«Personne ne veut dire qu'il y a un lien entre le désordre migratoire et le désordre sécuritaire», note Bruno Retailleau
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Chapitres
Répartition du ton (temps de parole politique)
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Questions et réponses
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- 0:34OuverteRéponse directe
Est-ce que vous pensez avoir, vous, alimenté le racisme et la xénophobie ou pas, Bruno Retailleau ?
- 1:30OuverteRéponse directe
La parole est créatrice, elle engendre la violence ?
- 2:02RelanceRéponse directe
Mais l'accusation aussi de l'extrême gauche, c'est-à-dire, vous parlez d'immigration, la droite parle d'immigration, donc elle entretient ce climat-là.
- 3:35OuverteRéponse directe
Que vous demandez toujours à faire dissoudre.
- 4:33OuverteRéponse directe
Et les incitations à la violence ? Vous estimez que certains élus et les filles ont, par leurs propos, incité à la violence ?
- 5:02OuverteRéponse directe
Ça veut dire que vous êtes d'accord avec Sébastien Lecornu qui, hier, dénonçait un climat nauséabond qui va peut-être durer jusqu'à l'élection présidentielle.
Affirmations vérifiables (citations exactes)
- 2:06PrésentateurFait
« On a voulu ne pas voir ce que tous les Français voyaient, qu'on a augmenté les tensions. »
- 2:34PrésentateurFait
« Quand on critique le voile, on a le droit, en France, de critiquer le voile. »
- 3:19PrésentateurFait
« Ce qui est en train de se passer est absolument indigne. »
- 3:38PrésentateurFait
« Ils ne sont pas républicains. »
- 4:07PrésentateurFait
« Mélenchon fait ça avec Guzman, avec Epstein. Personne ne lui dit rien. Tout le monde trouve ça normal. »
- 4:45PrésentateurFait
« Quand on dit la violence est légitime. »
- 5:11PrésentateurFait
« Totalement, totalement. Mais j'observe malheureusement que le monde est devenu fou. »
- 10:10PrésentateurChiffre
« C'est sept ans perdu. »
- 12:50PrésentateurFait
« Il faut aller au-delà. Première chose. »
- 13:22PrésentateurPromesse
« Il faudra un texte anti-casseur mais qui soit bien indossé à une charte de l'ordre républicain. »
- 15:30PrésentateurChiffre
« La proportion de prénoms qui sont impliqués et qui ne sont pas d'origine française. »
Temps de parole
- Présentateur73 %
- Bruno Retailleau21 %
- ?3 %
- Invité2 %
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Europe
1.
La
grande interview Europe 1 C News, Laurence Ferrari.
Et
notre invité ce matin dans la grande interview sur C News et sur Europe 1, c'est Bruno Retailleau. Bonjour à vous, bienvenue.
Bonjour Laurence
Ferrari.
Candide à l'élection présidentielle, président des LR, l'attentat raciste de Trappes qui a fait un mort et cinq blessés la semaine dernière. Bruno Retailleau a donné lieu à des affrontements politiciens très violents hier à l'Assemblée nationale. Après la minute de silence qui a été observée pour les victimes, l'extrême gauche, la gauche aussi, se sont livrées à des attaques d'une grande virulence contre le gouvernement, le Rassemblement national et même les médias. Ils ont aussi accusé la droite d'alimenter un climat raciste et xénophobe. Est-ce que vous pensez avoir, vous, alimenté le racisme et la xénophobie ou pas, Bruno Retailleau ?
Écoutez, ce qui est en train de se passer est absolument indigne. D'abord, il faut condamner avec la plus grande fermeté ce crime qui est un crime abominable. Bien sûr, tous les crimes sont terribles, mais tuer parce qu'on n
'a
pas la même couleur de peau, la même religion, c'est quelque chose d'abject. Mais aujourd'hui, il y a aussi quelque chose qui est indigne, qui est absolument misérable. C'est l'instrumentalisation que fait la gauche et surtout l'extrême gauche qui est en train de propager, de brumiser un climat de violence dans la France. Vous savez, la violence, ça commence par les altercations, par le discours politique, la conflictualisation du discours politique à l'Assemblée nationale. Je l'ai vécu, moi, comme ministre de l'Intérieur. Et ça se termine dans la rue. Ce que LFI est en train de faire aujourd'hui en France, c'est de cultiver cette culture, justement, de la violence.
La parole est créatrice, elle engendre la violence ?
La
violence commence par des mots, se termine toujours par des actes. Je cite toujours, ça m'a beaucoup, beaucoup impressionné. Quand j'étais ministre, je dissous la jeune garde, voilà, dont certains sont impliqués dans le meurtre du jeune Quentin de Ranque à Lyon. Et la jeune garde, le Conseil d'État va me donner raison. Et j'entends, quelques jours après la dissolution, Jean-Luc Mélenchon dire, s'adressant à ses troupes, en leur disant, allez-y, continuez, bravo, je leur donne raison. Vous vous rendez compte
?
Mais l'accusation aussi de l'extrême gauche, c
'est
-à
-dire,
vous parlez d'immigration, la droite parle d'immigration, donc elle entretient ce climat-là.
C'est l'inverse.
C
'est parce que, justement, pendant trop longtemps, on a voulu être dans le déni. On a voulu ne pas voir ce que tous les Français voyaient, qu'on a augmenté les tensions. Il faut, en politique, il faut décrire la réalité telle qu'on la voit. Il ne
faut
pas tricher. Et moi, ce que je pense,
c
'est que trop longtemps, la parole publique s'est décrédibilisée. Elle est à l'origine du malaise démocratique parce qu'on a triché avec cette réalité. Parce qu'on a voulu la relativiser, la minimiser, l'euphémiser. Non. Voyons les choses. Et quand on critique le voile, on a le droit, en France, de critiquer le voile. Est-ce qu'on va dire que les Iraniennes,
qui,
au prix de leur vie, ont lutté contre, justement, le voile, ont finalement généré une quelconque violence en France ? Mais on est devenus fous,
non ?
Donc, une inversion totale ? Mais c'est une inversion. Mais ce processus d'inversion des valeurs,
d
'inversion accusatoire, c'est ce qu'on a vu à Lyon. Un jeune homme meurt. Certes, il était sans doute d'extrême droite. Et alors, vous vous rendez compte ? Ils ont été jusqu'à dire, grosso modo, qu'ils l'avaient bien cherché. Il y a une victime. Et en réalité, les coupables se transforment eux-mêmes en victimes. Ça, c'est ce mécanisme, cette inversion accusatoire, comme vous le dites très bien, qui est propre à l'extrême gauche, que je veux dénoncer. Mais aujourd'hui, c'est très grave. Parce que
leur
stratégie est en train de réussir.
Il
y
a
les réseaux sociaux qui fonctionnent aussi,
comme
dans une extrême polarisation. Mais cette polarisation débouche demain sur la violence, parce qu'elle est légitimée désormais par un parti politique, les Insoumis.
Que vous demandez toujours à faire dissoudre.
Bruno Retagno, c'est républicain ou pas
? J'ai posé
cette question.
Ils ne sont pas républicains. J'ai posé la question sur la table, parce que j'en ai marre de l'omerta. Parce que, si vous voulez, en France, quand on est de gauche et d'extrême gauche, on a une excuse toute trouvée. On
a
une carte d
'immunité. Monsieur Le Pen, c
'était horrible,
je me souviens, en 1989. Il jouait sur les consonances juives de nom de vos confrères, d'un certain nombre de journalistes. Mélenchon fait ça avec Guzman, avec Epstein. Personne ne lui dit rien. Tout le monde trouve ça normal. Il se permet de dire tout blanc, tout moche. Ça, c'est du racialisme. Vous vous rendez compte si on disait tout noir, tout moche ? Qu'est-ce que les médias, qu'est-ce que les bonnes âmes diraient à juste titre ? Donc, il y
a
une carte d'immunité pour
la France Insoumis.
Il y a un privilège rouge. Il y a un privilège rouge. Il y a une clause exonératoire.
Quand
vous êtes d'extrême gauche, on vous passe tout. Vous pouvez tout vous permettre.
Y
compris, d'ailleurs, les indignités.
Et les incitations à la violence ? Vous estimez que certains élus et les filles ont, par leurs propos, incité à la violence
?
Écoutez, cette culture de la violence, on l'a quand le maire de Saint-Denis légitime la violence.
Quand
on dit la violence est légitime.
Tout en disant mais il faut l'éviter
à chaque fois.
Non mais,
on
connaît la rhétorique. C'est trop facile.
Dans
un premier temps, on dit voilà, la violence elle est légitime. On essaie d'adoucir ensuite le propos. Qu'est-ce qui est retenu ? Évidemment, la première proposition.
Ça veut dire que vous êtes d'accord avec Sébastien Lecornu qui, hier, dénonçait un climat nauséabond qui va peut-être durer jusqu'à l'élection présidentielle. Bruno Retailleau
?
Totalement, totalement. Mais j'observe malheureusement que le monde est devenu fou, voyez. Le monde est devenu fou. Pas que la France. Et non, malheureusement. Non, non. On le voit bien. Les guerres partout. La violence. Le rapport de force. Une hystérisation du débat politique. Il n
'y
a plus de vérité. Il y a des fake news, etc. La vérité devient relative. Moi, je pense qu'il faut garder son calme.
On
va vers des temps qui sont très difficiles. Qui vont exiger des hommes et des femmes de gouvernement, d'État, en réalité, qui garderont leur calme, leur sang-froid. Qui ne dévieront pas d'un cap. Mais qui seront raison gardés. Il faut garder la raison. Et je pense que ce sera le rôle du prochain président de la République. Celui que je veux être. C'est de ne rien céder à ceux qui posent des problèmes. Mais de ne
pas
aller chercher des problèmes, justement, à ceux qui n'en posent pas. Ceux qui bossent. Ceux qui s'occupent de leurs proches. Ceux qui lèvent correctement leurs enfants. C'est cette France-là que, moi, je veux, voyez. La France qui se lève tôt, qui bosse. Voilà. Pas celle qui casse. Pas celle qui pille.
On va en parler dans un instant. Un dernier mot sur Jean-Luc Mélenchon, qui accuse quasiment les chaînes d'info d'avoir provoqué le passage à l'acte du déséquilibré de Trappes. Car il aurait dit qu'il voulait venger les commerces brûlés. On bascule dans quoi, la Bruno Rutaillot, quand on s'en prend aux journalistes,
quand
on s'en prend aux rédactions ?
Vous auriez pu, d'ailleurs, ajouter la phrase de Mme Chikirou. Proche, très proche, vous le savez, de Jean-Luc Mélenchon. Lorsqu'elle avait eu cette apostrophe, vous vous accusant, vous, les journalistes, vous traitant de nazis, de nazillons aux petits pieds. Vous vous rendez compte ? Ça, voyez, c'est la marque des partis
qui
sont des partis antidémocratiques. Pas seulement antirépublicains, antidémocratiques. Quand ceux-là sont en train de préparer, parce qu'avec les lycéens qu'ils ont instrumentalisés, ils ont fait la grande répétition générale du troisième tour de l'élection présidentielle. Mme Pannot, chef des députés à l'Assemblée nationale, a indiqué très clairement qu'elle refuserait le verdict des urnes si jamais Mme Le Pen, elle ne m'a pas parlé de moi pour le moment, sans doute je serais dans le même sac, pourrait gagner l'élection présidentielle. Il y a une forme, justement, de totalitarisme. Il y a une forme de refus des règles de la démocratie.
Et c'est la raison pour laquelle, du reste, il recourt à la violence. Pas seulement, au départ, c'était dans le discours, mais aujourd'hui, on voit bien que ça déteint.
Mais est-ce que la confusion n'est pas générale quand on voit qu'Emmanuel Macron a présenté cet attentat abominable à Trappes comme une première, puisqu'il aurait visé pour la première fois, selon lui, des Français pour leur couleur de peau ou de leur religion ? Il l'a rectifié, évidemment, par la suite. Confusion est totale, là ?
Total. Qu'est-ce que vous voulez que je vous dise
? Je
ne
veux
pas tirer sur l'ambulance.
Il
n
'est
pas la peine d'en rajouter.
Ce
n
'est
plus la peine d'en rajouter. Il a perdu la main.
Il
a perdu la main. Voilà.
Il
est en totale déconnexion.
Vous
voyez, j'étais opposant depuis les premiers jours à Emmanuel Macron,
mais
quelque part, ça me fait mal, vous voyez, parce que je suis gaulliste, il y a les institutions de la Ve République, et moi, je ne suis pas de ceux qui se réjouissent de voir l'élection,
en
tout cas,
la
présidence de
la
République, l'institution présidentielle, ébranlée.
Vous réclamez toujours que le second tour, la date du second tour, soit changée, Bruno Rotaillot, le 2 mai 2027, date qui n'aurait pas été choisie au hasard, selon vous, le lendemain du 1er mai ?
Vous avez commencé à me questionner sur l'hystérisation de la vie politique. Et là, on nous a réunis, nos directeurs de campagne se sont retrouvés à Matignon pour essayer de choisir. La grande majorité ne voulait pas que le second tour de l'élection présidentielle soit le lendemain du 1er mai. Pourquoi ? Parce qu'il y a d'abord une règle, la campagne électorale s'arrête à minuit vendredi.
Et
donc, ça continuera. Avec le 1er mai, vous aurez des candidats de gauche qui s'afficheront. Donc, un, c'est un problème de l'égalité. Et deux, vous vous rendez compte si le 1er mai, il se passe, ce qui s'est passé le 17 octobre avec une France, mais alors, pillée, saccagée, incendiée. Et le lendemain, on devrait aller aux urnes calmement. Ce n
'est
pas possible. Il y
a
un vrai problème. Donc,
vous demandez solennellement ce matin au président de la République sur CNews et Europe 1 changer
les dates de l
'élection. à nouveau changer la date d'élection. Pourquoi nous avoir réunis alors que la majorité était pour d'autres dates ? Pourquoi, si vous ne changez pas cette date d'élection, j'y verrais, en réalité, une arrière-pensée
? Et
une responsabilité si
un carreau se déchaîne ? Une responsabilité
majeure. On ne peut pas soumettre l'élection présidentielle à un tel aléa. Ça n'est pas possible.
Il y a jusqu'à quelle période pour se décider sur les dates
?
Il peut se décider d'ici la fin, sans aucun problème.
D'ici la fin de l'année ?
D'ici la fin de l'année, sans aucun problème.
La
loi Casseur-Payeur, Bruno Retailleau, évidemment, a été adoptée hier au Sénat. Une urgence, selon vous, face aux violences des derniers jours. Cette loi prévoit de créer une solidarité financière pour toute personne ayant sciemment participé à un groupement formé en vue de commettre des dégradations. Le texte a été durci par les sénateurs. Les allocations sociales, le RSA, pourraient être saisies, mais aussi l'allocation de rentrée scolaire, la prime d'activité. Est-ce que vous pensez que ce texte, en l'État, peut être adopté tel quel à l'Assemblée nationale ?
Parce que c'est une évidence. Je veux simplement dire quand même que c'est sept ans perdu.
J
'avais fait voter un texte au Sénat. J'avais déposé une PPL qui a été votée au Sénat et qui prévoyait un certain nombre de choses qu
'à Sœur
-Payeur. Voilà. Donc, il aurait fallu encore une fois. C'est le macronisme. C'est le en même temps. Attendre pendant sept ans. Sept ans de perdu. Je voudrais rendre hommage au rapporteur, notamment à David Marguerite, qui a beaucoup durci le texte. Mais stop ! Les Français disent que ça suffit. Ce n
'est
pas au contribuable. Ce n
'est
pas aux commerçants de payer. C'est aux casseurs. Voilà. On tape les casseurs. Il faut casser les casseurs. Moi, je le dis depuis des années. Parce que cette culture dans laquelle on est en train de tomber de la violence, elle a aussi un ressort.
C
'est la culture de l'excuse.
Les
violents seraient des victimes.
C
'est ce qu'un certain nombre à l'extrême gauche voudraient nous dire. Donc, non, non. Il faut être très clair. Et quand il y a des allocations, des préciations, on les saisit. Parce qu'une allocation, pardon, ce n
'est
pas un dû. Ça vient de la poche des Français. C'est les
Français qui cotisent, qui contribuent. Voilà. L'opposition estime que le texte ne dissuèdera pas les casseurs mais la mère de famille, le salarié, la lycéenne d'aller manifester. Qu'est-ce que vous leur répondez ? Tu parles.
Bon,
c'est clair. Donc, ça veut dire que cette loi casseur-payeur permettrait, si le Conseil d'État la valide, on est bien d'accord.
Conseil constitutionnel. Le Conseil d'État l'a validé en état actuel avec des réserves qui sont déjà des réserves un peu inquiétantes, c'est la raison pour laquelle moi, j'endosse une révision de la Constitution. J'en ai marre que le Conseil constitutionnel fasse dire parfois à la Constitution ce qu'elle ne dit pas.
On
a aujourd'hui un grand déséquilibre. Ce n
'est
pas une accusation contre le Conseil constitutionnel lui-même.
Mais
on a un déséquilibre qui fait qu'aujourd'hui, on prête beaucoup, beaucoup d'importance aux droits des individus. Et moi, je suis pour les libertés publiques.
Mais
on prête beaucoup moins d'importance à la sécurité, à la dimension collective des choses. Il faut rééquilibrer et ce genre de texte, ce sera difficile de les faire passer si vous n'assumez pas une rupture. Une rupture constitutionnelle, je veux redonner la parole au peuple français pour que le peuple français puisse maîtriser son destin. C'est ça qui est fondamental.
Un tout petit mot encore de ces émeutes et du coût des émeutes à la fois pour les commerçants mais aussi pour les Français. On a appris que dans le projet de budget 2027, il y aurait une taxe émeute qui serait 0,8% plus cher sur tous les contrats d'assurance. Vous demandez au gouvernement de renoncer à cette
taxe
? C'est pour ça, je pense, qu'il faut peut-être même aller plus loin parce que pour l'instant, le texte casseur-payeur limite
la
responsabilité financière civile
à
10 000 euros. Moi, je pense que ça n'est pas assez. Ils l'ont limité à 10 000 euros craignant justement une censure du Conseil constitutionnel. Moi, je pense qu'il faut aller au-delà. Première chose. Je pense ensuite qu'il y a plus grave. Là, on parle de responsabilité civile. Bien sûr, il faut taper le portefeuille. Mais moi, je pense qu'il faudrait aussi une responsabilité pénale. C'est-à-dire que dans un attroupement en train de casser, on puisse rendre un individu pénalement responsable des agissements de cet attroupement dès lors qu'il
y a
violence ou dégradation des biens. Ça, c'est très important.
Ça, c'est une vraie rupture effectivement.
Ça existait dans notre état de droit avant 81, avant que la gauche détricote ce texte. C'était effectivement une loi anti-casseur. Eh bien, il faudra un texte anti-casseur mais qui soit bien indossé à une charte de l'ordre républicain que j'intégrerais dans la Constitution française.
Et que vous ne
dites
que des tout aux Français qui retiennent leur souffle avant samedi, avant la manifestation du 5 novembre, qui se disent ça peut peut-être durer tous les samedis jusqu'à Noël, les commerçants qui voient leur chiffre d'affaires s'effondrer. Vous leur dites l'État est encore en mesure d'assurer la sécurité dans notre pays ou pas, Bruno Retailleau ?
Je
voudrais que l'État, je le demande depuis le départ, déclare l'État d'urgence parce que l'État d'urgence ça vous permet par exemple d'arrêter des communications des réseaux sociaux. On a vu les applications communautaires type Waze, type Google Maps qui se renseignaient, qui positionnaient les forces de l'ordre, qui positionnaient les bons magasins à piller. Donc ça, ça serait un instrument et ça renforcerait, ça bétonnerait pardon entre guillemets, les dossiers, la judiciarisation parce que la réponse pénale franchement, je voyais un certain nombre de cas. Un cas... Ce
n'est
pas à la hauteur. Mais ce n
'est
pas à
la
hauteur. Vous avez un jeune dénommé Andy, 23 ans, il tire à tir tendu contre des policiers, pas un jour de prison. Un autre, OQTF, il vole, etc. Il est illégalement sur le territoire, mesure d'éloignement, là encore, classé sans suite. Un autre, là encore, il pille, 20 antécédents, 20 antécédents, classés sans suite. Franchement, franchement. Je pense qu'il faut une politique de civilisation qui doit commencer par l'ordre républicain, l'ordre public. Mais il faudra une nouvelle politique pénale,
les
mineurs, par exemple, majorité pénale à 15 ans, faire en sorte qu'on ait des peines minimales dès lors qu'on touche à un uniforme, sapeurs-pompiers, policiers ou gendarmes. Une politique éducative, il ne faudra pas avoir peur d'avoir des établissements disciplinaires pour des jeunes qui sont à la dérive. Et puis, bien entendu, il faudra une grande fermeté. Je pense que c'est fondamental, notamment migratoire. Parce qu'on sait maintenant, voyez, ce que personne ne veut dire trop, de temps en temps, qu'il y
a
un lien entre le désordre migratoire et les désordres sécuritaires. Ce lien, on l'a vu d'ailleurs le 17 octobre. Il était établi. Je lisais une analyse de Jérôme Fourquet que personne ne conteste dans un quotidien du matin. les choses sur un panel. Il dit, voilà, la proportion de prénoms qui sont impliqués et qui ne sont pas d'origine française. Voilà. Donc ça, il faut ouvrir les yeux. Et il faut reprendre la main aussi sur cette immigration de masse qui crée beaucoup de désordres.
Bruno Rutaillot, David Lissner a été notre invité hier soir dans l'objectif Élysée 2027. Il est désormais à touche-touche avec vous dans les intentions de vote. C'est le match de la droite. À quel moment vous allez décider d'arrêter la machine à perdre tous les deux ? À quel moment vous allez vous réunir ? Vous avez déjeuné, je crois, avec Robert Ménard la semaine dernière et dire, allez, qui est le mieux placé pour porter les couleurs de la droite
? Écoutez, d'abord, personne ne me fera dire de mal, David.
Il n'a même pas dit de vous non plus. On
se connaît bien, il n'y
a
pas de souci. Simplement, ce que je pense,
et
là, vous avez raison, je vous donne le point, on ne peut aller à l'élection présidentielle que si on porte un projet singulier. Quand on partage les mêmes valeurs, un certain nombre de solutions, il ne
faut
pas diviser. Il ne
faut
pas se diviser. Moi, je crois que pour les prochaines semaines, chacun doit faire sa campagne en abattant ses cartes. Jusqu'à janvier ? Jusqu'à janvier. Il faut vraiment qu'on peut avoir un certain nombre de valeurs communes, mais les solutions ne sont pas toujours communes. Il ne faut pas seulement être élu président de la République, il faut pouvoir gouverner.
Donc, avoir une majorité.
Écoutez, pour l'instant, je suis le seul, pas seulement vis-à-vis de David Lissnard, mais pour beaucoup d'autres, à pouvoir dire que la moitié du Parlement
est
alignée avec moi, la majorité, au Sénat. C'est déjà important.
Mais
donc, pas primaire, vous refusez toujours cette idée de primaire qui vous permettrait de vous départager et de ne pas aller en ordre dispersé à la
présidentielle. Je l'ai redit, je vais le re-redire devant vous, je n'ai jamais été opposé à la primaire.
Je
n'ai pas du tout peur de la compétition, au contraire. Simplement, une primaire, simplement avec David, ça sert à quoi ? Si Edouard Philippe n'est pas dans la primaire, ça sert à quoi
?
Donc, si demain, les gens se retrouvent avec cette idée de primaire à condition qu'elle soit ouverte,
pas
de primaire fermée, une primaire ouverte où il y a tout le monde et où on s'engage. Tout le monde sait de qui ? Non, mais la droite est le centre. Éric Zemmour, non. Non, non, parce que, de
toute façon, si il y a Éric Zemmour,
il n
'y
a pas Edouard Philippe. À quoi ça sert ? Edouard Philippe est à 14 ou 15% dans les sondages. S'il est écarté, ça ne sert à rien, la primaire. Si on veut se donner des chances, moi, je veux en tout cas une cartée et je veux une ligne qui soit à droite,
comme
je l'ai toujours portée, parce que les Français sont à droite et je pense que les solutions dont a besoin la France sont des solutions justement de droite sur la liberté d'entreprendre, bien entendu, le travail qui paye et non l'assistanat et sur l'ordre républicain, l'ordre public.
Et
une ligne claire vis-à-vis du Rassemblement National, hier, ou plutôt dimanche à Orléans, Éric Ciotti vous appelait à le rejoindre. David Lissnard a inversé le raisonnement en disant mais qu'Éric Ciotti nous rejoigne parce qu'il faut qu'il se sépare du RN dont il dit qu'il y a encore des soupçons d'antisémitisme relatifs à Jordan Bardella. Vous dites la même chose ce matin, Bruno Retailleau
? J'ai écouté Marine Le Pen.
Il
y
a
un certain nombre de points sur l'ordre public, le régalien, sur lesquels on peut trouver un certain nombre de convergences. Mais il
y a
quelque chose qui ne colle pas. D'abord, elle dit moi je ne
suis
ni de droite ni de gauche. Ça, c'est en même temps d'Emmanuel Macron. Mais
ça n'empêche pas un
gouvernement de coalition ? Non mais surtout, le constat que je fais, c'est qu'on ne redressera pas la France si on ne donne pas de la prospérité. Or, Marine Le Pen, pardon, elle veut encourager l'assistanat. Les 140 milliards d'économie, c'est du pipeau. Ça ne tient pas la route. Et ce qu'il faut bien comprendre, c'est que si vous voulez embaucher des policiers, des gendarmes, créer par exemple des places de prison, vous ne pourrez le faire que si vous recréez une richesse. Pardon, ça n'est pas avec le social étatisme qu'on peut créer de la richesse en France. Il faut adopter une réforme des retraites vraiment courageuse. Il faut adopter une réforme de l'assurance chômage.
Toute chose qu'elle ne fait pas. Ça n'est pas sérieux. Et donc, malheureusement, son projet ruinerait la France. D'accord.
Et donc, il n'y aura pas de Bruno Retailleau, membre d'un gouvernement éventuel de Marine Le Pen
à l'Élysée. Il
y aura Bruno Retailleau à l'Élysée. Bruno Retailleau composera son gouvernement. Mais est
-ce que vous dites non, je
ne rentrerai jamais dans un gouvernement avec un
président ou une présidente du
Rassemblement National ? Vous connaissez, je suis un homme de conviction. Je suis intimement convaincu, croyez-moi, je suis intimement convaincu que ce projet n
'est
pas le bon pour la France. Je n'apporterai jamais mon concours à un projet qui n'est pas le bon pour la France.
Merci
beaucoup Bruno Retailleau d'être venu ce matin sur CNews et sur Europe 1. Bonne journée à vous.
Merci Laurence Ferrari. Merci Bruno Retailleau.
Il est 8h33 sur Europe 1. Alexandre Lemaire.
Très bon début de journée dans la prochaine demi-heure. La revue de presse de l'Élysée de Lagarde dans 20 minutes. Charlotte Dornelas, signature Europe 1 dans 10 minutes. Elle revient sur la nouvelle loi casseur-payeur. Elle ne vaudra, dit-elle, que si ce texte est appliqué. Dans le Club Culture Europe 1, les sorties ciné, Laurie Choleva va vous recommander Moulin, film-événement les 10 derniers jours du résistant Jean Moulin sur grand écran. C'est dans 5 minutes. Dans un instant, la météo. A tout de suite sur Europe 1.
Bruno Retailleau