Marc Fesneau : " C'est la campagne présidentielle qui alimente ce climat nauséabond " - Vidéo
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Chapitres
Répartition du ton (temps de parole politique)
Propositif 40 %Attaque 40 %Défensif 20 %
Questions et réponses
Taux de réponse directe : 82 % (directe = 1, partielle = 0,5, éludée = 0)
- 0:52RelanceRéponse partielle
Est-ce que ce n'est pas une manière de rejeter la faute sur les oppositions et de s'affranchir de ses propres responsabilités ?
- 2:11RelanceRéponse directe
Instrumentalise et à quelle fin ?
- 2:45RelanceRéponse partielle
Mais il n'y a pas de responsabilité de vote quand ?
- 3:04RelanceRéponse partielle
Et même des fractures territoriales, vous ne parlez de fractures territoriales…
- 4:37OuverteRéponse directe
Mais est-ce que vous êtes encore audible ?
- 5:04OuverteRéponse directe
Vous citez le maire de Trappes. Qu'est-ce que vous lui répondez ?
Affirmations vérifiables (citations exactes)
- 1:03Invité politiqueFait
« Ce que j'ai constaté, c'est qu'effectivement, il y avait quelque chose de nauséabond et de détestable, le tout en présence de la famille du jeune qui est décédé et du maire de Trappes et des élus de ce territoire qui est durement touché par cet acte terroriste. »
- 1:16Invité politiqueFait
« Je trouve que cette façon d'instrumentaliser en permanence les faits les plus graves, des faits de terrorisme, des faits d'actes racistes, est quelque chose d'assez détestable parce que je pense que ça donne un spectacle que les Français ne veulent pas. »
- 2:13Invité politiqueFait
« – Eh bien, qui est les partis politiques. »
- 2:25Invité politiqueFait
« Je pense que la responsabilité collective, en tout cas celle des démocrates et des républicains, c'est-à-dire ceux qui ne sont ni à soutenir le Rassemblement national, ni à soutenir la France insoumise, c'est d'apporter des paroles de fermeté et de réconciliation. »
- 3:21Invité politiqueFait
« Nous avons collectivement échoué, mais nous allons, nous devons collectivement réfléchir à la façon dont on essaie de réconcilier, parce que tous les pays du monde, les grandes démocraties, sont fracturés. »
- 3:51Invité politiqueFait
« Bref, on est dans une société, alors poussée aussi par les réseaux sociaux et poussée aussi par la brutalisation des rapports sociaux, la brutalisation des rapports politiques, la brutalisation des rapports internationaux, c'est un fait qui s'impose malheureusement aussi en France. »
- 5:20Invité politiqueFait
« Non, mais on ne peut pas reprocher à François Bayrou et au Modem d'avoir toujours eu dans ce domaine une parole qui était une parole de modération, une parole de réconciliation. »
- 5:43Invité politiqueFait
« François Bayrou, il a toujours défendu la même chose, c'est la question de la capacité d'intégration, de la capacité, et je crois que cette phrase était une phrase où il disait qu'il y avait un certain nombre de Français qui exprimaient ce sentiment. »
- 6:16Invité politiqueFait
« Ne rentrons pas dans la négation de ce que peut être le sentiment. C'est comme le sentiment d'insécurité, un sentiment, c'est quelque chose dont on ne peut pas dire que je le balaye d'une main. »
- 8:04Invité politiqueChiffre
« Il y a 128, si j'ai bien compris, impacts de balles. »
- 8:25Invité politiqueFait
« Non, moi je pense qu'elles vont dans le bon sens et elles vont dans le sens. »
- 8:41Invité politiqueFait
« Dire aujourd'hui « je vais donner 15, 10, 5 milliards » sans avoir la moindre idée de la façon de le financer, la moindre idée, c'est prendre son interlocuteur pour un imbécile. »
- 14:31Invité politiqueFait
« Ah bon, c'est la campagne qui crée ce climat nauséabond, en tout cas qui l'alimente. »
Temps de parole
- Marc Fesneau77 %
- Présentateur15 %
- ?8 %
≈ 35 interruptions / 10 min (chevauchements et interjections détectés).
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Public
Sénat, en partenariat avec la presse régionale, vous propose « Bonjour chez vous
».
Mobilisation des lycéens, violence du 17 octobre, attentat raciste de Trappes, la séance de questions d'actualité au gouvernement hier à l'Assemblée a été particulièrement houleuse et le Premier ministre Sébastien Lecornu est allé jusqu'à dénoncer un climat nauséabond.
On
va en parler avec Marc Fénaud. Bonjour. Bonjour. Merci d'être avec nous, député du Loir-et-Cher. Vous présidez le groupe Les Démocrates à l'Assemblée. Vous êtes le premier vice-président du MoDem et je le disais, la séance a été compliquée. Hier, vous l'avez vécu, Marc Fénaud, l'ambiance profondément nauséabonde. C'est le coup de colère de Sébastien Lecornu devant les députés. Est-ce que ce n
'est
pas quand même une manière de rejeter la faute sur les oppositions et de s'affranchir de ses propres responsabilités ?
Écoutez, de ce que j'ai vu aux questions au gouvernement, on ne
peut
pas dire que la prise de parole d'ailleurs de la présidente de l'Assemblée nationale n
'a
pas été digne. Ce que j'ai constaté, c'est qu'effectivement, il y avait quelque chose de nauséabond et de détestable, le tout en présence de la famille,
du
jeune qui est décédé et du maire de Trappes et des élus de ce territoire qui est durement touché par cet acte terroriste. Je trouve que cette façon d'instrumentaliser en permanence
les
faits les plus graves, des faits de terrorisme, des faits d'actes racistes, est quelque chose d'assez détestable parce que je pense que ça donne un spectacle
que
les Français ne veulent pas. Je pense que
le
peuple français, les Français ont besoin de réconciliation, ils n'ont pas besoin qu
'on
s'arrache les morts du terrorisme et que chacun essaie de se les approprier. En fait, ce sont les victimes de la France, si je peux dire. Ce sont des victimes du terrorisme en France. Et donc, il n
'y
a pas à les trier et il n'y a pas à se battre là-dessus.
Il
y a à
honorer
leur mémoire et regarder ce qui fait que, dans des esprits parfois dérangés, probablement en l'occurrence dans ce cas-là, mais enfin, ce n
'est
pas parce que c'est un esprit dérangé que ce n
'est
pas répréhensible. Il se passe des choses. Et donc, je pense que la responsabilité, ce n
'est
pas de se jeter à la figure les victimes des uns ou des autres. Ce sont des victimes que nous devons honorer les unes et les autres, celles victimes de l'antisémitie, celles victimes du racisme, celles victimes de la violence en tant que
telle. – Mais qui
instrumentalise et à quelle fin
?
– Eh bien, qui
est
les partis politiques. Hier, il suffit de regarder les questions du gouvernement pour voir l'extrême droite et l'extrême gauche, les uns sortant de l'hémicycle, les autres disant « c'est de votre faute parce que vous nourrissez des pensées racistes ». Les troisièmes, enfin bref, il y a quelque chose de nauséabond. Je pense que la responsabilité collective, en tout cas celle des démocrates et des républicains, c'est-à-dire ceux qui ne sont ni à soutenir le Rassemblement national, ni à soutenir la France insoumise, c'est d'apporter des paroles de fermeté et de réconciliation. Parce que sinon,
on
nourrit une espèce de querelle et une ambiance dans ce pays qui est une ambiance détestable et dangereuse, parce que c'est la paix civile qui est en cause à
chaque fois. –
Mais il n
'y a
pas de responsabilité de vote quand ? En 2017, Emmanuel Macron arrive en disant « moi je vais résorber les fractures territoriales ». Dix ans après, la France est plus fracturée que jamais.
– Oui, alors je pense que sur les
fractures territoriales, contrairement à ce qu
'on
dit, pardon,
je
trouve que cette facilité qu'on a à ne pas dire ce qui s'est passé depuis dix ans, si on parle des fractures territoriales, je ne
parle
pas des
fractures françaises… – Et même des fractures territoriales, pardon, vous ne parlez de fractures territoriales… – Aujourd'hui la France est plus fracturée que jamais, vous pensez que Emmanuel Macron a résorbé les
fractures
en tout cas ?
Et essayons de ne pas mettre en permanence la responsabilité sur un seul homme, président de la République ou pas. Nous avons collectivement échoué, mais nous allons, nous devons collectivement réfléchir à la façon dont on essaie de réconcilier, parce que tous les pays du monde, les grandes démocraties, sont fracturés. Les États-Unis sont fracturés, la Grande-Bretagne est fracturée, l'Allemagne est fracturée, l'Italie et l'Espagne sont fracturées. Donc, ce n
'est
pas la responsabilité manifestement d'un seul homme. Qu'on prenne notre part de responsabilité est une chose, mais que nous ayons échoué collectivement à réconcilier les Français avec des tas de sujets, avec eux-mêmes, avec le voisin, avec celui qui paraît être l'étranger, avec l'Europe, avec le monde de l'entreprise. Bref, on est dans une société, alors poussée aussi par les réseaux sociaux et poussée aussi par
la
brutalisation des rapports sociaux, la brutalisation des rapports politiques, la brutalisation des rapports internationaux, c'est un fait qui s'impose malheureusement aussi en France. À nous d'essayer de trouver un chemin qui soit un chemin différent, parce que moi, je ne connais pas
de
pays qui s'en sortent
par
la fracturation. Regardez les pays qui sont en pleine fracturation, je pense aux États-Unis.
Est
-ce que vous pensez que les États-Unis vont mieux que de l'époque
gouvernée
par les Républicains ou d'ailleurs gouvernée par les Démocrates, où ça n'était pas comme ça que les choses étaient conçues ? Et je pense que c'est un mal qui ronge nos démocraties et qui les amène à l'abîme. Et donc, on a, nous, responsabilité particulière. Une responsabilité particulière,
c
'est non pas seulement d'appeler au dialogue et à la réconciliation comme une forme de naïveté, mais de dire que ça doit s'imposer parce que c
'est
et l'avenir et l'intérêt des Français et des pays qui
sont concernés. – Mais est-ce que vous êtes
encore audible ? Est-ce qu'aujourd'hui, les gens ne se tournent pas soit vers
le Rennes, soit vers la
France
?
– Vous avez tout à fait raison. Quand je vois d'ailleurs une question des questions au gouvernement comme hier, il
y
a une espèce de jeu de ping-pong. Le mot « jeu » s'applique mal d'ailleurs. Mais en tout cas, d'un renvoi de ping-pong permanent et qui fait que ceux qui ont la parole que j'essaie de porter devant vous ce matin et chaque jour
est
une parole qui est plus inaudible. Et donc, ça nécessite sans doute, on en reparlera peut-être tout à l'heure,
que
cela ait une parole commune, rassembleuse, rassemblée.
–
On va en parler, mais juste, vous citez le maire de Trappes. Hier, il a dénoncé les discours politiques du stigmatisme et arme idéologiquement, je le cite, ceux susceptibles de passer à l'acte. Et il a mis en cause François Bayrou, le président de votre parti, pour ses propos sur la submersion migratoire. Qu'est-ce que vous lui répondez ?
– Non, mais on ne peut pas reprocher à François Bayrou et au Modem d'avoir
toujours
eu dans ce domaine une parole qui était une parole de modération, une parole de réconciliation.
Alors,
je veux bien que la patrouille essaye de rattraper tout le monde et de dire que
c'est
la faute de tous les démocrates et qu'au fond, il n
'y
aurait plus comme solution que de dialogue avec une frange ou
une
partie seulement
du
champ politique. Non, François Bayrou, il a toujours défendu la même chose, c'est la question de la capacité d'intégration, de la capacité, et je crois que cette phrase était une phrase où il disait qu'il y avait un certain nombre de Français qui exprimaient ce sentiment.
– Je vais la citer, pour que les choses soient claires,
c'était effectivement en janvier 2025, les apports étrangers sont positifs pour un peuple à condition qu'ils ne dépassent pas une proportion. Dès l'instant que vous avez le sentiment d'une submersion, de ne plus reconnaître votre pays, les modes de vie ou la culture, vous avez rejet, un certain nombre de villes et de régions sont dans ce sentiment-là.
–
Oui,
mais… –
Et un peu plus tard,
à l
'Assemblée, ils parlaient de
la situation de Mayotte. – Ne rentrons pas dans la
négation de ce que peut
être le sentiment. C'est comme le
sentiment d'insécurité, un sentiment, c'est quelque chose dont on ne peut pas dire que je le balaye d'une main. Il y a des gens qui ont le sentiment qu'a exprimé François Bayrou. Mais c'est une chose de dire ça et une autre. Et là, pour le coup, ça c'est dangereux.
– Mais quand on n'en parle pas le mot de
submersion, est-ce que ça ne valide pas, ça n'arme pas quelque
part les esprits faibles dont vous parlez ? –
C'est les mots qu'emploient les gens. Après, la question n'est pas de nourrir l'idée du grand remplacement ou le complotisme du grand remplacement. La question, c'est comment on intègre
et
comment on essaie collectivement de construire une société qui soit une société moins conflictuelle.
Il
me semble que c'est ça le chemin.
– Est-ce que ce qui s'est passé à Trappes, c'est un tournant dans notre société, comme l'a dit le chef de l'État ? Vous l'avez vu comme ça ?
–
Il y a plusieurs tournants. Je trouve que les attentats terroristes qui se sont succédés à raison de l'origine religieuse, de l'origine
géographique,
à chaque fois, on monte d'un cran, malheureusement, et l'horreur et le sentiment qu'on se fait face à face.
– Et vous parlez des attentats qui se sont succédés. Il n'aurait jamais dû dire que c'était une première, le chef de l'État
? – Non,
mais il a précisé son propos, tout ça. Je veux dire qu'on s'arrête à ce genre de choses et que là aussi, on essaie de s'arracher les victimes.
– On s
'arrête parce que ça a interpellé
dans cette première question. – Oui, très bien, mais
il a précisé ce qu
'il
voulait dire dans son propos, mais c'est la première fois, en tout cas dans ce cas-là. Mais moi, je ne trie pas dans les victimes du terrorisme. Une victime du terrorisme est une victime. Les victimes du terrorisme du Bataclan, les victimes du terrorisme de Charlie Hebdo, les victimes du terrorisme antisémite, les victimes du terrorisme à Trappes, c'est pour moi des victimes du terrorisme et de
la
peur, le sentiment noué de l'autre est un adversaire. Et donc l'autre doit être éliminée. Et donc, il a raison de dire que c'est une forme de tournant parce qu'on a malheureusement une victime à déplorer. Il y a 128, si j'ai bien compris, impacts
de
balles. Et c'est un miracle, même si on ne peut pas parler de miracle quand il
y a
une victime mortellement blessée, des gens encore qui luttent pour la vie.
– Autre sujet, c'est la question des mobilisations, entre crises à laquelle doit faire face le gouvernement. Les annonces qui n'ont visiblement pas calmé la colère des lycéens qui appellent à poursuivre le mouvement, elles n'étaient pas suffisantes ces annonces
?
– Non, moi je pense qu'elles vont dans le bon sens et elles vont dans le sens. Il faut regarder factuellement les choses. Là aussi, c'est un sujet de dialogue. Le dialogue, ce n
'est
pas « donnez-moi tout ce que je demande » tant que j'ai pas tout ce que je
demande,
sinon ce n'est pas un dialogue. Deuxième élément, on en reparlera peut-être aussi, on a un sujet budgétaire. Dire aujourd'hui «
je
vais donner 15, 10, 5 milliards » sans avoir la moindre idée de la façon de le financer, la moindre idée, c'est
prendre
son interlocuteur pour un imbécile. Et moi, je ne prends pas les lycéens et les étudiants pour des imbéciles. Deuxième élément, quand
on
a été un peu élu local, on sait le temps d'inertie qu'il y a pour
porter
un projet, le construire et le bâtir d'un point de vue physique, si je peux dire. Et donc, dire « on a besoin de 10 milliards tout de suite, sinon il ne se passe rien », me paraît un peu curieux, j'ajoute. – Donc vous les appelez retourner en cours lundi ?
–
Non, mais moi, je n'appelle personne. Je pense que la responsabilité d'un homme politique n'est pas de dire « je vous demande », mais je demande à ce qu'on regarde, ce qu'était leur revendication. Leur revendication, elle portait sur Parcoursup, elle portait sur la question de l'organisation des horaires,
elle
portait sur l'absence de profs, et elle portait sur les conditions matérielles, en particulier les investissements dans les collèges et les lycées. Je rappelle que depuis 82, 84,
je
dis dans cette maison qui est consacrée en particulier aux collectivités locales, cette compétence est exclusivement celle des départements et des régions. On a l'air de découvrir ça.
Et
on se retourne vers l'État comme si on disait « mais qui est responsable
?
» Mais qui est responsable ? Les départements et les régions, à tel point d'ailleurs qu'on voit qu'il
y
a des départements, beaucoup, et des régions, un grand nombre, qui ont fait des efforts de rénovation des lycées. Je veux dire, pourquoi on vient…
– Alors surtout les régions, parce que les départements
sont des collèges. – Oui, mais pour les collèges, il y a un
continuum, mais parfois c'est des locaux qui sont attenants. Donc je trouve que… –
Donc ça veut dire quoi ? Il y a certains présidents de région
qui n'ont pas fait leur travail ?
– Manifestement, parce qu'il ne
faut
pas se retourner vers l'État pour dire qu
'il
y a des locaux qui sont dégradés en termes thermiques. Pourquoi on se retourne vers l'État ? –
Ça
n'est pas la compétence de l'État. Donc, que chacun prenne ses responsabilités, que ceux qui… Les régions font des choix politiques, il y en a qui manifestement ont moins fait de choix. Je ne
suis
pas là pour dresser le tableau du premier et du dernier de la classe, mais manifestement, il
y
a des endroits où le travail n'a pas été fait. Bon, il y
a
quelque chose à faire de ce point-là. Et puis, cinquième élément de la réponse du gouvernement, c'est la question de la démocratie lycéenne. Mais je trouve que cette question, il ne
faut
pas l'éluder. Alors évidemment, comme ce n
'est
pas sonnant et trébuchant, c'est juste de la pratique,
mais
comment peut-on en arriver à des crises comme ça sans que l'expression lycéenne n
'ait
été perçue ? Comment peut
-on
avoir des lycéens qui nous expliquent que les portes des toilettes ici sont dégradées, que là, les fenêtres sont cassées ? Et ça n'est toujours pas la responsabilité de l'État d'ailleurs, mais que ça n'a jamais
passé
les murs du lycée ou du collège, quand c'est un collège,
pour
que quelqu'un tienne compte et prenne en compte cette demande des jeunes. C'est quand même fascinant d'une absence de démocratie territoriale et locale. J'ai connu une époque où j'ai eu le sentiment, et je ne pense pas être complètement antidéluvien, où quand une porte était cassée, elle était réparée. Parce qu'il y avait une chaîne de commandement, des jeunes qui le signalaient, le prof qui le signalait, le proviseur qui le signalait, s'était réparé. Je veux dire, dans quelle société vit-on où il faille crier si fort pour être entendu sur des choses aussi simples ? Donc il y a quelque chose de la démocratie lycéenne à travailler. Évidemment, on aura un débat cet après-midi
à
l'Assemblée nationale.
– Ce que vous allez
porter dans ce débat comme message ?
– On va porter le message d'un regard assez lucide sur ce que sont les sujets. Deux, je vois bien que se polarisent beaucoup les choses autour de la question de Parcoursup. Mais posons la vraie question de Parcoursup. Parcoursup est un outil, il a des défauts manifestement. Il remplaçait des outils qui avaient beaucoup de défauts. Moi, j'ai connu la période où c'était au petit bonheur la chance et où les parents faisaient la queue à partir de 2h du matin, la nuit, pour essayer d'inscrire leurs enfants à toute force. Bon, le vrai débat qu'il
y a
derrière Parcoursup, c'est sélection, pas sélection.
Et
pour être passé par les bancs de la fac, moi aussi, je vois bien ce que certains veulent.
C
'est laisser les rentrer, laisser les rentrer, et après on laisse se mettre en place le système darwinien. C'est-à-dire que ça va s'éliminer en cours de route. Alors moi, je trouve que ça, c'est mentir aussi aux jeunes. Et les orienter vers des filières qui sont sans déboucher professionnel, c'est aussi mentir aux jeunes. Donc la question derrière Parcoursup,
c
'est la question du modèle de sélection qu'on a, parce qu'il faut de la sélection, y compris pour la fac.
Vous parlez des questions budgétaires et vous examinez en ce moment à l'Assemblée le budget. Est-ce que vous demandez au Premier ministre de dégainer le 49-3 et d'arrêter de jouer la montre ?
C
'est
ce
que dit ce matin, il
y a
le Brune-Pivé dans le figure.
Non mais il joue pas, enfin il joue la montre. Moi, j'entends tous ceux qui disent qu
'il
faut faire un 49-3. Très bien, mon sujet, c'est pas l'outil.
C'est la présidente de l'Assemblée, c'est pas n'importe
qui.
Je peux avoir un désaccord avec la présidente
de l'Assemblée
sans que ce soit un drame.
Je
rappelle juste que la question n'est pas d'avoir un 49-3. Surtout, me semble-t-il, que le 49-3,
c
'est une façon... Alors, tout le monde a dit qu'il ne fallait pas s'en saisir du 49-3. Maintenant, on fait l'éloge du 49-3, comme quoi les années passent et les temps changent. Bon, ce qu'on veut, c
'est
un budget. Donc, un vote, un 49-3, des ordonnances. Il y a trois outils qui sont sur la table. Donc, cette volonté de faire un 49-3 à toute force que j'entends s'exprimer un peu partout. Ce que je lis, moi, dans cette affaire-là, c'est que je ne sens pas les conditions réunies d'un accord
avec
qui que ce soit, et même dans le bloc dit central,
qui
est un accord sur les mesures qu'il faudrait prendre.
Donc, même entre vous,
vous
n'êtes pas d'accord dans
le bloc
central ?
Vous
voyez bien que certains... Nous avons porté, nous, au mouvement démocrate, au groupe démocrate, l'idée, prenant d'ailleurs exemple sur ce qu'avait proposé François Bayrou et ce qu'il avait dit il
y
a un peu plus d'un an, est toujours aussi vrai, en pire, si je peux dire. Une année blanche sur un certain nombre de choses et sur la totalité des choses, à la fois dans le PLFSS et dans le PLF. Dix ans, non pas pour embêter les gens, que si nous ne le faisions pas là, ça sera bien pire après. Bon, manifestement, un certain nombre de gens, à droite, disent non, non, il ne faut pas toucher à telle ou telle chose. Bon, donc, les uns savent qu'au bout derrière, moins de dépenses, sans dire vraiment précisément où il faut les faire, en
disant
qu
'il faut
que l'État fasse moins de dépenses. Ouh, comment, quoi ? Et nous, on a fait des propositions, et les autres disent, la seule solution, c'est des recettes. Résultat, c
'est
déficit partout, dette partout, économie et recette nulle part. Et donc, je trouve qu'il y a une forme d'irresponsabilité. Donc, est-ce que le 49-3 trancherait l'irresponsabilité
?
Je n'en sais rien. On est à six mois d'une présidentielle. Je vois bien que chacun est dans sa petite épicerie à se poser des questions.
Alors, justement, la présidentielle, on va en parler. Est-ce que ce climat nauséabond va peser sur la campagne, selon vous ? Est-ce qu'il faut reporter le second tour de la présidentielle ? C'est une question qui monte.
Ah bon, c'est la campagne qui crée ce climat nauséabond, en tout cas qui l'alimente. Non, moi, je ne
suis
pas favorable. Je vais vous dire pourquoi. Parce qu'on est en train d'acter le principe que le 1er mai, par nature, va être désastreux et qu
'il
y
aura
des violences. Et donc, on va se soumettre à la violence. Et donc, dans une démocratie, dire qu'il faut choisir les élections en fonction des casseurs, actant le fait que nous laisserions faire les casseurs, et donc baissant les bras. Moi, je trouve que c'est assez curieux. Il faut peut-être demander au Black Bloc aussi les dates qui les arrangent, et au pilleur.
Vous
voyez ? Bruno Retailleau, par
exemple,
porte, en l'ancien
pays de l'Intérieur, candidat pour cette mesure.
Je n'ai pas de querelle avec Bruno Retailleau, je ne suis pas d'accord
avec cette mesure. Mais pour vous, il fait le jeu des casseurs
? Non, mais
je
n
'ai
pas dit, il fait le jeu des casseurs.
Mais
ce faisant,
on
se livre aux mains des casseurs. Je rêve aussi de manifestations du 1er mai, qui soient des manifestations comme on en a connues. Parce qu'on est en train, 6 mois à
l
'avance, de préempter les choses. Et 6 mois à
l
'avance, de donner raison aux casseurs. Et 6 mois à l'avance, de donner raison à ceux qui
cherchent
à mettre la révolution et le bazar dans le pays. Moi, je ne
suis
pas d'accord avec ça.
Il
y
a
des dates qui ont été prévues. Dans quelle démocratie on change la date ? Parce que la veille, on a des manifestations traditionnelles de syndicats le 1er mai qui sont tout à fait légitimes. Et parce qu'on imaginerait que des gens viendraient casser ou détruire des mairies. Ce n
'est
pas une démocratie, ça. C'est la loi du plus fort qui s'impose. Et la loi du plus fort, ce n
'est
pas acceptable. C'est la loi qui doit s'imposer.
–
Beaucoup de candidats dans votre camp, et vous le disiez, il faut que le bloc central se parle. Quel candidat vous soutenez, vous, à l'heure actuelle
?
– Vous posez une fausse question, parce que, comme vous le savez, nous n'avons pas fait de choix de candidat. Parce
que,
un, nous considérons qu'il y a besoin de fabriquer du rassemblement. Et choisir un candidat, c'est fabriquer, au fond, plutôt de la dissension. Deux, parce que, moi, ma seule préoccupation, je crois que je l'avais dit, d'ailleurs, chez vous, ce
n'est
pas le nombre de candidats, il y
en
a beaucoup, c'est le nombre de candidats qui peuvent être qualifiés au deuxième tour. Quand je regarde les sondages, dans cet espace-là, je ne vois pas de candidats qui soient capables de se qualifier au deuxième tour. Donc, il faut qu
'on
crée une dynamique, quelque chose, un élan, un rassemblement.
Je ne sais pas sur quelle
forme. Ça peut être un élément, mais la primaire ne marche que si on est assez large dans la primaire. En tout cas, un processus, on va l'appeler comme ça, qui permet de désigner un candidat de ceux qui ne veulent ni Le Pen, ni Mélenchon. Mais
quelle forme il pourrait prendre
ce processus ? Parce que, par exemple, Édouard Philippe propose un dialogue, les autres ne suivent
pas. Mais un dialogue, ce n'est pas un mode de sélection. Certains veulent une
primaire, Édouard
Philippe ne veut pas. Comment vous trancher ?
Non, mais que pour l'instant, ce ne soit pas tranché et qu'il y ait une vraie difficulté, c'est vrai, évidemment. Mais moi, je pense que renoncer par nature et dire, je fais le choix d'un candidat, dont aucun d'entre eux, je le répète, n'est présent aujourd'hui au deuxième tour. Et alors,
c
'est une catastrophe que nous ayons en partie d'extrême, qu'il soit à la présidence de la République,
c
'est une catastrophe si les deux sont au deuxième tour. Parce que c'est le pays de la fracturation
et
des soirées et des journées qui s'annoncent difficiles. Donc, notre responsabilité,
c
'est, nous, au Modem, c'est d'essayer de faire dialoguer. On dialogue avec tout le monde parce qu'il nous semble que, dès lors qu
'on
dit Ni Le Pen, Ni Mélenchon,
on
partage quelque chose, sans doute. Et on partage peut-être quelque chose sur la question européenne. On partage quelque chose, peut-être, sur l'équilibre des comptes publics. On partage peut-être quelque chose sur les questions écologiques, sur les questions de décentralisation. Et peut-être qu'il y a plus de choses qui nous rassemblent, on
croit…
Mais
alors, Axel, vous ne dites pas
qu'il
y
a un candidat qui
est plus en capacité de l'emporter des comptes ? Ce n'est pas moi qui le dis,
c'est les Français.
Il
y
a un candidat qui est en dynamique, qui fait en tout cas de plus en plus parler de lui, c'est David Lysnard. Quel regard vous portez sur lui
?
– Sévère sur le mélange des genres avec la présidence de l'Association des maires, et très ambigu dans l'accord qu'il entend nouer avec qui ? –
Alors
pardon, on va s'arrêter sur le premier point. Ça veut dire qu
'il
y a une réélection à la tête de l
'Association des maires de France, ce qui va être chargé d'une lourde tâche, c'est de parrainer. Vous voyez bien les polémiques qui vont naître.
Si
certains ont du mal à avoir des parrainages, les polémiques vont naître avec le président de l'Association des maires et l'Association des maires. Deuxième élément, je vois des positions très clivantes, d'ailleurs qui a été relevée par
un
certain nombre de gens au Parti Socialiste,
je
ne
suis
pas sûr que ce soit avec l'accord du Parti Socialiste, M. Léniel, M. Debas, qui ont noué un accord sans que personne n'en soit au courant avec M. Lysnard.
M.
Lysnard,
il
propose, il a le droit, il propose de broyer tous les codes possibles, de l'environnement, de l'urbanisme, mettant en risque à mon avis les populations. Mais
il
ne peut pas être à la fois à porter cette idée-là et comme président de l'Association des maires porter autre chose. Donc il
y a
une forme
de
dédoublement, de responsabilité ou de discours. Et donc je pense que c'est un problème pour l'Association des maires, c'est d'ailleurs pour ça que Philippe Laurent
me
semble-t-il est candidat. L'Association des maires, elle est forte si elle est indépendante des pouvoirs politiques. Et elle est forte, deuxièmement, si elle sait en son sein faire vivre le pluralisme.
Donc sa double casquette l'affaiblit, affaiblit l'AMF.
Moi mon sujet, ce n
'est
pas M. Lysnard. M. Lysnard a tout à fait le droit de défendre les positions que
vous voulez. Mais vous lui demandez de choisir ?
Moi j'ai été maire...
Mais avant fin
novembre,
vous
lui demandez de
choisir entre la tête de l'AMF et la présidentielle ? Non mais
vous voyez bien que ça joue sur les deux tableaux. Bon, ça pose un problème éthique. Bon alors mettons de côté l'éthique, si certains s'en fichent, moi ça me pose un problème. Mais deuxièmement ça va... Pardon,
mais
c
'est
les maires qui votent, ils ne
s
'autodésignent pas à
la tête. Non, non, non, attendez, laissez-moi finir.
Si M. Lysnard ne le fait pas lui-même, je pense que les maires auront le choix du coup d'essayer d'élire quelqu'un d'autre.
Non
pas qu'ils pensent comme eux, mais qu'ils soient garants du pluralisme de cette association qui a un rôle singulier dans la vie politique et la vie démocratique française. Quand il y
a
eu les épisodes du Covid, quand il y a eu les gilets jaunes, quand il y a eu les attentats du Bataclan, on sait à quel point le réseau des maires, par sa capacité de pluralisme et de concorde, était capable de le faire. Je ne vois pas ce discours-là chez M. Lysnard. Il a bien le droit de le tenir. Mais on ne peut pas être à l'un et l'autre. Voilà, il me semble qu'il y a quelque chose qui
ne
tourne pas dans cette affaire-là. Et je crois que certains commencent à s'interroger. J'aimerais bien qu
'on
s'interroge, comme je le fais ce matin devant vous, un peu plus à haute voix. Parce que je pense que l'intérêt, c'est de ne pas mélanger les gens. Vous imaginez bien que si M. Lysnard, j'entends dire qu'il pourrait faire alliance avec M. Sauti, voire avec Mme Le Pen. Ça pose une question quand même s'il est président de l'Association des maires. Enfin, moi, je pense que
ça pose une question... Il a dit hier
soir qu'il ne participerait pas à un gouvernement de Marine Le Pen.
Oui, très bien. Mais enfin, la question,
c
'est au deuxième tour, si c'est Marine Le Pen contre X, qu'est-ce qu'il fait
? C
'est ça la question
? Il dit qu'il vote
tout sauf Jean-Luc Mélenchon.
Oui, très bien. C'est
Marine Le Pen, Jean-Luc
Mélenchon.
Il votera donc Marine
Le Pen. Donc, c'est un sujet pour l'Association des maires qui, moi, me semble-t-il, j'ai été maire, je connais un peu les maires et ils ont des points de vue des fois très tranchés entre eux. Mais cette association, elle doit garantir son pluralisme et son indépendance du pouvoir politique.
Merci beaucoup. Merci Marc Fénault d'avoir été notre invité ce matin. Public Sénat, en partenariat avec la presse régionale, vous a proposé Bonjour Chez Vous.
Sous-titrage Société Radio-Canada
Marc Fesneau