Annie Genevard - Le Barbier du matin du 12/12/23
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Chapitres
Répartition du ton (temps de parole politique)
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Questions et réponses
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- 0:07OuverteRéponse directe
Après cette journée historique hier à l'Assemblée, vous avez donc voté, vous comme beaucoup de députés LR, la motion de rejet. Avez-vous hésité ?
- 0:30RelanceRéponse partielle
C'est non pas une alliance, mais une addition quand même avec les extrêmes et les filles RN.
- 0:59ComplaisanteRéponse directe
C'est ce qui était arrivé en 1998 d'ailleurs sur le PACS.
- 1:31OuverteRéponse partielle
Mais une partie des milieux économiques réclament parce qu'il s'agissait de régulariser des gens qui travaillent et qui respectent la loi.
- 2:13OuverteRéponse directe
Le site internet de l'Express raconte que jeudi dernier, Benjamin Lucas est venu vous voir et vous a dit « je ne ferai pas de provocation dans ma défense de ma motion de rejet, je vais arrondir les angles pour que vous puissiez la voter ». C'est vrai ?
- 3:13OuverteRéponse partielle
Alors, il y a vos convictions. Est-ce qu'il y avait aussi une dimension punition de Gérald Darmanin ?
Affirmations vérifiables (citations exactes)
- 1:01Invité politiqueFait
« Ce texte était un texte de gauche qui a installé finalement le principe de la régularisation des étrangers en situation irrégulière »
- 1:22Invité politiqueFait
« Quand il arrive en 1981, une des premières décisions est une régularisation massive des sans-papiers. »
- 1:57Invité politiqueChiffre
« Ce qui est vrai, c'est que nous avons 6 millions de demandeurs d'emploi, dont 3 millions de chômeurs en catégorie A qui sont directement employables. »
- 2:04Invité politiqueChiffre
« Ce qui est vrai, c'est que nous avons beaucoup d'étrangers réguliers qui sont au chômage. »
- 7:20Invité politiqueChiffre
« En 2022, on n'a jamais accepté autant d'étrangers sur notre sol qui s'ajoutent aux 700 à 900 000 étrangers en situation régulière. »
- 7:30Invité politiqueChiffre
« 70% des demandeurs d'asile sont de faux demandeurs d'asile. »
- 7:47Invité politiqueChiffre
« 96% des déboutés du droit d'asile restent en France. »
- 11:30Invité politiquePromesse
« Nous avons dit que si on la modifie, c'est avec le texte de Simone Veil. Tout le texte de Simone Veil et rien que le texte de Simone Veil. »
Temps de parole
- Annie Genevard85 %
- Présentateur14 %
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Bonjour. Et merci beaucoup d'être là. Après cette journée historique hier à l'Assemblée, vous avez donc voté, vous comme beaucoup de députés LR, la motion de rejet. Avez-vous hésité ?
Alors oui, bien sûr, il faut peser les choix que l'on fait, surtout un choix aussi fort. Donc il faut en mesurer la portée, les conséquences. Donc c'est un choix qu'on a fait en gravité, en responsabilité.
C'est non pas une alliance, mais une addition quand même avec les extrêmes et les filles RN.
Ça n'est certainement pas une alliance. En fait, il faut comprendre ce qu'est une procédure législative de rejet. On peut rejeter un texte pour des raisons totalement différentes. Il ne faut voir aucune espèce de sympathie de notre part pour les thèses de la France insoumise ou de certains responsables politiques de l'Assemblée nationale. Donc la motion de rejet, ça permet de dire non à un texte.
C'est ce qui était arrivé en 1998 d'ailleurs sur le PACS.
Exactement. Nous avons dit non au texte sorti de la Commission parce que ce texte était un texte de gauche qui a installé finalement le principe de la régularisation des étrangers en situation irrégulière, s'inscrivant ainsi dans une longue lignée de gens de gauche, de responsables de gauche. Je pense à Mitterrand. Quand il arrive en 1981, une des premières décisions est une régularisation massive des sans-papiers. Et ça n'a pas cessé depuis.
Mais une partie des milieux économiques réclament parce qu'il s'agissait de régulariser des gens qui travaillent et qui respectent la loi.
Alors les milieux économiques ne disent pas tous la même chose. Alors singulièrement, vous pouvez avoir ici ou là des entreprises qui demandent à garder une main d'œuvre irrégulière, qu'ils n'auraient jamais dû embaucher d'ailleurs parce que c'est interdit par la loi. Mais les responsables, les représentations syndicales du patronat ne le demandent pas officiellement. Ce qui est vrai, c'est que nous avons 6 millions de demandeurs d'emploi, dont 3 millions de chômeurs en catégorie A qui sont directement employables. Ce qui est vrai, c'est que nous avons beaucoup d'étrangers réguliers qui sont au chômage. C'est là qu'il faut aller mobiliser des ressources humaines qui manquent.
Le site internet de l'Express raconte que jeudi dernier, Benjamin Lucas, qui portait cette motion de rejet pour la NUPES, est venu vous voir et vous a dit « je ne ferai pas de provocation dans ma défense de ma motion de rejet, je vais arrondir les angles pour que vous puissiez la voter ». C'est vrai ?
Oui, oui. En effet, parce que pendant l'examen du texte en commission, nous nous sommes beaucoup affrontés avec Benjamin Lucas qui n'avait pas de mots assez durs à notre égard. Et donc, je l'ai souvent repris. Et c'est lui qui m'a abordé dans les couloirs de l'Assemblée pour me dire cela. Mais je crois que dès lors qu'on avait pris la décision de rejeter le texte de la commission, c'était indépendant de ce que pouvait dire la France insoumise ou la NUPES, « nous, nous avons rejeté le texte au nom de nos convictions et pas par sympathie avec les écolos en l'espèce ». Je rappelle que nous avions déposé une motion de rejet et le tirage au sort ne nous a pas été favorable.
Alors, il y a vos convictions. Est-ce qu'il y avait aussi une dimension punition de Gérald Darmanin ? Parce qu'il vous a trahié en 2017 et parce que ses méthodes dans la négociation, c'était un peu la carotte et le bâton tout le temps ?
Alors, à mes yeux, absolument pas. Ce serait mesquin et ce ne serait pas à la mesure des enjeux du sujet. Donc, il n'y avait absolument pas d'acrimonie particulière à l'égard de Gérald Darmanin, qui, d'ailleurs, avec la plupart d'entre nous, a une attitude plutôt sympathique. Ce n'est pas le sujet. Le sujet, c'était vraiment la faute originelle du gouvernement et d'avoir mis dans ce texte, qui était censé être plus ferme, des mesures d'assouplissement. On ne peut pas être ferme et souple à la fois. Et puis, chez Gérald Darmanin, une faute originelle qui consiste à dire « oui » à un texte de droite au Sénat et « oui » à un texte de gauche. C'est la fin du M1 et en même temps.
Ah ben oui, c'est le « en même temps » qui peut, en la matière, ne pas fonctionner du tout.
Il a dit autre chose hier. Il a dit « si vous rejetez ce texte, si on ne peut pas en débattre et le voter, si demain il y a un attentat commis par quelqu'un qu'on aurait pu expulser avec ce texte, vous en serez responsable. » Vous entendez cet argument ?
Je trouve très choquant ce propos de Gérald Darmanin. Je le trouve très choquant à plusieurs titres. D'abord, en France, il n'y a pas de mandat impératif. Il n'y a pas de mandat impératif de la part des électeurs à l'égard des personnes qu'ils ont élues, mais il n'y a pas de mandat impératif non plus d'un ministre au député. Je rappelle quand même l'indépendance des pouvoirs. L'exécutif n'a pas à exercer un chantage sur les parlementaires en leur disant « si vous votez comme ci ou si vous ne votez pas comme ça, vous serez responsable. » Je trouve ça vraiment tout à fait... Pour moi, c'est un dérapage.
Deuxièmement, on pourrait lui retourner l'appareil en lui disant « parmi les gens que vous allez régulariser, s'il y a de futurs délinquants, s'il y a de futurs criminels, s'il y a de futurs radicalisés prêts à commettre des attentats, est-ce qu'on ne viendra pas vous chercher en responsabilité ? » Donc je pense que ce n'est pas la bonne façon d'employer le sujet. Et je récuse cette approche. Je crois que ce qu'on veut, ce que les Français veulent, et ils le disent massivement, c'est une loi efficace.
Alors une loi efficace, qu'est-ce qu'on fait maintenant ? On va en commission mixte paritaire, peut-être dès lundi, puis entre LR et majorité, on se met d'accord ?
Moi je pense que notre pays est épuisé par ces questions. Il voit se multiplier les signes de radicalisation, le communautarisme est désormais un fait social majeur dans notre pays. Il y a eu des événements sanglants tout récemment encore, la mort du jeune Thomas, l'attentat d'Arras, celui de Paris qui a coûté la vie à un touriste. Chaque fois, il est question parfois de Français, c'est vrai, mais issus de l'immigration, qui se sont progressivement éloignés de la communauté nationale. Donc les Français sont conscients du péril devant lequel se trouve notre pays, et ils veulent une loi ferme.
J'attire quand même l'attention de vos auditeurs sur le fait que cette loi dont nous voulons la fermeté pour résoudre les problèmes, et éviter le racisme, parce que moi je suis persuadée que la xénophobie se nourrit du laxisme, et pas l'inverse. Mais elle ne résoudra pas tout pour autant. Vous voyez, hier, le Conseil d'État a ordonné à l'État français, à ses frais, de rapatrier un citoyen ouzbé que nous avions expulsé pour radicalité islamiste. Le Conseil d'État a considéré que cet homme risquait un traitement dangereux et dégradant dans son pays, et qu'il devait être rapatrié en France. Vous voyez les limites de l'exercice d'une loi simple, il nous faut une loi constitutionnelle.
Donc vous ne renoncerez pas à cette loi constitutionnelle ? On ne renonce pas à cette loi constitutionnelle, et je vais même aller plus loin. Je suis absolument convaincue que le gouvernement y viendra, un jour ou l'autre. Parce que les problèmes que nous connaissons ne vont pas aller en s'améliorant, enfin en s'amoindressant. Les problèmes vont aller en s'aggravant sous l'effet d'un flux de plus en plus important d'étrangers, dont on ne sait pas mesurer la capacité d'intégration ou la dangerosité. Songez qu'en 2022, on n'a jamais accepté autant d'étrangers sur notre sol qui s'ajoutent aux 700 à 900 000 étrangers en situation régulière.
Un chiffre encore, je ne veux pas vous assommer de chiffres, mais il faut savoir que 70% des demandeurs d'asile sont de faux demandeurs d'asile. Et parmi eux, la majorité, quasiment la totalité, va rester en France. 96% des déboutés du droit d'asile restent en France. Vous voyez bien qu'on est là devant une impasse.
Ça sera une sorte de Frexit, comme l'on dit, si on fait cette loi constitutionnelle qui nous désengage du respect des directives européennes.
Alors, bien sûr que non. La France est pays fondateur de l'UE. Il est hors de question de quitter l'UE, ni même de prendre des distances avec ses fondamentaux. Simplement, je pense que, et je reprends le mot de Weber, l'UE n'a pas été conçue... Il y a eu l'impensée des nations. Je reprends ces mots. L'impensée des nations. Quand on a bâti l'UE, on n'a pas pensé à équilibrer les choses entre un idéal européen, une construction européenne et le nécessaire respect des nations. Et je crois qu'il y a des pays européens qui ont su faire valoir des positions nationales au nom de leurs intérêts.
Je pense à la Suède, je pense au Danemark, je pense même à l'Allemagne, qui a fait valoir aussi son point de vue en matière financière et bancaire. Nous, nous devons explorer toutes les possibilités du droit européen pour faire valoir notre intérêt. Et puis, quand nos intérêts fondamentaux sont menacés, il faut savoir protéger les Français. C'est le devoir des politiques.
Alors, on avait l'évoqué dans sa chronique. Il y a un scandale au collège à quartier d'Issou, dans les Yvelines. Ces élèves qui ont protesté parce qu'on leur a montré un tableau du 17ème, d'Yanné Actéon, avec des femmes nues. Les élèves musulmans crient au racisme. Gabriel Attal s'est rendu sur place. Il a promis la fermeté. Ça vous inquiète ?
Ça me paraît être dans le droit fil de ce que nous observons depuis un moment à l'école. Quand vous songez qu'un professeur sur deux s'autocensure, c'est-à-dire ne parle pas des sujets qui pourraient émouvoir les élèves de confession musulmane, je dirais que le problème est déjà bien installé. C'est ça le communautarisme ? C'est ça le communautarisme. Si vous ne pouvez plus étudier certaines œuvres, si vous ne pouvez plus parler de certains épisodes historiques, on est ce matin sur Radio J, par exemple la Shoah, il y a des professeurs qui ont renoncé à enseigner la Shoah. C'est quand même absolument tragique. Là, il faut la fermeté. Là, il faut la fermeté.
C'est une œuvre du patrimoine de la peinture italienne. C'est une œuvre qui est emblématique de sujets traités dans la peinture. Sujets mythologiques. Les sujets mythologiques. Le nu en peinture, ce sont des scènes de genre. Mais ça en dit long sur deux points. D'abord le rejet de la culture européenne, parce que là, en l'espèce, c'est un peintre italien. Et puis le rejet de la femme. La femme se cache. La femme doit se cacher. Si elle se montre, c'est honteux, c'est tentateur. Je trouve que c'est vraiment la marque habituelle du mépris de la femme de la part des islamistes.
Alors la constitution va changer. Au Conseil des ministres, aujourd'hui, passe la loi qui doit faire entrer l'IVG, l'interruption volontaire de grossesse dans la constitution. Est-ce que les LR voteront ce texte quand il arrivera devant vous ?
Alors, les Républicains considèrent que c'est un droit qui n'est pas menacé. Et que la majorité a intégré, a internalisé, a fait sien un problème américain. Nul ne songe en France à revenir sur la loi. Mais on ne sait jamais.
Mieux vaut prévenir que guérir.
Écoutez, évidemment. Mais de toute façon, je pense qu'on a à l'égard de l'IVG une reconnaissance de ce qu'a fait Simone Veil, qui n'est remise en cause absolument par personne. Donc moi, je considère que la constitutionnalisation n'était pas utile. C'est la raison pour laquelle, en réponse à la majorité qui voulait absolument modifier la constitution en ce sens, nous avons dit que si on la modifie, c'est avec le texte de Simone Veil. Tout le texte de Simone Veil et rien que le texte de Simone Veil.
Annie Gennevar, merci. Bonne journée. Merci Christophe Barbier. Vous receviez ce matin Annie Gennevar, secrétaire générale des LR, députée LR du Doubs. Et ce n'est pas un hasard si Christophe a mis du rouge et du noir ce matin. Stendhal, le Doubs. Et oui, le 12 décembre. Verrière. Merci Christophe, à demain.
Annie Genevard