Attentat à Trappes, manifestations, congrès du RN... Le "8h30 franceinfo" de Thomas Ménagé
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Chapitres
Répartition du ton (temps de parole politique)
Propositif 30 %Attaque 50 %Défensif 20 %
Questions et réponses
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- 0:32OuverteRéponse directe
Comment qualifiez-vous cet attentat ?
- 1:05RelanceRéponse partielle
Relativisez-vous les éléments psychiatriques ?
- 1:39RelanceRéponse partielle
Est-ce que vous êtes aussi prudent quand il s'agit d'attaques manifestement islamistes ?
- 2:10OuverteRéponse partielle
Certains vous accusent d'avoir armé idéologiquement le tireur ?
- 2:55OuverteRéponse partielle
Qu'est-ce que vous répondez au maire de Trappes ?
- 3:53RelanceRéponse partielle
Est-ce que ça, ce n'est pas une manière de stigmatiser une partie de la population française ?
Affirmations vérifiables (citations exactes)
- 0:38Invité politiqueFait
« 'est un attentat abject, un attentat à connotation raciste, très clairement. »
- 0:42Invité politiqueFait
« Ça a été aujourd'hui documenté dans les auditions qui ont été menées dans les premières heures de la garde à vue, avec par contre des éléments qui sont encore un peu instables sur le profil réel de ce monsieur, qui semble avoir aussi un certain nombre de problèmes psychiatriques. »
- 0:54Invité politiqueFait
« Sa garde à vue, d'après les derniers éléments qui nous ont été donnés, a été levée, parce qu'il aurait des traitements pour schizophrénie, il était sous drogue. »
- 1:15Invité politiqueFait
« Et malheureusement, ça fait un certain nombre d'années où on a ce genre d'attaque en fonction de la religion. »
- 1:46Invité politiqueFait
« À un moment, quand il y a un faisceau d'indices, dans tous les cas, on dit, quand c'est connotation islamiste, connotation raciste, ça n'empêche pas qu'après, il faut regarder le profil réel. »
- 2:38InvitéFait
« la violence d'extrême droite qui est déversée dans les discours depuis des années, la libération complète du racisme dans notre pays, et l'autorisation donnée à des dirigeants politiques, y compris dans les médias, d'expliquer qu'une ville comme Trappes est une république islamiste en miniature, pour citer Jordan Bardella. »
- 3:25Invité politiqueFait
« Nous, on a toujours dénoncé la violence, on a toujours appelé à la Concorde Nationale à éviter des situations telles que celle-ci. »
- 4:13Invité politiqueFait
« Donc à un moment, on ne peut pas être dans un pays où on se censure, on a le droit de dire des vérités. »
- 4:25Invité politiqueFait
« à aucun moment, et je vous le dis, vous pouvez retrouver des propos qui appellent à la violence. »
- 5:19InvitéFait
« Quand vous pointez du doigt régulièrement les étrangers ou les personnes françaises issues de l'immigration, notamment les binationaux, vous ne contribuez pas à un climat délétère. »
- 5:40Invité politiqueFait
« Mais dans tous les pays du monde, je veux dire, vous avez le droit de vote, pas le droit de vote, sinon ça veut dire qu'on arrête et on dit qu'on donne le droit de vote même aux étrangers. »
- 6:01PrésentateurFait
« Par exemple, quand vous promettez de demander aux policiers de sanctionner les femmes qui portent le voile, ça, ce sont aussi les Françaises qui sont visées. »
- 7:20Invité politiqueFait
« On nous pose la question comme s'il y avait une quelconque ambiguïté. Je veux dire, à un moment, on a demandé, il y a maintenant, je crois, 4 ans par un courrier, Elisabeth Borne, à l'époque Premier ministre, de dissoudre tous les groupuscules d'ultra-droite, d'extrême-droite et d'ultra-gauche, d'extrême-gauche. »
- 8:17Invité politiqueChiffre
« Je remercie surtout les 3 000 forces de l'ordre qui étaient mobilisées à Orléans, les forces de secours, les services de la ville, des transports. »
- 8:37Invité politiqueFait
« Parce qu'au final, au début, le congrès d'Orléans avait permis de remplir tous les hôtels, avait permis d'apporter à l'économie locale. »
- 10:02Invité politiqueFait
« Le Rassemblement national a déposé plainte. »
- 12:11InvitéFait
« Les propos antisémites de Jordan Bardella il y a une dizaine d'années ? »
- 13:46Invité politiqueFait
« Jordan Bardella est allé en Israël à l'invitation des Israéliens pour parler de la lutte contre l'antisémitisme. »
- 15:20Invité politiqueChiffre
« Il y avait près de 9000 personnes. »
- 16:57Invité politiqueFait
« Il faut remettre des peines planchées quand on atteint l'intégrité physique globalement et encore plus de ceux qui détiennent l'autorité publique, la force publique que sont les forces de l'ordre, les policiers et les gendarmes. »
- 19:50PrésentateurPromesse
« Jordan Bardella a promis de rétablir l'autorité, majorité pénale à 16 ans, centre de rétention pour mineurs, si vous arrivez au pouvoir. »
- 20:02PrésentateurChiffre
« Marine Le Pen a été condamnée en appel, elle a formé un pourvoi en cassation, donc condamnée pour détournement de fonds publics, trois ans de prison, dont deux avec sursis, 45 mois d'inéligibilité, dont 30 avec sursis. »
- 22:34Invité politiqueFait
« il faut arrêter avec ce parcours sup qui broie un certain nombre de jeunes qui attendent avec des listes d'attente, avec des décisions qui sont totalement incohérentes. »
- 22:42Invité politiquePromesse
« Il y a besoin aussi de revaloriser le salaire des enseignants pour avoir des enseignants qui propose Marine Le Pen depuis des années. »
Temps de parole
- Thomas Ménagé62 %
- Présentateur18 %
- Invité12 %
- ?6 %
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Bonjour Audrey. Bonjour. Et bonjour Thomas Ménager. Bonjour, merci de votre invitation. Merci d'être avec nous ce matin. Nous allons parler du premier grand meeting de campagne de votre candidate Marine Le Pen, hier chez vous à Orléans et de la réélection de Jordan Bardella aussi à la tête de votre parti. Mais revenons d'abord sur l'attentat de Trappes. Vendredi, un homme de 39 ans a tiré à l'arme automatique sur des passants, choisissant manifestement les victimes pour leur couleur de peau ou leur religion supposée. Il a tué un homme de 26 ans et blessé cinq personnes, dont une petite fille de 12 ans qui a été criblée de balles. Comment qualifiez-vous, vous Thomas Ménager, cet attentat ?
C
'est un attentat abject, un attentat à connotation raciste, très clairement. Ça a été aujourd'hui documenté dans les auditions qui ont été menées dans les premières heures de la garde à vue, avec par contre des éléments qui sont encore un peu instables sur le profil réel de ce monsieur, qui semble avoir aussi un certain nombre de problèmes psychiatriques. Sa garde à vue, d'après les derniers éléments qui nous ont été donnés, a été levée, parce qu'il aurait des traitements pour schizophrénie, il était sous drogue.
Et ça
relativise, selon vous ?
Non,
ça ne relativise pas.
Vous
savez, dans tous les cas, c'est d'une violence inouïe, abjecte. Et j'ai une pensée pour les habitants de Trappes, pour tous les Français qui, à chaque fois, sont choqués. Et malheureusement, ça fait un certain nombre d'années où on a ce genre d'attaque en fonction de la religion.
On
a eu des attaques antisémites, on a eu le père Hamel, on a malheureusement eu des mosquées qui, parfois, ont été attaquées, des synagogues, en raison de la religion, de la couleur de peau. Mais attendons, avant de tirer, ou d'essayer, comme certains tentent de le faire,
on
va peut-être y venir, d'instrumentaliser cette attaque
abjecte. Est-ce que vous êtes aussi prudent quand il s'agit d'attaques manifestement islamistes, djihadistes
?
Il faut toujours
être.
À un moment, quand il y a un faisceau d'indices, dans tous les cas, on dit, quand c'est connotation islamiste, connotation raciste, ça n'empêche pas qu'après, il faut regarder le profil réel. Est-ce que c'est réellement quelqu'un qui a ses motivations, quelqu'un qui a des problèmes, et voilà, a des problèmes cicatriques, qui a un élément qui aura un impact, notamment dans le procès qui viendra dans les prochains mois, prochaines années ?
Alors, est-ce que vous êtes prudent parce que certains, à gauche en particulier, vous accusent, vous au RN et en général à l'extrême droite, d'avoir armé idéologiquement le tireur ?
C
'est ce que dit notamment le maire du parti Génération, maire de Trappes, Ali Rabé, il l'a dit sur l'antenne de nos confrères de BFM TV.
J
'ai pu voir hier
ce
que donne,
sur
le terrain, dans
la
chaire des habitants de ma ville,
la
violence d'extrême droite qui est déversée dans les discours depuis des années, la libération complète du racisme dans notre pays,
et
l'autorisation donnée à des dirigeants politiques,
y
compris dans les médias, d'expliquer qu'une ville comme Trappes est une république islamiste en miniature, pour citer Jordan Bardella.
C
'est ce qu'avait dit en effet Jordan Bardella en 2022, il avait été mis en examen pour ses propos, Thomas Ménager. Qu'est-ce que vous répondez au maire de Trappes ? Enfin, il n
'a
pas été condamné. Mise en examen ? Oui.
Enfin, moi je regrette que la gauche saute, voilà, d'un point de vue politique, sur un fait aussi abject qu'une attaque terroriste raciste pour faire de la politique politicienne. Je demande, et je vous demande à tous, de chercher un propos du RN de Jordan Bardella qui appelle à la violence. C
'est
-à
-dire,
les dernières semaines, ceux qui ont dit, comme M. Balik Bagayoko, que la violence était légitime pour ses idées, c'est la France insoumise. Nous, on a toujours dénoncé la violence, on a toujours appelé à la Concorde Nationale à éviter des situations telles que celle-ci.
Trappes une république
islamique en miniature, disait donc Jordan Bardella, ce n'est plus la France, ça préfigure ce que deviendra notre pays. Si nous ne le reprenons pas en main, plus récemment, après les pillages du 17 octobre, il a parlé de prédateurs de banlieues qui veulent prendre une revanche contre la France, une armée du crime dont les banlieues constituent un véritable réservoir. Est-ce que ça, ce n'est pas une manière
de stigmatiser une partie de la population française ? C'était la semaine
dernière sur France Info, il y avait un éditorialiste, un journaliste qui avait dit que oui,
il
y avait une partie de ceux qui étaient venus piller qui étaient issus de la banlieue, qui étaient des spécialistes de la délinquance et venaient de quartiers difficiles. Donc à un moment, on ne peut pas être dans un pays où on se censure, on a le droit de dire des vérités. Oui,
il
y
a
un problème d'islam radical, d'islamisme dans certains quartiers et notamment à Trappes, après la manière de le présenter, à aucun moment, et je vous le dis, vous pouvez retrouver des propos qui appellent à la violence. Nous, on appelle au
contraire
au retour de l'état de droit, au retour des valeurs de la République dans certains secteurs, pour éviter de tels drames.
Ce que dit le maire de Trappes, et ce que disent de nombreux élus de gauche, en entendu aussi Olivier Faure, c'est que le RN contribue à une ambiance, un vomi intellectuel qui finit par pousser à prendre les armes. Ce sont des mots très forts que prononce Ali Rabé. Est-ce que vous vous dites, non, le RN n'a rien à voir avec tout cela, non, le RN n'a pas des propos xénophobes, des propos qui pourraient inciter à provoquer ce
genre de fait ? Non, je veux dire,
je vous mets au défi de trouver un propos qui fait une différence entre les Français, en raison de leur couleur de peau, en raison de leur religion, en raison de leur orientation sexuelle. C'est tout
au contraire, nous on considère...
Quand vous pointez du doigt régulièrement les étrangers ou les personnes françaises issues de l'immigration, notamment les binationaux, vous ne contribuez pas à un climat délétère.
Mais en aucun cas, je veux dire, moi je ne comprends même pas ces propos.
Je
veux dire, tout le projet qu'on développe est un projet républicain qui ne fait pas de différence, qui veut mettre fin... Qui fait
une différence entre les Français et
les non-Français.
Mais dans tous les pays du monde, je veux dire, vous avez le droit de vote, pas le droit de vote, sinon ça veut dire qu'on arrête et on dit qu'on donne le droit de vote même aux étrangers. Dans tous les pays du monde, vous avez des droits et des devoirs différents en fonction de votre nationalité. Mais
la nationalité, ce n'est
pas la couleur de peau, ce n
'est
pas la religion. C'est-à
-dire que nous, au contraire, on ne veut pas de
communitarisme. C
'est
aussi entre différentes catégories de Français. Par exemple, quand vous promettez de demander aux policiers de sanctionner les femmes qui portent le voile, ça,
ce
sont aussi les Françaises qui sont visées. Le tireur de trappe a pris pour si, manifestement, d'après les témoignages, des femmes parce qu'elles portaient le voile. Mais de la même
manière que Gabriel Attal, qui veut l'interdire pour les mineurs, pour les jeunes filles mineures. Donc à un moment, là, on voit bien que comme on est en tête des sondages, on cherche à... Voilà, vous savez, quand on veut tuer son chien, on dit qu'il a la rage. Donc là, il
y a
une volonté d'attaquer le Rassemblement national. Mais non, je veux dire, à un moment, on ne va pas se censurer en disant des vérités, en disant qu'on veut protéger la liberté des femmes dans notre pays et que l'on considère que c'est un asservissement de la femme que de voiler et de forcer les femmes à se voiler. Voilà, c'est des débats sociaux.
Et
sinon, on ne peut plus rien dire. À un moment, la manière dont on le fait, les débats que l'on met aujourd'hui en avant ne sont pas des débats qui stigmatisent ou qui divisent, mais qui veulent au contraire rassembler, arrêter le communautarisme, arrêter la division de notre société et rassembler tous les Français autour d'un projet de concours.
Votre
président
de parti a promis de placer les groupuscules d'ultra-gauche sur la liste des organisations terroristes au niveau de l'Union européenne. Est-ce qu'il faut faire la même chose avec les groupes d'ultra-droite ? Est
-ce qu'il
y
a
un danger
d'ultra-droite en France ? On nous pose la question comme s'il y avait une quelconque ambiguïté.
Je
veux dire, à un moment, on a demandé, il y a maintenant, je crois, 4 ans par un courrier, Elisabeth Borne, à l'époque Premier ministre, de dissoudre tous les groupuscules d'ultra-droite, d'extrême-droite et d'ultra-gauche, d'extrême-gauche. À un moment, la violence, elle n'a pas sa place en France. Quelle que soit sa couleur, ses obédiences,
à
ce soit de l'éco-terrorisme, peu importe, à un moment, on ne règle pas les problèmes d'un pays qui souffre par la violence, par la rue, par des propos qui divisent. Donc, à un moment, oui, nous,
on
est sans ambiguïté sur la question et on dénonce les violences d'où qu'elles viennent.
Revenons donc sur le congrès de votre parti, le Rassemblement National, qui avait lieu ce week-end chez vous, à Orléans, puisque vous êtes député du Loiret, Thomas Ménager. Il y avait des manifestants contre ce congrès, plusieurs milliers qui étaient réunis, sous très haute surveillance policière. Ça a pu se dérouler, donc, de votre côté,
en
tout cas, sans heure. Vous dites ce matin, merci au ministre de l'Intérieur. Je remercie surtout
les 3 000 forces de l'ordre qui étaient mobilisées à Orléans, les forces de secours, les services de la ville, des transports. Tout a été un petit peu bouleversé dans cette ville. J'ai une pensée pour eux.
J
'ai une pensée aussi pour les commerces du centre-ville d'Orléans qui ont été un petit peu mis sous cloche et qui ont vécu, en fait, cette contre-manifestation. Parce qu'au final, au début, le congrès d'Orléans avait permis de remplir tous les hôtels, avait permis d'apporter à l'économie locale. Et ceux qui, au final, ont cherché un peu à venir bloquer, empêcher un congrès démocratique et venir perturber, en fait, la démocratie aussi, ce lancement de la campagne présidentielle.
C
'est
dommage. Manifester, c'est perturber la
démocratie
? Non,
mais
ce que je veux dire, c'est quand vous manifestez contre, devant. C'est-à
-dire
qu'à un moment, on peut manifester partout en France. Il
y a
la liberté de manifester. C'est pour ça que nous, on a dit qu'ils étaient libres de le faire. On regrette juste qu'ils cherchent toujours à venir à la confrontation, à venir au moment où on est en congrès. Il y a d'autres manières
de le faire. Finalement, les
manifestants sont restés à distance, mais il y a eu quelques petits soucis à l'intérieur de votre congrès avec des militants, une action revendiquée par l'Union des étudiants juifs de France
qui
ont déployé une banderole, bardé la réélue. Le racisme et l'antisémitisme, ça ne dérange pas l'ERN, au contraire. C'est ce qu'on pouvait lire sur cette banderole.
Ça
vous inspire quoi quand vous lisez ça ?
Ça m'inspire qu'en fait, l'UEJF, qui a été dénoncée par d'autres mouvements qui, eux, protègent réellement les étudiants juifs de France, avait appelé à voter nouveau Front populaire la dernière fois et est venu perturber un meeting. Je veux
dire,
moi, je n
'ai
même pas envie
de
perdre du temps à commenter trois personnes, en plus à donner lieu à deux agents qui ont été blessés, agents de sécurité du service d'ordre du
Rassemblement national. Certains de vos militants,
les images
montrent
également certains de vos militants en train de frapper.
Il y a eu des coups de poing. À un moment, il y
a deux agents de service d'ordre qui ont déposé plainte. Le Rassemblement national a déposé plainte. Et
l'UEGF annonce déposé plainte aussi pour
violences en réunion.
On voit en effet sur les images
certains de vos militants leur porter des coups. Est-ce que c'est bien cohérent avec la
civilité qu
'apprenait Marine Le Pen dans son discours ? Non mais
attendez, attendez. Des personnes qui viennent perturber, violenter nos mobilisations, je ne laisserai à aucun moment dire que nos militants étaient violents. Je veux dire, à
un
moment, ils ont été provoqués dans une organisation avec Mediapart qui était là pour filmer dans une espèce de coup monté pour bordéliser.
Les journalistes de Mediapart aussi qui
ont quitté votre rassemblement en disant que les conditions de sécurité
n
'étaient pas réunies pour eux
?
À un moment, ils n'ont pas
du tout été... Ils ont été pris à partie. À un moment, il y a quand même un problème aussi de la part de Mediapart qui vient provoquer. Quand vous venez avec l'extrême gauche, avec des personnes qui viennent perturber un meeting, il faut comprendre que nos
militants l'ont dit qu'ils n'ont pas leur... Ils étaient
aux abords en effet. Mais vous ne pouvez pas dire que c
'est
Mediapart qui est venu perturber votre congrès
-là. Il y avait les militants du EJF
et à proximité, Mediapart s
'est accouché pour filmer.
Comme par hasard. Vous savez, la salle, c'était une salle énorme. Ici,
moi, je n'ai pas pu
faire le tour de la salle complète tellement il y avait deux mondes et il y avait
Mediapart qui était assis
juste à côté de l'UEJF.
C
'est un complot
? Non,
mais ce n
'est
pas un complot.
C
'est juste...
C
'est organisé.
C
'est organisé. De
même que les... L
'UEJF, alors même qu'on n'a pas le droit de perturber un meeting politique de la sorte, on n
'a
pas le droit de venir provoquer dans un meeting politique, avait organisé le coup avec Mediapart. On voit bien que c'est une volonté de bordéliser, de donner une mauvaise image du Rassemblement National en inventant et en mettant en place un certain nombre de petits
coups. Mais déjà,
la veille,
votre
service de sécurité avait décidé de sortir les journalistes de Mediapart. Est-ce que vous avez un problème avec cette enquête de Mediapart qui a révélé les propos antisémites de Jordan Bardella il y a une dizaine d'années
?
Quand il y a, oui, des mensonges qui sont proférés dans la presse...
Les preuves ont été publiées. Non,
non, non, les preuves n'ont pas été publiées. On ne
va
pas tourner pendant des mois dessus et la justice tranchera. Mais on n'a jamais prouvé, il n
'y a
jamais eu un certain nombre d'enquêtes qui ont prouvé que certains mails avaient été tronqués,
qu
'on prêtait à Jordan Bardella d'avoir demandé tel ou tel livre soi-disant négationniste alors que ce n'était pas lui qui l'avait demandé et
qu
'il y avait la personne qui l'avait demandé qui répondait en disant merci, c'est moi qui l'ai demandé.
Les conversations ont été
extraites de Facebook et sont celles du compte de
Jordan Bardella à l'époque.
Ça, c'est ce que vous croyez qui n
'est
absolument pas prouvé.
C
'est-à
-dire
que moi, demain, je renomme mon compte Thomas Ménager en Jordan Bardella, j'exporte, ça sera les données de Jordan Bardella. Ça n'a absolument aucune valeur juridique. Tout ça est une énorme farce qu'on cherche à nous coller au pied pendant toute la campagne. Mais les Français l'ont prouvé. Objectivement, ils n'y croient pas. Le soutien à Jordan Bardella tant par les adhérents a été confirmé que aussi par les Français où les sondages
ne font qu
'augmenter depuis ces attaques crasses qu'il a reçues. Sur le fond, Thomas Ménager, il y a quelques jours, c'était le président du Conseil représentatif des institutions juives de France, Jonathan Arfi, Jonathan Arfi, ici même, qui disait que le RN n'était pas légitime à se présenter comme le bouclier des juifs français. Aujourd'hui, c'est l'UEJF qui manifeste contre vous. Ça ne
vous
fait pas douter à un moment donné ? Non,
je
n'en ai aucun
doute
sur ce que l'on défend et sur le fait qu'aujourd'hui, face à la montée de l'antisémitisme, ceux qui ont été sans ambiguïté, qui étaient à la marche contre l'antisémitisme, Jordan Bardella est allé en Israël à l'invitation des Israéliens pour parler de la lutte contre l'antisémitisme. On voit le nombre de compatriotes de confessions juives qui nous apportent leur soutien, d'autres organisations, mais qu
'on entend beaucoup
moins.
Comment savez-vous
? Parce qu'on a
des amis...
Non, arrêtez. Non, je vous demande. Je ne
sais
pas ce que vous voulez sous-entendre, mais ce n'était pas très agréable. Je n
'ai
pas envie de rentrer là-dedans, voir... Voilà. C'est juste qu'on vit dans le monde réel. On a des compatriotes de confessions juives,
on
a des amis, on a des proches, on a des gens qui viennent à nos meetings, on a des gens qui nous témoignent.
Est-ce qu'à ce jour, il y a des institutions
juives, des associations qui appellent à voter pour vous
?
Mais
oui.
Mais il y en a d'autres. Il y a le mouvement des étudiants. Je n
'ai
plus son nom parce que j'ai regardé hier soir qui a même tweeté une autre organisation pour apporter son soutien et critiquer l'action de l'UEJF qui ne fait aucune action contre Jean-Luc Mélenchon qui, lui, a des propos, a dans son entourage tout un tas de personnalités qui appellent à la haine des juives.
Donc, à un moment...
Est-ce que les manifestations contre votre organisation, votre Assemblée Générale, ça vous fait craindre des perturbations tout au long de votre campagne ? Est-ce que ça ne risque pas de vous coller à la peau, notamment ces accusations visant Jordan Bardella ?
Ce que je veux dire, c'est que ça fait presque 20 minutes qu'on est en interview.
On
n
'a
aucun moment parlé du fond des discours pour trois hurlues berlus qui sont venus mettre une banderole, provoquer, agresser nos services d'ordre. On passe 20 minutes sur le sujet.
On va en parler. Nous, c'est très bien parlé. Il
y
avait près de 9000 personnes. Il y avait près de 9000 personnes. C
'était un super moment. Marine a dressé quelle sera la vision de sa présidente. Jordan a décliné précisément quelle réponse il apportera aux différents enjeux de notre quotidien. Je veux dire, les Français
qui nous écoutent, qui
souffrent en matière de pouvoir d'achat, qui voient les problèmes de notre pays en matière d'environnement, en matière de santé, etc. Je vous le dis, ils n'ont rien à faire que vous tourniez en boucle continuellement en essayant de salir le Rassemblement national en prenant un fait ultra minoritaire et en tournant en boucle. Non, cette campagne, elle va bien se passer. On ira sur le terrain. On expliquera notre projet. On dira quelle sera la France avec Marine Le Pen et avec Jordan Bardella. Je pense que c'est ce qui les intéresse.
On
va parler du discours de Jordan Bardella et de celui de Marine Le Pen. Justement, juste après l'info, en une minute, Thomas Ménager, député du Loiret, porte-parole des députés Rassemblement national, invité du 830 France Info. Le 830 France Info, Audrey Tison, Simon Le Baron.
Et
nous sommes toujours avec Thomas Ménager, député Rassemblement national du Loiret. Alors, hier, lors de votre congrès, Jordan Bardella a tenu un discours de fermeté sur l'immigration, la sécurité, l'autorité. Il veut réarmer les policiers, instaurer une présomption de légitime défense alors que la doctrine du maintien de l'ordre est déjà mise en cause en ce moment lors de la gestion des manifestations. Est-ce que pour vous, il faut aller encore plus loin, restreindre encore plus la liberté de manifester, armer encore plus les policiers
? En
aucun cas, en fait. Ce n
'est
pas du tout. Alors, vous avez du mal de comprendre le discours de Jordan Bardella. Il faut armer moralement en leur donnant un
soutien et
matériellement en leur donnant un soutien parce qu'aujourd'hui, quand on agresse un policier,
on
ne finit pas la soirée en prison.
On
n'est pas emprisonné automatiquement. Il faut remettre des peines planchées quand on atteint l'intégrité physique globalement et encore plus de ceux qui détiennent l'autorité publique, la force publique que sont les forces de l'ordre, les policiers et les gendarmes.
Mais ce qui est remis en cause dans la gestion du maintien de l'ordre ces dernières semaines, c'est surtout l'échec du ministre de l'Intérieur qui n'a pas mis les moyens, qui n'a pas anticipé parce que globalement, on se rend compte que quand, par exemple, ce week-end, il y a des moyens, comme ça a été le cas à Orléans, qu'il y a un discours de fermeté à la fois des élus, le maire d'Orléans, à la fois du préfet, du corps préfectoral, derrière, ça marche. Il n'y a eu aucun heure. Donc en fait, il y
a
une sorte de faiblesse globale de l'État, tant dans le discours que dans les moyens qui avaient été donnés. Mais l'idée, ce n
'est
pas de restreindre la liberté de manifester. En aucun cas, il faut mettre ces éléments en matière de sécurité pour permettre que la liberté d'expression, que la liberté de manifester puisse continuer. Parce que le problème qu'il y a, c'est qu'on a oublié pendant ces derniers jours totalement ceux qui manifestent. Ceux qui manifestent pour leur pouvoir d'achat. Ceux qui manifestent les jeunes, les lycéens, les étudiants pour leurs conditions de travail, pour leur avenir. Parce qu'ils ont été salis du fait de l'absence d'ordre de sécurité dans notre pays qui leur aurait
permis de s'exprimer. Mais ce samedi, il y a
eu un dispositif policier de gendarme exceptionnel avec des gens qui ont été rappelés de congés pour pouvoir assurer, encadrer un maximum les manifestations que ce soit à Orléans pas quelque chose qui est gérable au quotidien. Ça veut dire quoi ? Qu'il faut davantage de policiers, de gendarmes ? Vous êtes prêts à mettre de l'argent là-dessus ?
Non, mais
le problème, vous pouvez parler avec toutes les forces de l'ordre de France, ils vous le disent, c'est un problème de réponse judiciaire. C'est-à-dire que de réponse devant les tribunaux. Aujourd'hui, il n'y a pas assez de personnes qui sont des délinquants, qui sont même des récidivistes, qui sont emprisonnés. Ce qui fait que ce sont ceux qui sont arrêtés une fois que l'on retrouve un mois, deux mois,
six mois après dans les rues. Il y a énormément de personnes
interpellées pour la première fois de leur vie sans casier sur les dernières
semaines. Mais parce
que petit à petit, la violence ne fait... Et encore, quand vous envoyez un cocktail Molotov que vous n'ayez pas de casier, c'est même étonnant qu'on se dise on l'a condamné alors qu
'il
n'avait pas de casier. Pourquoi ? Parce qu'il faut envoyer trois, quatre fois des cocktails Molotov avant de commencer à se dire on va être emprisonné, on va être condamné. La plupart ne seront pas emprisonnés parce qu'il n
'y
a pas assez de places de prison dans notre pays, parce qu'il faut en construire, parce qu'il
y a
une surpopulation castrérale qui n'est absolument pas acceptable dans notre pays et parce qu'il y a des aménagements de peine. Dès lors que vous êtes condamné à moins de deux ans de prison, la plupart du temps vous n'allez pas, vous avez un bracelet, vous avez des jours de
travaux d'intérêt général.
En parlant de cela, Thomas Ménager, le président de votre parti, Jordan Bardella, a promis de rétablir l'autorité, majorité pénale à 16 ans, centre de rétention pour mineurs, si vous arrivez au pouvoir. Vous parliez de bracelet électronique. Marine Le Pen a été condamnée en appel, elle a formé un pourvoi en cassation, donc condamnée pour détournement de fonds publics, trois ans de prison, dont deux avec sursis, 45 mois d'inéligibilité, dont 30 avec sursis. Jean-Philippe Tanguy, votre collègue, disait au lendemain de sa condamnation, elle est la mieux placée pour savoir si elle est innocente ou coupable.
Que diriez-vous si un jeune interpellé, puisqu'on parle d'autorité, disait, si un jeune interpellé lors de pillage, je disais, je suis le mieux placé pour savoir si je suis innocent ou coupable.
Vous osez vraiment tout sur le service public. Cette interview aura été vraiment un cas d'école du service public et de l'orientation des interviews.
On a parlé
une minute du fond et du discours et vous continuez
à
reprendre. On
est pleinement sur le fond de l'autorité. Je vais
vous répondre quand même. Je réponds, il
n
'y
a
aucun souci. Ce qui est certain, c'est que Marine Le Pen, il y a eu un pourvoi en cassation, qu'elle est présumée innocente, que les personnes n
'aient
au-dessus des lois ni Marine Le Pen ni ces jeunes qui pourront faire appel, qui pourront utiliser l'état de droit comme ils le souhaitent, mais qu'aujourd'hui, Marine Le Pen, elle a purgé injustement une partie de sa peine puisqu'elle a été déclarée inéligible et elle l'a purgée avec une exécution provisoire, mais que nous, nous considérons toujours et en cassation, nous espérons que la justice lui donnera raison, qu'elle est innocente des faits qui lui sont reprochés, qu'il n'y ait eu aucun enrichissement personnel, aucun emploi fictif,
qu'il n'y a jamais eu de discours sur le rôle des
assistants parlementaires.
À même d'affaiblir l'autorité judiciaire, c'est ça la question
? Non,
mais on a le droit aujourd'hui de se dire qu'une partie de la justice ne fait pas la fermeté attendue par le peuple. La justice, elle est rendue au nom du peuple français. C'est la raison pour laquelle on souhaite que le législateur évolue, mette en place des peines planchées, des peines courtes, change la question de la majorité pénale pour les mineurs, qu'il y ait un certain nombre d'évolutions de notre état de droit, mais de maintenir cette état de droit qui permet que chacun puisse se défendre, avoir le ministère d'avocat, puisse bénéficier de la présomption d'innocence. Tout ça, bien entendu, c'est des éléments essentiels pour notre pays, mais aujourd'hui, il y a,
c
'est tous les sondages qui le prouvent, des peines qui ne sont soit pas exécutées quand elles sont prononcées, soit inférieures aux attentes du peuple français qui attendent la fermeté et qui attendent d'arrêter de voir des délinquants partout dans
les rues. Thomas
Ménager, un mot sur ce qui s'annonce aujourd'hui. Le gouvernement va
faire
des annonces pour répondre aux revendications de la rue, pour répondre aux lycéens, sans doute un assouplissement de parcours sup. Vous dites quoi ? Très bien, ils répondent enfin, ça a pris trop de temps ?
On verra concrètement, mais oui, il faut arrêter avec ce parcours sup qui broie un certain nombre de jeunes qui attendent avec des listes d'attente, avec des décisions qui sont totalement incohérentes. On voit aussi qu'il faudra mettre fin à la réforme Blanquer qui a fait beaucoup de mal avec des emplois du temps qui sont ingérables, avec des journées qui sont des fois beaucoup trop longues, avec des trous en journée. Il y a besoin aussi de revaloriser le salaire des enseignants pour avoir des enseignants qui propose
Marine Le Pen
depuis des années. Donc oui, malheureusement, ça a trop tardé. Mais ça a trop tardé de ne pas avoir de réponse, de ne pas les avoir reçues et d'avoir laissé envenimer une
situation. assumée
par les ministres auparavant.
On suivra évidemment ces annonces du gouvernement.
Merci pour cette question de fond à la
fin comme quoi tout arrive.
Merci Thomas
Ménager,
député
Rassemblement National du Loiret et porte-parole du groupe RN à l'Assemblée. Merci Audrey Tison et à demain.
Thomas Ménagé