qu'au tout début de l'été, mais des appels aux dons sont lancés. - Pour les pompiers de Perpignan, ça a été dramatique.

Voici quelques bouteilles d'eau et quelques compotes. - Merci à Baptiste. Pour nous, c'est un grand geste. - C'est que des bouteilles d'eau, mais si vous pouvez le faire, faites-le, pour ceux qui nous protègent. - A.-E.Lemoine: N.Berrod, bonsoir.

Bonsoir, G.Musquet. Les incendies sont 3 fois plus nombreux que d'habitude à cette période de l'année et déjà meurtriers.

Ce pompier combattait un incendie qui s'était déclaré 2 semaines plus tôt. On comprend mieux la tâche titanesque à laquelle ils sont confrontés. L'incendie qui se déclare, c'est des jours et des nuits de combat. - N.Berrod: Il peut y avoir des braises qui restent pendant des jours et des nuits, surtout quand on n'a jamais eu des périodes plus fraîches, avec des pluies abondantes.

On a eu une canicule exceptionnelle fin mai, une autre historique fin juin. Là, une autre canicule sans doute historique qui débute avec quasiment pas de pluie. Le sol est sec.

Ca peut rester un peu embrasé et les pompiers n'arrivent pas à en venir à bout. Il suffit après d'une étincelle sur des sols de plus en plus arides pour que ça reparte très fort. On a ces 8000 ha partis en fumée en une semaine.

On a atteint des niveaux déjà proches des records pour cette période de l'année. Il y a aussi beaucoup de feux différents en hiver. Les pompiers vont être sollicités.

Ces prochains jours ont un risque très élevé de feux de forêt et pas seulement dans le Sud. Toute la France, quasiment, est en alerte jaune ou orange pour le risque de feux de forêt. - A.-E.Lemoine: On manque de pompiers.

Il va falloir mobiliser plus facilement les réserves? - G.Musquet: Les pompiers, c'est une chose.

Quand on en est aux pompiers, c'est qu'on a entamé l'aspect opérationnel. Ce qu'il faut anticiper, c'est éviter ces feux. Le meilleur service qu'on peut rendre aux pompiers, c'est de pas les solliciter.

On a besoin de tout le monde, des réserves communales, des associations, des ministres du culte. En Martinique, la ville du Lamentin, où je vais régulièrement, la mairie mobilise tout le monde: la réserve communale, les églises pour sensibiliser les fidèles à des gestes qui sauvent. - L.Sénéchal: Un sermon du curé qui appelle les fidèles à faire attention? - G.Musquet: Bien sûr!

A passer des certifications pour des massages cardiaques, le don du sang, accueillir ces pompiers...

On est dans un pays laïque, c'est vrai, on n'est pas accoutumés à ça, mais le fait religieux, la foi...

Je ne suis pas croyant moi-même, mais la foi, c'est aussi une des structures qui permet de faire passer des messages de prévention. - A.-E.Lemoine: Il y a aussi la question des moyens matériels. - L.Sénéchal: 7 canadairs sont mobilisés sur l'incendie des Pyrénées-Orientales.

Il faut faire des arbitrages avec les autres incendies. Il y en a plus d'une dizaine en ce moment sur le territoire. On a vu apparaître des véhicules qu'on ne connaissait presque pas, comme celui-ci, un espèce de char qui est un canon à eau en même temps.

Il est utilisé en ce moment dans les Pyrénées-Orientales. La France a une commande de 4 canadairs en cours qui doivent être livrés début 2033. Nos voisins européens nous prêtent 4 appareils bombardiers d'eau.

A chaque grand feu, on se rappelle la question des canadairs. La France en a 12 opérationnels. L'Espagne en a 21 et l'Italie, 18.

Vous dites que c'est un faux débat parce que c'est d'abord au sol qu'on combat les incendies. - G.Musquet: On a besoin de ces avions, évidemment, mais 95 % du travail se fait au sol.

Sur les feux récents qu'on a eus, avec le massif des Corbières, par exemple, l'année dernière...

Quand les canadairs larguaient leur eau, parfois, aucune goutte d'eau ne touchait le sol, tant le feu était intense. Parfois, les pompiers étaient obligés d'éteindre à plusieurs centaines de mètres. - A.-E.Lemoine: Ils ne pouvaient pas s'approcher. - G.Musquet: Vous avez déjà la température caniculaire ambiante avec les équipements, plus ce feu qui irradie avec le rayonnement infrarouge intense.

On n'arrive pas à aligner des hommes plus de quelques dizaines de minutes face à un feu de cette taille. L'objectif est d'augmenter les capacités...

Il faut moderniser la sécurité civile. La loi Matras l'a rappelé en 2021. On a besoin de ces lois et qu'elles soient appliquées.

Mais il ne faut pas éluder les mécanismes de prévention. 1 euro mis dans la prévention, c'est 5 à 15 euros évités au moment de l'aléa. 5 euros si on ne compte que les dégâts matériels et jusqu'à 15 euros si on compte la santé mentale des populations.

Imaginez toutes les personnes qu'on a dû évacuer, qui ont perdu leur maison, ce que ça représente sur la santé mentale, sur la dépression, les suicides, les arrêts de travail qui vont arriver par la suite et qui ne seront pas comptabilisés forcément dans les coûts. C'est ça qu'il faut intégrer au coût de ces catastrophes. - A.-E.Lemoine: Certains des premiers sinistrés ont pu retrouver leur maison dans les Pyrénées-Orientales. - L.Sénéchal: Même si le feu n'est toujours pas fixé.

Les pompiers ont réussi à sécuriser plusieurs communes. 10 000 habitants ont pu rentrer chez eux. Si leur maison est intacte, ils sont submergés par l'émotion. - On le voit à la télé, mais on ne pense pas que ça peut nous arriver.

Excusez-moi. Je suis une femme très sensible, en plus. On est soulagés. - Allez, on est rentrés. - L.Sénéchal: Vous allez voir une maison qui reste debout au milieu des cendres.

Certains habitants ont voulu lutter jusqu'au bout eux-mêmes, parfois seuls, en dépit des appels à évacuer. - J'ai surtout arrosé tout le bas. Le feu est venu comme ça et a pris le coin.

Après, il s'est propagé. - Vous avez conscience que c'était dangereux de rester? - J'ai dit à ma femme de partir avec les chiens et que, quand ce serait le dernier carat, je partirai. - L.Sénéchal: Les agriculteurs ont aussi prêté main forte dans le Loir-et-Cher.

Ils ont creusé des sillons autour des habitations pour créer une sorte de zone tampon. - Merci. - On est arrivés, toutes les maisons étaient encerclées.

Le feu arrivait de par-là. On a fait des pare-feux autour des maisons. On a sauvé 3 ou 4 maisons. - L.Sénéchal: Et les moissons, particulièrement dangereuses en ce moment...

Le blé est très sec. La moindre étincelle peut tout embraser, comme on l'a vu dans la Marne. - N.Berrod: Il y a ces images très impressionnantes à chaque fois qu'on a des incendies de végétation.

Chaque fois, c'est un miracle qu'il y ait si peu de victimes mortelles. Les habitants, c'est extrêmement rare qu'ils meurent des flammes. Beaucoup de prévention est faite.

Les pompiers convainquent la majorité des gens à quitter leur habitation. - L.Sénéchal: Il y a à peu près 450 morts à cause du feu chaque année. - N.Berrod: Quand on compare la chaleur en tant que telle...

La canicule tue de façon invisible des milliers de personnes chaque été. C'est incomparable avec ces incendies qui donnent des images impressionnantes. Par contre, on a des réfugiés climatiques.

Des feux de forêt, il y en a toujours eu. Dans les années 50-60, il y en a toujours eu. Mais le changement climatique, en rendant les canicules plus intenses, plus sévères, plus longues, accentue le risque de départ de feu.

Pour boucler la boucle, les conditions météo ont beau être propices à un départ de feu, il faut qu'il y ait cette étincelle, d'où cette prévention capitale. L'immense majorité des départs de feu est d'origine humaine. Sans étincelle, moins de risques que ça commence à brûler.

Même si le risque est élevé, raison de plus pour tout faire pour que ça ne parte pas en fumée. - L.Sénéchal: 72 départements en vigilance orange canicule.

Quasiment les trois quarts du pays sont en alerte à partir de demain. C'est déjà la 3e canicule depuis le début de l'année après celles de mai et de juin. 40 degrés ont encore été dépassés dans le Sud.

Ca va durer combien de temps, cette canicule? - N.Berrod: Sans jouer les oiseaux de mauvais augure, ça ne fait que débuter.

On n'en voit pas la fin et le plus chaud est à venir. - L.Sénéchal: On parle de cette canicule. - N.Berrod: Il y a une sorte de couvercle qui recouvre la France.

Cette chaleur est enfermée. Ce qui va se passer, c'est qu'à partir de ce week-end, il devrait y avoir une remontée d'air chaud en provenance du Sahara. On a une goutte froide, une sorte de bloc d'air froid au large du Portugal.

Ca va faire un effet de pompe à chaleur. Ca va faire remonter de l'air très chaud du Sahara vers la France. Les températures vont encore monter d'un cran à partir de samedi-dimanche.

On n'en voit pas encore la fin. Le pic pourrait être entre dimanche et mercredi, selon les régions. J'espère qu'il y aura des orages qui vont rafraîchir et mettre fin à cet épisode, mais on a une 3e canicule exceptionnelle pour cette année.

Ce début d'été est un record à tous les niveaux. Tous les jours, des records mensuels sont battus de parfois 2 ou 3 degrés. Les trois quarts de la France sont en vigilance orange.

Il y aura peut-être des vigilances rouges déclenchées ces prochains jours...

D'où la nécessité de s'adapter le mieux possible. - P.Cohen: On aura aussi un phénomène El Nino particulièrement intense cet été. - N.Berrod: Qui aura des conséquences cet été en France et dans le monde. - G.Musquet: Le sujet pour nous est de traverser ces prochains jours.

Il n'y a pas que la France qui subit tout ça. J'ai des personnes en très bonne santé qui ont la trentaine ou la quarantaine et qui, déjà la semaine dernière, ont fait des crises d'angoisse en apprenant qu'il allait y avoir des canicules cette semaine, potentiellement. La solidarité...

S'héberger les uns les autres...

Il faut faire la même chose en cas de canicule. Ceux qui peuvent héberger des personnes, temporairement, pour avoir des températures plus fraîches la nuit, ou avoir la possibilité de se reposer...

Aménager les temps de travail, avoir des endroits propices à la sieste, des endroits réfrigérés, tout ça ne s'improvise pas. Ca s'organise, mais c'est des choses à mettre en place pour soulager au maximum tout le monde. - A.-E.Lemoine: Et éviter au maximum la surmortalité.

Le bilan n'est toujours pas officiel. - L.Sénéchal: 2025 morts rien que la semaine du 22 juin.

Parmi les victimes, Louisette, 93 ans, morte parce qu'elle n'avait pas de volets depuis un an à cause des travaux dans son immeuble. Les volets ont été retirés et n'ont jamais été remis. Elle est morte de chaleur.

Sa voisine venait la voir tous les jours pour lui apporter à boire. Elle a découvert le corps. - J'ai forcé sur le ferme-porte.

J'ai écarté le plus possible. Par miracle, j'ai réussi à pousser et à entrer. J'ai découvert Louisette allongée au sol en plein milieu.

Je soupçonne qu'elle est tombée et qu'elle n'a jamais pu se relever. Louisette, sous prescription médicale, avait des volets électriques sur les 2 fenêtres. Quand ils les ont changés, ils ont déposé les volets et ne les ont pas remis.

Il faisait 34 degrés avant la grosse, grosse chaleur. Pendant que chez moi, il faisait 26, chez Louisette, il faisait 34. - L.Sénéchal: Une mort emblématique de cette canicule qui tue les plus isolés. - Si elle avait eu ses volets, la température ne serait pas montée.

Ca faisait 60 ans qu'on se connaissait. Elle ne demandait jamais rien à personne. Elle était toujours prête à donner un coup de main à quelqu'un, à rendre service.

Quand elle a demandé quelque chose, ça n'a pas été fait. C'est dommage. - L.Sénéchal: Cette histoire, c'est celle de toutes les victimes de la canicule? - N.Berrod: Elle est emblématique.

On a une surmortalité en Ehpad, mais c'est à domicile qu'elle est la plus importante. On a une estimation très parcellaire. Il y a des estimations qui montrent qu'on sera autour de 5000 ou 6000.

C'est autant que l'été dernier, mais moins que les 15 000 décès attribués à la canicule d'août 2003. Il y a cette nouvelle canicule qui arrive...

Cette histoire est emblématique de la maladaptation de nos logements. Pour avoir une note positive...

Cette canicule débute, mais on en verra le bout. On espère qu'on aura des périodes plus fraîches, même si on ne sait pas encore comment. Surtout, il y a plus d'entraide qu'il y a 2 semaines.

Autour de moi, je vois que les gens s'équipent, réfléchissent, quand ils peuvent, à aller passer cette période dans des logements plus frais. Il y a plus de préparation qu'il y a 2 semaines. Surtout, il faut en tirer des enseignements pour les prochains étés. - G.Musquet: Au niveau des élus, s'entraîner, c'est important.

J'espère que l'année prochaine, on aura des exercices canicule. On a des droits individuels à la formation. Ces exercices peuvent ne pas rentrer dans le budget de la commune.

Cette solidarité est individuelle, mais peut aussi s'organiser à l'échelle des communes dans le cadre d'exercices pour voir ce à quoi on n'aurait pas pensé, quel quartier, quelle école, quelle entreprise aurait pu aider...

Je rappelle le droit individuel à la formation des élus, c'est la Cour des comptes qui prend en charge ça et ça n'entre pas dans le budget des communes. - A.-E.Lemoine: La chaleur perturbe aussi le Tour de France. - L.Sénéchal: Rebaptisé le "Four de France" dans "Le Parisien".

Il fait 40 degrés à l'ombre et plus sur l'asphalte surchauffée. Le public a été écarté d'une étape. Le peloton est un gros consommateur de glaçons. - On met beaucoup de glaçons, des ice socks.

On a beaucoup de bidons. On va essayer de vraiment se refroidir au maximum. - Vous récupérez où, les glaçons? - Partout.

A l'hôtel, au départ, au magasin...

On cherche partout. - L.Sénéchal: Regardez comment les coureurs se rafraîchissent.

T.Pogacar a droit au bain glacé individuel. Les autres se contentent d'un bassin commun pour tremper les avant-bras ou sucent des glaçons.

Le Tour de France est carrément menacé par la canicule. - N.Berrod: Pour cette édition, la question d'annuler des étapes, de décaler des horaires va se poser.

Les étapes qui viennent, on prévoit parfois des 40 degrés à l'arrivée comme au départ. - P.Cohen: La crainte des organisateurs, c'est qu'il y ait un drame. - N.Berrod: Pour les coureurs, pour les spectateurs...

Je ne suis pas là pour dire qu'il faut annuler des étapes, mais la question a déjà été posée et va se poser d'autant plus. Pour l'avenir, est-ce qu'il faut faire des étapes qui débutent plus tôt le matin? Faut-il faire un calendrier qui démarre plus tôt dans la saison?

Des enseignements seront à tirer. - L.Sénéchal: C'est dangereux pour les coureurs. - N.Berrod: C'est vrai, mais ils ont fait des stages d'entraînement à la chaleur.

Ils sont beaucoup, les cyclistes, à dire que c'était un four. Il y a aussi tous les suiveurs qui ont peut-être moins d'équipements. - A.-E.Lemoine: La mer aussi se réchauffe. 27 degrés attendus sur l'Atlantique.

Merci à tous les 2 d'être venus ce soir. Merci, J.-P.Tanguy.

Dans un instant, S.Yacoub, C.Chamoux, O.Côte, A.Besson et L.Suarez.

L'OEil de Pierre avec M.Jagger et le Pas de côté de Patrick.

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