SITUATION INTERNATIONALE : ma question à Dominique de Villepin
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Chapitres
Répartition du ton (temps de parole politique)
Propositif 60 %Attaque 20 %Défensif 20 %
Questions et réponses
Taux de réponse directe : 100 % (directe = 1, partielle = 0,5, éludée = 0)
- 2:01OuverteRéponse directe
Faut-il créer un petit Occident pour faire face aux nouveaux empires ou privilégier la coopération ?
- 4:01OuverteRéponse directe
La notion de sud global est-elle encore pertinente ?
- 6:01OuverteRéponse directe
Comment faire avec Mélanie et Orban pour l'autonomie stratégique de l'UE ?
Affirmations vérifiables (citations exactes)
- 2:01Clémentine AutainFait
« Je suis très heureuse de vous entendre aujourd'hui dans cette commission puisque mon premier engagement était contre la guerre en Irak en 1990 »
- 10:01Dominique de VillepinPromesse
« Nous devons trouver la possibilité de réactiver une vision positive de cette écologie »
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Merci. Je voudrais d'abord saluer votre voix, monsieur de Villepin, qui est extrêmement précieuse parce qu'elle prend la mesure de la bascule du monde. et vous dire aussi qu'à titre personnel, je suis très heureuse de vous entendre aujourd'hui dans cette commission puisque mon premier engagement était contre la guerre en Irak en 1990 et et j'ai en mémoire votre discours aux Nations-Unies en 2003 qui fera date et qui devrait faire réfléchir l'ensemble de la commission sur les moments euh où on croit être dans le juste et où en fait on a une stratégie de court terme qui amène plus de mal qui ne résorbe les difficultés.
Euh dans votre texte sur The Continent, ce qui est très intéressant, c'est de voir comment vous êtes capable de nommer le mal, à savoir les néoimpérialismees, l'extractivisme, ce que vous appelez le capitalisme hybride. Et donc la question qui nous est posée, c'est de savoir comment faire face à ces nouveaux empires. Et ma première question est sur justement faut-il créer un petit Occident au fond, c'est-à-dire être dans une logique de puissance qui consisterait à montrer les muscles face à ceux qui montrent les muscles ou faut-il une a stratégie ?
Ce qui est évidemment plutôt mon point de vue, c'est et que je pense à la fois à l'échelle stratégique globale, géopolitique, mais aussi du point de vue commercial. D'ailleurs, au fond, est-ce que l'enjeu est de gagner la guerre commerciale ou est-ce que l'enjeu est de sortir de la guerre commerciale par une nouvelle logique économique qui repose sur la coopération et sur la fin du grand déménagement du monde ? Donc, je voudrais vous interroger d'abord sur quelques termes.
La notion de puissance qui me tarote depuis très longtemps. Est-ce que vous pensez qu'elle est toujours adaptée ? Est-ce qu'il faut que la France retrouve de la puissance ou de l'influence et de la grandeur par notre modèle, c'est-à-dire notre capacité à nous-même mettre en œuvre dans notre pays cette transition nécessaire, ce changement essentiel qui ne soit pas fondé sur la guerre des identités mais plutôt sur la relance de l'esprit public et qui soit capable d'assumer la transition écologique.
Donc premier terme, la notion de puissance. La deuxième c'est est c'est sur le sud global. Vous avez redit tout à l'heure que vous étiez favorable à cette alliance avec le sud global.
Alors c'est clair qu'on a perdu tellement de temps, hein. La Chine, elle elle s'est occupée des pays dit du sud global. Néanmoins, peut-on parler encore de sud global alors que on peut pas dire que l'Afrique du Sud ou le Brésil, c'est la même chose que l'Inde ?
Donc moi, je ne crois pas je ne crois pas qu'il y ait encore d'Occident, mais je ne crois pas que le la notion de su globale soit correcte. Et une dernière question sur l'autonomie de l'Union européenne, l'autonomie stratégique. Le problème devant lequel on est, c'est que il y a parlez de souveraineté mais où est la souveraineté européenne et comment faire avec Mélanie et Orban à l'intérieur de l'Union européenne ?
Merci pour vos questions monsieur le Premier ministre. Votre réponse. Merci madame la députée.
Un petit Occident sûrement pas. Nous voyons d'ailleurs que dans la vision néo-impériale américaine pour un certain nombre de grands acteurs, l'objectif c'est de bien distinguer deux des Occidents, c'est-à-dire les États-Unis et la Russie avec une collusion qui est manifeste sur le plan civilisationnel et un troisème tout petit Occident que serait l'Europe vassalisée et dominée par le jeu des puissances. Donc c'est pas l'objectif.
L'objectif c'est bien d'affirmer euh une vision euh qui est celle de l'Europe depuis toujours, riche de son expérience, à la fois humaniste et universaliste, en entraînant et en créant la possibilité d'une nouvelle dynamique internationale où l'Europe et la majorité des États dit du sud global pourrai constituer une nouvelle enceinte internationale avec de nouvelles règle du jeu, une nouvelle représentativité et ceci est d'autant plus impératif aujourd'hui que dans la relation que nous avons en matière commerciale avec la Chine, on voit bien que le risque de la guerre engagé par les Américains, c'est avoir en retour tous les produits qui ne sont pas acceptés par les Américains sur leur territoire venant de la Chine venir en Europe à très bas coup et on voit à quel point ça peut déstabiliser le marché européen. Donc de ce point de vue- là, il y a évidemment une négociation avec à la clé le fameux mot réciprocité qui doit être engagé extrêmement rapidement avec la Chine qui est un partenaire essentiel de la reconstruction d'un ordre international. Alors puissance, vous avez raison de questionner le terme, d'autant plus que nous entrons dans un monde qui doit être aujourd'hui celui des limites.
Donc la notion de puissance, on voit bien qu'elle est à la fois un mot chargé de beaucoup de vanité. Je l'avais dénoncé dès 2002. Euh Bertrand Badi avait ajouté impuissance de la puissance.
On le voit en matière de force militaires. Donc vous avez 100 fois raison. Mais il faut se doter des leviers qui rendent euh à nos pays la possibilité à la fois d'être libre euh et d'être actif.
Et pour ça, ça veut dire travailler à tous ces leviers de sécurité et de souveraineté qui sont des constituants de la puissance traditionnelle. Et une des composantes de cet équilibre indispensable, c'est bien sûr le levier écologique. Nous voyons bien la tentation qui existe aujourd'hui compte tenu de l'accélération de la confrontation internationale, de passer par pertes et profit, de marginaliser l'enjeu écologique, ce serait totalement irresponsable.
Et de ce point de vue-là, avec l'ensemble des pays de la planète, nous devons trouver la possibilité de réactiver une vision positive de cette écologie. En ce qui concerne le sud global, je crois que vous avez raison. Il y a effectivement rien de commun entre un pays comme l'Inde, le pays comme l'Afrique du Sud et d'autres.
Mais néanmoins, il y a un élément commun, c'est qu'aujourd'hui ce sud global, il l'a fait très largement sécession par rapport au monde occidental et il nourrit un ressentiment très profond. Et si nous n'y mettons pas fin par un changement de positionnement par rapport au su global, c'est-à-dire une capacité à engager un partenariat tout à fait audacieux, et bien nous retrouvons alors tout seul sur la scène mondiale, c'est-à-dire vassalisé par les États-Unis et par la confrontation avec la Chine et sans capacité d'appui sur le Moyen-Orient, l'Asie du Sud-Est, l'Afrique ou l'Amérique latine. Cette compréhension du monde, elle suppose que nous soyons capables de développer des passerelles.
Je termine d'un mot sur l'autonomie. Vous avez raison, l'autonomie stratégique, elle est très importante. Que faire avec des pays comme la Hongrie, la Slovaquie ou voir l'Italie ?
Je crois que cette unité, elle doit être posée sur le plan du respect des valeurs et en particulier de la démocratie et que peu à peu à travers l'évolution notamment d'une avant-garde européen, il doit être clair que ces pays ne peuvent pas participer à ce cheminement nouveau, donc seront nécessairement laissés de côté dans le cadre des avancées de l'Union européenne. Merci. pas
Dominique de Villepin