Aurore Bergé : Nos combats pour la République.
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Chapitres
Répartition du ton (temps de parole politique)
Propositif 64 %Attaque 26 %Défensif 10 %
Questions et réponses
Taux de réponse directe : 100 % (directe = 1, partielle = 0,5, éludée = 0)
- 55:17OuverteRéponse directe
Quels sont les moyens concrets contre l'antisémitisme à l'école ?
- 56:37OuverteRéponse directe
Comment protéger la jeunesse juive dans les écoles ?
- 58:21OuverteRéponse directe
Quelles actions pour l'éducation nationale face aux problèmes évoqués ?
- 59:14OuverteRéponse directe
La répartition des votes aux législatives reflète-t-elle l'état d'esprit des Français ?
Affirmations vérifiables (citations exactes)
- 8:27Invité politiqueFait
« le moment il appelle du courage, il appelle de la clarté, il appelle aussi une capacité de construction qui me semble absolument déterminante »
- 9:54Invité politiqueFait
« L'universalisme républicain est la plus puissante des réponses que nous puissions apporter parce que justement l'universalisme est ce qui nous protège du communautarisme »
- 11:19Invité politiqueFait
« Le combat contre l'antisémitisme, c'est pas juste un combat existentiel et encore moins un combat communautaire. C'est un combat d'avant-garde en matière de démocratie. »
- 12:43Invité politiqueFait
« une lucidité implacable, une intransigence implacable avec celles et ceux qui cherchent à atteindre les fondements qui sont ceux et de la République et de la démocratie »
- 28:36Invité politiqueChiffre
« 93 % des communes françaises ont mis le RN en tête ce soir-là »
- 52:50Invité politiqueFait
« Je pense que ce clivage, il a jamais disparu. »
- 55:30Invité politiqueChiffre
« une subvention de 300000 € pour permettre à 60 élèves de se rendre dans des camps palestiniens »
- 1:01:10Invité politiqueFait
« ce sont pas des dérapages sur la France insoumise. Souvent, j'entends et je lis dans la presse, il s'agit de dérapage. Ce sont pas des dérapages, c'est une stratégie électorale. »
- 1:03:40Invité politiquePromesse
« la définition de l'Herra soit transmise à nos enseignants »
Temps de parole
- Aurore Bergé100 %
≈ 0,4 interruption / 10 min (chevauchements et interjections détectés).
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ess de tenir le temps. C'est ça une heure entre question de la salle grand max. Voilà. Bonsoir, bonsoir à toutes, bonsoir à tous. Merci d'être là. Bienvenue au centre culturel Anna Simon Draï, bienvenue à l'axile. Venez, installez-vous, nous allons démarrer. Ce soir, nous recevons madame Aurore Berger. Vous pouvez l'applaudir. [Rires] Madame la ministre, cher Berger, merci infiniment d'avoir accepté notre invitation. Euh nous vous suivons de manière régulière. Vous êtes ministre délégué en charge de l'égalité entre les hommes et les femmes et de la lutte contre les discriminations. Sujet qui évidemment nous tiennent à cœur ici en tant que communauté juive.
et euh préalablement vous étiez ministre des solidarités. Solidarité également et de la famille Solidarité également sujet qui nous tient particulièrement à cœur ici puisque nos actions vont dans le sens justement des des de la solidarité et du bien vivre ensemble. Alors vous allez pouvoir développer au côté de notre ami Michael Darmont. Tu es un peu chez toi Michael, je te souhaite la bienvenue également. les thèmes qui vous sont chers et qui sont euh qui sont développés dans votre ouvrage nos combats pour la République autour euh des trois grands piliers que vous soutenez. votre vision quelque part pour la République autour de de laïcité, de l'autorité, du progrès.
Vous pourrez développer sur ces sujets-là et naturellement l'auditoire sera extrêmement attentif et intéressé à échanger sur le sujet de la lutte contre l'antisémitisme qui vous tient à cœur. On a on a pour mémoire l'ensemble de vos interventions à l'Assemblée nationale dans ce sens et également évidemment voilà notre rabin nous rejoint et et également tout ce qui concerne naturellement l'égalité sujet qui vous tient particulièrement à cœur. Voilà, je vous souhaite une bonne conférence. Tu souhaites dire un un petit mot peut-être ?
Donc Ellie Corchia va va nous dire un petit mot en tant que président du Contoire de France et puis ensuite nous pourrons échanger avec vous et la salle pourra vous vous poser quelques questions. Merci chers amis. Je vais être évidemment bref dans la continuité de ce qui a été dit par mon ami vice-président de la communauté de Valo Riasag et en présence du rave Charles Lelouche. Madame la ministre, c'est un plaisir de vous recevoir.
D'abord parce que c'est une amie Aurore Berger avant d'être une femme politique, avant d'être une ministre, effectivement à la tête de ce ministère pour la lutte contre les discriminations, pour l'égalité entre les femmes et les hommes, si je crois que l'ordre est bien celui-ci, c'est avant tout une femme qui est engagée avec une colonne vertébrale et c'est ce que je voulais dire devant notamment nos amis responsables politiques, le sénateur, le vice-président du Sénat évidemment, Roger Carucci, mon ami David Vei Jérôme Kerkurovski, et Michel Amar adjoint de Boulon B en cours.
On a besoin d'hommes politiques et de femmes politiques actuellement qui ont une colonne vertébrale, qui ont des valeur qui n'y dérogent pas et qui ne changent pas, qui ne fluctuent pas en raison de l'actualité ou en raison d'intérêts électoraux ou autres.
Et je crois que c'est ce qui nous manque beaucoup actuellement et d'autant plus depuis ces derniers mois où on a été assez choqué, y compris euh parmi certains de de vos collègues ministres, il faut dire les choses comme elles sont ou certaines déclarations, certaines positions, pour ne pas dire certaines postures politiques nous ont profondément gêné parce que ça ne va pas dans le sens que nous avons, dans l'imaginaire que nous avons du respect de la chose publique, du respect des engagements qui sont pris et notamment par rapport à l'antisémitisme débridé qu'on connaît au cours de ces derniers mois et cet antisionisme que vous dénoncez régulièrement.
Je voulais enfin dire un dernier mot puisque on a le plaisir de vous recevoir ici dans ce magnifique lieu communautaire que j'ai plaisir euh à visiter de façon très régulière. C'est un peu ma communauté de cœur même si je j'habite à Boulogne et j'adore Boulogne bien en cours. Mais c'est vrai que ce bâtiment c'est tout ce que vous aimez madame le ministre et croisant régulièrement Michel d'Armond dans les couloirs lorsque j'ai la possibilité et je suis invité à telle ou telle émission. C'est tout à fait ce que nous défendons.
Nous voulons que les Français juifs aient cette ce mélange entre le culte et la culture, une magnifique synagogue qui est ici et des bâtiments qui ont des des bâtiments qui reçoivent comme ça des salles pour faire des conférences, des soirées, des coloques, des pièces de théâtre, des concerts comme on comme on l'a vécu il y a encore un mois avec un magnifique concert dans cette salle avec plus de 300 personnes. Alors voilà ce ce que je voulais dire. Je voulais dire que les combats qui sont les brutes puisque votre livre c'est nos combats pour la République, vos combats, ce sont nos combats.
On sait qu'on a une même une même vision sur les combats qui sont amenés contre ceux qui s'attaquent aujourd'hui aux juifs, mais qui plus sincèrement s'attaquent directement aux valeurs de la République. Merci pour votre combat. On partage ce que vous portez comme message et on est heureux et fier de vous recevoir dans cette communauté juive de Levallois au sein de ce département des hautes scèes qui nous tient qui nous tient à cœur et dans un bâtiment qui fait rayonner le judaïsme à l'échelle de toute la France. Merci madame la ministre.
[Musique]
Merci à Merci à tous. Bonsoir. Euh bon alors vraiment ça va être vraiment quelques mots pour immédiatement introduire le débat. Mais d'abord, je voudrais avoir un peu un regard d'observateur aussi sur vouser parce que nous connaissons à la fois l'affreté et parfois l'insignifiance du combat politique et médiatique mais ce soir ce sont des voilà on va prendre le temps aussi d'aller sur le fond et de et de pouvoir justement euh écouter écouter vos réponses. Tout a été dit. Donc moi qui aussi connais votre parcours en tant que professionnel depuis des années, à la fois la ténacité, le tempérament et la tempérance.
Donc ça c'est aussi ce qui caractérise qu'on connaît aussi dans le dans l'écosystème politico-médiatique, je dirais. Euh et depuis le 7 octobre, bien évidemment, le courage de se dresser d'abord contre contre les silences et puis ensuite contre les paroles euh euh insupportable. ça a été dit et on va on va on va le rappeler euh bien évidemment et surtout pour vous qui euh à cœur le le la lutte du féminisme et la l'action du féminisme, la manière dont vous avez euh élevé la voix euh face aux féministes qui justement euh discriminent les euh les Israéliennes qui avaient été violées. Très très peu de voix se sont élevées à ce moment-là et vous avez été pratiquement la première à le faire.
Aujourd'hui, c'est vous arrivez devant nous avec avec un livre, je l'ai lu, j'ai l'impression que c'est un livre, vous allez nous le dire, euh d'une d'une ministre aujourd'hui euh en colère et qui adresse aussi une alerte, une alerte assez inquiète vis-à-vis de cette démocratie que vous considérez aujourd'hui en danger. Est-ce que vous estimez effectivement que les fondements de cette démocratie en France sont en danger ? Et pourquoi cette alerte aujourd'hui ? Merci. Permettez-moi déjà de vous remercier évidemment pour votre invitation. Je suis très heureuse euh de vous retrouver et d'être pour la première fois dans ce lieu qui est en effet assez unique.
Merci pour les mots très aimables que tu as bien voulu m'adresser. Je salue euh le ministre sénateur Roger Carouci euh qui me connaît depuis quelques années maintenant et je suis très heureuse de le retrouver régulièrement et de retrouver ses colères saines très souvent au Sénat mais toujours juste. puis David Xavier Ve qui est qui reste un ami, on se connait depuis longtemps et qui évidemment ici d'abord un élu dans votre ville et je salue aussi les autres élus des Hautes scènes qui sont qui sont évidemment présents et vous toutes et tous ce soir.
Alors pour essayer de répondre à à la question plus directe qui m'a été qui m'a été posée, je crois qu'il faut être lucide sur le moment politique que nous sommes en train d'affronter et les conséquences de cet octobre n'ont jamais été que le révélateur d'éléments qui étaient déjà en germe dans la société et sur lesquels nous étions quelques-uns à alerter, à alarmer au regard de ce que cela pouvait générer de manière beaucoup plus beaucoup plus puissante.
Je pense que le moment il appelle du courage, il appelle de la clarté, il appelle aussi une capacité de construction qui me semble absolument déterminante, là où beaucoup essayent surtout d'accentuer sur les les fractures, les fragmentations de la société parce que je crois pas que ce soit ça d'ailleurs ce qu'appellent les Français mais beaucoup de lucidité d'abord sur le moment que que nous vivons. C'est par hasard si j'ai appelé en effet mon livre No combats pour pour la République et et chaque mot compte. En tout cas, j'ai essayé de lui donner un sens, une signification particulière. Euh l'éditeur m'avait dit qu'il fallait que je mette mes combats.
Je non, en fait, je pense que ce sont nos combats. Si ce ne sont que les miens, c'est un problème. Euh il faut que ce soit nos combats. Il faut que ce soit des combats qui soient partagés dans la société à un moment encore une fois où on a et on devrait avoir cette soif de rassemblement et de cohésion autour de valeur qui nous semblaient assez irréversible. Peut-être un peu trop naïvement parfois. J'y reviendrai. Combat parce que oui, il faut les porter avec clarté. C'est pour ça que je salvais les les colères saines de Roget.
Mais parce qu'il faut cette clarté là dans le débat public et dans le débat politique parce que aujourd'hui, c'est devenu parfois difficile d'avoir cette voix sur la République, sur la laïcité, sur l'islam politique. J'imagine qu'on y reviendra. Euh et puis évidemment la République parce que la République elle est la réponse euh elle est à la fois euh ce qui est attaqué, ce qui est pris pour cible, mais elle est évidemment la réponse dans ce qu'elle a de plus puissant à offrir, c'est-à-dire l'universalisme républicain.
L'universalisme républicain est la plus puissante des réponses que nous puissions apporter parce que justement l'universalisme est ce qui nous protège du communautarisme, ce qui nous protège du repli identitaire et ce qui fait qu'on ne trie pas, qu'on ne hiérarchise pas. Euh souvenez-vous dans notre pays, il y a quelques semaines, nous avons eu à affronter euh euh un crime qui était un crime raciste et immédiatement nous avons eu des voix qui sont élevées sur euh des formes de concurrence victimaire, de concurrence de douleur. Euh et ça c'est insupportable. L'universalisme, c'est la réponse inverse.
C'est justement de dire et c'est d'ailleurs ce que vous dites ici, ce que vous dites dans vos prières aussi à la République et je crois que c'est ça qui nous rassemble évidemment, c'est qu'on ne trie pas, qu'on ne hiérarchise pas. Vous dites c'est en danger et vous écrivez c'est la dernière chance. Mais parce que je pense que c'est ressenti très puissamment par les Français. Euh, ils nous l'ont dit d'ailleurs plusieurs reprises au moment des élections. On a eu des élections très récentes du fait de du fait de la dissolution. Euh et c'est sans doute les mots qui revenaient le plus souvent, c'est-à-dire que on est prêt et on est d'accord pour vous faire confiance, mais c'est la dernière fois.
Euh et je pense qu'on est un certain nombre de ressources politiques à l'avoir entendu. C'est la dernière fois qu'on est prêt à vous faire confiance. Pourquoi la dernière fois ? parce que justement on ressent cette urgence, cette urgence à agir, cette urgence à nommer, cette nécessité de la lucidité aussi dans les combats qui doivent être les nôtres et qu'on doit affronter. Le combat contre l'antisémitisme, c'est pas juste un combat existentiel et encore moins un combat communautaire. C'est un combat d'avant-garde en matière de démocratie. Parce que ça n'est pas un hasard si toutes nos démocraties ont eu à connaître un regain d'antisémitisme après le 7 octobre 2023.
Ça n'est pas un hasard si cela a été pris pour cible. Et c'est ça qu'il faut dire avec lucidité. Ça n'est pas un combat communautaire. C'est un combat pour des valeurs fondamentales, pour des libertés fondamentales. Et je pense que c'est comme ça d'ailleurs qu'il faut le présenter parce que si ça n'est le combat que de quelques-uns, alors ça c'est le déjà un, c'est le risque d'être un combat perdu. de c'est le risque de se retrancher et ça n'est pas comme ça à mon avis qu'il faut le formuler.
Donc il faut en effet sortir d'une forme de naïveté qui a fait qu'on a pensé euh à tort qu'un certain nombre de conquêtes et qu'un certain nombre de valeurs étaient prises pour acquise et était irréversible. Il n'y a rien d'irréversible et la rapidité avec laquelle d'ailleurs il y a inversement des valeurs et brutalité de cet inversement est extrêmement spectaculaire, que soit sur les droits humains, que soit sur les droits des femmes, que soit sur les atteintes à la démocratie, que ce soit sur les atteintes à la République.
une lucidité implacable, une intransigence implacable avec celles et ceux qui cherchent à atteindre les fondements qui sont ceux et de la République et de la démocratie et qui sont aujourd'hui intimement liés à la question de l'islam politique. Et l'islam politique, c'est une idéologie politique. Une idéologie politique, elle n'a aucun droit. Et c'est ça qu'il faut assumer à mon avis de dire avec beaucoup de clarté en espérant être le plus nombreux possible à poser évidemment ces constats. Aujourd'hui, ils sont suffisamment bien documentés pour que on puisse plus nous opposer le fait que on chercherait à brandir cela. Non, on ne brandit pas.
Ça ne fait plaisir à personne de dire que ce danger existe. En tout cas pas à nous dans cette salle. C'est juste qu'il faut avoir la lucidité de les nommer. Une fois que vous avez la lucidité de d'élaborer des constats partagés, de poser des faits, de mesurer, d'objectiver, bah il faut la lucidité qui va en face, c'est-à-dire la lucidité de l'action et du combat que vous menez pour les valeurs qui sont les nôtres. Alors, on a le sentiment que justement cette action quelque part quand quand je vous lis parce qu'en fait vous posez quand même des questions avec lucidité, avec honnêteté, avec parfois une forme de douleur euh pour pouvoir faire un constat qui n'est pas facile à faire.
Et je me suis dit en lisant euh elle fait ce constat très honnête, très lucide, parfois effectivement difficile mais pratiquement à la fin de 10 ans de présidence d'Emmanuel Macron. Euh en Roberger, que s'est-il passé pour que au fond 10 ans après la promesse de 2017 où les Français n'auraient plus à voter pour l'extrême droite et ne seraiit plus dans la difficulté et que tout aurait finalement changé les usages, les visages, que s'est-il passé pour que au fond vous en soyez à faire ce constat de danger et d'alerte ? J'ai pas l'impression d'avoir mis 10 ans à titre personnel à poser ce constat. Je pense que je fais partie, je parle pas de vous.
Je parle pas de vous déjà, je voudrais avoir une une analyse un peu générale. C'est moi qui écrit le livre. Du coup, je veux pas de répondre pour moi. Euh enfin, vous faites aussi un constat un peu entend la question du journaliste, mais moi c'est pas me dire l'autre. Euh mais encore une fois, je pense que cette lucidité là, certains ont préféré pendant longtemps dans une forme, je sais pas, c'est une forme de naïveté, d'absence, de courage ou de de volonté de ne pas brusquer, de ne pas heurter la société. C'est plus confortable.
C'est plus confortable d'aller dans le débat public et de ne pas aborder ces questionsl c'est plus confortable d'aller dans le débat public et d'espérer dire que finalement ça n'est ça n'est pas prioritaire. C'est plus confortable intellectuellement, moralement, politiquement de se dire qu'à partir du moment où économiquement on arriverait à résorber des fractures, des crises, et bien les enjeux identitaires repasseraient au second plan. Ça n'est pas ce qu'on voit aujourd'hui.
Quand bien même d'ailleurs euh on a des résultats et de bons résultats d'un point de vue économique, ça ne suffit pas, ça ne suffit pas, ça ne suffit plus euh à euh décaler le débat euh sur euh les par rapport aux questions identitaires. on le voit bien, on a ces replis qui sont des replis massifs euh aujourd'hui de la société. Et c'est pour ça que quand je parle d'intransigence républicaine, je pense qu'il faut l'adresser dans une logique de de double puissance républicaine. Une intransigence sur toutes les atteintes qui sont les atteintes commises à l'encontre de la République.
Donc toutes celles et ceux qui veulent en saper les fondements, qui tentent un entrisme, un prosélitisme identitaire, religieux, idéologique, politique, parce qu'il est plus d'ailleurs idéologique que religieux puisque on voit bien qu'il sert un dessin qui est un dessin politique et intransigence aussi avec ce qui représentent des entailles à la République, c'est-à-dire nous les sujets que moi j'ai l'honneur de porter au sein du gouvernement qui sont aussi la question des discriminations parce que si on n pas cette double puissance et cette double intransigence à la fois contre toutes les atteintes à aux valeurs de la République mais aussi ces entailles qui font qu'à la fin on crée ce terreau favorable on crée ce terreau favorable au frérisme on crée ce terreau favorable à la France insoumise qui sont plus ou moins les mêmes souvent d'ailleurs en tout cas qui adressent les mêmes les mêmes thématiques, les mêmes enjeux et je pense que c'est ça qu'on doit avoir.
Donc pourquoi au bout de 10 ans moi très sincèrement j'ai pas l'impression de faire ce constat qu'au bout de 10 ans. Je pense avoir été de celle et de ceux je pense à Jean-Michel Blanc où on a porté un certain nombre de d'alertes claires sur les attentes sententiment effectivement pas majoritaire dans cette dans cette démarche d'alerte. On l'a pas été Non mais il faut être lucide. Non, c'est vrai qu'on l'a pas été tout de suite. Euh c'est vrai, c'est vrai. Pas dire autre chose puisque c'est la vérité.
Ça veut dire qu'il y a aussi ce travail de conviction quand on fait de la politique, on mène des combats au sein de sa propre famille politique, on mène des combats dans le débat public et il faut accepter de d'y mettre en effet un peu d'engagement et de conviction pour espérer devenir majoritaire. On n'est pas majoritaire naturellement, on est majoritaire parce qu'on arrive à faire adhérer à un discours et une force de conviction. Et pour devenir majoritaire, il faut aussi que les gens soient prêts à entendre ce discours-là.
Les gens ont été prêts à entendre progressivement ce discours-là parce que malheureusement on a eu des drames absolus dans la société qui ont réveillé un peu les consciences en espérant d'ailleurs que ça laisse une trace. Moi, je suis dans un département très singulier qui est le département des Yvelines. Département des Yvelines, c'est Manville, des gendarmes qui sont assassinés à leur domicile. Département des Yveline, c'est Samuel Patti à Conflence Saintonorine.
Donc ça, il a fallu à un moment que les Français soient ébranlés presque dans leur chair et dans leur intimité pour se dire que nous n'étions pas que quelques-uns, que nous n'étions pas là pour faire du peur, j'allais dire sur ces questions identitaires, mais parce que on voyait que c'était une urgence à révéler, une urgence à dire et une urgence à combattre. Mais oui, ça prend du temps de devenir de devenir majoritaire. Aujourd'hui, je vois que finalement on a une assise qui est de plus en plus large. Donc je suis ravie que certains nous rejoignent sur ces coins.
Et ça veut dire qu'il faut de la clarté, qu'il faut de la clarté tout le temps sur la question des enfant revenir sur législatif par exemple parce que je pense que ça crée aussi sinon de la confusion de l'ambiguïté et que cette ambiguïté elle est jamais favorable au combat républicain.
Alors justement, vous m'offrez effectivement cette transition parce que ce que je voudrais quand même vous sachiez, c'est que c'est le récit de ce livre, c'est un récit qui peut-être un jour peut devenir une série politique tellement la la l'épisode de la en interne et en coulisse de la dissolution qui a tellement traumatisé d'une manière générale le corse politique français et en particulier votre famille politique est absolument à tempant. Ça c'est effectivement très intéressant et effectivement il y a beaucoup à découvrir euh euh dans ce dans ce récit même lorsque on on croit savoir que l'on sait. Donc ça c'est effectivement très important.
Et ce qui prédomine à cette lecture quand on a effectivement cette lecture là, c'est de dire oui à quel point ça a été une souffrance par exemple pour vous mais aussi pour beaucoup de vos collègues élus tout d'un coup d'être obligé de dire on va au fond faire ce front républicain faire en sorte que on on ait un accord politique pratiquement avec la France insoumise avec donc toutes les difficultés que vous avez que vous avez mentionné. comment on on vit cela et est-ce que au fond ça ne restera pas au fond le début d'un chaos qui est reconnu par tout le monde et qui reste incompréhensible cette dissolution ? Alors déjà je merci pour l'interprétation sur la série politique.
C'est des producteurs dans la salle, on peut éventuellement en en reparler. Pourquoi pas ? J'avais pas cette cette ambition là. Mais tant mieux si ça veut dire que c'est bien écrit sur la question de la dissolution. Alors, on peut philosopher des heures sur est-ce qu'il aurait falltu ou pas que cette dissolution existe. Moi, mon point de départ, il est même pas celui-là. C'est qu'à partir du moment où la dissolution existe, la question c'est quel projet politique vous portez et quelles sont les alliances que vous êtes prêts à à faire ou les alliances que vous refusez de faire ?
et on sort d'une campagne des élections européennes, une campagne européenne où nous avions, je parle nous bloc central comme on dit aujourd'hui, je ne parle pas du socle commun cher Roger, bloc central, nous sortions d'une campagne où nous avions très clairement dit que pour nous, il y avait deux adversaires qui étaient et le Rassemblement national et la France insoumie. D'autant plus au regard de la campagne qui a été menée par la France insoumise dont le seul objet politique a été Gaza.
Pour que vous ayez en tête nous ce qui nous a été présenté notamment au ministère, c'est que tu le sais mais typiquement sur l'augmentation massive des faits et des actes antisémites à l'université est directement corrélé à la campagne des élections européennes. Le pic qu'on observe, le pic massif qu'on observe la courbe sur les les actes antisémites à l'université, c'est pile au moment de mai et juin, c'estàdire vraiment les élections européennes parce qu'ils font la tournée des faces, une mobilisation massive pour le coup très bien structurée, documenté et financé de manière à mobiliser le corps social étudiant université après université.
Donc on sort de cette campagne là quand on aborde au soir même des facto des élections européennes une autre campagne qui est la campagne des législatives parce que la campagne législative elle s'engage le jour même le soir même à minuit 1 dans un contexte tu en passes de de de remporter l'élection dans un contexte de départ. Je sais pas moi si c'est le contexte de départ. Moi ce que je sais c'est que l'objectif de la dissolution telle qu'énoncé dans les discussions que j'ai avec le président de la Répui les discussions qu'on a est un enjeu initial. Encore une fois, on peut avoir des interprétations diverses mais l'enjeu initial est l'enjeu de la clarification.
Je veux dire puisque le RN est arrivé en tête et nettement en tête des élections européennes, est-on légitime nous à rester dans cette situation là ou est-ce qu'il faut qu'on demande aux Français si oui ou non ils sont prêts, ils souhaitent qu'à un moment il y ait un basculement. C'est ça le point de départ. C'est ça la question au départ qui est posée aux Français. Se passe le premier tour des élections et donc se passe la question de la stratégie adopté dans l'entre de tours des élections législatives. Et c'est là où on a des points de désaccord majeurs. Majeur à la fois en terme de stratégie politique mais majeur sur la question des valeurs.
Et quand les deux se rejoignent en général c'est qu'il y a quand même quelque chose qui dysfonctionne massivement. au soir du premier tour des élections législatives. Moi je je dis très clairement d'abord dans les réunions internes puis ensuite je veux dire en plateau que je considère que le bulletin de vote Lfi n'est en aucun cas un antidote ORN et qu'on ne peut pas donner une consigne de vote allant jusqu'à la France insoumise manière très claire dans toutes les réunions préparatoires initiales. Voilà, vous imaginez bien un soir d'élection on est supposé un peu se coordonner sur les messages qu'on diffuse sur des plateaux de télévision.
En tout cas, on essaye euh et donc c'est au départ ça le message très clair qui est donné et puis il y a un renversement au cours de la soirée puisque le Premier ministre fait une déclaration inverse. Moi, je m'en souviens très bien parce que je suis sur le plateau de France 2, moment où il fait cette déclaration en direct de Matignon. Et donc moi on me demande de réagir. Je me trouve dans la situation un peu invraisemblable où je suis à côté de Marine Tondelier où elle me félicite. Jubile. Ouais, absolument. Oui, bien pour le discours du fréunier. Je dis mais vous avez pas bien grou, moi ça n'est pas ma position et je maintiens la position qui est la mienne. Qui est la mienne.
Et je n'ai pas changé de position alors que j'étais ministre de ce cet ancien premier ministre. Euh et j'ai maintenu la position qui était la mienne. Nous avons été quelquesuns. Donc d'autres position c'était ni Ern ni LFI. Pour vous c'est la Martinale qu'il faut en permanence. pas une Martinale, c'est je pense pas que ce soit une Martinale, c'est un sujet de clarté politique et de conviction politique.
Voilà, je je on ne peut pas avoir fait la campagne qu'on a faite sur les élections européennes, la campagne qu'on a faite sur le premier tour des élections législatives en demandant de la clarification, de la clarté politique et avoir eu le révélateur qui était le nôtre singulièrement sur la question de l'antisémitisme et passer tout ça par perte et fracas en disant il y aurait soi-disant un mal plus grand que l'autre. Ce que je ne crois pas, ça ne veut pas dire que je ne combat pas la RA nationale. Tous ceux qui me connaissent ici savent très bien le combat acharné qui est le mien.
Mais je pense qu'on les sert, on les sert, on crée des marcheds au Rassemblement national à partir du moment euh où on octroie une forme de légitimité ou de légitimation à la France insoumise. Donc on a de lignes et après je pose une autre question dans le livre qui est la question même du Front républicain qui est un vrai débat. Est-ce que oui ou non au-delà même de se dire ni RN ni LFI, est-ce que on considère que ça encore du sens ? Un des partis politiques donnent des consignes de vote de qu' a des désistements qui se produisent au moment des élections législatives pour favoriser l'élection de l'un ou empêcher l'élection de l'autre. Moi je pense que tout ça ajoute de la confusion.
De la confusion que les Français à un moment attendent plutôt de la clarté. Déjà un n'aime pas l'idée d'être infantilisé. Je pense que ça participe d'une forme d'infantilisation le Front républicain, c'est de dire aux français, il y avait trois, peut-être parfois quatre candidats qui pouvaient se maintenir au second tour, on va vous empêcher de choisir puisqu'on va restreindre votre choix en supprimant une candidature. Ce qui est d'ailleurs très violent de dire à nos propres candidats de se désister parfois à quelques dizaines de voix parce que l'écart sur une éxion législative, il peut se faire à quelques dizaines de voix entre le 2e et le 3e, le 3e et le 4e.
Donc il y a deux questions en fait pour moi au sort du premier tour des législatives. Il y a une première question qui est pour moi un interdit et politique et moral qui est qu'on ne peut en aucun cas appeler à voter pour la France insoumise ou à se désister en faveur de candidats qui sont membres de la France insoumise. raison pour laquelle d'ailleurs moi sur ma propre circonscription, je vais finir en triangulaire puisque malgré les risques RN, LFI va se maintenir face à moi et je préfère avoir été élu sur cette clarté là en triangulaire déjà parce que je leur dois rien ni ORN ni LFI puis parce que du coup moi j'ai vraiment gagné.
Il y a un deuxième débat qui est la question même du Front républicain. Est-ce que oui ou non on considère qu'il faut continuer dans ce qui a finalement été presque un réflexe euh depuis euh depuis 2002 et qui en plus à mon avis est une une question qui est mal posée parce qu'on peut pas le comparer à une élection présidentielle. Une élection présidentielle au second tour, il y a que deux candidats point bar. La règle elle est claire. Donc il y a pas une question de front républicain. Il y a une question de choix de sélection du meilleur ou du moins pire. une élection législative, il y a pas la règle.
Donc soit on va au bout du raisonnement et on dit on change la règle et seuls les deux candidats à arriver en tête peuvent se maintenir soit à partir du moment où on change pas la règle électorale. Pourquoi donner le sentiment ? Je pense à beaucoup de Français quelque part on la truque parce que pourtant créer pourtant ce françain il vient il a été il a émergé aussi dans une famille politique qui était la vôtre à l'époque autour de Jacques Chirac où il y avait le cordon sanitaire pour empêcher le FN d'arriver. Ça n'est pas pour moi la même question parce qu'on parle d'élection présidentiell. L'élection présidentiell vous avez que deux candidats à la fin.
Donc quand la question est posée au français entre Jean-Marie Le Pen et Jacques Chirac, quand elle est posée au français entre Marine Le Pen et Macron, de toute façon personne ne se désiste en faveur. Personne ne se désiste en faveur quant au poids de savoir si celui arrivé 3e, 4e ou 5e donnant une consigne de vote. Est-ce que vraiment c'est ça qui est ensuite suivi ? Je suis pas certaine. Je suis pas certaine. Les français sont plus sont plus intelligents que certains ve bien croire. Français vous rencontrer beaucoup. Vous les rencontrer beaucoup.
D'ailleurs vous vous le racontez aussi à travers à travers ce ce livre, comment vous partez effectivement à la rencontre de de tous les Français à travers vos vosos différentes fonctions ministérielles et parlementaires. Et justement, puisque vous parlez de clarté, il y a il y a une donnée qui a été immédiatement effacée en fait pratiquement le soir du 9 juin parce qu'il y a eu la dissolution, c'était le résultat des élections européennes et en particulier cette donnée où 93 % des communes françaises ont mis le RN en tête ce soir-là. indépendamment après de ce que vous avez pu faire, comment vous l'expliquer ?
Comment en en effectivement parce que c'est non pas en 2 minutes mais en tout cas ensuite on c'est le début et tête de chapitre parce que vous vous en parlez dans votre livre mais pour qu'on puisse aussi un peu avoir quelques grandes lignes de cette analyse. Comment vous expliquez après justement toute cette période de lutte de politiques publiques qui ont été menées en particulier dans vos champs. Comment vous expliquez que le RN soit aussi puissant tout le temps ? C'est sans doute la question la plus difficile en fait. Je sais pas si déjà mais vous allez parfaitement vous en sortir mais j'en doute pas et je vous remercie.
Euh en fait c'est très difficile d'arriver à avoir une grille de lecture qui serait une grille de lecture homogène sur l'ensemble du territoire. Déjà moi je crois pas à ça. Je crois pas qu'il en qui a de manière systématique les mêmes facteurs explicatifs en fonction des territoires dans lesquels on vit.
qu'on soit euh en hexagon enem, qu'on soit en territoire rural ou urbain, qu'on soit dans une ville de taille moyenne ou dans une grande métropole, on n' pas les même déterminant du vote en fonction du territoire dans lequel on vit, en fonction des opportunités qu'on projette, en fonction des des imaginaires qu'on a, en fonction de l'accès à la mobilité, de l'accès aux services publics, l'accès à l'emploi.
Je pense que déjà c'est c'est un premier une première grille de lecture, elle est d'abord une grille de lecture très territoriale et d'ailleurs on le voit quand vous regardez les analyses qui sont faites notamment géographes qui sont très intéressantes quand vous superposez des cartes vous superposez des cartes électorales des résultats des élections européennes ou des résultats des élections législatives avec d'autres cartes que ce soit la carte de la mobilité, des transports, des réseaux euh des services publics, vous voyez qu'il y a déjà des corrélations qui existent sur la visibilité de l'État, l'action de l'État, la manière avec laquelle on se senté.
Moi, je pense qu'il y a ce cette puissante demande de français d'être à la fois de reconnaissance et de respect, d'être reconnu pour ce qu'ils font, c'estàdire des gens qui bossent et qui appliquent la règle et qui suivent la règle et qui acceptent l'autorité, qui ne la défi pas. Et je crois que ça ça se on ressent parfois ces écarts extrêmement puissants entre celui qui a l'impression de de cocher toutes les case et de tout bien faire mais qui en fin de se met est mis un peu en en balance avec celui qui au contraire défie en permanence l'autorité, l'ordre, la légalité. Je pense que ça c'est aussi un des éléments de facteurs explicatifs.
Et puis le vrai enfin vrai euh c'est aussi un suet de de récits politique et de projet politique de projets politiques. C'est-à-dire qu'on a un parti qui puissamment structurellement depuis 40 ans a imposé un récit politique. a imposé un récit politique. La question étant de savoir aujourd'hui si leur récit, le narratif dominant, le narratif du rassemblement national, est-ce que c'est un narratif auquel les Français adhèrent parce qu'ils considéraient qu'il pose donc les bons diagnostics, les bons constats sur l'état du pays et au-delà d'adhérer au diagnostic ensuite adhère aux propositions qui sont formulées.
Et c'est là où c'est beaucoup plus intéressant, c'est d'aller sur le champ plus de leur proposition et de montrer aussi les incohérences manifestes qui sont celles du Rassemblement national et sur lesquelles finalement, c'est ça qui est le plus spectaculaire avec ce parti, euh qui ne sont jamais mises euh à leur discrédit, jamais. Pour une seule raison, c'est qu'ils n'ont jamais exercé le pouvoir. Tant que vous n'avez pas exercé le pouvoir, vous avez tous les droits. Tant que vous n'avez pas exercé le pouvoir, vous avez le droit de vous tromper.
Vous avez le droit à l'incompétence, vous avez le droit à l'incohérence, c'est parce que finalement vous n'avez jamais été mis en défaut de responsabilité. Et c'est pour ça que la dissolution avait son intérêt, c'était que pour la première fois, il pouvait être mis face à la responsabilité d'exercer ou pas le pouvoir, voire plutôt de le refuser.
parce que vous avez bien vu ce glissement aussi qui s'est opéré entre le premier et le second tour qui était d'abord un premier tour très conquérent et puis l'entre de tour vous avez vu progressivement des candidats au-delà d'un certain nombre de candidats qui ont été désinvestis parce qu'ils sont antisémites s néonazis si racistes et cetera le seul parti avec à ce point nombre de candidats investis de cet ordre là mais au-delà de ça de refus d'obstacles sur l'exercice du pouvoir. Ça se ressentait très puissamment dans les débats qu'on avait face à eux, y compris d'ailleurs Jordan Bard dans la manière avec laquelle l'exprimait.
Mais je crois qu'il y a ça et pour moi la dissolution avait cette vertu un peu de de quatre arc de dire est-ce qu'ils sont prêts ou est-ce qu'ils ne sont pas prêts et on va les mettre face à leur respons d'exercer ou de ne pas exercer le pouvoir de prendre ou de ne pas prendre leur responsabilité. ce que nous on a fait, ce que des partis républicains ont fait avec des échecs, avec des réussites évidemment, avec des critiques qui peuvent leur être adressées.
Et donc nous, en effet, on est renvoyé sur nos incohérences, parfois sur nos manquements ici, sur nos réussites, sur nos échecs quand vous n'avez jamais exercé tel que je comprends et vous entends, le projet sous-jacent quelque part de la dissolution, c'était aussi de prendre ce risque que le Front National arrive au pouvoir. C'était de prendre le risque de poser la question au français. Ça voulait pas dire que c'était le projet euh mais c'était qu'un moment cette question elle soit tranchée.
Envisagé donc par c'était de se dire des élections européennes en tout cas c'était la con président de la République, c'est de se dire est-ce qu'à un moment on est dans un yatus absolu à exercer le pouvoir alors qu'à la fin ce que souhaitent les Français c'est un basculement.
Il y a eu une forme de réponse d'ailleurs qui a été donnée au moment des élections initiatives puisque à la fin ils ont été très loin d'être en capacité à être majoritaire sont en majorité relative parce que maintenant on est souvent en majorité relative et encore moins en majorité majorité absolue mais c'est bien la question fondamentale qu'il va falloir qu'on tranche pour 2027 est-ce que oui ou non les Français aujourd'hui sont prêts forme de de poker de dire bah en fait on met tapis et puis on On verra puis on verra mais en fait c'est trop prenant le risque que ce soit donc trop tard vous mettez tapis à la fin vous pouvez pas revenir en arrière donc s'il y a quelques joueurs dans la salle vous le savez donc c'est aussi ça et à considérer encore que ce soit un jeu ce qui à mon avis n'est pas le cas quand on parle quand même de nos valeurs et de notre avenir commun et il y aura effectivement un un contreprojet politique à définir mais ça ce sera peut-être pour une autre occasion pour pour en parler pour revenir aussi à votre propos et à votre à à vos à vos combats et à votre action politique.
Euh vous dites dans le dans le dans votre livre, être féministe c'est être universaliste. Les féministes qui ont discriminer, rejeté régulièrement et violemment les femmes juives et israéliennes parce que elles considéraitent que c'était pas des bonnes victimes. Est-ce qu'on est-ce qu'elles ont évidemment pour vous manquer de universalisme d'une part ? Et deuxièmement, est-ce que comment faire pour juguler ces ces impressariaux de l'islamisme ? Mais moi, je me suis élevé très très tôt sur cette questionlà. J'étais, c'est la deuxième fois que je suis ministre de l'égalité entre les femmes et les hommes.
Euh et la première fois, j'avais d'ailleurs demandé à ce qu'il forme d'inspection et d'audit qui soit faite sur les les subventions qui avaient été octroyées aux associations féministes au regard des propos que certaines de ces associations auraient eu euh sur le 7 octobre.
Euh donc j'ai voilà, j'ai j'ai dit très clairement les choses en disant que c'était hors de question qu' un seul euro d'argent public qui puisse être octroyé à des associations qui comand bien même elles ferait un travail de terrain utile aurait tenu des propos inacceptables sur sur le 7 octobre de la même manière que dans une par exemple dans une délégation qui m'accompagnait aux Nations Unies, j'ai refusé que des associations viennent parce que elles avaient tenu des propos qui en fait dépassaient le le le cadre en fait dépassait le cadre républicain et universaliste Et oui, moi je suis féministe parce que je crois à l'égalité, parce que je crois au respect, parce que je crois à la liberté, parce que je crois à l'émancipation.
Mais le féminisme, il est forcément universaliste. Il fait pas le tri. Il fait pas le tri parmi les auteurs comme il fait pas le tri parmi les victimes. Le la première d'ailleurs phrase du féminisme et de beaucoup de ces associations qu'il revendiquent sur la question des violences, c'est d'abord de dire aux victimes qu'on part du postulat qu'on les croit. Et là, ça s'est complètement inversé. C'està dire on est partie, elles sont parties du postulat qu'on ne pouvait pas croire les victimes comme si encore une fois on pouvait faire le trimes. Alors qu'en plus sur la question des attentats terroristes et du 7 octobre, c'est absolument sinistrement documenté. Documenté.
C'est documenté parce que aujourd'hui les le corps des femmes reste euh un outil, un instrument en temps de guerre, en tant d'attaque terroriste. Parce que marquer le corps des femmes, mutiler le corps des femmes, violer des femmes, c'est à servir, c'est marqué durablement, c'est laisser des traces et donc c'est une malheureusement le corps des femmes est de manière systématique souillé et utilisé et ça a été documenté par le secteur par les terroristes eux-mêmes qui l'ont revendiqué. Qu' l'ont revendiqué. Donc il y avait même pas de doute possible. Il y avait même pas de doute possible.
Et encore une fois, il y avait pas de raison de toute façon qui un doute puisque la première des paroles aurait dû être de toute façon nous te croyons. Et donc oui, moi j'ai été très clair et je le maintiens. Je l'ai malheureusement eu à nouveau à l'être. Je dis malheureusement parce qu'on devrait pas avoir besoin en permanence de rappeler ce que sont les fondamentaux de ce combat féministe parce que quand il y a eu des des mobilisations citoyennes et démarches citoyennes, le collectif Nous vivrons. Peut-être que certains en sont membres ici. En tout cas, j'imagine que vous en êtes tous des des soutiens parce que Sarah fait un travail absolument exceptionnel avec son équipe.
C'est s'est retrouvé dans des circonstances absolument indécentes et insupportables. C'est-à-dire qu'on est sur un collectif qui juste soutient toutes les victimes queles qu'elles soi là encore sans hiérarchie, sans tri, sans distinction et s'est retrouvé interdit de de manifester des factau non pas par l'État et la République qui les a protégé mais parce que d'autres associations les ont empêché de de se mobiliser. Donc oui, quand on est féministe, on est universaliste, on trie pas, on distingue pas, on hiérarchise pas, on combat toutes les formes de violence d'attaque à la dignité humaine et au droits des femmes.
D'où que ces attaques puissent parvenir, on a l'impression justement que ça a déclenché au contraire de l'essentialisation, qu'au contraire ça ça a mis en voilà en difficulté justement l'universalisme, mais on sent bien que c'est justement l'attaque de ce qu'on appelle pour faire vite le wokisme et toutes ces voilà toutes ces intersections d'identité. qui se disent humiliés, qui veulent justement empêcher cela. Mais au-delà de cette explication liée au champ féminisme, pour vous, euh comment comment expliquer que au fond un un un massacre, un pogrome est déclenché, décomplexé des paroles et des actes antisémites ? Que que se passe-t-il ? Qu'est-ce qu'est-ce qui s'est passé en France ?
On va parler principalement la société que l'on connaît. En tant qu'actrice publique, élu, ministre, qu'est-ce qui se passe ? Alors, je j'entends la question sur la France, mais ce qui est important, je pense à retenir au-delà de la France, c'est que justement ça n'est pas spécifique à la France. Je sais, c'est la raison pour laquelle mais ça ça dit quelque chose, c'est-à-dire que toutes les démocraties ont été attaquées. Et si toutes les démocraties ont eu à connaître un regain massif d'antisémitisme après le 7 octobre, c'est donc bien qu'il y a une volonté délibérée, délibérée, structurée, animée, organisé.
de se dire que la première porte d'entrée pour attenter aux valeurs démocratiques est l'antisémitisme. Et l'antisémitisme. Euh et après, il y a des situations particulières individuelles et en fonction de l'état des sociétés notamment et ce qui se passe dans dans notre pays qui ne s'est pas passé si on est très lucide qu'au moment du 7 octobre. Qu'au moment du 7 octobre. C'est-à-dire que dans d'autres moments euh où des Français juifs ont été ciblés parce que juifs et ont été tués, on a eu à assister aussi à des regains ensuite d'antisémitisme.
On l'a vu malheureusement, on l'a vu au moment particulier parce qu'il a ensuite été porté par un mouvement politique mais avoir en tête cette antériorité là. Alors aujourd'hui, elle est malheureusement absolument l'antibé absolument décomplexé se cache plus. En fait, je pense que c'est ça qui est le plus le plus spectaculaire et aussi le plus insupportable, c'est qu'il n'a plus besoin de se déguiser ou de se cacher pour être. Et c'est la raison pour laquelle justement ça devrait susciter d'autant plus de de mobilisation et d'engagement, pas juste de l'État parce que l'État fait sa part.
Euh je pense qu'il y a pas je pense et j'espère que vous ne doutez pas l'engagement quel qu' été les ministres de l'intérieur, le ministre de la justice, les sites circulaires qui ont été prises d'immobilisation le sujet c'est pas l'état. Le sujet c'est le corps social, le sujet c'est le corps politique, le sujet c'est les mutations aussi qui sont celles de l'antisémitisme et des des formes nouvelles que prend l'antisémitisme. Et donc le sujet c'est comment nos réponses, elles peuvent être à la hauteur de de des nouvelles modalités d'expression de la haine parce que l'antisémitisme est une forme de haine très spécifique mais une forme de haine.
Donc c'est pour ça que j'avais relancé les assises de lutte contre l'antisémitisme le 13 février dernier qui était la date anniversaire du martyr d'y Alimie qui a débouché sur 3 mois de travaux très documentés et et volontairement d'ailleurs, je voulais que ce ne soit pas l'État qui préempte ces travaux mais que ce soit des experts et pas des experts hors sol, des avocats, des magistrats, des professeurs de droit public, des enseignants de la République de manière à un moment documenter, comprendre et proposer au-delà du diagnostic. Et donc dans ces propositions, il y a notamment la question de l'antitionnisme, la question de la caractérisation de l'antisémitisme.
Il y a une question qui se peut-être des juristes ou des avocats dans la salle un vrai débat d'ailleurs juridique euh sur la question de la manière avec laquelle on caractérise aujourd'hui l'antisémitisme comme le racisme d'ailleurs dans les infractions au droit de la presse. Je pense il faut sortir ces ces délits là du droit de la presse parce que je pense que ça crée un engorgement que ça crée surtout une incohérence une incohérence comme si c'était une forme d'opinion ou de délit d'opinion. L'ansémitisme d'ailleurs comme le racisme c'est pas une opinion c'est un délit.
Donc il se combat comme tel et je pense qu'il se combat devant des juridictions qui ne sont pas des juridictions dédiées aux droits de la presse ou des infractions en droit de la presse mais qui sont les juridictions de droits commun. Donc ça c'est une des propositions. Il y a ce qu'on porte aussi avec Carolinead et le Conseil d'État vient de rendre d'ailleurs un avis très favorable à la proposition que j'avais euh quand j'étais redevenue députée parce que quelques turbulences politiques je suis redevenu député donc j'ai quand même continué à travailler sur sur ces sujets.
Donc avec Caroline Yadin, on avait écrit la proposition de loi sur la question de l'appel à la destruction d'un d'un état démocratique et reconnu par les Nations qui est pas simple à écrire en droit. On a fait une saisine du Conseil d'État et le Conseil d'État a rendu un avis très positif pour ça. Donc il y a il y a aussi ça, la lucidité sur les nouvelles forme d'antisémitisme et la manière avec laquelle ça suppose aussi qu'on adapte nous réponses, notre droit par rapport à ça parce que on ne combat que ce qu'on s'est nommé, on ne combat que ce qu'on caractérise bien.
Et d'un point de vue pour le coup juridique, on a besoin de ces entrées là parce qu'on voit aujourd'hui même si les peines progressent, on a eu d'ailleurs une décision qui je crois très fondamentale dans le crime odieux de cette petite fille qui a qui a subi un viol à cour devoie. Et au-delà de ces décisions de justice, on voit qu'on a des des des situations aujourd'hui qui échappent à la caractérisation qu'elle devrait avoir parce que justement nouvelle forme d'antisémitisme. Donc oui, ça suppose aussi ces adaptations là et c'est c'est sur quoi on entend la détermination, on la connaît, elle est absolument effectivement incontestable de la part de de la République.
Il y a toutes les politiques publiques que vous que vous énumérez, que vous racontez, que vous expliquez et puis c'est aussi les symboles. Il reste une blessure quand même pour les Juifs de France et une incompréhension. L'absence assumée du président de la République lors de la manifestation de novembre 2023 organisé à l'initiative du président du Sénat et la présidente de l'Assemblée nationale. Vous soutenez Manuel Macron, vous l'avez soutenu ? Vous le soutenez encore ? Est-ce qu'on peut le comprendre aujourd'hui encore ? Comment peut-on l'expliquer ?
parce que ça reste malgré tout effectivement ce que vous expliquez et qui est sincère et qui est absolument accepté, ça reste quand même une incompréhension. Je dois l'honnêteté de dire que c'est une incompréhension que que je partage et que j'ai partagé avec le président de la République. Je peux pas vous dire plus que ça. Moi, j'étais dans dans le cortège et je je voilà je c'est une incompréhension que que j'ai eu et que je lui ai que je lui ai partagé à ce momentl. Aujourd'hui, les Juifs de France ont le sentiment effectivement tout en étant protégés par la République. C'est paradoxal, ils se sentent aussi abandonné.
Ils ont le sentiment que une forme peut-être une longue histoire, peut-être une longue histoire passionnelle avec la la France est peut-être en train de s'éteindre. Qu'est-ce que Qu'est-ce que vous répondez quand vous entendez ce genre d'inquiétude ? Mais déjà, malheureusement, ces inquiétudes, je les entends je les entends au quotidien. Je reconnais dans la salle d'une jeune femme que j'ai vu il y a quelques temps à Vivateek. euh et qui m'en a qui m'en a parlé. Donc c'est c'est c'est au quotidien. Euh j'ai des Français qui m'interpellent sur ces questions-là qui avec un profond sentiment de solitude.
Moi, c'est ça qui me frappe le plus ou qui me marque le plus, c'est le sentiment de de solitude. Euh c'est la raison pour laquelle aussi dans ces assis, j'avais voulu donner la parole aux étudiants. Peut-être que certains voilà étudiants malheureusement ont à vivre ou ont eu à vivre euh cela. et et c'est ça qui euh qui avait le plus frappé d'ailleurs l'auditoire, c'est la manière avec laquelle il euh ils expliquaient non seulement ce qu'ils avaient eu à subir, mais l'indifférence aussi que ça peut générer. Le le mal de notre nos sociétés aussi, de nos sociétés, c'est ce risque de de l'indifférence. Pourquoi je parle autant d'universalisme ?
Parce que l'universalisme c'est aussi justement l'exact inverse de l'indifférence. D'ailleurs, j'en parle dans les livres très je commencé à combattre l'antisémitisme à partir du moment où je suis devenue ministre et c'est pas connaité. Mais très souvent on m'a interrogé euh et je le dis parce que c'est vrai que c'est une interrogation que souvent on m'a posé y compris de gens très proches disant mais pourquoi en fait pourquoi tu te mobilises autant sur cette question là sous-entendue en gros comme tu n'es pas juive pourquoi ça t'intéresse ?
Oui, c'était éid comme ça aussi directement, mais il y avait un peu ce je sais pas de de questionnement de suspicion, je sais pas comment il faut le nommer. Euh oui, tout votre derrière BR Israël aussi a pu étonner mais en fait c'est c'est c'est sidérant qu'on est enfin qu'on qu'on pose cette simple question là depuis quand il faudrait soi-même concerné pour se sentir concerné par la souffrance de l'autre. Depuis quand il faudrait être soi-même concerné pour se pour vouloir se mobiliser, s'engager dans la lutte contre la haine ?
Encore heureux en fait qu'on ait pas besoin d'être soi-même concerné dans sa chair pour se sentir concerné sur les violences faites aux femmes, sur l'antisémitisme, sur le racisme ou queles que soient les formes de haine. Le simple fait qu'on pose la question et de gens je dire tout à fait normaux euh était assez déconcertant, assez déconcertant en disant "Mais après tout, il doit y avoir quelque chose Ben non, enfin j'ai c'est pas mon histoire intime, personnelle, familiale, c'est pas mes racines. Et alors, c'est pas la question qui est posée.
La question qui est posée, c'est la question de l'engagement, c'est la question du combat, c'est la question du rapport à la République, rapport à l'universel. C'est ça les les questions qui sont posées. Euh et si on on a le droit de s'engager ou si on a plus le droit de s'engager que parce que soi-même on est intimement concerné, mais en fait il y a plus de République et a encore moins d'universalisme. Euh et c'est ça ce contre quoi nous on doit aujourd'hui lutter euh lutter contre cette tentation de repli identitaire.
Mais on ne peut lutter contre la tentation du repli identitaire que si on lutte aussi justement contre ce fléo de l'indifférence et si on se sent encore une fois concerné et mobilisé. Alors dernière question avant que l'on passe aux échanges avec avec la salle pour pour boucler un petit peu ce ce débat et puisqueon on vous a avec nous, on va on va en profiter. Vous écrivez nos combats, vous alertez sur les dangers pour pour la démocratie pour 2027. euh un ancien premier ministre, Édouard Philippe, lui, il parle de du prix de nos mensonges.
On a le sentiment que c'est un peu la souffrance, hein, euh chez les macronistes en fin de en fin de en fin de de présidence et que quelque part la question c'est au fond qu'est-ce qui va rester comme héritage du macronisme ? Est-ce que le en même temps aura été un cont-temps, un dépassement ? Comment et souhaitez-vous personnellement que ce dépassement soit poursuivi au-delà de d'Emanuel Macron puisque il ne sera plus il ne sera plus président 2027 ? Alors je ne souffre pas. Ce n'est pas un livre de souffrance mais un livre de combat. Non je parle généralement généralement le socle commun ex majorité présidentielle. J'entends bien j'entends bien évidemment.
Euh c'est c'est difficile de dire par anticipation ce qui restera et ce qui restera c'est aussi ce que les Français retiendront. Euh c'est pas ce que moi j'écrirais, c'est ce que les Français à un moment retiendront de ces 10 ans qui ont été aussi 10 années traversés par la crise, par les crises successives qu'on oublie euh très vite finalement et parce que les pages se tournent, parce qu'on z parce qu'on est pris soi-même dans ses propres enjeux. une crise démocratique qu'on a eu à traverser avec la question des gilets jaunes. Je me souviens très intimement quand vous êtes menacé au quotidien et beaucoup d'élus l'ont été.
Il faut vous assurer qu'on on a une mémoire assez vive de ce qui a pu se passer à ce moment-là qui était déjà une inquiétude sur un moment de de bascule qui pouvait être une forme de bascule démocratique, de crise évidemment sanitaire, de crise énergétique, du retour de la guerre sur le continent européen, du retour d'ailleurs de la guerre de manière assez assez générale. Donc il y a il y a ça qui de manière évidente, je pense à un moment va rester sur les les crises qu'on a traversé et les crises dont on a réussi quand même à se relever et à permettre au pays de se relever.
Donc ça, je pense que que ça restera ensuite sur la question de l'héritage politique, on se posera la question de 2027 et de la manière avec laquelle les uns et les autres on voudra euh porter un projet politique en 2027. Mais au-delà de ça, sur la question du dépassement puisque la question fondamentale aujourd'hui qui est posée et quand même en tout cas politique fondamentale mais la question politique qui est posé de savoir euh qui sera au second tour face au Rassemblement national, je ne crois pas que face à cette question euh la grille de lecture gauche-droite soit la seule grille de lecture qui puisse exister. Et pourtant vous dites que le clivage gauche joint revient.
Oui, parce que je pense que ce clivage, il a jamais disparu. Je pense que on a tous besoin de se cartographier, on a tous besoin de se situer et que un moment on se situe voilà sur une grande carte parce que on a des référentiels, des valeurs, des histoires intimes, politiques, familiales. Donc oui, c'est une facilité d'usage aussi dans la manière avec laquelle les uns et les autres on se situe. Mais si la question est de savoir qui peut battre le Rassemblement national en 2027, bah la grille de lecture, elle peut pas juste être sera absolument au second tour. C'est inévitable. Je sais pas si c'est inévitable.
Je sais qu'aujourd'hui il faut être malheureusement lucide euh sur euh la manière avec laquelle ils ont réussi à imposer des constats, des récits, un narratif, un projet politique dans le pays. et et notre enjeu justement c'est la manière avec laquelle on doit pouvoir installer un autre récit politique, un autre narratif politique, démontrer aussi les résultats qui doivent évidemment continuer à être les nôtres, voir encore plus les nôtres, mettre aussi face à leur contradiction ces ces élus et je vous assure que quand vous entrez dans la période budgétaire, vous voyez très très vite les contradictions qui sont celles du du rassemblement national.
assez spectaculaire à l'assemblée, mais je pense que la question du dépassement, ça dépend après comment on l'incarne et par qui, euh restera. En tout cas, moi je le souhaite. Moi sincèrement, je le souhaite parce que je je pense que ça apporte une autre grille de lecture politique euh peut-être plus complexe, c'est français de le dire, mais en tout cas qui je suis pas certaine que on a envie d'effacer euh ces cette nouv cette grille de lecture là qui finalement s'est imposée à la fin. Elle s'est imposée, elle s'est imposée en 2017, elle s'est réimposée en 2022, elle s'est imposée en 2024.
euh pas uniquement de notre fait, mais parce qu'ment les Français, ils ont mis un bulletin de vote et que par leur bulletin de vote euh ils ont exprimé euh le fait que justement bah il y avait plus qu'une ils n'étaient pas d'accord avec l'idée qu'il n'y ait qu'une seule grille de lecture politique qui puisse qui puisse prédominer. Merci Berger. On va question. Merci madame la ministre. Merci pour vos paroles franches et directes. Nous allons prendre trois questions et puis ensuite nous allons passer aux dédicaces. Bonjour, merci merci pour cette cette conférence. Merci aussi pour vos propos qui ont toujours été très clairs sur l'antisémitisme et sur les dérives de ALFI.
Moi, j'avais une question parce que en vous écoutant, on a l'impression qu'on va être rassuré parce qu'on a un arsenal législatif nouveau pour lutter contre l'antisémitisme et c'est une réalité. Mais d'un autre côté, moi je vois des signaux faibles au niveau de l'école avec deux événements qui sont arrivés très récemment. Le premier c'était une subvention de 300000 € pour permettre à 60 élèves de se rendre dans des camps palestiniens et voilà à financer. Et un deuxième événement qui est arrivé très récemment, c'est un spectacle qui a été organisé euh par une école de Toulouse euh sur les enfants de Gaza.
Alors même si on pu voir quelque chose de d'assez universel, on se rend bien compte quand même qu'on a un sujet derrière qui vise à développer cette haine contre les juifs en France en instrumentalisant la cause palestinienne. Quel est l'arsenal aujourd'hui ? parce qu'on a toujours l'impression de réagir après coup et finalement le mal est fait et qu'on est en train d'attaquer une institution qui est l'éducation national, quel est l'arsenal qu'on peut mettre en place ? Quelles sont les actions finalement qui peuvent être mises en place ? En plusieurs questions vous préférez ? Ouais, comme ça plus votre question.
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Euh, bonsoir madame la ministre. Encore merci hein pour cette présentation et pour votre courage hein. On est on est ça nous réconforte je pense de voir une femme debout face au à ces dic qui s'effondrent. Ma question est la suivante. On voit aujourd'hui une inquiétude croissante en fait de la jeunesse juive en France par rapport à tout ce qui se passe effectivement tout le contexte que vous avez indiqué. entre autres, on on voit euh que certains se sentent contraints de cacher leur identité juive dans les universités ou dans les écoles.
Il y a beaucoup d'élèves aussi dans le primaire qui ne vont plus dans les écoles publiques parce qu'aujourd'hui elles elles sont dangereuses pour eux et donc ils vont ils vont s'inscrire dans des écoles juives. Donc il se séparent un petit peu de la République. Donc c'est vraiment donc on aimerait comprendre un petit peu quelles sont les actions que le gouvernement pourrait prendre pour justement juguler un petit peu ce phénomène.
Et aussi dans ce contexte, on voit quand même, faut pas se leurer, on voit une sorte d'attraction d'une certaine partie de la jeunesse française pour ces thèses wistes et du sud global et on on se dit est-ce qu'il y a un narratif justement politique comme vous l'avez dit pour pouvoir contrecarrer et essayer de ramener les jeunes parce que je dirais de convaincre un petit peu des gens qui ont connu, je dirais la stabilité politique de la France, c'est plus facile mais ces jeunes là qui sortent, on a l'impression impression qui sont un petit peu émulé, un petit peu manipulé presque euh par cette jeunesse. Voilà. Une autre question ? Merci.
Merci pour cette conférence et euh pour les autres questions parce que je me permets de de poser une troisème question au sujet de l'éducation nationale parce que visiblement je ne suis pas la seule. Euh j'enseigne en classe préparatoire et j'essaie de combattre ce qui est reproché à l'éducation nationale et je peux dire de l'intérieur que je n'y arrive pas et qu'il y a beaucoup de problèmes et je pose la même question qu'est-ce qu'on fait parce que moi j'ai peur et j'ai peur de parler de caricatures en cours que je trouve sur les tables et voilà je crois qu'on est tous les trois on pose la même question une dernière question
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bonjour. Euh alors, j'avais une question à vous poser, pardon, excusez-moi. J'avais une question à vous poser concernant les dernières élections législatives. Pensez-vous que la répartition des votes sur le territoire français aux dernières élections législatives est réellement révélateur de l'état d'esprit de la majorité des Français ? Et si oui, pourquoi cette répartition est aussi inégale entre les zones urbaines et rurales ? Qu'on en penser ? Et est-ce que les Français font le bon choix en prenant cette décision ? Voilà. Totalement improvisé. Bravo ! Et une dernière question madame le ministre, merci beaucoup de votre venue.
Une question rapide, vous avez parfaitement rappelé dans votre propos le lien manifeste entre le contexte électoraliste et des visés sur le monde étudiant notamment pour développer une cause palestinienne manifestement devenue très tendance. On est à 1 an des municipales, 2 ans des présidentiels et c'està-dire que nous, communautés juive, allons continuer à être finalement la victime de ce de cette tendance néfaste, funestre. Madame la ministre, vous avez la parole. Alors, d'abord peut-être sur le le premier bloc de questions sur la question de l'éducation nationale. Alors, sur la subvention précise, sincèrement, je ne sais pas.
Ce qui est certain, c'est que c'est une subvention de l'État, elle est absolument inadaptée et et insupportable. Et encore une fois, ça c'est notre pouvoir de contrôle de l'égalité sur la manière avec laquelle les subventions sont octroyées. Encore une fois, moi c'est l'examen que j'avais imposé de faire à nos administrations pour vérifier que par 1 € d'argent public, cit allé à des associations qui quand bien même elles auraient conduit des actions légitimes sur la lutte contre les violences, auraient tenu des propos inacceptables sur le le 7 octobre.
Donc ça c'est chaque ministre qui est en charge quand même de piloter son administration, de contrôler, de vérifier et je pense que c'est notre rôle, notre légitimité évidemment de de le faire. Euh je sais pas si c'est la question des collectivités locales ou là on a aussi d'autres stratégies qui se mettent en place parce que euh ça rejoindra aussi la question que je vais vous poser, c'est-à-dire que ce sont pas des dérapages sur la France insoumise. Souvent, j'entends et je lis dans la presse, il s'agit de dérapage. Ce sont pas des dérapages, c'est une stratégie électorale. Il faut être très lucide par rapport à ça parce que ce n'est pas la même chose. Un dérapage, ça s'excuse.
Stratégie électorale, ça se combat. Ce n'est pas le même registre. Et aujourd'hui, il y a plus aucun doute sur le fait que c'est une stratégie électorale à partir du moment où justement elle est documentée, structurée, réitéré élection après élection et particulièrement bien structuré d'ailleurs sur les territoires. Et oui, ils prennent pour cible notamment la question de l'éducation nationale. Madame qui est enseignante le rappelait.
Ça me fait écho un propos que j'avais entendu une une femme d'un certain âge qui était venue me voir à l'issue d'un d'une rencontre et qui m'avait dit "Vous savez madame la ministre, mon fils, il fait un métier qui est très dangereux." Bon, il est militaire, il est gendarme. Maintenant, il est enseignant. Euh et cette phrase m'a beaucoup marqué parce que on est dans un pays qui a connu Samelpatti, qui a connu Dominique Bernard et qui et je pense que on ne peut pas ne pas l'avoir en tête nous en tant que citoyen, en tant que responsable, en tant que responsable politique, en tant que journaliste.
On est dans un pays où des enseignants ont été pris pour cible, ont été tués, ont été délibérément pris pour cible au nom même de nos valeurs et de la manière avec laquelle il continuaient à les délivrer et à les transmettre.
C'est pour ça d'ailleurs que dans les propositions qu'on a porté sur les assises et je continuerai à les porter, il y a l'idée par exemple que la protection fonctionnelle pour nos enseignants, elle soit plus discrétionnaire en fonction du souhait du directeur d'établissement, mais elle soit automatique, systématique pour dire très clairement que un seul enseignant qui serait pris à partie, qui serait pris pour cible, qui serait soi-disant chahuté immédiatement doit être protégé par la République.
La question ne doit même pas se poser et parce que la force elle est à la loi, parce que la force elle est à l'État, parce que la force elle est à la République et donc on doit assumer aussi cette rectitude là dans la manière avec laquelle on protège nos enseignants parce que aujourd'hui on a à la fois une forme d'affaissement aussi du niveau de formation, un enjeu sur la formation de nos enseignants par rapport à des nouveaux enjeux aussi de transmission singulièrement quand on parle de la question de l'antisémitisme des nouvelles formes d'antisémitisme. Une grande victoire que nous avons obtenue suite aux assises et par exemple que la définition de l'Herra soit transmise à nos enseignants.
C'est-à-dire que la manière avec laquelle ils vont être formés aujourd'hui sur la lutte contre l'antisémitisme et la manière avec laquelle ils doivent pouvoir en parer la classe, c'est va se fonder sur la définition de l'HRA. Je vous assure que c'était pas si simple. Enfin, je pense que aussi vous le mesurerez à à obtenir. Donc, il y a à la fois comment on lutte contre l'affessement du niveau qui est aussi l'affessement du niveau de référence culturelle et historique de manière un peu générale aussi, il faut être lucide. Comment on forme mieux nos enseignants mais comment on les soutient et comment l'État, la République est de manière systématique systématique en soutien de nos enseignants.
Regardez ce qui s'est passé à l'université où un professeur d'université, monsieur Balanche, a été pris pour cible. dans l'enceinte de faculté euh il a été prépible dans une indifférence généralisé. Je parle de la classe. La classe c'estàdire qu'on a des individus extérieurs, cagoulés, masqués qui interviennent, qui le prennent pour cible, qui interrompent son cours, qui l'empêche de faire cours. Il y a pas une personne qui se lève, une. Ils sortent leur téléphone portable, filment, diffusent, les amplifient. En faisant ça, ils mettent aussi des cibles dans le dos. Mais personne n'agit. Personne n'agit.
Donc par rapport à ce que je disais aussi sur la question de la lutte contre l'indifférence, c'est aussi ça évidemment le le combat qu'on qu'on doit mener. Et sur la question qui était plus sur euh la cartographie électorale, euh oui, c'est enfin ce que ce que vous avez noté, ce qu'on observe, c'est-à-dire qu'on a des écarts qui sont importants aujourd'hui euh en fonction des territoires, mais parce que on n' pas le même rapport à la République, parce qu'on n'a pas le même rapport aux services publics, quand on n pas le même rapport à l'État, qu'on a pas le même rapport à la visibilité de l'État dans les territoires. Et ça, c'est aussi ce combat là qu'on mène.
Pourquoi on réimplante du service public ? Pourquoi on réimplante des sous-préfectures ? Pourquoi on réimplante des maisons francs service ? Parce que le lien direct, intime, humain, presque charnel qu'on a à l'État et à ceux qui l'incarne, il est absolument déterminant pour se dire que justement bah l'État ne nous laisse pas en marge, en marge du progrès, en marge de l'émancipation, en marge de l'élévation sociale, en marge de la mobilité et que cette promesse là, elle est elle est réaffirmée quelle que soit sa naissance, quel que soit son territoire. de dire que la République c'est c'est on n'est pas une République des héritiers, nous on est une République des émancipés.
C'est comme ça que notre société elle fonctionne. Elle fonctionne pas sur l'héritage ou elle doit pas fonctionner en tout cas que sur l'héritage. Elle fonctionne normalement sur cette promesse d'élévation et de mobilité. Et donc forcément en fonction du rapport que vous avez à ces questions-là, bien la réponse électorale et politique que vous apportez au moment où vous voter, elle est clairement pas la même. Merci infiniment. Nous allons clôturer cette conférence. Merci madame la ministre pour votre courage, votre engagement et ces mots por cœur d'espoir. Encore de de de grands applaudissements pour madame la ministre. Nous allons désormais dédicacer les ouvrages de madame Verg. Merci.
Vraiment vraiment lu avec attention.
Aurore Bergé