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interviewPublic Sénat· 24 mai 2026 58 min

#Direct 🔴 Mathilde Panot, invitée du Grand Jury RTL - Public Sénat - Le Figaro

Transcription Whisper (large-v3), avec identification des locuteurs. À recouper avec la source d'origine.

0:00
Mathilde Panot

Pas un seul euro d'argent public à l'État, c'est le blocage des prix et des marges. Et je le dis parce que nous entendons sur tous les plateaux télé et d'ailleurs dans nombre de bouches politiques les éléments de langage de Total. Non, ça ne va pas créer une pénurie puisque je rappelle que 90% voire plus du pétrole consommé en France ne vient pas du détroit d'Hormuz. Non, Total ne va pas quitter la France puisqu'il ne prendrait pas le risque de perdre le marché français. Et je rappelle que par exemple en Norvège, Total est axé à hauteur de 70% et pourtant reste en Norvège. Et enfin sur l'argument qui nous est maintes fois opposé sur le fait que Total ne ferait pas de bénéfices en France.

Il se trouve que Total met artificiellement ses bénéfices en Suisse. Et je rappelle que la France est un tiers des salariés du monde qui se trouve en France. C'est 3000 stations essence et c'est la raffinerie. Donc ce n'est pas vrai qu'ils ne font pas de bénéfices.

0:53
Invité

Comment vous avez la garantie que Total quand même ne mettrait pas fin à ses livraisons s'il était touché par ce blocage des prix ?

1:01
Mathilde Panot

Eh bien, je viens de donner les arguments justement parce que Total ne prendrait pas le risque de perdre un marché comme celui de la France. Mathilde Panot, comment vous procédez à ce blocage des prix ? C'est un décret ? C'est une baisse des taxes ? C'est un décret ? Non, c'est un simple décret qui encadre les prix et les marges et qui les bloque à 1,70€ comme avant-guerre. À combien est le lit de sans plomb aujourd'hui, vous savez ? Oui, vous êtes à 2,20€, 2,30€. Aujourd'hui on est à 2,10€, donc la différence, qui va la payer ? La différence, elle est payée directement par les multinationales de l'énergie comme Total, qui a largement les moyens de le faire. Je vais vous le dire.

Certains sont des indépendants, donc ils font quoi ? Oui, les indépendants sont en train de souffrir du faux blocage des prix qui est fait par Total, qui fait que tout le monde va dans les stations-services Total par justement un biais de concurrence qui est fait. Donc nous, nous voulons aussi bloquer les prix de gros qui aideraient aussi les indépendants. Donc, ce que je suis en train de dire, c'est qu'il n'est pas acceptable.

Quand nous savons que Total a fait plus 50% de bénéfices en 3 mois, c'est-à-dire 6 milliards de dollars de profits avec des surprofits qui ont été faits uniquement par de la spéculation, puisque je rappelle que pendant longtemps dans les stations-essence, il y avait de l'essence qui avait été achetée avant-guerre. Donc c'est uniquement de la spéculation qui fait que Total est en train de s'enrichir comme jamais. Et nous ne pouvons pas accepter le chantage d'une multinationale. C'est aux Français et aux Françaises de décider. Et donc, cela se fait par un simple décret, ce qui est tout à fait légal et que la France a déjà fait dans son histoire. Certains vous demandent à perte.

Vous êtes d'accord avec ça ? Et ceux qui refusent de demander à perte, qu'est-ce que vous faites ? Si vous considérez qu'il y a de la spéculation, non. D'autant plus quand vous avez un groupe comme Total qui a l'ensemble de la chaîne, depuis la production au raffinage jusqu'à la distribution. Donc je crois que Total a largement les moyens. Et ce qui est en train de se passer, c'est que des millions de Français sont en train de se faire manger leur salaire par les prix du carburant au profit de dividendes qui sont directement versés à Total.

Et quand on parle des 720 millions d'argent public qui sont mis justement dans des mesurettes saupoudrées ici et là, qui ne régleront pas la situation des Français et des Françaises qui n'en peuvent plus de cette situation, eh bien c'est là aussi de l'argent public qu'on va retrouver probablement dans les poches des actionnaires de Total.

3:09
Invité

Le Premier ministre répond à cela. Il s'en est justifié jeudi lors de sa conférence de presse. Il refuse des mesures qui seraient d'ordre général. Il préfère cibler justement les travailleurs, dit-il, les pêcheurs, agriculteurs, les gros rouleurs. Alors, est-ce que vous, si vous étiez au pouvoir, vous baisseriez les taxes également en plus de cette mesure de coche de prix, sachant que le gouvernement dit que la contrainte financière est trop forte ?

3:30
Mathilde Panot

Alors, en bloquant les prix, de fait, il y aurait un peu moins de taxes dans les caisses de l'État, vous le comprenez, puisque si vous bloquez à 1,70€, du coup, il y a un peu moins de recettes pour l'État. C'est ce qui fait que le gouvernement dit que c'est infusable. Pourquoi la solution du Rassemblement national est une solution qui est une solution inefficace et dangereuse ?

3:46
Invité

Vous baissiez la TVA à 5,5 sur cette première nécessité.

3:49
Mathilde Panot

Non, nous, nous bloquons les prix par un décret, c'est ce que j'ai dit, pour que les carburants se retrouvent à 1,70€ comme situation avant-guerre. Pourquoi ? D'abord parce que les mesures qui sont prises par le gouvernement sont, quand je dis des mesurettes, par exemple, je regardais les aides à domicile, à qui ils proposent 200€ pour pouvoir faire leur travail, c'est-à-dire aller aider un peu partout, et donc en se déplaçant avec leur voiture. On estime qu'elles ont 150€ par mois de surcoût. Donc vous comprenez que 200€, c'est absolument rien. Et donc on demande à des gens d'aller payer pour pouvoir travailler.

Ce sont des gens qui renoncent à aller voir leur famille, ce sont des familles entières qui vont renoncer à aller en vacances. Et je continue sur ce que vous disiez tout à l'heure sur les taxes, qui est la solution proposée par le Rassemblement national, qui n'a évidemment pas envie de faire payer Total, notamment parce que Marine Le Pen dîne avec Patrick Pouyanné, le PDG de Total. Mais cette annulation de taxes que demande le Rassemblement national coûterait 16 milliards d'euros à l'État. Donc encore une fois, c'est de l'argent des Français qu'on mettrait pour continuer de gaver un profiteur de guerre comme l'État. – Votre mesure coûterait combien de bloquer les prix ? – Zéro. – Zéro euro ?

– Zéro, ça ne coûte rien à l'État. – Pourquoi personne ne le fait ailleurs ? – Pourquoi personne ne le fait ailleurs ? Si, ça s'est fait dans certains pays. Par exemple, il y a la Hongrie qui a mis en place des mesures de blocage de prix à la Corée. – En général, on baisse les taxes. – Oui, d'accord, mais ce que je vous dis, c'est que c'est 16 milliards d'euros. Et que là, y compris dans la situation où on met 720 millions d'euros, ce que fait le gouvernement, on nous explique qu'il va falloir faire 6 milliards de coupes supplémentaires, et peut-être plus, disent-ils.

Donc ça veut dire moins de professeurs, on va encore enlever des professeurs, on va encore fermer des classes à la rentrée, moins de soignants. C'est insupportable, avec un gouvernement qui décide en plus tout seul, puisqu'ils nous ont refusé un projet de finances rectificatif qui aurait pu à minima nous permettre d'avoir un débat et un vote.

5:36
Invité

– Pour revenir sur le sujet des carburants, est-ce que vous pensez que l'électrification, le passage à la voiture électrique face au prix du pétrole, c'est la solution ?

5:44
Mathilde Panot

– Ça peut faire partie de la solution, même si nous, nous voulons redévelopper les services de transport en commun, notamment le fait de remettre, par exemple, les marchandises sur les rails, de faire du fret ferroviaire, mais aussi de redévelopper les petites gares, les transports en commun, je pense évidemment au métro, au bus, etc. Ça peut faire partie de la solution, mais ça ne peut pas être là aussi des petites mesurettes qu'on fait comme ça au dernier moment.

Il faudrait un plan global et la réalité, c'est que 10 ans de Macroni ont mis le pays dans une situation d'une extrême dépendance vis-à-vis de n'importe quelle crise énergétique, notamment parce que tout ce qui aurait dû être fait en termes de planification écologique pour, par exemple, permettre à la France de construire des voitures électriques à bas coût, n'a pas été fait par ce gouvernement. Et on se retrouve dans une situation qui est d'autant plus impossible, je tiens à le dire, que 10 ans de Macroni, c'est 1,2 million de personnes qui sont tombées sous le seuil de pauvreté. Donc cette crise sociale et économique, elle arrive sur une situation déjà très dégradée.

Et en France, en moyenne, on met 6 générations à sortir de la pauvreté, ce qui est d'une indignité absolue. Les tensions sur le carburant sont en grande partie dues au blocage du détroit d'Hormuz, alors que les négociations patinent entre les États-Unis et l'Iran. Quelle est votre solution pour débloquer ce détroit, Mathilde Panot ? La paix ? La paix ? Si quelqu'un pense un seul instant qu'on peut débloquer le détroit d'Hormuz par la force, vous vous trompez complètement. Et vous n'avez qu'à parler avec n'importe quel spécialiste pour comprendre que ce n'est pas possible. Alors comment vous imposez la paix ? C'est ce que disent les discussions actuelles. Eh bien on fait des négociations.

C'est ce qui est actuellement en train d'être fait entre Trump et Thérôme. Oui mais que de vie sacrifiée entre temps. Que de vie sacrifiée entre temps. Si vous regardez, moi j'espère qu'il y aura des négociations de paix qui vont aboutir entre les États-Unis et l'Iran après une guerre illégale déclenchée par Trump et par Netanyahou. Mais que de vie sacrifiée alors que je le rappelle, avant 2015 il y avait des négociations et un traité sur l'énergie nucléaire que la partie iranienne respectait, toutes les instances internationales le disent, et c'est Trump lui-même lors de son premier mandat qui avait décidé d'en sortir.

Et là il décide d'une guerre illégale avec quels objectifs stratégiques qui ont été atteints ? Quand lorsqu'on nous parlait de changement de régime, le régime non seulement n'a pas été changé, mais en plus de ça est encore plus répressif qu'avant. Mais très concrètement, qu'est-ce que vous faites pour aboutir à la paix ? Eh bien qu'est-ce que nous faisons ?

Nous, si nous étions aux responsabilités, nous aurions construit un front du refus, notamment avec l'Espagne et avec d'autres pays, pour dire non à la guerre illégale menée par Trump, pour refuser le chantage qui est fait notamment à l'Europe via l'OTAN pour imposer 5% de dépenses militaires pour l'OTAN, pour imposer d'acheter les armes de manière massive aux Etats-Unis, ou encore ce qui a été fait l'été dernier, ce chantage qui a été fait sur les produits énergétiques des Etats-Unis. Donc nous, nous aurions fait un front du refus, et nous aurions dit haut et fort que nous refusions ces guerres illégales.

Je le dis d'autant plus que là, on parle peut-être d'un espoir pour la paix entre les Etats-Unis et l'Iran, mais que la guerre continue plus que jamais au Liban, que Netanyahou a décidé et a demandé de notamment d'évacuer encore une fois 9 nouveaux villages, que ces villages soient ensuite dans des opérations de communication israélienne dynamité en direct, lorsqu'ils sont évacués, et qu'encore hier, il y a un centre de secouristes qui a été bombardé, qu'il y a 6 secouristes qui ont été tués cette semaine, et une fillette de 12 ans qui ont été tuées, et que vous le savez, l'armée israélienne est aujourd'hui l'armée qui tue le plus de journalistes au monde.

9:11
Invité

Pour revenir à la France, justement, les chiffres économiques de la semaine ne sont pas bons, la plus importante chute de l'activité depuis 5 ans, remontée du chômage, croissance revue à la baisse, comment vous expliquez cette très mauvaise tendance, qu'il faut nuancer avec les chiffres de l'attractivité qui, en revanche, sont bons ?

9:24
Mathilde Panot

Alors, j'explique cette très mauvaise tendance, par des choix économiques qui ont été faits. Lorsqu'on parlait notamment du budget, lorsqu'on disait qu'il fallait mettre à contribution les plus riches de notre pays, je vous donne juste un chiffre pour que celles et ceux qui nous écoutent comprennent. En 1996, les 500 plus grandes fortes de notre pays détenaient 6% du PIB. Aujourd'hui, elles accaparent 42% du PIB. Ça veut dire qu'il y a un pillage de notre pays, notamment aggravé par un président des riches, qui n'a eu de cesse de mener une politique pour les riches et contre le peuple. Et nous, nous l'avons dit dès le départ. C'est l'explication au résultat économique pour vous.

Des cours budgétaires de plus en plus fortes, comme ils le font chaque année. Et notamment, le dernier budget est catastrophique sur cette question. Eh bien, on atteint à ce qu'on appelle la consommation populaire. Or, la consommation populaire est le principal levier de l'économie française.

Et lorsque les Français et les Françaises ne peuvent plus se permettre d'aller au restaurant, de s'offrir un petit plaisir en allant, je ne sais pas, au cinéma ou autre, eh bien, derrière, ce sont toutes les petites entreprises qui le ressentent derrière, avec chaque année, maintenant, un record de défaillance d'entreprise qui est observé, puisque l'année dernière, c'est 70 000 défaillances d'entreprise, avec le refus d'agir sur le marché européen de l'énergie, avec le refus d'augmenter les salaires et notamment d'augmenter le SMIC, ce qui aurait permis de relancer la machine économique.

10:38
Invité

Bon, en l'occurrence, il va augmenter le SMIC, là, mais est-ce que c'est...

10:40
Mathilde Panot

Enfin, vous êtes d'accord que c'est de manière automatique du fait de l'inflation et que ce n'est pas à la hauteur de la vie chère que subissent des millions de Français et de Françaises ?

10:50
Invité

On va reparler de 2027 en détail, mais est-ce que cette crise économique qui semble moindre peut bouleverser l'élection présidentielle ?

10:57
Mathilde Panot

Oui, je pense que ça va être un enjeu très important de l'élection présidentielle, comme va l'être d'ailleurs la situation internationale. Et je pense que le plus important pour celles et ceux qui nous écoutent, c'est d'abord de dire que tout cela n'est pas une fatalité et que tout cela est issu de choix politiques qui ont été faits et que nous pouvons en faire beaucoup d'autres, et c'est ce que nous ferons notamment avec Jean-Luc Mélenchon, lorsque, je l'espère, nous gagnerons cette élection présidentielle.

11:19
Invité

Il y aura une contrainte, quel que soit le gagnant, c'est qu'on finance désormais 300 milliards d'euros de dettes chaque année. Les intérêts de la dette vont dépasser le budget de l'éducation nationale. Dites-vous toujours que la dette n'est pas un sujet, que vous allez tout simplement l'effacer à votre arrivée au pouvoir ?

11:34
Mathilde Panot

Nous disons surtout que ce n'est pas un horizon à offrir au pays de toujours rembourser la dette, rembourser la tête, d'autant plus de gens qui nous font la leçon, alors que je le rappelle, Emmanuel Macron, c'est 1000 milliards de dettes supplémentaires.

11:45
Invité

D'accord, mais pour répondre à ma question, est-ce que vous dites qu'on ne rembourse plus la dette, on l'efface ?

11:49
Mathilde Panot

Nous disons que nous pouvons geler une partie de la dette, celle qui est détenue par la BCE, qu'il est possible d'en annuler une partie, donc de la geler de manière perpétuelle, mais surtout nous disons que ce qui est responsable de la situation, des 1000 milliards de dettes dont je parlais pour le mandat d'Emmanuel Macron, ce n'est pas des dépenses qui ont augmenté, c'est des recettes qui ont chuté, notamment, vous vous rappelez, dès l'arrivée au pouvoir d'Emmanuel Macron, la suppression de l'impôt de solidarité sur la fortune, le refus de mettre en place la taxe Zuckman à hauteur de 2% sur les ultra-riches, bref, le refus de faire contribuer celles et ceux qui se gavent alors que des millions de gens sont en train de suffire.

12:23
Invité

Je reviens sur la dette, vous dites que vous ferez racheter par la BCE la dette publique qui circule sur les marchés financiers.

12:29
Mathilde Panot

Non, la BCE détient une certaine partie de notre dette, et du coup, nous pouvons l'annuler. C'est un trait qui est juste un trait...

12:37
Invité

Non, mais il y a un autre aspect dans votre programme, c'est de faire racheter par la BCE la dette publique qui circule sur les marchés financiers sans passer par les banques privées, c'est écrit tel quel dans le projet. Est-ce que la BCE va vous dire oui, on rachète votre dette, comme ça ?

12:52
Mathilde Panot

Vous savez, on peut mettre des ambiances de travail.

12:55
Invité

Ça veut dire quoi ?

12:56
Mathilde Panot

Ça veut dire que je ne dis pas qu'on va nous dire oui à tout immédiatement, mais que la France est un grand pays dans l'Union européenne, et que je pense que nous avons les moyens de faire en sorte de ne pas toujours offrir comme perspective le fait de toujours vivre plus mal, et que donc, oui, il est possible, en négociant avec les uns et les autres, de faire en sorte qu'on arrête de payer une dette.

13:17
Invité

Mais le risque avec des créanciers, c'est que les taux s'envolent et qu'on se retrouve complètement étranglés par la dette.

13:22
Mathilde Panot

Vous savez que quand on met un titre de dette aujourd'hui pour la France, nous avons beaucoup plus d'offres que ce qu'il y a de possibilités offertes. Oui, mais ça peut changer. Donc, oui, ça peut changer, mais vous savez, la France est un pays assez crédible sur cette question, donc je crois que nous n'avons pas de problème dessus, et que celles et ceux qui, encore une fois, nous ont fait des leçons pendant des années, eh bien, sont les responsables de cette situation, et encore une fois, qu'on peut faire beaucoup mieux dans ce pays. Cette semaine, Mathilde Padon, on a appris que notre pays est encore champion d'Europe en matière d'attractivité. Vous dites quoi ? Bravo Emmanuel Macron.

Comment vous interprétez ces chiffres ? Écoutez, vous disiez champion d'Europe en termes d'attractivité. Je vous donnais un autre chiffre, 70 000 défaillances d'entreprise, record historique atteint en 2025, qui fait écho à un record historique déjà en 2024. Nous avons un taux de chômage qui recommence à augmenter, avec 40% des embauches qui se font en CDD de moins d'un mois. Sur l'attractivité, vous reconnaissez quand même quelque chose de positif ?

Non, je ne reconnais rien de positif au bilan économique, et je vous invite à vous intéresser à ce que fait actuellement Aurélie Trouvé, qui va bientôt rendre le rapport de notre droit de tirage sur la manière dont justement on a vendu le tissu économique français absolument indispensable à notre souveraineté, notamment à des fonds de pension, notamment états-uniens, pour dire que je crois que nous sommes dans une situation de destruction du pays de la part de la Macronie, et qu'il va falloir reconstruire tout cela.

14:42
Invité

Merci de Pannot. On parlait des carburants, des déplacements des Français. Cette semaine, le Conseil constitutionnel a retoqué la suppression des zones à faible émission, les fameuses ZFE, une mesure emblématique de celle prise par Emmanuel Macron en matière d'écologie. Vous, vous êtes toujours contre ces ZFE ?

15:02
Mathilde Panot

Nous, nous demandons un moratoire sur les zones à faible émission, que nous appelons les zones à forte exclusion, puisqu'on se retrouve avec des pauvres qui sont fortement pénalisés par ces ZFE. Et donc, nous demandons un moratoire tant qu'il n'y a pas d'alternatives qui sont faites, notamment sur les trans...

15:17
Invité

Le gouvernement dit que cette mesure permet d'améliorer la qualité de l'air. Qu'est-ce que vous vous répondez à ça ?

15:21
Mathilde Panot

Oui, la France étant régulièrement condamnée sur la qualité de l'air, avec 40 000 morts prématurées chaque année. Mais il y a aussi dans notre pays 15 millions de personnes qui sont en précarité de mobilité. Et donc, nous, nous demandons des investissements massifs, à la fois dans les transports en commun, dans les mobilités douces, dans le train dont je parlais juste avant, ce que refusent à chaque fois la Macronie et l'extrême droite, main dans la main, à chacun des budgets.

Et je vais vous dire, sur la qualité de l'air, c'est dix fois plus efficace en termes de questions de santé publique, de faire des transports en commun, que d'exclure des millions de gens d'endroits où ils pourraient circuler. Ça, c'est la première chose. Et la deuxième chose, c'est que personne ne parle jamais du fait que dans la qualité de l'air, il y a notamment le nombre de camions qui ne cessent de circuler dans notre pays, et ce, alors que le fret ferroviaire s'est effondré à un niveau historiquement bas. Or, nous pouvions faire en sorte de, justement, remettre toutes les marchandises.

16:13
Invité

En l'occurrence, le Rassemblement national, sur ce sujet, s'est opposé aussi aux ADFE. Ça ne vous dérange pas d'être aligné avec ce parti ?

16:18
Mathilde Panot

C'est-à-dire que, d'un côté, vous avez le Rassemblement national qui est climato-négationniste et qui considère qu'il faut supprimer tout simplement les ADFE. Nous, nous demandons un moratoire tant qu'il n'y a pas d'alternative. Et comme je le dis, il se trouve que l'extrême droite vote systématiquement avec la Macronie. lorsque nous demandons des moyens supplémentaires, notamment pour les transports en commun, les mobilités douces, et qu'il vote d'ailleurs avec la Macronie à chaque fois qu'il faut faire contribuer les plus riches dans notre pays pour répondre aux besoins de ses habitants. Donc, nous ne sommes pas sur la même ligne.

Et je vais même vous dire, c'est un amateurisme terrible du Rassemblement national d'avoir crié victoire sur les ADFE, alors que pourquoi est-ce que ça a été invalidé par le Conseil constitutionnel ? C'est d'abord parce que c'était un cavalier législatif.

17:00
Invité

Donc, une mesure sans rapport avec le texte.

17:02
Mathilde Panot

Exactement.

17:04
Présentateur

Le Grand Jury. Question Express.

17:07
Invité

Avec des réponses par oui ou par non, pour ou contre Mathilde Panot, avez-vous vu ou irez-vous voir le film « L'abandon » sur l'histoire de Samuel Paty ?

17:15
Mathilde Panot

Je ne l'ai pas vu, et si j'ai le temps, j'irai le voir.

17:18
Invité

Et est-ce qu'il faut pantanéiser Samuel Paty, comme le demande sa sœur, Michael Paty ?

17:22
Mathilde Panot

Oui, ça peut être une idée. Enfin, je ne suis pas opposée.

17:26
Invité

Et est-ce qu'il faut montrer ce film dans les collèges, les lycées ?

17:30
Mathilde Panot

C'est une question pédagogique qui est posée. Il faudra en discuter, notamment avec les syndicats. Mais en tout cas, il est évident que ce qui s'est passé, le drame qui s'est passé autour de Samuel Paty est une chose dont il faut discuter dans les collèges. Je ne sais pas si c'est autour de ce film qu'il faut le faire. Et je crois que d'ailleurs, c'est ce qui est fait régulièrement à l'anniversaire de l'assassinat de Samuel Paty. Yves Jourdain. Une idée, Mathilde Panot, de la députée écologiste Sandrine Rousseau. Une loi qui rebaptiserait les steaks cadavres d'animaux. Vous êtes pour ou vous êtes contre ? Moi, je suis plutôt contre.

Et pourtant, je suis favorable à ce qu'il y ait de plus en plus d'options végétariennes possibles. Qu'on mange moins de viande, c'est un enjeu écologique extrêmement fort. Qu'on mange des légumineuses et autres. Mais je suis contre la culpabilisation individuelle. Je crois que ça fait partie de l'écologie populaire que nous portons, tout comme sur les ZFE. Et je crois que ça ne fonctionnerait pas. Et bon, je comprends pourquoi est-ce qu'elle fait cette proposition. Mais je suis contre la culpabilisation individuelle sur cette question.

18:25
Invité

Oui ou non.

18:25
Mathilde Panot

Je pense qu'il faut de l'éducation.

18:26
Invité

Oui ou non. Laurise Boisjour. Est-ce qu'il faut encadrer le temps de parole des personnalités politiques sur les réseaux sociaux ? C'est déjà fait dans les médias audiovisuels pour respecter une certaine équité. Est-ce que ça doit être fait également sur les réseaux sociaux en temps de campagne ?

18:38
Mathilde Panot

Je pense que c'est très difficile à faire. Donc plutôt non. Et d'autant plus que je le dis aussi, puisque nous, nous avons un problème avec un certain nombre de grands médias, notamment détenus par des milliardaires d'extrême droite qui font un projet civilisationnel. Je parle évidemment de Bolloré, mais il y en a d'autres. Et que donc les réseaux sociaux sont aussi un moyen pour nous de nous adresser aux gens de ce pays sans être dans une garde à vue médiatique permanente. Donc plutôt contre.

19:01
Invité

Est-ce qu'il faut supprimer le CESE, le Conseil économique, social et environnemental ?

19:05
Mathilde Panot

Non. D'ailleurs, nous, à un moment, on pensait même si ce n'était pas une bonne idée de remplacer le Sénat par le CESE. Donc non, je pense que c'est une chambre qui est importante et qui fait des travaux qui sont intéressants et qui aident le débat démocratique et public.

19:21
Invité

Une dernière question aussi, Jordan.

19:22
Mathilde Panot

Un débat sur les OVNI est organisé fin juin à l'Assemblée nationale. C'est à l'initiative d'un député LFI et un député Horizon. Vous avez des informations qu'on n'a pas ? Absolument pas. Mais vous demanderez... Quel est le député insoumis qui fait ça ? Arnaud Saint-Martin. Eh bien voilà, vous demanderez à Arnaud Saint-Martin. Je suis sûre qu'il vous dira des choses très intéressantes sur cette question. Vous n'en avez pas, personnellement ? Non, je n'avais pas vu cette information-là.

19:44
Présentateur

Le Grand Jury, l'actualité de la semaine.

19:47
Invité

Et dans l'actualité de la semaine, le chanteur Patrick Bruel est visé par 13 plaintes pour des agressions sexuelles et des viols. Doit-il annuler ses concerts ?

19:56
Mathilde Panot

Bon, d'abord, je veux dire évidemment tout mon soutien aux dizaines de femmes qui ont témoigné et qui ont eu le courage de témoigner sur cette question. Je pense qu'évidemment, il faut une annulation des concerts, notamment parce qu'à juste titre, certains pointent le fait qu'il y a un risque, notamment pour les travailleuses qui seraient sur cette tournée, mais aussi pour les fans qui s'y rendraient. Et je le dis, c'est aux programmateurs de prendre cette responsabilité. Et souvent, les programmateurs expliquent que c'est notamment parce qu'ils ne peuvent pas annuler, sinon ça leur coûterait trop cher.

Et il se trouve que par exemple, on pourrait insister et faire en sorte que dans les assurances, il y ait une prise en compte justement des questions des violences sexistes et sexuelles pour justement raison d'annulation. Mais en tout cas, c'est symptomatique de la manière dont il y a à la fois une culture du viol dans ce pays et une impunité qui est faite sous fait de notoriété. Et donc, j'apporte là encore tout mon soutien à celles notamment qui voudraient exercer leur droit de retrait si ces cancers venaient à continuer.

20:53
Invité

Cette annulation de concern ne fait pas l'unanimité dans la classe politique. C'est condamner quelqu'un à la mort professionnelle ou à la mort sociale avant que la justice se soit prononcée. C'est ce qu'a déclaré Marine Le Pen. Edouard Philippe, lui, s'en remet à la responsabilité des spectateurs plutôt. Qu'est-ce que vous leur dites ?

21:06
Mathilde Panot

Écoutez, il y a une présomption d'innocence dans notre pays. Il y a aussi une présomption de crédibilité de la parole des femmes, notamment lorsqu'elles sont aussi nombreuses à s'exprimer avec des témoignages que vous avez peut-être entendus, qui sont des témoignages glaçants, de viols, de viols sur mineurs, d'attouchements sexuels et d'un système qui se répétait. Donc, à minima, il faut que, tant que l'affaire ne soit pas jugée, les concerts soient arrêtés, notamment parce que, je le rappelle, un concert se fait avec des travailleurs et des travailleuses qui, elles-mêmes, pourraient être exposées à ce type de violence. Et donc, il faut les protéger.

Et c'est pourquoi, je pense que c'est au programmateur de prendre la décision d'annuler ces concerts. Mathieu Pannot, vous avez eu des mots, des pensées pour les victimes, et c'est bien normal, mais on se souvient aussi, pendant l'affaire Quatennens, vous n'en aviez pas eu à l'égard de la campagne d'attention à Quatennens. On se rappelle, député LFI condamné à 4 mois de prison pour une gifle. Est-ce qu'avec le recul, vous regrettez d'avoir traité cette affaire Quatennens de la façon avec laquelle vous l'avez traité ? Non, pas du tout.

D'abord, c'est bien que vous vous rappeliez que nous parlons d'une gifle, que là, je vous ai parlé de viol, de viol sur mineurs, ce qui n'est pas du tout le cas d'Adrien Quatennens. Oui, enfin, certes, il y a un continuum de violences, mais vous pouvez quand même dire que ce n'est pas tout à fait la même gravité, une gifle et un viol ou des viols répétés. La différence, c'est qu'Adrien Quatennens avait reconnu l'affaire. Tout à fait.

Et la deuxième chose qui est importante, c'est que je crois que toutes les formations politiques sont confrontées aux questions des violences sexistes et sexuelles, et nous, nous avions pris des mesures concernant Adrien Quatennens, notamment une suspension du groupe parlementaire. Donc nous, nous avons affronté cette question-là, et nous continuons de l'affronter. Je parle de vos mots à vous, Mathilde Panot, à l'époque. Vous étiez vraiment en défense d'Adrien Quatennens. Vous demandiez à ne pas tomber dans le lynchage médiatique à l'époque. Oui, et donc ? Sans mots pour les victimes. Par exemple, quand il y avait Damien Abad dans les bancs de la majorité parlementaire, avec, par exemple...

On parle du Quatennens. Non, parce qu'il se trouve que vous parlez du Quatennens, mais vous ne parlez pas des autres. Donc il y a un deux poids, deux mesures qui est assez révoltant aussi dans la manière dont on fait le média.

23:05
Invité

On en parle aux familles politiques concernées, Mathilde Panot. On parle de votre groupe parlementaire, vous êtes président du groupe parlementaire.

23:11
Mathilde Panot

Je veux dire, il était accusé de viol, donc c'était quand même une question de savoir est-ce qu'il restait dans le groupe majoritaire ou est-ce qu'il n'y restait pas. Donc je vais vous dire, moi je suis fière d'appartenir à un mouvement politique qui a une cellule contre les violences sexistes et sexuelles, qui a justement l'écoute des femmes qui viennent apporter leur parole lorsqu'il y a un problème dans le mouvement insoumis et qui ne détournons pas les yeux, le faisons comme si nous ne l'avions pas vu et qui justement va affronter ces problèmes-là. Et ce n'est pas facile.

Si vous avez déjà eu le cas, par exemple, dans vos rédactions, vous savez que ce n'est pas facile justement à tenir tous les équilibres. Mais nous l'avons fait et j'en suis fière.

23:47
Invité

Mathilde Panot, à Paris, les enquêtes se poursuivent pour faire la lumière sur les violences dans le péril scolaire. 84 écoles maternelles, une vingtaine d'écoles élémentaires et une dizaine de crèches sont concernées. Êtes-vous favorable aux caméras dans les établissements pour lutter contre ces agressions ?

24:04
Mathilde Panot

Alors, bon, c'est une question, mais je pense que la chose la plus importante à mettre en place, c'est d'abord un renforcement des contrôles par l'État parce que ce qu'on est en train de voir, ce qu'on est en train de découvrir grâce aux parents et aux enfants qui ont témoigné, c'est l'ampleur du phénomène. L'ampleur du phénomène qu'on voit dans le péril scolaire, mais qu'on voit par exemple aussi ce qu'a fait le travail de Paul Vannier et de Violette Spilboud dans les établissements, notamment suite au scandale de Betaram, sur lequel nous avons fait une commission d'enquête. Ce qu'on voit dans l'aide sociale à l'enfance, donc d'abord un plus de contrôle de la part de l'État.

24:40
Invité

Il n'y avait pas toujours, par exemple, de casier judiciaire au moment des recrutements, donc ça complique un peu le...

24:45
Mathilde Panot

Oui, je pense qu'il faut aussi mettre fin à la précarisation des personnels parce que c'est ce qui permettra aussi d'éviter du turnover où à la fin on recrute quelqu'un en 10 minutes ou en une heure, y compris qu'il faut penser la formation, je ne sais pas, le BAFA, le BAFD, etc., avec dedans des modules contre les violences sexistes et sexuelles et notamment sur la prévention de ces questions-là, comment est-ce qu'on les repère ? Et puis, évidemment, il y a une question aussi d'encadrement, du nombre d'encadrants par enfant pour faire en sorte qu'on ait un périscolaire qui soit...

25:16
Invité

Et vous n'avez pas répondu sur les caméras ?

25:19
Mathilde Panot

Caméras, je ne sais pas si c'est la priorité, les caméras. Je pense que l'humain est plus important pour pouvoir mettre fin à ces violences que des caméras, y compris parce que des caméras, il faut des gens pour pouvoir les regarder et que dans un moment de coupe budgétaire énorme, j'ai peur qu'on mette des caméras et qu'il n'y ait ensuite personne pour les regarder et qu'on se retrouve dans une situation qui n'est pas arrangée les choses. En tout cas, l'accumulation de ces scandales dont je vous ai parlé montre qu'il y a un problème de violences sexuelles très fort sur la question des enfants qui existe dans le périscolaire, qui existe aussi beaucoup dans les familles.

En ce moment, on est en train de travailler à l'Assemblée nationale sur la question de l'inceste et que donc, c'est cette culture des violences sexuelles contre les enfants qui doit être mise à bas, notamment avec des moyens. Je le dis parce que les associations disent que, par exemple, sur les violences faites aux enfants et aux femmes, il faudrait 3 milliards par an et cela fait des années qu'elles le demandent. Et grande cause du quinquennat, après grande cause du quinquennat, eh bien, nous avons un gouvernement qui ne fait rien ou quasiment rien sur cette question.

26:17
Invité

Mathilde Panot, présidente du groupe des députés insoumis à l'Assemblée nationale, vous êtes notre invitée ce dimanche. On se retrouve dans un instant pour la seconde partie de ce grand jury et on va parler notamment de la candidature de Jean-Luc Mélenchon, quatrième candidature à la présidentielle pour 2027. A tout de suite.

26:32
Présentateur

Qui est vraiment cet homme ?

26:41
Invité

Un journaliste, un éditeur, un militant, un hacker ? Julian Assange est un homme mystérieux. Depuis 20 ans, il n'a qu'un but, dévoiler les secrets d'État, quel qu'en soit le prix. Quand j'ai créé Wikileaks, c'était dévoilé par un simple rêve. Nous avons obtenu et publié des vérités, environ des ténes de mille de casualtés de l'armée.

27:02
Présentateur

Nous sommes en train d'agressifs pour garder responsables ceux qui ont perdu cette information.

27:09
Invité

L'Embajada de l'Équateur se convivit... L'Embajada de l'Équateur est devenu un symbole de résistance mondiale. L'Université doit renouper son « witch hunt » contre Wikileaks. Pour la première fois dans l'histoire de l'Équateur et peut-être du monde, un président donne l'autorisation à une force armée étrangère d'entrer dans son ambassade pour capturer un réfugié. C'est sans précédent.

27:31
Présentateur

Julian Assange, l'homme à faire taire. Aujourd'hui à 13h sur Public Sénat et sur publicsénat.fr.

27:52
Invité

Oui, les JO. J'aurais bien aimé les faire, mais je suis trop jeune. 4 ans, c'est suffisant pour faire des Jeux ? Oui. Pourtant, les démissions s'enchaînent au sein du comité d'organisation des Jeux.

28:03
Mathilde Panot

Comment en est-on arrivé là ? Le comité d'organisation des Jeux olympiques d'hiver fait face à de très fortes secousses.

28:11
Invité

Le budget ne cesse d'augmenter et les habitants des territoires hautes commencent à s'inquiéter. Il faut faire sauter tout stationnement d'un côté. Or, déjà à Bréançon, on n'a pas de stationnement. Le Fort des Têtes, pour moi, c'est un projet qui est immense pour un avenir incertain. Quand on arrive au Fort des Trois-Têtes, c'est fou d'imaginer qu'on puisse avoir demain un village olympique. Il faut se projeter, mais se transformer un site Vauban délabré en un lieu de vie du XXIe siècle, c'est tout le défi.

28:37
Présentateur

Sénat en action. Vendredi prochain à 16h30 sur Public Sénat et sur publicsénat.fr

28:43
Invité

8 mai 1945. Enfin, la nuit se déchire. Les peuples fêtent la victoire sur l'Allemagne nazie. Depuis le débarquement sur les côtes de Normandie, en juin 1944, il aura fallu près d'une année aux Alliés pour gagner la guerre. 11 longs mois de combats acharnés et cruels pour planter le drapeau rouge au sommeil du Richting. Attaqué à l'ouest par les anglo-américains, à l'est par les soviétiques, le Reich pourrait soudainement s'effondrer. Les Français aussi veulent participer à la Lali. De Gaulle sait que la place de la France dans le camp des vainqueurs dépend de sa participation à l'effort de guerre alliée. Dans ces derniers jours, la motivation des Allemands change.

Ils ne combattent plus pour leur grand Reich, pour leur fureur ou pour le national-socialisme, mais pour sauver leur peau.

29:46
Présentateur

1945, la chute du Reich, vendredi prochain à 22h sur Public Sénat et sur publicsénat.fr.

29:52
Invité

France près d'un adulte sur deux est en surpoids ou obèse. Une maladie chronique encore largement incomprise. Mais de nouveaux médicaments, comme l'ozampic ou le vegovi, promettent jusqu'à 15% de perte de poids. Alors, révolution médicale ou illusion ? Et puis, quels risques en cas de mésusage ? Pour en parler, je reçois Karine Clément, professeure de nutrition et chercheuse spécialiste de l'obésité, et Gabrielle Perlemutter, gastro-entérologue et chercheur à l'Inserm.

30:34
Présentateur

Et la santé, ça va ? Samedi prochain à 17h sur Public Sénat et sur publicsénat.fr.

30:41
Invité

Et la santé, ça va ?

30:47
Présentateur

Avec la mutualité française.

30:48
Mathilde Panot

Avec Hochet, suspendu.

31:05
Présentateur

Merci.

31:07
Invité

Coucou, bébé. J'ai été voir. Ma fille, elle ne serait pas été avec moi et je n'aurais pas fait ma détention bien. Là, elle est avec moi, elle est avec sa mère. C'est important le lien à maman. À la nursery, il n'y a pas de violence, il n'y a pas de dispute. Pour les enfants, on est des mamans, il faut rester responsable. Mais si tu me fais des souris comme ça, je suis foutue, moi. Moi, j'étais habituée au dehors

31:29
Présentateur

avant de rentrer en prison. Ma fille, la nature, je la mettais par terre dans le parc et tout. Des fois, quand moi, je fais mon ménage et tout, je la mets souvent chez les autres.

31:36
Invité

On regarde la télé. Ah non ! C'est difficile de dire au revoir. En même temps, je suis contente d'être libérée, mais il y a des amitiés qui se sont créées.

31:49
Présentateur

Maternité sous écrou. Samedi prochain à 21h sur Public Sénat et sur publicsénat.fr. Voir ou revoir ce documentaire sur publicsénat.fr. Olivier Bost.

32:23
Invité

Mathilde Panot, la présidente du groupe Insoumis à l'Assemblée nationale est notre invitée. Steve Jourdain pour Public Sénat et Laurice Boachot pour le Figaro sont à mes côtés pour vous interroger.

32:39
Présentateur

2027, c'est demain.

32:41
Invité

Jean-Luc Mélenchon a donc déclaré sa candidature à l'élection présidentielle. Quatrième candidature avec un concept, celui de la Nouvelle France. C'est quoi exactement ? C'est la régénération de la France par ces vagues de migration ? C'est ça le concept ?

32:54
Mathilde Panot

Non, la Nouvelle France, c'est la France qui assume son peuple en entier, tel qu'il est aujourd'hui et non tel que fantasmé par l'extrême droite qui est dans une sorte de France éternelle qui n'a jamais existé. Donc c'est une France à la fois qui a changé, notamment depuis, on prend la date, il faut bien une date, celle de 1958 et le début de la Ve République avec effectivement un Français sur dix qui avait un grand-parent étranger. Aujourd'hui, c'est un Français sur trois qui a un grand-parent étranger, mais aussi avec des droits nouveaux qui ont été conquis pour les femmes, avec une homosexualité qui a été dépénalisée, avec des familles qui ont changé aussi.

Par exemple, avant, on avait très peu de familles monoparentales, donc généralement avec une maman seule avec des enfants, puisque c'est généralement ça. Aujourd'hui, c'est une famille sur quatre qui est monoparentale. Donc c'est de prendre en compte tous ces changements qu'il y a dans le peuple de France et en prenant en compte ces changements, d'inventer justement la suite de ce que nous voulons pour notre pays.

33:52
Invité

On va voir justement ce que ça donne politiquement, mais est-ce que ce n'est pas fait aussi pour créer une forme de clivage, exciter les racistes et les nationalistes, en fait jouer un peu sur les crispations identitaires ?

34:03
Mathilde Panot

Non, je crois au contraire que c'est justement avoir une forme de réponse politique au fait que dans la France de Macron, ces derniers mois, on a eu quand même une marche néo-nazie qui a été faite avec des saluts nazis, des slogans homophobes et racistes, une candidate des LR à Marseille qui assume la devise pétainiste travail-famille-patrie, une ministre d'État au Hors-Bergé qui parle d'anti-France en parlant de la France-Avrisse.

34:28
Invité

On parle de 2027. Non mais on parle de 2027. Est-ce que ce n'est pas pour aller chercher le Rassemblement national sur certaines de ses positions et finalement faire du clivage ?

34:36
Mathilde Panot

C'est pour que des personnes ne se sentent pas étrangères dans leur propre pays comme on leur fait ressentir lorsque par exemple vous avez 10, 12 ans dans un quartier populaire et que vous êtes un jeune garçon et que vous êtes sans cesse contrôlé au faciès, le symbole et le signal qui vous est envoyé c'est que vous seriez étranger dans votre propre pays.

34:53
Invité

Est-ce que vous vous défendez ?

34:54
Mathilde Panot

Nous voulons faire avec tout notre peuple. Voilà ce que dit la LRF.

34:58
Invité

Est-ce que vous vous défendez de tout marketing électoral, d'une forme de ciblage à travers les descriptions que vous venez de faire ?

35:05
Mathilde Panot

Le ciblage, c'est-à-dire ?

35:07
Invité

De marketing, c'est-à-dire parler à une catégorie des Français.

35:12
Mathilde Panot

Non, nous nous parlons à l'ensemble du peuple de France. C'est ce que je viens de vous dire à l'instant. Et encore une fois, justement, ce qui est impressionnant sur la manière dont est examinée la Nouvelle-France à la fois médiatiquement et politiquement, c'est que tout le monde se concentre sur une racialisation du débat. Or, ce n'est pas ça la Nouvelle-France. Ce n'est pas ce que nous avons dit. C'est aussi ça, certes. Mais ce n'est pas que ça. Quand je parle par exemple des droits des femmes.

35:35
Invité

Mais aussi une racialisation, c'est-à-dire ?

35:37
Mathilde Panot

Non, c'est aussi des personnes et quand on dit une génération remplace une autre, c'est aussi des personnes, un peuple qui s'est mixé en France. Mais donc, c'est aussi la question, je parlais par exemple des grands-parents étrangers, mais ce n'est pas une racialisation dans notre pays. Ce que ne cesse de faire à la fois la droite, l'extrême droite et la Macronie dans notre pays. Donc, c'est un concept qui nous permet de penser l'avenir, de se tourner vers l'avenir. Et j'invite toutes celles et ceux qui nous écoutent à nous rejoindre et à venir militer avec nous sur Mélenchon 2027.fr. La racialisation, elle vient parfois de chez vous.

Je pense à Rima Hassan, la députée européenne insoumise, qui est estimée que l'antiracisme a besoin, je cite, l'antiracisme a besoin de porte-voix et de visages incarnés et non pas de porte-parole éloignée de ces réalités. Cette époque du porte-parole-là est révolue. Est-ce que vous vous êtes sentis visés ? C'était des propos qui avaient été prononcés lors des meetings pendant la campagne européenne.

Je suis très contente que vous me parliez de cette séquence parce que c'est une séquence que l'extrême droite ne cesse de diffuser un peu partout sur les réseaux sociaux depuis effectivement les élections européennes, donc depuis plus de deux ans, en expliquant que je serais gênée de je ne sais quoi de ce que Rima Hassan était en train de dire. Je ne le suis absolument pas. Je ne le suis pas et je tiens à dire que je suis fière d'avoir Rima Hassan dans nos rangs comme Nadej Abomangoli, vice-présidente de l'Assemblée nationale, comme Daniel Ogono et comme beaucoup d'autres.

Mais quand on regarde la garde rapprochée de Jean-Luc Mélenchon, c'est vrai qu'on ne voit pas très peu ce genre de visage. Ah bon ? Je pense à vous, à Manuel Goupart. Ah bon ? Il y a eu un allô Mélenchon il y a trois jours, quatre jours peut-être ? Qui est-ce qu'il y avait autour de la table ? On parle des postes à responsabilité. Nadej Abomangoli, première vice-présidente de l'Assemblée nationale, ce n'est pas un poste de garde rapprochée peut-être ? Pas suffisamment peut-être. Ah bon ? Je vous pose la question. Est-ce que c'est suffisant ? Est-ce que c'est suffisant ? Nous donner des conseils sur notre organisation ? C'est une question que je vois ses propos.

Dans les mouvements politiques, il faut toujours faire mieux sur les questions féministes, antiracistes, et nous, nous continuerons de faire mieux. Mais je veux quand même vous alerter sur un point. Si Rima Hassan ou d'autres avaient pris la parole pour dire qu'il fallait des femmes élues en politique, ce qui a été un long combat et qui continue malheureusement d'être un combat, vous n'auriez pas été choqués. Pourquoi ? Parce que nous avons gagné le combat idéologique sur cette question.

Et donc, le fait qu'il faille aussi ceux que Bally Bagayoko appellent des héritiers de l'immigration aux responsabilités, qui ont un effet vertueux, c'est-à-dire un effet vertueux de dire que le peuple est de retour en politique là aussi, dans toutes ses dimensions, eh bien, je crois que c'est quelque chose qui est justement très sain dans une démocratie et qui permet aussi à beaucoup de gens de retrouver le goût de la politique.

38:16
Invité

Bally Bagayoko, maire insoumis de Saint-Denis, qui a récemment déclaré un président issu de l'immigration, on y travaille. Est-ce que ça veut dire que l'après-Jean-Luc Mélenchon à la France insoumise, ce sera celle d'une génération issue de l'immigration ?

38:29
Mathilde Panot

Peut-être. Peut-être. Vous le souhaitez ? Oui, enfin, pourquoi pas ? Après, moi, je le dis aussi, il faudra des femmes, probablement présidentes. Donc, oui, mais Bally Bagayoko, pour l'instant, parce que j'entends nombre de médias essayer de les opposer entre eux, soutient entièrement la candidature de Jean-Luc Mélenchon. Et d'ailleurs, le 7 juin, le premier grand meeting de campagne se fera devant la basilique de Saint-Denis. Et ce n'est pas un hasard si nous avons choisi cet endroit-là. Ça sera quoi ? Ça sera le symbole de la...

Non seulement parce que la victoire de Bally Bagayoko au premier tour est une victoire éclatante qui veut dire beaucoup de choses, mais aussi parce que la basilique de Saint-Denis, comme vous le savez, c'est la nécropole des rois et des reines. Et que c'est aussi depuis la basilique de Saint-Denis qu'on a écrit ce qu'on considère comme le premier récit officiel de l'histoire de France. Et donc, devant cette basilique avec Jean-Luc Mélenchon, nous réaffirmerons que nous sommes capables d'écrire une nouvelle page de l'histoire de notre pays.

39:22
Invité

Aujourd'hui, la gauche, c'est 30% des électeurs. Oui. Comment gagner une élection au second tour avec un tel chiffre ?

39:30
Mathilde Panot

Alors effectivement, le pourcentage de gauche s'est effondré, notamment, il faut quand même le dire, avec le quinquennat de François Hollande qui a été tout sauf de gauche et qui a dégoûté nombre de gens. C'est pourquoi nous refusons absolument une forme d'entre-soi, de se parler entre gens déjà convaincus, de considérer que les gens seraient des parts de marché. Et nous, nous voulons au contraire convaincre largement et accroître justement le nombre de personnes qui se rendent aux urnes. C'est pourquoi, je le redis pour tout le monde, il faut vérifier son inscription sur les listes électorales. Il y a 11 millions de gens non inscrits et mal inscrits, et 11 millions, c'est évidemment énorme.

Et chaque année, nous faisons, nous, des campagnes d'inscription sur les listes électorales.

40:11
Invité

– Vous comptez plutôt sur le ralliement d'abstentionnistes plutôt que sur la conviction des électeurs qui sont déjà dans le jeu comme votants ? – Nous, nous, nous voulons convaincre tout le monde.

40:20
Mathilde Panot

– Comme votants, – Nous, nous voulons convaincre tout le monde. N'entendons pas, parmi les 30%, d'essayer de convaincre des gens, de tirer par-ci ou par-là des gens qui iraient voter pour la France insoumise, même s'il y en aura beaucoup, j'en suis absolument convaincue. Mais pour pouvoir gagner, pour pouvoir gagner, nous avons besoin de l'aide de tout le monde. Et pourquoi avons-nous gagné, par exemple, en 2024 ? Pourquoi est-ce que 27 sondages sur 27 donnaient l'extrême droite en tête et l'extrême droite est arrivée troisième et nous sommes arrivés en tête ? C'est notamment parce que la jeune génération s'est rendue massivement aux urnes.

Et il y a une très bonne nouvelle pour nous, c'est que 4,2 millions de jeunes sont devenus majeurs entre 2022 et 2027 et donc pourront voter à l'élection présidentielle. Et nous avons beaucoup de chance en France car la jeunesse de notre pays est massivement antifasciste, antiraciste, féministe et consciente des enjeux écologiques.

41:07
Invité

– Vous devez lutter contre une idée que vos adversaires, et notamment François Hollande, ont bien installée. Jean-Luc Mélenchon ne pourra jamais gagner au second tour face au Rassemblement national. Qu'est-ce que vous répondez à cet argument ?

41:20
Mathilde Panot

– Déjà, si j'étais taquine, je dirais que François Hollande, ne respectant jamais ses promesses, lorsqu'il promet que nous ne serons pas au second tour, c'est de bon augure pour nous pour être justement au second tour.

41:29
Invité

– C'est plus une analyse politique, mais…

41:30
Mathilde Panot

– Ça, c'est la première chose. La deuxième chose, c'est que, je vais dire une évidence, mais que certains semblent oublier, pour être au second tour, il faut passer le premier tour. Or, Jean-Luc Mélenchon est la candidature qui peut passer au second tour et qui a raté le second tour la dernière fois à 420 000 voix. – Oui, mais les électeurs

41:44
Invité

peuvent se poser la question avant le premier tour de savoir si quelqu'un a une chance au second tour. – Oui. – Ça existe dans le raisonnement électoral.

41:51
Mathilde Panot

– Oui, ça existe. Eh bien, vous verrez que très probablement, et je pense que…

41:54
Invité

– Alors, comment Jean-Luc Mélenchon fait pour gagner un second tour ?

41:57
Mathilde Panot

– Eh bien, comment fait-il ? Nous convainquons le plus de monde possible.

41:59
Invité

– Est-ce que vos positions tranchées, justement, ne risquent pas de vous couper d'un certain nombre d'électeurs, notamment de la gauche modérée ou du centre ? – Nous allons faire

42:07
Mathilde Panot

de toutes nos faiblesses une force. Nous connaissons tous les arguments qui pourraient être utilisés très clivants, auraient un fort caractère. Oui, je préfère quelqu'un qui a un fort caractère lorsqu'il faudra parler et dire non à Trump, à Netanyahou, à Poutine et à d'autres que quelqu'un qui s'écrase à chaque fois et qui s'aligne notamment sur les intérêts états-uniens. Jean-Luc Mélenchon serait vieux. Oui, nous avons déjà essayé. Le plus jeune président de toute la Ve République, il s'appelle Emmanuel Macron et ça a donné un désastre absolu dont tout le pays sera soulagé. – Et qu'est-ce que vous ferez

42:41
Invité

contre un autre chiffre ? Qu'est-ce que vous ferez contre un autre chiffre, Jean-Luc Mélenchon ? C'est 14% de bonne opinion selon une récente étude d'Odoxa pour Public Sénat. C'est pas compliqué, c'est le pire score de tous les candidats pour 2027.

42:54
Mathilde Panot

– Eh bien, vous savez, dans les nombreux sondages qui sont faits et études d'opinion et autres, nous sommes effectivement toujours les pires candidats, toujours les plus mauvais. Je rappelle les débats de 2022. En 2022, la gauche ne pourrait jamais gagner l'élection présidentielle. C'était foutu. Il fallait déjà jouer 2027. La réalité, c'est qu'il y a eu 22% de vote pour Jean-Luc Mélenchon et que nous avons raté le second tour à rien du tout. Donc, je vais vous dire une chose simple. La télévision, ce n'est pas la vraie vie. Il y a beaucoup de gens qui ont confiance en Jean-Luc Mélenchon et en la France insoumise. D'abord, parce que nous respectons nos promesses.

Je suis présidente d'un groupe parlementaire qui, depuis 10 ans que nous sommes présents à l'Assemblée nationale, avons respecté à chaque instant la parole donnée aux électeurs et aux électrices, c'est-à-dire notre programme et nous ferons la même chose à l'Élysée. Et la deuxième chose, c'est que beaucoup voient aussi que nous nous tenons bons et je crois que dans le moment de chaos social, économique, international que nous sommes en train de vivre, et bien justement, des gens qui tiennent bon sur les principes est quelque chose qui, justement, inspire confiance.

43:55
Invité

On va venir au programme, Mathilde Panot, mais tout d'abord, Jean-Luc Mélenchon dit qu'il veut être clivant et rassembleur. C'est ce qu'il a dit chez Brut. C'est quoi ce en même temps ?

44:06
Mathilde Panot

Ce n'est pas vraiment un en même temps. Clivant, c'est parce que nous disons qu'y compris du conflit et des oppositions n'est la conscience, donc permet de penser le monde et qu'il y a chacun et à chacune dans ses esprits de réfléchir à ce qui est en train de se passer et à ce que nous voulons faire collectivement et rassembleur parce que, par exemple, lorsque vous clivez contre Total, c'est rassembleur pour des millions de gens.

Lorsque vous clivez sur le fait qu'il faille absolument changer de modèle économique, notamment d'un modèle économique qui nous rend malades, c'était toute la bataille qu'il y a eu contre la loi Duplon sur la réintroduction de l'acétamipride qui était ce pesticide tueur d'abeilles qui allait emmener nombre de cancers supplémentaires et qui montrait que le cancer était une maladie politique. Eh bien, par exemple, là aussi, vous êtes rassembleur en disant qu'il faut changer de modèle.

44:51
Invité

Justement, sur votre anticapitalisme, comment ça se concrétise sur les 100 premiers jours, une politique anticapitaliste ?

44:58
Mathilde Panot

Alors, sur les 100 premiers jours, on vous donnera plus de détails quand nous aurons avancé sur le programme parce que vous savez, à chaque fois, nous faisons le programme, nous faisons le chiffrage, nous faisons les 100 premiers jours. Donc, on va vous donner plus de détails au fort à mesure. Et d'ailleurs, toutes celles et ceux qui veulent peuvent d'ores et déjà contribuer au programme par des contributions populaires jusqu'au 20 juin.

45:18
Invité

Oui, mais comment ça se fait que les contributions, d'ailleurs, ne soient pas visibles ? Parce que, par exemple, chez les écologistes, il y a le même principe. On peut voir qui contribuent, les propositions, les gens peuvent se prononcer.

45:27
Mathilde Panot

C'est une bonne question dont je ne connais pas la réponse. Mais en tout cas, nous avons eu,

45:30
Invité

en 48 heures,

45:32
Mathilde Panot

6 000 contributions programmatiques. Donc, c'est énorme. Et ça montre, pour le coup, on ne peut pas le vérifier qu'il y a autour de cela. Donc, mais dans les 100 premiers jours sur anticapitalisme, qu'est-ce qui est anticapitalisme, par exemple ? Renforcer la sécurité sociale, faire en sorte d'augmenter le nombre de coopératifs dans notre pays, c'est-à-dire le nombre de travailleurs qui sont directement détenteurs de leurs moyens de production et de leurs outils de production. Tout ça, et de l'anticapitalisme, et plus généralement, le fait de faire une rupture nette avec le modèle aujourd'hui qui est un modèle dont tout le monde comprend que c'est un modèle de malheur.

En matière d'anticapitalisme, parmi les toutes premières mesures, si vous accédez au pouvoir, vous annoncez le démantèlement des grands groupes de presse, de Vincent Bolloré à Mathieu Pigasse, il ne sera plus possible de posséder une télé, une radio, un journal. Déjà, ce que je ne me trompe pas quand je dis ça, et qu'est-ce que vous en faites ? Vous revendez les médias, vous les nationalisez, comment ça se passe ? Non, alors vous ne vous trompez pas lorsque vous dites ça. Je souris juste puisque vous mettiez à la fois Bolloré et Pigasse dans le même sac, même si évidemment nous empêcherions avec cette loi tout empire et médiatique. Vous ne les mettez pas dans le même sac ?

C'est-à-dire que Bolloré lui-même une sorte de croisade pour l'extrême droite.

46:41
Invité

C'est Jean-Luc Mélenchon qui a précisé que ça concernait aussi Mathieu Pigasse.

46:44
Mathilde Panot

Oui, mais aucun problème. Je veux dire, les mettre dans le même sac, ça me fait un peu sourire parce que ce n'est pas tout à fait le même danger et la même concentration qu'il y a actuellement. Donc, qu'est-ce que nous disons ? Eh bien, nous disons qu'il faut faire une loi anti-concentration qui permettra de libérer les médias du pouvoir de l'argent et notamment d'avoir un vrai pluralisme dans les médias, ce qui, je crois, intéresserait aussi les journalistes qui y travaillent. Donc, comment est-ce que ça se fait ? Eh bien, tout simplement, on émet des règles.

Vous n'avez pas le droit à la fois, vous l'avez dit, donc en concentration, d'avoir à la fois une télé, un journal écrit, une radio et donc, eh bien, vous forcez donc les... À vendre. À vendre. Oui, les milliardaires à vendre ces médias-là. Qui choisit les propriétaires, qui choisit, qui rachète, qui a le droit de racheter, qui n'a pas le droit. Qui a le droit de racheter dans les règles qu'on se sera fixé. Enfin, vous comprenez que...

47:33
Invité

Et vous pensez qu'il y a suffisamment de propriétaires...

47:35
Mathilde Panot

Là, on a un peu parlé, par exemple, de ce qui s'est passé...

47:37
Invité

Oui, mais il faut que des gens rachètent des médias, il faut qu'il y ait des propriétaires. Vous pensez qu'il y a suffisamment de propriétaires pour acheter d'un seul coup toute une myriade de médias ?

47:46
Mathilde Panot

Oui, bien sûr, et y compris d'aider des médias indépendants, c'est bien aussi. Enfin, je veux dire, tout le monde devrait s'interroger dans notre pays sur pourquoi 9 milliardaires possèdent quasi la totalité des médias de ce pays. avec certains, notamment, je disais, Bolloré, qui expliquent directement qu'ils l'utilisent comme justement un outil de combat pour faire une croisade pour l'extrême droite. Et donc, c'est d'intérêt public, d'intérêt général et d'intérêt démocratique de libérer l'information de la main de ces milliardaires.

Est-ce que vous parlez des médias d'extrême droite, Mathilde Panot, lundi, vous avez accordé une interview au média Nouvelle Aube, Yeni Shafak, c'est un média turc proche du président Erdogan. Est-ce que vous savez à qui vous avez affaire ? Décidément, vous prenez toutes les informations de l'extrême droite pour les reproduire sur ce plateau. J'ai regardé sur le site internet et j'ai retrouvé votre interview.

Non, alors je vais vous dire, j'étais dans une manifestation pour la Palestine, c'était l'anniversaire de la Nakba, puisqu'il y a 78 ans, 700 à 800 000 palestiniens étaient évacués de leur terre, donc étaient expulsés de leur terre avec des centaines de villages palestiniens qui ont été incendiés. Et cette Nakba n'est pas juste un événement historique que nous voulons commembrer. On entend bien, mais juste sur votre interview c'était aussi pour dire que la Nakba continuait toujours aujourd'hui avec le génocide à Gaza et notamment en Cisjordanie, le nettoyage ethnique qui continue. Donc je n'ai pas vu à ce moment-là que c'était ce média-là. Si je l'avais vu, je ne l'aurais pas fait.

D'accord, parce que je rappelle qu'un rédacteur en chef par exemple qui écrit au mois de février d'écrire les juifs comme une tribu qui contrôle le monde avec une génétique humaine corrompue, mais ça vous dites mais à coup le pas, je n'aurais pas dû accorder cette interview.

49:24
Invité

On parlait de votre programme en matière de médias pour appliquer vos idées. Vous devrez obtenir une majorité absolue à l'Assemblée nationale. Donc qu'est-ce que vous faites si vous arrivez au pouvoir ? Vous dissolvez immédiatement l'Assemblée nationale et vous convoquez une constituante puisque vous voulez également changer de régime et de constitution.

49:39
Mathilde Panot

Alors déjà, oui, nous allons dissoudre l'Assemblée nationale.

49:43
Invité

Dans les semaines suivantes de votre élection.

49:45
Mathilde Panot

Oui, y compris parce que vous avez un phénomène qui du fait de l'inversion du calendrier fait que vous avez une dynamique à ce moment-là et que nous avons besoin de changer l'Assemblée nationale par rapport à ce qu'elle est suite à la dissolution de 2024 avec le non-respect du résultat des urnes. Et ensuite, nous aurons une procédure mais qui sera séparée sur l'Assemblée constituante. L'Assemblée constituante étant ce que nous avions proposé à l'époque. Alors nous sommes en train de re-regarder à chaque fois. Mais le moment où nous réécrivons les règles du jeu pour justement réécrire une nouvelle constitution. notamment...

50:19
Invité

Ça, vous allez le confier à des citoyens ? Ça sera un exercice totalement libre ? Ils feront ce qu'ils veulent ?

50:25
Mathilde Panot

Comment ça ? Totalement libre, oui. Enfin, l'idée, c'est qu'ils proposent un nouveau projet de constitution dans une constituante qui travaille généralement pendant plusieurs mois voire quelques années et que ce projet de constitution soit ensuite approuvé par référendum par le peuple de France. C'est des citoyens tirés au sort, c'est ça ? Et notamment, je pense qu'Emmanuel Macron a pour le coup été le meilleur avocat de la fin de la Ve République parce que tout le monde comprend qu'il y a un problème. avec le fait qu'un homme seul puisse décider pour tout un peuple et même contre tout un peuple comme cela s'est fait lors de la retraite à 64 ans.

Et nous, nous sommes toujours les partisans de la retraite à 60 ans.

50:58
Invité

Autre scénario, si le Rassemblement national accède au pouvoir, vous voudriez être la première opposition ?

51:04
Mathilde Panot

En tout cas, si le Rassemblement national accédait au pouvoir, nous serions en résistance absolue mais la résistance, elle commence maintenant. Qui pourrait aller jusqu'où cette résistance ? Écoutez, moi je ne me résous pas à la victoire de l'extrême droite. Donc je ne suis pas là pour commenter. Quelle est votre... Non mais il y a des propos... Je ne suis pas là pour commenter ce que je vais faire quand l'extrême droite serait au pouvoir.

51:23
Invité

Non mais il y a quand même un propos intéressant.

51:24
Mathilde Panot

Je ne suis là pour empêcher l'extrême droite d'arriver au pouvoir.

51:26
Invité

Mathilde Panot, il y a quand même un commentaire intéressant du nouveau maire et les filles de Saint-Denis. On a déjà évoqué son nom, Bali Bagayoko. Il a opposé légitimité institutionnelle et légitimité populaire et il a prévenu à l'avance d'une possible insurrection populaire en cas de victoire du Rassemblement national. Vous soutenez ces propos ?

51:45
Mathilde Panot

Je pense que si l'extrême droite gagnait pour la première fois dans notre pays par les urnes, car je rappelle que l'extrême droite n'a jamais été élue, je pense qu'il y aurait des réactions très fortes. Rappelez-vous.

51:56
Invité

Il y a une chose d'avoir des réactions très fortes et de soutenir une insurrection populaire.

52:01
Mathilde Panot

En 2002, quand l'extrême droite arrive pour la première fois à la surprise générale au second tour de l'élection présidentielle, il y a eu des millions de gens qui manifestaient. Ce n'était pas une insurrection populaire, c'est ce que vous demandez Olivier. En fait, je sais sur quoi vous voulez m'emmener et je n'irai pas là-dessus. Parce que moi, y compris, je suis d'ailleurs surprise que vous ne le disiez pas puisque c'est surtout les médias d'extrême droite aussi. On m'a fait dire que j'empêcherais par tous les moyens pouvoir ou je ne sais quoi.

Ce que j'ai dit et ce que je redis ici, c'est que nous utiliserons tous les moyens et toute l'énergie que nous avons pour empêcher l'extrême droite d'arriver au pouvoir et que nous avons la force de le faire. Non, dans l'élection, comment est-ce qu'il faut le faire en allant massivement aux urnes ? C'est comme ça que nous avons battu l'extrême droite toutes les autres fois et que nous devons encore le faire.

52:46
Invité

Après l'élection,

52:48
Mathilde Panot

je souhaite que ce soit Jean-Luc Mélenchon qui soit président de la République qui change la Constitution, qu'il augmente les salaires dans ce pays, qu'il mette en place la planification écologique. Vous refusez de répondre. Donc je n'irai pas sur le terrain de l'extrême droite au réganié et je ne sais quoi. Je n'irai pas. Vous refusez de répondre. Effectivement, je refuse de répondre.

53:03
Présentateur

Grand jury, tout est politique.

53:08
Invité

Dans l'actualité, 600 drones russes ont été lancés cette nuit contre l'Ukraine. On a appris ce matin qu'ils avaient été utilisés notamment des missiles capables de transporter des ogives nucléaires par Moscou. Tout d'abord, c'est une guerre sans fin ?

53:24
Mathilde Panot

Oui, c'est une guerre qui dure depuis beaucoup trop longtemps, qui a fait beaucoup trop de morts et qui est, en plus de cela, accréditée par le fait que désormais, puisque les États-Unis, première puissance militaire au monde, eux-mêmes décident de faire tout ce qu'ils veulent, c'est-à-dire kidnapper un président en exercice, agresser de manière illégale l'Iran comme ils sont en train de le faire, que Netanyahou lui-même peut commettre un génocide et continuer de commettre un génocide dans un silence assourdissant.

Oui, mais je crois que justement, en termes de destruction du droit international, vous avez peut-être vu que celui qui serait l'homme de la troisième candidature d'Emmanuel Macron, qui permettrait un troisième mandat d'Emmanuel Macron, c'est-à-dire Gabriel Attal qui s'est déclaré candidat cette semaine, et aussi celui qui promettait depuis la France d'en finir avec le droit international, d'en finir avec l'ONU. Et donc, il faut au contraire faire en sorte de renforcer le droit international.

54:17
Invité

Que pensez-vous de l'idée que l'Ukraine devienne un membre associé de l'Union européenne ? C'est ce que propose le chancelier allemand.

54:24
Mathilde Panot

Nous, nous sommes plutôt opposés à l'élargissement de l'Union européenne. Donc, nous l'avons toujours dit, y compris pour ne pas abaisser des normes qui sont encore très très abaissées. Mais l'idée de membre associé, c'est d'apporter une protection sans une entrée

54:39
Invité

dans le marché unique. C'est ça l'idée ?

54:41
Mathilde Panot

Oui. Enfin, du coup, c'est un peu symbolique. Donc, du coup, nous, nous préférions que l'Union européenne prenne toute sa place, notamment dans des négociations que nous demandons depuis plus de quatre ans pour faire en sorte d'arrêter la guerre et notamment de faire voter les régions qui sont disputées entre la Russie et l'Ukraine et que les habitants de ces régions-là puissent eux-mêmes décider de ce qu'ils veulent faire justement en respectant l'autodétermination des peuples.

55:05
Invité

Pourquoi vos députés insoumis ont-ils voté contre l'augmentation de 36 milliards d'euros de budget pour nos armées cette semaine ?

55:13
Mathilde Panot

Alors, d'abord parce que nous considérons que ça ne répond pas aux besoins des guerres nouvelles, notamment. Ça, c'est parce que la guerre aujourd'hui n'est plus avec des chars. Vous parliez des drones tout à l'heure, mais la guerre va se faire y compris dans l'espace. La loi prévoit un renforcement sur les drones et sur les cyberattaques. Comment ? C'est une loi, la loi de progression militaire prévoit notamment de renforcer nos capacités en matière de drones et en matière de cyberattaques. Oui, enfin, cyberattaques assez peu. Donc justement, nous, nous considérons d'abord que ça ne correspond pas aux nouveaux besoins.

La deuxième chose qui nous pose énormément de problèmes, c'est qu'on se retrouve dans une situation où le gouvernement dit qu'en échange de cette loi militaire, vous avez dit 36 milliards sur 4 ans, eh bien, il va falloir couper dans de nouveaux services publics. Donc, ils opposent eux-mêmes la défense et les services publics. Or, nous, nous sommes d'accord pour mettre de l'argent dans la défense de la France, y compris lorsque l'on dit qu'on veut une France indépendante, non alignée au service de la paix, cela implique les moyens de se défendre, y compris seuls ou en coopération avec d'autres pays, mais non alignés notamment sur les États-Unis.

Donc, nous sommes d'accord pour mettre de l'argent, mais pas quand on oppose comme ils sont en train de le faire à la fois les services publics

56:20
Invité

et les dépenses politaires. Merci beaucoup, Mathilde Panot. Merci beaucoup pour ce grand jury. Bon dimanche à tous et on se retrouve la semaine prochaine pour le grand jury. À dimanche prochain.

56:28
Présentateur

Le grand jury RTL Public Sénat Le Figaro M6

56:33
Invité

Article 213 Le mari et le chef de la famille Des femmes invitées à retourner à leur fourneau et sommées de progrès pour la nation. L'injonction se dissimule habilement derrière le conte de fées de la merveilleuse vie de femmes au foyer. Comment en suis-je arrivée là ? À cette fatigue, cet ennui ? Toujours les mêmes choses, les mêmes gestes, une vie si quotidienne. Il n'y a pas de durée limite de travail hebdomadaire pour les femmes au foyer. Elles ne posent pas non plus de vacances ni elles prennent leur retraite. Il n'existe pas de salaire minimum. Leur travail, comme celui du bénévole ou de l'esclave, n'est pas rémunéré.

#Direct 🔴 Mathilde Panot, invitée du Grand Jury RTL - Public Sénat - Le Figaro — Mathilde Panot · Pourquijevote