Mathilde Panot : "Nous ne sommes pas des racistes"
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Chapitres
Répartition du ton (temps de parole politique)
Propositif 10 %Attaque 70 %Défensif 20 %
Questions et réponses
Taux de réponse directe : 73 % (directe = 1, partielle = 0,5, éludée = 0)
- 0:19OuverteRéponse directe
Vous avez condamné l'agression, mais malgré tout vous êtes attaqué.
- 0:41ComplaisanteRéponse directe
Mon soutien au rabbin d'Orléans et à son fils, et critique de Marine Le Pen.
- 1:45RelanceRéponse partielle
Gérald Darmanin fait le parallèle entre LFI et l'ERN sur l'antisémitisme. Est-ce qu'il reste des ambiguïtés chez vous ?
- 2:07ComplaisanteRéponse directe
Mais non, il y a des campagnes menées contre nous. Qu'en pensez-vous ?
- 2:53OuverteRéponse directe
Si on reprend l'expression « poison antisémite » utilisée par Macron, est-ce qu'il y a un poison antisémite en France ?
- 3:53FerméeÉludée
Est-ce que vous allez présenter vos excuses pour l'affiche Hanouna ?
Affirmations vérifiables (citations exactes)
- 0:26Invité politiqueFait
« depuis des mois, LFI met une cible dans le dos de nos compatriotes juifs »
- 1:55Invité politiqueFait
« il appelle les dirigeants, vous donc, à lever les ambiguïtés. »
- 2:27PrésentateurFait
« Il y a alerte quand le rabbin d'Orléans se fait agresser et tabasser dans la rue. »
- 2:32PrésentateurFait
« quand Jamel Benjabala, dont personne ne parle, se fait écraser par trois fois par un membre de la brigade française patriote, sous les yeux de sa fille de neuf ans, avec des insultes qui ont été maintes fois réitérées, de bougnoules. »
- 3:22PrésentateurFait
« il y a un poison antisémite, il y a un poison islamophobe dans ce pays qui est agité par nombre de personnalités politiques »
- 3:28PrésentateurFait
« ceux qui sont, ceux qui portent juste le droit international et la voie de la paix, sont qualifiés d'antisémites, je parle de M. De Villepin, du pape, du secrétaire général de l'ONU, jusqu'à Jean-Luc Mélenchon, moi-même et d'autres. »
- 3:42PrésentateurFait
« ceux qui font cela, non seulement assimilent et amalgament les personnes de confession et de culture juive dans notre pays avec un gouvernement d'extrême droite génocidaire, celui de Netanyahou, et nous nous refuserons toujours à faire cela »
- 4:55Invité politiqueFait
« Est-ce que vous allez jusque-là ce matin présenter vos excuses à ceux qui ont été blessés par cette affiche qui rappelle les affiches des années 30 ? »
- 5:16PrésentateurFait
« Si dans mon groupe, il y avait ne serait-ce qu'un seul député, un seul, qui avait été dans ce type de groupe, alors on m'aurait posé de manière légitime la question toute la journée. »
- 5:39PrésentateurFait
« Pourquoi est-ce qu'il crée un jeu de cartes antisémite à Strasbourg dans un silence général illisé ? »
- 7:55Invité politiqueChiffre
« Un quart des détenus en France, donc 24,5%, sont étrangers et les expulser permettrait de lutter contre la surpopulation carcérale. »
Temps de parole
- Présentateur74 %
- Mathilde Panot24 %
- ?3 %
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RTL Matin 7h42, l'heure de l'invité d'RTL Matin et Olivier, vous recevez aujourd'hui Mathilde Panot, la présidente du groupe LFI à
l
'Assemblée Nationale.
Bonjour Mathilde Panot. Bonjour. Sam Nimili, donc le rabbin d'Orléans, devant son fils de 9 ans, a été agressé violemment, insulté alors qu'il rentrait de la synagogue. Vous avez condamné l'agression, vous avez parlé d'antisémitisme que vous appelez à combattre, vous avez prononcé ces mots ce week-end, mais malgré tout vous êtes attaqué. Et je vous cite le tweet de Marine Le Pen, depuis des mois, LFI met une cible dans le dos de nos compatriotes juifs
et
fait le lien direct avec cette agression. Elle vous met en cause directement en disant que vous avez une responsabilité.
Alors
je vais d'abord commencer à redire ce que nous avons dit hier, c'est-à-dire d'abord mon soutien au rabbin d'Orléans et à son fils qui a été témoin de l'agression, et salué le civisme de celles et ceux qui se sont arrêtés, ont appelé la police, ont attendu avec le rabbin pour qu'il puisse être pris en charge et soigné. Ça c'est la première chose.
Ensuite la deuxième chose, c'est que Mme Le Pen est totalement discréditée pour faire des leçons sur l'antisémitisme à qui que ce soit, puisque Mme Le Pen est notamment celle qui a encore dit récemment que ce qu'elle a regretté plus que tout au monde, c'est d'avoir exclu son père Jean-Marie Le Pen du Rassemblement National, celui qui parlait du détail de l'histoire, qui a été condamné pour crime contre l'humanité.
Et quand Marine Le Pen est aussi la présidente d'un groupe dans lequel siège Frédéric Bocaletti, libraire négationniste, ainsi que 15 députés du Rassemblement National qui se trouvent dans deux groupes Facebook qui disent par exemple sous la photo d'une femme voilée « Hitler s'est trompé, détenie, a exterminé et appelle à tuer des personnes exiglées, toutes les personnes noires de ce pays, ainsi que des propos antisémites d'ailleurs ».
Et pourtant Gérald Darmanin, le ministre de la Justice hier, fait précisément le parallèle entre LFI et l'ERN en disant que l'ERN pour le coup s'est éloigné à dénoncer les propos de Jean-Marie Le Pen, alors que vous,
vous
ne rompez pas avec ceux parfois qui ont un discours ambigu, selon lui, ce sont les mots qu'il a prononcés, il appelle les dirigeants, vous donc, à lever les ambiguïtés. Est-ce qu'il reste des ambiguïtés chez vous sur l'antisémitisme
? Mais non, je vais vous dire, il y a des campagnes qui sont menées contre nous et c'est absolument indigne. Ce qui s'est passé ce samedi, partout dans le pays, ce sont des marches immenses, avec des gens par centaines de milliers qui ont défilé contre tous les racismes. Et je veux dire, face aux incendiaires comme M. Darmanin, M. Retailleau, qu'il y a alerte dans ce pays.
Il y a alerte quand le rabbin d'Orléans se fait agresser et tabasser dans la rue, comme il y a alerte dans ce pays, quand Jamel Benjabala, dont personne ne parle, se fait écraser par trois fois par un membre de la brigade française patriote, sous les yeux de sa fille de neuf ans, avec des insultes qui ont été maintes fois réitérées, de bougnoules. Voilà ce qui entraîne ce pays, se passer dans ce pays, voilà pourquoi nous marchons aussi ce samedi, parce que ce qui est en jeu, c'est l'unité du peuple français.
Et sur cette accusation récurrente d'ambiguïté, pour lever les ambiguïtés, il faut avoir des propos clairs. Donc si on reprend l'expression « poison antisémite » utilisée par Emmanuel Macron, est-ce qu'il y a un poison antisémite en France qui se propage et qui prend de
l
'ampleur ?
Mais il y a un poison antisémite, il y a un poison islamophobe dans ce pays qui est agité par nombre de personnalités politiques, et ce poison ne vise qu'une chose, le poison raciste vise à diviser le peuple français. Et je veux vous dire qu'il y a danger. Quand ceux qui sont, ceux qui portent juste le droit international et la voie de la paix, sont qualifiés d'antisémites, je parle de M. De Villepin, du pape, du secrétaire général de l'ONU, jusqu'à Jean-Luc Mélenchon, moi-même et d'autres.
C'est parce que ceux qui font cela, non seulement assimilent et amalgament les personnes de confession et de culture juive dans notre pays, avec un gouvernement d'extrême droite génocidaire, celui de Netanyahou, et nous nous refuserons toujours à faire cela, mais en plus ils affaiblissent la lutte légitime contre
l'antisémitisme. Et encore une fois, ambiguïté, c'est quand on ne comprend pas tout exactement, on n'a pas le sentiment d'avoir tout compris sur l'affiche Hanouna. Est-ce que c'était une erreur ou pas d'écadrer les filles ? On dit oui, à commencer par Manel Bompard, mais Jean-Luc Mélenchon, lui, a dit dans un meeting, mais on ne savait même pas, on ne connaissait pas ces affiches, lâchez-nous avec ça. En gros, LFI n'a rien fait de mal dans cette affaire et plaide l'ignorance. Qui dit quoi dans cette affaire entre vos dirigeants ?
Écoutez, sur le visuel, nous avons tout dit, ce qu'il y avait à dire. Je crois que nous avons répondu à je ne sais combien de vos confrères sur cette question. Nous avons dit, il y a eu une erreur, il a été retiré, nous l'avons dit maintes fois. Donc maintenant, ça suffit de nous salir de cette manière. Et je veux le dire d'autant plus fort que derrière nous, il y a des millions d'électeurs et d'électrices qui sont eux aussi liés d'affection à des personnes de culture et de confession juive, qui sont eux-mêmes de confession et de confession juive et qui n'en peuvent plus. Et
vous avez des militants... Notre seul
tort, notre seul tort est d'avoir combattu et de combattre toujours le génocide en cours en Palestine. Et nous ne nous tirerons
pas sur cette question. Vous parlez d'erreur, donc on l'entend très bien. Quand on fait une erreur, on s'excuse. Est-ce que vous allez jusque-là ce matin présenter vos excuses à ceux
qui
ont été blessés par cette affiche qui rappelle les affiches
des années 30 ?
Regardez-vous
dans un
miroir un jour. Regardez-vous dans un miroir. Parce que je vais vous dire, le fait que les médias ne parlent jamais des deux groupes Facebook dont je parlais juste avant, dans lesquels il y a 15 députés RN. Vous savez, moi je suis présidente d'un groupe parlementaire insoumis. Si dans mon groupe, il y avait ne serait-ce qu'un seul député, un seul, qui avait été dans ce type de groupe, alors on m'aurait posé de manière légitime la question toute la journée. Madame Le Pen n'a jamais une question là-dessus. Monsieur Bardella n'a jamais une question là-dessus. De même sur l'Uni, qui est un syndicat à la fois proche de l'extrême droite et proche de M. Retailleau.
Lui avez-vous posé une seule fois la question ? Pourquoi est-ce qu'il crée un jeu de cartes antisémite à Strasbourg dans un silence général illisé ? Pourquoi est-ce qu'il font des saluts nazis à plusieurs endroits de France ? Donc maintenant, ça suffit, et je vais vous dire, ce qui est le propre des périodes où l'extrême droite est en train de monter et d'être banalisée, c'est de transformer les antiracistes en racistes. Nous ne sommes pas des racistes, nous sommes des humanistes qui refusons à tout moment dans notre pays, qui contrit les gens selon leur religion, leur origine, leur orientation sexuelle ou leur genre.
Votre collègue Aurélie Trouvé, députée de la France Insoumise, estime que les idées, je cite, d'extrême droite, contaminent, c'est un peu le développement que vous avez commencé à faire, contaminent jusqu'au gouvernement. Vous reprenez cette phrase
?
Bien
sûr, vous vous rendez compte qu'on a un ministre de l'intérieur qui parle des belles heures de la colonisation, qui parle des régressions vers les origines ethniques lorsqu'il parle des jeunes de quartier populaire, et qui parle, comme sous Vichy, de français de papier. Il est d'extrême droite, Bruno Retailleau ? Il parle comme l'extrême droite, il agit aussi parfois comme l'extrême droite sur les actes qu'il pose, notamment, rendez-vous compte que dans ce pays, on parle matin, midi et soir des musulmans, et notamment des femmes musulmanes, puisqu'on s'en prend toujours aux femmes et à la manière dont elles se vêtissent, et qu
'on
ne parle absolument pas, par exemple, d'un livre qui est sorti la semaine dernière, qui s'appelle 4,1, qu'il devait réinterroger tout le monde, qui est sur la question de la mortalité infantile. Savez-vous que chaque année dans notre pays, il y a 2800 enfants qui meurent avant leur premier anniversaire, et d'ailleurs pour beaucoup d'entre eux, avant leur 28 premiers jours ? C'est comme s'il y avait chaque année 116 classes de maternelle dont les chaises se retrouvaient vides, notamment du fait des fermetures de maternité. On en a
parlé sur RTL. Oui, ça devrait être une des
choses qui agitent tout le débat politique. On
en parle également dans les médias. Savoir comment on fait face aux
dérèglements climatiques. Et puis la semaine dernière,
il
y avait par exemple, puisque nous avons des ministres qui veulent démissionner, si on ne fait pas encore une escalade plus grande avec l'Algérie, si on n'interdit pas le voile dans le sport et je ne sais quoi, par exemple, ce sont des ministres qui acceptent d'être dans un gouvernement, avec M. Bayrou, alors que nous avons entendu la semaine dernière les victimes de Bétharam, qui là aussi devraient nous interroger sur le fléau que représentent dans ce pays les violences sexuelles sur les enfants et d'ailleurs les violences éducatives. Vous avez
entendu
le Gérald Darmanin à nouveau sur un dossier qu'il souhaite ouvrir. Il veut expulser les détenus étrangers qui purgent leur peine dans leur pays. Il parle de ce chiffre. Un quart des détenus en France, donc 24,5%, sont étrangers et les expulser permettrait de lutter contre la surpopulation carcérale. Qu'est
-ce
que vous pensez de ce projet
?
Est-ce que vous êtes pour ou vous êtes contre ?
En fait, ça s'appelle la double peine. Voilà ce que ça s'appelle. C'est-à-dire que si vous avez la nationalité française, du coup vous restez en prison en France. Si vous avez une double nationalité, on pourrait vous expulser à l'étranger. Donc en fait, cela n'a aucun sens. Cela ne respecte pas l'état de droit. Et donc nous ne sommes pas d'accord pour qu'on court derrière une répression toujours plus grande. Et je vais vous dire, parce que lorsque l'on parle de la délinquance dans ce pays, il y a la question où on fait une surenchère pénale à tout va, mais il y a la question qui est fondamentale de la prévention.
Et quand vous avez un gouvernement qui n'a eu de cesse de détruire la prévention dans ce pays, de détruire les moyens humains pour faire de la prévention, je crois qu'après, ils sont très mal placés pour faire
des propositions comme celle-ci. Sur les questions politiques intérieures, François Bayrou est donc depuis plus de 100 jours maintenant à Matignon. Est-ce que vous allez déposer une nouvelle motion de censure ?
Nous
le souhaitons, notamment lorsque François Bayrou annonce que finalement, il n'y aura pas d'abrogation de la retraite à 64 ans. Alors nous n'étions pas dupes du conclave qu'il était en train de faire. Mais je veux quand même qu'on réalise que nous sommes dans un pays dans lequel non seulement on accepte qu'on nie le résultat des urnes et la souveraineté populaire avec les élections de juin et juillet dernier qui ont battu largement la politique macroniste. Quand est-ce que vous l
'avez déposé
cette... Mais
qu'on accepte aussi,
attendez je vais vous répondre tout de suite, mais qu'on accepte aussi qu'une réforme qui n'a jamais été votée, jamais été votée à l'Assemblée, battue dans les urnes, puisse continuer alors que ce que nous avions dit depuis le début est en train de se passer avec 30% en plus d
'incapacité de départ
avec incapacité. Quel est votre plan
? Alors
vous le savez, si vous déposez une motion de censure spontanée, c'est-à-dire au titre de l'article 49.2 de la Constitution, il faut avoir 58 députés et vous ne pouvez en déposer que 3 dans l'année. Donc nous sommes en discussion... Vous
attendez de savoir si le PS va avec vous sur ce coup-là.
Nous avons demandé aux écologistes et aux communistes, et donc nous attendons les réunions de groupe qui vont se passer pour pouvoir savoir si nous pouvons déposer cette motion.
Merci beaucoup Mathilde
Panodam qui a été
avec nous sur RTL. Je rappelle que vous êtes la chef de file des députés insoumis.
Mathilde Panot