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interviewRadio J — L'interview politique· 14 janvier 2026 14 min

Sylvain Maillard - L'interview politique du 14/01/26

Audio original de l'émission.

Transcription Whisper (large-v3), avec identification des locuteurs. À recouper avec la source d'origine.

0:00
Présentateur

Bonjour Sylvain Maillard, député Renaissance de Paris, porte-parole de Rachida Dati, Kevin le soulignait à l'instant.

0:14
Sylvain Maillard

Il donnait quelques conseils.

0:16
Présentateur

Voilà, je ne sais pas si vous allez les suivre, je ne vous conseille pas forcément de le faire. En tout cas, bien sûr, on va parler de la campagne des municipales assez longuement, mais d'abord un mot sur la situation politique nationale. C'est reparti pour le budget, l'Assemblée a repris hier l'examen du PLF, le projet de loi de finances. L'exécutif a fait quelques compromis en direction du PS, il s'engage à ne pas trop limiter certaines dépenses, à taxer un peu plus que prévu les grandes entreprises, mais pour l'instant, aucun accord global ne se dégage encore. Ça va passer cette affaire ? C'est une bonne question. Je vous remercie de me l'avoir posée.

0:53
Sylvain Maillard

Parce que ça fait vraiment, effectivement, comme a dit Kevin, des jours sans fin. Non, c'est une question très sérieuse. On a besoin d'avoir un budget pour la France, pour des raisons tout simplement de notre vie quotidienne. On sait l'actualité qui est extrêmement dure. On a besoin, par exemple, de faire en sorte d'envoyer des commandes, je vous le dis de façon très concrète, des commandes à nos fabricants industriels pour réarmer la France. Et là, tout est à l'arrêt. Donc nous, on a dit en responsabilité, on veut trouver un budget. Je suppose que le gouvernement, en tout cas des discussions qu'on a, est en phase finale et que dans les jours qui viennent, on puisse avoir un budget.

Nous sommes au travail, tous, les uns après les autres, mais il nous faut absolument un budget.

1:39
Présentateur

Plus de 3400 amendements, je crois, doivent être examinés. Vous le disiez, c'est un jour sans fin. Est-ce que les députés, c'est ce que certains d'entre eux m'ont dit, n'en ont pas un peu assez ? Les Français en ont un peu marre ? Et les parlementaires sont les premiers concernés ?

1:52
Sylvain Maillard

Je ne vais pas me plaindre, mais moi, je suis commissaire aux finances. C'est-à-dire que votre journée commence à 9h du matin. Elle se termine à minuit, tous les jours, samedi et dimanche, compris. Donc quand vous êtes dans une période budgétaire, donc effectivement, quand ça dure trois mois, c'est long. Et on est là pour construire un budget. Mais quand à la fin des trois mois et qu'on arrive au vote, on est très loin de la barre des 50 %, évidemment, il y a un moment où il faut qu'il y ait un acte d'autorité du gouvernement. Il a plusieurs possibilités. Ce qu'il nous faut, c'est un budget.

2:24
Présentateur

Alors, c'est quoi les scénarios de sortie et le scénario que vous envisagez ? Est-ce que ça peut être voté sur un accord ? Est-ce qu'on va avoir un 49-3 ? Est-ce qu'on va avoir des ordonnances ? Comment il va passer ce budget s'il passe ?

2:37
Sylvain Maillard

Non, c'est impossible que ce soit voté. On l'a toujours dit, puisque autant le budget de la sécurité sociale, c'est un vote technique, entre guillemets. Et donc là, Sébastien Lecornu a réussi à trouver un accord, ce qui est quand même déjà incroyable. Il y a quatre mois, quand je suis venu à votre micro, j'aurais pensé que ce n'était pas possible. Donc, il a réussi. Bravo à Sébastien Lecornu. Mais là, on est dans un budget. Donc, c'est un vote politique. Donc, les oppositions votent traditionnellement contre le budget, tout simplement.

3:06
Présentateur

Il ne peut pas y avoir d'accord.

3:07
Sylvain Maillard

Et donc, il ne peut pas y avoir. Au mieux, ils s'abstiennent. Mais s'ils s'abstiennent, il faut qu'il y ait énormément d'abstention d'une grande partie des écologistes, d'une grande partie des socialistes. Bon, ça paraît quand même improbable.

3:19
Présentateur

Donc, le scénario ?

3:20
Sylvain Maillard

Le scénario, il y a deux autres possibilités, ou un 49-3, ou bien des ordonnances avec des avantages et des inconvénients des deux systèmes. En tout cas, ce qu'il nous faut, c'est un budget.

3:28
Présentateur

La France se mettrait clairement dans la zone rouge, la zone de danger, si elle restait à un déficit supérieur à 5% face à des marchés financiers apparemment calmes, mais toujours susceptibles de retournements brutaux. C'est François Videroy de Gallo, le directeur de la Banque de France, qui a averti hier. C'est quand même une mise en garde au gouvernement, parce qu'à force de faire des concessions socialistes pour essayer de faire passer la pilule, on va dépasser les 5% de déficit.

3:54
Sylvain Maillard

Oui, on est pris dans un étau, c'est-à-dire que non seulement il faut baisser la dépense publique, il faut baisser le déficit, déjà 5%, c'est beaucoup. On est dans une trajectoire qui continue à baisser jusqu'en 2029, on soit à 3%. Mais si on ne réagit pas, on voit bien le mur dans lequel nous sommes. Le gouverneur de la Banque de France a raison de le rappeler, il faut maintenir ces 5% maximum, parce que je rappelle que le budget qui est sorti du Sénat, qui n'a pas été voté, était à 5,4% de déficit. On dit toujours que les sénateurs sont incroyablement sages, mais ils ont énormément dépensé, il nous faut réduire la voilure.

Nous, nous sommes à EPR, ensemble pour la République, on est contre l'augmentation des impôts. Nous, ce qu'on veut, c'est réduire la dépense. On a fait plus de 10 milliards de propositions, on espère que nos amendements seront repris.

4:45
Présentateur

Un mot sur le procès en appel de Marine Le Pen, qui commence aujourd'hui jusqu'au 12 février à Paris. La décision n'est pas attendue avant l'été, mais elle pourrait être empêchée de concourir. L'ancienne présidente du RN, je rappelle qu'elle a été condamnée à 4 ans de prison, dont 2 fermes, 5 ans d'inégibilité avec exécution provisoire. Et selon Jordan Bardella, le président du RN, il serait profondément inquiétant pour la démocratie que la justice prive les Français d'une candidate à l'élection présidentielle. Qu'est-ce que vous en pensez ?

5:15
Sylvain Maillard

Le député que je suis, il doit respecter la justice, la décision de la justice. Elle est face à ses juges, elle se défend, et c'est son droit. Et la justice dira le droit. Moi, je suis vraiment pour qu'on respecte la justice. On laisse tranquillement la justice, on a confiance dans la justice. Quand on est député, c'est la moindre des choses. On laisse faire la justice, et on n'a pas à commenter ce que fait la justice. Après, on en tira les conséquences politiques, évidemment. Mais il faut que la justice puisse passer sereinement. Donc, pas d'autre commentaire que ceux.

5:45
Présentateur

Justement, sur la présidentielle 2027, aujourd'hui, dans le bloc central, il y a pléthore de candidats. J'en ai compté 10. Plus ou moins crédibles, plus ou moins déclarés, mais ça fait quand même beaucoup. Même si, pour l'instant, Edouard Philippe est le seul, je crois, officiellement déclaré, et pour l'instant, le mieux placé, autour de 16% dans les sondages. Comment on peut faire pour les départager ? Est-ce que la primaire est la bonne solution ? Ou est-ce qu'il faut laisser faire, laisser aller ? Est-ce qu'il faut une compétition libre et non faussée,

6:10
Sylvain Maillard

comme dirait l'autre ? Écoutez, c'est très simple. Si on y va à plusieurs candidats, il n'y a aucune chance que l'un d'entre eux soit au deuxième tour. C'est simple. Donc, moi, je fais partie de ceux qui poussent pour qu'il y ait une primaire, parce qu'on n'arrive pas à départager, en tout cas à l'heure actuelle, ce jour, on ne peut pas départager les différents candidats. Et que si on laisse tout le monde partir et déclarer sa candidature, on aura deux, trois, quatre candidats qui regarderont le deuxième tour ou le débat entre deux tours à la télé.

6:37
Présentateur

Une primaire qui irait jusqu'à LR ? Quelle configuration ? Quel périmètre ?

6:41
Sylvain Maillard

Le bloc central, le bloc qui est à l'heure actuelle. Le socle commun, comme on dit. Le socle commun, c'est-à-dire le socle qui vote autour de Sébastien Lecornu. C'est-à-dire macroniste et républicain. Oui, qui vont de toute façon se redessiner pour 2027, mais ça me semble essentiel de trouver un ou une candidate dans ce bloc-là qui puisse être au deuxième tour.

7:01
Présentateur

Et pour vous, c'est qui le meilleur candidat ou la meilleure candidate à l'heure actuelle ?

7:05
Sylvain Maillard

Pour moi, c'est un peu tôt pour le dire. En tout cas, ce qui est certain, c'est qu'il faut un seul candidat ou une seule candidate et qu'il faut qu'il y ait un process pour les départager. Est-ce qu'il propose des systèmes de sondage très qualitatifs, trois de suite, ou un système de primaire ? En tout cas, ce qui est certain, c'est qu'il faut un seul candidat.

7:26
Présentateur

Alors, les municipales à Paris, votre parti Renaissance soutient le candidat Horizon, Pierre-Yves Pournazel, pour l'élection, mais vous, avec d'autres, vous soutenez Rachid Alati, vous êtes même son porte-parole, Rachid Alati qui candidate pour la droite et pour LR notamment. Ce n'est pas un peu inconfortable cette situation du côté de Renaissance de parti présidentiel ?

7:46
Sylvain Maillard

Moi, j'ai pris acte du fait que je souhaite qu'après 25 ans de socialisme communiste, écoleux à la mairie de Paris, on passe à autre chose. Je crois que les Parisiens veulent autre chose, ils veulent une alternance et celle qui est le mieux placée pour porter cette alternance, c'est Rachid Alati. Elle a l'expérience, elle a l'envie, elle a construit l'équipe, une équipe autour d'elle dont je fais partie, qui est de sensibilités politiques différentes avec nos responsabilités qu'on a eues et qu'on a à l'heure actuelle à Paris pour construire un Paris plus sécure, plus propre.

On trouve que Paris n'est pas propre, avec une vraie réflexion sur le logement, on voit la difficulté de se loger et de faire en sorte que Paris soit plus agréable à vie. Donc nous, on veut changer Paris. Ceux qui veulent garder Paris comme il est, ils ont le bulletin Emmanuel Grégoire, c'est très bien, mais ceux qui veulent changer définitivement Paris, ceux qui veulent autre chose pour Paris, ils votent Rachid Alati.

8:40
Présentateur

Alors, selon un sondage IFOP très intéressant publié ce week-end, au premier tour, 30% pour la gauche rassemblée derrière Emmanuel Grégoire, juste derrière, c'est Rachid Alati, 28%. Ensuite, Pierre-Yves Bournazel d'Horizon, 16% et 10% pour la liste LFI de Sophia Shikiru. Ça fait quatre candidats qui peuvent se qualifier au second tour. Ça complique beaucoup la donne, ça va être très serré cette affaire.

9:02
Sylvain Maillard

Oui, ce sera de toute façon très serré. J'ai changé le mode de scrutin à Paris l'année dernière qui nous permet maintenant de voter directement pour le maire de Paris. Et donc, évidemment, c'est une façon de faire pour décider de son maire qui va beaucoup plus intéresser les Parisiens et qui change évidemment la donne. Mais je crois que c'est important d'abord parce qu'il y a parfois des projets différents, parfois il y a des projets qui sont vraiment les mêmes.

9:26
Présentateur

Pour penser à quel projet par exemple ?

9:27
Sylvain Maillard

Je trouve que le projet d'Horizon et de Renaissance porté par M. Bournazel, c'est vraiment copié-collé d'une autre en fait. Donc, je dis, si on veut gagner, il n'y a qu'un projet qui peut permettre de gagner l'alternance. Vous l'avez dit dans les différents sondages, mais d'une façon plus générale, il n'y a que de voter Rachid Adati. Tous les autres votes, c'est du vote perdu, c'est du vote...

9:48
Présentateur

Selon le sondage IFOP, il y a une hypothèse de deuxième tour avec Bournazel qualifié, trois candidats. Ça fait 40% pour Grégoire, 40% pour Adati et 20% pour Bournazel si je ne me trompe pas. Ça veut dire que ça va être vraiment à touche-touche.

10:02
Sylvain Maillard

Il n'y a qu'une possibilité d'alternance à Paris. On le sait tous, c'est Rachid Adati. Et donc, tous ceux qui veulent l'alternance à Paris, d'abord, il faut s'inscrire jusqu'au 6 février. Je crois que c'est important, y compris les commerçants, je le dis, parce qu'il faut qu'il y ait 2019. Ils peuvent s'inscrire à l'endroit où ils ont leur intérêt économique et donc, il faut qu'ils puissent s'inscrire et participer pour changer. Nous, on porte un projet, c'est vrai, de changement fort sur plusieurs axes dont, je crois, les prérogatives les plus importantes, la sécurité, le logement, je le redis, la propreté. Paris n'est pas propre. Et donc, là-dessus, il faut que les Parisiens se mobilisent.

Moi, je suis assez convaincu qu'ils veulent autre chose après 25 ans de socialisme. Il faut qu'il y ait une alternance, une respiration et nous, nous sommes prêts à pouvoir porter, changer Paris. Comme je le dis souvent, réenchanter Paris. Et c'est quoi le principal atout,

10:52
Présentateur

le principal argument de vente, d'après vous, de Rachid Adati ?

10:56
Sylvain Maillard

L'énergie. Elle a beaucoup d'énergie et on a une ville qui est endettée à plus de 12 milliards. On a une ville où on a 55 000 fonctionnaires, ce qui est énorme, dont aucun d'entre eux, en tout cas une grande partie d'entre eux, est loin de faire 35 heures. Il faut qu'on remette tout le monde au travail avec plus d'efficience et un service rendu aux Parisiens avec quand même une taxe foncière augmentée par le duo Hidalgo-Grégoire de plus de 62% dans la mandature précédente et faire en sorte que le service, la ville, soit à la hauteur de ce que payent les Parisiens, de ce que vivent les Parisiens.

On élève nos enfants, on a de moins en moins de familles, 125 000 familles sont parties depuis 6 ans, depuis que Mme Hidalgo et M. Grégoire sont aux commandes. On a fermé 140 classes l'année dernière. On veut remettre des familles à Paris, redonner envie d'habiter Paris. Et pour ça, il faut un changement complet dans la sécurité, dans la propreté, dans le logement, faire en sorte que dans le logement social, ceux qui sont dans le logement social, c'est ceux qui travaillent à Paris et prioriser ceux qui travaillent à Paris. On a du mal à avoir des policiers, on a du mal à avoir des puéricultrices pour nos crèches parce qu'ils n'habitent pas à Paris, parce que Paris est trop cher.

On va prioriser le logement social pour ceux qui bossent à Paris.

12:09
Présentateur

Certaines mauvaises langues soulignent que la principale alliée de Rachida Dati, c'est Mme Chikiru qui a bien l'intention de tailler des croupières à la gauche, au PS, à Emmanuel Grégoire et qui pourrait coûter cher finalement en étant très agressive avec ce dernier, avec la liste d'union de la gauche et favoriser Mme Dati. Ça vous fait quoi d'avoir une alliée comme Mme Chikiru qui est quand même plus que contestée ?

12:31
Sylvain Maillard

Je crois que je n'ai rien à voir avec et Rachida Dati n'a rien à voir avec LFI. On les combat au quotidien. Qui veulent faire tomber Emmanuel Grégoire, c'est leur problème. En tout cas, nous, on veut porter un projet positif pour Paris et je le redis à ce micro, il n'y a qu'un vote utile, il n'y a qu'un vote qui permet ce changement. C'est celui de Rachida Dati. Tous les autres votes, c'est du vote perdu, c'est du vote socialiste, c'est du vote écolo, c'est du vote communiste, mais c'est du vote qui fera que Paris va continuer à s'endetter et avec une politique et ce qu'il propose, 40% de logements sociaux, c'est-à-dire une ville qui ne tourne plus et qui est complètement endettée.

13:10
Présentateur

En quelques secondes, ça vous inquiète, au-delà de Paris, la montée du RN, on parle de beaucoup de conquêtes de villes moyennes, petites, grandes, notamment l'arc méditerranéen, mais pas seulement, en quelques secondes.

13:19
Sylvain Maillard

Au dernier législatif, 95% des villes et villages français avaient un candidat RN en tête du premier tour.

13:27
Présentateur

Ça veut dire que ça peut avoir...

13:29
Sylvain Maillard

Ça veut dire que le RN est fort partout et donc on combat le RN, je combat le RN, ses idées, c'est facile. Et d'ailleurs, c'est de plus en plus facile parce qu'on voit dans l'hémicycle à quel point c'est incohérent. Ils augmentent les impôts partout tout en disant sur les plateaux de télé qu'il faut baisser ses impôts, plus 34 milliards d'impôts supplémentaires. Le RN, c'est du programme communiste.

13:50
Présentateur

Merci Sylvain Maillard et à très bientôt sur Radio-G. A bientôt, bonne journée.

13:54
Sylvain Maillard

Merci beaucoup David. Demain, votre invité sera Maurice Safran, journaliste, auteur de Néron à l'Elysée. Sous-titrage Société Radio-Canada