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interviewPublic Sénat — Bonjour chez vous !· 23 février 2026 22 min

François Patriat : « J’ai fait 50 ans de salon de l’Agriculture, il y a toujours eu des crises »

Audio original de l'émission.

Transcription Whisper (large-v3), avec identification des locuteurs. À recouper avec la source d'origine.

0:00
Présentateur

Vous écoutez Bonjour Chez Vous, un podcast de Public Sénat. Bonjour François Patria. Bonjour. Merci beaucoup d'être l'invité de cet entretien sénateur de Côte d'Or. Vous êtes le patron du groupe RDPI Renaissance, les sénateurs macronistes. On va revenir sur le salon de l'agriculture, puisque vous êtes également ancien ministre de l'agriculture sur les municipales. Mais d'abord, l'actualité, c'est l'ambassadeur des États-Unis à Paris, convoqué au Quai d'Orsay hier pour ses propos après le meurtre de Quentin. Il ne s'est pas présenté. Est-ce que c'est une humiliation pour la France ?

0:38
François Patriat

Je pense que surtout, c'est de sa part tout à fait inadmissible. Vous savez, quand on se permet dans un pays de porter des jugements sur ce qui se passe à l'intérieur du pays, alors que dans son pays lui-même, savez-vous que le nombre de fumeurs, d'homicides aux États-Unis est six fois supérieur à celui de la France ? Donc venir donner ici des leçons dans un pays où on est l'autre, me paraît tout à fait à la fois inadmissible, inapproprié et pas correct.

1:07
Présentateur

– Et c'est pour ça qu'il avait été convoqué, sauf qu'il n'est pas venu. Est-ce que la France se fait marcher dessus par l'administration Trump ?

1:13
François Patriat

– Elle ne fait pas marcher dessus, il refuse de venir, bon, don't acte. Il n'empêche que le président de la République a dit ce qu'il avait à dire.

1:17
Présentateur

– Mais don't acte, ça veut quand même dire quelque chose de la France.

1:20
François Patriat

– J'entends bien, mais il est dans la méthode de son mentor, qui est M. Trump, qui est par ailleurs de sa famille. Et aujourd'hui, ce mépris pour l'Europe, il le dit sur tous les tons, il l'explique dans tous les interviews, il le fait. Bon, il se croit tout permis parce qu'il pense que, comme M. Trump, la loi c'est lui, l'ordre c'est lui, il le fait comme tel. Ça méritera sans doute des suites de la part du gouvernement français, compte tenu du fait qu'un ambassadeur qui ne répond pas à une invitation, c'est non seulement une maladresse, mais c'est une grossièreté.

1:56
Présentateur

– Pour le moment, la suite, la réponse de Paris, c'est lui interdire tout contact avec le gouvernement. Ça, c'est une réponse adéquate, c'est pas trop timide ?

2:04
François Patriat

Écoutez, c'est déjà un premier pas, on va voir effectivement, il a déjà été convoqué une fois, c'est pas la première fois. Je trouve son attitude inadmissible, à la fois blessante et contraire aux usages diplomatiques.

2:17
Présentateur

– Mais est-ce que ça ne dit pas quelque chose du fait que, pour les États-Unis, aujourd'hui, la France n'est plus une puissance, Emmanuel Macron, ce n'est pas un président fort ?

2:23
François Patriat

– Ce n'est pas, non, on ne va pas toujours venir à Emmanuel Macron. Ici, on ne peut pas parler d'autre chose, non. Je pense que c'est vis-à-vis de l'Europe. Aujourd'hui, le président Trump pense que l'Europe ne compte pas, le Paul pense qu'il est même un adversaire, qu'il veut affaiblir l'Europe. Tous les moyens sont bons pour affaiblir l'Europe. Raison de plus, pour que l'Europe soit unie, pour faire répondre d'une seule voix, et faire savoir à M. Trump, qu'elle n'entend pas aujourd'hui, se laisser dicter ses lois, ses désidératas. On l'a vu d'ailleurs sur les droits de douane.

2:52
Présentateur

– Justement, les droits de douane de 10% qui entrent en vigueur ce matin, comment répondre, et est-ce que l'Europe sera suffisamment unie et ferme pour répéter à Donald Trump ?

3:01
François Patriat

– Je crois que dans un premier temps, même si c'était compliqué, c'était difficile, l'accord qu'elle avait obtenu était un accord qui permettait d'éviter le pire. Mais vous savez comment fonctionne M. Trump ? Il fait le maximum pour revenir après et pour obtenir ce qu'il veut. Là, je pense que M. Trump a été en grave difficulté, mise en cause par une cour qui lui est théoriquement favorable, ça veut dire que quand même, les choses sont un peu dramatiques et graves, qu'il essaye de fonfaronner, comme il l'a fait de façon totalement décousue, dimanche soir, ou samedi soir, pardon. Et je crois qu'aujourd'hui, il nous faut toujours répondre d'une seule voix qu'il est possible de tenir tête à M.

Trump. Le président Macron l'a fait sur l'Ukraine, il l'a fait avec beaucoup de détermination, ça a été salué par tous les alliés, tous nos partenaires, et bien il faut qu'on fasse de même sur les droits de douane. – Des droits de douane qui… – Qui coûtent cher aujourd'hui, parce que personne ne sait comment, il va falloir rembourser, ce qu'il a prélevé. Et des droits de douane, en fin de compte, qui lui coûtent cher à lui aussi, puisqu'ils coûtent très cher aux Américains, et que l'inflation monte aux États-Unis, que la vie est chère, et que la contestation monte chez lui. Moi, je pense que dans un an, M. Trump sera dans de graves difficultés.

4:08
Présentateur

– Des droits de douane qui impactent certains secteurs agricoles. Sébastien Lecornu est ce matin au Salon de l'Agriculture, à la rencontre de nos agriculteurs qui connaissent de multiples crises. Et je le disais, vous avez été ministre de l'Agriculture, François Patria. Est-ce que les quinquennats d'Emmanuel Macron ont été un échec sur le plan agricole ?

4:24
François Patriat

– Alors écoutez, je vais vous dire, je suis élu depuis maintenant presque un demi-siècle. Pendant ce demi-siècle, j'ai fait les salons de l'agriculture tous les ans. Tous les ans, j'ai connu des difficultés, et tous les ans, il y a eu des crises. Mais les crises comme celles-là, il y en a eu peu. Je pense que dire que le quinquennat d'Emmanuel Macron n'aurait pas été favorable à l'agriculture, c'est un contresens et un non-sens. Je pense que les grandes lois que nous avons… Par exemple, je vous prends trois sujets sur l'agriculture. La retraite, portée au SMIC, personne ne l'avait faite, tout le monde l'avait demandée depuis des années.

L'assurance récolte, c'est une mesure aujourd'hui, dans les conditions climatiques qu'on connaît, de permettre de sauver les récoltes, de sauver l'agriculteur. C'est nous qui l'avons votée. La loi Egalim, elle n'a pas totalement réussi ce vote. Mais elle permet aujourd'hui aux éleveurs de viande de gagner beaucoup mieux leur vie. Et elle permet aujourd'hui à la viande de se tenir très bien. Jamais, les cours de la viande n'ont été aussi dramatiques. Il y a la dermatose à côté, il y a un problème sanitaire. Mais sur le plan économique des couloirs, ça a été fait. Sur le plan fiscal, il y a eu des mesures qui ont été faites pour des provisions, pour des calés, qui sont importantes.

Sur le plan de l'environnement, sur le plan des aides aux agriculteurs, y compris pour s'améliorer pour les structures, nous l'avons fait. Une loi agricole, nous l'avons fait. Je ne suis pas sûr, dernièrement encore, 300 millions de décidés par le ministère de l'Agriculture et le gouvernement pour pouvoir faire face aux crises immédiates. Que c'était dans les crises viticoles, que c'était dans les crises diverses, aujourd'hui, il y a les filières qui se portent mieux, il y a les filières qui ont des difficultés. Dans l'agriculture, il y a toujours des crises. Toujours, toujours. C'est un ministère de crise.

5:55
Présentateur

Mais il y a aussi des réponses structurelles qui n'ont toujours pas, des problèmes structurels qui n'ont toujours pas trouvé de réponse. La question du revenu des agriculteurs, qui reste encore un sujet. Les questions environnementales. Pas d'interdiction sans solution, ça. Il n'y a toujours pas de réponse. Est-ce qu'Emmanuel Macron, il a beaucoup promis, il a eu beaucoup de mots, mais finalement, il n'y a pas eu beaucoup d'actes et de faits concrets derrière ?

6:16
François Patriat

Il y a eu énormément d'actes. Et ceux qui veulent bien réfléchir, aujourd'hui, le Conseil. J'en ai parlé avec le président de la FMSU, j'en ai parlé avec des responsables agricoles de mon territoire, que je rencontre chaque mois à côté. D'abord, honnêtement, citez-moi un président de la République qui a eu autant d'égards avec l'agriculture et qui a pris autant de temps au Salon de l'agriculture.

6:36
Présentateur

– Mais c'est un peu ce qu'il dit des agriculteurs, qu'il a beaucoup parlé. – Non, non, non, il n'a pas beaucoup. – Au début, il y a eu les états généraux de l'alimentation. – Il ne faut pas dire qu'il a parlé. – Et finalement, derrière, il n'y a pas eu beaucoup de faits concrets.

6:45
François Patriat

– Non, mais il ne faut pas dire qu'il a parlé. Moi, j'ai encore fait ce Salon, l'ouverture avec lui, samedi, filière par filière. Que c'était la filière volard, la filière pêche, la filière mouton, les filières tout. Il a apporté des réponses positives, de mesures qui ont été prises. De mesures qui ont été prises. Regardez, les syndicats sont très mécontents de le traitement de la dermatose. Heureusement, heureusement, qu'on a appliqué l'abattage systématique que contestent les syndicats agricoles aujourd'hui. Maintenant, il n'y a plus de cas de dermatose à l'heure actuelle. Il y en aura peut-être au printemps. Mais là, il n'y en a plus. Heureusement qu'il a été ferme.

Je pense que, d'abord, il est très attaché au monde rural. Deuxièmement, je ne connais pas un président qui connaisse les problèmes agricoles comme il les connaît et qui est tenté d'y répondre. Nous l'avons répondu par des lois importantes. Je vous assure, par des lois importantes et par des mesures à son prix. Mais il faut tenir compte du fait aussi que vous avez évoqué le problème des difficultés. Je crois que la complexité. Il y a un problème sur lequel, effectivement, on a échoué. Je crois qu'on n'est pas capable, aujourd'hui, de simplifier les procédures pour le monde agricole. C'est de ça, c'est de l'exaspération.

Elle vient surtout, parce que les problèmes des revenus ont toujours été redondants, mais elle vient surtout des difficultés que rencontre l'agriculture face aux administrations. Et là, effectivement, je pense qu'on n'a pas été assez ferme. Le chef de l'État n'a pas été assez ferme pour pouvoir simplifier, penser qu'un viticulteur, aujourd'hui bourguignon, doit déclarer à 27 organismes les douanes, la fiscalité, l'agriculture, l'environnement. Et que c'est très, très compliqué. Et que les normes, on leur implique. Et qu'aujourd'hui, les normes administratives sont vraiment trop exagérées et qu'il faut à tout prix revenir sur ce sujet.

8:30
Présentateur

– Mais il n'y a pas que ça. – C'est d'ailleurs une partie du bien. – Si les problèmes avaient été résolus, il n'y aurait pas besoin d'une nouvelle loi d'urgence agricole. Il y en a une qui est prévue, qui serait examinée au Sénat en juin. Qu'est-ce que vous en attendez ?

8:39
François Patriat

– J'étais moi-même rapporteur d'une loi agricole sous M. Le Pasec. Des lois agricoles, on en a faites tous les ans. – Mais justement, pourquoi il y a besoin d'une nouvelle loi

8:48
Présentateur

si les problèmes avaient été résolus ?

8:50
François Patriat

– Parce que nous pensons aujourd'hui encore que dans la gestion de l'eau, dans la gestion de l'énergie, dans la gestion de la diversification, il y a des moyens d'importer les revenus nouveaux et supérieurs au monde agricole et qu'il faut les faciliter.

9:03
Présentateur

– Mais il y a aussi dans cette loi des choses prévues sur le revenu, l'équilibre entre producteurs, distributeurs. – Les problèmes sont encore là, François Patria.

9:11
François Patriat

– Non, mais une partie des problèmes ont été résolus. Le revenu des agriculteurs, qu'on le veut, non, regardez, la PAC, tout le monde pensait que la PAC s'était sauvée. Emmanuel Macron s'est battu comme la PAC, comme personne, mieux même que Jacques Chirac, beaucoup mieux. On a conservé les crédits de la PAC et on va les conserver en fond.

9:27
Présentateur

– Mais vous pensez qu'il va y arriver là, à Bruxelles ?

9:29
François Patriat

– Mais bien sûr qu'il va y arriver.

9:29
Présentateur

– Il est en position, il a assez de poids pour défendre la PAC française ?

9:33
François Patriat

– Mais bien sûr qu'aujourd'hui, le président de la République saura défendre la PAC comme il l'a fait, comme il a été ferme sur le Mercosur.

9:38
Présentateur

– Oui, avec le résultat qu'on connaît. Il a peut-être été ferme, mais le Mercosur, il va être appliqué. Est-ce que sur la PAC, il obtiendra plus de résultats ?

9:45
François Patriat

– D'abord, pour l'instant, il n'est pas encore appliqué aujourd'hui. On pourrait parler du Mercosur, si vous le souhaitez, plus longuement. Mais je pense que lui, en tout cas, a été ferme. Il faut voter à plusieurs. Il ne peut pas voter pour les Roumains, pour les Polonais ou pour les Italiens. Donc la France, elle, a été ferme. L'appel a été fait contre cette décision aujourd'hui. – Oui, le Mercosur, il faut en parler plus largement.

10:07
Présentateur

– Mais vous pensez qu'il ne sera pas appliqué ? Le Parlement européen a voté pour saisir la justice européenne. Est-ce que vous pensez que Ursula von der Leyen en tiendra compte ou que le Mercosur sera un débat ? – Je ne le vois pas.

10:19
François Patriat

Vous savez, sur le Mercosur, on est aussi dans l'irrationnel. Moi, j'ai connu une époque de ma vie parlementaire où il y a eu des morts, des manifestations dans le sud de la France, dans le midi, terribles, lorsque l'Espagne et le Portugal sont entrés dans le marché commun. Les Français disaient que c'était la ruine, qu'on allait tout perdre, qu'on n'allait pas y arriver, que ça ne pouvait pas marcher. Regardez aujourd'hui, est-ce que maintenant, quelqu'un penserait à sortir l'Espagne ou le Portugal du marché commun ? Je crois qu'il faut garder un peu de raison, un peu de hauteur et voir quels sont les avantages.

Le problème du Mercosur, c'est le problème de l'importation de la viande aujourd'hui. Et l'importation de la viande ne viendra pas beaucoup. Ce que craignent les agriculteurs, c'est qu'on n'ait pas les moyens de contrôler ça. Je le comprends avec eux. Les moyens de contrôle, si on apporte des produits qui ne correspondent pas aux normes de notre pays. Donc, c'est là-dessus qu'il faut insister aujourd'hui. Le jour où on aura les moyens de contrôle des clauses miroirs que le chef de l'État a obtenues, alors on pourra avancer.

11:07
Présentateur

Un mot, un dernier mot sur le projet de loi agricole. Il est prévu au Sénat en juin. Pour le moment, il n'est pas prévu à l'Assemblée. Est-ce que vous le regrettez ? Est-ce que vous demandez au gouvernement de trouver une date rapidement ?

11:16
François Patriat

Je n'attends pas tout du projet de loi agricole. Il y aura dedans des mesures qui, j'espère, qui, j'espère, simplifieront la vie du monde agricole dans toute la partie administrative qu'il a aujourd'hui. Il contrôle. Je le souhaite. – Mais est-ce que vous souhaitez qu'il soit voté avant l'été ? Est-ce qu'il faut l'inscrire à l'Assemblée rapidement ? – Le temps parlementaire est toujours celui-là. D'abord, on a un agenda parlementaire qui est chargé, qui est nourri avec des textes importants, que ce soit sur les transports, que ce soit sur la fin de vie, que ce soit sur la Nouvelle-Calédonie, que ce soit… On a dit, important.

Bon, ce texte-là, le président et le Premier ministre ont voulu qu'il soit concerté pour qu'il soit efficace. Il faut qu'il réponde vraiment aux attentes. Pour qu'il réponde aux attentes, il y a quand même un temps de concertation pour qu'il soit rédigé avec le monde agricole, qu'on ne fasse pas une loi pour rien. Si on ne veut pas faire une loi pour rien, prenons le temps, prenons le temps. Il vaut mieux qu'elle soit votée six mois plus tard et qu'elle soit efficace, que six mois plus tôt et qu'elle soit inefficace.

12:14
Présentateur

– Avant la loi d'urgence agricole, la majorité sénatoriale a déposé une loi du plomb 2. Une partie de la première avait été censurée par le Conseil constitutionnel. Elle vise notamment à réintroduire un pesticide contesté, controversé, l'acétamipride. Est-ce que les sénateurs au naissance vont voter cette loi du plomb 2 ?

12:31
François Patriat

– Écoutez, je peux vous dire qu'il y en a certains qui l'ont votée, et je les comprends par ailleurs parce qu'ils pensent aujourd'hui qu'ils ont chez eux des productions qui vont mourir. – Vous allez la voter ? – Ceux qui produisent, je verrai comment va se passer le débat. Sur l'acétamipride, je pense que si Duplon fait son texte de loi sur l'acétamipride, il peut passer. Il peut passer, y compris à l'Assemblée. Il le fait par provocation aujourd'hui. J'ai bien compris qu'on n'a pas réussi, le challenge de dire pas de suppression sans solution. Et les solutions vont venir.

Il est aujourd'hui, moi je suis sur le monde agricole, je suis un grand défasseur du monde rural, j'en suis issu moi-même, mais je pense qu'il y a des sujets sur lesquels aujourd'hui, non seulement l'opinion publique, mais surtout la santé des Français est en jeu. – Mais c'est un texte de provocation ? – C'est un texte de provocation pour vous ? – Dans la loi Duplon, vous savez ce qu'il y a. Il y a, permettre à l'acétamipride d'un temps, donner le temps qu'on trouve une solution, c'est-à-dire 6 ans. Je l'ai voté en première lecture. Vous avez vu la réaction des Français, 2 millions de personnes ont signé, et les Français ne le comprennent plus.

Il risque d'y avoir demain un désamour de l'agriculture, alors qu'aujourd'hui les Français soutiennent leurs agriculteurs, si on continue à prendre des mesures qui vont les heurter. Je pense qu'il y a des molécules aujourd'hui, il y a des solutions malgré tout qui permettent d'avancer. Alors on me dit que sur l'arboriculture, il n'y en a pas. Je ne sais pas. Donc moi je comprends les sénateurs… – Donc vous hésitez à le voter en raison de ces 2 millions de personnes ? – Non, je serais plutôt sur l'abstention sur le texte pour ce qui me concerne. Voilà, je ne voterai pas contre parce qu'il y a dedans une exigence, je vous l'ai dit, de simplification, de normes.

Sur le problème de l'eau aussi, vous comprenez que sur le problème de l'eau, regardez ce qui tombe comme eau en ce moment. Regardez. Il est tombé 200 millimètres d'eau chez moi, au lieu de 100 millimètres pendant ces deux mois. Est-ce que cette eau de l'hiver n'est pas l'eau de l'été ? Est-ce qu'on ne peut pas mieux la stocker ? Est-ce qu'on ne peut pas faire mieux ? Des bassines, bien sûr je suis défenseur des bassines, il y a besoin, des rétentions d'eau à côté. Là, on est trop lent, il faut accélérer. C'est un sujet…

14:28
Présentateur

– Mais vous voyez, vous parlez des choses qui ont été promis et pas faites. Il y avait un Varenne de l'eau en 2021, conduit par Julien de Normandie, qui a travaillé sur ces questions, qui a abouti à la conclusion qu'il fallait mieux stocker l'eau. Qu'est-ce qui s'est passé ?

14:39
François Patriat

– On a autorisé des grandes méga-bassines, elles ont été autorisées. La multiplication des retenues collinaires se fait. Il y a une plus grande facilitation aujourd'hui pour le faire. Nous avons avancé dans le domaine. Pas suffisamment, mais nous avons avancé.

14:51
Présentateur

– Autre sujet, c'est Emmanuel Macron qui organise ce matin une réunion pour se pencher sur la lutte contre les groupes violents, ultra ou extrêmes après le meurtre de Quentin de Ranque à Lyon. Qu'est-ce que vous attendez de cette réunion ?

15:01
François Patriat

– D'abord, j'entends dire « le président s'occupe de l'international, il est déserté, il n'est plus audible, etc. » En plus, j'ai pu voir que l'accueil du président au salon de la culture n'était pas ce qu'on me dit tous les jours. Ça a été un salon qui s'est passé dans le calme, une discussion qui a été franche, des discussions qui étaient loyales, des contestations, mais ça s'est quand même bien passé. Contrairement à ce que j'entends tous les jours. Le président, il est dans son rôle. Aujourd'hui, quand on a des phénomènes de violence tels que ceux qu'on connaît aujourd'hui, si jamais il ne disait rien, on dirait « voilà, il est un international, ce qui se passe en France, il s'en fout.

» Or, le président, regardez, il alterne chaque semaine un déplacement international et pas des moindres. Il y va quand même pour des sujets sur lesquels il est écouté, entendu. Il vient d'aller en Inde pour vendre, pour des milliards de rafales en particulier. Il va retourner avec la commission des volontaires, la coaguline volontaire, pour parler de l'Ukraine et les leaders en la matière. Mais dans le même temps, mais j'en ai parlé avec lui récemment, il ne se désintéresse pas du tout de la vie intérieure. Il est allé chez ArcelorMittar la semaine dernière. Il est allé à Haute-Saône voir des agriculteurs il y a 15 jours.

Aujourd'hui, le problème de la violence dans ce pays, tout le monde le sait, il monte comme il monte ailleurs. Il y a des attentats aux États-Unis, il y a des attentats en Allemagne, il y a des attentats en Angleterre, il y en a partout. Chez nous, et le fait que dans notre société, il y ait des groupuscules capables de monter des factions, de monter des actes terroristes, de monter des actes homicides à côté, que le président de la République réunisse les ministres concernés pour savoir aujourd'hui comment on peut lutter contre cette violence politique, et je trouve que c'est une bonne chose.

16:33
Présentateur

Mais du coup, qu'est-ce que vous attendez

16:34
François Patriat

comme mesure concrète ? Il y aura sans doute des dissolutions dans l'Allemagne, je pense qu'il y en aura, il y aura des mises en garde, il y aura des mises en demeure, et j'espère qu'on supprimera certaines de ces lits qui aujourd'hui créent des drames et créent des ordres dans ce pays.

16:48
Présentateur

Est-ce que, comme l'a dit François Hollande hier, vous pointez la responsabilité morale de la France insoumise dans ce qui s'est passé à Lyon ?

16:54
François Patriat

Bien sûr, mais je pense, vous savez, je ne fais pas de part des choses. Je dis, vous savez, un jour, j'ai dit, je conteste totalement la position du Rassemblement national, mais nul ne dira jamais assez ce que Jean Mélenchon a fait de mal à notre pays. Pardon, pas Mélenchon. Mélenchon a fait de mal à notre pays. Donc, je crois aujourd'hui qu'effectivement, la France insoumise, par les liens qu'elle a avec la jeune garde, par la volonté qu'elle a de créer le chaos, elle a la volonté de créer le chaos, par tous les moyens de chaos. Et ce chaos, elle entend l'établir pour mettre un sentiment révolutionnaire.

Le schéma de Jean-Luc Mélenchon, c'est que l'extrême droite arrive au pouvoir et que demain, il y ait la guerre civile.

17:35
Présentateur

Est-ce que ça aura des conséquences politiques, notamment sur votre parti ? Aux législatives, il y a eu des désistements en faveur de candidats qui étaient aussi des candidats de la France insoumise pour faire barrage au RN. Est-ce qu'il en sera encore de même lors des prochaines élections ?

17:51
François Patriat

Pour ce qui me concerne, les choses sont claires. Je n'étais pas favorable au Front républicain. Je n'étais pas. J'ai pensé que d'avoir fait, aujourd'hui, d'avoir fait, là je vous le dis, c'est parce que c'est très grave, d'avoir fait voter des gens plutôt du centre ou de droite pour des gens d'extrême-gauche, ils s'en mordent beaucoup les doigts aujourd'hui et maintenant, ils n'hésiteront plus. On m'avait fait voter une fois pour des gens d'extrême-gauche, pour des gens qui aujourd'hui veulent le chaos, la révolution, l'islamo-gauchisme dans ce pays, je préfère voter pour un RN. Donc ça a été l'erreur de Gabriel Attal en 2024 ? Moi, je dis que je n'étais pas favorable.

Je ne dis pas que c'est Gabriel Attal. Je dis que le choix qui a été fait, je ne mets pas en cause les personnes en général, et surtout pas le président de mon parti. Mais je pense que le fait d'avoir fait le choix, je l'ai dit, je l'ai dit que l'erreur qui avait été commise en 2024, ce n'était pas la dissolution, c'était le Front républicain. Parce que là, on a totalement brouillé les cartes. On a fait voter des gens qui m'ont dit qu'ils ne recommenceraient jamais. On a fait voter des gens de droite pour des gens d'extrême-gauche, des ventes-gauches pour des gens de droite.

Certes, on a sauvé quelques députés d'un de mes partis auxquels j'appartiens, de Renaissance, mais il n'empêche que le résultat a été celui qu'on a à l'Assemblée nationale aujourd'hui.

19:01
Présentateur

Il y a un remaniement qui a été annoncé avant dimanche, au cours duquel notamment Rachida Dati devait quitter le gouvernement, puisqu'elle est candidate au municipal à Paris. Or, elle est encore là. C'est Rachida Dati aujourd'hui la chef du gouvernement ?

19:15
François Patriat

– Elle n'est pas chef du gouvernement, elle est ministre de la culture.

19:17
Présentateur

– Visiblement, elle décide du calendrier du remaniement.

19:20
François Patriat

– Non. D'abord, parmi les candidats qui sont aujourd'hui maires, aucune n'a démissionné. Pas plus Mme Lecoq que M. le ministre de la Ruralité ou que la ministre des Sports. Donc, la campagne, elle va commencer. Elle n'est pas commencée aujourd'hui officiellement.

19:38
Présentateur

– On est à trois semaines.

19:39
François Patriat

On peut être ministre et candidate ? – Bien sûr, bien sûr. Moi, j'ai été les deux dans une époque. Je me souviens. Ça, on peut faire tout à fait les deux. Et dans l'histoire de la République, j'ai connu même des premiers ministres qui étaient candidats. Attendez donc, des premiers qui étaient candidats. Souvenez-vous, vous avez le sentiment que M. Balladur était premier ministre et qu'il était candidat. On peut être ministre et candidat, oui. Rachida Dati a dit qu'elle quitterait le gouvernement. Elle le fera dans les heures qui viennent. et ne poussons pas l'excès…

20:08
Présentateur

– Vous savez quand aura lieu le remaniement ?

20:10
François Patriat

– Comment ? – Vous savez quand aura lieu ce mini-remaniement ? – Non, je pense qu'il aura lieu dans la semaine, ici. Il aura lieu cette semaine, avant la fin de la semaine. Mais que ce n'est pas un remaniement. Déjà, la ministre des Comptes publics a été nommée. Mme Lecoq a souhaité revenir au Parlement. Je le comprends par ailleurs. Donc, il y aura deux ou trois personnes. Et le fait que ça se fait, d'ailleurs, qu'un des ministres a déjà été remplacé, fait que ce sera un non-événement.

20:34
Présentateur

– Des municipales découleront les résultats des élections sénatoriales. Ce sera en septembre prochain. Est-ce que Renaissance réussira à regarder un groupe au Sénat ?

20:43
François Patriat

– Oui, je le comprends. D'abord, nous avons dix qui ne sont pas rééligibles. Donc, le groupe existe, déjà. Pour le reste, je regarde un peu… C'est compliqué. – Vous allez perdre des sénateurs ? Vous êtes inquiets ? – La dernière fois, j'ai fait campagne en me disant que tout le monde allait perdre. J'étais sénateur macroniste et je suis allé voir les maires. Je leur ai dit que ça va être compliqué de voter. Pour moi, M. le maire, je suis plutôt âgé, déjà. Je le reconnais. Et puis, je suis macroniste. On m'a dit, mais non, pas du tout. Ça ne me gêne pas.

21:10
Présentateur

– Ça veut dire que vous serez encore connu d'affaires ?

21:11
François Patriat

– On va attendre les élections municipales parce que c'est très mathématique. C'est très mathématique. – Si vous gagnez, vous y allez. Si vous gagnez, vous n'y allez pas. – Je regarderai quel est l'état des lieux. D'une part, j'ai encore en vie. Ensuite, je me sens encore à la force de le faire. D'un autre côté, il y a, de ma part, une chose qui me tient à cœur, c'est l'éthique. Et puis, les choses bien. Quand on a mon âge, aujourd'hui, je suis présenté aux élections. Est-ce que c'est éthique ? Est-ce que c'est noble ? Donc, j'hésite. – Donc, réponse début avril ? Réponse avril-mai, en même temps, j'ai jusqu'au 4 septembre.

21:49
Présentateur

– Vous viendrez nous le dire, on espère. Merci beaucoup. – Merci à vous. – Merci François Patria d'avoir été notre invité. Retrouvez l'intégralité de nos podcasts sur la plateforme Public Sénat. – Sous-titrage ST' 501

François Patriat : « J’ai fait 50 ans de salon de l’Agriculture, il y a toujours eu des crises » — François Patriat · Pourquijevote