Thomas Ménagé : "Il faut que l'Algérie arrête d'utiliser son passé" avec la France
Transcription Whisper (large-v3), avec identification des locuteurs. À recouper avec la source d'origine.
C'est l'heure de la rentrée politique ce week-end, à gauche notamment et en partie à droite. Une rentrée sur fond de bataille de succession au Rassemblement National qui remplacera Marine Le Pen à la tête de ce qui a toujours été son parti. Aujourd'hui, elle est à l'Assemblée Nationale, la patronne d'un groupe, faut-il le rappeler, de 89 députés. Reste à savoir quel rôle, normalisation, opposition, est-ce qu'ils joueront face au président Macron ? Bonjour Thomas Ménager. Bonjour Karine Descartes. Vous êtes l'un de ces députés, porte-parole du groupe et tombeur du ministre Jean-Michel Blanquer aux dernières élections.
Évidemment, beaucoup de sujets à évoquer en cette rentrée avec vous ce matin. Parlons d'abord de cette deuxième visite présidentielle d'Emmanuel Macron en Algérie. Visite de trois jours qui a débuté hier en fin de journée. Nos deux pays se sont beaucoup critiqués ces derniers mois, se sont beaucoup brouillés. Est-ce que c'est une visite importante pour vous, Thomas Ménager ? Qu'est-ce que vous en attendez ?
On n'attendait pas grand-chose, malheureusement, on est malgré tout déçus, déçus, parce que dès le premier jour, dès hier soir, j'ai le sentiment qu'Emmanuel Macron, le président, s'est un peu couché. C'est-à-dire que moi, ce qui m'inquiétait, c'est cette repentance permanente vis-à-vis de l'Algérie. Oui, on a une histoire très difficile avec l'Algérie, mais il faut arrêter, il faut que l'Algérie arrête d'utiliser ce passé pour ne pas être dans une des vraies relations diplomatiques et d'amitié. Et aujourd'hui, j'ai du mal à voir le président de la République se coucher devant un régime autoritaire.
Alors, se coucher, pourquoi ? Parce qu'il a proposé cette commission mixte d'historiens français et algériens ?
Exactement, je pense que la France est très divisée, notamment à cause d'Emmanuel Macron. On a pensé aux gilets jaunes, aux non-vaccinés qui avaient été insultés, à ceux qui ne sont rien. Et là, je pense que de diviser encore en rouvrant des dossiers aussi brûlants, ce n'est pas une bonne chose. Alors, le problème d'Emmanuel Macron, c'est qu'il y est allé en position de faiblesse. Il y est allé pour quémander du gaz. Et donc, aujourd'hui, on ne peut pas avoir des relations diplomatiques quand on y va, en baissant la tête, parce qu'on attend et qu'on peut subir le chantage de l'Algérie.
Alors, Malcatou, vous ne répondez pas à la question qui se pose vraiment aujourd'hui, c'est quelle doit être désormais la relation de la France avec l'Algérie ? Qu'est-ce que vous proposez, vous ?
Il faut qu'il y ait une relation d'égal à égal, des partenariats qui puissent être noués. Mais il faut aussi que l'Algérie fasse un pas en avant. On a la question de l'extradition des ressortissants algériens, qui est une question brûlante. Et j'espère que Gérard Damarin...
Qui a brouillé, justement, les relations diplomatiques avec Paris.
Qui a brouillé, parce que l'Algérie ne veut faire aucun effort. L'Algérie ne veut pas reprendre ses ressortissants.
Donc, vous nous dites qu'il faut des relations adultes, mais la première chose que vous proposez, déjà, on sait que ça va bloquer.
Alors, comment vous faites ? Oui, parce qu'il faut être ferme. Il ne faut pas y aller en baissant la tête. Aujourd'hui, si l'Algérie, qui parfois dit vouloir être un pays ami, avait été réellement un pays ami, on n'aurait pas à aller quémander du gaz. On pourrait s'entendre. Et à un moment, il faut arrêter de rouvrir toujours ses blessures. Et il faut que l'Algérie, n'oublions pas, quand même, comme ça a été dit, que c'est un régime paramilitaire, un régime autoritaire. Et à un moment, on doit aussi défendre nos valeurs et ne pas baisser la tête face à eux.
Alors, on se souvient, au début du mois de juillet, des mots du député Rassemblement National qui a présidé, parce qu'il était le plus âgé, le doyen d'âge, la première séance de l'Assemblée. On se souvient de son discours, on se souvient surtout de ses larmes sur l'Algérie française, la nostalgie de l'Algérie française. À ce moment-là, quand même, au Rassemblement National, vous mettez de l'huile sur le feu, non ?
Non, pas du tout. Vous savez, ce sont des histoires personnelles, ce sont des histoires douloureuses. Vous savez, moi, à mon niveau, j'ai 30 ans, je pense que je n'ai pas à juger. Je sais que ça a été un moment très difficile, très difficile pour un certain nombre de Français qui ont eu un lien avec l'Algérie à l'époque. Et je ne vais pas juger l'émotion de José Évrard. Je pense surtout qu'il y a un certain nombre de nos opposants, qu'il y a un certain nombre de commentateurs qui veulent rouvrir ce sujet. Mais vous savez, dans le Loiret où je suis élu, personne ne me parle de ces questions. On ne va pas rouvrir le dossier de l'Algérie française.
Moi, je ne suis pas un historien, je ne suis pas un commentateur, je suis un homme politique. Je suis là pour être tourné vers l'avenir. Et je pense qu'il faut fermer cette page et avancer de manière intelligente.
Vous avez dit qu'émander du gaz à plusieurs reprises. Est-ce que malgré tout, l'économie pourrait temporairement contribuer à nous réconcilier, Algériens et Français ?
Malheureusement, la situation énergétique dans laquelle nous a mis, notamment Emmanuel Macron, par les choix qui ont été faits durant le quinquennat précédent, nous oblige, malheureusement, à aller échanger, à aller diversifier nos sources d'approvisionnement.
C'est une bonne chose ou pas ?
Si on arrive à obtenir et que tout le gaz ne part pas en Italie, et que ça permet de sécuriser les Français et d'éviter une explosion des prix qui est déjà présente, bien entendu, ça sera une bonne chose. Parce que nous, la seule question, c'est de savoir si c'est une bonne chose pour les Français.
Alors, mercredi, le chef de l'État devant le Conseil des ministres a affirmé que nous étions en train de vivre la fin de l'abondance et la fin de l'insouciance. L'exécutif qui parle désormais d'ailleurs de sobriété énergétique, nécessaire pour mieux faire face aux conséquences de la guerre en Ukraine et du réchauffement climatique. Est-ce que le gouvernement, Thomas Ménager, doit prendre des mesures de sobriété ? Et si oui, précisément lesquelles ?
Alors, tout d'abord, moi j'ai été franchement choqué par les propos du Président de la République. Il a été totalement absent, comme Mme Borne pendant tout l'été, sur IQ Sen, sur la situation sur les incendies, sur la sécheresse. Et quand il revient, il continue comme il l'a fait pendant le précédent quinquennat, avec arrogance, en sous-entendant que les Français étaient dans l'abondance. Mais moi, je vous le dis, les Français sont dans la pénurie aujourd'hui. Ils ne sont absolument pas dans l'abondance. Alors, il y a eu de l'abondance pendant le précédent quinquennat pour les cabinets de conseil avec McKinsey, pour les grands groupes que M. Macron et son gouvernement refusent de taxer.
Je parle au super profit qui existe actuellement. Mais il y a des mesures à prendre. Mais il y a des mesures à prendre aujourd'hui, notamment au plus haut sommet d'État, pour les grands groupes, mais les Français. Ils sont déjà dans la sobriété. Ils ne sont pas par choix, mais ils sont par obligation, parce qu'aujourd'hui, ils sont obligés, malheureusement, de ne plus se chauffer, d'acheter beaucoup moins de viande, parce qu'ils n'ont plus les moyens de le faire.
Alors là, vous êtes dans le commentaire. Mais moi, je vous demandais vraiment des mesures de sobriété très précises. Qu'est-ce que vous proposez au Rassemblement national ?
Mais nous, on n'est pas pour la décroissance, on n'est pas pour la sobriété, on est pour le progrès. Aujourd'hui, on est obligés de faire la sobriété, parce que M. Macron, en début de quinquennat, a refusé de relancer notre filière nucléaire, et ce n'était pas le seul, et c'était avant. Pourquoi on est obligés de faire la sobriété ? C'est parce qu'Emmanuel Macron n'a pas pris les bonnes décisions. Nous, on souhaite surtout régler les problèmes qui, aujourd'hui, créent un certain nombre de gaz à effet de serre, mais qui ne sont absolument jamais sur la table. Les 50% de gaz à effet de serre qui sont liés aux importations, quelle avancée on a eue sur les relocalisations ? Quasiment aucune.
L'innovation en matière d'hydrogène, la recherche, il y a des choses à faire.
Mais on observe que certains pays européens, des très proches voisins, je pense à l'Allemagne par exemple, a annoncé officiellement que les bâtiments publics seront chauffés cet hiver à 19 degrés, et qu'il n'y aurait même pas de chauffage dans les couloirs. L'Espagne vient de décider d'interdire la climatisation au-dessous de 27 degrés. Est-ce qu'on doit prendre des mesures comme ça ?
Vous citez l'Allemagne, c'est très bien. Bravo à l'Allemagne de baisser d'un degré. Mais bravo à l'Allemagne d'avoir stoppé le nucléaire et d'avoir pollué toute l'Europe et eu une production de gaz à effet de serre, une émission de gaz à effet de serre, la pire, avec les centrales à charbon. À un moment, tant mieux que l'Allemagne fasse des efforts, parce que la situation dans laquelle on se trouve au niveau des émissions de gaz à effet de serre en Europe, l'Allemagne en est responsable. Je pense qu'aujourd'hui, on est aussi un pays verteux. On est un pays qui a encore des efforts à faire, parce que, bien entendu, il faut accompagner cette transition.
Mais je ne pense pas que ça passe par ce serré de kiki continuellement. Et ça passe notamment, je vous le dis, par l'innovation, par un certain nombre d'évolutions. Mais l'innovation, c'est un mot.
Qu'est-ce qu'on met derrière l'innovation, alors ? Soyez précis.
Bien entendu. Ça passe par ce qu'on disait depuis des années. On était les premiers à Marine Le Pen sur la question du nucléaire, sur la question aussi de la recherche sur l'hydrogène. Il y a 20 ans, Marine Le Pen parlait de l'hydrogène. On en est où ? On en est où ? Nous, on n'est pas pour la décroissance. On est pour le progrès. On est pour l'innovation. Et je pense que ça passera par là, la relocalisation, l'innovation. Vous parliez de l'Allemagne. L'Allemagne met 9 milliards sur les infrastructures de ce transport. On en met 3.
C'est-à-dire qu'on demande aux gens de ne plus prendre la voiture, mais on ne fait rien sur les infrastructures qui permettraient notamment aux zones rurales de permettre aux personnes de se passer des véhicules terrestres à moteur.
Donc, il ne faut pas imposer de rouler moins vite, par exemple, sur les autoroutes. Il ne faut pas limiter le nombre de permis de construire des piscines, puisqu'on évoque ce sujet-là en ce moment.
Alors franchement, c'est vraiment traiter des épiphonomènes. J'ai l'impression qu'on est dans une énorme pièce. Il y a une petite souris, il y a un éléphant, et on se concentre sur la petite souris alors que le risque est totalement ailleurs. C'est-à-dire que la piscine, vous voyez, cet été, je lisais le livre de Jérôme Fourquet, La France sous nos yeux, mais la piscine, ce n'est pas quelque chose d'élitiste. Ce sont des Français qui ne partent pas en vacances, qui ont une piscine en quitte, qui se retrouvent parce qu'ils ne peuvent plus partir à la plage, parce qu'ils n'ont plus les moyens. Il faut arrêter de taper. C'est comme la question des jets privés.
Mais l'ensemble du transport aérien en France, c'est autant d'émissions de gaz à effet de serre que la principale centrale à charbon allemande.
Donc la proposition du ministre des Transports, Clément Bonne, vous dites que, vous dites comme le président de la République, c'est démago, c'est ça ?
C'est totalement démago. Mais bien entendu, et surtout, on s'est totalement oublié qu'il y a derrière les jets privés des filières, des équipementiers, des entreprises, des personnes qui travaillent dans les aéroports. Si on veut totalement mettre à mal toute une filière, il n'y a rien de mieux, créer du chômage, alors qu'il y a des possibilités d'innovation, notamment dans cette partie de l'aviation, pour avoir des avions qui soient beaucoup plus propres. Et ça, c'est plutôt ça, vers ça, nous vont tendre aujourd'hui.
Donc si je vous entends bien, le Rassemblement National ne réduit pas beaucoup les dépenses d'énergie de la France. Sur la question des énergies, toujours, il y a aussi cette enquête du journal Le Monde au sujet de Total, qui aurait eu des activités ambiguës en Russie, qui aurait peut-être produit du kérosène pour les avions russes. Si ces allégations devaient se confirmer, alors Total dément pour l'instant, mais les journalistes du Monde sont assez affirmatifs dans leur article, si ces allégations devaient se confirmer, qu'est-ce qu'on fait avec Total ? Thomas Ménager ?
Cette question, pour le moment, comme vous le dites, rien n'est encore prouvé, il faudra voir, mais après, c'est une entreprise privée qui a eu ses positions. Je ne sais pas aussi, dans la temporalité, à quel moment ce kérosène a été produit, il faudra voir. Moi, je ne suis pas là pour être un donneur de leçons, je ne sais pas, je n'ai pas les éléments. Ce qui est sûr, c'est qu'il ne faut pas brader non plus et tuer toutes nos entreprises sur le fond du conflit russe. Et dans les premiers mois, je sais qu'il y a eu un moment de flottement pour Total, donc il faudra qu'on lève le voile sur cette question.
Est-ce que le gouvernement doit exiger Total qu'il cesse toutes ses activités en Russie ? Malgré tout, vous dites effectivement, c'est une entreprise privée, je l'entends très bien, mais on voit bien que le dossier est compliqué.
Voilà, le dossier est compliqué, comme vous le dites. Moi, je préférais que le gouvernement s'attarde surtout à taxer Total pour que ça se serve pour les Français. Vous savez, j'ai qu'une question qui me vient, c'est de savoir ce qui est positif pour la France. Et les sanctions, tout ce qu'on multiplie depuis des mois à l'égard de la Russie ne marchent pas. La situation économique de la Russie est bonne, le roule n'a jamais été aussi haut.
Moi, j'aimerais qu'on s'attarde réellement par rapport à Total, vous parlez de Total, sur les super profits, parce que l'objectif, c'est surtout de récupérer les profits que fait Total, que ce soit en France ou partout dans le monde, au profit des Français pour redistribuer, pour leur permettre aujourd'hui de mieux vivre. On a fait un cadeau à Total en refusant de taxer les super profits. Ils promettent 30 centimes qui vont s'arrêter dans deux mois. Moi, vous savez, en tant qu'homme politique, je ne suis pas comme tout à l'heure la personne qui est ici, un spécialiste en géopolitique. Je suis là surtout pour me dire que pouvons-nous faire pour améliorer le quotidien des Français.
Je voudrais savoir sur quoi vous vous appuyez quand même pour dire que les sanctions contre la Russie n'ont absolument aucun effet. Il y a une étude très intéressante de l'université de Yale aux Etats-Unis qui nous dit que les entreprises qui ont quitté le pays, donc qui ont quitté la Russie, représentent environ 40% du PIB de la Russie. A priori quand même, quand on a 40% de moins de PIB, on le ressent terriblement.
Mais bien sûr, ils ressentent la situation, mais c'est un pays qui a des matières premières, qui a des fondamentaux quand même assez puissants, qui s'adaptent. On l'avait vu au moment de la Crimée, toute l'économie russe n'est pas tombée, le pays va s'adapter. Là, il y a une première période un petit peu difficile, mais malgré tout, à quoi ça a servi ? Est-ce que la guerre est réglée ? Est-ce qu'il y a eu une amélioration ?
Parce que la question, ce n'est pas de faire tomber l'économie russe pour faire tomber l'économie russe, c'est de savoir si ça profite pour mettre fin à cette guerre scandaleuse contre l'Ukraine et de permettre aux Ukrainiens de retrouver leur souveraineté et de vivre en paix. C'est ça, notre objectif.
Et si je reviens sur le dossier total, comme toute la gauche le réclame, vous aussi, vous l'avez déjà dit, vous voulez taxer les super profits, c'est ça ?
Mais bien entendu.
On les taxe de combien, alors ?
Il faudra qu'on regarde, il faudra qu'on en discute, c'est aussi le travail de l'Assemblée. Mais c'est aussi le travail de l'Assemblée nationale, c'est aussi le travail... On a, par exemple, nous, un responsable de la Commission des finances qui est Jean-Philippe Tanguy, qui est spécialisé sur ces questions. Vous savez, on n'est pas des singes chavants quand on est des parlementaires. Il faudra qu'on en discute, mais il faut surtout qu'on soit tous d'accord pour le faire. Et aujourd'hui, la majorité a serré un certain nombre de ses membres qui étaient pourtant favorables.
Les Républicains se sont retournés aussi au moment de cette taxation, ont tripatouillé avec le gouvernement pour éviter ce qui aurait permis aux Français d'améliorer les comptes publics et donc de redistribuer une partie de ces profits qui ont été dopés après la crise.
Donc, on taxe les super profits, on ne sait pas exactement de combien, pour en faire quoi ?
Pour en faire quoi ? Vous ne voyez pas que la situation des dépenses publiques est catastrophique dans notre pays et que, plutôt que de taxer les Français, alors qu'on est un des pays qui taxent plus tant ces entreprises que les particuliers, que ça permettrait d'avoir...
Ça a quand même forcément... Non mais soyez un peu honnête, ça a quand même... La taxation a fortement été réduite, que ça soit sur les entreprises, que ça soit pour les Français. On peut considérer que c'est toujours trop...
sur le quotidien des Français, ils ne le ressentent pas, madame. Enfin, moi, je veux bien qu'on me sorte des chiffres, qu'on peut toujours... Donc, les 50 milliards
avancés par le gouvernement sont faux ?
Vous les contestez ? Mais quand on prend d'une poche pour reprendre de l'autre, là, par exemple, on a supprimé la redevance, mais quand on voit qu'un certain nombre de personnes reçoivent, quand ils ont une résidence secondaire, des taxes de la SACEM par rapport à l'utilisation d'une télévision dans leur résidence secondaire, oui, c'est un sujet dont personne ne parle aujourd'hui, mais c'est un sujet qui est réel, mais il y a aujourd'hui une volonté de prendre d'une main pour après redonner de l'autre et il y a un vrai problème sur le fond.
Thomas Ménager, le Parlement, doit reprendre ses travaux dans un peu plus d'un mois, le 3 octobre prochain précisément, mais vous avez vécu, donc vous, votre première session parlementaire, une session parlementaire extraordinaire, c'était au mois de juillet, les députés du Rassemblement National ont voté pour la loi sur le pouvoir d'achat, notamment. Quelles ont été vos relations avec les députés de la majorité ? Comment ça s'est passé ? Racontez-nous.
On aurait espéré que ça se passe comme cela avait été promis, c'est-à-dire dans un esprit constructif de consensus, force est de constater qu'on a réussi, malheureusement, par la force, avec l'ensemble des oppositions, les Républicains, une partie parfois du Modem d'Horizon, de la France Insoumise et de la NUPES, à obtenir un certain nombre de victoires. Mais les relations n'ont pas été celles que les Français attendaient parce que les Français, en faisant rentrer une diversité aussi importante à l'Assemblée Nationale, attendez qu'il y ait du consensus, qu'il y ait du débat. Vous voulez dire
que vous attendez plus de mains tendues, c'est ça ? Plus de mains tendues de la majorité ? Aujourd'hui,
il n'y a pas une main tendue.
Elle ne vient pas parler aux députés du Rassemblement National.
Il y a des échanges mais il y a surtout par contre des victoires idéologiques. Nous, ce qui nous intéresse c'est de savoir si nous sommes utiles pour les Français et forcer de constater quand il y a eu une aide sur le fioul qui est bien entendu insuffisante, je le vois dans le Loiré, 300 millions face à l'ignard pour le gaz alors que les Français se chauffent au fioul en zone rurale, ce n'est pas suffisant.
Quand on voit qu'on a réussi malgré tout alors que Marine Le Pen depuis des mois demandait une baisse de la TVA d'obtenir 30 centimes pendant deux mois parce qu'on interpellait sur la nécessité pour les Français en zone rurale d'avoir une baisse des carburants on fait des victoires on obtient des victoires idéologiques mais malheureusement ces victoires n'étant pas pérennes aujourd'hui ça montre bien que le gouvernement n'est pas à l'écoute n'est pas sensible à la situation réelle du pays et donc on n'attend pas des mains tendues pour faire des tripatouillages comme le font les républicains mais une réelle écoute et une réelle co-construction de la loi.
Donc là dans la perspective du budget qui va être le gros dossier de la rentrée vous n'êtes pas sollicité par des conseillers pour discuter ?
Non malheureusement actuellement
Vous accepteriez de discuter ?
On accepterait de discuter
Pour demander quoi sur le budget ?
Pour demander à ce qu'il y ait des évolutions qui sont en faveur des Français vous parlez des super profits mais vous parliez des super profits nous attendez c'est flou on propose depuis près de un an et demi pendant la campagne présidentielle Marine Le Pen a été très claire une baisse de la TVA de 25,5% sur l'ensemble des énergies c'est-à-dire une baisse pérenne plutôt que des cadeaux qui seraient totalement qui ne durent pas on propose aussi une suppression de la TVA sur les produits de première nécessité ce qui se passe aujourd'hui c'est qu'on est dans une incertitude totale pour les Français aujourd'hui on leur dit qu'en plein hiver il va y avoir la fin du blocage des prix du gaz on leur dit que dans deux mois les prix du carburant vont de nouveau exploser les Français ils doivent avoir une vision ils ne peuvent pas être pris à la gorge continuellement et se retrouver en plein hiver sans savoir où ils vont
Alors avant le budget il y aura une nouvelle loi sécurité portée par le ministre de l'Intérieur Gérald Darmanin qui a proposé l'application du droit du sang à Mayotte récemment qui en revient d'ailleurs de Mayotte qui veut ouvrir des lieux de rééducation et de redressement pour les mineurs délinquants vous êtes en train de vous faire quand même sacrément couper l'herbe sous le pied au Rassemblement National non ?
Pas couper l'herbe sous le pied parce que vous savez je pense que les Français préféreront toujours l'original à la copie et surtout l'original qui veut réellement agir face à une copie qui ne fait que de la communication et on voit très bien que Gérald Darmanin est en campagne pour 2027 qui est une guerre de succession qui s'ouvre au sein de la majorité et sur tous les sujets on voit très bien que c'est de la communication sur M. Iqusen ce matin Vous n'êtes pas en train
de vous faire asphyxier ?
Mais pas du tout et quand on voit que M. Iqusen au final avait semble-t-il sur les révélations ce matin de Mediapart un certain nombre de liens avec M. Darmanin s'était rencontré en pleine campagne électorale en 2014 Donc là on parle
de cet imam ?
Oui parce que ça prouve bien la duplicité de Gérald Darmanin de la même manière sur les rodéos il veut faire du chiffre il annonce 3 opérations par jour je rappelle qu'en 2021 le Figaro révélé qu'il y avait une note de M. Darmanin pour éradiquer donc il prouve déjà qu'à chaque fois qu'il agit ça ne marche pas c'est un aveu d'échec et puis il est dans une politique
Ça peut prouver aussi qu'à chaque fois qu'on essaie de durcir la loi ça ne marche pas forcément non plus que c'est de passer à la solution parce que vous êtes toujours dans le durcissement de la loi
On n'est pas dans le durcissement de la loi on est dans le bon sens et dans ce qui marche quand on fait une politique du chiffre par exemple sur les rodéos quand on dit à tous les commissariats de faire 3 opérations par jour ça n'a pas de sens s'il n'y a pas de rodéos ce jour-là c'est-à-dire qu'on va forcer les policiers ce qui est le cas aujourd'hui à faire du chiffre alors que quand ils demandent à intervenir la radio et la direction refusent qu'ils interviennent
Donc cette loi sécurité pour revenir à elle plus 15 milliards quand même d'euros pour les forces de l'ordre ça sera quand même difficile pour le Rassemblement National de ne pas la voter cette loi-là
nous verrons en détail mais bien entendu moi je suis élu du Gatinet à Montargy à Montargy il y a des effectifs qui sont en baisse ça fait des années j'avais interpellé la préfète les effectifs arrivent ils repartent aussitôt alors que nous sommes une ville qui malheureusement subit la radicalisation il y a par exemple une quinzaine de points de deal sur l'agglomération qui ne peuvent être traités parce que sur notre secteur il n'y a qu'une ou deux voitures de police secours en temps réel donc il y a un vrai besoin de moyens et donc si le gouvernement et Gérald Darmanin mettre des moyens sur la table des moyens réels bien entendu nous voterons comme nous l'avons fait pour le pouvoir d'achat
Thomas Ménager je vous soumets une question posée par Fabrice qui nous arrive sur l'appli France Inter bonjour peut-on savoir comment concrètement le Rassemblement National s'y prendrait pour assurer le retour des expulsés lorsque les pays dont ils sont originaires refusent de les reprendre
alors il y a un arsenal qui peut être mis en place qui avait déjà été évoqué tout d'abord ce qu'on a un petit peu fait avec l'Algérie c'est-à-dire qu'on bloque les demandes de visa pour les ressortissants qui veulent venir sur le territoire c'est un élément de pression on bloque aussi les transferts d'argent c'est-à-dire que c'est un élément qui aussi peut être évoqué c'est-à-dire qu'on sait qu'il y a un grand nombre de ressortissants des diasporas qui sont sur le territoire français et qui renvoient de l'argent au pays ce sont des éléments qui permettent aussi de faire pression pour que les pays reprennent leurs ressortissants et puis on a aussi des partenariats économiques avec un certain nombre de pays ces pays sont souvent aussi aidés aidés par l'Union Européenne pour du co-développement et c'est important parce que ça permet aussi de participer ce co-développement avec l'Afrique à limiter l'exode et l'immigration sur le sol européen donc il y a des possibilités diplomatiques économiques qui permettraient de forcer ces pays qui refusent
Vous abîmez la diplomatie entre deux pays quand on fait tout ça quand même parce que là vous parlez de diplomatie ça va être un peu compliqué derrière
Si la diplomatie c'est le monde de bisounours c'est-à-dire qu'il n'y a pas malgré tout des échanges qui peuvent être faits et des éléments de pression voilà on ne peut plus rien faire et c'est ce qui se passe depuis des années malheureusement et c'est au détriment des français
Allez pour finir un mot du Rassemblement National qui à partir de novembre prochain ne sera plus dirigé par un Le Pen c'est bien la première fois dans son histoire que ça va arriver dans l'histoire de ce parti qui doit succéder à Marine Le Pen Thomas Ménager Louis Alliot ou Jordan Bardella vous soutenez qui vous ?
Tout d'abord celui qui va succéder à Marine Le Pen sera celui qui sera élu par les adhérents du Rassemblement National pour préciser moi je suis porte-parole du groupe RN et Apparenté à l'Assemblée Nationale mais je ne suis pas adhérent du Rassemblement National puisque je suis issu d'un mouvement et qui est la preuve aussi de la volonté d'ouverture depuis des années de Marine Le Pen à d'autres profils je suis issu de la France nous avons créé un mouvement qui s'appelle l'Avenir Français avec des cadres partout en France nous avons aujourd'hui 13 conseillers régionaux 6 députés et nous à titre personnel nous avons réuni l'ensemble des cadres hier soir justement et nous avons décidé tout d'abord d'apporter un soutien et d'apporter un soutien à Jordan Bardella nous avons deux candidats de qualité deux candidats qui sont sur la même ligne qui soutiennent Marine Le Pen une campagne apaisée
non ils ne sont pas sur la même ligne parce que Jordan Bardella a repris cet été la théorie du grand remplacement ce qui n'est pas le cas de Louis Alliot à ma connaissance
il n'a pas pris la théorie du grand remplacement sur Renaud Camus et sur toute cette idée d'un grand complot international alors il est trop tard
pour que je relise sa très longue phrase mais en tout cas vous vous situez où sur la question du remplacement sur cette théorie ?
nous on considère qu'il n'y a pas une théorie du grand remplacement c'est-à-dire une volonté qui aurait été organisée de remplacer les populations mais par contre force est de constater qu'aujourd'hui il suffit de regarder les chiffres petit à petit il y a un remplacement de notre population face à une immigration massive dans notre pays donc c'est juste un constat mais Jordan Bardella pour revenir nous le soutenons parce qu'aujourd'hui il a fait un travail travail d'ouverture de rajeunissement de dynamisme il est déjà aux manettes il veut faire comme veut le faire Louis Alliot développer cette implantation locale que nous avons déjà mis en place avec ces 89 députés et c'est la raison pour laquelle nous le soutiendrons
et Marine Le Pen elle pourrait être encore candidate en 2027 si Jordan Bardella prend les rênes du parti lui laissera de la place ou pas ?
vous savez il y a plein de partis où ce n'est pas le président du parti qui se présente à l'élection présidentielle Jordan Bardella a été très clair il a affirmé son soutien à Marine Le Pen en vue de 2027 qu'il ne serait pas candidat que ce n'était pas du tout son objectif et donc bien entendu et à titre personnel même si on est encore loin Marine Le Pen a dit qu'elle ne serait pas candidate mais moi je souhaite qu'elle le soit en 2027 parce que tous les faits lui donnent raison
Merci Thomas Ménager la campagne pour la présidence du Rassemblement National commence ce week-end le congrès est prévu le 5 novembre prochain merci et belle journée
Thomas Ménagé