Annie Genevard, députée LR : "Plus de 70 % des Français ne veulent pas du duel Macron - Le Pen"
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Chapitres
Répartition du ton (temps de parole politique)
Propositif 60 %Attaque 30 %Défensif 10 %
Questions et réponses
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- 1:58OuverteRéponse directe
En quoi consiste la présidence du Conseil national chez LR ?
- 3:01RelanceRéponse directe
La procédure de désignation du candidat LR est-elle claire ?
- 4:07FerméeRéponse directe
N'aurait-il pas été plus simple de faire directement une primaire ?
- 6:24OuverteRéponse directe
Quel est le calendrier idéal pour désigner le candidat LR ?
- 7:14OuverteRéponse partielle
Votre préférence irait vers qui aujourd'hui parmi les personnalités LR ?
- 9:14OuverteRéponse directe
Faudra-t-il être candidat pour être sondé ?
Affirmations vérifiables (citations exactes)
- 2:18Invité politiqueFait
« Le Conseil national, c'est le Parlement des Républicains. »
- 11:01Invité politiqueFait
« La République En Marche a pêché faute de gens expérimentés. »
- 15:50Invité politiqueFait
« Nous avons une conception de la nation qui rassemble. »
- 17:45Invité politiqueFait
« Le Rassemblement National veut la mort des Républicains. »
- 18:55Invité politiqueFait
« Ce qui nous distingue profondément du Rassemblement national, c'est aussi notre capacité à la crédibilité, à la cohérence. »
- 21:29Invité politiqueChiffre
« Les sondages d'intention de vote nous placent en tête sur l'ensemble du territoire national. »
- 21:56Invité politiqueFait
« En politique, il y a une règle qui ne s'est jamais démentie : au premier tour, on choisit ; au deuxième tour, on élimine. »
- 24:25Invité politiqueFait
« François Fillon est sorti du jeu politique. »
Temps de parole
- Annie Genevard51 %
- Présentateur36 %
- Invité8 %
- Invité 23 %
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Bonjour, bienvenue dans Politique. Notre invitée aujourd'hui, Annie Gennevard. Bonjour Annie Gennevard.
Bonjour Hervé Garnett.
Vous êtes députée Les Républicains du Doubs depuis 2012, vice-présidente de l'Assemblée nationale depuis 2017, une des six vice-présidentes et présidente du Conseil national des Républicains. Alors voilà une énigme que la science n'est pas encore parvenue à résoudre, le mystère LR. Comment expliquer que les idées de droite soient à ce point majoritaires en France et que dans le même temps, le parti censé les porter paraissent si mal en point ?
Alors certes, beaucoup de choses peuvent se passer d'ici la prochaine présidentielle, mais à l'heure qu'il est, l'hypothèse qui tient la route, du moins dans les sondages, c'est celle de l'absence d'un candidat Les Républicains au deuxième tour en 2022, pour la deuxième fois en cinq ans. Les dernières élections municipales leur ont pourtant été favorables. Ils sont en position avantageuse à huit jours des départementales et des régionales, majoritaires au Sénat et au Parlement européen, mais sans autre perspective pour l'instant, sans leader incontestable pour conjurer le sort de 2017.
Cette absence de leadership se conjugue à un travail de sape mené sur leur flanc gauche par la majorité présidentielle, de Premier Ministre, Edouard Philippe et Jean Castex, issus de ses rangs, et sur sa droite par un rassemblement national, considéré par certains chez LR non plus comme l'ennemi à abattre, mais comme un possible partenaire. Alors, quelle place pour les Républicains aujourd'hui ? Eh bien voilà, ce dont nous allons discuter ensemble dans votre compagnie, Annie Gennevard. J'aimerais d'abord savoir en quoi ça consiste de présider le Conseil national chez LR. Je vous pose la question parce que j'ai regardé sur le site l'organigramme.
Quand on ne fait pas partie des Républicains, c'est un peu compliqué à comprendre.
Écoutez, je vais utiliser une image. Le Conseil national, c'est le Parlement des Républicains. Donc c'est là que, par exemple, nous validons les grandes orientations. C'est là que nous validons nos candidats aux différentes élections. Voilà, c'est l'équivalent de l'Assemblée nationale, mais dans le parti politique Les Républicains.
Ça a une différence fondamentale avec le poste, par exemple, de secrétaire général que vous avez occupé, je crois.
Oui, le poste de secrétaire général, c'est celui qui fait tourner la machine LR, qui est l'interlocuteur des fédérations, qui s'occupe du bon fonctionnement du parti. C'est, je dirais, le secrétaire général de l'Élysée, si on voulait faire prendre une autre image dans le champ des responsabilités gouvernementales.
On va voir si vous allez réussir à trouver une autre image encore pour essayer d'apporter un autre point de clarification par rapport à la procédure de désignation du prochain candidat ou de la prochaine candidate à la présidentielle. Ce n'est pas encore très clair pour l'instant. Écoutons ce qu'on disait sur cette procédure il y a trois jours, le président des Républicains, Christian Jacob.
Aujourd'hui, le Conseil stratégique charge Jean Léonetti de travailler sur un processus de sélection du candidat ou de la candidate de nos familles politiques de la droite et du centre. Par ailleurs, nous avons également travaillé avec Gérard Larcher sur la préparation d'enquêtes d'opinion sur la base d'un panel très large, un panel de 15 000 personnes, où il y aura une première vague qui sortira autour, disons, du 20 septembre et une deuxième en octobre, qui vont permettre d'éclairer le processus qui sera retenu par Jean Léonetti.
Soit on a, on verra, un candidat qui naturellement écrase le match à l'issue de ses enquêtes d'opinion, soit c'est le cas, soit effectivement on sera sur un processus de sélection, mais qu'on va préparer en amont.
Voilà Christian Jacob, le président des Républicains. Annie Genversa n'aurait pas été plus simple de faire directement une primaire ?
Alors moi je crois que la méthode que vient d'exposer Christian Jacob est une méthode profondément inédite, originale. La situation est la suivante, nous avons plusieurs candidats potentiels de grande qualité. Donc plutôt que de nous déchirer dans une primaire à la façon de 2017, nous avons choisi ce mode, cette première étape du processus de sélection. Ce n'est pas un sondage, un sondage c'est une photographie.
Là c'est vraiment une enquête de type Cevipov qui donne vraiment des, non seulement des intentions de vote, mais qui précisera aussi les qualités personnelles des candidats, leur faiblesse, leur force, leur aptitude à avoir du charisme, de l'autorité, à développer un projet, à être convaincant sur la méthode.
Donc la question ça ne sera pas seulement, mettons on vous donne 5 ou 6 noms, et puis quel est celui que vous préférez pour la prochaine présidentielle ? Non, ça sera un peu plus étoffé comme une enquête.
Ça ça s'appelle un sondage, ça ça s'appelle un sondage. Ce n'est pas un sondage que nous faisons, c'est vraiment une enquête, c'est une opération en 3 dimensions si vous voulez, qui donne vraiment des renseignements sur celui ou celle, puisque nous aurons probablement au moins une femme qui sera peut-être candidate.
Et donc il s'agit de donner aux électeurs de la droite, aux sympathisants de la droite, des indications à partir desquelles soit on a quelqu'un qui se détache vraiment d'être mendulot, et auquel cas il peut figurer le candidat naturel qui portera nos couleurs, et si ça n'est pas le cas, parce que nous avons beaucoup de candidats de qualité et d'expérience, il faudra envisager une deuxième phase de sélection, qui prendra une forme ou une autre. Ça c'est le travail de Jean Léonetti, donc je ne vais pas anticiper son travail. Donc je crois que c'est quelque chose d'assez inédit, et qui peut être porteur de fruits, mais évidemment tout porte à la simplification aujourd'hui.
Donc la question des commentateurs, des journalistes, c'est primaire ou pas primaire. Nous, nous avons choisi une réponse plus subtile, sachant que, vous savez, aucun candidat depuis 1981 ne s'est déclaré avant octobre ou novembre.
Parce que le calendrier c'est quoi ? C'est-à-dire, dans l'idéal, ça serait de pouvoir désigner votre candidat ou votre candidate à quel moment, pour pouvoir commencer la campagne ?
Ça sera à l'automne, au plus tard en novembre, comme l'ont fait la majeure, la quasi-totalité des candidats, à l'exception de François Hollande qui se déclara en octobre. Donc on est dans le calendrier habituel. Vous savez, les Français, ils vont entendre parler de la présidentielle pendant six mois.
Ça a déjà commencé.
Oui, mais leur infliger davantage, ça n'est pas utile.
Bon, tous ces critères sur lesquels les sondés, donc qui sont des sympathisants de la droite, c'est ça qu'ils vont être... Donc il va déjà falloir les choisir, et puis en plus les sondés, les questionner là-dessus. Tous ces critères sur lesquels ils vont être interrogés, j'imagine que vous, vous êtes capable d'y répondre pour un certain nombre de personnalités au sein des Républicains. Vous connaissez bien l'appareil et les personnalités qui en font partie. Votre préférence à vous, elle irait vers qui aujourd'hui ?
Alors moi, depuis la dernière présidentielle, j'ai connu les écuries. J'en ai éprouvé toutes les limites et tous les dangers. Donc ma position est la suivante. Je ne me suis pas engagée auprès d'un candidat. Je considère que le sens des responsabilités implique qu'on détermine celui qui a le plus de chances de porter nos couleurs et qu'on se rallie à lui. Et ça sera ma position.
Le fait en tout cas que vous passiez par cette pratique, alors non pas comme vous le dites du sondage, mais de l'enquête d'opinion, même si les deux techniques sont quand même assez proches, Annie et Genevard, ça révèle évidemment le fait qu'il n'y a pas une personnalité qui s'impose. Est-ce que ça, ça n'est pas une rupture, en tout cas, dans l'histoire de la droite française ? Est-ce que ça n'est pas une faiblesse qu'à moins d'un an, enfin un an maintenant de la présidentielle, il n'y ait toujours pas davantage d'éclaircissement ?
Alors vous allez me dire, il y a cinq ans, il n'y en avait peut-être pas davantage, mais il y avait quand même des personnalités comme Alain Juppé, François Fillon, Nicolas Sarkozy, qui avaient peut-être une envergure plus importante que les potentiels candidats du jour.
Par rapport à 2017, les personnalités que vous citez, elles achevaient leur parcours politique. Les personnalités qui sont a priori candidates cette fois-ci ne sont pas dans cette phase d'achèvement. Donc c'est peut-être une première différence avec les Juppé, Fillon, Sarkozy. Il est clair que nous avons plusieurs personnalités qui ont de l'expérience et qui ont l'étoffe nécessaire pour exercer cette fonction.
On peut en citer quelques-unes d'ailleurs. Il y avait Léa Fécresse, Xavier Bertrand, Bruno Retailleau, qui d'autres ? Michel Barnier.
Possiblement François Baroin, Donc voilà, d'autres qui se présenteront peut-être.
Il faudra d'ailleurs, pardonnez-moi Annie Gennevard, il faudra faire acte de candidature à la candidature pour pouvoir être sondé. Ou bien est-ce que vous allez aussi sonder des personnalités qui ne le seront peut-être pas ? J'ai une idée, enfin j'ai une suggestion, vous en ferez ce que vous voudrez aux Républicains. Édouard Philippe, ancien Premier ministre, issu des rangs de la droite. Ça pourrait faire un bon candidat pour LR ?
Encore faudrait-il qu'il soit resté dans notre famille.
Si vous lui demandez de revenir, il acceptera peut-être ?
Écoutez, moi j'ai eu l'occasion d'échanger avec lui sur ce sujet. J'ai cru comprendre que ça n'était pas dans ses intentions. Il a quand même porté une politique qui n'était pas celle que nous préconisions. Donc il faut aussi quand même un minimum de cohérence. Je ne sais pas si ce choix aurait celui de la cohérence.
En tout cas, sur le début de ma question, il faudra être candidat ? Ou bien est-ce que vous allez tester aussi des personnalités pour voir comment elles pourraient être adoptées ou pas par l'électorat de droite ?
Alors, il faut quand même qu'on puisse tester des candidats qui ont une certaine notoriété. L'élection présidentielle n'est pas une élection à laquelle on se présente parce qu'on en a envie. Il faut une légitimité, une notoriété, une capacité à convaincre, une expérience aussi. Donc je pense qu'on ne peut pas tester 20 personnes. Ce n'est pas envisageable. Pour ce qui est de la sélection, je pense que cette question sera tranchée par Jean Léonetti et les consultations qu'il aura avec les uns et les autres. Ce que je veux dire à ce stade, c'est qu'il en sortira un.
Et un seul, in fine, mais que tous les autres peuvent constituer une formidable équipe de France dans un gouvernement qui sera immédiatement opérationnel. Parce que ça compte, l'expérience. Vous savez, on voit bien que La République En Marche a pêché faute de gens expérimentés et que ça a été très préjudiciable à la politique conduite et finalement à la France et aux Français.
Il y a quelqu'un qui a une certaine notoriété. Alors, on verra bien si cette notoriété est fugace ou bien si elle est amenée à s'installer. En tout cas, on a beaucoup parlé de lui ces derniers jours suite à son interview sur RTL. C'est Guillaume Pelletier, qui est le numéro 2 du parti. Alors, c'est une intervention qui a fait beaucoup parler en dehors de LR et aussi à l'intérieur, puisqu'il a notamment évoqué une proximité avec Robert Ménard, le maire de Béziers, très proche du Rassemblement National. Et puis, avec cette proposition un peu baroque d'une cour exceptionnelle pour les actes de terrorisme où il n'y aurait pas de procédure d'appel.
Où est-ce que vous en êtes, justement, alors avec Guillaume Pelletier, avec, je ne sais pas, d'éventuelles procédures de sanctions à son encontre, puisque si j'ai bien compris, la quasi-totalité de ceux qui se sont exprimés chez LR l'ont fait pour dénoncer cette intervention.
Bon, Guillaume Pelletier a tenu des propos volontairement provoquants, et on le connaît, on sait qu'il aime à surprendre et à faire parler, mais...
Ah, la stérécité, du coup.
Oui, oui, ça, je vous le confirme, mais ce n'est pas une stratégie que défendait Guillaume Pelletier, parce qu'elle n'est pas défendable et elle ne reflète pas l'opinion du parti. Voilà, donc, point final. Pour moi, c'est une sortie de route, je le lui ai dit, d'ailleurs, en face.
Vous avez dit aussi que ça avait fragilisé, que ça contribuait à fragiliser le parti, c'est aussi d'ailleurs ce que dit Christian Jacob.
Mais oui, parce que toute parole de nature à provoquer et à s'écarter de notre ligne fragilise le parti, et ça, en période électorale, particulièrement, on ne peut pas se le permettre, donc de ce point de vue-là, c'est une faute, et il s'est, d'une certaine façon, sanctionné tout seul Guillaume Pelletier, et c'est dommage, parce que c'est un garçon qui a du talent, qui est intelligent, il a affaibli sa crédibilité en faisant cavalier seul sur une ligne qui ne reflète en aucun cas celle du mouvement.
Manny Gennevard, si Guillaume Pelletier s'est permis, justement, pour reprendre vos termes, sortie de route, est-ce que ce n'est pas la démonstration que le parti est déjà fragile ? Que s'il était fort, que s'il y avait une ligne peut-être plus claire, il n'y aurait pas eu ces propos-là, ou en tout cas, s'ils avaient eu lieu, il y aurait peut-être une procédure de sanction à son encontre ?
Écoutez, la procédure de sanction, je ne sais pas si elle sera adoptée. On est en campagne. Quand on est en campagne, on est mobilisé sur un objectif. Notre objectif, ce sont les départementales, les régionales. On a réussi nos élections locales avec des municipales où 56% des villes de plus de 9 000 ont voté pour la droite et pour le centre que nous représentons. On a le Sénat, vous l'avez rappelé, on a beaucoup de points forts. Donc, quand on est en campagne, on est en campagne. On ne se perd pas dans des procédures d'exclusion qui fragilisent, qui font parler et tout ça se traitera le cas échéant après.
Ce que je veux dire, c'est que nous, notre objectif, c'est de rassembler au moment de livrer bataille. Maintenant, il ne vous a pas échappé que la réprobation a été générale. Donc, le parti a une ligne. qu'elle ne soit pas toujours audible, il ne tient qu'à vous de la rendre davantage audible. Il est clair... Ah non,
c'est à vous de faire la pédagogie de la ligne. C'est pas moi. Oui, oui, non,
mais on travaille depuis des mois sur des conventions où on a arrêté des propositions très précises. Le problème, c'est qu'on est dans l'opposition. Vous savez très bien que l'opposition est plus difficile, a plus de difficultés à se faire entendre. De surcroît, Emmanuel Macron a choisi son adversaire. Il a choisi Marine Le Pen. Donc, nous, nous voulons desserrer les mâchoires de cet étau parce que nous considérons qu'il y a là une démarche qui n'est pas conforme à nos institutions et surtout qui n'est pas respectueuse des Français qui doivent avoir un autre choix. Ils l'ont dit d'ailleurs. Plus de 70% des Français ne veulent pas de ce duel.
Eh bien, nous, nous faisons le travail de fond par nos conventions. Nous faisons, nous existons dans le débat dans le débat public et nous faisons le pari que la crédibilité la cohérence l'expérience et le moment venu le choix d'un bon candidat feront la différence.
Alors, on ne va pas dérouler Annie Gennevard tout le programme de LR ou tout ce qui vous distingue mais quels seraient selon vous les points fondamentaux qui font que LR ne peut pas être confondu soit avec par exemple la République en marche soit avec le Rassemblement National. Est-ce que c'est sur la politique économique ? Est-ce que c'est sur la question de la sécurité de l'immigration sur la politique internationale ?
D'abord, la conception de la nation. La République en marche a voulu nous vendre un nouveau monde contre l'ancien monde. Le Rassemblement National oppose les classes sociales entre elles. Nous, nous avons une conception de la nation qui rassemble. Nous voulons rassembler. Nous voulons rassembler autour de nos fondamentaux. quels sont les fondamentaux de la droite ? On est les héritiers d'une histoire, d'une famille de pensée qui est faite du libéralisme, c'est la liberté d'entreprendre en matière économique, qui est faite du gaullisme, c'est-à-dire l'attachement à la nation qui n'exclut pas l'engagement européen, qui est attachée à l'autorité de l'État et à l'équilibre des pouvoirs.
J'ai l'impression
que vous faites le portrait d'Emmanuel Macron en ce moment.
Ah, écoutez, vous savez, quand on me dit Emmanuel Macron est le candidat de la droite, avant même la crise sanitaire, l'augmentation de la dépense publique, l'augmentation de la fiscalité, l'augmentation du déficit public, l'affaiblissement de l'autorité de l'État, je ne vois rien dans tout cela qui ressemble à un programme ou aux fondamentaux défendus par la droite. Vraiment rien.
Christian Jacob, je reviens à lui pour le citer, Annie Genevard, président de LR, a dit après l'intervention de Guillaume Pelletier, il l'avait déjà dit auparavant, me semble-t-il, il n'y a pas la moindre ambiguïté sur le fait que nous n'avons rien de commun avec Marine Le Pen et le Rassemblement National. Alors là, je laisse de côté la République en marche, on passe du côté du URN. Rien de commun avec Marine Le Pen et le Rassemblement National, tout nous oppose, son idéologie, ses propositions et ce qu'ils incarnent. Est-ce que vous êtes d'accord avec ça ? Tout vous oppose.
Ou bien, il peut y avoir des choses sur lesquelles vous pouvez être d'accord parce qu'on peut aussi avoir certains points d'accord y compris avec des adversaires politiques.
Le Rassemblement National veut la mort des Républicains. Comment imaginer qu'on puisse s'allier à une famille politique dont l'objectif principal est la disparition de LR ? Ça, c'est le premier élément d'analyse que je voudrais livrer. Les propositions...
Ça veut dire quoi le Rassemblement National veut la mort des Républicains ?
Parce qu'il ne vous aura pas échappé que dans les interventions de Marine Le Pen, elle tape allègrement et depuis des années sur les Républicains.
Elle va aussi en chercher d'ailleurs.
Écoutez, on ne peut pas dire que sa moisson soit conséquente. Moi, je laisse à Thierry Mariani par exemple ou à Jean-Paul Garou la responsabilité de leur désertion qui est liée aussi à leur histoire personnelle et à la volonté d'occuper des positions au sein d'un parti alors qu'ils n'ont pas brillé par leur réussite politique lorsqu'ils étaient des nôtres. Pour la région PACA, moi, je considère que la région a tout à gagner à reconduire Renaud Muselier dans ses fonctions et tout à perdre avec Thierry Mariani. Je crois aussi que ce qui nous distingue profondément du Rassemblement national, c'est aussi notre capacité à la crédibilité, à la cohérence.
Quand vous avez une Marine Le Pen qui prône tout à la fois la sortie de l'euro et qui ensuite fait volte-face, qui prône la retraite à 60 ans alors qu'on sait qu'en l'état actuel des choses, on ne financera pas notre régime de retraite, il y a une absence de crédibilité. Moi, je vois au Parlement, vous voyez, sur la loi séparatisme qui est une loi qui concerne quand même un peu le fonds de commerce de Marine Le Pen, ils ont été très peu présents, ils n'ont pas travaillé, il n'y a pas de proposition crédible et pourtant, c'est Marine Le Pen que Gérald Darmanin choisit comme interlocuteur sur cette loi et pas les Républicains.
Donc, on voit bien qu'ils ont un intérêt commun à se faire la course à l'échalote. Donc, sur la crédibilité, sur les propositions, il ne suffit pas de brandir des slogans qui vont diviser les Français et les opposer les uns aux autres. Il faut quelque chose de construit, de crédible en matière économique, en matière sociale, en matière régalienne, d'immigration et de sécurité. Le Rassemblement national, c'est comme personne faire monter les mécontentements et les agréger, mais il ne tient pas la route sur les propositions crédibles et cohérentes que nous serons amenés à faire, que nous faisons aujourd'hui dans le cadre de nos conventions en partie.
Alors, Annie Gennevard, vous avez donc ce parti, l'ERN, qui veut la mort, nous dites-vous, de LR, des Républicains. Face à une telle menace, vous avez tout intérêt, j'imagine, de votre point de vue, à ce que le Rassemblement national ne remporte pas le prochain scrutin, soit dans les départementales, soit dans les régionales.
Est-ce que cet intérêt-là peut aller jusqu'à ce que vous remettiez en selle le fameux Front républicain, c'est-à-dire tout sauf Marine Le Pen, tout sauf le Rassemblement national, ou bien est-ce que l'idée c'est plutôt de renouer avec le Nini, qui était une invention de Nicolas Sarkozy à l'époque, il s'agissait de ne choisir ni entre le Front national ni entre le Parti socialiste. Où en est LR aujourd'hui là-dessus ?
Alors, moi je crois que la question se pose davantage à ceux qui seront 3ème ou 4ème qu'aux Républicains qui vont être dans l'immense majorité des régions, soit 1er, soit en 1re position, soit en 2nde position.
Imaginons dans l'immense minorité alors.
Je voudrais dire d'ailleurs que les sondages d'intention de vote nous placent en tête sur l'ensemble du territoire national. On a l'impression que le Front national est le premier partout. Non, ce sont les Républicains, comme vous l'avez dit, la droite est majoritaire dans les idées du pays et LR, les Républicains, et Christian Jacob le rappelle régulièrement, est en tête des intentions de vote aux élections régionales.
C'est d'autant plus facile de vous engager sur un Front républicain si vous êtes sûr d'arriver premier. Ça ne coûte rien finalement.
Vous savez, en politique, il y a une règle qui ne s'est jamais démentie. Au premier tour, on choisit. Au deuxième tour, on élimine. Que voudront les Français ? Moi, ce que j'observe, c'est que les Français sont de plus en plus réticents aux injonctions de vote. Il faut prendre en compte cette donnée-là. Vous savez, François Mitterrand avait instrumentalisé le Front national, devenu le Rassemblement national, contre la droite. Ça lui a souvent réussi. Et nous avons...
Il avait introduit la proportionnelle, ce qui avait permis, en tout cas, à l'époque, au Front national d'avoir une grosse représentation à l'Assemblée.
Exactement. Et depuis, tous nos adversaires politiques ont joué de ce danger du Front national.
Donc, en gros, vous me dites que vous n'allez pas me répondre, là.
Non, je ne vous dis pas que je pense que le chantage au Front républicain ne joue pas pour nous parce que nous, on sera en position de se maintenir au second tour. C'est tout. C'est ça que je vous dis. Donc, ce n'est pas la peine de nous faire ce... Évidemment, Emmanuel Macron fait ce chantage au Front républicain. D'ailleurs, vous aurez noté qu'il dit que son objectif principal c'est de battre le Rassemblement national. Mais ça ne l'empêche pas d'envoyer contre nous tout un chapelet de ministres dans le Nord pour fragiliser notre candidat. Donc, moi, je suis très dubitatif sur l'authenticité de l'intention de M. Macron.
Il y a 5 ans, Annie Gennevard, l'avenir de la droite, en tout cas des Républicains, semblait un peu plus radieux. La présidentielle qui devait arriver quelques mois plus tard semblait promise au candidat de la droite, soit Nicolas Sarkozy, je l'ai dit tout à l'heure, soit Alain Juppé, soit François Fillon, c'est François Fillon qui avait remporté la primaire et puis on sait ce qu'il est advenu ensuite. Je crois que vous aviez soutenu sa candidature.
On apprend ce matin, par une dépêche AFP notamment, que l'ancien Premier ministre, donc François Fillon, a été proposé au conseil d'administration d'un groupe pétrolier public russe, Zaroubezhneft, je ne sais pas si je le prononce correctement, et il va donc devenir un des représentants de la Fédération de Russie au conseil d'administration de cette société. Qu'est-ce que ça vous inspire de voir qu'un ancien Premier ministre, ancien candidat à la présidentielle, accepte un tel poste, c'est-à-dire un poste où il représente le gouvernement de Russie au sein d'une société publique russe ?
Moi, je considère que François Fillon est sorti du jeu politique. Il n'exerce plus aucune responsabilité politique et il n'en exercera vraisemblablement plus jamais aucune. Donc, je n'ai aucun commentaire à faire sur l'orientation qu'il donne à sa carrière professionnelle. Je considère que François Fillon n'est plus un sujet politique.
Eh bien, écoutez, on en reste là, alors s'agissant de son cas, je voudrais quand même qu'on évoque encore et ça va être l'objet de la chronique d'Antoine Duster, cette guerre des chefs alors qui peut-être a pris des modalités un peu différentes aujourd'hui mais qui a aussi marqué un peu l'histoire de la droite française. À gauche aussi, bien sûr, il y a de la guerre des chefs. C'est en tout cas le thème de la chronique d'Antoine cette semaine.
Oui, Hervé, l'absence d'un leadership clairement identifié à droite aujourd'hui tient à plusieurs causes, évidemment. L'élimination de François Fillon au premier tour en 2017 la victoire d'Emmanuel Macron et l'entrée au gouvernement de plusieurs poids lourds du mouvement gaulliste. Tout cela a des effets centrifuges sur le leadership de la droite. Xavier Bertrand et Edouard Philippe ne font plus partie des Républicains. Les autres ténors donnent l'air de temporiser en attendant peut-être des jours meilleurs.
Bref, la situation actuelle est bel et bien une anomalie dans l'histoire de la Vème République car depuis le début, le bal des ambitions à droite structurait largement la vie politique nationale. Charles de Gaulle donnait le ton en plaisantant en 1962 pendant une conférence de presse à l'Elysée. On l'entend ici réagir à une question posée sur sa succession.
Je dirais à ce sujet puisque j'ai le plaisir de vous voir et de vous parler en pensant à ce qui est une idée assez répandue c'est-à-dire à ce qui arrivera quand De Gaulle aura disparu. Je vous dis ceci peut-être que ça vous expliquera dans quelle direction nous allons marcher à cet égard. Ce qui est à redouter à mon sens après l'événement dont je parle ce n'est pas le vide politique c'est plutôt le trop-plein.
Et ce trop-plein ne manque pas d'occuper l'espace politique les années suivantes. Pompidou, Chaban, Giscard, Chirac et même Michel Debré et Marie-France Garraud en 1981 se disputent les électeurs de la droite et du centre avant que l'opposition à François Mitterrand se cristallise autour de Jacques Chirac. Mais même pendant ces années la guerre des chefs ne tarde jamais à reprendre ses droits. C'est l'offensive des rénovateurs emmenés par Séguin et Pasqua contre Chirac en attendant le duel fratricide Chirac-Balladur en 1995.
En 1998 les barons de la droite de retour dans l'opposition semblent prendre conscience de l'image qui est donnée par ces luttes incessantes et le RPR se risque alors à l'autodérision dans une campagne d'affichage étonnante. Au-dessus d'un dessin qui rappelle les bagarres du village d'Astérix une adresse aux électeurs « Gauloise, Gaulois vous en avez marre d'avoir la droite la plus bête du monde nous aussi ». Le message se veut décaler mais ne provoque pas franchement d'électrochoc sauf peut-être du côté des services juridiques le dessin d'Albert Uderzo utilisé dans cette campagne l'a été sans son accord l'affiche doit être modifiée en catastrophe.
Quelques années plus tard la droite retrouve les accents de la division Sarkozy contre Villepin Fillon contre Copé en attendant l'accalmie dans cette interminable guerre des chefs mais une accalmie provoquée par la désertion des cadres de fait Xavier Bertrand a déjà annoncé sa candidature en dehors des instances de LR des instances qui renvoient la désignation de leur candidat à l'automne sous la supervision d'une personnalité consensuelle Jean Léonetti un habitué des missions délicates c'est lui qui avait remplacé Laurent Wauquiez à la tête des Républicains en 2019 déjà à l'époque les mauvaises langues avaient rappelé l'une des spécialités de Jean Léonetti la fin de vie pour le mouvement historique du gaullisme le symbole n'est peut-être pas des plus heureux
la chronique malicieuse d'Antoine Dulcet une toute dernière question Annie Gennevar ce qui menace aujourd'hui LR c'est le vide ou c'est le trop plein de candidats ?
le propos du général de Gaulle est assez savoureux mais ça a donné quand même les années Pompidou qui n'ont pas été mauvaises pour la France vous en conviendrez donc moi je suis résolument pleine d'espoir parce que nous aurons un candidat il portera nos couleurs il portera notre projet pour la France parce que c'est le bien commun qui doit être notre boussole
Merci beaucoup Annie Gennevar d'avoir été notre invitée aujourd'hui je rappelle députée LR Dudoux vice-présidente de l'Assemblée Nationale Politique c'est une émission préparée par Antoine Dulcet réalisée par François Connac avec à la prise de son Jacques S. Hubert
Annie Genevard