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interviewPublic Sénat· 15 avril 2026 24 min

Manuel Bompard : « Les marges de raffinage ont été multipliées par 4 depuis le début de la guerre »

Transcription youtube_captions. À recouper avec la source d'origine.

c'est l'heure de notre entretien aujourd'hui nous recevons Manuel Bompard bonjour bonjour vous êtes coordinateur de la France Insoumise député des bouches du Rhône nous sommes ensemble pendant 20 minutes pour une interview en partenariat avec la presse régionale qui est représentée aujourd'hui par Christelle Bertrand journaliste politique pour le groupe La Dépêche bonjour Christelle bonjour Alexandre bonjour Manuel Bompard on commence par la situation au Moyen-Orient avec le début de négociation de paix à Washington entre Israël et le Liban des discussions qui avancent selon les deux parties est-ce que c'est une occasion historique pour désarmer le Hezbollah au Liban D'abord c'est une nécessité de mettre un terme aux massacres qui ont lieu aujourd'hui au Liban je sais que le prisme du traitement du sujet y compris dans les médias français se focalise sur le Hezbollah mais je vous rappelle que pour l'instant vous avez chaque jour des dizaines ou des centaines de morts au Liban et ils ne meurent pas sous les bombes du Hezbollah ils meurent sous les bombes de l'armée israélienne et donc la première étape c'est d'obtenir un cessez le feu et l arrêt des bombardements israéliens sur le Liban qui doit être le plus rapidement possible sur la table et ça doit être le premier objectif et pour ça il est indispensable que la France utilise les leviers qui sont à sa disposition pour faire pression sur le gouvernement israélien et je regrette que la France pour l'instant ne fasse absolument rien sur ce sujet. Je vous donne un exemple, nous avons lancé avec nos partenaires européens une pétition européenne pour suspendre l'accord de coopération économique entre l'Union européenne et Israël, ce qu'on appelle une initiative citoyenne européenne. Elle a atteint lundi plus d'un million de signatures partout en Europe.

Le gouvernement espagnol dit il faut suspendre cet accord de coopération entre l'Union Européenne et Israël. Pour l'instant, la France ne s'engage pas sur cette voie. Voilà très concrètement ce qu'on pourrait faire pour obtenir… – Mais Israël refuse que la France participe aux négociations. – C'est précisément la raison pour laquelle il faut utiliser des outils du rapport de force.

Peut-être arrêter à un moment, de demander gentiment, d'espérer, de croire, alors que manifestement vous avez un gouvernement, celui de M. Netanyahou, qui n'en a rien à faire et qui continue après avoir voire massacré à Gaza, qui poursuit la colonisation en Cisjordanie et qui maintenant a pour projet non seulement bombarde, mais en plus d'annexer une partie du territoire libanais. C'est absolument inacceptable. – Est-ce qu'il faut utiliser ces discussions entre Israël et le Liban pour, un, avoir le cessez-le-feu, vous l'avez dit, mais aussi désarmer le Hezbollah.

Mais il faut utiliser ces négociations pour produire un chemin qui est un chemin de paix. Il y a des résolutions des Nations Unies qui prévoyaient le fait que ce soit à l'armée libanaise, d'assurer la défense du territoire libanais. – Mais est-ce qu'il faut absolument désarmer le Hezbollah ? – Non mais vous ne pouvez pas demander à désarmer le Hezbollah si dans le même temps vous ne créez pas les conditions de garantir que les offensives israéliennes, l'annexion d'une partie du territoire libanais s'arrête.

Quand a été créé le Hezbollah ? Le Hezbollah a été créé au début des années 80 au Liban, après l'invasion et les bombardements sur Beyrouth, la capitale libanaise, par l'armée israélienne. Donc si vous voulez que ça s'arrête ça et que le Hezbollah n'ait plus de raison d'exister, vous devez créer les conditions d'un accord de paix qui soit durable et vous devez permettre à l'armée libanaise de disposer des moyens nécessaires pour pouvoir se défendre.

Et la France avait dit qu'elle allait le faire, aider l'armée libanaise et elle n'a absolument rien fait sur ce sujet. – Alors en revanche les discussions entre les Américains et les Iraniens se passent beaucoup moins bien au Pakistan, à Islamabad et d'ailleurs sur ce sujet du détroit d'Hormuz qui est bloqué actuellement, Emmanuel Macron organise vendredi une conférence pour mettre en place une mission de paix internationale afin de sécuriser ce détroit quand ce détroit sera rouvert. Est-ce que des navires militaires français doivent s'engager dans ce détroit pour le sécuriser à l'avenir ?

À l'avenir ça veut dire quoi ? Là aujourd'hui si le détroit est bloqué c'est parce qu'il y a la guerre. Une fois qu'il sera rouvert et qu'il y aura un cessez-le-feu.

S'il y a un cessez-le-feu monsieur je me permets de penser que alors le détroit d'Hormuz ne sera plus bloqué parce qu'il n'était pas bloqué avant le déclenchement de la guerre par Donald Trump et monsieur Netanyahou contre Lyon. Donc en fait ça reste une zone instable. Oui très bien mais je ne comprends pas vraiment si vous voulez le sens de cette mission puisque vous dites vous-même que c'est une fois qu'il y aura eu un cessez-le-feu et une fois qu'il y aura eu un accord de paix.

Sauf que pour l'instant il n'y a pas d'accord de paix donc l'objectif de la France ce n'est pas de spéculer sur ce qu'elle va faire dans trois mois, six mois ou un an c'est de créer les conditions d'utiliser les outils diplomatiques pour qu'il y ait un accord de paix le plus rapidement possible et dans ce cas là le détroit d'Ormos sera réouvert. Alors sur la hausse du prix de l'essence qui est due à cette guerre au Moyen-Orient, le gouvernement veut encadrer les marges en tout cas envisage potentiellement d'encadrer les marges des distributeurs quand le litre d'essence sera au-dessus. À partir du moment où le litre d'essence est au-dessus d'un euro 70, ce serait plutôt une bonne mesure, ça va dans le bon sens.

Alors écoutez, d'abord j'observe qu'enfin après un mois à ne faire strictement rien, le gouvernement commence à comprendre quelque chose, c'est qu'en fait il ne trouvera pas de solution pour soulager la difficulté des Françaises et des Français qui sont confrontés à des augmentations de 50 centimes du prix du carburant, sans passer par des mesures qui sont des mesures de contrôle des prix. Ça fait depuis un mois qu'on leur dit, un mois qu'ils nous disent qu'ils gagnent du temps pour faire tout sauf ça, donc ils commencent à comprendre. Ça va dans la bonne direction.

Sauf que le problème, c'est qu'il tape à côté du problème parce que les marges qui sont abusives aujourd'hui, elles ne sont pas à la distribution. Tout le monde le sait. La distribution de carburant c'est soit des distributeurs indépendants qui font des marges assez limitées soit de la grande distribution pour qui souvent le carburant est un produit d'appel elles sont dans le raffinage tout le monde l'achat mais mais elles sont au moment du raffinage elles sont elles sont en amont dans la chaîne d'approvisionnement d'ailleurs elles ont été multipliées par quatre depuis le début de la guerre c'est simple donc si aujourd'hui le gouvernement c'est que si on bloque les prix à ce niveau là les raffineurs vont préférer vendre ailleurs qu'en France je ne crois absolument pas et que là on risque une pénurie mais regardez par exemple vous avez passé tout à l'heure un reportage à un interviewant monsieur Lurel sur les dispositifs qui existent dans les outre-mer où il y a des mesures de fixation des prix il n'y a pas de pénurie aujourd'hui de carburant dans les outre-mer vous avez un certain nombre de pays la Croatie, la Corée du Sud, la Pologne, la Hongrie et la Grèce qui envisagent des mesures de contrôle des prix il n'y a pas de pénurie quand en France dans les années 90 on a encadré les marges du raffinage parce qu'il y avait un décret pour encadrer les marges du raffinage pendant la première guerre du Golfe gouvernement de mémoire de Michel Rocard il n'y avait pas de pénurie moi je vous dis que cet argument c'est l'argument qui est utilisé pour s'en prendre jamais mais aux profiteurs de crise là vous avez des profiteurs de crise vous avez des entreprises comme Total qui ont multiplié leur marge par 4 depuis la guerre Mais pourquoi à votre avis on évite de s'en prendre aux profiteurs de crise ?

Parce qu'on a peur de créer un rapport de force avec total, parce que… – Parce que le gouvernement a aussi peur de la réaction des Français. – Non, je pense que les Français seront très contents si demain vous créez les conditions pour bloquer les prix à 1 ,70€ comme on le propose. Là, je vous promets que les Français sont très contents.

Et aussi parce qu'un certain nombre de députés macronistes sont largement profiteurs de cette situation, puisqu'ils bénéficient eux-mêmes dans leur portefeuille d'actions, d'actions du groupe Total et qui bénéficient aussi du fait que quand les marges augmentent, les profits augmentent, les dividendes versée aux actionnaires augmente. Voilà pourquoi on ne veut pas s'attaquer à Total. – Donc là, vous dites que certains membres du gouvernement sont intéressés au fait de ne pas bloquer les... – Je le pense, oui, bien sûr.

Donc qu'est-ce qu'il faut faire ? Vous avez chaque jour des entreprises comme Total... – Vous pensez à quel député, quel membre du gouvernement qui toucherait des actions de total ?

Ah ben vous avez une quinzaine de députés, 20 parlementaires, 14 de la coalition présidentielle qui possèdent près de 400 000 euros d'actions de total et qui ont déjà gagné 50 000 euros. Voilà je ne vous dis pas que c'est la seule raison mais vous pouvez pas faire abstraction. Vous connaissez leur portefeuille d'action ?

Vous avez une liste sous les yeux ? Je n'ai pas la liste des députés mais je pourrais vous la faire parvenir si vous voulez, tout ça est public, je ne dévoile pas de scoop là. Mais vous avez l'intention de la rendre publique ?

Mais je n'ai pas besoin de la rendre publique, elle l'est déjà publique. Mais attendez, moi mon sujet ce n'est pas d'aller pointer du doigt à telle ou telle personne parce qu'ils ont des actions. Mon sujet c'est de faire en sorte que le prix du carburant baisse.

Et je dis que si vous voulez que le prix du carburant baisse, il faut encadrer les marges des raffineurs. C'est la seule solution. Ou alors c'est la seule solution qui coûte 0 euro au budget de l'Etat.

C'est la seule et qui permet de baisser immédiatement le prix. Est-ce que vous appelez à une mobilisation citoyenne type celle des Gilets jaunes qui a déjà germé sur une hausse du prix des carburants pour justement pousser le gouvernement à bloquer les prix ? Oui, bien sûr.

Moi j'appelle toujours à une mobilisation citoyenne, mobilisation des salariés aussi, j'ai lu un communiqué par exemple des salariés de Total qui eux-mêmes disent il faut encadrer les marges parce qu'eux-mêmes ils se rendent compte que… Parce que pour l'instant les citoyens ne réagissent pas trop, ils râlent mais rien ne s'organise. Je crois qu'ils sont très en colère quand même. Regardez, fixons-nous un objectif et il y a une date de mobilisation le 1er mai.

Le 1er mai ça peut être aussi une mobilisation évidemment d'abord pour les salaires, pour les droits sociaux mais aussi pour le blocage des prix et contre la guerre parce que par ailleurs si la guerre s'arrête, ça permet aussi assez vite de mettre un terme aux conséquences économiques de la guerre même si malheureusement je crains qu'elle soit durable. Manuel Bompard va parler de l'actualité de l'Assemblée nationale qui examine demain la proposition de loi de la députée Renaissance Caroline Yadant pour lutter contre, je cite, les formes renouvelées d'antisémitisme. La France insoumise combat ce texte.

Cette proposition de loi, elle crée notamment un délit réprimant l'appel à la destruction ou à la négation d'un État. En quoi cet article vous pose problème ? – En fait, ce n'est pas que cet article qui nous pose problème. – Non, mais sur cet article. – D'abord, si vous permettez, je vais parler de la loi.

La loi prétend, vous le dites, lutter contre l'antisémitisme. Ce n'est pas une loi pour lutter contre l'antisémitisme. Si c'était une loi pour lutter contre l Je la voterai, évidemment qu'il faut combattre l'antisémitisme en France.

C'est une loi qui instrumentalise le combat indispensable contre l'antisémitisme pour réprimer la critique de la politique du gouvernement israélien, la critique de la colonisation, la critique du génocide à Gaza. C'est à ça que sert cette loi. Donc évidemment qu'il faut la combattre.

Pourquoi ? Parce que dans cette loi par exemple, vous avez des articles qui étendent encore ce qu'on appelle le délit d'apologie du terrorisme, qui a déjà été très largement utilisé pour réprimer des paroles qui ne sont pas de l'apologie du terrorisme. Et vous devriez regarder, par exemple, ce que dit M.

Trévidic, ancien juge antiterroriste, qui Il dit, là maintenant, on va être sur la provocation implicite au terrorisme. Il dit, mais ça, aucun juge ne sera en mesure de savoir qu'est-ce qui est vraiment de la provocation au terrorisme, etc. – Par exemple, concrètement, quand on dit que le Lama, cette organisation terroriste, est aussi un mouvement de résistance.

Selon vous, ce n'est pas de l'apologie du terrorisme ? – D'abord, je n'ai pas trop entendu des gens dire ça, et pour le reste… – Daniel Obono, député Insoumise, l'a dit. – Non, pas du tout.

Sur Sud Non, elle n'a pas dit ça. Propager des fake news, mais alors ça va créer des problèmes parce qu'ensuite, en plus, si on attribue à des gens des propos qui n'ont pas tenu et ensuite on dit que c'est de l'apologie du terrorisme pour les sanctionné mais je crois pas que ça soit l'objet de la loi de réprimer ce type de propos l'objet de la loi c'est de généraliser et d'empêcher toute parole qui est une parole critique de la politique du gouvernement israélien pour le faire passer pour de l'antisémitisme. Ce qui est un raisonnement très dangereux parce que, pardonnez-moi de vous dire, mais les juifs de France, une personne juive n'est pas responsable de la politique du gouvernement israélien.

Caroline Yadant, Aurore Berger disent c'est pour pour condamner ceux qui prônent la destruction de l'État Israël. – Mais madame, par exemple, si vous dites que vous êtes favorable à une solution, ce qu'on appelle d'un État binational, c'est-à-dire un État dans lequel les les personnes qui vivent aujourd'hui dans l'État israélien et le peuple palestinien vivraient dans un même État. Il y a des gens qui défendent cette position.

Est-ce que vous considérez que c'est une position qui doit être criminalisée par la justice ? On a le droit de la débattre, on a le droit de la défendre et pourtant elle revient bien à dire qu'il y aurait un seul état bon il ya des gens qui défendent cette position ils ont le droit de la défendre à cette position qui est visée par elle reviendrait à si elle serait visée parce que elle reviendrait donc à contester les frontières des États existants aujourd'hui. – Non mais là c'est la négation de l'État d'Israël qui est le sujet de la loi. – Ah ben je ne sais pas, Mme Berger hier à l'Assemblée nationale a dit que ce n'était pas le sujet puisque le mot « Israël » n'était pas dans la loi.

Donc il faut qu'ils se mettent d'accord là. Donc vous voyez que ce n'est pas le sujet. En fait, on crée autour de cette loi, en étend un certain nombre de délits pour venir criminaliser l'action de solidarité avec le peuple palestinien.

Moi, si on fait une loi pour lutter plus vigoureusement contre l'antisémitisme, j'en suis absolument d'accord, contre toutes les formes de racisme, j'en suis absolument d'accord. Mais là, on ne fait pas ça et ce qu'on fait, c'est très dangereux et d'ailleurs, j'espère que cette loi, elle sera rejetée. – Au-delà de cette loi, est-ce que vous trouvez que l'antisémitisme est suffisamment criminalisé aujourd'hui en France ou qu'une nouvelle loi serait nécessaire ? – Je ne suis pas sûr que ce soit forcément par la loi qu'il faut renforcer notre action contre l'antisémitisme, parce que l'arsenal législatif existant, heureusement, réprime aujourd'hui l'antisémitisme.

Mais suffisamment ? Ah ben je pense qu'on est...

Et suffisamment de forme ? Mais ce qui manque, c'est les moyens. D'ailleurs, vous regardez par exemple les travaux qui sont faits par un certain nombre d'associations ou la Commission nationale consultative des droits de l'homme en France, qui dit que, par exemple, il n'y a pas de pilotage politique, des plans de lutte contre l l'antisémitisme en France, d'ailleurs qui s'en prend assez vertement au gouvernement sur ce sujet en disant que rien n'a été fait sur cette question.

Donc vous voyez, ça oui, il faut le faire. Mais pas utiliser la lutte indispensable contre l l'antisémitisme pour venir faire autre chose, c'est-à-dire criminaliser ce qui de mon point de vue est un devoir, c'est-à-dire la dénonciation des actions de l'armée israélienne et du gouvernement israélien. Est-ce que vous diriez toujours, comme Jean-Luc Mélenchon a pu le dire, que l'antisémitisme est toujours résiduel aujourd'hui en France – Là aussi, s'il vous plaît, franchement, Jean-Luc Mélenchon n'a pas dit que l'antisémitisme de la France… – Alors comment vous qualifieriez ? – Attendez, attendez, il faut préciser les choses s'il vous plaît, parce qu'après on sort un propos de son contexte et on lui fait dire autre chose.

Jean-Luc Mélenchon a dit que dans les manifestations de solidarité avec le peuple palestinien il n'y avait pas d'antisémitisme, c'est de cet contexte-là qu'a extrait cette citation. Jean-Luc Mélenchon n'a pas dit qu'il n'y avait pas d'antisémitisme en France, il y a malheureusement de l'antisémitisme en France, il y a malheureusement du racisme en France et il faut lutter contre l l'antisémitisme et il faut lutter contre toutes les formes de racisme. Voilà, donc ne faisons pas dire aux gens des choses qui ne correspondent pas à ce qu'ils ont dit parce que sinon, après le débat, il est un peu miné.

Votre parti, notamment pendant la campagne municipale, a lui-même été accusé de flirter avec certains propos antisémites. Récemment, David Guirault lui-même a évoqué les dravons de Gonceleste. Pourquoi est-ce que vous jouez alors que vous vous êtes accusée parfois de pouvoir avoir des propos au limite, pourquoi vous continuez à jouer à la marge ? – Mais je ne joue avec rien moi. – Pas vous, je parlais de votre parti et les élus de votre parti. – Personne à la France insoumise ne joue pas.

Et personne à la France insoumise ne joue avec l – Pourquoi Dragon Céleste, je répète quand même qui est un terme sur les réseaux sociaux désignés de façon péjorative. – Non, pas dans la bouche de David Guérot, mais si vous voulez, on peut reprendre chaque propos, essayer de le déformer pour essayer d'accréditer une thèse qui est que la France insoumise... – Non mais là, il ne s'agit pas de reprendre justement chaque propos. – Madame, si c'est exactement ce que vous êtes en train de faire, vous m'avez interrogé déjà sur trois propos sortis de leur contexte pour essayer de faire croire que j'aurais quelque ambiguïté que ce soit avec l'antisémitisme.

Je vais vous dire une chose, très de la France insoumise. Je vais vous dire une chose très simple. Il y a, je citais la Commission nationale consultative des droits de l'homme tout à l'heure, elle produit chaque année un rapport sur l'antisémitisme et les formes de racisme dans la société, et notamment un rapport sur dans les familles politiques, quelles sont les familles politiques qui sont les plus gangrénées, touchées par les propos racistes, etc.

Aujourd'hui, en France, le dernier rapport de la Commission nationale consultative des droits de l'homme et contrairement à ce qu'on entend dans tous les médias à longueur d'autaine, dit que le premier parti dans lequel il y a des problèmes d'antisémitisme c'est le Rassemblement National et que la France Insoumise arrive en avant-dernière des positions. Donc ça, vous voyez, c'est les chiffres officiels, pas les polémiques politiques qui sont instrumentalisées par nos adversaires pour essayer de nous salir. A la France insoumise, il n'y a pas d'antisémite.

A la France insoumise, on lutte contre l'antisémitisme comme on lutte contre toutes les formes de racisme. Et voir que des gens qui sont engagés depuis leur plus jeune âge contre toutes les formes de racisme sont pointés du doigt de cette manière. C'est absolument ignoble en fait et c'est la raison pour laquelle je vous réponds un peu vertement.

Manuel Bompard, on va parler du 1er mai puisque le gouvernement a décidé d'interrompre le débat parlementaire sur la proposition de loi qui prévoyait d'autoriser certains commerces de proximité à faire travailler leurs salariés le jour de la fête du travail, le 1er mai. Alors la gauche salue cette décision de Sébastien Lecornu mais pourquoi ne pas aller au bout de la procédure parlementaire et du débat parlementaire et de laisser l'Assemblée nationale voter. – Mais elle a voté l'Assemblée nationale, elle a voté une motion de rejet. – Non mais au final sur un texte de compromis avec le Sénat… – Non mais attendez je ne comprends pas moi les macronistes là crient en disant qu'ils ne sont pas contents alors qu'ils ont voté une motion de rejet comme vous – Vous votez une motion de rejet du texte et vous êtes contre le texte. – Parce qu'ils estimez que les insoumis allaient faire de l'obstruction au débat et donc ils ont préféré accélérer et passer à la négociation avec les sénateurs qui peuvent voter le texte. – Mais si vous votez une motion de rejet du texte, si vous ne cherchez pas à déformer la motion de rejet de son objet, c'est que vous êtes contre le texte.

Il y a eu une motion de rejet, elle a été votée par l'Assemblée nationale. Ils devraient être contents, puisqu'ils ont voté une motion de rejet du texte. Donc la preuve, c'est qu'en fait, ils ne voulaient pas rejeter le texte.

Ils voulaient faire une manœuvre pour empêcher l'Assemblée nationale de discuter du sujet. Pas pour permettre à quelques commerçants ou artisans, contrairement à ce qu'on a entendu à la télévision, de travailler le 1er mai. Pour permettre à des chaînes qui ont des salariés de contraindre leurs salariés à venir travailler le 1er mai.

Parce qu'on ne parlait pas du petit boulanger. Le petit boulanger aujourd'hui, s'il ne fait pas venir ses salariés, il peut tout à fait ouvrir sa boulangerie le 1er mai. Le problème, ce n'était pas ça.

Le problème, c'est des chaînes, des grandes chaînes, y compris des supermarchés qui ont des boulangeries ou des boulangeries qui sont dans des centres commerciaux qui voulaient pouvoir maintenant obliger et contraindre leurs salariés à venir travailler le premier lieu. D'ailleurs, monsieur Lecornu l'a dit… – C'est sur la baisse du volontariat ? – La baisse du volontariat, vous y croyez sincèrement ?

C'est comme le travail du dimanche, vous croyez qu'un salarié peut refuser de venir travailler le 1er mai parce que son patron lui demande de le venir. C'est comme… On nous a fait pareil sur le travail du dimanche, on nous a dit ce sera sur la baisse du volontariat. Il n'y a pas une personne aujourd'hui qui peut refuser de travailler le dimanche si son employeur lui demande de venir travailler le dimanche.

Franchement, le volontariat, il n'y a que les gens qui ne connaissent rien au monde de l'entreprise qui peuvent croire que les salariés peuvent choisir les jours où ils peuvent venir travailler ou pas. Après, on nous a dit c'est pour qu'ils soient payés double. Ce n'est pas du tout ce qui était prévu dans la loi.

Aujourd'hui, le 1er mai, il est payé. Le 1er mai aujourd'hui. Si vous faites venir un travailleur le 1er mai et que vous le payez avec son salaire, il n'est pas payé double.

Il est déjà payé aujourd'hui le 1er mai. Quand vous ne travaillez pas le 1er mai, vous êtes déjà payé. Donc franchement, la vérité, c'est que M.

Attal a essayé de passer en force, en faisant une motion de rejet pour empêcher l'Assemblée nationale de débattre de ce sujet. Ils sont mis à dos l'ensemble des organisations syndicales. Et M.

Lecornu a reculé. Et je trouve que c'est une bonne chose qu'il ait reculé. C'est la preuve que la lutte s paye et que le rapport de force, ça paye.

Et j'espère que ce sera le cas demain. De nouvelles victoires, pas uniquement sur le 1er mai, mais aussi sur les salaires, sur les prix et qu'il faut se mobiliser pour contraindre le gouvernement à bouger. Vous feriez une transition royale, nouvelle victoire.

Il y à 2017 qui se dessine à l'horizon. Est-ce que vous allez lancer la campagne présidentielle ? On entend dire que vous pourriez la lancer prochainement.

Est-ce que vous avez un calendrier ? Est-ce que vous nous annoncez ce matin le lancement de la campagne de Jean-Luc Mélenchon ? Un calendrier, on en a évidemment un.

Vous l'annoncer, je ne vois pas vraiment l'intérêt de vous annoncer qu'est-ce qui va se passer dans les prochaines semaines et dans les prochains mois. Une campagne c'est aussi la maîtrise d'un calendrier. Maintenant, nous nous sommes engagés en campagne d'ores et déjà.

Le 1er mai, ce serait une jolie date pour lancer une campagne de Jean-Luc Mélenchon. Le 1er mai, c'est d'abord une journée de mobilisation des salariés à l'appel des organisations syndicales et moi j'appelle tout le monde à y participer. Maintenant, en ce qui nous concerne, nous sommes prêts, nous avons eu une assemblée représentative du mouvement Insoumis dimanche dernier, nous avons un texte aujourd'hui, un document qui prépare notamment l l'élection présidentielle qui est soumis au vote de l'ensemble des militants de la France Insoumise jusqu'à dimanche prochain.

Et dans ce document, il y a notamment notre procédure de désignation de notre candidat à l'élection présidentielle et puis il y a nos pistes de travail pour faire en – Ce sera Jean-Luc Mélenchon, il n'y a pas de suspense. – Pour l'instant je vous ai dit qu'on est en train de voter sur notre procédure. Une fois qu'on aura voté sur notre procédure, on mettra en œuvre notre procédure et on désignera notre candidat. – Ça pourrait être quelqu'un d'autre que Jean-Luc Mélenchon – Après, si vous me demandez mon avis, il me semble évident que dans l'élection présidentielle de 2027, on a besoin d'une figure qui a une profondeur, une maîtrise des questions internationales, une expérience, et qu'indéniablement, Jean-Luc Mélenchon a ses qualités.

J'en suis d'accord. Maintenant, on respecte nos règles, nos procédures et en tout état de cause, l'objectif, ce n'est pas seulement d'être candidat à l'élection présidentielle, c'est de pouvoir l'emporter. Et c'est dans cet objectif qu'on travaille.

Et justement, Christelle, allez-y. Oui, justement, c'est dans cet objectif-là que vous travaillez. Si Jean-Luc Mélenchon est présent au second tour face aux candidats du Rassemblement national, que ce soit Marine Le Pen ou Jordan Bardella, est-ce qu'il a une chance de l'emporter ?

On dit aujourd'hui de lui qu'il est plus repoussoir que le candidat du Rassemblement national. Est-ce que vous ne craignez pas ? Vous voyez dans les sondages.

Non. Madame, écoutez, franchement, on répète des choses à la télévision sur Jean-Luc Mélenchon sans jamais les attester sur des faits. Moi, je vous donne des faits.

Il y a des sondages qui montrent que Jean-Luc Mélenchon est la personnalité politique la plus détestée de France. Non, c'est faux. Il n'y a aucun sondage qui dit que Jean-Luc Mélenchon est la personne la plus détestée de France.

Si vous m'en trouvez un, je veux bien que vous me le montrez. Il n'y a aucun sondage d'ailleurs qui demande aux gens qui est la personne que vous détestez le plus. Ça n'existe pas.

Qui est la personnalité politique qui fait le plus peur ? Parlez de vos sondages, si vous voulez, il n'y a pas de problème. Moi, je vous parle des faits.

À la dernière élection législative de 2024, dans la majorité des endroits où un candidat de la France insoumise a été opposé au RN, le candidat de la France insoumise a gagné. Vous, c'était législative, vous ne citez pas les municipales. Aux municipales, si vous voulez, on peut parler des municipales, il n'y a pas de problème, mais là, en l'occurrence, aux municipales, il y a peu d'endroits où nous étions en duel avec le Rassemblement national.

Or, vous m'interrogez sur un second tour qui serait un duels entre la France soumise et le Rassemblement national. Je vous dis que dans la dernière élection nationale, les élections législatives, vous pouvez faire les calculs, dans la majorité des duels qui ont opposé un candidat de la France soumise et un candidat du Rassemblement national, le candidat de la France soumise l'a emporté. Donc vous me posez la question de savoir si Jean-Luc Mélenchon ou un candidat de la France insoumise peut gagner au second tour de l'élection présidentielle face au Rassemblement national ?

Je vous disais oui, absolument, c'est tout à fait possible. – Mais ce qu'ont montré les municipales, les récentes municipales, c'est que justement il y avait un front anti-LFI et que les Les électeurs préféraient parfois s'abstenir et que les candidats socialistes qui ne se sont pas alliés à LFI l'ont emporté, contrairement à ceux qui se sont alliés, et notamment à Toulouse. – Excusez-moi de vous dire, mais franchement c'est absolument faux, je suis désolé de vous corriger, mais ce n'est pas Il n'y a pas eu de front anti-LFI aux élections municipales.

On nous a vendu à Roubaix, vous m'interrogez sur David Dirault tout à l'heure, le fait qu'au second tour, il y allait avoir un front anti-LFI. Il n'y a eu absolument aucun front anti-LFI. Il a fait 45 % au premier tour et il a fait 55 % au deuxième.

À Toulouse, c'est vrai, on n'a pas gagné au premier tour, au deuxième tour, c'est vrai. Mais est-ce que vous savez qu'à la dernière élection municipale à Toulouse... – Il y a une surmobilisation pour Jean-Luc Mélenchon. – Mais à la dernière élection municipale à Toulouse en 2020, c'était pareil.

Et pourtant, le candidat de la gauche, ce n'était pas un insoumis à l – Et vous ne pensez pas que les choses ont évolué ? – Pas du tout, madame. – Et ce sera le mot de la fin. – Et dire que c'est parce qu'il y avait la France insoumise dans des listes au second tour que ça a permis à la droite de surmobiliser, c'est absolument faux.

Prenez la ville d'Auxerre et il n'y avait pas la France insoumise, la droite a une dynamique au second tour. Ah pardonnez-moi, mais comme on dit des choses inexactes, je suis obligé de les corriger. Donc non c'est faux et oui la France insoumise et avec le rassemblement que nous aspirons à construire peut l'emporter au second tour, c'est notre objectif. – Merci beaucoup Manuel Mouffard d'avoir été notre invité politique aujourd Merci Christelle, on va regarder la une de la dépêche