Aller au contenu
Tous les transcripts
Podcast / conversationfranceinfo (sur YouTube)· 7 octobre 2026 26 minContradictoireActualité / polémiqueÉducation & rechercheSécuritéSolidarités & familleInstitutions & élections

"Mélenchon s’est toujours pensé comme le premier opposant à Macron dans la rue" (Benjamin Morel)

Transcription youtube_captions. À recouper avec la source d'origine.

Analyse automatique

Générée par IA — peut contenir des erreurs. Méthodologie

Chapitres

Répartition du ton (temps de parole politique)

Propositif 20 %Attaque 50 %Défensif 30 %

Questions et réponses

Taux de réponse directe : 100 % (directe = 1, partielle = 0,5, éludée = 0)

  • 10:12OuverteRéponse directe

    Pourquoi le gouvernement cible-t-il autant la France insoumise dans ce mouvement ?

  • 14:45OuverteRéponse directe

    Qu'est-ce que le "blocus challenge" et quel rôle a joué LFI ?

  • 17:22OuverteRéponse directe

    Jean-Luc Mélenchon a-t-il adapté sa stratégie pour ne pas se faire rediaboliser ?

  • 21:02OuverteRéponse directe

    Les jeunes ont-ils compris que la violence était nécessaire pour être entendus ?

  • 22:57OuverteRéponse directe

    Existe-t-il un pacte générationnel dans les débats politiques actuels ?

Affirmations vérifiables (citations exactes)

  • 0:41Fait
    « La violence fait partie de votre projet politique de bordellisation du pays entre maintenant et l'élection présidentielle. »
  • 2:51Chiffre
    « Il s'agit de violence volontaire aggravée ayant entraîné une mutilation une infirmité permanente. Il en court quand même ce policier 15 ans de réclusion. »
  • 10:52Fait
    « En prenant la France insoumise pour cible, il politise le mouvement. Il tente de le décrocher. »
  • 11:32Fait
    « Jean-Luc Mélenchon s'est toujours pensé comme étant le premier opposant à Emmanuel Macron dans la rue. »
  • 14:09Fait
    « Il ne faut pas faire croire que c'est un mouvement LFI, mais l'herbe était sèche et le MO a été posé au bon endroit par LFI. »
  • 17:58Chiffre
    « La mémoire vive de l'électorat, celle qui détermine son comportement électoral au dernier moment, est d'environ 6 mois. »

Temps de parole

  • ?100 %

≈ 0 interruption / 10 min (chevauchements et interjections détectés).

Modèle mistral-small-latest · prompt v1 · les citations sont vérifiées mot pour mot dans le transcript ; le taux de réponse directe est calculé à partir des verdicts question par question. Aucun label idéologique n'est produit.

Les intervenants ne sont pas encore identifiés sur ce transcript — l'identification des locuteurs est en cours de traitement et apparaîtra prochainement.

0:00

Alors certes le gouvernement se retrouvant en première ligne pour répondre à la crise lycéenne, mais s'il y a bien un parti politique qui lui aussi se retrouve très identifié au moment que nous vivons, c'est la France insoumise, les troupes de Jean-Luc Mélenchon qui ont participé à l'émergence du mouvement mais désormais ciblé pour une supposée mensuétude face à la violence. Écoutez cet échange cet après-midi à l'Assemblée nationale entre la chef des députés LFI Mathilde Panot et le Premier ministre Sébastien Lecnu. Vos jours à la tête de l'ultime gouvernement d'Emmanuel Macron sont comptés mais vous nous ferez honte jusqu'au dernier. Depuis 18 jours, un puissant mouvement de jeunesse se lève pour l'égalité scolaire. Depuis 18 jours, vous jouez le pourrissement et

0:41

déchaînez une répression inédite contre les manifestants. La réalité, c'est que vous êtes ambigu avec la violence car la violence fait partie de votre projet politique de bordellisation du pays entre maintenant et l'élection présidentielle. Et je vais vous dire une chose, madame la présidente, mentir sur les intentions du gouvernement ne vous sauvera pas électoralement. Semer le chaos tel que vous le faites depuis le début du vouvent l'esséen est un scandale et je vais vous dire même la présent de panneau, nous ne vous laisserons pas faire. Voilà. Alors, nous en viendrons bien évidemment à ces considérations à ces considérations politiques. Mais d'abord, on a besoin d'y voir clair et c'est là où vous nous avez rejoint à nouveau Aurélien Tirard pour quand même aller

1:25

sur le sujet de fond qui est le sujet aussi de la gestion de ces mouvements par les forces de l'ordre. D'ailleurs, Sébastien le Cornou a reconnu cet après-midi que des accidents peuvent arriver. Faisons peut-être déjà un point sur la doctrine appliquée par les policiers. On parle de proportionnalité, c'est ça. Oui, c'est ça. Et puis la doctrine est connue de chacun des CRS, des gendarmes mobiles he qui sont engagés sur des opérations de maintien de l'ordre. Alors, c'est quoi cette doctrine ? C'est utiliser les armes à leur disposition quand c'est strictement absolument nécessaire. C'est ils utilisent les armes à leur disposition he ce sont les lanceurs de balles de défense, les grenades lacrymogènes, les grenades assurdissantes, vous savez celles qui font énormément de bruit. Et les

2:07

consignes, c'est ne jamais viser la tête, ne privilégier le torse, les bras, les jambes, éviter bien sûr de tirer sur des personnes vulnérables que sont par exemple les enfants ou les personnes âgées. Alors la question bien sûr c'est est-ce que ces consignes sont respectées ? C'est à l'enquête aux enquêtes qui sont confié à la police des policp de le déterminer parce qu'il y a 11 enquêtes, c'est ça qu'on confi à l'IGPN depuis le début du mouvement. enquête en tout avec pour la première fois depuis le début de la mobilisation lycéenne un policier qui a été placé en garde à vue qui est même mis en examen ce soir, c'est le policier qui à Saint-Toin Lumone dans le Valdoise est soupçonné accusé d'avoir tiré une

2:51

grenade assourdissante lacrimogène plutôt sur sur dans le visage d'un d'un lycéen. Lycéen qui a été très sérieusement blessé. Ce ce ce policier donc il a été placé en garde vue. Il est mis un examen pour des faits graves hein. Il s'agit de violence volontaire aggravée ayant entraîné une mutilation une infirmité permanente. Il en court quand même ce policier 15 ans de réclusion. C'est pas rien. Donc voilà ce policier il a c'est le premier peut-être d'une d'une série, on ne sait pas encore qui a été placé en garde à vue dans ce cadrelà. Il y a eu d'autres feuilles. Il a par exemple à à Belf. Vous vous en souvenez ce qui s'est passé vendredi dernier ? lycéen qui a déposé plainte pour tentative de meurtre. Et bien, on a appris cet après-midi que cette plainte,

3:33

on est à Bellefort, cette plainte, elle est transmise au parquet de Vezou, ça veut dire qu'elle est dépaysée pour respecter l'impartialité de la procédure. Et ce ce lycéen, lui, il a il a déposé plainte pour tentative de meurtre, il a été interpellé, mise en examen, incarcéré. Et puis on retient aussi, et vous retenez euh Aurélien ce soir aussi euh une image peut-être que vous avez euh repéré et qu'on avait pas vu jusqu'ici. On va la on va la regarder. Alors voilà, expliquer peut-être à nos auditeurs ce que l'on voit. On est à Macon euh sur la place Saint-Pierre. On est en centre-ville. On voit un policier costaud. Il est en train de faire un AK. On est euh devant à peu près une bonne cinquantaine he

4:17

j'ai pas les chiffres exacts mais de de personnes. Ce sont essentiellement des lycéens et c'est une ambiance une bonne ambiance. On a là peut-être pour la première fois depuis le début de la mobilisation lycéen ce qu'on pourrait même peut-être appeler une vidéo de fraternisation entre lycéens et et policier. Ces images là, il y en a d'autres. On en a pris une qu'on a pu authentifier grâce à la cellule vrai ou faux de France info. Mais il y en a d'autres. J'en ai vu d'autres aujourd'hui. Et voilà. Qu'est-ce que ça veut dire ? On ne le sait pas. Ce sont des faits ponctuels qui sont pris au hasard dans le territoire mais on ne les a jamais vu encore pour depuis le début de la de la mobilisation lycéenne. Un grand merci Aurélien Tirard pour ce pour ce point très complet ce soir

4:58

effectivement sur ce maintain de lord. Peut-être un mot Laurent Fragman sur les sur les images qu'on vient de voir à l'instant. Effectivement, ça semble aller à rebour aussi de ce qu'on a pu voir ça et là, mais ça dit peut-être aussi quelque chose quand même de ce de finalement de ce mouvement. Oui, un mouvement qui change avec un départ où il y avait vraiment un côté hybride violence urbaine dans un certain nombre d'établissements. Un niveau de violence jamais vu hein, parce que il y avait quand même quand le lycée a brûlé, il y avait quand même 130 pensionnaires qui étaient qui étaient là. On voit où un collègue, un professeur qui se retrouve aspergé d'essence. Donc d'un côté on avait ça, puis on on voyait déjà un mouvement pacifique d'une grande majorité d'élèves. Euh là clairement ce

5:36

qu'il emporte c'est le côté pacifique et plus le mouvement se structure, plus il s'organise finalement plus on voit que il y a un refus de la part des jeunes lycéens dans la grande majorité des violences. Alors on a plusieurs petites villes ou villes moyennes dans lesquelles on on voit ce genre d'image. C'est quand même le grand succès pour le c'est que depuis 2005 il y avait pas eu de manifestation lycéenne importante. C'estàd que les mouvements lycéens s'étaient cantonnés à des blocus. à cause des violences justement. Et là, on a un mouvement qui a réussi à passer ce cap d'une manifestation réussie, deux manifestation réussies. À partir de là, ça lui donne une force, ça lui donne une légitimité et c'est pour ça que je pense que le mouvement va continuer parce que

6:16

il y a encore des lycées qui ne se sont pas mobilisés et tous ces lycéens ou parents de lycéen aussi qui voient que finalement ça s'est plutôt bien passé peuvent se dire "Bon bah nos enfants peuvent y aller." Ce n'est pas ce n'est pas risqué n'est pas dangereux. Jeanémy Bodo, c'est à la fois ce soir entre guillemets la bonne nouvelle pour le gouvernement et en même temps entre guillemets encore la mauvaise, c'est que finalement la manifestation s'est très bien passé. Ah ou si c'est une bonne nouvelle quand même et je pense que il suffit de lire les mots du premier ministre Sébastien Lecnu ce soir dans un tweet qu'il a diffusé sur les réseaux sociaux. Il parle de soulagement, il parle de respect, il parle de d'une manifestation dans un cadre légal déclaré démocratique. Donc

6:51

je pense qu'il y a une forme à la fois vraiment de soulagement puisque c'est d'ailleurs lui qui utilise le mot au sommet de l'État. Euh parce que je enfin, il il serait quand même complètement dingue d'imaginer que euh le gouvernement ait envie de jouer le pourrissement et envie de jouer euh la castagne avec euh les lycéens. Enfin, je veux dire euh que ce que je voulais dire, pardon moi pour bien préciser mes propos, c'est que c'est que ça peut vouloir dire aussi, comme le disait leur frerman, que le mouvement va durer. Oui, mais alors c'est là où je pense qu'il faut rester prudent parce que encore une fois la bonne question qu'on qu'on posait dans la première partie de cette émission, c'est pourquoi ça s'est bien passé ? Qu'est-ce qui fait que d'une certaine manière ceux qui sont

7:28

venus noyoter le mouvement les les jours précédents n'étaient pas là aujourd'hui ? Et je pense qu'on évidemment je je m'en réjouis parce que je je n'appelle à aucun moment à de la violence. Vous vous voyez bien mon mon point de vue mais ce que je veux dire c'est que il est il est étonnant et d'ailleurs c'est ce qu'on comprenait avec Orien Tire, c'est que les services de sécurité eux-mêmes sont un petit peu dans l'expectative c'est étonnant ils ont pris note que que les fauteurs de trouple et les casseurs n'étaient pas là. Donc c'est certainement une très bonne nouvelle. C'est évidemment une bonne nouvelle pour la santé générale du pays, disons-le, très très directement. Mais de là à dire que ça va bien se passer dans les prochains jours, j'aimerais vous j'aimerais pouvoir le certifier.

8:07

Véronique Rult, le sujet est aussi que ça peut renforcer la sympathie déjà présente envers ce mouvement quand une manifestation se passe bien. Oui, il y avait déjà avant donc c'était le le terrain était jeudi dernier, donc il s'est passé beaucoup de choses depuis. Il y avait 62 % des Français. Ça c'est l'enquête que vous avez voilà euh qui disait que voilà 62 % des Français trouvaient que la la mobilisation était légitime. Évidemment quand on regarde les moins de 55 ans, c'était beaucoup plus fort parce qu'on était à 73 % mais globalement tu était d'accord. Après il condamnait bien évidemment les violences mais ils étaient plutôt en soutien du mouvement. Plus le mouvement devient violent, moins l'opinion public peut soutenir. Mais la réalité c'est que aujourd'hui n'a fait

8:50

que renforcer mais même euh ce weekend où il y avait des images plus violentes, il y avait quand même beaucoup de parents qui comprenaient, beaucoup d'adultes qui étaient dans une forme de compréhension, non pas des violences mais du mouvement. Donc évidemment, si ça se passe mieux, comme ça se passait dans dans pas mal d'endroits, vous avez montré euh la battle d'ora euh qui a eu qui a eu plus de 1 million de vues, ça participe aussi à cette diffusion dans l'opinion que dans le fond les choses beaucoup ce type de vidéo sur les je vous êtes spécialiste réseaux sociaux, hein. Vous êtes vous avez vu beaucoup de ce type de vidéo avec beaucoup de vues aussi. Oui. Euh vous avez en Corse des jeunes qui chantaient devant les lycées, vous aviez en Bretagne des danses

9:31

folkloriques. Enfin globalement quelque chose de plutôt apaisé euh qui faisait plutôt du bien et qui ont été énormément partagé. Alors quand c'est partagé sur Snapchat, ben finalement on va dire que les personnes un peu plus âgées le voi moins pour rester bien élevé euh ou en tout cas voilà ne blesser personne. Faut avoir un compte Snapchat en tout cas voilà ce qui est pas le cas de tout ce qui n'est pas le cas de tout le monde mais qui est le cas de tous les jeunes et qui était le cœur de beaucoup de choses ces derniers jours. Là on voit que c'est sorti c'est sur Instagram, c'est sur TikTok, c'est sur YouTube. Et donc en fait aujourd'hui le reste de la population a vu ces images plutôt apaisées. Donc oui, c'est plutôt une marque de soutien à venir qui va se renforcer.

10:12

Alors, avançons avec la question de la bataille politique aussi que ce livre en ce moment le gouvernement et et la France insoumise. Vous avez entendu cet échange entre Mathilde Panot et Sébastien Lecnu. Peut-être Benjamin Morel, je commence avec vous. Pourquoi finalement, au-delà des questions de fond, Sébastien Lecnu prend-il autant LFI pour cible ? On peut imaginer qu'il y a quand même un sujet politique aussi. Alors pour plusieurs raisons, la première raison évidemment c'est que en prenant la France insoumise pour cible, il politise le mouvement. Il tente de le décrocher. C'est ce qu'a évoqué Telavonic. Il est il tente de le décrocher d'une partie qui est une partie aujourd'hui majoritaire de l'opinion qui le soutient. Vous avez un effet clivant de la France insoumise en

10:52

la signant politiquement, vous créez un clivage autour du mouvement. L'autre élément, c'est que il est vrai que les insoumis sont très fortement en soutien de ce mouvement. Certes, ils l'ont pas créé, mais en même temps, dans Jean pour Jean-Luc Mélenchon, ce mouvement rentre dans une combinaison stratégique, combinaison qui fait le paris de la jeunesse. L'aujourd'hui, l'alpha et l'oméga des insoumis, c'est toi jeune, va parler à tes parents de notre programme, on est de ton côté, on est du côté de l'avenir. Et donc là, en se mettant derrière le mouvement, et bien la France insoumise espère justement créer cette dynamique d'identification vis-à-vis de la jeunesse et créer un moteur de mobilisation électorale. Ensuite, Jean-Luc Mélenchon s'est toujours pensé comme étant le premier

11:32

opposant à Emmanuel Macron dans la rue. Ça commencé très tôt. Souvenez-vous 2018, la fête à Macron, il y avait déjà cette idée que au fond, à défaut d'être la première opposition au Parlement, il pouvait y avoir une opposition dans la rue incarnée par la FI et donc vous ne manquez pas un bon mouvement social. C'est aujourd'hui ce que font les insoumis. Le 3e élément et bien c'est que face à euh la colère sociale qui monte et bien plus vous avez une forme de facteur de désordre, plus ça rebat quelque peu les cartes au sein de la gauche et potentiellement vis-à-vis de la présidentielle. Et là aussi ça sert une stratégie de la FI et donc aujourd'hui les insoumis se font un peu les principaux porteurs politiques du mouvement. Ils se prennent l'escudes du gouvernement qui vont avec.

12:14

Laurent FR German, vous voulez réagir ? Oui, d'abord je pense qu'il y a euh il faut pas oublier quand même qu'une partie des lycéens ne vote pas pour Mélenchon et n'ont pas envie. Enfin, même s'il se votent pas déjà beaucoup ne votent pas encore en plus. Voilà. Mais de toute manière, même si on voit bien qu'il y a il y a une force euh qui attractive euh elle n'est pas complète et donc ça veut dire aussi que si le mouvement est trop politisé évidemment il va s'affaiblir. Ça c'est la grande question de tous les mouvements sociaux hein. C'est le rapport aux politiques. C'est le premier aspect. Le second c'est que faut pas se focaliser que sur le métropole. Vous avez dans le péri urbain, dans les zones plus rurales, vous avez un vote RN très fort dans la jeunesse, hein. Donc à

12:51

partir de là, euh vous avez d'autres acteurs qui rentrent pourant avec des lycées bloqués, y compris dans des communes de 5000 habitants. He bien sûr, les revendications sont quoi qu'en dise le gouvernement, il y a des problématiques qui sont nationales. Et puis moi ce qui me frappe, c'est que quelque part, on revient un clivage gauche- droite, c'est-à-dire et centre droit aussi hein, c'est-à-dire le parti de l'ordre contre ceux qui vont être en soutien. euh aux manifestants et qui vont considérer que pour l'essentiel c'est la répression policière, y compris on a vraiment deux narratifs sur les violences policières, sur les arrestations. On a deux narratives qui s'opposent complètement. Euh d'un côté, il y a vraiment aucune violence venant des jeunes. De l'autre, enfin vous

13:28

voyez, c'est assez frappant. C'est des blanches colombes d'un côté ou de l'autre quelque part. Oui. Donc là, on n'est pas tellement dans la polarisation qu'on connaît. C'est pas seulement LFI, RN ou voilà, c'est aussi finalement le le spectre traditionnel. Et je terminerai en disant que au sein de la gauche clairement quand même LFI a réussi à capter la lumière. Ça c'est incontestable. Est-ce que la question aussi c'est est-ce que Éfi a quelque part pas trop capté la lumière ? Je pense à Bali Bagayoko qui qu'on a vu avec des lycéens proches de poubelle et cetera, le maire de de Saint-Denis en scène Saint-Denni, je le rappelle, qui qui refusait dans un premier temps de de condamner la violence et cetera. Est-ce que il y a pas il y a pas eu ce risque là ? Quand

14:09

on joue avec les allumettes, parfois on se brûle un petit peu. Donc il y a évidemment un un risque politique euh pour la France insoumise de jouer avec cette tensionlà. Après, Jean-Luc Mélenchon est capable de vous dire dans son moment politique de l'autre jour que évidemment il n'encourage pas la violence, enfin, je me souviens plus précisément des des terodes non violentes. Voilà, enfin en tout cas qui prend ses distances. La réalité très concrète, c'est que par exemple un un député comme lui Boyard, il a fait le tour des lycées, qu'il a construit aussi quelque chose autour de ça. Il a d'ailleurs, il revendique le blocus challenge. Il revendique cette forme de de ministre blocus challenge. Peut-être va falloir que Véronique Rul nous explique de quoi il s'agit.

14:45

Mais ce qui est certain, alors je la laisserai juste terminer, mais ce qui est certain que j'en discutais avec un ministre il y a quelques heures qui me disait il faut pas, je je même vous le citer, il ne faut pas faire croire que c'est un mouvement LFI, mais l'herbe était sèche et le MO a été posé au bon endroit par LFI. H et donc c'est c'est vraiment cette image de ça veut pas dire que la colère n'existait pas avant, ça veut pas dire que les problèmes n'existaient pas avant, mais ceux qui politiquement l'ont mis en lumière, l'ont mis en musique, l'ont mis en radicalité et l'ont mis en viralité à travers les réseaux sociaux, c'est la France insou. Bon, alors Véronique Rou déjà sur le blocus challenge dans un premier temps et aussi sur ce le rôle finalement des de la

15:20

France insoumise parce qu'il y a quand même une puissance de feu des réseaux sociaux chez chez LFI he chez un certain nombre de députés. Oui. Alors après d'abord c'est pas eux, je sais pas ss ont mis le moo mais c'est sûr que c'est pas eux qui sont au démarrage. Non vraiment pas. Après les choses ont un peu évolué. C'est qu'au début ils se sont positionnés dans une logique où effectivement il poussaient un peu en posant des challenges. Celui qui arrivera le plus bloqué. Enfin bref, ils sont coutumiers de ce genre de de technique. Euh ils se sont posés aussi dans une logique où ils dénonçait les violence euh auprès de jeunes qui étaient un peu démunis face à tout ce qui se passait parce que n'oublions pas que quand même je n'ai pas le chiffre précis mais disons que sans doute plus

16:02

de 95 % des jeunes étaient pas dans cette logique de violence. Donc il s'est posé ainsi. Il y a eu cette attaque des politiques et le mouvement devenait plus politisé. La réalité c'est que les jeunes euh ils sont politisés par essence mais ils donnent pas confiance dans les politiques. Le seul politique où ils pouvaient se poser la question par moment était elle les et filles même s'ils avaient pas envie d'être récupéré parce queil y a un terme alors je ne sais pas si vous savez ce qu'est le le boycot challenge mais je peux vous dire qu'il y a un mot qu'il faut que vous oubliez tout de suite quand vous parlez aux jeunes c'est manipulation ça les rend dingue. vous dites queils sont manipulés, ils vont vous expliquer que non, qu'ils penseraient bien par

16:40

eux-mêmes et donc que vous faites pas ne mettez pas les bonnes conditions d'un débat disons. Donc on voit bien qu'ils étaient un peu énervés mais on a oublié de dire aujourd'hui la technique qu'avait appliqué les filles, elle a extrêmement bien marché pour cette journée qui est plus calme. Pourquoi ? qui s'est posé non pas en agitateur mais en protecteur et les jeunes l'ont vraiment vu ainsi au point où il y avait des images cet après-midi qui étaient assez incroyable de Jean-Luc Mélenchon qui arrivait à République avec son brassard et qui était embrassé euh salué enfin voilà donc on voit bien qu'il y a quelque chose de mais ça est-ce que très ça c'est pour les jeunes en tout cas je dis pas dans dans la sphère politique un moment c'est un peu facile d'à la fois souffler

17:22

sur les braises et ensuite de dire mettez des brassards blancs et vous allez voir ça va être formidable En fait, on va s'interposer, on voit bien que les c'est les deux extrêmes qui tirent leur marron de de l'histoire, quoi. Alors, Benjamin Morel, l'autre question qui peut se poser aussi, c'est concernant Jean-Luc Mélenchon, est-ce que lui-même ne s'est pas quelque part un peu rendu compte parce qu'on parlait des jeunes et Véronique qui nous expliquait que les jeunes bon peuvent être convaincus par le côté finalement je protège et cetera. Mais pour le reste de l'opinion, il est en campagne présidentielle Jean-Luc Mélon donc il vise pas uniquement le vote des jeunes. Peut-être de mettre un peu d'eau dans son vin pour euh ne pas se faire entre guillemets rediaboliser lui qui est

17:58

plutôt sur un moment de calme entre guillemets. Sa la stratégie de Jean-Luc Lenchon, c'est un peu toujours la même avant une élection. Il a enregistré quelque chose qu'on arrive à montrer en sociologie politique, hein. La mémoire vive de l'électorat, celle qui détermine son comportement électoral au dernier moment, est d'environ 6 mois, hein. On étud sur les États-Unis, sur l'Allemagne et on peut penser que le français n'est pas si différent de ses voisins. Et donc dans ce cadre-là, quand vous écoutez Jean-Luc Mélenchon 6 mois avant une élection, il est toujours beaucoup plus entre guillemets raisonnable républicain. Après une phase de chauffage à blanc de sa base électorale pour qu'elle vienne voter parce que c'est une base assez abstentionniste. il s'agit d'élargir l'électorat et donc à

18:35

ce moment-là et bien vous vous normalisez entre guillemets. On est dans cette phase là et donc là on est dans un mouvement un peu compliqué parce que ce mouvement en même temps et bien il charit des choses en terme potentiellement de violence. Il faut pas perdre le soutien de la jeunesse. Donc il faut le soutenir mais en même temps il faut pas gâcher ce dernier moment de la campagne. Quel moment de normalisation ? D'où cette position ce positionnement qui est un positionnement relativement habile qui permet de récupérer le mouvement sans pour autant être taxé de trop souffler sur les braises avec une limite tout de même, c'est que si la violence en effet demain arrive à un certain cran, il va être compliqué pour les insoumis de tenir un double discours. On l'a vu avec

19:15

notamment l'intervention de Bagayoko. Évidemment, ça revient en bon. Laurent FRGerman, vous pouvez y réagir. Juste une chose, c'est la 4e tentative hein, évidemment, je l'apprends pas. Et donc quand même malgré tout, il y a beaucoup d'électeurs qui ont fini par se faire une idée à force hein puisque c'est la personnalité je crois la la plus connue euh voilà et donc la plus rejetée, j'entendais mais la plus connue aussi. Bien sûr, la plus l'un n'empêche pas l'autre. Et l'un n'empêche pas l'autre effectivement. Voilà, c'est ça. Et donc je pense que du coup euh par rapport à ça, il y a c'est pas étonnant que ça soit plus dans la jeunesse qui découvre que et les filles continuent à percer. Voilà. Moi je pense que et mais c'est vrai hein, on entend, il y a plus de remarques antisémites

19:51

depuis un certain temps. Donc euh pour l'instant il y a un discours qui se normalise mais on a il a quand même expliqué il y a très peu de temps que tous les policiers étaient racistes hein. C'est moi, c'est comme ça que je l'ai vu. Donc ça c'est un discour Oui, d'ailleurs, un je crois qu'un syndicaliste policier lui a répondu que beaucoup de policiers en fait étaient issus de l'immigration. Donc euh compliqué les choses. Oui. Voilà. C'est c'est le genre de discours effectivement qui qui finit par heurter certaines réalités. Un petit mot. Alors après, il y a une réalité qu'il faut entendre également, c'est qu'on a une forme d'acculturation de la violence, hein. Notre société était beaucoup plus allergique à la violence ces dernière décennies parce qu'on sortait d'une période de

20:22

pacification politique. Aujourd'hui, la société française, comme toutes les sociétés occidentales, retrouve un sens de la violence en politique. Si vous regardez les mouvements sociaux qui ont obtenu des choses ces dernières années, la Corse 2022, les gilets jaunes, chaque fois il y a eu des violences et des violences qui ont été très fortes. Et donc à partir de là, l'idée que la violence p, c'est quelque chose que le gouvernement a ouvert et qu'aujourd'hui il p d'un autre côté. L'autre élément, c'est que quand vous avez une multiplication d'année en année des images de violence dans les manifestations, il y a une forme de normalisation dans les esprit qui fait que au fond cette violence là nous choque à tort probablement moins. Et ça évidemment c'est une donnée enregistrée. Véronique,

21:02

ce qui est clair c'est que les jeunes ils ont compris que s'il y avait pas un peu de violence, ils seraient pas entendu. Au point où la consigne d'ailleurs cette semaine c'était quand vous étiez devant un lycée, c'était trop de pancartes qui quand il y avait écrit trop de pancartes, ça veut dire qu'il fallait venir, qu'il fallait faire un peu de bruit, brûler deux trois poubelles, s'agiter pour attirer les caméras et pour que les adultes fassent attention à leur réalité. J'entendais tout à l'heure vos intervenants qui disaient que ils ont l'impression de pas être écoutés. Euh ça ça participe d'ailleurs au au sujet de Jean-Luc Mélenchon, mais on a l'habitude de dire que les Français ont l'habitude de dire qu'on on demande toujours leur voix sans jamais écouter leurs paroles. Mais là

21:39

les jeunes, on demande même pas leur voix parce que les trois/4 ne votent pas. Ça tombe bien, on a on a évoqué un sondage aujourd'hui sur l'antenne de France info, sondage de IPSOS qui est enquête sur 3000 jeunes de 18 29 ans. 8 d'entre eux sur 10 estiment que les politiques sont trop éloignés que quand ils s'y intéressent c'est par électoralisme. Le chantier est colossal semble-t-il. Ça c'est pour ça que il considère que tous les signes d'écoute, ils les prennent pas pour quelque chose de très crédible. Et quand je vous disais, ils sont politisés mais ils n'aiment pas les politiques. Ils considèrent que quelses que soient les politiques, ils sont trop loin, ils ne les comprennent pas, ils ne les écoutent pas, ils ne vivent pas leur vie et puis il ils ont le sentiment bien

22:22

souvent d'être méprisés. Réalité aussi des Français hein qui expliquent souvent que les politiques sont très loin de leur réalité. Mais là euh pour les jeunes, ils ont compris que s'ils veulent être entendus, il va quand même falloir plus que chanter des jolies chansons devant euh devant les portes des lycées. Il y a le sentiment, j'aurais mis Baudo quand même que il y a une un espace un peu inconnu de la part des politiques. J'ai de pact générationnel dans le pays, c'est-à-dire que je vois qui c'est parce que vous êtes encore jeune. Mais euh on a Non mais blague à part, on a on a un sujet de de pct générationnel. C'est-à-dire que je je vais vous redonner une anecdote que j'ai raconté dans je vais faire 2 secondes de de d'autopromo. Dans le podcast on off

22:57

qu'on a publié la semaine dernière avec les services politiques de France info, de France Interre et de France Télévision, je parlais d'une anecdote de d'un d'un conseiller d'Emmanuel Macron qui me dit au sortir du Covid qu'il qu'on va pas pouvoir faire le monde d'avant comme celui d'après et qu'il va falloir repenser le pact générationnel, s'occuper de nos jeunes. La réalité c'est qu'il ne s'est rien passé à ce moment-là et que regarder la la tonalité de nos débats publics, ils sont se tournés sur la question des retraites. Qu'est-ce qu'on fait pour les pour les pour les personnes les plus âgées ? Quit de de quit des des dépenses de santé. On n'est pas du tout en train de parler de la jeunesse. Vous voyez ce que je veux dire ? Donc évidemment que il y a une forme de pack générationnel

23:34

qui ne se fait pas et ce et le narratif autour de cette question de ce pack générationnel n'existe que très peu voire pas du tout dans la société et dans les débats politiques. Je serais très intéressé de savoir si dans les prochaines semaines des candidats ou des candidates à la présidentielle vont s'emparer de cette question au-delà d'eux. Il va falloir dépenser des milliards. Ça va être formidable mes enfants, vous allez voir. Parce que plus en réalité plus personne n'y croit. Donc il y a cette espèce de de de voilà de pact générationnel de comment est-ce que tous collectivement on repense et comment on écoute la jeunesse avec pardon d'être cynique Benjamin Morel un sujet quand même majeur c'est que les jeunes votent beaucoup moins que leurs aînés. Vous l'avez dans le 1000 et quand vous

24:09

prenez alors je ne dirai pas où j'habite mais quand vous prenez les programmes dans ma ville lors des élections municipales, ils étaient tous très orientés 3è âge. Pourquoi ? Bah parce qu'aux élections locales, il y a que les personnes âgées qui majoritairement votent. Et donc rationnellement, politiquement, vous vous adressez à qui ? à vos électeurs et ça ça crée évidemment et ben une double incompréhension parce que vous avez des politiques qui regardent pas mais des électeurs qui ne regardent pas non plus les politiques et ça c'est profondément profondément délétaire. Aujourd'hui, on l'évoquait tout à l'heure, il y a deux partis politiques qui ont un électorat plus jeune et qui leur parlent la FI et de l'autre côté le RN. Souvenez-vous il y a 3 semaines le discours de Marine Le

24:45

Pen sur le logement. Problème du logement, c'est un problème parmi les problèmes numéro 1 pour les pour les jeunes céit dans le dans le sondage que j'évoquais. Mais ça implique de repenser la question de la répartition de la propriété et cetera et ça potentiellement ça vous met à dos une partie des des personnes âgées. Les partie du centre ne peuvent pas en parler. Le RN en a parlé pour réagir là-dessus sur c sur cet aspect effectivement le la reconquête de la jeunesse et aussi euh le le l'abstention peut-être aussi qui est majeure. Bah il y a plus de les organisations de jeunesse sont beaucoup plus faibles qu'avant. Elle et filles effectivement est très forte dans les réseaux sociaux. Ils savent utiliser les codes de la jeunesse. Donc ça c'est une vraie force.

25:21

Mais en terme de travail au quotidien que quoi que ce soit, ce qui existe auparavant a beaucoup disparu. Euh donc c'est ça c'est important parce que c'est aussi par la proximité qu'on peut habituer les gens. Donc après euh les jeunes amplifient quelque chose qui est dans toute la société, c'est-à-dire une défiance envers le politique. Et c'est vrai que là les annonces par exemple quand le ministre de l'éducation nationale nous dit je vais il y a une plateforme sur internet et cetera ça ne cro absolument pas. C'est une blague dit Veronicou. Vous avez 5 secondes pour non enfin franchement les jeunes ils disent OK un numéro vert c'est sympa. Bon bah voilà effectivement numéro 20 vert merci Véronique Rissou vous êtes présidente de l'Institut Backbone Consulting. Benjamin Morel professeur de

26:00

droit public à Paris Panthéon à SAS Laurent Frerman, sociologue à l'université Paris 5 et professeur d'histoire en lycée. Et un grand merci également Jeury Bodo chef du service Bah oui meilleur pour la fin chef du service politique rien que ça de Francein