Face à Face : Édouard Geffray - 02/10
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Chapitres
Répartition du ton (temps de parole politique)
Propositif 35 %Attaque 45 %Défensif 20 %
Questions et réponses
Taux de réponse directe : 88 % (directe = 1, partielle = 0,5, éludée = 0)
- 0:47OuverteRéponse directe
Est-ce que vous savez combien de lycées bloqués ou fermés ce matin ?
- 1:20OuverteRéponse partielle
Comment vous voyez la journée qui vient ?
- 2:08RelanceRéponse directe
Vous parliez d'une plateforme de concertation. Pensez-vous que ce soit à la hauteur ?
- 3:24OuverteRéponse directe
Quels sont les lycées dégradés et le coût des dégâts ?
- 5:10RelanceRéponse directe
Comment distinguez-vous casseurs et lycéens ?
- 6:31OuverteRéponse directe
Quelle est votre position sur les dégâts et leur financement ?
Affirmations vérifiables (citations exactes)
- 0:35Invité politiqueFait
« Vous êtes bien sûr le ministre de l'éducation nationale. »
- 2:17Invité politiquePromesse
« Une grande plateforme de concertation permettra à tous les lycéens qui le souhaitent d'exprimer leurs attentes, leurs inquiétudes et leurs propositions. »
- 3:53PrésentateurChiffre
« Il y a 1207 lycées qui, hier, ont été perturbés ou bloqués. »
- 5:42PrésentateurChiffre
« On a eu 65 personnels blessés, on a eu 40 proviseurs parmi eux qui ont été blessés. »
- 7:34Invité politiqueFait
« L'idée de revenir à la loi casseur, qui était une loi qui a été en vigueur jusqu'en 1981. »
- 9:06PrésentateurFait
« Vous avez un député LFI qui vient sur site, qui harangue la foule et qui incite sur les réseaux sociaux ensuite à propager le mouvement. »
- 13:05PrésentateurFait
« Aujourd'hui, il existe dans tous les établissements, comme au niveau national, des instances de dialogue qui sont en train de se réunir et qui fonctionnent. »
- 14:30Invité politiqueFait
« Vous avez annoncé que vous alliez renoncer dans le budget à remettre des frais d'inscription à l'entrée des BTS. »
- 15:39Invité politiqueFait
« Ils appellent déjà à une journée décisive, mardi prochain, le 6 octobre. »
- 20:28Invité politiqueChiffre
« Quatre enquêtes de l'IGPN ont été ouvertes. »
Temps de parole
- Présentateur60 %
- Édouard Geffray36 %
- ?4 %
≈ 19 interruptions / 10 min (chevauchements et interjections détectés).
Modèle mistral-small-latest · prompt v1 · les citations sont vérifiées mot pour mot dans le transcript ; le taux de réponse directe est calculé à partir des verdicts question par question. Aucun label idéologique n'est produit.
Vous
écoutez
RMC, RMC
jusqu'à 9h, Apolline Matin,
face
à face, Apolline de Malherbe.
Il
est 8h29 et vous êtes bien sur RMC et BFM TV. Bonjour Edouard Geffray. Bonjour. Merci d'avoir accepté de répondre à mes questions ce matin. Vous êtes bien sûr le ministre de l'éducation nationale. Colère lycéenne ou violences urbaines ? Quelle réponse, quelle situation ce matin ? Très nombreuses questions, évidemment. On vous attend sur toutes ces questions-là et en particulier sur la situation ce matin. Est-ce que vous avez des nouvelles ?
Est
-ce que vous savez combien de lycées bloquées, combien de lycées fermées ?
Nous n'avons pas de chiffre de lycées bloquées ce matin, pas encore. En revanche, nous aurons un peu plus de 400 lycées qui seront fermées aujourd'hui. Soit parce qu
'il
y
a eu
des dégradations matérielles qui empêchent l'accueil des lycéens. Je pense par exemple aux destructions de systèmes incendies. Et donc on ne peut plus accueillir des lycéens tant qu'ils n
'ont
pas été réparés. Soit parce qu'il
y a
des personnels qui ont été directement et délibérément visés. Et dans ce cas-là, il y
a
aussi mon devoir d'employeur qui est de protéger non seulement les élèves mais les personnels. Et dans ces hypothèses-là, l'établissement a été fermé aujourd'hui.
Comment vous voyez la journée qui vient ? Vous aurez une rencontre, on va y revenir évidemment, avec les organisations syndicales. Mais est-ce que les éléments que vous avez, elles laissent imaginer un retour au calme ? Ou au contraire, une poursuite des mouvements ?
À ce stade, c'est difficile à dire. Notamment parce que ce qui circule sur les réseaux sociaux est généré par IA et généré par des gens qui ne sont pas les élèves des établissements. Et donc ils peuvent laisser croire qu'il
y
a beaucoup d'établissements concernés quand ce
n
'est pas le cas. Donc c'est difficile à saisir. En revanche, vous l'avez dit, j
'ai une
journée de dialogue, ça c'est sûr. Parce que je vais avoir aujourd'hui les organisations syndicales des personnels, les associations de parents d'élèves, les associations de lycéens et les élus du conseil de la vie lycéenne.
Enfin
!
Alors non pas enfin. Moi, ma conviction profonde, c'est qu'il y a des réponses qui pourront être trouvées très concrètes au niveau local. Et ça, on a déjà commencé à le faire.
Mais
quand je vous entends hier dire, dès lundi, une grande plateforme de concertation permettra à tous les lycéens qui le souhaitent d'exprimer leurs attentes, leurs inquiétudes et leurs propositions individuellement ou collectivement. Chaque voix pourra être entendue. Les contributions seront analysées localement et j'en organiserai une restitution nationale. Pensez-vous que ce soit à la hauteur
?
Moi, je pense qu'aujourd'hui, nos jeunes,
ils
ont besoin de se sentir écoutés.
Et donc une plateforme ?
Alors d'abord,
c
'est quand même, pardon mais...
Non mais ça
me fait
penser au grand débat, vous vous souvenez,
après les Gilets jaunes
? Non mais en fait, il
y
a deux... On
ne sait
pas ce que sont devenus les cahiers de doléances, on ne
sait
même pas s'ils ont été lus.
Là, en l'occurrence, tout sera publié, mais surtout, il y a deux éléments. Et soumis à l'IA, ce qui fait que justement, les gens pourront s'y interroger par eux-mêmes la base. Donc ça, c'est la première chose. Deuxième élément, ça rentre pour le coup, vous êtes dans les codes de nos jeunes, parce qu'ils ont l'habitude d'aller très vite sur leur téléphone, etc. Et donc, j'allais dire, on utilise un outil qui est à leur portée. Puis, troisième élément, c'est que moi, je tiens à ce que l'expression puisse être à la fois individuelle et collective.
Il
y a des cadres collectifs organisés, notamment les conseils de vie lycéenne, qui sont actuellement réunis dans tous les établissements concernés.
Il
y
a
des instances académiques, il
y a
des instances nationales qui sont réunies en ce moment même. Mais il y
a
aussi des individus qui peuvent avoir besoin de s'exprimer sur ce qui ne va pas. Et ça donnera la possibilité comme ça d'avoir une photographie, si je puis dire exacte, puisque tous auront la possibilité de participer.
Les lycées qui, pour de nombreux d'entre eux, ont vécu des dégradations, des scènes de chaos, de cases, d'incendies, de jets de mortiers. Si on en vient d'abord à la question du bilan, on sait qu'il y
a
de nombreuses villes, que ce soit Nice, Dijon, Besançon, Valence, Toulouse, Bordeaux, Montpellier, Rennes, Saint-Etienne, Orléans, Strasbourg et Rouen. Ainsi que leurs agglomérations, Nantes, évidemment, avec le lycée Nelson Mandela. Est-ce que vous avez une idée du nombre de lycées qui sont véritablement dégradés et même, j'allais dire, de la facture ?
Alors,
il y a 1207 lycées qui, hier, ont été perturbés ou bloqués. Ça, c'est la première chose. Depuis le début de la semaine, il y a probablement
au
moins plusieurs dizaines, voire plus d'une centaine de lycées qui ont connu des dégradations, on va dire, sévères. Grilles renversées, loges incendiées. Parfois, il
y
a même des logements de fonction qui ont été incendiés, il faut quand même le savoir.
Des logements de fonction dans lesquels il y avait
des...
Il y
a
un logement
de
fonction dans un lycée à Lyon, qui était donc occupé par un personnel d'éducation nationale, qui a été saccagé par des individus extérieurs qui ont véritablement saccagé l'établissement. Est
-ce qu
'il y a, d'ailleurs, des endroits où des incendies ont eu lieu alors qu'il y avait des élèves, des professeurs qui ont été mis en danger ?
Hier à Nantes, vous avez vu le lycée Mandela dont l'entrée... Le lycée Mandela qui avait 10 ans. Oui,
Jean-Brandeuf.
...dont l'entrée a été ravagée par les flammes. Il y avait, au moment où l'incendie s'est déclaré, 160 élèves en internat.
160 élèves qui
étaient à
l'intérieur ?
À l'intérieur, en internat, qui ont été évacués, évidemment, par les personnels. Je rends hommage, d'ailleurs, parce que depuis une semaine, on
a
des personnes d'éducation nationale qui sont parfois visées
et
qui protègent une chose à laquelle je crois qu'il s'appelle le service public de l'éducation. Et actuellement, ce qu'on voit, c'est une tentative de destruction dans certains endroits du service public de l'éducation. Quand on s
'en
prend au bâtiment, quand on s'en prend au personnel,
et
que c'est un service public et que ce sont des agents publics, on cherche à détruire un service public.
On va en venir à la question de la responsabilité politique, puisque vous imputez notamment une forme de responsabilité à LFI et ses proxys. C'est les mots utilisés par Matignon hier. Mais comment vous distinguez ? Vous dites qu'il s'agit d'individus extérieurs au lycée. Comment vous faites pour distinguer les casseurs ou ces individus dont vous dites qu'ils viennent pour détruire le service public de l'éducation et les lycéens
? Quand
on regarde ce qui se passe, et notamment j'appelle les proviseurs qui ont été blessés,
pour
savoir d'abord prendre leurs nouvelles.
Combien de proviseurs blessés ?
A ce stade, on a eu 65 personnels blessés, on a eu 40 proviseurs parmi eux qui ont été blessés. 40 quand même. Donc je les appelle au fur et à mesure pour avoir évidemment de leurs nouvelles et pour leur apporter mon soutien.
La
plupart me disent, les personnes que j'avais en face de moi, ce n'étaient pas mes élèves.
Quand
même. Au moment des faits violents. Donc on a des individus violents, ça a été aussi documenté par le renseignement territorial, qui prennent en otage le mouvement, infiltrent les groupes de lycéens, et ensuite évidemment des lycéens qui, j'allais dire, dans la chaleur du moment, suivent. Mais au départ, on n'a pas forcément de lycéens violents, en tout cas très peu. On a des individus extérieurs, très clairement, ça c'est documenté, qui sont là pour nuire. Avec sûrement quand même, quand vous avez des tirs de mortiers, je rappelle que les mortiers, ce n
'est
pas en vente libre, vous ne les trouvez pas à l'épicerie à côté de chez vous. Donc ces gens-là aussi ont une logistique qui leur permet de faire ce qu'ils font.
Une logistique, ça veut dire une organisation, ça veut dire une volonté, une anticipation. On va y venir, mais vous parliez des dégâts. Un certain nombre de présidents de régions, Grand Est, Auvergne-Rhône-Alpes, Île-de-France disent que les chiffres sont considérables, qu'ils se chiffrent à plusieurs millions d'euros de dégâts. Gérald de Darmanin dit qu
'il
va falloir que les casseurs payent, voire même y compris les parents. Quelle est votre position là-dessus
?
D'abord, c'est effectivement les collectivités au cas qui engagent des financements potentiellement énormes, et c'est autant d'argent qui n
'est
pas mis dans la rénovation des bâtiments. Donc c'est quand même un peu embêtant, parce que par ailleurs,
il
y a quand même un gros travail fait par les régions pour rénover les bâtiments. On parle du lycée Paul-Éloire de l'autre jour, à Saint-Denis. Il y
a
45 millions d'euros qui sont engagés pour des travaux qui ont commencé cet été quand même. Donc il
y
a de l'argent qui est mis sur la table par les régions. Et donc tout ça, c'est de l'argent et des moyens qui sont distraits. Deuxième élément, qui paye ? Ça,
c
'est d'abord, il
y a
un cadre légal.
C
'est-à
-dire
que je rappelle que quand on attrape un casseur et qu
'il
a quelque chose, il peut être condamné à réparer ce qu'il a payé. Et après, il y
a
effectivement, j'allais dire, des débats entre les régions et les us locaux. Mais ça, c'est une autre histoire.
Et certains évoquent, c'est le cas de Bruno Retailleau, je crois que ça a été évoqué aussi par une partie de la droite et du centre, l'idée de revenir à la loi casseur, qui était une loi qui a été en vigueur jusqu'en 1981, qui est une loi qui disait que tous ceux qui participent sont co-responsables. Et d'ailleurs, se partagent en quelque sorte la facture.
C'est
une loi à laquelle François Mitterrand avait mis fin. Mais l'idée que ce n
'est
pas parce que vous n'êtes pas celui qui avait vraiment tenu le marteau pour casser, par exemple, une barrière, que vous n'êtes pas aussi responsable et qu'il faut partager la facture de manière à ce que ce
ne
soit pas le contribuable qui paye. Qu
'est
-ce que vous pensez de cette idée ?
Moi, le principe du qui casse-paye, je n
'ai
pas de problème. Après, dans ce genre de mouvement, on a beaucoup de lycéens qui sont à moitié spectateurs ou se font surtout confisquer leur mouvement. C'est le cas quand même actuellement. Ils sont en
train
de faire confisquer le mouvement par des individus. Je suis plus prudent.
Vous avez parlé, c'est Matignon précisément, d'un mouvement de blocage des lycées par manœuvre organisée par LFI et ses proxys de l'ultra-gauche. Qu'est-ce que vous voulez dire
? Quand
on regarde le film de ce qui s'est passé,
les
événements commencent le 18 septembre au lycée Saint-Exupéry à Créteil, où il y avait objectivement des problèmes, notamment de ressources humaines.
Et c'est d'ailleurs notamment les professeurs qui, à ce moment-là, soutenus par leurs
élèves dans ce
moment-là. Il y avait un mouvement réel et avec, objectivement, une situation qui n'était pas normale. Au passage, ce
qu
'on a résolu pour la quasi-totalité de la semaine qui est suivie quand même.
Parce
qu'il manquait une infirmière,
il
manquait un directeur des travaux,
il
manquait une proviseur adjointe. Tout ça a été pourvu dans la semaine qui est suivie. Donc on a réagi et on a trouvé des solutions. Mais très clairement, trois jours plus tard, c'est-à
-dire
le 21 septembre, le lundi 21, vous avez un député LFI
qui
vient sur site, qui harangue la foule et qui incite sur les réseaux sociaux ensuite à propager le mouvement. Et ensuite, vous avez des députés LFI qui font le tour des établissements en incitant au blocage, aux manifestations, etc. Et au moment où les choses dégénèrent, et c'est là que pour le coup, il y a quand même un sujet, au moment où les choses dégénèrent, où des individus extérieurs commencent à tirer des mortiers, etc., au risque de blesser les élèves, ces mêmes élus incitent à l'extension des blocages. Et c'est là que moi je dis que c'est irresponsable. C
'est
quand on a la responsabilité des mineurs, pardon, moi j'ai la responsabilité de 12 millions de mineurs. Aujourd'hui, il
y a
une chose que je sais, c'est que les envoyés sur des lieux de blocage, c'est les mettre en danger compte tenu des éléments qu
'il
y
a
autour. Et ça fait une semaine que je le dis.
Il faut dialoguer. Je
rappelle pour ceux qui nous rejoignent que vous êtes le ministre de l'Éducation nationale. Vous dites,
si
je vous écoute bien, qu'ils ont organisé ces blocages.
C
'est-à
-dire
le premier Créteil, vous dites ça, c'est un mouvement spontané de professeurs et d'élèves. Et j'ai le sentiment que vous donnez à ce premier mouvement une certaine légitimité. Mais vous laissez entendre que la suite aurait été orchestrée, organisée, à la manœuvre. Qui, au fond, l'œuf et la poule ? Qui commence ? Qui incite ?
Une fois encore au départ, on a un mouvement qui est un mouvement que je considère comme, j'allais dire, vraiment audible et auquel je réponds en plus. Mais après, il y a une part de mobilisation spontanée et puis il
y a
aussi une part de structuration et surtout de légitimation d'un mouvement. Quand vous avez des élus qui font le tout un centre d'établissement et qui incitent publiquement au blocage, on ne
peut
pas dire qu'ils n
'ont
pas joué un rôle. Aujourd'hui, chercher à se défausser en disant non, non, non, c'est pas nous, c'est pas possible. Ils ont contribué très clairement à la cristallisation du mouvement. Jean
-Luc Mélenchon
estime que c'est aussi, que c'est l'inverse, que c'est les policiers, que c'est d'abord la responsabilité du gouvernement et des élus depuis longtemps d'avoir abandonné les lycées. Mais il dit ensuite que la sauvagerie policière, je le cite, avec aussi des accusations de racisme à l'endroit de l'État, ont envenimé les choses avant de dire hier que les insoumis appellent, je cite, à la non-violence des méthodes de lutte.
Écoutez, je suis ravi qu'il appelle à la non-violence parce qu'il est temps. Parce que quand on emploie un vocabulaire de type discipline de combat, lutte, bloquer tout, etc., avec des mineurs, il ne
faut
pas se demander ensuite si les interprétations sont subtiles. Et donc, je suis très heureux qu'ils appellent enfin la non-violence. Ça, c'est une bonne nouvelle. Mais de manière générale, on peut chercher après ça la responsabilité indéfiniment. Il y a eu très clairement, et c'est leur choix politique, qu'ils ont assumé dès le départ, de vouloir cristalliser, reprendre et étendre le mouvement. Bon, c'est comme ça. Maintenant, ce qui compte, parce que moi, je suis responsable, notamment de mes élèves. Maintenant, ce qui compte, c'est de faire en sorte que nos enfants ne soient plus dans la rue parce qu'ils sont en danger. Ça veut dire qu'il faut que tout le monde se mobilise.
On est une communauté éducative. Donc, les parents, très clairement, doivent se mobiliser et doivent dire à leurs enfants
de ne pas être là-dedans. Et ça veut dire quoi, les parents
doivent se mobiliser ? Vous estimez que les parents ont une forme de responsabilité ?
Non, mais je pense qu'actuellement, si vous voulez,
c
'est assez intéressant. La façon dont c'est traité, c'est comme si c'était un tête-à-tête entre l'État et les mineurs. Mais l'école, ce n
'est
pas un tête-à-tête entre l'État et les mineurs. L'école, c'est une communauté éducative. Vous avez des parents, vous avez des élèves, vous avez des professeurs.
Donc, vous
leur dites, calmez vos enfants
?
Surtout, aidez-nous à les protéger. Aidez
-nous à les protéger. J'avais
Émilie tout à l'heure, une mère de famille. Son fils est en première au lycée Balzac à Tours. Elle était en larmes quand elle m'a appelée sur RMC. Ça fait trois jours qu'elle demande à son fils de rester chez elle parce qu'elle a peur pour lui. Elle dit, j'ai peur et je ne sais pas où on va. Et elle accusait d'un côté l'extrême-gauche, disait-elle, d'une forme de responsabilité. Mais elle disait de l'autre côté, l'État n'est pas capable de tenir les choses. Elle vous sentait complètement débordée. Et elle disait, par ailleurs, il n'y a aucun plan B. Moi, je lui disais, mais est-ce que votre fils a au moins des cours à distance ? Elle me disait, non, il a reçu un politique copié en PDF.
Ça ne sont pas des cours à distance. Elle était désespérée.
Alors, il y
a
plusieurs choses. D'abord, je comprends qu'elle soit évidemment inquiète. Mais il faut reprendre les choses dans l'ordre. Aujourd'hui, il existe dans tous les établissements, comme au niveau national, des instances de dialogue qui sont en train de se réunir et qui fonctionnent. Et donc, il faut dire à nos jeunes qu'ils sont représentés, qu'il
y
a des discussions, qu'il y
aura
des solutions et qu'ils pourront tous s'exprimer dès lundi, y compris individuellement, pour ne pas être pris
dans un moment. Mais honnêtement,
j'ai l'impression que c'est quasiment un numéro vert que vous nous mettez en place. C'est-à-dire que je ne sais pas si c'est audible, si ça peut même passer le mur du son.
Il y a une question de savoir
si la démocratie est encore audible quand tout le monde appelle à la contourner.
C
'est ça le problème. Si vous faites un court-circuit de la démocratie par la violence, évidemment, la démocratie est au moins audible. Mais dans un état de droit, c'est ce à quoi je crois et ce que je sers, c'est quand même la démocratie qui permet d'en sortir. La démocratie, c'est se réunir
dans
des instances avec des élus ou même sans élus, d'ailleurs. Les gens que je reçois cet après-midi ne sont pas tous élus.
Mais
ce n
'est
pas
grave.
Mais est-ce que vous ne regrettez pas de ne pas... Justement, vous dites que vous croyez au dialogue et à la démocratie.
Est
-ce que vous ne regrettez pas de ne pas leur avoir parlé plus tôt
? Mais
la difficulté qu'on a eue, si vous voulez,
c
'est qu'une fois encore, si je prends le cas de Saint-Exupéry, nous avons traité un certain nombre de sujets. Depuis, le mouvement s
'est
étendu. Et on voit bien que l'une des difficultés, c'est que
c
'est un mouvement qui n
'a
pas de revendication nationale. On n'est pas sur quelque chose de, si je puis dire, de classique. Il n
'y a
pas un gros objet contre lequel l'histoire sera mobilisée et dont on pourrait discuter. Il y
a
un ensemble de revendications, souvent d'ailleurs très ancrées dans une réalité locale. Et donc, aujourd'hui, l'enjeu, c'est à la fois de répondre à cette revendication locale et puis, pour ce qui est du national, de distinguer les sujets, de l'apprendre avec eux.
Mais quand on regarde hier soir, vous avez annoncé que vous alliez renoncer dans le budget à remettre des frais d'inscription à l'entrée des BTS. Ça veut donc dire qu'ils ont bien fait de se mobiliser
? Alors,
ça, en l'occurrence, ce n'est pas le fruit de la mobilisation lycéenne. Et c'était quelque chose qui était parti bien avant, évidemment, dans le projet de loi, dans les travaux du projet de loi. Et d'ailleurs, l'idée, c'était quand même, là aussi, dans un cadre démocratique, qu'on ait un débat parlementaire
sur
une vieille question qui est que, notamment en classe préparatoire, aujourd'hui, vous avez un certain nombre d'élèves qui sont très favorisés.
On
ne parlait pas des boursiers et qui ne payent pour autant aucun frais. Bon, j'ai parlé hier avec les organisations syndicales. Je parlais avec les filles, je parlais avec les organisations syndicales, en conseil de superéducation, parce qu
'il
y avait le conseil de superéducation. Il y avait une inimité pour dire que ce n'était pas une bonne idée. Et donc, j'ai annoncé hier soir que, bien sûr, on prendra l'initiative de le retirer.
Sur les APL, est-ce que vous le ferez aussi ? Ce n'est pas forcément votre domaine
de ces cellules du logement, mais ça touche
beaucoup les jeunes.
Moi, je parle de ce qui me concerne, et c'est une autre question. Mais sur ce sujet-là,
en
tout cas, très clairement, j'ai dit qu'on retirait la question, mais, une fois encore, le cadre démocratique doit permettre de traiter tout ça.
Cet après-midi, vous allez leur promettre quoi ? Vous allez leur dire quoi ? Ils appellent déjà à une journée décisive, mardi prochain, le 6 octobre.
D'abord, je vais les écouter. Pardon, mais c'est quand même ça, à
la
base. Parce qu'aujourd'hui, je ne
suis
pas sûr d'ailleurs qu'ils soient très écoutés,
y
compris médiatiquement. On les montre beaucoup, on montre beaucoup la casse. Nous, on a reçu beaucoup. J'ai reçu
plusieurs
des
leaders syndicaux.
Vous dites que
vous
allez les écouter. J'ai su par mes confrères d'RTL que hier matin, alors que vous étiez physiquement dans les mêmes locaux, vous-même, ainsi que le leader lycéen, vous ne vous êtes même pas parlé. Vous n'avez pas profité de cette occasion en vous disant, je vais aller le voir, je vais lui parler. Vous vous disiez quoi ? Que ce n'était pas le moment ? Que vous attendiez quoi ?
Déjà, c'est par ce moment dans l'entrée d'un studio de commencer avant une discussion de fond. Je l'ai salué et à l'entrée et à la sortie. On n
'a
effectivement pas
eu
une discussion de fond. Il se trouve que je le reçois cet après-midi si il le souhaite. Je l'ai invité cet après-midi, donc je pense qu'il sera là. C'est le représentant
de l'USL. Ah, il n'a pas répondu
encore ?
Écoutez, je n
'ai
pas vaché ce matin avec mon secrétariat.
Mais en quoi hier, il ne vous avait pas répondu ? Normalement,
il est invité en tout cas et je pense qu'il sera là et qu'on pourra avoir une vraie discussion. Comme d'ailleurs avec les autres associations lycéennes parce qu'il n
'y en
a pas qu'une et comme avec les élus lycéens. Je rappelle qu'il y
a
des élus lycéens partout en France. Et donc, pour reprendre ce qu
'on
faisait d'ailleurs, c'est comme ça qui est important. Un, on écoute. Deux, on voit ce qui relève de sujets nationaux et on traite les sujets nationaux. Et après, au niveau local, et tous les recteurs sont en
train
de le faire et tous les étudiants sont en train de le faire, on regarde ce qui relève du niveau local et on traite ce qui relève du niveau local. Il faut traiter les sujets que les lycéens nous communiquent. Ça, c'est clair. Mais ça se traite dans un cas de fait
encore démocratique.
Est
-ce que vous aviez
anticipé ? On a quand même l'impression que ce mouvement vous a largement échappé. Pour reprendre les mots d'Émilie, cette mère de famille, elle estimait d'ailleurs que ça avait échappé à tout le monde, y compris aux lycéens de l'origine du mouvement. Mais est-ce que ce mouvement ne vous a pas largement échappé ?
Est
-ce que vous ne
l
'avez pas sous-estimé ? Vous disiez que
ça
a commencé le 18 septembre.
C'est vendredi dernier. Je n'aime pas beaucoup tweeter encore moins en mode alerte. Vendredi dernier, j'ai publié exprimant sur les réseaux sociaux en disant n'appelons pas à la génération des blocages c'est irresponsable parce qu
'on
va mettre nos enfants en danger. Simplement, à ce moment-là, toute la France était publiée par un autre événement en demeurant d'ailleurs qui s'est bien passé avec la vie de Papal.
On a presque envie qu
'il
revienne là, pour apaiser les choses.
Moi, vendredi dernier, j'étais déjà en train de dire et on était tous en train de dire attention, il y a quelque chose qui est en train de se passer. Ce mouvement est en train de se faire récupérer par des tiers.
Donc, vendredi, vous avez l'impression de ne pas être entendu
?
Non, ce n
'est
pas que je n
'ai
pas été entendu. C'est qu'il
y a
des gens qui ont continué sciemment à aller faire le tour des blocages et à attiser les flammes. Donc,
effectivement,
maintenant, on a une situation qui s'est dégradée parce qu'en fait, le mouvement a changé de nature parce qu'il a été pris en otage très clairement par des groupuscules violents et c'est à ça qu'il faut mettre fin.
Aujourd'hui, la question des lycéens, au fond, l'urgence, c'est la question de la lutte contre la violence. Quand vous dites des groupuscules violents,
vous
avez parlé, Matignon a parlé de LFI, de ces proxys d'ultra-gauche. Je recevais tout à l'heure le représentant, le président de la région Grand Est qui disait qu'il y avait y compris des éléments internationaux, des gens qui venaient notamment d'Allemagne ou de Suisse, comparable, disait-il, à des situations de black bloc où on a des personnes qui sont effectivement d'une sorte de lutte internationale. Est-ce que c'est aussi ce que vous constatez
?
Alors,
qui sont les
profils ?
Je
voudrais juste un point.
L
'urgence, pour moi, en tant
que
mission nationale,
c
'est les élèves et c
'est
les lycéens.
Ça,
c'est mon urgence. Bon. Et par ailleurs, il y a une nécessité d'ordre public qui relève du ministère de
l
'Intérieur qui est de faire en sorte que des éléments ultra-violents, et donc là-dessus, je n
'ai
pas d'éléments à vous donner pour savoir s'ils viennent de l'étranger ou pas, mais enfin, a priori,
ils
sont quand même essentiellement du territoire national. Mais ça, c
'est
un sujet intérieur pour faire en sorte que ces éléments ultra-violents ne puissent pas nuire ni à nos services
publics,
ni aux biens, ni aux personnes.
Edouard Jeffrey, comment vous voyez la suite ? Vous avez dit tout à l'heure « j'ai alerté sur le fait que nos enfants étaient en danger ». Est-ce que vous redoutez un drame
?
Quand vous avez des éléments violents, enfin, ultra-violents comme ceux qu'on a vus, hier, ils ont mis feu à un établissement dans lequel j'avais 160 internes quand même.
Quand
même ! Enfin, il faut se rendre compte de ce qui se passe. J'ai des personnels de la région à Marseille qui ont été aspergés d'essence parce qu'ils tentaient d'éteindre un incendie et on leur a tiré dessus des pétards.
Donc,
si la question est de savoir si dans un contexte de violence comme ça, il est possible qu'il
y ait
un drame qui à la fin se tourne contre nos élèves, contre le personnel, enfin, moi, pardon, je considère déjà que des drames certes pas ultimes, mais enfin, quand même, il y
a
eu des situations dramatiques. Et c'est pour ça qu'une fois encore, je rappelle et j'appelle vraiment tout le monde au calme et à l'apaisement. La classe politique, les élèves, les jeunes qui essayent de les récupérer, il faut
que tout le monde s'appelle et discute. La
réponse policière a été proportionnée, c'est ce qui leur avait été demandé, proportionnée, mais on sait que quatre enquêtes de l'IGPN ont été ouvertes, au moins quatre.
Je crois que vous dites vous-même les chiffres et d'ailleurs les termes. Laurent Nunez a demandé une réponse policière qui soit évidemment et strictement proportionnée et qui tienne compte notamment de nos élèves pour les protéger. Ensuite, vous avez des gens qui s'infiltrent, qui sont ultra violents et c'est là que les choses deviennent évidemment plus compliquées. D
'où
l'importance pour les élèves d'être en cours ou d'être chez eux. Et puis, il y a effectivement eu quatre enquêtes qui ont été ouvertes pour mettre à jour des éventuels manquements de certains policiers aux obligations qui passent sur eux.
Merci beaucoup Edouard Geffray d'avoir répondu à nos questions.
Édouard Geffray