Amélie de Montchalin sur RTL : "Un budget qui n’est pas invotable et qui n’est pas Frankenstein"
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Chapitres
Répartition du ton (temps de parole politique)
Propositif 30 %Attaque 60 %Défensif 10 %
Questions et réponses
Taux de réponse directe : 54 % (directe = 1, partielle = 0,5, éludée = 0)
- 0:22OuverteÉludée
Est-ce que vous ne faites pas fausse route ?
- 0:43OuverteRéponse partielle
Quel bilan vous faites des mesures adoptées jusqu'à présent ?
- 1:09RelanceRéponse directe
Majoritaire aujourd'hui ? Ceux qui veulent faire dérailler le train ou ceux qui veulent le compromis ?
- 1:42OuverteRéponse partielle
Mais est-ce qu'à la fin, ça va faire un budget ?
- 2:59OuverteRéponse partielle
Donc vous, la copie vous satisfait ce matin ?
- 3:22ComplaisanteRéponse directe
Mais si jamais le budget n'est pas voté à l'Assemblée, la copie qui part au Sénat, c'est la copie de départ.
Affirmations vérifiables (citations exactes)
- 2:20Invité politiqueChiffre
« ce matin, ce qui a été voté, c'est 2,5 milliards de plus d'impôts sur les multinationales. »
- 2:24Invité politiqueChiffre
« C'est aussi 3 milliards d'impôts de moins sur les PME par rapport à 2025. »
- 2:29Invité politiqueChiffre
« C'est aussi 2 milliards d'impôts de moins sur les ménages, parce que le barème de l'impôt sur le revenu a été proposé comme étant dégelé. »
- 2:41Invité politiqueFait
« s'il était adopté en l'État, ces ménages les plus fortunés paieraient plus d'impôts que ce qu'était l'ISF sous François Hollande. »
- 2:53Invité politiqueFait
« Ils paieraient plus d'impôts que ce qu'était sous François Hollande. »
- 9:36PrésentateurChiffre
« L'objectif national des dépenses d'assurance maladie est prévu en hausse de 1,6%. Or, pour continuer à faire tourner la machine comme elle fonctionne aujourd'hui, il faudrait une hausse de cette ondame de 4%. »
- 9:41Invité politiqueChiffre
« nous avons déjà annoncé que nous allons réévaluer le budget de presque 1 milliard d'euros pour que pour l'hôpital, effectivement, les moyens soient donnés à chacun de fonctionner. »
- 9:54Invité politiqueChiffre
« On va faire 1,6 milliard de baisse de prix pour les laboratoires pharmaceutiques, pour qu'ils contribuent aussi à notre effort. »
Temps de parole
- Amélie de Montchalin73 %
- Présentateur22 %
- ?6 %
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8h42, Thomas Soto, RTL Matin. Elle est la ministre des comptes publics, qu'on pourrait donc aussi appeler la ministre des comptes dans le rouge. Elle joue un rôle clé dans la préparation du budget 2026. Amélie de Bonchalin est l'invité d'RTL Matin. Bonjour et bienvenue sur RTL Amélie de Bonchalin. Alors que les députés vont boucler aujourd'hui 8 jours de débat sur la partie recette du budget, on va bien sûr parler de la bataille d'amendements qui se joue, des concessions faites par les uns et par les autres. Mais pour commencer, j'aurais voulu vous poser une question simple. Est-ce que vous ne faites pas fausse route
? Alors
c'est intéressant votre question parce que précisément, je pense qu'il
y a
beaucoup de Français qui se réveillent ce matin et qui se demandent où on en est, comment ça marche. Et effectivement, il y
a
un sentiment
peut
-être d'être un peu submergé par beaucoup d'informations très contradictoires. Et donc je suis très content de ce matin d'être avec vous pour vous dire déjà où on en est.
Alors on en est où ? Quel bilan vous faites des mesures adoptées jusqu'à présent ?
Où on en est d'abord, il y
a
des députés qui cherchent un compromis et qui votent avec beaucoup de travail. Ça prend du temps. Des mesures, je vais revenir, qui sont pour les PME, pour les ménages, je vais revenir. Et puis de l'autre, où on en est aussi politiquement, on voit ceux qui essayent de trouver le compromis et puis on voit ceux qui essayent de faire dérailler le train avant même d'ailleurs qu'il soit arrivé en gare. C'est un long processus.
Et qui est
majoritaire aujourd'hui ? Ceux qui veulent faire dérailler le train ou ceux qui veulent le compromis ?
En fait, ce qu'on voit, c'est qu'on a des artisans du compromis qui travaillent d'arrache-pied, pied à pied, étape par étape.
Vous mettez les socialistes dedans ?
Exactement. Il y
aura
le Sénat après. Et puis vous avez deux groupes. Vous avez la France insoumise d'un côté et le RN de l'autre. La France insoumise qui est dans l'incohérence la plus totale, qui vote maintenant de plus en plus de mesures avec la droite. Parce qu'au fond, ils cherchent à bordéliser le débat. Et puis vous avez le RN qui, tout en votant des choses, dit, vous voyez, M. Bardella ce week-end, que de toute façon à la fin, ils n'en feront rien et que tout ça n'arrivera pas.
Mais est-ce qu'à la fin, ça va
faire un budget, Amélie de Montchalot
? Et donc, aujourd'hui, ce que je vois, c'est que si on ne se laisse pas attraper par ces arnaqueurs, ces illusionnistes, qui au fond, animent le temps, mais ne veulent pas que ça marche, et d'ailleurs on voit que les sondages pourraient leur donner raison, notre défi, c'est de faire mentir ceux qui pensent qu'on a raison de vouloir être dans la radicalité, et au fond, dans le liélisme, parce qu'il ne se passera rien dans la vie des Français.
C'est compliqué, vous les traitez d
'arnaqueurs et d'illusionnistes, alors que Sébastien Lecornu a dit, laissons le Parlement faire son boulot. Ils ont le droit de ne
pas
être d'accord avec
nous ? Ils
ont tout à fait le droit, mais ce que je vois aussi, c'est qu'il y
a
un compromis qui
est
en train de se bâtir, et je voudrais le décrire aux Français.
Si
je fais les comptes, ce matin,
ce
qui a été voté, c'est 2,5
milliards
de plus d'impôts sur les multinationales. C'est aussi 3 milliards d'impôts de moins sur les PME par rapport à 2025. C'est aussi 2 milliards d'impôts de moins sur les ménages, parce que le barème de l'impôt sur le revenu a été proposé comme étant dégelé.
Et
c'est pour les plus fortunés de notre pays, un paquet de mesures qui ferait que, s'il était adopté en l'État, ces ménages les plus fortunés paieraient plus d'impôts que ce qu'était l'ISF sous François Hollande. Dans quelle proportion ? Ils paieraient plus d'impôts que ce qu'était sous François Hollande. Donc on est revenu à peu près à entre 5 et 6 milliards d'impôts payés par les plus fortunés dans ce budget. Donc vous, la copie vous satisfait ce matin ? Si je vous résume tout ça, le déficit, à l'instant où on se parle,
il
est toujours d'à peu près 4,7%, ça veut dire que ce n
'est
pas invotable, ça veut dire que ce n
'est
pas Frankenstein, ça veut dire qu'on est encore au début d'un très long processus. Parce qu'il faut que les Français comprennent que notre démocratie, elle permet justement de bâtir ces compromis. Il y
a
d'abord l'Assemblée, puis après il
y a
le Sénat, puis ça revient à l'Assemblée. Et donc on est dans quelque chose qui se bâtit.
Sachant que, pardon, c'est important,
c
'est un point de procédure, mais si jamais le budget n'est pas voté à l'Assemblée, la copie qui part au Sénat, c'est la copie de départ.
Exactement. Mais
ça c'est la démocratie depuis toujours, parce que justement il
y
a un processus qui fait que, pas à pas, étape par étape,
c
'est une forme de course d'endurance, et bien la démocratie fonctionne ainsi.
Mais est-ce que la
copie vous convient aujourd'hui
? Est-ce
que la copie que
vous venez de décrire vous convient ?
Tout
ce que je vous ai décrit, après on peut être d'accord ou pas d'accord avec le détail des mesures, mais vous voyez bien que c'est quelque chose qui serait un choix démocratique de compromis pour le pays. Après, il y a beaucoup d'étapes, donc je ne
peux
pas vous dire si ces mesures seront exactement les mêmes à la fin. Mais ce que je veux rappeler aussi, c'est que dans ce débat, on a deux forces politiques, que je décrivais au début, dont le but est de faire dérailler les systèmes. Elles ne veulent pas, ces forces politiques extrêmes, LFI d'un côté, RN de l'autre, elles ne veulent pas que ce compromis se passe. Vous savez, je suis depuis vendredi, il
y
a maintenant 10 jours, tous les jours de 9h à minuit avec les députés.
A
chaque fois qu'il
y a
des votes de compromis, vous avez des gens qui se moquent. Mais
personne
n
'est
d
'accord sur les mesures. Vous avez des extraits
qui se moquent. Quand on prend le camp Renaissance porté par Gabriel Attal à l'Assemblée, ils ne sont pas d'accord, ils ne votent pas pareil sur les mesures. On voit bien que personne n'est d'accord au sein même des groupes. Moi, ce n
'est
pas ce que je vois. Donc eux, ils ne veulent pas envoyer la France dans le mur, j'imagine, dans votre esprit.
Non, il y a des débats qui se font. C'est normal d'ailleurs, et le Premier ministre l'a dit, avec la fin du 49-3, chaque député a retrouvé son pouvoir sur chaque vote. Il peut voter pour, contre ou s'abstenir. Mais vous voyez, le sondage de ce week-end, moi je veux qu
'on
le regarde précisément. Le sondage de la présidentielle ? C'est un sondage qui dit au fond, il y a une prime aujourd'hui donnée par les Français à ceux qui ne veulent pas du compromis, à ceux qui sont dans la radicalité. Avec ceux qui justement essayent
de bâtir... Les
éditeurs qui n'ont pas vu Marine Le Pen ou Jordan Bardella sont à 35-37% au premier tour. Et les suivants sont à 14-15%. Moi, je veux qu
'on
fasse
mentir ce sondage. Parce que ce sondage, au fond, c'est les illusionnistes, à nouveau les arnaqueurs. C'est des gens qui promettent beaucoup de choses, vous voyez dans les théâtres quand Jordan Bardella lit son livre, mais qui dans l'hémicycle quand il vote, n'ont aucune cohérence et ne veulent pas surtout que ça rentre dans la vie des Français. Je m'explique. Si vous votez des amendements,
mais
qu'à la fin, vous êtes contre le budget, tout ce que vous avez voté avant n'existe pas dans la vraie vie. Donc moi, je préfère travailler avec des gens qui voyaient pas à pas. Et je n'ai pas une question de préférence, c'est aussi que je suis à leur service.
Mon rôle, c'est d'éclairer les débats. Vous pensez ce matin, je vous pose
la question que le volet recettes du budget sera voté
? On
en est très loin aujourd'hui, pas du vote.
On est
très loin. Non seulement du vote, mais aussi du moment où ça sera voté. Vous savez, on a examiné 5 articles sur 30 pour la partie recettes. On va commencer ensuite le budget de la sécurité sociale. On va y venir
dans
un instant,
mais... C'est un long processus.
Moi,
ce que je dois vous dire, c'est qu'aujourd'hui, il y
a
des députés qui sont des artisans du compromis, qui font un travail, qui prend une forme, qui, comme je l'ai dit, pour les PME, pour les ménages, pour les multinationales, pour les plus fortunés, ça commence à ressembler à des choses qui ensuite, eh bien, iront au Sénat, reviendront. Et puis de l'autre, vous avez ceux qui font le pari, au fond, de l'illusion, avec des
amendements... Ça, on a compris, ça fait trois fois que vous le dites, mais... Oui, mais regardez, j'ai quand même une question... Quand vous avez
un amendement qui est promis aux Français comme devant rapporter 26 milliards d'euros sur les multinationales, ma sincérité, ma responsabilité de ministre, c'est d'expliquer que, on va d'ailleurs le prouver dans les prochains jours avec le Premier
ministre du gouvernement,
c'est
que ça ne
fonctionne pas, ça n'existe pas, ça ne tient pas debout. Donc arrêtons
d'y croire, parce que sinon, en fait, on va
arriver à des conclusions qui n'ont aucun sens.
Vous avez évoqué le 49-3. Il y
a
des voix qui commencent à s'élever pour dire que se priver du 49-3 pour faire passer le budget rend la mission impossible. C'est le cas du chef du groupe Modem à l'Assemblée nationale, Marc Fénault. Est-ce que vous aussi, vous commencez à vous dire, on aura peut-être besoin du 49-3 ?
Non, moi ce que je me dis, c'est que ça fait des mois, voire des années, qu'on nous a dit 49-3, c'était un coup de force démocratique, ça abîmait le Parlement.
Donc il
n'y
en
aura pas
? Mais le Premier ministre, il y a renoncé.
C
'est irréversible
? Nous
avons donné le pouvoir à la démocratie dans ce qu'elle a de plus fondamentale. Un député a un bouton de vote, il est pour, il est contre, il s
'abstient. Donc il ne reviendra pas en arrière ? On forme
des majorités comme ça.
Il ne reviendra pas en arrière ? C'est ce fermet
définitif.
Pourquoi on ne reviendra pas en arrière
? Parce
que si on croit que dans une démocratie, quand on fait ce choix de dire, au fond, on en revient à la base de la démocratie, vous avez des gens qui en permanence, j'y reviens, agitent l'idée que nous ne pourrions pas réussir. Parce qu'ils ne veulent pas qu'on réussisse. Parce qu'ils ne veulent pas que la France soit autrement que bloquée. Parce qu
'ils
ne veulent pas que les problèmes soient résolus. Qui parle des ordonnances toute la journée ? Mais Mme Le Pen et
Mme
Panneau de l'autre côté.
Et
les ordonnances,
c
'est quoi ? C'est d'acter dès maintenant que ce que nous faisons ne sert à rien,
que
ce qui a été présenté ne changera pas, et que la démocratie, dans ce qui est là, au fond, de plus, à nouveau, fondamentale, n'est pas capable de résoudre les problèmes des Français.
Moi, je pense que
la présidentielle, c'est dans 18 mois. Il
y aura des grandes
questions dans 18 mois. Mais d'ici là, on peut trouver
des compromis d'action collectifs. Quelques mots du budget de la Sécu, qui sera l'autre énorme morceau de la semaine, qui arrivera demain, mardi, dans l'hémicycle. C'est là que se trouve une bonne partie du musée des horreurs. Alors, s'inquiète déjà le socialiste Boris Vallaud. Quel est votre objectif d'économie raisonnable pour ce budget de la Sécu ? La copie de départ prévoyait 7 milliards d'économies.
C
'est toujours ça ?
Je vais là aussi dire aux Français. Les Français, vous savez,
ils ont un
compte en banque, une feuille de paye, un portefeuille. Il faut voir les choses du budget de l'État et du budget de la Sécurité sociale ensemble. Il y a dans le budget des propositions initiales, d'ailleurs sur lesquelles le Premier ministre est lui-même revenu, en disant, vous voyez, le gel des retraites, on voit bien que c'est très difficile d'avoir une majorité pour que toutes les retraites soient gelées, notamment les plus petites. Donc, débattons-en.
Le doublement
des franchises médicales, ça c'est négociable ou pas ?
Là aussi, de quoi on parle ? Nous sommes le pays au monde, le pays au monde, qui fait qu'à la fin de nos actes médicaux, nous payons le moins, le moins du monde de notre poche. Il y a aujourd'hui 18 millions de Français qui ne payent rien parce qu'ils sont modestes, parce que ce sont des enfants, parce que ce sont des personnes que nous avons exemptées de cette participation. Qu'il y ait un débat sur, dans notre système, tout en restant le pays qui restera celui le plus, le moins cher, on reste à payer du monde. Est-ce qu'il n
'y a
pas des choses à ajuster à un moment où on voit que les dépenses
santé... Vous êtes plutôt favorable
au doublement des franchises
? Vous voyez, moi je suis favorable aux propositions qu'on a faites. Après, je suis surtout favorable au débat, et je suis favorable à ce qu
'on
trouve des accords.
C'est ça mon rôle, et c'est ça mon métier.
Les professionnels hospitaliers qui voient venir, je les cite, la pire cure d'économie sur l'hôpital depuis les années 2010, et un budget qui ne pourrait répondre en aucun cas aux besoins croissants de santé des Français. L'objectif national des dépenses d'assurance maladie est prévu en hausse de 1,6%. Or, pour continuer à faire tourner la machine comme elle fonctionne aujourd'hui, il faudrait une hausse de cette ondame de 4%. Ça va saigner
à
la Sécu. Donc, le Premier ministre l'a dit dès vendredi. Sur les dépenses liées à l'hôpital, nous avons déjà annoncé que nous allons réévaluer le budget de presque 1 milliard d'euros pour que pour l'hôpital, effectivement, les moyens soient donnés à chacun de fonctionner. Mais vous voyez, la dépense de santé, c'est quoi ? C'est des consultations en ville, c'est des dépenses de médicaments.
On
va faire 1,6 milliard de baisse de prix pour les laboratoires pharmaceutiques, pour qu'ils contribuent aussi à notre effort. C'est aussi ensuite des arrêts de travail, c'est des dépenses à l'hôpital, c'est beaucoup de choses très... c'est de la lutte contre la fraude aussi. Donc, on prend les choses une par une. Et à la fin,
on
veut quoi ?
C
'est que les Français aient un pays où il y a un budget, où les services publics soient garantis, et où les enjeux stratégiques, notamment notre défense et notre sécurité, soient aussi financés. Merci. Ça
qu'on fait ensemble. Et
il
y
a des gens, je peux vous rassurer, qui essayent de le faire avec méthode.
Restez
avec vous.
Amélie de Montchalin