Apolline Matin du 27 octobre - 8h/9h
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Chapitres
Répartition du ton (temps de parole politique)
Propositif 15 %Attaque 64 %Défensif 21 %
Questions et réponses
Taux de réponse directe : 85 % (directe = 1, partielle = 0,5, éludée = 0)
- 10:07OuverteRéponse directe
Pourquoi ce texte pose problème selon vous ?
- 10:17RelanceRéponse directe
Il est dangereux dans sa philosophie, il est dangereux dans son application ?
- 10:48OuverteRéponse directe
Le projet de loi comprend les journalistes comme personnes pouvant indemniser les victimes ?
- 11:16RelanceRéponse directe
Jusqu'à quel élargissement de la responsabilité ?
- 11:53RelanceRéponse directe
La responsabilité du groupe, précisément ?
- 12:30RelanceRéponse directe
La victime sera de toute façon indemnisée, mais qui paye ?
Affirmations vérifiables (citations exactes)
- 0:52PrésentateurFait
« Le bilan, un mort et sept blessés auraient pu être plus lourds si son arme avait été encore chargée. »
- 1:58PrésentateurFait
« Elle échappe à la mort, mais aujourd'hui Sophia est convaincue des motivations racistes du tireur. »
- 2:17PrésentateurFait
« Hier, plusieurs centaines de personnes se sont rassemblées partout en France pour rendre hommage aux victimes de cet attentat et dénoncer la banalisation du racisme. »
- 3:35PrésentateurChiffre
« Depuis cette date, plus de 2280 commerces ont été victimes de casse. »
- 3:50PrésentateurChiffre
« Les bars et restaurants, 12% de moins au niveau national samedi dernier. Jusqu'à moins 43% à Bordeaux. »
- 5:21PrésentateurFait
« Le premier depuis le 7 octobre 2023. »
- 7:54InvitéChiffre
« Il est devenu le meilleur buteur de l'histoire de la Coupe du Monde. 22 buts, dont 10 cet été. »
- 8:00InvitéFait
« Meilleur buteur du championnat espagnol. Meilleur buteur de la Ligue des Champions aussi. »
- 12:09InvitéFait
« Une personne qui a causé une faute le répare. Celle qui n'a pas causé de faute n'a pas à le réparer. C'est comme ça depuis 1789. »
- 12:17InvitéFait
« Ce projet de loi innove en disant que quelqu'un qui n'a pas commis de faute doit contribuer financièrement à la réparation du préjudice. »
- 15:06InvitéFait
« Il y aura des sommations très claires de dispersion qui devront être émises par les forces de l'ordre. »
- 18:13InvitéFait
« Les documents de Mediapart sont des faux grossiers. Cette opération est téléguidée par les proxys de LFI, le Hezbollah, le Hamas et les outils du Yémen. »
- 37:10PrésentateurFait
« personne ne souhaite vivre dans une ville où 25% de la population est sous le seuil de pauvreté. »
- 37:24PrésentateurFait
« Le maire de Maison Lafitte refuse depuis des années de respecter la loi, préfère payer des amendes plutôt que de construire des logements sociaux. »
- 38:40PrésentateurFait
« il y a une préférence à l'immigration dans l'attribution des logements sociaux, ce qui est factuellement faux et ce qui est illégal. »
- 38:50PrésentateurFait
« Je préside des commissions d'attribution des logements. »
- 40:17PrésentateurFait
« depuis Pétain, tout d'un coup, l'extrême droite qui a toujours voulu abattre la République aurait disparu du champ électoral et du champ politique. »
- 41:36PrésentateurFait
« La France est armée. Elle s'est outillée de services spécialisés, largement équipés, qui dorénavant réussissent à circonvenir la plupart des projets d'attentats. »
- 45:54PrésentateurFait
« On a tous reçu des menaces de mort. Mon domicile et moi-même avons été mis sous protection policière pendant 15 jours il y a 5 ans parce que j'étais menacé de mort et la cible d'un projet d'attentat déjà. »
Temps de parole
- Présentateur71 %
- Présentateur 29 %
- Invité6 %
- ?4 %
- Invité 24 %
≈ 25 interruptions / 10 min (chevauchements et interjections détectés).
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Vous
écoutez
RMC. Il
est 8h, excellente journée sur RMC. RMC, Apolline Matin. Le journal de Thibaut Texer, bonjour Thibaut. Bonjour Apolline, bonjour à tous. Le traumatisme invisible de celles et ceux qui ont croisé la route du terroriste de Trappes, c
'est
le cas de Sofia. Elle témoigne ce matin sur RMC, mise en joue par le tueur. Elle doit sa vie au manque de munitions du tireur. Il est de retour ce matin en garde à vue. Les réponses du gouvernement jugées insuffisantes par les lycéens qui maintiennent la pression avec la volonté de poursuivre la mobilisation et la malédiction qui se poursuit pour Kylian Mbappé qui va encore devoir patienter le ballon d'or lui échappe. C'est l'anglais, Harry Kane, qu'il devance de quelques points. La garde à vue se poursuit ce matin pour le terroriste de Trappes. Entendu depuis hier après-midi, jugé apte à reprendre son interrogatoire après un nouvel examen psychiatrique.
Il a reconnu les faits tout en ayant le caractère raciste de ses crimes. Le bilan, un mort et sept blessés auraient pu être plus lourds si son arme avait été encore chargée. Au moment où il a mis en joue Sofia, menacée par le tueur, elle a vu la mort en face. Pierre Bazin du service police-justice est allé à sa rencontre. C'est un témoignage RMC. Le visage crispé, les mains tremblantes et les yeux remplis de l'arme. Depuis quatre jours, Sofia revoit constamment les cinq balles qui se logent dans sa voiture alors qu'elle fait le plein d'essence. C'est à ce moment-là que le tireur vient pointer son arme directement sur elle. Elle m'a dit, bouge pas, son arme vers moi directement.
Et moi je lui ai dit, s'il t'en plaît, tu fais pas ça, non, non,
non,
tu fais pas ça. Elle lui a dit, bouge pas, bouge pas. Il tire, le truc il est vide. Et moi dans ma tête c'est fini. Et vous rentrez dans la station essence pour vous protéger ? Je cours. Il y a beaucoup de monde à l'intérieur et je dis à tout le monde, vous sortez pas, vous sortez pas. Il y a un monsieur qui m'essuie avec les clashs en coffre, vous sortez
pas. Et j'entends des tac, tac, tac.
Sur les caméras de vidéosurveillance, on voit Sophia qui rentre en courant, elle se réfugie dans les toilettes. Quelques secondes plus tard, le terroriste tire sur un jeune homme. Elle échappe à la mort, mais aujourd'hui Sophia est convaincue des motivations racistes du tireur. C'est un raciste. Louis il est calme, il choisit les gens. Je suis pas bien la vérité. Je dors pas, franchement je dors pas la nuit. Le racisme tue et il faut le dire, conclut cette mère de famille qui ne veut plus laisser ses enfants sortir de chez elle. Hier, plusieurs centaines de personnes se sont rassemblées partout en France pour rendre hommage aux victimes de cet attentat et dénoncer la banalisation du racisme.
Un nouveau rassemblement est prévu à Trappes en fin de semaine à l'appel du maire de la ville à Lyra Bay. Il sera votre invité ce matin, Apolline, à 8h30 sur RMC et BFM TV. Les lycéens, je vous le disais, veulent poursuivre la mobilisation, remplacement de parcours sub, des moyens pour le bâti scolaire ou encore des classes de secondes moins surchargées. Les annonces du gouvernement n'ont pas suffi à calmer la colère s'il y a des avancées. Le compte n'est toujours pas bon, nous dit ce matin sur RMC, Julia Koudada. Elle est secrétaire générale de l'association Les Lycéens. Elle appelle à poursuivre la mobilisation.
La
même mobilisation, on continue les blocus dans 3700 lycées. En fait, il ne faut pas lâcher. On a un bras de fer avec l'exécutif et pour le moment, on le gagne entre guillemets. Parce que le gouvernement a peur et met en place des mesures concrètes. Ils savent qu'ils n'ont pas le choix. On revoit M. Lecornu dans 15 jours. Donc,
il
faut continuer. Ils pensaient qu'on allait arrêter pendant les vacances scolaires. Or, ce n
'est
pas du tout le cas. On montre qu'on est toujours présents. Et puis après, les lycéens, il y aura aussi les étudiants. Il y
a
la plateforme MonMaster et aussi ils ont d'autres revendications.
Il y a aussi les Français dans la rue. Nouveau rassemblement, d'ores et déjà prévu ce samedi. Acte 3 de la mobilisation contre la vie chère. Emmanuel Macron appelle à maintenir le calme. Lui qui reconnaît un manque d'anticipation des événements du 17 octobre. Depuis cette date, plus de 2280 commerces ont été victimes de casse. C'est ce que nous dit ce matin sur RMC. Le président des chambres de commerce et d'industrie à lundi, Crescenzo. À cela, a ajouté une baisse des réservations. Les bars et restaurants, 12% de moins au niveau national samedi dernier. Jusqu'à moins 43% à Bordeaux. Chiffre du site Privatizer.
Que vous dévoilez RMC ce matin, c'est la conséquence de ces débordements qui font peur aux clients. Reportage Alexandre Thibault, Jean-Wilfred Forkes.
Dans
son restaurant face au Capitole à Toulouse, Olivier Bouscatel a servi 8 clients samedi dernier. On n'avait personne la journée, on a un tout petit peu travaillé le soir après 18h. Le premier samedi, on a fait 260 euros de recettes sur la journée. Il emploie 15 salariés. On va voir avec des mesures de chômage parcelles pour au moins le samedi. On ne peut pas payer tout le monde pour ne pas avoir de clients. A Bordeaux, cet autre restaurateur a vu son établissement rester bien vide les deux derniers samedis. 6 couverts sur 80 habituellement. Déjà, l'été n'était pas bon pour nos commerçants à Bordeaux. Les incendies, la canicule, on espérait sur l'arrière saison.
Nous, restaurateurs de centre-ville, c'est le samedi qui compte. Des pertes importantes pour beaucoup de restaurateurs représentés par leur syndicat, l'UMI. Les établissements que j'ai pu avoir au téléphone étaient au cœur du réacteur. Eux,
c
'était zéro client. J'en ai certains qui sont en pleurs. Valentin Prudon, son vice-président. Ils quittent de la perte d'exploitation et on sait qu'aujourd'hui, bon nombre d'entre nous n'avons pas une assurance sur la perte d'exploitation. Donc ce chiffre d'affaires perdu vient s'ajouter avec rien en face. Tous craignent de revivre une nouvelle journée noire alors qu'un acte 3 est annoncé samedi prochain.
Et c'est dans ce contexte que les sénateurs étudient. Aujourd'hui, le projet de loi casseur-payeur visant à élargir la responsabilité des dégâts causés aux personnes présentes dans un attroupement lors d'un cassage. 7 millions d'Israéliens appelés aux urnes. Cela fait maintenant deux heures que les bureaux de vote sont ouverts pour le scrutin législatif. Le premier depuis le 7 octobre 2023. Et cela pourrait bien s'apparenter à une sorte de référendum pour ou contre Benyamin Netanyahou. Menacer le Premier ministre israélien joue sa survie politique. Marion Gauthier, vous êtes envoyée spéciale d'RMC en Israël en direct de Tel Aviv ce matin.
A la hauteur des enjeux du scrutin, Marion, les médias prédisent un taux de participation très élevé.
Oui,
il y a déjà beaucoup de passages dans le bureau de vote devant lequel je suis. Les électeurs défilent, attendent devant ceux qui tractent pour les différents partis. Il faut mobiliser tous ceux qui hésitent
encore,
insiste une volontaire. Il n'y avait d'abord que les démocrates ici. Le stand du Likoud s'est installé un peu plus tard, déployant une grande affiche de Benyamin Netanyahou. Solitaire parmi les visages de son
principal opposant, Gadi Eisenkot, c'est pour lui que va voter cette fois Olivia. Bibi doit changer. J'ai pourtant beaucoup voté pour lui avant, mais là j'ai changé mon vote. Bibi n'est pas bien entourée. Eisenkot était dans l'armée, il a l'air d'être un candidat honnête. Je suis psychologue pour enfants, je m'inquiète pour la suite, pour mes enfants.
Elle
évoque l'égalité devant le service militaire, car certains religieux en sont exemptés en Israël. Beaucoup rappellent évidemment le 7 octobre, un échec pour eux de l'actuel Premier ministre. Les heures à venir seront longues, les Israéliens votent à la proportionnelle. Et pour le moment, aucun parti
ni aucune coalition n'a de majorité, d'après les derniers sondages. Les résultats seront serrés, il y aura des recontages de la tension, craignent plusieurs électeurs, pour un scrutin qui pourrait changer l'image du pays.
Marion Gauthier en direct de Tel Aviv ce matin pour RMC. 8h07 et hier, c'était Ballon d'Or à domicile.
C
'est à Londres, en Angleterre, que le discret Harry Kane a remporté le plus beau trophée individuel de sa carrière. Le sacre d'une saison record pour l'international anglais du Bayern, la Minyama, les 3ème. Mais surtout Kylian Mbappé, il est 2ème. C'est son meilleur classement, pas assez pour consoler le capitaine des Bleus, qu'on a vu à Vachy hier soir dans son fauteuil. Et qu'il voit le trophée tant qu'on voitait lui échapper, ça ne s'est pas joué à grand chose Virginie Fulpin.
Ça s'est même joué à rien, moins de 41 points. C'est le rédacteur en chef de France Football qui le dit. Lui, il a le détail des votes. Il parle d'un écart encore plus faible qu'en 2024 entre le vainqueur Rodri et son dauphin Vinicius. Pour que vous vous rendiez compte, il y a 100 journalistes qui votent pour le Ballon d'Or. La différence entre Harry Kane et Kylian Mbappé, c'est juste 2 ou 3 votants sur les 100 qui ont choisi de mettre l'anglais en tête. Et le français en 2ème position, c'est cette marge infime qui a fait basculer le Ballon d'Or. Alors 2ème, oui, c'est le meilleur classement de Kylian Mbappé. L'attaquant français n'a jamais quitté le top 10 du Ballon d'Or depuis 2017.
Et cette année, il avait des arguments. Il est devenu le meilleur buteur de l'histoire de la Coupe du Monde. 22 buts, dont 10 cet été. Il a aussi été prolifique avec le Real Madrid. Meilleur buteur du championnat espagnol. Meilleur buteur de la Ligue des Champions aussi. Alors ça s'est joué à quoi ? Un titre collectif. Harry Kane a gagné le championnat d'Allemagne avec le Bayern de Munich. C'est tout, mais ça fait la différence. Kylian Mbappé n'a gagné aucun titre. Le Real Madrid a fini 2ème du championnat espagnol. 4 petits points derrière le FC Barcelone. Une victoire de plus, un match nul de plus. Et ce matin, on célébrerait sans doute le Ballon d'Or de Kylian Mbappé.
Ça aurait été bien. Pour la 3ème fois de sa carrière, Alexia Pouteya s'est sacrée chez les femmes. Dans le même temps, le PSG a pris la tête de la Ligue 1. Vainqueur de Lyon, 2-0 en clôture de la 8ème journée. Et puis c'est l'information de la nuit aux Etats-Unis. Le rappeur Jay-Z sera la prochaine tête d'affiche du show à la mi-temps du Super Bowl. Il faudra patienter le mois de février pour pouvoir voir le spectacle du rappeur américain.
Ce
sera à Los Angeles.
C
'était le journal de Thibaut Texer. Il est 8h09 sur RMC. RMC jusqu'à 9h. La loi Casseur-Payeur arrive aujourd'hui au Sénat. Élargir la responsabilité des personnes présentes lors d'un attroupement sans avoir forcément à rechercher la responsabilité individuelle de ceux qui ont réellement commis les dégâts. Ce sera possible grâce à cette loi. Et vous la dénoncez, Paul Cassia. Vous serez avec nous dans un instant en direct. Vous êtes professeur de droit public à l'Université Paris 1. Pour vous, c'est une inversion inquiétante de la charge de la preuve. Vous nous direz pourquoi dans un instant. Mais j'aimerais aussi que vous tous qui nous écoutez sur RMC, vous puissiez réagir. N'hésitez pas.
Le 32 16, vous êtes évidemment ouverts pour en débattre. Vos réactions également sur le WhatsApp de l'émission. 06 12 424 424. Faut-il faire payer tous ceux qui ont participé à un mouvement de casseur ou uniquement celui qui a véritablement porté le coup ? On se pose la question dans un instant. RMC jusqu'à 9h. Apolline Matin. Apolline de Malherbe.
Il
est 8h12 et vous êtes bien sur RMC. Et sur RMC Story, la loi casseur-payeur arrive cet après-midi au Sénat. Faire payer les personnes présentes lors des cassages, même si elles n'ont pas elles-mêmes porté le coup, voilà l'une des réponses du gouvernement avec ce texte. Bonjour Paul Cassien. Bonjour
Apolline. Vous êtes
professeur de droit public à l'Université Paris 1, Panthéon, Sorbonne. Vous, vous estimez que ce texte, il pose problème. Pourquoi
? Il
pose problème parce qu
'il est dangereux. Il est dangereux dans sa philosophie, il est dangereux dans son application,
il
est dangereux dans sa philosophie, parce qu'au fond, sous couvert d'indemniser les victimes, qui de toute façon le seront, c'est l'essentiel, eh bien il vient restreindre le droit de manifester,
et
il peut potentiellement concerner des personnes qui n'ont strictement pas participé, effectivement, à la commission d'une infraction durant une manifestation. Donc, je donne un exemple précis. Oui, allez-y. Le projet de loi, à l'heure actuelle, tel qu'il est rédigé avant le passage au Sénat, comprend les journalistes qui sont simples observateurs dans le cadre d'une manifestation, au titre des personnes qui peuvent indemniser les victimes, alors même que, par définition à un journaliste, n'a pas participé à la commission de cette infraction, et s'est contenté d'observer le déroulement.
La
question, c'est le groupe, et c'est
effectivement,
jusqu'à quel élargissement ? C'est
-à
-dire, est-ce que c'est trois personnes qui sont devant un adribus ? Est-ce que c'est un groupe de 20 personnes ? Est-ce qu'on élargit carrément à tout un périmètre
?
Exactement. Par capillarité, en réalité, le projet de loi étant la responsabilité à toute personne qui se trouve dans le groupement, sans que le périmètre soit définit. Ce que précise le législateur, c'est qu'il dit, au fond, celui qui casse, prenons l'exemple de l'abribus, celui qui casse l'abribus ne peut en réalité le faire que parce qu'il y a groupe. Parce que s'il est seul, en réalité, il ne le fait pas. Il le fait parce qu'il y a groupe. Qu'est-ce que vous répondez à ça ? La responsabilité du groupe, précisément. Oui, alors c'est quand même une ovation dans notre droit. Dans notre droit, il
y
a un principe qui est établi depuis 1789, qui est le suivant. Une personne qui a causé une faute le répare. Celle qui n'a pas causé de faute n'a pas à le réparer. C'est comme ça depuis 1789. Alors, ce projet de loi innove en disant que quelqu'un qui n'a pas commis de faute doit contribuer financièrement à la réparation du préjudice. C'est nouveau et je trouve que c'est dangereux. J'entends parfaitement, Paul Cassia, vos arguments juridiques. Il y a dans vos propos une phrase que vous avez dite et qui m'a frappée. Vous avez dit que la victime sera de toute façon indemnisée. Sauf que la question,
c
'est qui paye ? C'est-à-dire que oui, elle sera indemnisée. Mais dans ces cas-là, c'est ce que dit l'État. Il dit, attention, le gouvernement aujourd'hui dit que ce sera le contribuable. Et ça a fait réagir Laurent. Je voudrais qu'il puisse aussi s'adresser à vous, Paul Cassia. Bonjour Laurent.
Oui,
bonjour. Laurent, vous nous avez appelé des Pyrénées-Atlantiques. Je crois que vous êtes dans le Béarn peut-être. Laurent, vous êtes comptable. Et justement, vous vouliez réagir à la question de qui paye.
Oui, moi, par rapport à qui paye, il y a un projet qu'on a vu hier comme quoi il allait y avoir
une
surtaxe sur les assurances. Oui,
0
,8%. J'ai une voiture et une maison. Je n
'ai
rien cassé. Tous les mois, je vais bosser pour payer ma voiture et ma maison et donc l'assurer. Donc, je ne comprends pas pourquoi c'est à moi de payer. Et je suis complètement d'accord
avec votre intervenant. C'est celui qui casse qui doit payer. Aujourd'hui, je pense que l'État a les moyens de trouver celui qui casse. Avec la technologie qu'on a, avec les moyens.
Donc,
pas besoin de changer la loi,
Laurent. Mais par contre, que celui qui casse paye. Celui qui casse, il doit payer. Celui qui ramasse un objet qui sort d'une boutique doit payer. Il n'a pas à se baisser pour ramasser un objet qui sort d'une boutique qui vient d'être cassé. Ce qu'on a pu entendre par des avocats. Il était là. Ah, mon client était là par hasard. Il a trouvé un carton.
Il
a ramassé. Non, ce n
'est
pas à toi.
Ça ne t'appartient pas. Si tu ramasses le carton, tu le payes. Et si tu casses, tu le payes. Aujourd'hui,
les
journalistes, vous arrivez à intégrer des boucles Instagram ou des boucles Telegram pour trouver les messages qui
font que les gens vont se réunir pour casser. Donc, il
faut
que la justice fasse de même.
Il
faut que la justice fasse
de même.
Je voudrais que Paul Cassia puisse réagir à cette question. Écoutez, je rejoins Laurent qu'une personne qui a commis des dégradations, le rembourse.
C
'est le principe de notre droit depuis 1789. En revanche, qu'une personne qui n'a absolument pas commis la moindre dégradation, mais qui était dans le groupement, contribue à sa préparation. Ça, c'est une innovation et je pense que c'est à la fois dangereux pour notre droit et puis ça inverse la charge de la preuve parce qu'on vous dit « Vous étiez présents, donc vous devez payer alors même que vous n'avez rien fait ». Et au final,
ça
vient réduire la liberté de manifester.
Bonjour
Paul Cassia. Je ne voudrais pas non plus qu
'on
laisse croire que cette loi a été faite en dépit de tout bon sens puisque déjà pour commencer, il
y a
des conditions très claires qui ont été émises par le gouvernement, pour la plupart qui ont été validées par le Conseil d'État quand même. Déjà, il y aura des sommations très claires de dispersion qui devront être émises par les forces de l'ordre. Donc autrement dit, les gens seront avertis avant, ça doit exister. Et deuxièmement, il faut que le citoyen se soit maintenu volontairement dans le groupe après cette sommation. Ces deux conditions, elles seront appréciées par les magistrats. Et moi, j'ai confiance en ces lois parce que j'ai confiance envers les magistrats, si vous voulez.
J'ai l'impression que vos arguments, Paul Cassia, c'est un peu de dire « Ah bah oui, mais en fait, on ne sait pas vraiment
ce qui va se passer, il y
a
des gens qui pourront subir une injustice ». Les magistrats sont là pour ça. Paul Cassia.
Alors,
écoutez, oui, effectivement, grâce au Conseil d'État, la
notion de dispersion d'un attroupement a été précisée, et c'est
heureux. Il n'en reste pas moins
qu
'apporter la preuve qu'une dispersion a été correctement annoncée, que les forces de l'ordre ont correctement fait leur travail pour annoncer cette dispersion, et donc fait les sommations nécessaires, sera impossible à rapporter pour la personne qui sera condamnée à indemnisée à hauteur de 10 000 euros. On inverse la charge de la preuve. Comment voulez-vous que moi, participant à une manifestation, je démontre que les sommations ont été correctement effectuées ? Et en
même temps,
Paul Cassia,
ce genre de raisonnement, je dirais, juridique, en disant que parce que je suis présent, de fait, je suis supposé coupable, ce genre de raisonnement est déjà appliqué dans les cas du supporterisme et des manifestations sportives, qui rappelle qu'il y
a
des interdictions de déplacement et des interdictions de stade sur des supporters, avant même qu'il n
'ait
commis un acte délictueux. Et dans 75% des cas, ces interdictions sont retoquées par la justice.
Paul
Cassia
?
Alors effectivement, ça c'est l'engrenage. Donc on a commencé par les supporters, et donc on va appliquer à tout le monde. C'est toujours comme ça que ça marche, les mesures restrictives de liberté. Et donc l'exemple des supporters ne peut pas servir à justifier l'application d'une loi comparable pour toute la population, en raison des dangers que ça représente, comme je viens de l'indiquer, en termes de charge de la preuve. On va nous demander, à nous, manifestants, de rapporter une preuve impossible, d'une formalité impossible, qui est de dire que les sommations ont été correctement faites. C'est impraticable. Merci beaucoup Paul Cassia d'avoir répondu à nos questions ce matin.
Professeur de droit public à l'Université Paris 1, Panthéon-Sorbonne. Et merci aussi à Laurent pour sa réaction et son témoignage. Il est 8h20 sur RMC. RMC, Apolline Matin. C'est tous les jours de Manche. Alors c'est tous les jours, Arnaud de Manche, même quand il est en vacances, parce que vous allez entendre le meilleur d'Arnaud de Manche, on vous l'a gardé.
Oui,
Arnaud qui revenait sur les révélations de Mediapart à propos des écrits de jeunesse de Jordan Bardella. Écoutez. Mediapart, Arnaud a publié les captures d'écran des échanges antisémites attribués à Jordan Bardella. Oui, au RN, la semaine dernière, ils avaient demandé des preuves. Il y a eu les preuves, authentifiées par Facebook et par un huissier. Maintenant, ils veulent des preuves, que les preuves sont vraies. Alors Jordan Bardella, dans le prochain face-à-face, il va nous sortir une stratégie totale Donald Trump, fake news, en respirant très fort. Parce que vous avez remarqué, quand Jordan Bardella n
'est
pas content, il hyperventile, il va se faire fort.
Il fait...
Madame de Malherbe,
j
'aime les Juifs. Pardon, c'est mon portable. C'est mon rabbin qui m'appelle. J'ai ma circoncision à 10 heures. Écoutez, les Français ne sont pas dupes. Les documents de Mediapart sont des faux grossiers. Cette opération est téléguidée par les proxys de LFI, le Hezbollah, le Hamas et les outils du Yémen. Mais ces échanges Facebook ont été authentifiés, M. Bardella
?
Eh bien, Facebook fait partie du complot. D'ailleurs, Zuckerberg...
Aïe, aïe, aïe,
aïe,
aïe. On s'est
compris ?
Non, il a rechuté, merde !
Marine Le Pen a apporté son soutien à Jordan Bardella. Elle est tout le parti, d'ailleurs. Alors, vous avez vu, il y a trois échelons dans la défense. Un, c'est pas lui.
De toute façon, il était jeune. Et en plus, il a un peu raison, quand même. J'exagère à peine, parce qu'il
y a
un parlementaire RN
cité
par Le Monde qui a déclaré.
Authentique, c'est
une
vraie déclaration.
Oh, ça va ! Au lycée, qui n'a jamais gravé une croix gammée sur sa table avec un compas ?
Vous
avez vu
ce truc ? Mais oui, oui, oui,
il
y a un parlementaire cité par Le Monde. Par mois, déjà, vous recommencez. Vous, je pense que vous avez gravé des croix gammées, vous, quand vous étiez jeune.
Moi, j'étais à Saint-Jean-et-Hulst, à Versailles, école privée catholique non mixte. Les élèves ne dessinaient pas des croix gammées sur leurs affaires, quoi. C'était nos profs qui faisaient ça. Non, je déconne. Pas tous, pas tous. Et donc, au RN, ils sont là. Oh, ça va, à la puberté. Qui ne s'est jamais laissé pousser une petite moustache noire et une mèche ? Qui n
'a
jamais demandé à sa mère de lui coudre une cagoule blanche pointue pour sortir avec les potes ? On n'a pas eu la même jeunesse qu'eux.
Non, on n'a pas eu la même jeunesse. Du tout,
du tout, du tout.
En Sibérie, il y
a
la mort d'une technicienne de laboratoire qui pourrait avoir été causée par la peste. La peste pulmonaire.
C'est vrai qu'il ne manquait que ça pour que le 2026 soit parfaitement réussi. Une belle émise et demie de peste. On va tous avoir des bubons sointants pour Noël.
On ira voir nos parents, j'ai entendu Jacques Brel.
Je vous ai apporté des
bubons. C'est la
spéciale pour Manu Lachier. Alors, la technicienne aurait cassé un tube à essai ? Bravo. Quand tu manipules un tube infecté par la peste, tiens-le avec les deux mains minimum.
Oui, mais il fait froid en Sibérie, elle avait ses moufles. Oui, on a vu, elle avait ses moufles. Moi, je pensais qu'on avait éradiqué la peste. Alors, soit c'est une peste de la préhistoire qui est réapparue parce que de la glace a fondu. Soit c'est une peste préfabriquée en laboratoire. Je ne sais pas quelle version est la plus rassurante. Ceci dit, pardon, les
virus qui sont prisonniers dans la glace, ça ne me fait pas peur. Il y en a dans tous les congélateurs de nos parents. Quand tu vas chez eux et que tu retrouves des lasagnes fendus de 86, et alors, waouh, 86, tu trouves des glaces mycogou rhum-raisin. Ils ont ça, je les ai. Moi,
j'adore la rhum-raisin. C'est bon, c'est qu'il mangeait les rhum-raisins. C'est quand même le bâton de nos parents. Oh là là, c'est mon côté boomer. C'est mon côté boomer.
Ah,
c
'est bon.
Merci,
Arthur. Tu retrouves des glaces max. Tu veux un ischimo ? Des glaces mota. Tu dois avoir
des bactéries là-dedans. Ça te bute un diplodocus. À force de manger chez nos parents, je pense qu'on est immunisés contre un paquet de trucs. Allez, bon appétit, bien sûr.
C
'était le meilleur d'Arnaud Demanche. Il est 8h24. C'est l'heure de faire gagner des vacances. C'est le meilleur moment. Bonjour, Jylaine. Bonjour. Bonjour. Bonjour. Félicitations. Je crois que vous êtes éducatrice en Moselle. C'est bien ça ? Mais oui, c'est ça. Eh bien, c'est vous qui avez gagné. C'est vous. C'est pas vrai, je crois pas. Vous qui avez gagné ce séjour, belle en bras, vous avez été tirée au sort. Félicitations. Oh, c'est génial.
Comment ça va ? C'est Noël
aujourd
'hui. Bah ouais. C
'est Noël. Vous avez mis des paillettes dans ma journée. C'est formidable. Je suis
trop
contente. Mais des paillettes dans ma vie, Kevin. Eh bien
là, j'ai mis des
paillettes dans votre vie. Je suis très, très contente. RMC vous offre ses vacances. Félicitations. Félicitations à vous et à
tous ceux que vous pourrez emmener
parce que c'est un séjour famille. Vous pouvez partir avec des amis ou de la famille d'ailleurs. Donc félicitations à vous. Vous venez de remporter vos prochaines vacances, donc d'une valeur de 2000 euros dans les clubs et hôtels Bellembras. Et pour gagner les prochaines qui seront à gagner dans les grandes gueules, vous envoyez tout de suite vacances au 7-3216. Vacances au 7-3216. Bonne chance à tous. Gagnez vos vacances dans Apolline Matin sur RMC avec Bellembras. Bellembras Club, numéro 1 des clubs de vacances en France.
Je
pars sur BFM TV et RMC pour le face-à-face. Mon invité ce matin, c'est Ali Rabet. Ali Rabet, le maire de Trappes, ville endeuillée après ce périple meurtrier, cet attentat raciste. Ali Rabet qui est donc mon invité dans un instant sur RMC et BFM TV. Merci d'écouter RMC, il est 8h27. RMC, Apolline Matin. Le rappel des titres, Solène Gardry. De première mesure pour les lycéens. Le Premier ministre Sébastien Lecornu a annoncé hier une réforme de parcours sup. La création de 500 postes de professeurs dans les lycées, de 15 000 places dans l'enseignement supérieur. Les syndicats étudiants ont réclamé 250 000. Ils ont appelé à poursuivre la mobilisation.
Des milliers de personnes rassemblées hier soir, 4 jours après l'attentat raciste, des Yvelines qui a fait 1 mort et 7 blessés. Ils étaient 3 000 à Paris, plusieurs centaines à Lyon et Marseille réunies contre le racisme et en hommage aux victimes. Hier, la garde à vue du suspect de 39 ans a repris. Elle avait été interrompue à cause de son état psychiatrique, suspect qui conteste le motif raciste de ses crimes. Le Sénat rejette la réforme sur l'autonomie de la Corse. Réforme étudiée depuis 2022 qui pouvait donner à l'île certains pouvoirs dérogatoires. Le camp autonomiste a claqué la porte de l'hémicycle. Jour d'élections législatives en Israël.
7 millions de personnes sont appelées aux urnes. Un scrutin qui s'annonce serré et doit décider du sort du Premier ministre Benyamin Netanyahou au pouvoir depuis 30 ans. Harry Kane s'a créé ballon d'or hier soir à Londres avec ses 73 buts sur une saison.
L
'attaquant du Bayern a été préféré à Kylian Mbappé qui finit en deuxième place. La météo pour finir ce matin. Il pleut en Bretagne, en Normandie et sur les pays de la Loire. Le vent souffle sur la pointe bretonne et les côtes de la Manche. Prudence aussi sur l'arc atlantique avec les grandes marées. Coefficient sans attendu. Il est 8h29 sur RMC. Dans un instant,
c
'est le face-à-face. Apolline reçoit le maire de Trappes à Lyrabais.
Il est
8h29 et vous êtes bien sur RMC et BFM TV. Bonjour Ali Rabais. Bonjour. Merci d'être mon invité ce matin. Vous êtes le maire de Trappes, une ville évidemment bouleversée, un pays sous le choc. Après ce périple meurtrier de Kevin T, vendredi, une véritable chasse à l'orme, un attentat terroriste raciste. On va évidemment parler du contexte. Vous êtes bouleversé. Le pays est sous le choc. C'est le mot qu'a utilisé le président de la République qui s'est rendu à Trappes. On va revenir évidemment aussi sur l'enquête. Mais d'abord, je voudrais que vous nous donniez des nouvelles, des blessés et notamment de cette petite fille.
C'est d'après ce que m'a indiqué la famille, cette petite fille va mieux. Elle est courageuse puisqu'elle a lutté contre, était entre la vie et la mort pendant de nombreuses heures. Elle a subi plusieurs opérations. Aux dernières nouvelles, dimanche, elle avait retrouvé conscience. Elle avait pu reconnaître et échanger avec sa famille.
Elle
avait pu reconnaître et échanger avec sa famille. Les autres blessés sont certains encore hospitalisés. Et l'un d
'eux
est
encore dans un état très grave. L'un d'eux a été si gravement blessé
qu'il a dû subir deux opérations lourdes. Son état s'améliore et on espère également qu'il pourra rapidement être sorti d'affaires. Je le disais, un périple meurtrier, vous l'avez tout de suite dit, ça aurait pu être encore pire. Et je voudrais que l'on écoute tout de suite les mots, l'émotion d'une de vos habitantes. Une habitante de Trappes, elle s'appelle Sophia. Elle s'est confiée au micro de notre reporter RMC Pierre Bazin. Elle raconte qu'elle faisait le plein d'essence quand elle a été visée par le tueur. Qu'il y
a
eu cinq impacts sur sa voiture avant qu'il ne la mette en joue. Écoutez.
Elle
m'a dit, bouge pas, ça n'arme vers moi directement. Et moi je lui ai dit, s'il te plaît, tu fais pas ça, non, non,
non,
tu fais pas ça. Elle lui dit, bouge pas, bouge pas. Il tire, le truc il est vide. Et moi dans ma tête c'est fini, je cours. Il y a beaucoup de monde à l'intérieur. Je lui
ai dit
à tout le monde, vous sortez pas, vous sortez pas. Il y a un monsieur qui me suit avec les clashs en coffre, vous sortez pas. Et je t'en dis, tac, tac, tac, c'est un raciste. Louis, il est calme, il choisit les gens. Je suis pas bien la vérité. Je dors pas, franchement je dors pas la nuit.
Il
est calme, il choisit les gens.
Elle
est bouleversée, elle ne dort plus.
Son
témoignage c'est celui de bien d'autres trapistes
qui
racontent petit à petit
ce
qu'ils ont vécu. Une femme noire qui portait un foulard sur la tête me racontait dimanche soir en larmes la même scène à quelques mètres du lieu où est assassiné Pengo Boshuwangi. Elle a dû sa survie uniquement au fait que l'arme s
'est
de nouveau enrayée. Il a essayé à plusieurs reprises de lui tirer dessus trois fois sans y parvenir et elle a pu ensuite fuir et se réfugier dans un bus. Donc au-delà des blessés, au-delà du décès, il y a de très très nombreux trapistes qui ont réchappé par miracle. Et nous le devons à la fois à la météo capricieuse qui a vidé les rues de Trappes ce matin-là, notamment le marché de Trappes où il s'est rendu, où il n'a trouvé quasiment personne. Et également au fait que son arme, encore une fois, était ancienne et s'est enrayée à de nombreuses reprises. Sinon, nous aurions eu à déplorer des dizaines, voire des centaines de morts. Je rappelle qu'il a tiré plus de 150 cartouches.
150 cartouches, au moins 8 lieux de crime, scènes de crime, comme le disait hier le Parc national antiterroriste. Est-ce que vous pouvez me parler de Pengo Boshuwangi
?
Il n'habitait pas la ville. Il venait rendre visite à de la famille. Il est du territoire. Sa famille et ses parents, notamment, sont du territoire. C'était
un
homme qui était un sportif, jeune, à 26 ans, qui avait tout l'avenir devant lui, dont les proches
racontent,
notamment dans son club de sport, combien il était plein d'avenir, plein de promesses. Il espérait que le sport lui permettrait de réussir son parcours dans la vie. Il était sur le point de devenir professionnel du MMA, d'un sport de combat. Il n'avait comme seul tort que de marcher au mauvais endroit, au mauvais moment, avec la mauvaise couleur de peau. Avec la mauvaise couleur de peau. Qu'est-ce que vous dites ce matin ? Qu'est-ce que vous dites depuis quatre jours aux habitants de Trappes
? Je
ne trouve pas les mots pour leur parler. Ce n
'est
pas simple. Ce n
'est
pas simple parce qu'il y
a
un traumatisme collectif, vous l'avez rappelé.
Et
que le sentiment qui domine, c'est évidemment la peur. Ce n
'est
même pas l'incompréhension, parce que chacun comprend. Cette dame le dit très bien. La motivation raciste
qui
vient de loin. Et cet acte, même si on n'aurait pas pu le prédire, ni sa date, ni le lieu de sa commission, ça fait longtemps qu'on est quelques-uns à craindre qu'ils surviennent sur le territoire. Et c'est arrivé dans ma ville à Trappes. Sur des habitants qui ont pris l'habitude d'être stigmatisés, d'être pointés du doigt et d'être désignés comme des cibles. Et cette habitude, il faut qu
'on
la perde collectivement.
Vous
voulez écrire la suite. Vous avez commencé d'ailleurs hier avec ces rassemblements. Il y aura à nouveau un rassemblement dans votre ville vendredi. Vous voulez écrire la suite. Comment on fait justement pour écrire la suite
? Ce
n'est pas la responsabilité d'une personne ou d
'un
groupe.
C
'est notre responsabilité collective. Le racisme tue, on le sait, depuis toujours. Il y a toujours eu des militants engagés contre le racisme qui dénoncent ces crimes, ce qui arme la main des tireurs, des tueurs. Mais la société dans son ensemble a baissé les armes. Et on a pu considérer que stigmatiser tout un territoire et toute sa population ou une partie du peuple français, tout simplement, ça ne prêtait pas à conséquence.
Ça
prête à conséquence. On a eu à déplorer un mort et des blessés graves. Mais au-delà, vous savez, tout un peuple traumatisé,
tous
les Français dans leur ensemble, singulièrement ceux qui se considèrent dorénavant comme des cibles. Ce que j'entends depuis vendredi, au sein de ma population, c'est la peur de sortir, la peur de laisser ses enfants sortir, le sentiment qu'on n'a plus sa place ici. Certains disent et considèrent, et ça m'inquiète, qu'il faut se défendre soi-même. J'entends parler d'autodéfense, des concepts dont on croyait débarrasser la République. Donc l'enjeu, c'est qu'on puisse collectivement se ressaisir, tirer les leçons de ce qui s'est passé et de la dérive de notre débat public, d'ailleurs.
C
'est pour ça que j'ai assez rapidement et spontanément appelé à la concorde républicaine parce
que
c'est l'essentiel du message que je veux passer, c'est que nous sommes un seul peuple et qu
'on
ne
peut
pas dresser la France contre elle-même. On va revenir sur ce que vous dites, sur les racines très profondes. Vous dites de ce racisme qui monte et qui a fini par tuer chez vous, attrape. Vous appelez à un sursaut, à pouvoir vivre ensemble, à une concorde nationale. Est-ce que vous estimez que quatre jours après, elle est là
? Je
n
'ai
pas assez de recul et je vais vous dire, je suis totalement allé dans le guidon, donc je ne sais pas ce qui se dit autour de moi. Et en dehors de ce qui se dit dans ma ville, avec mes concitoyens, donc c'est à vous d'en juger et j'espère que c'est le cas. J'espère que sur vos plateaux, j'espère que dans le débat politique, il y
a
un sursaut. On m
'a
envoyé quelques images du débat d'hier, sur votre antenne d'ailleurs, quand Edwige Diaz continue, représentant du RN, à dire que Trapp est une république islamiste, le revendique et réitère ses propos et ceux de son président, Jordan Bardella. Donc de ce camp-là, je n'attends rien. De ces députés, je n'attends rien. D'un parti qui vient de reconduire un antisémite à sa tête, je n'attends rien. En revanche, de nous toutes et tous, de vous, les médias en particulier, j'attends beaucoup et j'espère beaucoup, sincèrement.
Parce que c'est vous qui avez la clé, pas vous uniquement les médias, mais ceux qui, dans la société, ont une influence, ceux dont la parole peut être entendue, ceux dont l'intelligence, les intellectuels, les éditorialistes, etc., peut permettre de contrecarrer le discours raciste, ceux-là ont le devoir de se mobiliser plus fortement. Je partage, évidemment, totalement ce que vous venez de dire sur la lutte, le recadrage, la limite à apporter. Il y a ensuite une question qui est évidemment celle de la démocratie. Comment on fait dans une démocratie quand des gens sont élus, quand un peuple choisit ? Qu'est-ce qu'on fait ? Qu'est-ce qu'on dit ?
Est-ce que la campagne présidentielle n'est pas, au fond, devrait être la meilleure des réponses
?
Certainement pas. Certainement pas les derniers mois avant une campagne présidentielle. c'est le débat quotidien qui me pose problème. Mais est-ce que le débat qui va s'ouvrir, il se trouve que le contexte de ce calendrier, c'est un moment où, précisément, on peut entendre des voix comme la vôtre, on peut entendre mais il faut entendre tout le monde.
Est
-ce qu'il faut entendre tout le monde
?
Ça, c'est
à
vous de l'apprécier par ailleurs. J'observe
qu
'en Belgique, par exemple, les médias d'initiatives comme la classe politique ont choisi d'ériger un cordon sanitaire et d'interdire la parole raciste sur leurs antennes et de ne pas inviter les représentants de l'extrême droite qui s'appelait aussi le Front National en Belgique francophone. Néanmoins, en France, moi, je ne demande même pas cela. Je demande que l'on soit capable de tenir pied à pied la digue républicaine face à ceux qui, à longueur d'antenne, racontent n'importe quoi, développent des théories complotistes et mensongères comme celles du Grand Remplacement.
Je demande qu'on puisse, du ministre de la République jusqu'au commentateur de plateau, éviter de détailler, de donner libre cours à la parole raciste. Vous avez cité, notamment dans les colonnes du Parisien ce matin, Aurore Berger, elle est ministre de la lutte contre les discriminations et pourtant, vous dites d'elle qu'elle fait partie des responsables en quelque sorte de cette parole décomplexée lorsqu'elle a affirmé que certes, elle combattait la théorie du Grand Remplacement mais que cette théorie relève, je cite, du débat politique et de la liberté d'expression. Vous savez, moi, je n
'ai
pas envie de régler des comptes, y compris avec Aurore Berger. Pas du tout. Je n
'ai
pas envie de régler des comptes, j'ai envie qu'on en tire des conclusions pour l'avenir, y compris avec votre antenne et j'ai envie qu'on change de comportement. Vous savez, ce serait l'honneur d'Aurore Berger ou de François Béroux qui a parlé de submersion migratoire ou de Valérie Pécresse qui a dit que le Grand Remplacement était une réalité. Que tous ceux-là disent le regretter tout simplement et s'engagent à ne plus utiliser ce genre de théorie. Vous savez, espérer récolter des miettes électorales
en
courant derrière le discours et les théories de
l
'extrême droite, en courant derrière les constats erronés de l'extrême droite. Ça ne marche pas. Ils seront tous à la fin dévorés par ceux qu'ils auront nourris. Éric Ciotti, président du parti principal de la droite républicaine, a fini aujourd'hui dans l'orbite du Rassemblement national et n
'est devenu qu'un préroquet de l'extrême droite.
Il
est président
des Républicains et il est désormais un des alliés de Marine Le Pen. Mon sujet, ce n
'est
pas de savoir s'il y a eu des erreurs par le passé quand, encore une fois, le Premier ministre de la République parle de submersion migratoire alors que tous les chiffres, toutes les analyses, toutes les statistiques disent l'inverse. Il doit s'amender et il doit éviter d'utiliser ces ressorts-là qui ne lui apporteront et qui n'apportent rien sur le plan électoral.
Il avait parlé précisément d
'un sentiment de submersion migratoire et il l'avait redit le lendemain, estimant qu'il y avait les apports étrangers positifs, certes, mais que dès l'instant que vous avez le sentiment d'une submersion, alors c'est à ce moment-là qu'il y a le rejet. Eh bien, par ces mots, par ces paroles répétées, on étaye les constats et donc les solutions de l'extrême droite française. Ça suffit, il faut arrêter là.
Il
est temps encore, pour les six mois qui viennent, mais pour l'avenir également, d'en finir avec ces pratiques complaisantes avec le discours de l'extrême droite. Comment on fait, Annie Ramay, pour remettre du vivre ensemble et tout simplement même concrètement une forme de mixité sociale ? J'ai l'impression que moi, depuis que je fais ce job de journaliste, je n'entends que des politiques qui disent qu
'il
va falloir remettre de la mixité sociale. Concrètement, est-ce que dans votre ville,
ça
a été le cas
?
Avant de vous répondre, déjà, je vous remercie de cette question qui est une question profonde, sérieuse, qui est l'un des sujets à adresser. Vous savez, notre pays, il est traversé par des chagrins collectifs.
Ça
se heurte à des égoïsmes politiques. Dans ma ville, on augmente la part des logements privés qui cohabitent avec des logements sociaux. On construit des nouveaux quartiers qu'on reconstruit dans le cadre du renouvellement urbain pour faire en sorte que chacun trouve sa place. Propriétaire privé, accédant à la propriété accompagnée, issue du logement social et locataire du logement social parce qu
'on
a de forts besoins en Ile-de-France en logement social. Pourquoi on se heurte à des difficultés importantes à Trappes comme ailleurs ? Parce que dans d'autres territoires, tout près de chez nous, d'autres maires refusent de respecter la loi qui a été votée en 2001, la loi de solidarité qui exige que chaque ville ait 25%
de logements sociaux. Ça veut dire quoi ? Ça veut dire que
chacun se retrouve, en fait, vous, avec trop de logements sociaux et pas assez, finalement, de propriétés privées et d'autres villes, exactement l'inverse ?
C'est assez bien
résumé. Mais nous, dans les villes populaires, nous sommes
ceux
qui demandons de la mixité sociale parce que personne ne souhaite vivre dans une ville où 25% de la population est sous le seuil de pauvreté. La plupart des habitants de ces communes, historiquement, y ont été installés par la République française.
Ils n'ont
pas fait le choix rationnel de s'y installer, même s'ils aiment leur ville aujourd'hui et qu'ils y sont attachés. Mais pourquoi le maire de Maison Lafitte refuse depuis des années de respecter la loi, préfère payer des amendes plutôt que de construire des logements sociaux en résistant à la loi et aux injonctions de l'État
?
Pourquoi ? Est-ce qu'on va continuer à fermer les yeux sur ces réalités-là ? La plupart de ces élus sont proches des idées de l'extrême droite et de la droite radicalisée. Pourquoi ils continuent à vouloir construire un monde où chacun vit chez soi replié sur lui-même et on se tourne le dos plutôt que de se faire face ? Comment vous faites-vous pour justement ouvrir ? Comment est-ce qu'on fait ? C'est-à-dire que c'est une question de logement,
c
'est une question d'emploi, est-ce que ça n
'est
qu'une question économique, est-ce que c'est une question morale, est-ce que c'est une question religieuse ? Quels de tous ces points-là, comment on fait ? Tous ces sujets doivent être adressés paisiblement, rationnellement, dans le débat public qui doit pouvoir permettre d'exprimer la diversité des points de vue des options politiques pour que les Français choisissent tranquillement ?
Sur
le logement, sur l'accès à
l
'emploi, sur la réalité des discriminations, sur la question de la sécurité qui est une exigence de notre territoire populaire, sur tous ces sujets, il y a différentes options politiques. Il faut pouvoir, en revanche, dire clairement que les options proposées par l'extrême droite qui consistent à considérer que quel que soit le sujet, les hôpitaux où il n
'y
a pas assez de médecins ou les personnes âgées crèvent dans des brancards, les élèves qui se retrouvent sans enseignants pendant des mois durant en année de terminale, tout cela, c'est parce que les immigrés consomment et prennent l'argent des Français. Les Français qui n'obtinent pas de logements, j'entends l'extrême droite dire et parfois sans être démenti, y compris dans vos antennes, qu'il y a une préférence à l'immigration dans l'attribution des logements sociaux, ce qui est factuellement faux et ce qui est illégal. Et je le sais, je préside des commissions d'attribution des logements.
Donc, toutes ces réalités-là, si on peut les adresser paisiblement et refuser de tolérer que l'extrême droite simplifie le propos, simplifie le constat et propose des solutions démagogiques, ça fera du bien au débat public. Et je veux insister à Pauline de malheur sur le fait que vous avez une responsabilité là-dessus. Je l'entends parfaitement
et j'en suis
parfaitement consciente et je crois que la plupart des journalistes le sont. Ça ne veut pas dire qu
'on
ne fait pas d'erreur, mais je crois qu'on en est conscient et plus que jamais aujourd'hui dans cette société qui, comme vous le dites, est non tellement fracturée, mais au bord des larmes en permanence. Il y a, vous avez dit le mot, il y a du chagrin, il y a de la souffrance, il y a de l'angoisse, il y a aussi de la violence, il y a aussi un climat où l'on sent qu'à tout moment, ça peut exploser. Comment on fait pour que le climat,
y
compris politique, vous disiez, j'appelle à une forme de concorde. Vous avez peut-être vu hier des images où il y a des manifestations où certains membres d'une gauche qui ne seraient pas LFI ont été insultés. Quand le maire de Paris arrive, le parti socialiste arrive et il est insulté et que les militants qui sont sur place crient tout le monde, tout le monde déteste l'EPS. Est-ce que l'exemple ne doit pas venir aussi de la gauche ? Vous disiez, il y a le problème de la droite, il y
a
le problème de la gauche. Mais l'exemple, il doit venir de chacun et chacune d'entre nous. Est-ce qu'on est capable, dans le débat politique, au sein de la gauche, au sein du camp républicain, de distinguer un adversaire, un concurrent, d'un ennemi de la République ? C'est ça l'enjeu. On a expliqué qu'il n
'y
avait plus d'ennemi de la République. Moi, je veux qu
'on
m'explique pourquoi, depuis Pétain, tout d'un coup, l'extrême droite qui a toujours voulu abattre la République aurait disparu du champ électoral et du champ politique. Ce n'est pas le cas. L'extrême droite et le reste,
ce
n'est pas la même chose. Vous savez, le maire de Laverrière et moi, on ne partage quasiment aucune option politique. On est
de
bord opposé de l'échiquier. Et pourtant, je sais que c'est un adversaire.
Un concurrent aux
élections,
ce n'est pas un
ennemi de la République. Quand bien même, j'aurais encore une fois, y compris sur des sujets très importants pour moi, et des accords majeurs avec lui. Mais je sais considérer que face à l'extrême droite,
je
ne reverrai jamais dos à dos
l
'extrême droite et quiconque dans ce pays. Jamais. Ni au premier, ni au second tour d'une élection. Il s'agirait qu'on en soit tous et toutes capables. Est-ce que vous estimez que l'État a eu une responsabilité à ne pas avoir suivi, anticipé, fiché le tueur ? Je crois que c'est
l
'une des mesures, et j'espère qu'il y
a
une prise de conscience au plus haut sommet de l'État, qui permettrait aussi de rassurer une partie de nos compatriotes.
On
a mesuré, au début des années 2010, combien la France avait du retard dans la lutte contre les islamistes et en général, quand on a subi cette vague d'attentats successifs, on a ressenti que nous étions relativement désarmés pour identifier le mal, pour identifier les personnes qui étaient embrigadées, qui étaient connectées en réseau et qui pouvaient passer à l'acte. La France est armée. Elle s'est outillée de services spécialisés, largement équipés, qui dorénavant réussissent à circonvenir la plupart des projets d'attentats. Eh bien, il faudra la même chose face à l'ultra-droite.
Je crois que les services de l'antiterrorisme en ont pleinement conscience, mais il faudra que la classe politique leur donne les moyens d'agir. L'avocat de la famille de Pengo Bossio Wangui laisse entendre que le fait même d'avoir levé, suspendu simplement une journée la garde à vue de Kevin T aurait peut-être été une manière de minimiser cet attentat terroriste-raciste. Il dit cette décision intervenant à la suite d'un examen psychiatrique demandée par le parquet national antiterroriste ne manque pas de nous étonner car en pratique ces levées de garde à vue pour motifs psychiatriques sont très rares.
C'est faux, il y en a beaucoup des levées pour motifs psychiatriques, mais est-ce que insinuer que l'État au fond serait en train de tenter de minimiser, est-ce que c'est aussi votre propos ou pas du tout ? Alors l'avocat de M. Pengo
de
sa famille en général puisqu'il n'est effectivement décédé, l'avocat est dans son rôle. Ce qu'il dit est le sentiment partagé par beaucoup de Français et beaucoup de trappistes qui considèrent qu
'ils
ont annoncé avant même la levée de la garde à vue que la théorie
de
la maladie psychiatrique serait celle qui serait mise en avant.
Mais c'est
sans doute
pas
une
théorie.
Et l'avocat de l'auteur présumé est dans son rôle qui lui suggère probablement
d
'indiquer qu'il est malade psychiatriquement et que finalement il n'avait pas de mobile raciste quand bien même cela contredirait ses premières déclarations au moment de son arrestation. Chacun est dans son rôle. Ce n
'est
pas mon sujet à moi. Mon sujet c'est de construire et puis par ailleurs j'observe que la garde à vue a repris. Tout à fait. C'est pour ça que j'allais y venir.
C
'est-à-dire qu'il y a les faits et je pense d'ailleurs qu'on sera d'accord vous et moi pour dire que l'une des réponses à tout cela c'est justement de s'attacher aux faits. Lorsque Maître Boudreau dit qu'il est rarissime d'avoir des levées psychiatriques pour médecine psychiatrique c'est techniquement faux. Il le sait parfaitement. Est-ce que ce n'est pas une manière de
jouer avec le sourire ? Vraiment
ce débat ne m'intéresse pas. Mais j'aimerais que vous fassiez preuve de la même capacité à décortiquer précisément les fake news quels que soient ces fake news ou ces auteurs dans le champ
médiatique et politique. Je promets
que je fais tout mon possible. Ce qui m'importe aussi c'est malgré tout qu'on puisse continuer à avoir confiance dans la justice. Je pense qu'en
répandant
l'idée qu'on aurait fait une exception pour lui
on
est en train de remettre en cause l'idée c'est comme lorsqu'on dit que les juges seraient inféodés à d'autres qu'est-ce qu'il ne faut pas dans le moment justement que l'on traverse être d'autant plus rigoureux sur
la
justice. Elle a sûrement des erreurs mais quand elle n'en a pas ne pas en créer. Alors je le répète l'avocat de la victime il est dans son rôle il est dans la stratégie qu'il développe pour défendre les intérêts de ses clients. Mon sujet n'est pas de juger cette stratégie ni de celle de l'auteur présumé qui a été arrêté. Avez-vous de votre côté confiance en la justice ? Je suis
comment
vous dire
c
'est justement ce que j'essaye de tenir en permanence en étant premier magistrat de la ville de Trappes de continuer moi-même et à travers moi tous ceux que je représente à faire confiance dans la justice dans la police dans nos institutions dans la capacité de nos médias également à ériger ce fameux cordon sanitaire faire en sorte qu'on ne désespère pas de la démocratie tout simplement.
Et
c'est bien l'enjeu parce que ce qui m'inquiète c'est d'entendre des discours qui montent qui consistent à dire que dorénavant il faut constituer des groupes d'autodéfense que quand on est musulman on n
'est
plus protégé que quand on est une femme musulmane on ne peut plus sortir seul qu'il faut être accompagné qu'il faut être en groupe qu'il faut que l'on crée des groupes qui nous permettent de nous informer les uns les autres en temps réel quand il y
a
des agressions dans les rues Vous
leur
dites non vous leur dites ne basculons pas là-dedans Mais je ne passe mon temps à cela parce que ce monde-là je n'en veux pas je n
'en
veux pas non seulement pour moi-même mais je n
'en
veux pas pour mes filles qui ne peuvent pas grandir dans un pays où on est terrorisé à l'idée de sortir de chez soi
Ali
Rabé est-ce que vous vous avez peur depuis 4 jours ou même avant
? Évidemment
et je me surprends dans mes fonctions politiques dans les rassemblements à regarder la foule comme je ne l'ai jamais observé
En
vous disant peut-être parmi eux
? Aucun
élu entendez-moi aucun élu racisé comme on dit ne peut se prévaloir d'être en sécurité On a tous reçu des menaces de mort Mon domicile et moi-même avons été mis sous protection policière pendant 15 jours il y a 5 ans parce que j'étais menacé de mort et la cible d'un projet d'attentat déjà Donc ça c'est la réalité avec laquelle vivent beaucoup de vos compatriotes en particulier quand ils décident de se mettre en première ligne et qu
'on
leur reproche d'exister
Et
donc cette peur-là elle existe elle est latente et on essaie de la domestiquer pour ne pas désespérer
Ne
pas désespérer
Ne
pas désespérer Merci infiniment d'avoir répondu à mes questions ce matin Ali Rabet Vous êtes le maire de Trappes évidemment Il est 8h40 sur 50 pardon je ne sais plus sur RMC BFM TV
Et
dans un instant les grandes gueules sur RMC avec vous Olivier Truchot Olivier qui est autour de la table ?
Autour de la table aujourd'hui bonjour Apolline autour de la table Antoine Diers Zor habitant le docteur Jérôme Martin on va rebondir sur ce qu'a dit le maire de Trappes à l'instant votre invité Ali Rabet il disait qu'il souhaitait la concorde nationale on a l'impression que cette union nationale après l'attentat épouvantable de Trappes elle est impossible hier il y avait un rassemblement à Paris certains socialistes se sont fait huer par d'autres militants de gauche donc la gauche elle-même entre elles se déchire la concorde nationale elle est-elle vraiment possible autour de Trappes pas si sûr on en parlera avec vous bien sûr au 32-16 et avec nos grandes gueules