Marc Fesneau : "En quoi la chute du gouvernement Lecornu va changer quelque chose ?"
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Vous écoutez Bonjour Chez Vous, un podcast de Public Sénat. Le gouvernement sous le feu des critiques des oppositions accusées d'impréparation face à la canicule et le bloc central qui se cherche encore un candidat à la présidentielle. L'unité est-elle encore de mise dans votre camp, Marc Fénault, en ces temps de Coupe du Monde ? Êtes-vous un défenseur central ? On va en parler pendant 20 minutes, Marc Fénault, président du groupe. Les démocrates à l'Assemblée nationale et premiers vice-présidents du Modem. Vous avez une interview en partenariat avec la presse régionale, représentée par Julien Lécuyer de La Voix du Nord. Bonjour Théputaine, bonjour M. Fénault. Bonjour.
Les écologistes soutenus par les Insoumis, Marc Fénault, qui ont donc annoncé le dépôt d'une motion de censure pour sanctionner l'impréparation du gouvernement sur les canicules passées et celles à venir. Comment vous réagissez ?
Je trouve ça assez désolant au moment où il y a une canicule et où il faudrait plutôt se concentrer sur ce qu'on fait, ce qu'on doit faire. Que le gouvernement soit plutôt à la tâche, je rappelle qu'une motion de censure accessoirement, c'est une après-midi de perdu pour le gouvernement, au banc, pour le Premier ministre, pour ne pas faire ce à quoi il est chargé. Ce qu'il est chargé de faire, c'est-à-dire d'essayer de veiller qui a préservé les populations des risques incendies, des risques de la canicule et des conséquences de celles-ci. Je trouve ça…
On entre dans une phase où désormais, au moment d'une crise, on pense que le mieux quand il y a une crise, c'est de rajouter une crise politique. Est-ce qu'ils ne sont pas dans leur rôle ? C'est une bataille, la bataille contre la canicule. C'est une bataille en ce moment de court terme et par ailleurs une bataille, j'y reviendrai de long terme. Et donc la facilité qui consiste à se chercher toujours des boucs émissaires, et après je vais donner quelques chiffres, et deuxièmement à se dire, après tout c'est le moment de se rabibocher avec LFI pour préparer une autre échéance qu'est la présidentielle. Enfin, personne n'est dupe de toutes ces opérations.
Vous avez une action politique, politique politicienne.
Mais c'est de la toute petite politique. En quoi la chute du gouvernement Lecornu, la semaine prochaine, si d'aventure la motion de censure était déposée, on verra si elle est déposée. On verra si on va à ce degré-là d'immaturité politique. À quel moment ça changerait quelque chose le lendemain matin ? Par ailleurs, le grief qui est fait, c'est que vous n'avez rien fait. Les gaz à effet de serre, en 10 ans, ils ont baissé de 20%. Dans les 30 années précédentes, ils ont baissé de 15%. Qui était au gouvernement, si ce n'est 10 années là-dedans, des membres du parti et des écologistes ? Le budget de l'écologie, sous le président Macron, il a doublé. Il est passé de 11 à 22 milliards.
On va en parler, M. Fénon, mais il y a d'autres chiffres qui montrent aussi des difficultés pour les écologistes. C'est pas ce que je veux dire.
Il est passé de 11 à 22 milliards en 2026. Il était un peu plus élevé en 24 et 25. On a un problème budgétaire qui nécessite de faire des économies. Mais arrêtons de faire croire que la trajectoire qui a été la nôtre pendant 10 ans, ce n'est pas suffisant. Il faudrait faire plus. Pour faire plus, je le dis d'ailleurs aux écologistes et aux insoumis, il faudrait faire des choix. C'est-à-dire qu'il faut arrêter d'être démago et éviter qu'on soit dans la situation, dans deux ans, que 100 milliards de budget soient consacrés à quoi ? Au remboursement de la dette. Donc, il y a une vraie impréparation aussi des esprits là-dessus.
J'entends le procès que vous faites aux écologistes. Il y a malgré tout des questions qui se posent sur l'anticipation qui est faite par le gouvernement de ces crises successives. On peut avoir aussi l'impression que les leçons ne sont pas tenues des épisodes précédents. Une cellule interministérielle de crise se déroule ce matin à Marseille. Est-ce qu'il ne faut pas aller plus loin dans les décisions qui ont été prises jusqu'à présent ?
Non, mais pardon, la préparation. Y compris d'ailleurs par rapport à un épisode un peu plus lointain qui était celui de 2003. Pardon, il y a des mesures qui ont été prises. D'ailleurs, ce n'est pas que sous les gouvernements d'Emmanuel Macron. On a des pièces rafraîchies, on a une attention particulière, on a un système de santé, y compris édifié de ce qui s'était passé pendant la crise Covid, qui s'organise, qui se mobilise et c'est à eux auquel il faut penser, et c'est à eux qu'il faut rendre hommage. Enfin, on ne peut pas dire qu'on n'a rien fait. Le Premier ministre est à Marseille aujourd'hui. Qui a fait plus que nous sur la question des feux de forêt ? Qui ? Donc, de la préparation.
Est-ce que ça veut dire, parce qu'on est dans un monde normal, on est dans un monde réel, que parce qu'on aurait essayé de préparer les choses, on n'aura plus de feux de forêt ? La réponse est non. Mais la question centrale, c'est est-ce qu'on a fait le maximum de ce qu'on pouvait faire ? On n'en fait jamais assez, mais quand même pour essayer de limiter...
Est-ce que vous avez fait le maximum qui pouvait être fait ?
On a fait beaucoup. La limite de l'exercice de répondre à la question du maximum, c'est, je pense que sur le dérèglement climatique, le problème collectif que nous avons, ça n'est pas un problème de ce gouvernement, c'est le problème de tous les gouvernements qui n'ont rien fait avant, ou peu fait avant, et de tous ceux qui auront beaucoup à faire. C'est d'arriver à retrouver des marges, parce que le dérèglement climatique cavale beaucoup plus vite que nous. Parce que quand on dit, pardon, quand on dit 1,5 degré en Europe, là on y est, parce que, je veux dire, l'accord de Paris, 2015, c'était pour maintenir 1,5, donc on savait qu'on était déjà 1,5.
C'est 2015, 2015, qui était président de la République ? Qui était dans la majorité du président de la République de l'époque ? C'est des écologistes ou c'est nous ? C'est comme ça la question qui se pose. Donc en 2015, on savait qu'on avait 1,5, et donc on savait les années précédentes qu'il fallait s'adapter. Et donc on n'a pas fait les efforts nécessaires. Donc on est obligé de rattraper des choses. Alors moi, je ne fais pas de grief à personne, mais que ceux qui disent qu'on ne fait rien ne le disent pas, parce que c'est inexact.
Alors on essaye de faire des choses, j'ajoute et je répète, que nous avons besoin de dégager des marges budgétaires beaucoup plus puissantes pour aller beaucoup plus loin. Parce que sur les feux de forêt, parce que sur l'adaptation agricole, on y reviendra peut-être, parce que sur les questions de décarbonation de notre économie, il faut qu'on ait plus... Alors après, il y a la question atténuation-adaptation, mais l'atténuation, nous sommes un des pays d'Europe et du monde qui a fait la trajectoire la plus avancée en termes de réduction. Il faut sans doute aller plus loin, mais il faut aussi trouver des moyens.
Alors vous avez fait des choses, mais est-ce qu'il n'y a pas aussi des reculs sur ce que vous faites ? Par exemple, la question du fonds vert, qui est un fonds destiné à aider les collectivités face à l'adaptation. Qui a créé le fonds vert ? C'est ça, vous l'avez créé, mais là, il est divisé par trois en deux ans.
Est-ce que c'est pas une erreur ? Est-ce qu'il faut arrêter de le diviser ? Quand vous faites le choix d'interrompre et d'en faire un point de blocage du budget, la trajectoire qui a été choisie sur la réforme de retraite, c'est deux milliards qui manquent à terme. Quand vous décidez de procéder à la réindexation de toutes les retraites, indistinctement, quel que soit le revenu de retraite, c'est pas ce que nous voulions, nous. Mais ça a été le point de blocage. Les socialistes ont dit, si on n'a pas la revalorisation tout azimut, on ne votera pas le budget. C'est quatre milliards qui manquent, sans doute.
Donc il faut faire des efforts sur le modèle social si on veut faire la transition écologique.
C'est l'idée qu'on a mis dans la tête des uns et des autres, et notamment au Parlement, qu'on peut tout faire et qu'il suffit de dire, je fais une taxe, parce que je ne sais pas quoi faire, donc comme je m'ennuie dans la vie, je fais une taxe. Ce n'est pas comme ça. On cavale derrière la dette. Pardon, je ne veux pas être affolant. Si jamais on a un accident de marché, qu'est-ce qui va se passer ? C'est le modèle social qui sera mis en cause.
Donc, ne pas réindexer les retraites, ce n'était pas une mesure contre les retraités, c'était de dire aux retraités qui, je crois, j'imagine, je sais, sont eux aussi soucieux de la planète, et de dire, on est obligé de faire un effort sur la question écologique et on va faire un choix, ce n'est pas normal qu'ils le fassent. Donc, oui, on a baissé le fonds vert, mais oui, c'est nous qui avons créé le fonds vert. Qui a baissé... Oui, mais c'est un peu un retour en arrière de la collectivité, c'est un peu le stop and go. Qui a baissé... Pardon, qui a baissé... Pour ce mauvais français, mais... Pardon, qui a baissé les dotations aux collectivités de près de 13 milliards en 2015 ?
C'est François Hollande. Bon, 13 milliards, ok ? 13 milliards, et ces 13 milliards, ils manquent peut-être aux collectivités aussi pour rénover... Donc, tous ces gens qui s'abstraient et une espèce d'absolution générale de tout ce qu'ils ont fait avant, les 13 milliards, ils ont manqué dans les caisses des collectivités. J'étais maire, j'ai par ailleurs pas fait dans la démago de comptoir, j'ai donc, quand j'ai été maire, considéré que ça devait être la part de l'effort que nous devions faire, collectivité. Mais qu'on vienne pas nous dire 15 ans après qu'ils avaient tout fait, qu'on n'a rien fait. Parce que c'est exactement l'inverse qui s'est passé.
Julien, sur l'agriculture. Oui, je veux parler à l'ancien ministre de l'agriculture, de la situation particulière. Sébastien Lecornu doit présider demain une réunion de ministres sur les conséquences de la canicule, sur l'agriculture. Qu'est-ce que vous en attendez ?
Alors, malheureusement, sur l'agriculture, pour l'avoir vécu moi-même, je pense qu'on... Alors, il faut faire les mesures d'urgence et les mesures de court terme. Mais le problème, c'est que...
Sur la trésorerie, notamment, c'est ça ?
Alors, il y a la trésorerie, il y a le système assurantiel... Oui, on a parlé qu'il y a un accord avec les assureurs. Le système assurantiel, pardon. Qui a mis en place un nouveau système assurantiel ? Ce sont les gouvernements... Je ne parle pas de moi, hein. De Emmanuel Macron. Parce que j'en ai un peu assez, qu'on oublie ce qu'on a fait. Le système assurantiel, il était en défaut quand on est arrivé. On a rajouté des centaines de millions d'euros sur le dispositif, OK ? Pour mieux couvrir les assurances et pour faire en sorte que les grandes cultures, l'arboriculture, même si tout ça n'est pas parfait, et ce n'est pas le sujet, aille mieux. Donc, on a besoin de traiter l'urgence.
Le sujet fondamental, et ça rejoint un peu la conversation qu'on avait sur les questions écologiques, c'est qu'il faut qu'on arrive à adapter le modèle agricole et que le dérèglement va tellement vite qu'on n'a pas le temps sur des cycles aussi courts de faire un mouvement aussi long. Vous voyez ce que je veux dire ? C'est-à-dire que meilleur accès à l'eau, on en reprendra peut-être, c'est nécessaire. Évolution des pratiques. Moi, j'avais lancé quand j'étais ministre de l'agriculture, le plan d'agriculture militaire anéenne, avec des moyens à l'époque.
C'est vrai qu'ils ont été un peu rabattus, mais avec des moyens qui permettaient de dire c'est quoi l'agriculture méditerranéenne sous 45 degrés. Et d'ailleurs, malheureusement, manifestement, 45 degrés, ce n'est plus qu'un sujet méditerranéen. Comment on arrive à faire pousser quelque chose dans ce pays sous ces contraintes-là ? Quel est le cycle végétal ? Quels sont les végétaux qu'il faudra privilégier ? Donc, il faut à la fois des mesures conjoncturelles dans une conjoncture qui était elle-même déjà mauvaise. Et par ailleurs, il faut essayer de se projeter pour dire qu'est-ce qu'on essaye de se dire de ce qu'en sera l'agriculture à plus 1, 2, 3 ou 4 degrés.
J'ajoute, pardon, je vous dis, quand on dit plus 1, 5 degrés au niveau mondial, c'est océan compris. Et en Europe, ce n'est pas plus 1, 5. C'est beaucoup plus que ça. C'est plus 5, plus 6, plus 7, plus 8. Et plus 8, c'est ce qu'on a cet été.
Mais sur les mesures de court terme, je lisais ce que disait la coordination rurale qui estimait que face à la surmortalité animale, notamment dans les élevages, la France n'était pas prête, il n'y a pas de plan national d'adaptation des bâtiments ou en tout cas, il tarde à être mis en place. Il n'y a pas de réforme de la gouvernance de la filière de l'écarissage qui revient vraiment comme une question très forte avec la surmortalité. Est-ce que là encore, vous pensez qu'il y a des choses à améliorer ?
Il faudrait que dans ce pays, chacun prenne ses responsabilités. La filière, c'est qui ? Ce n'est pas l'État, la filière. La filière, c'est les producteurs, les transformateurs, les distributeurs. Donc sur l'écarissage et qu'il y a besoin de se mettre d'accord, que sur la question, par exemple, de la santé animale, de la lutte contre les pandémies, y compris, le mieux, c'est qu'on ne renvoie pas toujours la balle au gouvernement et qu'on ne finisse pas toujours par dire « donnez-nous 100 millions, 200 millions ou 500 millions ». Ils n'existent pas, ces 500 millions.
Donc il faut qu'on regarde dans la filière comment on s'organise sur une filière qui est parfois elle-même en fragilité économique. Donc nous ne nous renvoyons pas la balle car par ailleurs, les échos que j'ai de ce qui se passe dans le reste de l'Europe montrent que cet épisode de canicule, il fait des ravages de l'Atlantique à l'oral, si vous me permettez cette expression. Donc arrêtons là aussi de dire « oui, quand vous avez 45 degrés à Nantes, même ce, parce que c'est une chose de dire du dérèglement, est une autre chose de constater ce que ça produit territorialement.
» parce que 45 degrés à Nantes, les élevages dans l'Ouest ont beaucoup souffert, en Bretagne, dans le Morbihan, enfin dans plein d'endroits. Et donc on a besoin là aussi d'ajuster nos dispositifs. Et donc je partage l'idée qu'il faille qu'on se mette autour de la table et qu'il faille qu'on mette des moyens qu'on peut mettre nous mais que les éleveurs seront appelés à mettre. Parce qu'il ne faut pas rêver. Et regardez par ailleurs comment on s'est transmis dans la chaîne de valeur, c'est-à-dire qui va payer à la fin ?
Et en ces temps de canicule, on le disait, la question de l'eau est importante. Elle est débattue en ce moment même au Sénat, examen du projet de loi d'urgence agricole. Les sénateurs, contre l'avis du gouvernement, ont assoupli encore plus les contraintes au stockage de l'eau facilitant davantage la construction de réservoirs. Vous leur donnez raison ?
On va regarder le détail des mesures. Je voudrais juste conceptuellement dire une chose. Pour le coup, là non plus, je n'ai pas changé d'avis. Quand j'étais ministre, j'ai fondé la même chose. Il faut qu'on combine deux choses. Il y a besoin de plus de réserves. Alors les réserves, c'est plein de formes. C'est très réservé à un territoire. J'étais l'autre jour dans le département de la Vendée. Quand vous regardez le modèle de réserve, de substitution qu'ils ont fait, pardon, si quelqu'un vient m'expliquer que c'est mauvais et pour l'agriculture et pour l'environnement, je veux être au milieu de la table et qu'on en parle.
Parce que vraiment, c'est un modèle où on a amélioré la qualité du marais. C'est le modèle Sainte-Soline. C'est un modèle de... On prend dans les cours d'eau ou dans les réserves, les nappes de surface pour remplir des réserves dont on se sert l'été. Et avec un double mouvement qui est, un, on prend de l'eau dans les périodes où il y a un excès parce qu'il y a des millions de mètres cubes qui partent quand il y a des inondations en particulier ou quand il y a un excès d'eau. Et deuxième élément, il y a quand même un travail qui est fait sur l'évolution du modèle. C'est-à-dire que dans tous les cas, il ne faut pas s'extraire. Et c'est là que je peux avoir un débat avec les sénateurs.
On va regarder ce qu'il y a dans le texte. C'est arrêtons de faire croire qu'on va stocker, on va stocker, on va stocker et qu'on aura résolu le problème et qu'on va irriguer 100% du territoire français. Ça n'est pas vrai non plus. Et donc la question de la sobriété, c'est un débat que j'avais eu d'ailleurs avec la ministre, n'est pas un gros mot. Parce que la sobriété s'applique aux citoyens, elle s'applique aux entreprises, elle s'applique au nucléaire, d'ailleurs, et elle s'appliquera aux agriculteurs parce que sinon, je sais qu'on leur ment.
Alors on peut toujours leur mentir en se disant on s'en fout, on aura passé l'étape et dans 10 ans, on ne sera plus là pour avoir, comme d'autres, on en parlait ce matin, pour avoir à rendre des comptes. Moi je considère qu'on doit dans une vie politique, dans une action politique, penser toujours qu'on aura un jour des comptes à rendre et que donc on est responsable de ce qu'on dit. Donc il y a besoin d'assouplir ce qu'on a fait, c'est la droite ligne de ce qu'on avait fait du projet de loi que j'avais porté sur l'orientation agricole et qui avait été finalisé par la ministre Genevart. Tout va bien.
Mais dans des limites qui soient quand même des limites, comment dirais-je, de durabilité, regardez les modèles, on dit toujours l'Espagne, l'Espagne. L'Espagne, il y a une partie du modèle agricole espagnol qui est en train de s'effondrer parce que quand vous avez un truc qui est autant dépendant de réserves quand les réserves sont vides, le modèle s'effondre.
Donc il faut faire attention.
Un mot sur les pesticides ?
Oui, puisque contre l'avis du gouvernement, le Sénat a voté dans la nuit de lundi à mardi la réintroduction. Le Sénat vote beaucoup contre l'avis du gouvernement. J'en suis navré. N'en soyez pas navré, n'en soyez pas contre. Enfin en tout cas, ils ont réintroduit deux insecticides, dit Furon. J'espère ne pas avoir à la répéter. C'est un dossier qui avait mis le feu au Parlement, évidemment. L'an dernier, il y avait eu cette pétition de 2 millions de signatures. Est-ce que vous ne craignez pas que ça réenflamme le débat ?
Tout le monde est prévenu. Le Premier ministre a écrit un courrier pour dire que s'il s'agissait de réintroduire ces produits, il n'en était pas question pour le gouvernement et que le point d'équilibre n'était pas là, que ce n'était pas l'objet du texte. Les Sénateurs prennent leur responsabilité. Je le dis, ce texte ne sera jamais voté avec ces dispositifs. On peut faire semblant là aussi. Mais moi, je vais vous dire, je vois des agriculteurs.
La question du progrès qu'on a dans ce texte, je le dis en plus, et qu'on peut trouver avec le Sénat, sur l'eau, la question, on n'en a pas parlé, mais de l'amélioration des contraintes qui pèsent sur la création de bâtiments agricoles parce que pendant qu'on dit qu'on est dépendant à 50% pour la filière X ou Y, volaille, porc, un peu moins porc, mais enfin, des autres, on passe son temps en France à empêcher les gens de construire des bâtiments d'élevage. Ça, c'est un point positif. Le travail qu'on a fait sur la prédation du loup, et Dieu sait si je me suis impliqué, y compris pour le déclassement de cette espèce et pour faire en sorte qu'on retrouve un point d'équilibre.
Moi, je vais vous dire, ça, ça peut toucher à peu près tous les agriculteurs de France et de Navarre. le sujet qu'on évoque, c'est beaucoup moins d'agriculteurs. Je n'ai pas dit que ce n'était pas important, mais il est clair depuis le début que le point d'équilibre, il faut qu'on rappelle, pardon de le dire, à nos amis, j'essaie de rappeler à nos amis sénateurs, qu'à l'Assemblée nationale, il n'y a pas de majorité. OK ? Que par ailleurs, je pense que c'est une erreur, je l'ai dit, y compris au risque de ne pas me faire que des amis, qu'on peut faire des textes contre la population et à la fin, ça se retourne contre les agriculteurs. pour faire la pétition dont vous parlez.
Moi, j'ai peur d'aucun débat, j'étais un des rares à défendre Sainte-Solene sur des plateaux au moment où il y avait tout ce qui se passait. Donc, je suis très à l'aise pour dire ça. Je dis simplement qu'il n'y a pas de majorité avec ça. Mais moi, si le Sénat fait le choix de faire capoter le texte, il fera le choix de faire capoter le texte. Mais ça sera sa responsabilité.
Les rapporteurs savent parfaitement que cette disposition, le gouvernement n'en veut pas, que nous n'en voulons pas parce qu'il n'y a pas de majorité pour le faire et que je préfère une politique où on avance sur les trois sujets que je viens d'évoquer et je suis prêt à en parler dans les agriculteurs et on verra qui a fait capoter le texte et qui ne l'a pas fait capoter.
On termine par la présidentielle. Est-ce que vous serez au meeting d'Édouard Philippe dimanche ?
Non, j'ai dit depuis le début que je ne serai dans aucun meeting. Je pense que...
Mais vous pourriez le soutenir ? Parce que là, il en grand...
Je soutiendrai à la fin. D'abord, rassurez-vous, on soutiendra quelqu'un au Modem. J'en parlais encore hier parce qu'on a besoin d'un candidat... Mais qui fait ça ?
Lui, il l'a dit non, François Bé.
Attendez, laissez-moi finir. Deuxième élément, on a besoin d'avoir une candidature qui rassemble. Et aujourd'hui, mais pas qui rassemble Marc Fénaud, qui rassemble les Français. C'est-à-dire qui, au premier tour, dit quelque chose d'assez puissant pour que ça soit audible et au deuxième tour disent quelque chose qui produisent un deuxième rassemblement, c'est-à-dire des gens qui ne viennent pas de cet horizon-là, d'une autre ou d'un autre, se rassemblent parce qu'ils considèrent que pour l'intérêt du pays, il faut se rassembler sur cette candidature. Donc, l'heure n'est pas au ralliement à courir derrière tel ou tel candidat. Ça n'a pas d'intérêt.
Mais jusqu'à quand, monsieur Fénaud ? On attend comme ça.
À mon avis, l'automne... L'automne, ça suffira ? Vous aurez toujours Gabriel Attal, Philippe et d'autres... Je peux faire état d'un espoir. J'espère qu'à l'automne, les choses se décanteront. Il me semble que l'heure n'est pas au choix pour l'instant. Moi, c'est pas... Je finasse pas. Je veux juste qu'on se mette d'accord sur un candidat. J'alerte aussi sur le fait qu'il ne faut pas qu'on se fasse non plus des vilénies les uns avec les autres. C'est ça, je parle aux candidats. Parce que je pense qu'on va créer une ambiance qui va être telle que les rassemblements qui devraient se produire ne vont pas se produire pour des affaires humaines. Je mets en vigilance là-dessus.
Vous sentez que ça risque de se tirer dans les pattes ? Vous voyez bien que quand
les gens qui sont dans un parti viennent soutenir le candidat d'un autre parti... Vous parlez de Laurent Wauquiez, par exemple ? En plus, je m'entends bien avec tout cela. Mais je dis simplement... Moi, je pense aux militants. Je pense aux cadres des partis. Ils ont choisi un candidat. La question n'est pas de savoir j'aime, j'aime pas, bon ou mauvais. Quand on est dans un parti... Ma vie politique, c'est 27 ans, dans le même parti, à être loyal. Elle n'est pas tergiversée. Je pense que dans ce moment, si vous faites ça, ça énerve les cadres. J'entendais Mme Évrenne. Ça énerve les députés, les sénateurs. Et donc, qu'est-ce que vous pensez que ça produit ? Alors qu'il faudrait se rassembler.
Ça produit sur le moment un petit buzz sur il rajoint un tel ou il rejoint une telle. Très bien. Donc, Laurent Wauquiez,
il a voulu faire le buzz, en fait.
Je n'ai pas du tout ce que je dis. Je ne cible pas Laurent Wauquiez. Laurent Wauquiez a raison sur le fait qu'il faut produire des rassemblements. Je suis absolument en ligne avec lui et qu'à la fin, il faudra qu'il y ait un candidat. Et donc, la parole de fond, je trouve qu'elle est juste. Mais attention, dans ce moment-là, à ce qu'on ne donne pas le sentiment à nos électeurs, à nos militants, à nos cadres, de faire de la manœuvre politicienne. C'est blessant, en fait, pour les gens.
On a simplement une question. Là, je parle pour le président de votre parti, François Bayrou. Il a parlé, et pour lui, en tout cas, c'est bon, il a trouvé les deux candidats, Jean Castex et Thierry Breton. Vous le suivez ?
Alors, est-ce que je peux vous dire une chose ? Je vais vous dire quelque chose qui est assez paradoxal. Le problème, aujourd'hui, on dit beaucoup, il y a trop de candidats. Moi, j'ai peur qu'il n'y en ait pas assez. Je vais vous dire ce que je pense. Je pense qu'il n'y en a pas assez qui sont capables de franchir le premier tour et gagner le deuxième dans notre espace. C'est ça qui nous manque. Ce n'est pas des candidats pour être candidats. Quand vous n'êtes pas assez,
vous jugez qu'il y en a quand même ? Est-ce que dans les sondages,
aujourd'hui, il y a des candidats dont vous êtes assurés, assurés, qui passent le premier tour et qui gagnent face, probablement, au Rassemblement National, s'il était le cas ? Est-ce que vous avez un non ?
Assurés, non.
Voilà. Pour le moment, dans les sondages, Edouard Philippe qui me manquent des candidats qui soient capables de faire les deux. Donc, j'aimerais... Mais pardon,
vous pensez que Thierry Breton... Non, attendez,
laissez-moi finir. Je vais répondre. Vous savez, je réponds à la question. Et que donc, qu'on puisse s'interroger s'il y a d'autres candidatures et que François Bayrou disent et Castex et Breton, moi, ça ne me paraît pas illégitime parce qu'on a besoin de se dire que dans ce système, on n'est pas contraint aujourd'hui par des candidatures dont manifestement, je ne fais pas grief aux candidats, ce n'est pas le sujet. Enfin, manifestement, on voit mal comment elles peuvent être présentes au deuxième tour et même gagner au deuxième tour si d'aventure elles étaient présentes au deuxième tour.
Donc, il n'est pas illégitime qu'on se dise, après tout, Thierry Breton, après tout, Jean Castex, après tout... Mais tout ça
devra produire à la fin... Comment ? Vous allez dire un autre, non ?
Pas du tout. Non, non, non. Non, mais c'était pour faire une fausse liste. Mais, donc, on a besoin de se dire ça. Donc, paradoxalement, alors ça, des candidats pour faire des petits scores, il y en a plein. Mais des candidats pour gagner, rassembler et parler aux Français, il n'y en a pas assez. En tout cas, pour l'instant, il y a des doutes. Et donc, ce n'est pas illégitime qu'on puisse se dire et faire part de ces doutes. Merci Marc Fénaud.
Merci beaucoup d'avoir été notre invité. La une de la voie du Nord, on se projette.
Oui, ce n'est pas pour nous tout de suite. C'est où passer sa retraite merveilleusement dans le Nord ? Déjà, venez dans le Nord et puis après,
on verra.
On verra les solutions.
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Marc Fesneau