Affaire McKinsey, constitutionnalisation de l'IVG, Affaire Quatennens, loi anti-squat… Ce qu'il faut retenir de l'interview d'Aurore Bergé
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Aurore Berger, un adolescent de 14 ans a perdu la vie dans une rixe ce week-end dans votre circonscription des Yvelines, tuée à coups de marteau par un autre jeune qui s'est rendu à la police hier, jeune qui n'avait que 16 ans. Lui aussi, quelle est votre réaction ?
Déjà, je ne veux pas laisser croire que ce territoire où je suis élue, ce sont des événements qui se passent de manière récurrente. Je ne veux pas que tout d'un coup, les habitants se fassent harceler de questions comme s'ils vivaient dans une espèce de poudrière. Ce n'est pas le cas et ce n'est pas du tout à l'image de ce territoire. Il y a une enquête qui est ouverte, il y a en effet un adolescent qui s'est rendu de lui-même. Il y a surtout un drame absolu puisqu'il y a un autre adolescent qui a été sauvagement assassiné. Vous imaginez à la fois le deuil pour la famille mais pour toute une population qui est aujourd'hui endeuillée.
Donc moi, je veux surtout qu'on appelle au calme, à la retenue. Qu'il n'y ait pas de représailles. Qu'il n'y ait évidemment pas de représailles mais surtout qu'on ne vienne pas, j'allais dire, harceler la famille, harceler les habitants dans un moment qui doit d'abord être un moment, encore une fois, de recueillement, de deuil et de calme. Vous avez appelé les parents de la victime ? J'ai eu les deux maires, M-A-I-R-E-S, de Mourpas et de Coignères au téléphone. Je me tiens évidemment à disposition non seulement des familles, des habitants, mais je pense que c'est un moment privé.
Et je ne veux pas, encore une fois, que derrière, ça ne laisse penser que ce territoire est à l'image malheureusement de ce drame absolu.
Aurore Berger, le parquet national financier a ouvert une enquête sur le rôle du cabinet de conseil McKinsey lors des deux dernières campagnes présidentielles. Est-ce que c'est une affaire Emmanuel Macron ?
Déjà, il y a une information judiciaire qui a été ouverte. C'est la démonstration à la fois que la justice est indépendante, qu'elle est évidemment libre et qu'elle doit pouvoir faire son travail en toute transparence parce que justement, il ne faut pas laisser penser qu'il y aurait une quelconque manière de faire campagne, de favoritisme. Donc moi, je trouve ça très bien finalement que le PNF s'en saisisse.
En toute transparence, mais avec l'immunité présidentielle qui encadre le travail de la justice.
Mais aujourd'hui, ce n'est pas le président de la République qui est mis en cause. Déjà, vous le savez, les comptes de campagne de 2017, ils ont déjà été validés, ils ont été certifiés, ils ont été passés au crible de commissions qui sont des commissions indépendantes qui passent au crible les comptes de campagne de l'ensemble des candidats à l'élection présidentielle. Parfois, certains se font d'ailleurs retoquer entièrement ou partiellement. Et donc, moi, je trouve ça très bien encore une fois que la justice fasse son travail. Et c'est elle qui dira, moi, je n'ai pas à me prononcer sur une information judiciaire qui est en cours.
Aurore Berger, vous trouvez normal que des membres d'un cabinet puissent aider bénévolement à un candidat et ensuite décrocher des contrats quand ce même candidat devient président de la République ?
Il y a deux choses différentes. Comment on fait campagne ? Je pense qu'à un moment, il faut dire clairement les choses. Moi, j'ai fait plusieurs campagnes présidentielles. On crée des groupes de travail. Des gens qui réfléchissent. Et des gens qui réfléchissent sur bien des sujets. Et il y a qui dans ces groupes de travail ? Il y a des salariés, il y a des chefs d'entreprise, il y a des gens qui sont fonctionnaires, il y a des gens qui sont même haut fonctionnaires, magistrats. Enfin, il y a toutes les catégories sociales qui se retrouvent, que ce soit à Paris, que ce soit sur les territoires et pour tous les candidats.
Et c'est comme ça que ça fonctionne, parce que l'idée, c'est de mettre le plus d'intelligence possible dans une campagne pour faire émerger des idées. Donc ça, c'est normal et c'est sain à partir du moment, vous l'avez dit, où c'est bénévole. On fait ça tôt le matin, tard le soir, sur ces heures tout simplement de week-end.
Donc ils le faisaient sur leur temps libre uniquement ? Puisqu'on sait depuis les Macron-X qu'il y a bien eu des membres de ces cabinets qui ont travaillé.
Mais c'est normal, c'est la vie. C'est sur le temps libre. On ne va pas interdire demain à des Français de s'engager, à des Français à un moment de dire, écoutez, moi je n'ai pas forcément envie d'être élu, mais j'ai envie de contribuer, j'ai envie que mes idées puissent prévaloir. Et encore une fois, pour tous les candidats, interrogez les Mme Pécresse, Mme Le Pen, M. Mélenchon. Vous verrez qu'autour d'eux, il y avait encore une fois beaucoup de Français et heureusement qui se sont engagés.
Mais qui n'ont pas forcément décroché des contrats ensuite.
Et ensuite, sur la question des contrats, c'est un autre sujet. Non, c'est le même sujet. Il y a la question du renvoi d'ascenseur, vous entendez bien ce reproche-là. Non, mais j'entends le sous-entendu qui pourrait exister. C'est-à-dire, parce qu'il y a des gens qui auraient contribué à la campagne, alors ça voudrait dire qu'on aurait favorisé un cabinet de conseil. Moi, je pense que ça n'est évidemment pas le cas. Et encore une fois, il y a une ouverture judiciaire. Donc c'est elle qui dira si ces faits ont existé ou pas. Mais la vérité, c'est quoi ?
La vérité, c'est que de toute façon, vous avez ce qu'on appelle un roulement, un tourniquet dans la manière avec laquelle l'État a le droit ou non d'utiliser des cabinets de conseil. Pour que justement, ce ne soient pas toujours les mêmes cabinets de conseil qui puissent en bénéficier. Vous avez des appels d'offres, qui sont des appels d'offres publiques. Donc on sait exactement quelles sont les missions qui sont conférées à ces cabinets de conseil, combien ils sont rémunérés. Et vous avez même une décision plus récente qui a été prise, avant que cette information judiciaire soit ouverte, par la Première Ministre, de réduire la voilure.
Après la commission d'enquête du Sénat.
Mais avant toute information judiciaire.
Et après la commission d'enquête du Sénat.
Oui mais c'est bien, ça veut dire que les parlementaires ont travaillé, ils ont rendu un avis, un rapport. Et à un moment, l'État en a pris compte, le gouvernement en a pris compte.
C'est ce qu'il y a eu des abus, c'est ce que dit Bruno Le Maire, le ministre de l'Économie. On a abusé des cabinets de conseil. Quand vous voyez en plus qu'il s'agit du cabinet McKinsey, vous comprenez que ça alimente les suspicions.
Moi je crois que, parce que vous avez le nom McKinsey, ça alimente énormément de fantasmes aussi sur la manière avec laquelle l'État travaille. Au-delà même de ce qui se passe sur une campagne présidentielle, c'est est-ce que l'État doit ou non faire appel à des cabinets de conseil ? Dans quelle mesure il doit faire appel à eux ? Est-ce que ça peut être des cabinets qui ne sont pas des cabinets français ? C'est toutes ces questions qui, à un moment, alimentent, je pense, le fantasme. Donc c'est très bien qu'à un moment, justement, on régule, qu'on fasse en sorte qu'on fasse moins appel aux cabinets de conseil, qu'on fasse appel à eux uniquement quand on n'a pas d'autre choix.
Parce qu'à un moment, on a par exemple une crise majeure sans précédent comme le Covid. Et qu'au-delà de toutes les compétences de l'État qui ont été mobilisées, on avait besoin aussi d'avoir un regard extérieur qui puisse, à un moment, nous aider à réussir ce qu'on a fait, je crois, la campagne vaccinale.
Pour que les choses soient plus simples, ok, pas de soupçons, Aurore Berger, est-ce que le plus évident aujourd'hui serait pas de dire on arrête les cabinets de conseil dans la campagne des candidats ? Ils ne viennent plus, que ce soit bénévolement ou pas, il n'y aura plus ce soupçon de renvoi d'ascenseur ensuite ?
Ça veut dire que demain, on va dire aussi, par exemple, à des fonctionnaires, comme vous travaillez pour l'État, on vous interdit de faire la campagne de M. Mélenchon et Mme Le Pen.
Les fonctionnaires ne décrochent pas des contrats ensuite ?
Oui, mais les fonctionnaires, on peut dire, vous influencez la décision publique qui est prise. Ça pourrait même être pire. Donc, à un moment, je crois qu'on a quand même le droit, et heureusement, de dire aux Français, quels que soient nos partis politiques, engagez-vous, engagez-vous dans la vie politique, c'est pas forcément en étant élu.
Électorale.
Moi, je ne vois pas, honnêtement, au nom de quoi on interdirait à des Français, de manière évidemment strictement bénévole, de faire la campagne de quelques candidats que ce soit. Je veux que ce soit, par contre, plus transparent peut-être. Il y a peut-être des règles qui méritent d'être changées sur ces enjeux, justement, de transparence.
Aurore Berger, présidente du groupe Renaissance à l'Assemblée nationale. Le fil info à 8h40, Maureen Suignard.
Un ticket de métro parisien à 2,30 euros, un passe-navigo mensuel à 90 euros, 20% d'augmentation des prix pour les transports en Ile-de-France. C'est ce qu'envisage la région si l'État refuse d'augmenter la fiscalité des entreprises. Ce matin, le porte-parole du gouvernement assure que l'exécutif mène un travail de concertation avec la région. Olivier Véran estime que ce n'est pas le moment d'augmenter les prix. Les députés de la majorité veulent tripler les sanctions contre les squatteurs en France jusqu'à 3 ans de prison. Et 45 000 euros d'amende. La proposition de loi est débattue à partir d'aujourd'hui à l'Assemblée nationale et pourrait être adoptée avec les voix de la droite.
Pékin assure que son combat contre le Covid-19 sera une réussite. Communication officielle alors que des manifestations contre les restrictions de liberté fleurissent dans le pays plusieurs centaines de personnes à Shanghai, Pékin ou encore Wuhan. Le Brésil doit faire sans Neymar cet après-midi à 17h face à la Suisse. L'attaquant est blessé à la cheville. Portugal-Uruguay aussi au menu de ce mondial de foot. C'est à 20h. L'équipe de France est déjà qualifiée pour les huitièmes de finale avant même son dernier match face à la Tunisie. Mercredi à 16h. France Info
Aurore Berger, jeudi dernier, les députés ont voté et à une très large majorité l'inscription de l'IVG dans la Constitution. C'est une première étape, on va en parler. Mais avant de monter à la tribune, vous avez dit j'ai appelé ma mère qui a eu recours il y a des années de ça à l'avortement lorsque c'était illégal en France. Que vous a-t-elle dit ?
En fait, je crois déjà que c'était important déjà qu'on vote ce texte et de rappeler pourquoi on l'a fait. Parce qu'il y a beaucoup de personnes qui nous disaient finalement ça ne sert à rien. C'est inutile, c'est un gadget, c'est une forme de caprice politique qui serait faite de vouloir changer la Constitution. Aujourd'hui, on a les moyens de le faire. Les moyens parce qu'on a une majorité très nette, vous l'avez dit, qui s'est dégagée à l'Assemblée pour le faire. Et je pense qu'on aura aussi une majorité au Sénat ou une majorité des Français qui le souhaitent. Ce n'est pas au moment où ça pourrait être trop tard, comme malheureusement c'est le cas aux Etats-Unis, qu'on doit réagir.
C'est anticiper le pire qui pourrait advenir pour évidemment inscrire, sanctuariser ce droit. Et c'est vrai que j'ai confié ça parce que comme des milliers d'hommes et de femmes, on porte encore une fois un héritage. Et moi, c'est celui-ci, en partie sur la question des droits des femmes, à un moment en effet où l'IVG était illégal. Et où ça veut dire que ma maman, qui y a eu recours, l'a fait un moment où elle risquait à la fois la prison et elle risquait sa propre vie. Parce que les conditions sanitaires dans lesquelles elle a eu accès à l'IVG ne sont absolument pas comparables à celles d'aujourd'hui.
Il faut se souvenir d'où on vient, à la fois personnellement, mais d'où on vient aussi dans la loi, dans la manière avec laquelle les droits des femmes ont réussi à avancer. Et se rappeler aussi à quel point ça peut être fragile et la nécessité qu'on a, quand on en a les moyens encore une fois, de pouvoir les sanctuariser.
La majorité a donc voté ce texte présenté par les insoumis. Vous avez d'ailleurs retiré le vôtre qui devait être examiné aujourd'hui. Il y a eu un pacte avec les insoumis ?
Non, il n'y a pas eu de pacte. Il y a eu un travail parlementaire. Ça, il y a beaucoup de fantasmes là aussi sur comment on travaille. Eh bien, tout simplement, on travaille aussi à l'élaboration de la loi et donc du compromis. Et moi, je crois que la nuance, le compromis, c'est beaucoup plus important, beaucoup plus fort et beaucoup plus difficile à réussir que l'invective ou les interpellations permanentes. Il y en a aussi, malheureusement, à l'Assemblée. On y reviendra peut-être. Et ce qu'on a fait, c'est tout simplement qu'il y avait deux textes. Moi, j'avais déposé au tout début, juste après finalement notre élection, cette proposition d'inscription de l'IVG dans la Constitution.
Ensuite, la France insoumise a suivi et a déposé aussi un texte. Et puis finalement, on a eu un débat parlementaire. Le texte a été retravaillé. Le texte a été modifié. Et moi, je n'avais pas envie qu'on puisse penser que le seul sujet, c'est d'inscrire mon nom sur une loi ou d'inscrire le nom de mon groupe sur une loi. Moi, ce que je veux, c'est juste que la Constitution soit modifiée. Alors, s'il y a un texte qui permet de le faire et qui permet d'aller plus vite, moi, j'étais prête à le voter et donc on l'a voté.
Donc, les insoumis, contrairement à ce qu'a pu dire Elisabeth Borne, sont dans l'arc républicain ? Non, je pense qu'il y a des sujets sur lesquels vous pouvez parler avec eux.
Il y a heureusement des sujets qui doivent pouvoir faire consensus dans notre pays, dans notre société. Et je ne vais pas, par principe, dire que sur la question des droits des femmes, parce que c'est un texte qui n'est pas le mien au départ, alors je refuse de le voter.
Par exemple, si le Rassemblement National avait déposé le même texte, vous auriez pu le signer aussi ?
Je ne crois pas que le Rassemblement National aurait pu déposer le même texte en l'espèce.
Mais il se trouve qu'une majorité des députés RN l'a voté. Vous saluez ce changement de position ?
Moi, encore une fois, toutes celles et ceux qui nous rejoignent sur la nécessité de protéger les femmes, de protéger les droits des femmes, tant mieux, et c'est une avancée. Par contre, ce que je sais, c'est qu'on a aujourd'hui une Assemblée, il ne faut pas l'oublier, parce que parfois, là aussi, on loue les mérites de cette nouvelle Assemblée qui, en effet, ressemble peut-être plus à l'opinion ou aux opinions des Français. Très bien. Il ne faut pas oublier que dans cette Assemblée, il y a 30% de députés qui sont d'extrême droite ou d'extrême gauche. Il ne faut pas oublier que dans cette Assemblée, on a aussi une invective permanente. On a aussi une forme de violence politique permanente.
On a, d'un côté, ceux qui essayent en permanence de se respectabiliser, de se notabiliser, qui, finalement, dissimulent ce qu'ils sont et leurs idées. Parfois, ça ressort, un peu par mégarde. Un député qui s'adresse à un autre et qui dit qu'il retourne en Afrique et ont faim de redécouvrir que l'extrême droite, en fait, elle est toujours d'extrême droite. Puis, de l'autre côté, on a une volonté extrême gauche de décrédibiliser en permanence le travail et le rôle parlementaire. Donc, cette nouvelle Assemblée, elle représente peut-être plus les opinions des Français, mais c'est aussi 30% d'extrêmes qui y sont représentés. Et nous, notre combat, il doit en permanence se réaffirmer face à ça.
Tu vas la fermer, c'est ce qu'a lancé un député élu guadeloupéen, Olivier Servin, un député de votre groupe, lors des débats la semaine dernière. Est-ce qu'il y aura des sanctions ?
Moi, j'appelle déjà à l'apaisement. Parce qu'encore une fois, en venir sur votre plateau à devoir commenter ce genre de propos, je trouve qu'on s'en passerait tous. Et que ce n'est pas du tout l'image que l'Assemblée doit pouvoir donner à l'extérieur. Qui a envie de voter pour des députés qui, finalement, donnent le sentiment qu'ils passent leur temps à s'insulter au sens propre du terme dans l'hémicycle ? Ce n'est juste pas au niveau.
Donc, pas de sanctions, on passe l'éponge et on se calme.
Moi, la première des choses, je pense que ce serait quand même de bon ton qu'ils présentent des excuses publiques, qu'ils reconnaissent que non, ils n'avaient pas à tenir ce genre de propos. Parce que ça veut dire que dans ces cas-là, demain, n'importe quel député pourrait prendre le micro pour dire la même chose, voire pire. Donc, moi, j'appelle au calme, à la retenue, à l'apaisement, juste au débat parlementaire. Le débat parlementaire, c'est aussi de l'affrontement. C'est un affrontement qui est politique. C'est un combat qui est un combat des idées. Ce n'est pas un combat drôle.
C'est aussi de l'obstruction. C'est ce que vous reproche la France Insoumise lors de l'examen de deux textes en particulier.
C'est un peu cocasse que la France Insoumise nous reproche l'obstruction. La France Insoumise, c'est le parti politique, le groupe politique qui, systématiquement, dépose. Ils l'ont fait, notamment sur les retraites. Ils s'en sont vantés, d'ailleurs, à l'époque, 19 000 amendements. Donc, ça veut dire qu'on empêche tout le débat parlementaire.
Vous, c'était 200, jeudi dernier, pour repousser l'examen du texte sur la corrida et du SMIC à 1 600 euros. Il y a effectivement eu 200 sous-amendements déposés par votre camp en quelques instants pour faire durer les débats, puisque ça doit s'arrêter à minuit.
Peut-être pour que tout le monde comprenne qu'est-ce qui se passe. Une fois par an, chaque groupe d'opposition a le droit de déposer tous les textes qu'ils souhaitent.
Une niche parlementaire.
Il faut mettre, exactement dans une niche parlementaire, tous les textes qu'ils souhaitent. C'est très bien, ça s'appelle « La vie démocratique et le rôle des oppositions ». Ce qui s'est passé, c'est que la France Insoumise nous a dit pendant des mois que l'enjeu prioritaire, c'était la question de la vie chère, donc de l'augmentation du SMIC. Ils ont déposé une proposition de loi. La veille au soir, ils l'ont retirée. Comme si, finalement, ce n'était plus un enjeu, ce n'était plus une question.
En disant qu'on risque de ne pas avoir le temps de l'examiner, et donc on se concentre sur les autres.
C'est un choix à un moment qu'ils ont fait. Mais ils ne peuvent pas dire que c'est une priorité. En des mois, des semaines, on a eu Aymeric Caron qui a fait la tournée de tous les plateaux pour dire que l'enjeu prioritaire, c'est la question de la Corrida. Moi, ça m'allait bien, à titre personnel. J'avais d'ailleurs signé des pétitions, moi-même à l'époque, sur la question de l'abolition de la Corrida. Il y avait une totale liberté de vote dans mon groupe. Et puis finalement, il n'a pas assumé. Il a fait son discours à la tribune, puis après, il a retiré le texte. Pourquoi ? Parce qu'il a eu peur d'être minoritaire à l'Assemblée.
Parce qu'il affirme que c'est de votre faute. À force de faire durer les débats, il n'aurait pas eu le temps de toute façon.
Il prenne un minimum de temps. Moi, ce que je note, c'est surtout qu'il a eu peur du débat. Il a eu peur d'être minoritaire. Il n'a pas assumé. Et puis, à la réintégration des soignants, les 200 sous-amendements, c'est vu ? Mais moi, j'assume qu'on ait déposé et qu'on ait fait durer ce débat. Parce que la question, c'est que là, on s'attarde sur la forme, le nombre d'amendements ou pas. On ne parle plus du fond. La question du fond, elle est quand même essentielle quand on parle de proposition de loi, quand on parle de modifier la loi.
Là, on avait une loi à la fois complètement inopérante, c'est-à-dire qu'on disait « On est d'accord pour réintégrer les soignants non vaccinés, mais on va leur demander un test PCR chaque jour et on va les obliger à porter un masque FFP2 ». Donc, ça n'a aucun sens, évidemment. Accessoirement, ça veut dire que, finalement, on insultait 99% des soignants qui, eux, ont tenu, qui, eux, ont été présents, qui, eux, se sont vaccinés et qui nous disent de manière extrêmement majoritaire, nous ne souhaitons pas voir être réintégrés à nos côtés des personnes qui ont fait parfois même de la propagande contre la vaccination alors que notre enjeu, c'est de convaincre les Français.
Regardez-là, on va avoir une campagne de vaccination sur la grippe. Qu'est-ce qui se passe si demain, vous avez des soignants eux-mêmes qui vous disent « Surtout, n'y allez pas, ne vous vaccinez pas ». C'est complètement incohérent. Donc, parlons du fond. Et moi, j'assume que sur cette proposition de loi, on est à un moment fait en sorte que le débat existe parce que non, ça ne se règle pas en une heure à l'Assemblée nationale et ça ne doit pas être une décision politique, ça doit d'abord être une décision scientifique et médicale.
Vous avez fait votre retour à l'Assemblée il y a quelques jours, vous faites votre retour médiatique ce matin sur ce plateau, trois semaines seulement après votre accouchement. Un mois. Un mois, pardon. Pourquoi si vite ? Et est-ce que vous ne pensez pas que ça va faire culpabiliser les femmes qui hésitent ? Non, vous soupirez. La question avait été posée à Rachida Dati, elle, c'était quatre jours. Il faut dire, mais culpabiliser les femmes qui hésitent à prendre leur congé maternité.
Vous savez, moi, je pense que ce qui est culpabilisant, c'est qu'en permanence, on nous pose la question de savoir ce qu'il faudrait qu'on fasse et qu'on veuille prendre des décisions à notre place.
Ce n'est pas ma question. Pourquoi si vite ?
Mais parce que chacun est libre de ses choix, quand même. On parlait il y a quelques instants, par exemple, de l'IVG. Je me suis fait insulter sur les réseaux sociaux par une ancienne ministre, notamment, parce qu'elle considérait que c'était complètement incompatible que, je cite, je puisse porter la vie et dans le même temps défendre le droit à l'IVG. Peut-être parce que je sais faire la différence, par exemple, entre ce qu'est une grossesse désirée, ardemment désirée, comme celle qui a été pour ma fille, et une grossesse non désirée. Et donc, à un moment, il faut qu'on arrête surtout de vouloir parler à notre place.
Il y a évidemment un droit au congé maternité, qui d'ailleurs n'existe pas pour les parlementaires, mais qui surtout n'existe pas encore pour d'autres professions. Et à mon avis, il faudra qu'on puisse avancer sur le sujet. Mais on a le droit, à un moment, de choisir. De choisir d'avoir ou non des enfants.
Et vous n'avez pas valeur d'exemple.
De choisir, mais je ne me pense pas être un exemple. Ce que je dis, c'est qu'il y a des femmes qui souhaitent prendre le temps. Il y a des femmes qui souhaitent revenir plus tôt. En gros, on fait le choix qu'on considère être le juste pour nous-mêmes, pour notre famille. Et je crois que ça ne regarde que nous.
Aurore Berger, président du groupe Renaissance à l'Assemblée. Le fil Info à 8h50, Maureen Suignard.
Un gros coup de filet. Anti-mafia Europol annonce ce matin l'arrestation de 49 personnes responsables d'un tiers du trafic de cocaïne en Europe. Opération qui intervient après trois ans d'infiltration des messageries téléphoniques cryptées des plus grands narcotrafiquants européens. Elles sont extrêmement rares dans le pays. Les manifestations en Chine, des centaines de Chinois bravent les autorités à Pékin, Shanghai notamment, pour dénoncer la politique du zéro Covid. Un journaliste de la BBC a été brièvement arrêté. Pékin assure que le reporter ne s'était pas identifié en tant que tel.
Cinq prévenus devant le tribunal correctionnel de New York dans les Deux-Sèvres, un mois après la manifestation contre les méga-bassines à Sainte-Solines. Mobilisation interdite et qui a dégénéré et fait des blessés. Des trains régionaux pour laisser la voiture au garage. Emmanuel Macron veut développer des RER dans dix grandes villes françaises. Pas de calendrier ou de précision sur le mode de financement de ces transports. Dans la soirée, des élus locaux se sont réjouis de cette annonce et font acte de candidature à Rennes, Lyon, Grenoble, Marseille entre autres. France Info
Avec la présidente du groupe Connaissance à l'Assemblée, Aurore Berger.
Le député de la France Insoumise, Adrien Catenin, s'est mis en retrait après avoir reconnu, avoir giflé sa femme. Son ex-compagne a révélé la semaine dernière des violences physiques et morales dont elle aurait été victime depuis plusieurs années. Lui, il dément catégoriquement. A quelles conditions peut-il revenir à l'Assemblée ?
Moi, j'ai dit depuis le début qu'à partir du moment où il avait lui-même reconnu des faits qui sont des faits constitutifs de violences conjugales, une baffe, une gifle, un coup, ça suffit. Ça suffit pour être constitutif d'une violence conjugale. Il doit démissionner ? Je considère ça, c'est une décision qui lui appartient, mais je considère en tout cas qu'il n'a plus sa place dans l'émissaire. J'ai du mal à imaginer que demain, il y ait des débats sur le sujet. D'ailleurs, on a eu du mal à voir apparaître des amendements, donc des propositions qui étaient signées de sa part sur un texte qui va être débattu cette semaine sur la question des violences intrafamiliales.
Ça paraît quand même un peu difficile à lire et à entendre.
Mais Damien Abad, dans votre camp, qui lui est accusé par trois femmes de tentative de viol ou de viol, il peut rester ?
Il y a une situation qui est différente.
Il y en a un qui a reconnu une claque et l'autre qui est accusé de faits plus graves.
Déjà, je ne sais pas si vous avez vraiment envie d'avoir une hiérarchie entre des violences conjugales et des potentielles viols. Moi, je ne fais pas de hiérarchie sur la question des violences faites aux femmes. Elles sont toutes aussi graves les unes que les autres. En général, malheureusement, ça démarre par une gifle et par un premier coup avant que les situations ne puissent s'empirer. On a d'un côté un homme qui a reconnu des faits. Est-ce qu'il y a plus, comme le dit sa compagne, enfin future ex-compagne ?
Ça veut dire que si Damien Abad reconnaissait les viols, il pourrait rester ? Non. Vous dites, puisqu'il a reconnu, non ?
Non, je vous dis qu'encore une fois, Adrien Quatennens a dit lui-même qu'il avait donné un coup à sa compagne. Elle dit qu'il y a plus. Ça, ce n'est pas à moi de le dire. C'est la justice qui le dira. Et ce n'est pas un tribunal populaire.
La différence entre Damien Abad et Adrien Quatennens,
c'est que l'un a reconnu les faits et pas l'autre. On n'a eu de cesse de nier. Je ne suis pas juge, je ne suis pas magistrat. Ça n'est pas à moi de dire si oui ou non, il est coupable des faits qui peuvent lui être reprochés. Et c'est à la justice de le dire, et uniquement à elle.
Vous allez défendre aujourd'hui à l'Assemblée nationale un texte qui durcit les sanctions contre les squatteurs, qui visent à multiplier par trois ces sanctions, que ce soit les amendes ou les peines de prison, à faciliter aussi les procédures d'expulsion. Les associations disent que si l'abbé Pierre se retournerait dans sa tombe, aujourd'hui, c'est ce que dit la fondation qui porte son nom, en disant qu'on ne choisit pas toujours de ne pas payer un loyer.
Je crois qu'il faut distinguer des situations, encore une fois. Notre enjeu, c'est quoi ? C'est qu'on a aujourd'hui des petits propriétaires qui se retrouvent dans des situations invraisemblables et qui nous interpellent parce qu'une procédure d'expulsion pour quelqu'un qui refuse de payer un loyer peut durer jusqu'à trois ans. Trois ans. Et on a des cas dramatiques qui nous sont révélés tous les jours de personnes qui sont à la retraite. C'est quasiment le seul niveau de revenu qu'ils puissent avoir. Ils font comment ? Et en plus de ça, s'accumulent de la dette, s'accumulent des frais de justice, d'avocat, des frais d'huissier pour aller constater que la personne est toujours présente.
Donc je crois qu'il faut un équilibre entre le respect absolu du droit de propriété, qui est d'ailleurs inscrit dans notre Constitution et qui doit absolument prévaloir. Mais comment on fait la différence ? Et ça n'est pas aux petits propriétaires de payer pour la difficulté à se loger d'une partie des Français. Ça, c'est notre rôle. Comment fait la différence ? C'est le rôle de l'État de continuer à avoir de l'hébergement d'urgence, c'est ce qu'on fait. C'est le rôle de l'État de reloger. C'est le rôle de l'État de continuer, et des collectivités locales, de continuer à construire, notamment dans le parc social.
Mais ce n'est pas aux petits propriétaires de devoir payer Et comment allez-vous faire la différence entre ceux qui squattent véritablement, qui ont les moyens de payer, mais qui n'ont pas envie de payer ?
La justice ?
C'est la justice qui sera saisie. Ce qu'on souhaite juste, c'est qu'on puisse avoir encore une fois une accélération des procédures, mais ce n'est pas la loi qui va le finir, ce n'est pas moi qui vais aller expulser les personnes. C'est une décision de justice, et c'est ensuite le préfet qui mettra en application Ce n'est pas une fabrique de SDF, cette loi ? Ce que dit la gauche-là. Évidemment que non. Et encore une fois, on ne peut pas dire aux petits propriétaires qui attendent des loyers parce que c'est légitime qu'ils sont responsables du fait qu'on a des Français qui, aujourd'hui, ne vivent pas dans des conditions décentes.
Ça, c'est une politique publique que nous menons, qu'on doit encore renforcer, encore une fois, sur l'hébergement d'urgence, sur la création d'un parc social encore plus étoffé, mais ce n'est pas eux qui doivent en payer l'addition.
Aurore Berger, la présidente de la région Île-de-France, Valérie Pécresse, souhaite une augmentation de 20% du prix du ticket de métro et des abonnements Navigo à partir du 1er janvier prochain. Elle dit qu'elle n'a pas le choix, qui manque aujourd'hui un milliard d'euros dans les caisses. Est-ce que vous la comprenez ?
Non. Non, je ne la comprends pas parce que l'État a déjà versé 2 milliards d'euros. 2 milliards d'euros. Donc, l'ensemble des Français, en vérité, a déjà contribué pour la région Île-de-France après le Covid. C'est normal, c'était une situation exceptionnelle. Mais Mme Pécresse comme Mme Hidalgo ont fait campagne en disant qu'il n'y aurait, dans un cas, pas d'impôt supplémentaire pour les Parisiens, dans l'autre cas, qu'il n'y aurait pas d'augmentation du prix du pass Navigo.
Résultat, elles veulent toujours plus de compétences, elles veulent toujours plus de décentralisation, mais à la fin, elles se retournent toujours vers l'État quand elles n'arrivent pas à boucler leur budget de fonctionnement. Donc, c'est elles de prendre les décisions qui s'imposent pour faire en sorte de boucler le budget, mais ce n'est pas les entreprises qui doivent payer et ce n'est pas les franciliens qui doivent payer.
Ce n'est pas les entreprises. C'est ce que réclame aujourd'hui Valérie Pécresse. Mais si les entreprises augmentent leur part,
ça veut dire, encore une fois, plus de taxes et plus d'impôts pour les entreprises.
Mais du coup, vous trouvez le milliard,
on met moins de trains, moins de métros ? Mais c'est sa responsabilité. Elle s'est engagée. Elle a été réélue grâce à cette mesure en disant qu'elle n'augmenterait jamais le tarif du pass Navigo. Et comme par hasard, après la campagne électorale, après avoir été réélue, elle découvre que par magie, finalement, elle ne sait pas boucler son budget. C'est sa responsabilité. Quand on est au responsable, moi, vous m'avez interrogé sur nos propositions de loi, sur nos responsabilités. Interrogez-la. Mais elle ne peut pas en permanence se défausser sur l'État quand ça l'arrange.
Elle ne peut pas nous demander toujours plus de compétences et en même temps nous dire, nous appeler soi-disant à l'aide quand elle n'arrive pas encore une fois à boucler son budget. Mme Hidalgo, Mme Pécresse, même combat à elle, à un moment d'être responsable et elle de dire comment elle finance.
Merci, Ormerger. Bonne journée à vous.
Aurore Bergé