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InterviewBFM TV (sur YouTube)· 24 août 2026 21 minContradictoireActualité / polémiqueÉconomie & entreprisesRetraitesBudget & impôtsSécurité

Le ministre de l'Économie Roland Lescure réagit à la proposition du leader de LFI d'annuler la dette

Transcription youtube_captions. À recouper avec la source d'origine.

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Chapitres

Répartition du ton (temps de parole politique)

Propositif 40 %Attaque 50 %Défensif 10 %

Questions et réponses

Taux de réponse directe : 79 % (directe = 1, partielle = 0,5, éludée = 0)

  • 0:10OuverteÉludée

    Pourquoi ne pas brûler la dette comme le propose Jean-Luc Mélenchon ?

  • 0:30OuverteRéponse directe

    Concrètement, où allez-vous trouver les 28 milliards d'euros d'économies ?

  • 2:30OuverteRéponse directe

    La désindexation des retraites est-elle une piste sérieuse ?

  • 4:30OuverteRéponse partielle

    Qui est un retraité aisé selon vous ?

  • 6:30OuverteRéponse directe

    La cyberattaque contre Bercy est-elle derrière nous ?

  • 8:30OuverteRéponse directe

    Allez-vous prolonger les aides carburant ?

Affirmations vérifiables (citations exactes)

  • 0:40Roland LescureFait
    « Il dit cette phrase, Jean-Luc Mélenchon, il dit « il suffit d'y aller, de les prendre et de les foutre au feu ». »
  • 1:00Roland LescureFait
    « Mathieu Pigasse, il a fait sa fortune en renégociant des dettes d'État faillie. Il a renégocié la dette de la Grèce. »
  • 1:20Roland LescureFait
    « Les retraités grecs, ils ont perdu plus de 10 % de pouvoir d'achat. Les infirmières grecques, elles ont vu leur salaire baisser. »
  • 1:40Roland LescureChiffre
    « On emprunte quand même nous la France aujourd'hui plus cher que l'Espagne ou l'Italie. »
  • 2:20Roland LescureChiffre
    « En 2025, on était à 5,1 % de déficit. Vous espérez qu'en 2026, on soit à 5%. »
  • 2:40Roland LescureChiffre
    « On a révisé à la baisse à 0,7 juste avant l'été. »
  • 5:00Roland LescureChiffre
    « Un retraité qui gagne aujourd'hui 2000 euros par mois, l'inflation est à 2%, c'est 40 euros en plus. »
  • 5:20Roland LescureFait
    « Les gens qui travaillent aujourd'hui, ils ne sont pas indexés automatiquement. »
  • 7:00Roland LescureFait
    « La facturation électronique, d'abord, c'est pour simplifier la vie des entreprises, pas pour leur compliquer. »
  • 9:00Roland LescureFait
    « On a encore une semaine pour atterrir. »

Modèle mistral-small-latest · prompt v1 · les citations sont vérifiées mot pour mot dans le transcript ; le taux de réponse directe est calculé à partir des verdicts question par question. Aucun label idéologique n'est produit.

Vous êtes bien sur RMC et BFM TV. Bonjour Roland Lescure. Merci d'être à mon micro ce matin.

Vous êtes le ministre de l'économie, elle a rentré, elle est politique mais elle sera surtout économique. 3 .536 milliards d'euros de dettes, un revenu par habitant sous la moyenne des autres pays européens, un budget menacé avant même d'avoir été discuté et 28 milliards d'euros au minimum à à trouver, vous allez d'ailleurs ce matin sans doute nous dire où et avec quelles économies mais j'ai une question toute simple pourquoi vous brûlez pas la dette ?

Fausse bonne idée, évidemment, une fois de plus Ça paraît simple quand on dit Jean-Luc Mélenchon Exactement, vous faites référence au discours de Jean-Luc Mélenchon hier, ça fait des années qu'il le dit et qu'il le répète. Alors il le fait avec brio mais raconte n'importe quoi, absolument n'importe quoi. Bon d'abord je sais qu'ils s'en moquent mais c'est illégal non conforme aux trottés européens, c'est-à-dire que demander à la Banque de France, indépendante, au fond de racheter une partie de la dette, 20 % de la dette de l'État français.

Il dit cette phrase, Jean-Luc Mélenchon, il dit « il suffit d'y aller, de les prendre et de les foutre au feu ». Mais bien sûr ! Et vous faites un gigantesque bras d aux autres membres de la zone euro.

De fait, vous sortez de l'euro, puisque vous dites « je ne respecte plus les règles de la maison commune ». Deux, c'est dangereux, parce que ça veut dire in fine qu'on va avoir des taux d'intérêt qui vont augmenter. Pour tout le monde ?

Pour la France ? Non, mais les créanciers qui nous prêtent, qui disent « Ah ben l'État français vient de dire merde à 20 % de sa dette », ils vont dire quoi ? Moi je ne vous prête plus à 4, je vous prête à 4 ,5, je vous prête à 5. – On est à 4 aujourd'hui, c'est quasiment du jamais vu. – On est au-dessus de 4, alors ce n'est pas du jamais vu, mais ça fait longtemps qu'on n'avait pas vu ça. – 4 % à 10 ans, honnêtement c'est un mauvais banquier. – Ça fait plus de 20 ans qu'on n'avait pas vu.

Et donc je vois qu'il est, vous parlez de mauvais banquier, qu'il est conseillé par Mathieu Pigasse. Mathieu Pigasse, il a fait sa fortune en renégociant des dettes d'État faillie. Il a renégocié la dette de la Grèce.

Aujourd'hui, il a renégocié la dette du Vénézuelin. C'est pas ce que je veux pour la France et les Français, Mathieu Pigasse, effectivement banquier et qui était aux universités d'été de la France Insoumise ce week-end et qui a eu cette expression « La dette publique peut être annulée, comme l'a dit Jean-Luc Mélenchon, sans aucun impact économique ni financier ». – Merci Hugo Chavez.

Non mais, vous vous rendez compte de ce qu'il dit ? C'est quelqu'un, je le répète, qui depuis 20 ans a fait sa fortune en renégociant des dettes d'État faillie. – Il dit « Le mur de la dette n'existe pas ». – Mais bien sûr, il n'existait pas. – En Libye, il n'existait pas en Syrie. – Est-ce que vous êtes en train de faire des efforts ?

Mais pour rien, est-ce que vous n'êtes pas en train de demander aux Français des efforts ? – Est-ce que les infirmières grecques… – D'un clin d'œil, d'un coup d'allumette, on pourrait la faire brûler cette dette ? – Les retraités grecs, ils ont vu, on parlait tout à l'heure peut peut-être d'une moindre hausse des retraites l'année prochaine que prévu.

Les retraités grecs, ils ont perdu plus de 10 % de pouvoir d'achat. Les infirmières grecques, elles ont vu leur salaire baisser. C'est ça renégocie la dette.

C'est ça dire merde, je le répète, à des créanciers, même si c'est la banque centrale accessoirement indépendante dont la mission principale c'est de lutter contre l'inflation c'est se moquer du monde c'est prendre les français pour des lanternes c'est mettre en danger la signature de la france en donnant l'impression moi j'ai eu l'impression d'écouter raymond devoz parce que je l'ai écouté hier de raconter absolument n'importe quoi de le faire je le répète avec un certain brio et de donner l'impression qu'il y a une formule magique face à un défi majeur vous l'avez dit croissance difficile taux d'intérêt en hausse dette à faire réduire qu'on pouvait le faire par un baguette magique c'est le serpent cas qui nous raconte n'importe quoi mais il ne faut et qui et qui nous illusionne avec ses yeux comme dans le livre de la jungle mais endormir les français aujourd'hui sur ce sujet c'est les préparer à un cauchemar mais bien sûr que c'est confortable confortable vous inquiétez pas je m'occupe de tout j'annule 20 % et tout va bien se passer la réalité c'est que Jean-Luc Mélenchon s 'il fait ce qu'il dit avec monsieur Pigasse à ma place c'est la crise financière assurée. C'est ça qui se joue vous le santé que...

Mais évidemment évidemment évidemment. Roland Lescure concrètement indépendamment de ce qu'en disent Jean-Luc Mélenchon ou Mathieu Pigasse on emprunte quand même nous la France aujourd'hui plus cher que l'Espagne ou l'Italie. Qu'est-ce qu'est-ce qui a pu se passer pour qu'on en soit là ?

On se retrouve dans une situation financière difficile et on va y revenir à un budget difficile. J'ai bien noté que vous aviez glissé entre deux phrases. On va parler des hausses de retraite qui vont monter moins que prévu.

Ça fait partie des sujets qu'il faut qu'on discute. Mais avant ça, avant ça, la raison essentielle pour laquelle aujourd'hui on est au-dessus de l'Italie. L'Espagne, ça va mieux.

L'Italie, ils ont des défis budgétaires. Allez, 6 C'est la situation politique. Quand le Premier ministre écrit au groupe parlementaire en leur disant « Franchement, la présidentielle, elle est importante.

Elle a lieu dans huit mois. En attendant, soyons responsables. Votons ensemble un budget qui ne sera pas parfait.

Et celui ou celle qui sera élu pourra le modifier. » Et qu'on lui répond Jean-Luc Mélenchon, le premier, en disant « Non, on va vous censurer quoi qu'il arrive. J'espère que les autres seront plus responsables. » Ça crée de l'incertitude.

Si les marchés aujourd'hui se disent « On a un été, un État qui est très endetté. Et en plus, s'il y a un risque qui n'est pas de budget, je vous confirme, on va payer plus cher notre dette. » Alors posons le décor.

Vous avez encore un peu plus d'un mois pour rendre la copie du budget. Vous êtes en train de décider les recettes, les économies. Et dans un moment où vous gardez l'objectif de passer sous les 5 % de déficit ?

Alors je ne veux surtout pas donner l 'impression que je...

Parce qu'en fait ça, ça donne l'horizon. Non mais exactement. Il faut savoir...

Alors je ne veux pas donner l'impression que je botte en touche. Mais le mois qui vient, il est important. Un.

Parce qu'on va avoir des informations sur l'année 2026 pour savoir où on a atterri en 26 de manière à pouvoir mieux projeter la scène. Alors là j'explique à tous ceux qui nous écoutent et qui nous regardent de quoi on parle. En 2025, on était à 5 ,1 % de déficit.

Vous espérez qu'en 2026, on soit à 5%. Et c'est difficile. Ce n'est pas gagné.

Ce n'est pas gagné. Je ne veux pas raconter de craintes. On sera vraisemblablement au même niveau que 2025, voire pire On verra.

Il est possible que ce soit bien ? Non mais on va tout faire pour être...

C'est ce que j'ai dit et je le répète, on va faire tout ce qu'on peut pour être le plus près possible de 5%. Mais on a cette semaine des chiffres importants de l'INSEE sur la croissance. On a des rentrées fiscales.

Ça ne sent pas très bon du côté de la croissance ? On a révisé à la baisse à 0 ,7 juste avant l'été. Vous étiez à 0 ,9 au départ ?

Voilà. J'espère qu'on y restera. Et vous espérez que ce ne sera pas en dessous de 0 ,7 ?

Mais oui, parce qu'on a eu un été difficiles, les canicules, les incendies ça a un impact sur la production agricole l'économie c'est la réalité ce matin sur RMC BFM TV vous nous préparez non non non parce que vraiment je veux qu'on a besoin de l'information dont on va qu'on va avoir dans les jours, les semaines qui viennent pour affiner notre copie. Fin septembre début octobre je vous le promets je vous dirai tout à la fois l'où là où on compte atterrir en 2026 puisqu'on va faire pour s'assurer qu'en 2027 on rassure tout le monde et en premier lieu les français sur le fait qu'on tient la barre. Alors il y a un point que vous avez commencé à évoquer, vous l'avez d'ailleurs glissé de vous-même, ce sont ces 28 milliards d'euros d'économie à faire ?

Alors en tout cas c'est des milliards d'euros d'économie à faire, ça dépend de la cible. C'est des dizaines de milliards ? Mais oui on est dans les ordres de grandeur que vous donnez, après ça dépendra de la cible qu'on se donne collectivement pour 2027 et donc je ne peux pas là encore, désolé, vous donner le chiffre exact.

Les efforts doivent être importants. Où allez-vous les trouver ? L'une des pistes évoquées c'est la désindexation des retraites.

C'est une piste sérieuses. Oui, ça fait partie des pistes avant ça. Un, je pense que tout le monde va devoir faire des efforts.

Les entreprises, les ménages, l'État qui va, comme on le dit, se serrer la ceinture, les dépenses de santé, plutôt que de trouver un coupable l'idéal...

En fait, vous allez raboter sur tout. Non, ce n'est pas forcément raboter. Ce qu'on souhaite faire, le Premier ministre l'a dit, c'est mettre en place des réformes structurelles.

Quand on dit qu'on va augmenter un peu les franchises médicales pour ceux qui consomment beaucoup de médicaments, de manière à les inciter à consommer un peu au moins, c'est une réforme structurelle. Ce n'est pas un coup de rabot. Quand on dit qu'on ne va pas baisser les retraites, j'ai vu depuis que je suis intervenu sur ce sujet...

On ne va juste pas les faire augmenter. On ne va pas forcément les augmenter autant que l'inflation qui est aujourd'hui assez c'est faible. Donc, on ne compte pas baisser les retraites des Françaises et des Français qui soient baisées.

Donc vous ne baissez pas les retraites, mais vous ne les augmentez pas au niveau de l'inflation, ce qui veut dire que techniquement le pouvoir d'achat des retraités baisse. Non mais aujourd'hui, l S'il y a un décalage entre l'inflation et l'indexation, c'est une petite baisse. Un retraité qui gagne aujourd'hui 2000 euros par mois, l'inflation est à 2%, c'est 40 euros en plus.

La question c est-ce qu'on met en place tous ces 40 euros ou moins. Il n'y a pas un salarié en France, à part ceux qui sont au SMIC, qui sont automatiquement indexés. C'est important, Pauline de Manet.

Il faut qu'on comprenne. Les gens qui travaillent aujourd'hui, ils ne sont pas indexés automatiquement. Ça dépend de la situation de l'entreprise.

Aujourd'hui, j'allais dire l'entreprise des retraités, c'est nous tous et nous toutes. Regardons la situation et voyons ensemble si on peut demander aux retraités un effort, un effort réel, mais qui consiste à ne peut-être pas augmenter autant que l'inflation de 2017. Moi je veux comprendre très précisément, il y a deux options en gros, trois allons-y, une qui serait de désindexer tout le monde, ça j'ai l'impression qu'on l'évacue.

Et petite retraite, les minima sociaux, évidemment. On souhaite que ceux qui sont en première ligne puissent être protégés. Donc ça veut dire que ce sera plutôt la deuxième option, c'est-à-dire l'idée que les plus petites retraites seront épargnées et les plus grosses seront, participeront à Stéphane.

Alors moi j'ai une question très claire, c'est qui un retraité aisé ? Exactement et je vois bien ce débat poindre. Un, la décision n'est pas prise, il y a d'autres options.

Aujourd'hui ça fait partie du catalogue et j'ai souhaité le mettre, c'est le cas de le dire dans l'atmosphère, de manière à ce qu'on ait ce débat. Et on l'a aujourd'hui tous les deux et ça va faire partie des questions. A partir de quel niveau ?

Si on va sur cette piste, il y en a d'autres. Non mais vous-même Roland Lescure, la semaine dernière, la semaine dernière, vous avez dit, seront concernés les ménages aisés ? Je vous repose la question.

Qui sont les ménages aisés ? Qui sont les retraités aisés ? Et je suis désolé, là encore...

Non mais vous ne pouvez pas dire cette expression et ne pas dire c'est quoi ? C'est...

Ça fait 2 000 euros, c'est 3 000 euros, c'est 10 000 euros ? Ça fait partie des débats politiques qu'on doit avoir. Et c'est pour ça que...

Vous vous estimez qu'un retraité est aisé à partir de combien par mois ? Non mais quand le Premier ministre dit aux parlementaires nous souhaitons débattre, ça fait partie des sujets dont on doit débattre. Donc soit on dit non...

Débattons ce matin, vous dites quoi ? Vous dites c'est une négo où vous allez partir de 2 000 et vous allez atterrir à 4 000 ou alors est-ce que vous savez déjà précisément qu'à partir de 2 800 euros...

Voilà, non c'est pas 2 812. La réalité c'est qu'on va rentrer en négociation, vous l'avez dit, et excusez-moi, pas avec Apolline de Malheur mais avec l'ensemble des groupes parlementaires qui in fine devront choisir ou pas de voter le J'imagine que les parlementaires ils ont tous une vision différente. Je me souviens de François Hollande à qui on demandait qui est un riche, il me semble qu'autour de 4000 euros par foyer il considérait qu'on était riche.

Vous, vous considérez qu'on est riche à partir de combien ? Non, moi je suis désolé, je n'entre pas dans ce débat-là parce que je souhaite pouvoir débattre avec les parlementaires de tous ces paramètres. Vous allez en parler avec tout le monde ?

RN et LFI compris ? Le débat parlementaire il a lieu avec toutes celles et ceux qui sont élus. Effectivement, ils vont tous déposer des amendements ce débat.

Il doit avoir lieu avec l'Assemblée nationale qui représente la France telle qu'elle est. Ce n'est pas la France dont je rêve forcément. Le premier groupe parlementaire de l'Assemblée aujourd'hui, c'est la Rassemblée nationale.

Je me suis engagé en politique pour lutter contre eux. La réalité, c'est qu'ils sont élus et qu'évidemment, je négocierai avec eux, on discutera avec eux, leurs amendements. Je donnerai mon avis sur leurs amendements.

J'ai bien vu que la France Insoumise avait décidé de nous censurer quoi qu'il arrive. On verra ce que font les autres. Moi, ce que j'espère, c'est qu'on va à réussir, au fond, à dégager un peu la piste de décollage pour celles et ceux qui, quoi qu'il arrive, ils se voient tous élus, hériteront de ce budget.

Est-ce qu'au moment où on se parle, Roland Lescure, vous vous dites que ce Ce budget, en toute sincérité, a des chances d'être adopté. On va tout faire pour. Je ne veux pas, là encore, on va tout faire pour.

Mais il faut être deux pour danser le tango et en l'occurrence, il faut être onze. Il y a onze groupes parlementaires pour Elle est qui parle d'un chantage. Mais non.

Il dit que vous les prenez dans une forme de chantage autour de ce budget. C'est comme ça que la France insoumise, qui se voit gouverner la France, qualifie le débat parlementaire, qu'un gouvernement dise je vais présenter un projet de loi de finances. Je souhaite qu'il soit discuté et j'espère qu'il va être voté.

Ça c'est du chantage là encore on se moque du monde la réalité c'est que c'est comme ça que ça marche démocratie ne leur en déplaise ce que la solution pourrait être cette fameuse année blanche mais c'est un désindexé de l'inflation tous les prestations sociales les retraites tout ça a été essayé et malheureusement ça n'a pas été couronné succès vous le regrettez vous dites que ça aurait pu être une bonne solution vous savez qu'il y a des économistes qui nous ont dit on les avait émissionnés ils sont indépendants un ancien patron de l'insee deux ans deux économistes je dirais d'obédience trois économistes d'obédience un peu différente ils nous disent si on fait rien l'année prochaine on sera à 5 ,7 % de déficit près de 6 et si on fait rien d'ici 2030 on sera à 7 % de déficit il faut faire quelque chose. Ça fait partie des pistes. Évidemment, le sujet, c'est ceux qui sont...

Mais est-ce que l'idée d'une année blanche est toujours sur la table ? Non, pas pour cette année. Question aussi côté recette, la surtaxe sur les grandes entreprises, pérennisée ?

On verra, moi j'espère pouvoir la baisser mais ce n'est pas acquis, ce n'est pas gagné. Au départ elle était censée être exceptionnelle vous vous souvenez ? Et la situation n'était pas autant que ça, on est dans une situation qui malheureusement a tendance à durer, la crise en Iran, le détroit d'Hormouz, la canicule, la hausse des taux d'intérêt donc voilà on va intégrer tout ça.

Donc vous ne vous priverez pas de ces 7 milliards de la surtaxe des grandes entreprises ? Si on peut l'ABC on le fera mais aujourd'hui c'est pas facile. Ce sera prêt pour le 6 octobre On est prêt pour fin septembre début octobre, c'est le calendrier habituel évidemment de ce point de vue là.

Vous avez sans doute vu que votre prédécesseur Bruno Le Maire dit je cite que la France est au pied du mur il dit qu'il y a urgence qu'une crise globale des dettes souveraine est donc possible. Est-ce que vous vous dites que la France, en effet, pourrait à un moment se retrouver sous le coup d'une autorité de la BCE ou du FMI ? Est-ce que ce risque plane ?

Non, le sujet n'est pas là aujourd'hui. Il y a d'autres Et il y a des autres États qui ont fait face à ça. On parlait de la Grèce tout à l'heure, donc l'objeu c'est évidemment d'éviter que dans quelques années on en arrive là.

Le vrai risque aujourd'hui, c'est le ministre de l'Économie et des Finances qui vous parle, qui sera au G20 des ministres des Finances en Caroline du Nord lundi prochain. Je vais en profiter pour tenir une réunion du G7 des ministres des Finances, c'est l'environnement international. Parce que vous parliez des taux d'intérêt français aujourd'hui, les taux d'intérêt américains sont en hausse.

On est dans une logique où le marché obligataire, parce que l'endettement est élevé partout, il a tendance à être tendu. Donc évidemment, il faut renforcer notre capacité collective à redresser nos finances publiques. À court terme, c'est mon job.

Et à moyen terme, ce sera ceux qui aujourd'hui veulent nous faire rêver et vont devoir atterrir. Il dit Bruno Le Maire qu'il faut des mesures d'urgence, la désindexation des pensions de retraite, mais alors de toutes, il dit des pensions de retraite, des aides sociales et du barème de l'impôt sur le revenu. Ça revient à cette fameuse année blanche ?

Oui, avec une question réelle. Vous êtes d'accord ? Pas d'accord ?

Non mais il faut faire attention quand même aux petites retraites, aux minima sociaux. Donc je dirais la taille unique ne fonctionne sans doute pas. L'esprit vous paraît le bon.

Des pistes en tout cas je crois que Bruno Le Maire s'invite dans le débat pour les années qui viennent. Ça fait partie des pistes. Vous l'avez pris comment d'ailleurs ça ?

Non mais bien au sens où j'ai beaucoup travaillé avec lui et je sais qu'il ne manque pas d'idées et que sa volonté de participer au débat reste pleine et entière. Bon moi je suis au boulot, je suis ministre des Finances, je m'occupe du budget de l'année que d'autres se projettent évidemment cette bonne guerre. Ça montre que malgré le recul qu'il a pris il aime toujours autant ça la politique.

L'âge de départ à 65 ans, lui il dit il faut vraiment 65 ans et une bonne dose de capitalisation. Alors la capitalisation j'ai déjà eu l'occasion de le dire c'est indispensable pour compléter le système actuel, ça nous permettra aussi de financer l'intelligence artificielle, au fond de financer une France qui se projette vers l'avant et qui n'est pas seulement dans le retrait. Mais cette question justement de se projeter vers l'avant, j'ai une phrase à vous soumettre, elle est signée The Economist, le magazine anglais qui parle de nos retraites comme d'une véritable pyramide de Ponzi.

Il dit qu'on est vraiment les champions du monde d'une pyramide de Ponzi. La pyramide de Ponzi, en fait, c'est cette espèce de subterfuge. C'est Madoff, c'est ce subterfuge économique où en fait on fait semblant que l l'argent grossit et en réalité on ne fait que prendre l'argent d'avant pour le donner aux autres.

C'est une vaste fumisterie économique. The Economist dit si l'état-providence européen ressemble à une pyramide de Ponzi, c'est Les pharaons sont les baby-boomers. Les baby-boomers en France, nous expliquons comment cette génération a réalisé un vol intergénérationnel.

Bon, c'est The Economist, donc évidemment exagéré. Ils sont libéraux, ils sont Non mais c'est surtout que la réalité, c'est qu'on a aujourd'hui de plus en plus de retraités et de moins en moins d'actifs. Ça c'est la démographie, ça ne ment pas.

Donc effectivement il faut rééquilibrer tout ça. Mais ils disent aujourd'hui l l'inégalité n'est plus horizontale, elle est verticale. C'est-à-dire les vieux sont riches, les jeunes sont pauvres.

Il y a deux défis majeurs. L'équilibre du régime des retraites et le fait qu'on vieillit, meurt de plus en plus tard, tant mieux. Les dépenses de santé augmentent de plus en plus.

Il faut à la fois qu'on traite le déséquilibre des régimes de retraite du fait de la démographie et les enjeux de dépenses de santé qui ont tendance à augmenter beaucoup trop. La cyberattaque, c'est derrière nous ? Franchement là-dessus, d'abord je réitère les excuses que David Amiel a prononcées au nom du gouvernement parce que ce qui s'est passé est grave et ceux qui sont concernés à qui on a tous écrits sont en colère et je le comprends, de dire qu'on n'est pas encore au niveau là-dessus.

Franchement il y a des investissements à faire, pas seulement dans l'État, on a vu que les entreprises étaient aussi concernées, on est face à des attaques de dimension, d échelle nouvelle, on a eu l'Ukraine, on a eu l'Iran, on a eu la Covid. Cette épidémie, parce qu'on peut en parler je pense, qui s'accumule depuis des semaines, c'est un nouveau chaque majeur auquel on doit faire face ensemble. Est-ce que vous n'allez pas exposer les entreprises avec la facturation électronique qui entre en vigueur, qui s'impose désormais à toutes les entreprises ?

Vous êtes sûr ? Absolument sûr ? Parce qu'on se dit franchement, si Bercy se fait pirater, est-ce que vous n'êtes pas en train de mettre le loup dans la bergerie ?

J'entends bien. La facturation électronique, d'abord, c'est pour simplifier la vie des entreprises, pas pour leur compliquer. Deux, ça coûte très peu d'argent.

J'ai entendu les débats sur que ça va coûter une fortune. Il y a même des logiciels gratuits pour les micro-entrepreneurs qui permettent de le faire gratuitement. Trois, ce sont des outils nouveaux.

Le problème auquel on fait face avec nos cyberattaques, c'est qu'on a des outils assez anciens dans l'administration qui ont été construits à travers le temps et qui ne sont pas forcément adaptés à ce monde d'aujourd'hui. Donc je pense que les risques sont importants. Mais mettre ces données sur Internet, est-ce que ça n'est pas risqué aujourd'hui ?

Vous savez qu'aujourd'hui, ces données, elles le sont déjà. Vous n'imaginez pas qu'à Bercy, on a des coffres avec toutes les factures papier qui s'accumulent. On les met dans nos bases de données.

Elles existent déjà. La seule différence, c'est que ça va être plus simple, plus efficace, moins coûteux pour tout le monde. Et en passant, qu'on va lutter contre les fraudes.

Alors j'ai bien entendu M. Lysnard, Mme Tnafo, M. Mélenchon, dans une alliance improbable qui trouve ce nouveau dada pour nous attaquer.

Ils étaient contre le prélèvement à la source, ces gens-là. Ils sont contre la modernité. La modernité aujourd'hui a fait face à des défis énormes.

Il faut qu'on les traite. On n'est pas au niveau. Il faut qu'on investisse.

Mais on a besoin d'osimètres. Une question de carburant, Roland Lescure. Dans une semaine, tout pile, c'est officiellement la fin de l'aide carburant aux gros rouleurs.

Entre-temps, malheureusement, le prix de l'essence est resté extrêmement élevé. Il n'a pas baissé. Allez-vous prolonger ces aides ?

Ce que je peux vous dire, c'est qu'on y travaille. Vous l'avez dit, on a encore une semaine pour atterrir. Mais évidemment, on a noté que le prix du pétrole n'a pas baissé, que le prix du gaz n'a pas baissé, que le prix de l'essence à la pompe, malgré le plafonnement d'un certain nombre de stations que tous les Français ont vues sur les autoroutes, n'a pas baissé.

Et donc on regarde de très près s'il faut prolonger ces aides et comment on va le faire. Je rappelle que le guichet gros rouleur est toujours ouvert. On a 1 369 000 ménages qui l'ont demandé.

Mais au moment où on se parle, vous vous dites qu'il serait logique, puisque ça n'a pas baissé, de le prolonger ? On le regarde. On regarde vraiment.

On vous dira ce qu'on fait d'ici. Donc certains qui nous écoutent et qui s'angoissent et qui se disent qu'on ne va pas y arriver. Déjà, si vous n'avez pas demandé votre aide, demandez-la.

Vous avez jusqu'au 31 août pour la période actuelle. Ensuite, on va voir comment on prolonge ça, s'il faut le faire. Mais on est évidemment conscient de ce qu'on fait quand on va faire le plein, ça coûte cher.

Une dernière question Roland Escur. Le Premier ministre ne radiquerait pas d'augmentation d'impôts ? Vous le dites fermement, pleinement ?

Pas de nouveaux impôts ? Enfin, pas d'impôt direct ? Oui, il y a des niches qu'il faut qu'on regarde, il faut qu'on optimise.

Mais c'est la solution magique en France depuis 40 ans. On a un problème, on augmente les impôts. J'espère que les futurs candidats, potentiellement présidents, n'accumuleront pas les impôts nouveaux.

C'est ce que vous leur lancez comme appel ce matin ? C'est la formule qui ne fonctionne plus. Je pense qu'il faut penser à autre chose.

Ça veut pas dire qu'il faille pas les adapter, ça fait partie de la politique publique. Mais dire on va augmenter les impôts et tout va bien se passer, ça ne marche plus. Roland Lescure, ministre de l'économie, merci d'avoir répondu à mes questions.

Il est 8h50 sur RMC BFM TV.