Annie Genevard dénonce un gouvernement «de grandes annonces et de petites réalisations»
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Chapitres
Répartition du ton (temps de parole politique)
Propositif 30 %Attaque 50 %Défensif 20 %
Questions et réponses
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- 0:00OuverteRéponse partielle
Bonjour Annie Gennevard.
- 0:01OuverteRéponse directe
Le plan de lutte contre les violences scolaires qui devait être présenté ce matin au Conseil des ministres est finalement reporté à une date pour l'instinct inconnu.
- 0:13OuverteRéponse directe
Comment vous expliquez, comment vous interprétez ce changement de programme ?
- 1:49RelanceRéponse directe
Qu'est-ce que c'est une mesure, par exemple, extrêmement puissante ? Est-ce que des policiers au sein même des établissements, ça relève de ce que vous appelez une mesure extrêmement puissante ?
- 2:51OuverteRéponse directe
La question, Annie Genevard, c'est peut-être en amont aussi de se demander ce qu'on peut faire de ces gamins, qui sont certes minoritaires, mais qui sont nombreux tout de même, qui ne sont en aucun cas présents dans les établissements scolaires pour apprendre, mais strictement pour perturber et y créer du désordre.
- 4:19OuverteRéponse directe
Le gouvernement s'attaque à la réforme de la fonction publique. Les syndicats sont reçus ce matin. Le Premier ministre Edouard Philippe expliquait hier que les Français veulent que l'État se transforme, non pas parce qu'ils ne veulent plus d'État, mais parce qu'ils veulent un État qui fonctionne mieux. Est-ce que vous êtes d'accord avec le diagnostic, déjà ?
Affirmations vérifiables (citations exactes)
- 0:20Invité politiqueFait
« Bon, manifestement ils ne sont pas prêts. »
- 0:25Invité politiqueFait
« Parce que si l'annonce du plan est retardée, c'est qu'ils ne se sont pas mis d'accord ou qu'ils ne sont pas encore satisfaits du plan qu'ils veulent présenter aux Français sur un sujet majeur. »
- 1:57Invité politiqueFait
« Ça peut, ça peut. Moi, je ne suis pas hostile par principe à ce que dans certains établissements où la violence est endémique, où elle résiste à toutes les stratégies de désamorçage, je ne suis pas hostile à ce que la présence d'un uniforme, d'un représentant de l'autorité, de la force publique, de la violence légitime, parce que c'est ça, au fond, le policier, le gendarme, il est le représentant de la violence légitime, quand, en face de lui, il a une violence illégitime. »
- 5:16Invité politiqueFait
« Ce sont des idées que nous avons nous-mêmes émises. »
- 6:30Invité politiqueChiffre
« Dans le budget de cette année, 4 000 postes de la fonction publique qui ont été supprimés »
- 6:56Invité politiquePromesse
« Nous, nous avons fait une proposition d'augmenter le temps de travail dans la fonction publique en accordant à ces fonctionnaires une part de l'effort, évidemment, qui serait consenti. »
- 8:35Invité politiqueFait
« Elle s'est quand même assise sur Schengen. Elle a fait fi de Schengen en disant, en ouvrant les portes uniformément, unilatéralement, sans consulter ses partenaires. »
Temps de parole
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- Présentateur20 %
- ?4 %
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Bonjour Annie Gennevard. Bonjour. Le plan de lutte contre les violences scolaires qui devait être présenté ce matin au Conseil des ministres est finalement reporté à une date pour l'instinct inconnu. Il y a quelques jours donc il semblait urgent d'agir, aujourd'hui il semble urgent d'attendre. Comment vous expliquez, comment vous interprétez ce changement de programme
?
Bon, manifestement ils ne sont pas prêts. Parce que si l'annonce du plan est retardée, c'est qu'ils ne se sont pas mis d'accord ou qu'ils ne sont pas encore satisfaits du plan qu'ils veulent présenter aux Français sur un sujet majeur. Je crois que l'agression de ce professeur par ce jeune qui
avait braqué une
arme sur son professeur a été une déflagration, véritablement. Je pense que ça a dissipé le voile de la réalité de ce qui se passe dans certains établissements. Je me garderais bien de généraliser. Je pense que toutes les écoles ne sont pas à feu et à sang.
Il
ne faut pas non plus... Par contre, il y a des établissements où la situation est gravissime. On avait évoqué le lycée de Toulouse qui avait fait grand bruit en son temps. Il y a des lycées où la peur règne. Et la peur règne chez les élèves
et
la peur règne chez les professeurs. Et donc, au fond, lorsque Jean-Michel Blanquer dit qu'on devrait interdire les portables au lycée, mais la seule vertu,
c
'est que
ça a
été
diffusé et révélé. Et là, on est dans une situation gravissime qui appelle des mesures extraordinairement puissantes si on ne veut pas donner le sentiment aux professeurs, aux mondes d'enseignants, aux parents qui s'inquiètent, que c'est une réformette de plus, quelques annonces, et puis ça passera.
Et alors, qu'est-ce que c'est une mesure, par exemple, extrêmement puissante ? Est-ce que des policiers
au sein
même des établissements, ça relève de ce que vous appelez une mesure extrêmement puissante
? Ça peut, ça peut. Moi, je ne suis pas hostile par principe à ce que dans certains établissements où la violence est endémique, où elle résiste à toutes les stratégies de désamorçage, je ne suis pas hostile à ce que la présence d'un uniforme, d'un représentant de l'autorité, de la force publique, de la violence légitime, parce que c'est ça, au fond, le policier, le gendarme, il est le représentant de la violence légitime, quand, en face de lui, il a une violence illégitime. Et donc, je n'y suis pas hostile, sans pour autant en faire la règle, mais s'il le faut, s'il faut en passer par là, moi, je crois que ce qui s'est passé appelle de notre part une sévérité, et il ne
faut
pas craindre l'affirmation de la loi.
La question, Annie Genevard, c'est peut-être en amont aussi de se demander ce qu'on peut faire, de ces gamins, qui sont certes minoritaires, mais qui sont nombreux tout de même, qui ne sont en aucun cas présents dans les établissements scolaires pour apprendre, mais strictement pour perturber et y créer
du désordre. Alors,
il y a plusieurs niveaux de réponse à cette question, effectivement, très importante. Il
y a
la question de l'orientation. Moi, je crois que trop longtemps a prévalu l'idée que seul le cursus général valait la peine, et qu'il fallait y emmener un maximum de monde. Or,
on
sait qu'il
y a
des jeunes qui ne se plaisent pas en filière générale, et je pense qu'il faut vraiment requalifier, mais c'est une urgence absolue, d'abord parce qu'on en a besoin sur le marché du travail, mais sans même être dans cette logique adéquationniste, il y a des jeunes qui n'ont plus envie de rester à l'école, donc il faut se reposer la question de l'orientation. Au-delà de ça, Nicolas Sarkozy avait créé les internats d'excellence pour exfiltrer, en quelque sorte, des jeunes qui étaient... Bon,
là, c'est la démarche à l'envers.
C'est la démarche à
l
'envers, mais ça fait partie de la considération qu'on a sur ces quartiers qui sont parfois difficiles, et puis pour les plus délinquants d'entre eux, nous, nous proposons deux choses. Nous proposons l'abaissement de la majorité pénale, et avec l'abaissement de la majorité pénale, effectivement, on peut mettre hors d'état de nuire certains jeunes gravement, lourdement délinquants.
Le gouvernement s'attaque à la réforme de la fonction publique. Les syndicats sont reçus ce matin. Le Premier ministre Edouard Philippe expliquait hier, je le cite, que les Français veulent que l'État se transforme, non pas parce qu'ils ne veulent plus d'État, non pas parce qu'ils veulent plus d'État, mais parce qu'ils veulent un État qui fonctionne mieux. Est-ce que vous êtes d'accord avec le diagnostic, déjà
?
Ce sont des mots un peu creux.
C
'est un peu, je dirais, qui ne peut pas être d'accord avec cette volonté affichée d'un meilleur fonctionnement des services publics ? Oui, bien sûr.
Alors, sur les mesures.
On est pour le soleil, on est pour le beau temps, on
est pour, quoi qu'en ce moment, on soit davantage préoccupé par la sécheresse.
Et puis, il n'y avait besoin de plus,
en effet. Sur les mesures qui sont explorées, la fin du statut à vie, par exemple, le recours au contrat actuel pour des contrats de 5 ans, 10 ans, 15 ans, ça, par exemple, ce sont des idées que vous allez soutenir ?
Ce sont des idées que nous avons nous-mêmes émises.
Donc, on ne va pas s'y
opposer aux motifs qu'elles viennent de la majorité, effectivement, repenser le périmètre d'émission de l'État en revoyant, en effet, la question du statut et du recours à des contractuels. C'est une piste intéressante. Voilà.
Le salaire
au mérite
? Alors, c
'est pareil, ça, c'est quelque chose que nous avons souvent dit. Il n
'y
a pas de gestion, véritablement, des ressources humaines dans la fonction publique. Quelle est la structure humaine qui fonctionne sans service de ressources humaines ? C'est l'État. C'est la fonction publique française. Donc, on sait que ça ne peut pas marcher. Il faut être capable de distinguer le bon, celui qui se donnera plus de mal. Il faut être capable de le récompenser, de le motiver. Il y a là quelque chose de, je dirais, basiquement humain qui fonctionne dans toutes les autres structures et pourquoi pas,
dans
la fonction publique. Mais, vous savez, on a appris à devenir très prudent avec ce gouvernement parce que des grandes annonces et de petites réalisations, c'est un schéma auquel on est habitué maintenant depuis plus d'un an. Je rappelle qu'en février dernier,
le
Premier ministre avait déjà annoncé la réforme de la fonction publique. On voit que rien n'est venu. Dans le budget de cette année, 4 000 postes de la fonction publique qui ont été supprimés, on sait bien qu'il y a là
à
la fois une grande attente des Français parce que les Français veulent des services publics, mais il y a la seule piste d'économie et de rétablissement de
l
'équilibre des comptes publics est aussi là. Donc, ça suppose de repenser. Nous, nous avons fait une proposition d'augmenter le temps de travail dans la fonction publique en accordant
à
ces fonctionnaires une part de l'effort, évidemment, qui serait consenti. Il n'y a pas d'autre façon de diminuer la dépense publique. Par contre, il ne
faut
pas passer le coup de rabot uniformément partout. On sait qu'en matière de sécurité, en matière de santé, on peut difficilement...
Et de justice, peut
-être.
Et de justice, sans doute. Mais au niveau de
l
'administration centrale, il y a sans doute beaucoup d'économies à faire.
Angela Merkel, la chancelière allemande, a fait savoir hier qu'elle ne serait pas candidate à un nouveau mandat en 2021, après un nouveau revers électoral ce week-end. Est-ce que c'est une bonne ou une mauvaise nouvelle pour l'Europe de savoir qu'Angela Merkel va quitter, a priori, le paysage politique
?
C'est un peu triste que cette femme qui a été une dirigeante, qui est une dirigeante remarquable, soit obligée finalement de faire cette annonce parce qu'elle a commis, en ouvrant les portes de l'Allemagne à plus d'un million d'immigrés, elle a déstabilisé profondément non seulement son propre pays, mais le fonctionnement de l'Europe et les démocraties européennes. Donc elle est obligée de dire ça. Aujourd'hui, elle est fragilisée. On voit que sa coalition ne fonctionne plus. Elle a subi un revers électoral ce week-end. Son parti, la CDU, est très fragilisée.
Il
est clair que c'est un monde, une page qui se tourne dans l'histoire de l'Europe. Mais je ne vois pas comment elle peut demeurer à la tête de son pays après ce qui s'est passé. Elle s'est quand même assise
sur
Schengen. Elle a fait fi de Schengen en disant, en ouvrant les portes uniformément, unilatéralement, sans consulter ses partenaires. Elle a commis une faute, je pense, très lourde qu'elle paye aujourd'hui politiquement.
Damo, Annie Genevard sur Laurent Wauquiez. Est-ce qu
'on
s'inquiète chez les Républicains de son déficit d'image auprès des Français et au sein même d'ailleurs des sympathisants les Républicains ? Il n'est qu'en dixième position, par exemple, chez les Républicains, parmi ceux qui sont préférés et qui sont populaires
?
Alors, moi, j'inviterais nos auditeurs à n'attribuer qu'une valeur relative à un sondage en dehors de la période électorale. Vous savez que les sondages hors période électorale peuvent être
lourdement
contredits
par
la dynamique qui s'instaure dès lors qu'on entre en période électorale.
J
'observe que dans les critiques qui sont faites à l'égard de Laurent Wauquiez,
ce
sont finalement plus des questions de forme que de fond. Je rappelle qu'il n
'y
a pas beaucoup de dirigeants de la droite française qui sont allés au charbon, si vous me permettez cette expression, pour redresser notre parti. On pourrait être dans la situation du Parti Socialiste. Regardez ce que, sous la présidence de Laurent Wauquiez, les Républicains sont devenus au bout d'un an. Donc, je trouve... Et puis, on s'inscrit dans un temps long. On a encore du temps. Il faut qu'effectivement, que les Français apprennent à le connaître.
Merci, Annie Gennevard. Bonne journée.
Annie Genevard