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InterviewCNEWS (sur Dailymotion)· 28 octobre 2026 20 minContradictoireActualité / polémiqueSécuritéImmigration & asileInstitutions & électionsÉconomie & entreprises

La grande interview : Bruno Retailleau

Transcription Whisper (large-v3), avec identification des locuteurs. À recouper avec la source d'origine.

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Chapitres

Répartition du ton (temps de parole politique)

Propositif 30 %Attaque 60 %Défensif 10 %

Questions et réponses

Taux de réponse directe : 96 % (directe = 1, partielle = 0,5, éludée = 0)

  • 0:31OuverteRéponse directe

    Est-ce que vous pensez avoir, vous, alimenté le racisme et la xénophobie ou pas, Bruno Retailleau ?

  • 1:57RelanceRéponse partielle

    Mais l'accusation aussi de l'extrême gauche, c'est-à-dire, vous parlez d'immigration, la droite parle d'immigration, donc elle entretient ce climat-là.

  • 4:27OuverteRéponse directe

    Vous estimez que certains élus et les filles ont, par leurs propos, incité à la violence ?

  • 5:00OuverteRéponse directe

    Ça veut dire que vous êtes d'accord avec Sébastien Lecornu qui hier dénonçait un climat nauséabond qui va peut-être durer jusqu'à l'élection présidentielle.

  • 7:20OuverteRéponse directe

    Confusion est totale, là ?

  • 8:10RelanceRéponse directe

    Mais est-ce que la confusion n'est pas générale, quand on voit qu'Emmanuel Macron a présenté cet attentat abominable à Trappes comme une première, puisqu'il aurait visé pour la première fois, selon lui, des Français pour leur couleur de peau ou de leur religion ?

Affirmations vérifiables (citations exactes)

  • 0:40Invité politiqueFait
    « D'abord, il faut condamner avec la plus grande fermeté ce crime qui est un crime abominable. »
  • 1:05Invité politiqueFait
    « La violence, ça commence par les altercations, par le discours politique, la conflictualisation du discours politique à l'Assemblée nationale. »
  • 1:30Invité politiqueFait
    « Je dissous la jeune garde, dont certains sont impliqués dans le meurtre du jeune Quentin de Ranque à Lyon. »
  • 1:45Invité politiqueFait
    « Jean-Luc Mélenchon dire, s'adressant à ses troupes, en leur disant, « Allez-y, continuez, bravo, je leur donne raison, vous vous rendez compte ? »
  • 2:01Invité politiqueFait
    « C'est parce que, justement, pendant trop longtemps, on a voulu être dans le déni. On a voulu ne pas voir ce que tous les Français voyaient, qu'on a augmenté les tensions. »
  • 2:28Invité politiqueFait
    « Non, voyons les choses, et quand on critique le voile, on a le droit, en France, de critiquer le voile. »
  • 3:34Invité politiqueFait
    « Ils ne sont pas républicains. »
  • 3:50Invité politiqueFait
    « En 1989, il jouait sur les consonances juives de nom de vos confrères, d'un certain nombre de journalistes. »
  • 6:54Invité politiqueFait
    « Mme Pannot, chef des députés à l'Assemblée nationale, a indiqué très clairement qu'elle refuserait le verdict des urnes. »
  • 8:32Invité politiqueFait
    « La campagne électorale s'arrête à minuit vendredi, et donc ça continuera. »
  • 8:46Invité politiqueFait
    « Vous vous rendez compte si le 1er mai, il se passe ce qui s'est passé le 17 octobre, avec une France, mais alors, pillée, saccagée, incendiée, et le lendemain, on devrait aller aux urnes calmement. »
  • 10:33Invité politiqueFait
    « Il faut casser les casseurs. »
  • 13:12Invité politiqueFait
    « Ça existait dans notre État de droit avant 1981, avant que la gauche détricote ce texte. »

Temps de parole

  • Bruno Retailleau75 %
  • Présentateur22 %
  • ?4 %

≈ 31,8 interruptions / 10 min (chevauchements et interjections détectés).

Modèle mistral-small-latest · prompt v1 · les citations sont vérifiées mot pour mot dans le transcript ; le taux de réponse directe est calculé à partir des verdicts question par question. Aucun label idéologique n'est produit.

0:00
Locuteur

Et

0:00
Présentateur

notre invité ce matin dans la grande interview sur CNews et sur Europe 1, c'est Bruno Retailleau. Bonjour à vous, bienvenue.

0:05
Bruno Retailleau

Bonjour Laurence

0:05
Locuteur

Ferrari.

0:06
Présentateur

Candidat à l'élection présidentielle, président des LR, l'attentat raciste de Trappes qui a fait un mort et cinq blessés la semaine dernière. Bruno Retailleau a donné lieu à des affrontements politiciens très violents hier à l'Assemblée nationale. Après la minute de silence qui a été observée pour les victimes, l'extrême gauche, la gauche aussi, se sont livrées à des attaques d'une grande virulence contre le gouvernement, le Rassemblement national et même les médias. Ils ont aussi accusé la droite d'alimenter un climat raciste et xénophobe. Est-ce que vous pensez avoir, vous, alimenté le racisme et la xénophobie ou pas, Bruno Retailleau ?

0:36
Bruno Retailleau

Écoutez, ce qui est en train de se passer est absolument indigne. D'abord, il faut condamner avec la plus grande fermeté ce crime qui est un crime abominable. Bien sûr, tous les crimes sont terribles, mais tuer parce qu'on n

0:48
Locuteur

'a

0:48
Bruno Retailleau

pas la même couleur de peau, la même religion, c'est quelque chose d'abject. Mais aujourd'hui, il y a aussi quelque chose qui est indigne, qui est absolument misérable. C'est l'instrumentalisation que fait la gauche et surtout l'extrême gauche qui est en train de propager, de brumiser un climat de violence dans la France. Vous savez, la violence, ça commence par les altercations, par le discours politique, la conflictualisation du discours politique à l'Assemblée nationale. Je l'ai vécu, moi, comme ministre de l'Intérieur, et ça se termine dans la rue. Ce que LFI est en train de faire aujourd'hui en France, c'est de cultiver cette culture, justement, de la violence.

1:23
Présentateur

La parole est créatrice, elle engendre la violence

1:26
Locuteur

? La

1:26
Bruno Retailleau

violence commence par des mots, se termine toujours par des actes. Je cite toujours, ça m'a beaucoup, beaucoup impressionné, quand j'ai été ministre, je dissous la jeune garde, dont certains sont impliqués dans le meurtre du jeune Quentin de Ranque à Lyon. Et la jeune garde, le Conseil d'État va me donner raison, et j'entends quelques jours après la dissolution, Jean-Luc Mélenchon dire, s'adressant à ses troupes, en leur disant, « Allez-y, continuez, bravo, je leur donne raison, vous vous rendez compte ?

1:53
Présentateur

» Mais l'accusation aussi de l'extrême gauche, c

1:56
Locuteur

'est

1:56
Présentateur

-à

1:56
Locuteur

-dire,

1:56
Présentateur

vous parlez d'immigration, la droite parle d'immigration, donc elle entretient ce climat-là.

2:00
Bruno Retailleau

C'est l'inverse. C'est parce que, justement, pendant trop longtemps, on a voulu être dans le déni. On a voulu ne pas voir ce que tous les Français voyaient, qu'on a augmenté les tensions. Il faut, en politique, il faut décrire la réalité telle qu'on la voit. Il ne

2:14
Locuteur

faut

2:14
Bruno Retailleau

pas tricher. Et moi, ce que je pense,

2:16
Locuteur

c

2:16
Bruno Retailleau

'est que trop longtemps, la parole publique s'est décrédibilisée. Elle est à l'origine du malaise démocratique parce qu'on a triché avec cette réalité, parce qu'on a voulu la relativiser, la minimiser, l'euphémiser. Non, voyons les choses, et quand on critique le voile, on a le droit, en France, de critiquer le voile. Est-ce qu'on va dire que les Iraniennes,

2:35
Locuteur

qui,

2:35
Bruno Retailleau

au prix de leur vie, ont lutté contre, justement, le voile, ont finalement généré une quelconque violence en France ? Mais on est devenus fous,

2:44
Locuteur

non ?

2:44
Bruno Retailleau

Donc, une inversion totale ? Mais c'est une inversion. Mais ce processus d'inversion des valeurs,

2:49
Locuteur

d

2:50
Bruno Retailleau

'inversion accusatoire, c'est ce qu'on a vu à Lyon. Un jeune homme meurt, certes, il était sans doute extrême droite,

2:55
Locuteur

et

2:55
Bruno Retailleau

alors

2:55
Locuteur

?

2:55
Présentateur

Prentin de Ranck.

2:56
Bruno Retailleau

Et alors ? Vous vous rendez compte ? Ils ont été jusqu'à dire, grosso modo, qu

2:59
Locuteur

'ils

2:59
Bruno Retailleau

l'avaient bien cherché. Il y a une victime, et en réalité, les coupables se transforment eux-mêmes en victimes. Ça, c'est ce mécanisme, cette inversion accusatoire, comme vous le dites très bien, qui est propre à l'extrême gauche, que je veux dénoncer. Mais aujourd'hui, c'est très grave,

3:13
Locuteur

parce

3:14
Bruno Retailleau

que

3:14
Locuteur

leur

3:15
Bruno Retailleau

stratégie est en train de réussir.

3:17
Locuteur

Il

3:17
Bruno Retailleau

y a les réseaux sociaux qui fonctionnent aussi,

3:19
Locuteur

comme

3:20
Bruno Retailleau

dans une extrême polarisation. Mais cette polarisation débouche demain sur la violence, parce qu'elle est légitimée désormais par un parti politique, les Insoumis.

3:29
Présentateur

Que vous demandez toujours à faire dissoudre,

3:32
Locuteur

Bruno Rottagno, c'est républicain ou pas

3:33
Bruno Retailleau

? Ils ne sont pas républicains. J'ai posé la question sur la table, parce que j'en ai marre de l'omerta. Parce que, si vous voulez, en France, quand on est de gauche et d'extrême gauche, on a une excuse, tout trouvait. On a une carte d'immunité. Monsieur Le Pen, c

3:47
Locuteur

'était horrible,

3:48
Bruno Retailleau

je me souviens, en 1989,

3:49
Locuteur

il

3:50
Bruno Retailleau

jouait sur les consonances juives de nom de vos confrères, d'un certain nombre de journalistes. Mélenchon fait ça avec Glussmann, avec EFSA, personne ne lui dit rien, tout le monde trouve ça normal. Il se permet de dire tout blanc, tout moche, ça c'est du racialisme. Vous vous rendez compte, si on disait tout noir, tout moche, qu'est-ce que les médias, qu'est-ce que les bonnes âmes diraient à juste titre ? Donc il y

4:11
Locuteur

a

4:11
Bruno Retailleau

une carte d'immunité pour

4:12
Locuteur

les Français Insoumis.

4:14
Bruno Retailleau

Il y a un privilège rouge, il y a une clause exonératoire.

4:19
Locuteur

Quand

4:20
Bruno Retailleau

vous êtes d'extrême gauche, on vous passe tout. Vous pouvez tout vous permettre, y compris d'ailleurs les indignités.

4:26
Locuteur

Et

4:26
Présentateur

les incitations à la violence ? Vous estimez que certains élus et les filles ont, par leurs propos, incité à la violence

4:31
Locuteur

?

4:32
Bruno Retailleau

Écoutez, cette culture de la violence, on l'a quand le maire de Saint-Denis légitime la violence.

4:38
Locuteur

Quand

4:38
Bruno Retailleau

on dit la violence est légitime...

4:40
Locuteur

Tout

4:40
Présentateur

en disant mais il faut l'éviter.

4:42
Bruno Retailleau

Non mais,

4:43
Locuteur

on

4:43
Bruno Retailleau

connaît la rhétorique. C'est trop facile.

4:46
Locuteur

Dans

4:46
Bruno Retailleau

un premier temps, on dit voilà, la violence elle est légitime. On essaie d'adoucir ensuite le propos. Qu'est-ce qui est retenu ? Évidemment. Évidemment, la première proposition.

4:55
Locuteur

Ça

4:55
Présentateur

veut dire que vous êtes d'accord avec Sébastien Lecornu qui hier dénonçait un climat nauséabond qui va peut-être durer jusqu'à l'élection présidentielle. Bruno Retailleau

5:03
Locuteur

?

5:04
Bruno Retailleau

Totalement, totalement. Mais j'observe malheureusement que le monde est devenu fou, voyez. Le monde est devenu fou. Pas que la France ? Non, malheureusement. Non, non. On le voit bien. Les guerres partout, la violence, le rapport de force, une hystérisation du débat politique. Il n

5:18
Locuteur

'y

5:18
Bruno Retailleau

a plus de vérité, il y a des fake news, etc. La vérité devient relative. Moi, je pense qu'il faut garder son calme.

5:24
Locuteur

On

5:25
Bruno Retailleau

va vers des temps qui sont très difficiles, qui vont exiger des hommes et des femmes de gouvernement, d'États, en réalité, qui garderont leur calme, leur sang-froid, qui ne dévieront pas d'un cap, mais qui seront raison gardée. Il faut garder la raison, et je pense que ce sera le rôle du prochain président de la République, celui que je veux être, c'est de ne rien céder à ceux qui posent des problèmes, mais de ne

5:48
Locuteur

pas

5:48
Bruno Retailleau

aller chercher des problèmes, justement, à ceux qui n'en posent pas, ceux qui bossent, ceux qui s'occupent de leurs proches, ceux qui lèvent correctement leurs enfants. C'est cette France-là que, moi, je veux, voyez. La France qui se lève tôt, qui bosse, pas celle qui casse, pas celle qui pille.

6:01
Présentateur

On va en parler dans un instant. Un dernier mot sur Jean-Luc Mélenchon, qui accuse quasiment les chaînes Info d'avoir provoqué le passage à l'acte du déséquilibré de Trappes, car ce qu'il aurait dit, c

6:09
Locuteur

'est qu

6:09
Présentateur

'il voulait venger les commerces brûlés. On bascule dans quoi, la Bruno Rutaillot, quand on s'en prend aux journalistes,

6:14
Locuteur

quand on

6:15
Présentateur

s'en prend aux rédactions ?

6:16
Bruno Retailleau

Vous auriez pu, d'ailleurs, ajouter la phrase de Mme Chikirou, proche, très proche, vous le savez, de Jean-Luc Mélenchon, lorsqu'elle avait eu cette apostrophe, vous vous accusant, vous, les journalistes, vous traitant de nazis, de nazillons aux petits pieds, vous vous rendez compte ? Ça, vous voyez, c'est la marque des partis,

6:34
Locuteur

qui

6:34
Bruno Retailleau

sont des partis antidémocratiques, pas seulement antirépublicains, antidémocratiques. Quand ceux-là sont en train de préparer, parce qu'avec les lycéens qu'ils ont instrumentalisés, ils ont fait la grande répétition générale du troisième tour de l'élection présidentielle. Mme Pannot, chef des députés à l'Assemblée nationale, a indiqué très clairement qu'elle refuserait le verdict des urnes. Si jamais Mme Le Pen, elle ne m'a pas parlé de moi pour le moment, sans doute je serai dans le même sac, pourrait gagner l'élection présidentielle. Il y a une forme, justement, de totalitarisme. Il y a une forme de refus, voilà, des règles de la démocratie.

Et c'est la raison pour laquelle, du reste, il recourt à la violence. Pas seulement, au départ c'était dans le discours, mais aujourd'hui on voit bien que ça déteint.

7:17
Présentateur

Mais est-ce que la confusion n

7:18
Locuteur

'est

7:18
Présentateur

pas générale, quand on voit qu'Emmanuel Macron a présenté cet attentat abominable à Trappes comme une première, puisqu'il aurait visé pour la première fois, selon lui, des Français pour leur couleur de peau ou de leur religion. Il l'a rectifié évidemment par la suite. Confusion est totale, là ?

7:31
Bruno Retailleau

Total. Qu'est-ce que vous voulez que je vous dise

7:33
Locuteur

? Je

7:34
Bruno Retailleau

ne

7:34
Locuteur

veux

7:34
Bruno Retailleau

pas tirer sur l'ambulance.

7:35
Locuteur

Il

7:35
Bruno Retailleau

n

7:35
Locuteur

'est

7:35
Bruno Retailleau

pas la peine d'en rajouter.

7:37
Locuteur

Ce

7:37
Bruno Retailleau

n

7:37
Locuteur

'est

7:37
Bruno Retailleau

plus la peine d'en rajouter. Il a perdu la main.

7:39
Locuteur

Il

7:40
Bruno Retailleau

a perdu la main. Voilà. Il est en totale déconnexion.

7:43
Locuteur

Vous

7:44
Bruno Retailleau

voyez, j'étais opposant depuis les premiers jours à Emmanuel Macron, mais quelque part, ça me fait mal, vous voyez, parce que je suis gaulliste. Il y a les institutions de la Ve République et moi, je ne suis pas de ceux qui se réjouissent de voir l'élection,

7:59
Locuteur

en

8:00
Bruno Retailleau

tout cas la présidence de la République, l'institution présidentielle, ébranlée.

8:05
Locuteur

Vous

8:06
Présentateur

réclamez toujours que le second tour, la date du second tour, soit changée, Bruno Retailleau, le 2 mai 2027, date qui n'aurait pas été choisie au hasard, selon vous, le lendemain du 1er mai ?

8:16
Bruno Retailleau

Vous avez commencé à me questionner sur l'hystérisation de la vie politique. Et là, on nous a réunis. Nos directeurs de campagne se sont retrouvés à Matignon pour essayer de choisir. La grande majorité ne voulait pas que le second tour de l'élection présidentielle soit le lendemain du 1er mai. Pourquoi ? Parce qu'il y a d'abord une règle, la campagne électorale s'arrête à minuit vendredi, et donc ça continuera. Avec le 1er mai, vous aurez des candidats de gauche qui s'afficheront.

Donc, un, c'est un problème de l'égalité, et deux, vous vous rendez compte si le 1er mai, il se passe ce qui s'est passé le 17 octobre, avec une France, mais alors, pillée, saccagée, incendiée, et le lendemain, on devrait aller aux urnes calmement.

8:55
Locuteur

Non,

8:55
Bruno Retailleau

ce n

8:55
Locuteur

'est

8:55
Bruno Retailleau

pas possible, il y

8:56
Locuteur

a

8:56
Bruno Retailleau

un vrai problème. Donc,

8:57
Présentateur

vous demandez solennellement ce matin au président de la République, sur CNews et Europe 1,

9:00
Locuteur

changer les dates de l'élection. Je lui demande

9:01
Bruno Retailleau

à nouveau, changer la date d'élection. Pourquoi nous avoir réunis alors que la majorité était pour d'autres dates ? Pourquoi, si vous ne changez pas cette date d'élection, j'y verrais,

9:11
Locuteur

en

9:11
Bruno Retailleau

réalité, une arrière-pensée

9:13
Locuteur

? Et

9:14
Présentateur

une responsabilité, si un

9:15
Locuteur

carreau se déchaîne ? Une responsabilité

9:16
Bruno Retailleau

majeure. On ne peut pas soumettre l'élection présidentielle à un tel aléa. Ça n'est pas possible.

9:23
Présentateur

Il y a jusqu'à quelle période pour se décider sur les dates

9:25
Locuteur

?

9:25
Bruno Retailleau

Il peut se décider d'ici la fin, sans aucun problème.

9:28
Présentateur

D'ici la fin de l'année ?

9:29
Bruno Retailleau

D'ici la fin de l'année, sans aucun problème.

9:30
Présentateur

La loi Casseur-Payeur, Bruno Retailleau, évidemment, a été adoptée hier au Sénat. Une urgence, selon vous, face aux violences des derniers jours. Cette loi prévoit de créer une solidarité financière pour toute personne ayant sciemment participé à un groupement formé en vue de commettre des dégradations. Le texte a été durci par les sénateurs. Les allocations sociales, le RSA pourraient être saisies, mais aussi l'allocation de rentrée scolaire, la prime d'activité. Est-ce que vous pensez que ce texte, en l'État, peut être adopté tel quel à l'Assemblée nationale ?

9:58
Bruno Retailleau

Moi, je pense qu'il peut être adopté à l'Assemblée nationale parce que c'est une évidence. Je veux simplement dire quand même que c'est cet an perdu.

10:06
Locuteur

J

10:06
Bruno Retailleau

'avais fait voter un texte au Sénat, j'avais déposé une PPL qui a été votée au Sénat et qui prévoyait un certain nombre de choses,

10:14
Locuteur

casseurs,

10:14
Bruno Retailleau

payeurs, voilà. Donc, il aurait fallu encore une fois, c'est le macronisme, c'est le en même temps, attendre pendant sept ans, sept ans de perdu. Je voudrais rendre hommage au rapporteur, notamment à David Marguerite, qui a beaucoup durci le texte, mais stop, les Français disent ça suffit. Ce n

10:29
Locuteur

'est

10:29
Bruno Retailleau

pas aux contribuables, ce n

10:30
Locuteur

'est

10:30
Bruno Retailleau

pas aux commerçants de payer, c'est aux casseurs. Voilà, on tape les casseurs. Il faut casser les casseurs. Moi, je le dis depuis des années. Parce que cette culture dans laquelle on est en train de tomber de la violence, elle a aussi un ressort. C'est la culture de l'excuse.

10:46
Locuteur

Les

10:46
Bruno Retailleau

violents seraient des victimes.

10:48
Locuteur

C

10:48
Bruno Retailleau

'est ce qu'un certain nombre à l'extrême gauche voudraient nous dire. Donc non, il faut être très clair. Et quand il y a des allocations, des préciations, on les saisit. Parce qu'une allocation, pardon, ce n

10:59
Locuteur

'est

10:59
Bruno Retailleau

pas un dû. Ça vient de la poche des Français. C'est les Français qui

11:02
Présentateur

cotisent, qui contribuent. Voilà. L'opposition estime que le texte ne dissuèdera pas les casseurs, mais la mère de famille, le salarié, la lycéenne d'aller manifester. Qu'est-ce que vous leur répondez ? Tu parles.

11:12
Locuteur

Bon, c

11:13
Présentateur

'est clair. Donc ça veut dire que cette loi casseur-payeur permettrait, si le Conseil d'État la valide, on est bien d'accord.

11:20
Bruno Retailleau

Conseil constitutionnel. Conseil d'État la valide en état actuel, avec des réserves qui sont déjà des réserves un peu inquiétantes. C'est la raison pour laquelle, moi, j'endosse une révision de la Constitution. J'en ai marre que le Conseil constitutionnel fasse dire parfois à la Constitution ce qu'elle ne dit pas.

11:37
Locuteur

On

11:37
Bruno Retailleau

a aujourd'hui un grand déséquilibre. Ce n

11:39
Locuteur

'est

11:39
Bruno Retailleau

pas une accusation contre le Conseil constitutionnel lui-même.

11:42
Locuteur

Mais

11:43
Bruno Retailleau

on a un déséquilibre qui fait qu'aujourd'hui, on prête beaucoup, beaucoup d'importance aux droits des individus. Et moi, je suis pour les libertés publiques.

11:51
Locuteur

Mais

11:51
Bruno Retailleau

on prête beaucoup moins d'importance à la sécurité, à la dimension collective des choses. Il faut rééquilibrer. Et ce genre de texte, ce sera difficile de les faire passer si vous n'assumez pas une rupture. Une rupture constitutionnelle. Je veux redonner la parole au peuple français pour que le peuple français puisse maîtriser son destin. C'est ça qui est fondamental.

12:10
Locuteur

Un

12:10
Présentateur

tout petit mot encore de ces émeutes et du coût des émeutes à la fois pour les commerçants mais aussi pour les Français.

12:16
Locuteur

On

12:16
Présentateur

a appris que dans le projet de budget 2027, il y aurait une taxe émeute qui serait 0,8% plus chère sur tous les contrats d'assurance. Vous demandez

12:24
Locuteur

au

12:24
Présentateur

gouvernement de renoncer à cette

12:25
Locuteur

taxe

12:26
Bruno Retailleau

? C'est pour ça, je pense, qu'il faut peut-être même aller plus loin parce que pour l'instant, le texte casseur-payeur limite

12:33
Locuteur

la

12:33
Bruno Retailleau

responsabilité financière civile

12:35
Locuteur

à

12:36
Bruno Retailleau

10 000 euros. Moi, je pense que ça n'est pas assez. Ils l'ont limité à 10 000 euros. Craignant justement une censure du Conseil constitutionnel. Moi, je pense qu'il faut aller au-delà. Première chose.

12:44
Locuteur

Je

12:44
Bruno Retailleau

pense ensuite qu'il y a plus grave. Là, on parle de responsabilité civile. Bien sûr, il faut taper le portefeuille.

12:50
Locuteur

Mais

12:50
Bruno Retailleau

moi, je pense qu'il faudrait aussi une responsabilité pénale. C'est-à-dire que dans un attroupement en train de casser, on puisse rendre un individu pénalement responsable des agissements de cet attroupement dès lors qu'il

13:02
Locuteur

y a

13:02
Bruno Retailleau

violence ou dégradation des biens. Ça, c'est très important. Ça,

13:04
Locuteur

c'est une vraie rupture, effectivement.

13:06
Bruno Retailleau

Ça existait dans notre État de droit avant 1981, avant que la gauche détricote ce texte. C'était effectivement une loi anti-casseur. Eh bien, il faudra un texte anti-casseur, mais qui soit bien indossé à une charte de l'ordre républicain que j'intégrerais dans la Constitution française.

13:24
Présentateur

Et que vous ne

13:25
Locuteur

dites

13:25
Présentateur

que des tout aux Français qui retiennent leur souffle avant samedi, avant la manifestation du 5 novembre, qui se disent que

13:30
Locuteur

ça

13:30
Présentateur

peut peut-être durer tous les samedis jusqu'à Noël, les commerçants qui voient leurs chiffres d'affaires s'effondrer. Vous leur dites que l'État est encore en mesure d'assurer la sécurité dans notre pays ou pas, Bruno Retailleau

13:39
Locuteur

? Je

13:39
Bruno Retailleau

voudrais que l'État, je le demande depuis le départ, déclare l'État d'urgence parce que l'État d'urgence,

13:43
Locuteur

ça

13:43
Bruno Retailleau

vous permet, par exemple, d'arrêter des communications, des réseaux sociaux. On a vu les applications communautaires type Waze, type Google Maps qui se renseignaient, qui positionnaient les forces de l'ordre, qui positionnaient les bons magasins à piller. Donc ça, ça serait un instrument et ça renforcerait, ça bétonnerait, pardon, entre guillemets, les dossiers, la judiciarisation parce que la réponse pénale, franchement, je voyais un certain nombre de cas. Un cas... Ce n

14:08
Locuteur

'est

14:08
Bruno Retailleau

pas à la hauteur. Ce n

14:09
Locuteur

'est

14:09
Bruno Retailleau

pas à la hauteur. Vous avez un jeune dénommé Andy, 23 ans. Il tire à tir tendu contre des policiers, pas un jour de prison. Un autre, OQTF, il vole, etc. Il est illégalement sur le territoire, mesure d'éloignement, là encore, classé sans suite. Un autre, là encore, il pille, 20 antécédents, 20 antécédents, classés sans suite. Franchement, franchement. Je pense qu'il faut une politique de civilisation qui doit commencer par l'ordre républicain, l'ordre public. Mais il faudra une nouvelle politique pénale,

14:41
Locuteur

les

14:41
Bruno Retailleau

mineurs, par exemple, majorité pénale à 15 ans, faire en sorte qu'on ait des peines minimales dès lors qu'on touche à un uniforme, sapeurs-pompiers, policiers ou gendarmes. Une politique éducative, il ne faudra pas avoir peur d'avoir des établissements disciplinaires pour des jeunes qui sont à la dérive. Et puis, bien entendu, il faudra une grande fermeté. Je pense que c'est fondamental, notamment migratoire. Parce qu'on sait maintenant, voyez, ce que personne ne veut dire trop, de temps en temps, qu'il y a un lien entre le désordre migratoire et les désordres sécuritaires. Ce lien, on l'a vu d'ailleurs, le 17 octobre, il était établi.

Je lisais une analyse de Jérôme Fourquet que personne ne conteste dans un quotidien du matin. Les choses sur un panel. Il dit, voilà, la proportion de prénoms qui sont impliqués, qui ne sont pas d'origine française. Voilà. Donc ça, il faut ouvrir les yeux. Voilà. Et il faut reprendre la main aussi sur cette immigration de masse qui crée beaucoup de désordres.

15:37
Présentateur

Bruno Rutaillot, David Lissner a été notre invité hier soir dans l'objectif Élysée 2027. Il est désormais à touche-touche avec vous dans les intentions de vote. C'est le match de la droite. À quel moment vous allez décider d'arrêter la machine à perdre tous les deux ? À quel moment vous allez vous réunir ? Vous avez déjeuné, je crois, avec Robert Ménard la semaine dernière, dire, allez, qui est le mieux placé pour porter les couleurs de la droite

15:58
Bruno Retailleau

? Écoutez, d'abord, personne ne me fera dire de mal, David.

16:00
Locuteur

Il n'en a pas dit de vous

16:01
Bruno Retailleau

non plus.

16:02
Locuteur

On

16:02
Bruno Retailleau

se connaît bien, il

16:03
Locuteur

n

16:03
Bruno Retailleau

'y

16:03
Locuteur

a

16:03
Bruno Retailleau

pas de souci. Simplement, ce que je pense,

16:05
Locuteur

et

16:06
Bruno Retailleau

là, vous avez raison, je vous donne le point,

16:08
Locuteur

on

16:08
Bruno Retailleau

ne peut aller à l'élection présidentielle que si on porte un projet singulier. Quand on partage les mêmes valeurs, un certain nombre de solutions, il ne

16:16
Locuteur

faut

16:16
Bruno Retailleau

pas diviser. Il ne

16:16
Locuteur

faut

16:16
Bruno Retailleau

pas se diviser. Moi, je crois que pour les prochaines semaines, chacun doit faire sa campagne en abattant ses cartes. Jusqu'à janvier ? Jusqu'à janvier. Il faut vraiment qu'on peut avoir un certain nombre de valeurs communes, mais les solutions ne sont pas toujours communes. Il ne faut pas seulement être élu président de la République. Il faut pouvoir gouverner.

16:34
Locuteur

Donc avoir une majorité.

16:36
Bruno Retailleau

Écoutez, pour l'instant, je suis le seul, pas seulement vis-à

16:39
Locuteur

-vis

16:39
Bruno Retailleau

de David Lissnard, mais pour beaucoup d'autres, à pouvoir dire que la moitié du Parlement

16:44
Locuteur

est

16:44
Bruno Retailleau

alignée avec moi, la majorité au Sénat. C'est déjà important.

16:50
Présentateur

Mais donc pas de primaire, vous refusez toujours cette idée de primaire qui vous permettrait de vous départager et de ne pas aller en ordre dispersé à la présidentielle.

16:57
Bruno Retailleau

Je l'ai redit, je vais le re-redire devant vous, je n'ai jamais été opposé à la primaire. Je n'ai pas du tout peur de la compétition. Au contraire. simplement une primaire, simplement avec David, ça sert à quoi ? Si Édouard Philippe n'est pas dans la primaire, ça sert à quoi

17:12
Locuteur

?

17:13
Bruno Retailleau

Donc, si demain, voilà, les gens se retrouvent avec cette idée de primaire à condition qu'elle soit ouverte,

17:19
Locuteur

pas

17:20
Bruno Retailleau

de primaire fermée,

17:21
Locuteur

une

17:21
Bruno Retailleau

primaire ouverte

17:22
Locuteur

où

17:23
Bruno Retailleau

il y a tout le monde et où on s'engage. Tout le monde sait de qui ? Non, mais la droite est le centre. Éric Zemmour, non. Non, non, non,

17:31
Locuteur

parce

17:31
Bruno Retailleau

que si

17:32
Locuteur

Éric Zemmour,

17:33
Bruno Retailleau

il n

17:33
Locuteur

'y

17:33
Bruno Retailleau

a pas Édouard Philippe. À quoi ça sert ? Édouard Philippe est à 14 ou 15 % dans les sondages. S'il est écarté, ça ne sert à rien à la primaire. Si on veut se donner des chances, moi, je veux en tout cas une cartée et je veux une ligne qui soit à droite,

17:46
Locuteur

comme

17:47
Bruno Retailleau

je l'ai toujours portée, parce que les Français sont à droite et je pense que les solutions dont a besoin la France sont des solutions justement de droite sur la liberté d'entreprendre, bien entendu, le travail qu'il paye et non l'assistanat et sur l'ordre républicain, l'ordre public.

18:01
Présentateur

Et une ligne claire vis-à-vis du Rassemblement National. Hier, ou plutôt dimanche à Orléans, Éric Ciotti vous appelait à le rejoindre. David Lissnard a inversé le raisonnement en disant mais qu'Éric Ciotti nous rejoigne parce qu'il faut qu'il se sépare du RN dont il dit qu'il y a encore des soupçons d'antisémitisme relatifs à Jordan Bardella. Vous dites la même chose ce matin, Bruno Retailleau

18:21
Bruno Retailleau

? J'ai écouté Marine Le Pen.

18:23
Locuteur

Il

18:23
Bruno Retailleau

y a un certain nombre de points sur l'ordre public, le régalien, sur lesquels on peut trouver un certain nombre de convergences. Mais il

18:31
Locuteur

y a

18:31
Bruno Retailleau

quelque chose qui ne colle pas. D'abord, il dit moi je ne

18:33
Locuteur

suis

18:33
Bruno Retailleau

ni de droite ni de gauche. Ça, c'est en même temps d'Emmanuel Macron. Mais

18:38
Locuteur

ça n'empêche pas un

18:38
Bruno Retailleau

gouvernement de coalition. Non mais surtout, le constat que je fais, c'est qu'on ne redressera pas la France si on ne donne pas de la prospérité. Or Marine Le Pen, pardon, elle veut encourager l'assistanat. Les 140 milliards d'économies, c'est du pipeau. Ça ne tient pas la route. Et ce qu'il faut bien comprendre, c'est que si vous voulez embaucher des policiers, des gendarmes, créer par exemple des places de prison, vous ne pourrez le faire que si vous recréez une richesse. Pardon, ça n'est pas avec le social étatisme qu'on peut créer de la richesse en France. Il faut adopter une réforme des retraites vraiment courageuse. Il faut adopter une réforme de l'assurance chômage.

Toute chose qu'elle ne fait pas. Ça n'est pas sérieux. Et donc, malheureusement, son projet ruinerait la France. D

19:20
Locuteur

'accord.

19:20
Présentateur

Et donc, il n'y aura pas de Bruno Retailleau, membre d'un gouvernement éventuel de Marine Le Pen

19:24
Locuteur

à l'Élysée. Il

19:25
Bruno Retailleau

y aura Bruno Retailleau à l'Élysée. Bruno Retailleau composera son gouvernement.

19:29
Locuteur

Mais est-ce que vous dites non ? Je

19:30
Présentateur

ne rentrerai jamais dans un gouvernement avec un

19:33
Locuteur

président ou une présidente du Rassemblement

19:34
Bruno Retailleau

National. Vous connaissez, je suis un homme de conviction. Je suis intimement convaincu, croyez-moi, je suis intimement convaincu que ce projet n'est pas le bon pour la France. Je n'apporterai jamais mon concours à un projet qui n'est pas le bon pour la France.

19:45
Présentateur

Merci beaucoup Bruno Retailleau d'être venu ce matin sur CNews et sur Europe. Merci. Bonne journée à

19:49
Locuteur

vous.