Roland Lescure, ministre de l'Économie, face à Thomas Sotto sur RTL | intégrale
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Chapitres
Répartition du ton (temps de parole politique)
Propositif 40 %Attaque 30 %Défensif 30 %
Questions et réponses
Taux de réponse directe : 75 % (directe = 1, partielle = 0,5, éludée = 0)
- 0:20OuverteRéponse partielle
Connaissez-vous les tenants et aboutissants de l'accord sur le Groenland ?
- 1:14OuverteRéponse directe
Rassuré, soulagé, sceptique ? Quel est votre état d'esprit ?
- 2:17OuverteRéponse directe
Est-ce que cette menace de droits de douane sur le champagne existe toujours ce matin ?
- 3:06OuverteRéponse partielle
Si ces droits de douane sont appliqués, le gouvernement viendra-t-il en aide aux secteurs concernés ?
- 3:24RelanceRéponse directe
Faut-il se coucher sur le Conseil de la paix ou tenir bon ?
- 4:11OuverteRéponse partielle
Qu'a pris l'autoroute du 49-3 ? Est-ce qu'il faut se contenter d'un budget qui mécontente tout le monde ?
Affirmations vérifiables (citations exactes)
- 1:04Invité politiqueFait
« Il a dit qu'on n'utilisera pas la force. »
- 2:21Invité politiqueFait
« Alors, il faut toujours prendre les menaces au sérieux. »
- 3:12Invité politiqueFait
« On l'a fait en tout cas quand la Chine a mis des droits de douane sur le cognac, on les a aidés d'abord à négocier des meilleurs accords, évidemment. »
- 3:54Invité politiquePromesse
« Le président de la République souhaite réunir un G7, moi je réunis un G7 finance la semaine prochaine. »
- 5:07Invité politiqueChiffre
« Ce que je peux vous dire, c'est qu'en 2025, on avait prévu à peu près 8 milliards. »
- 5:19Invité politiqueChiffre
« On sera plutôt un peu au-delà de 7. »
- 5:30Invité politiqueChiffre
« L'année prochaine, on est un peu en dessous de 8 l'année dernière, ce qui était exactement ce qu'on avait prévu. »
- 7:19Invité politiqueChiffre
« Alors déjà l'année dernière, on était à 0,7, on va sans doute finir à 0,9. »
- 7:22Invité politiqueChiffre
« Pour l'année prochaine, on est à 1. »
- 8:10Invité politiqueFait
« Il y a des contribuables qui gagnent très très bien leur vie et qui, pour des raisons d'optimisation fiscale, ne payent pas autant d'impôts en pourcentage que la plupart des Français. »
- 8:23Invité politiqueFait
« On avait mis en place une taxe holding qui est essentiellement aujourd'hui concentrée sur ce qu'on appelle les biens somptuaires, c'est-à-dire les voitures de luxe, les bateaux, les châteaux, etc. »
- 8:57Invité politiquePromesse
« Alors, je l'ai annoncé, en fait. Donc, effectivement, je l'ai annoncé, on sera à 1,5%. »
- 9:01Invité politiqueChiffre
« On était à peu près à deux fois au-dessus il y a un an, 3,4%. »
Temps de parole
- Roland Lescure67 %
- Présentateur29 %
- ?4 %
≈ 31,9 interruptions / 10 min (chevauchements et interjections détectés).
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Thomas Soto, RTL
Matin.
Il est le ministre de l'économie et des finances, Roland Lescure est l'invité d'RTL Matin. Bonjour et bienvenue sur RTL, Roland Lescure. Je vous remercie à vous de m'inviter. Le monde va décidément très vite avec Donald Trump, on l'évoquait avec François. On se couche hier soir, c'est quasiment la guerre au Groenland. On se réveille ce matin, on apprend qu'il a trouvé un cadre sur un accord sur le Groenland et qu'il lève ses menaces de droits de douane. Vous connaissez, vous les tenants et les aboutissants de l'accord dont il parle ou pas
?
Non, pas le détail. Ce que je sais en revanche, c'est que suite à des réactions extrêmement fermes, notamment des Européens, notamment de
la
France, par la voix du président de la République à Davos avant-hier,
il
y
a
un début de recul. Alors on est le
22 janvier. Vous y croyez ? On est le 22
janvier, le 1er février c'est dans 9 jours. Comme vous le dites, il peut se passer beaucoup de choses en 9 jours. On va se coucher et se réveiller, 9 fois pour reprendre votre expression. Mais en tout cas, il y a eu une réaction très forte. De l'Europe d'abord, de la France, de l'Allemagne et de quelques autres. Du Canada, François Langlais en parlait. Le Premier ministre du Canadien était très ferme. Et je pense que cette fermeté a commencé à convaincre le président américain qu'il fallait trouver d'autres voies et moyens que la force. Il a dit qu'on n'utilisera pas la force. Et que les tarifs commerciaux, il a dit. Voyons si ça se confirme.
Vous êtes
rassuré, soulagé, sceptique. Quel est votre état d'esprit ?
Vigilant. Vigilant, c'est un premier bon signe qui va dans la bonne direction. C'est au fond ce qu'on cherchait. Il y a le mot magique des 48 dernières heures, c'était la désescalade.
Bon
ben là, on désescalade.
Vous
ne
se
sent pas en confiance totale quand vous l'écoutez quand même.
Non mais c'était intéressant la chronique de François Langlais.
C'est toujours intéressant.
Toujours, mais particulièrement. La caractéristique première du président des Etats-Unis,
c
'est l'imprévisibilité. Donc ce n
'est
pas très bon pour les affaires. Et moi, j'ai échangé avec des grands investisseurs internationaux qui confirment ce que disait François Langlais. C'est qu'aujourd'hui, on se diversifie, y compris d'ailleurs en allant en Europe. Parce qu'en Europe, on n'est peut-être pas assez vite, on n
'est
peut-être pas assez fort. Mais au moins, on est prévisible. Et ça, c'est une bonne chose. L'imprévisibilité, ce n
'est
pas bon pour les affaires. Ce n'est pas très bon non plus pour la géopolitique.
En fait, il
y
a deux sujets. Il y
a
les droits de douane qu'il voulait imposer aux pays qui lui résistent sur le Groenland. C'est ceux-là qui étaient prévus pour le 1er février et qui semblent être sur pause depuis quelques heures. Mais il y a aussi ceux qui voulaient nous imposer à nous, la France, car on ne veut pas rentrer dans son Conseil de la paix. En l'occurrence, il a évoqué comme ça 200% sur le champagne et le vin français. Est-ce que cette menace-là, vous la prenez au sérieux ?
Est
-ce qu'elle existe toujours ce matin
?
Alors,
il
faut toujours prendre les menaces au sérieux.
Il
faut être extrêmement ferme sur notre capacité à répondre. Ça serait quoi la réponse
?
Non mais, on n'en met pas là. Non, vous l'avez dit aujourd'hui, on est dans une menace assez vague, il n
'y a
pas de date, etc. C'était à l'occasion,
j
'allais dire, d'un dégagement sur le Conseil de la paix.
L
'élément important de ce Conseil de la paix, c'est que nous considérons que l'Organisation des Nations Unies, c'est le Conseil de la paix. Et qu'une alternative n
'est
pas
la bonne manière. En gros, il crée son
ONU privé, il faut payer un milliard pour rentrer dans ce Conseil de la paix, et la France a dit non, on n'ira pas. Mais
si la France était la seule,
le
Royaume-Uni n'a pas l'air très enclin à rejoindre. Le Canada non plus.
Si
l'Europe, une fois de plus, apparaît unie, là encore, je pense qu'on aura de l'impact. Mais
moi, pardon, ce n
'est
pas aux ministres des Affaires étrangères que je m'adresse au ministre de l'économie, Roland Lescure. Si effectivement il y
a
ses droits de douane, parce qu'il est capable de tout, Donald Trump, est-ce que le gouvernement viendra en aide aux secteurs concernés, par exemple en France
?
On l'a fait en tout cas quand la Chine a mis des droits de douane sur le cognac, on les a aidés d'abord à négocier des meilleurs accords, évidemment. Mais ce qu'il faut surtout,
c
'est éviter que ça ait lieu. On l'a vu depuis une semaine.
Ça veut
dire
quoi ? Il faut se coucher sur le Conseil de la paix ou il faut tenir bon ?
En tout cas, ce que montrent ces derniers jours, c'est qu'il vaut mieux être ferme
et
dissuadé qu'être mou et se coucher, pour reprendre votre expression. Non, on est arrivé à un stade,
et
je pense que s'il y a une leçon de Davos dont le slogan c'était « le dialogue,
ça
paye ». La réalité, c'est que la fermeté aujourd'hui, dans un monde où la loi du plus fort a tendance parfois à s'imposer, c'est important. Ça ne veut pas dire qu'il faut arrêter de dialoguer, ça ne
veut
pas dire qu'il faut arrêter de s'engager. Le président de la République souhaite réunir un G7, moi je réunis un G7 finance la semaine prochaine.
Ce
sera la semaine prochaine, on est en train de fixer la date, sans doute en milieu de semaine. C'est important qu'on continue à se parler, mais en étant à la fois franc, sincère et ferme.
Bon, autre très gros dossier sur votre bureau de ministre de l'économie, le budget. Qu'a donc pris l'autoroute du 49-3 ? Est-ce qu'il faut vraiment se contenter d'un budget qui mécontente tout le monde ? Ça grogne chez les macronistes, les LR ne
sont
pas contents, LFI et le RN déposent des motions de censure, les socialistes, les écologistes, les communistes ne veulent pas le voter non plus.
Non, je vous trouve sévère. Non, c'est factuel. D'abord, l'alternative, ce n
'est
pas de budget. Et ça, je peux vous dire, personne n'en veut, mis à part les insoumis et les rassemblements nationaux que vous avez mentionnés. Mais il y a aujourd'hui une majorité de parlementaires à l'Assemblée nationale qui ont l'air, on verra dans les dix jours qui viennent si ça se matérialise, d'être prêts à accepter ce budget et à ne pas censurer le gouvernement. Donc ça prouve qu'il ne satisfait pleinement peut-être personne, mais au moins on est prêt à le faire
passer.
En
tout
cas, il ne plaît pas aux entreprises. On parlait de l'instabilité et de la crise d'instabilité au niveau international, c'est vrai aussi en France.
Il
faut dire que vous avez trouvé votre vache à
l
'air avec les entreprises encore. La surtaxe sur les bénéfices des 300 plus grandes entreprises françaises, elle devait être de 4 milliards dans la copie initiale au mois d'octobre. Elle est de 8 milliards ? 8 milliards ?
Ce que je peux vous dire, c'est qu'en 2025, on avait prévu à peu près 8 milliards.
Je
vous annonce qu'on aura à peu près 8 milliards de recettes. D'accord. Et que ça n'a pas empêché la croissance d'être au rendez-vous et l'investissement d'être au
rendez-vous. Là, ce
sera encore 8 milliards en 2026 ?
A
peu près, ce sera un peu moins. On sera plutôt un peu au-delà de 7. En partie parce qu'on a exonéré ce qu'on appelle les entreprises de taille intermédiaire. 7,3.
7
,3 milliards
? 7,3 milliards. L'année prochaine, on est un peu en dessous de 8 l'année dernière, ce qui était exactement ce qu'on avait prévu.
Sauf que Roland, excusez
-moi. Non mais attendez, j'insiste.
J'insiste, excusez-moi. Allez
-y.
On est dans un budget 2026 où on ne touche pas au pacte d'Utreil. On ne touche pas au crédit impôt recherche. On ne touche pas au crédit impôt industrie verte. On ne touche pas à l'impôt de 99% des entreprises. Et oui, on met à contribution les 300 plus grandes entreprises
qui
gagnent de l'argent. Non,
oui,
pardon, c'est pour assurer
la transmission de l'entreprise familiale. J'entends tout
ça. On n'accompagne le pouvoir d'achat de ceux qui travaillent. On préserve les retraités.
Est-ce qu'on peut vous faire confiance ? L'an dernier, promis juré, cette fameuse surtaxe sur les grandes entreprises, c'était pour un an, pas plus. On pourrait dire pareil politiquement de la non-utilisation du 49,3. Non, non, non, on ne le fera pas. Vous êtes comme Trump, en fait. Vos promesses, elles se périment très vite, non
?
Non, moi je vous trouve là encore extrêmement sévère.
On
est arrivé à
un stade... La CVAE,
cotisation sur la valorité des entreprises, ça touche les PME. Promis, promis, promis, trois fois promis, ça allait baisser, c'est pas le cas. Non,
c'était dans le budget, il a fallu faire un compromis. Moi, le ministre de l'économie et des finances, si on pouvait ne pas taxer les entreprises, avoir un budget en dessous de 3% et une croissance à 2, il en serait très heureux. Il sera combien le budget, là ? La réalité, aujourd'hui, c'est qu'on était à 5,4 l'année dernière, et la bonne nouvelle, c'est qu
'on
le confirme, et qu'on sera à 5 l'année prochaine.
La dernière fois que vous êtes venu, vous avez dit
qu
'il
ne
faut
pas aller au-delà de 4,7.
Non, j
'ai
dit qu
'il
ne
faut
pas aller au-delà de 5. On était... on visait 4,7, pas au-delà de 5. Alors là-dessus, reprenez mes déclarations,
je pense que j'ai été... La
dernière fois et l'avant-dernière fois... J'ai
été constant et cohérent depuis que j'ai été nommé.
Peut-être que vous
l'accordent.
Deux, il faut partager les efforts entre hausse d'impôts et baisse des dépenses. On fait à peu près moitié-moitié. Trois, il faut préserver la croissance, et je pense qu'on le fera. La croissance a été bonne l'année dernière.
Alors
déjà l'année dernière, on était à 0,7, on va sans doute finir à 0,9. Donc on a eu de bonnes nouvelles. Pour l'année prochaine, on est à 1. On peut
faire mieux
? On apparaissait optimiste il y
a
3 mois, tout le monde nous a rejoint en tout cas. Donc on verra.
Moi,
je ne préfère pas raser gratis ou promettre la Lune. Mais pour l'instant, du côté de la croissance, ça tient. Et ça tient mieux qu'ailleurs. Mieux qu'en Allemagne, mieux qu'en Italie, mieux qu'en Europe. Donc
ça ne va pas si
mal. Il y
a
un sentiment d'injustice fiscale dans le pays, Roland Esquire. Votre prédécesseur au ministère de l'économie, Eric Lombard, a dit il y
a
quelques jours que des milliers de contribuables parmi les plus fortunés, il ne parle pas des milliardaires, il parle des plus fortunés, ont un revenu fiscal de référence de zéro et ne payent aucun impôt sur le revenu. Est-ce que c'est vrai ou est
-ce
que c'est faux
?
Moi, j'ai cherché les notes qui diraient ça, je ne les ai pas troubées. Ce qui est vrai en revanche.
Et
on le sait. Et c'est en partie pour ça qu'on a mis en place la contribution différentielle sur les hauts revenus, qu'on voulait mettre en place une taxe holding au sein du budget. C'est qu'il y a des contribuables qui gagnent très très bien leur vie et qui, pour des raisons d'optimisation fiscale, ne payent pas autant d'impôts en pourcentage que la plupart des Français. Et ça, il faut qu
'on
le corrige. Ça,
ça
va se corriger ? On a commencé à le faire à ce qu'on appelle la contribution différentielle sur les hauts revenus. On avait mis en place une taxe holding
qui est
essentiellement aujourd'hui concentrée sur ce qu'on appelle les biens somptuaires, c'est-à-dire les voitures de luxe, les bateaux, les châteaux, etc. Mais on a commencé à le faire. Et je pense que ce travail, il va falloir continuer à le faire parce que vous avez raison. La justice fiscale, aujourd'hui, c'est au fond la condition sine qua non de
la
volonté, l'acceptation fiscale de tous les Français et les Français.
J
'ai une dernière question. La Banque de France a proposé de baisser le taux du livret A à 1,5% au 1er février. Vous nous confirmez qu'en tant que ministre de l'économie, vous allez suivre cette recommandation ?
Alors, je l'ai annoncé, en fait. Donc, effectivement, je l'ai annoncé, on sera à 1,5%. On était à peu près à deux fois au-dessus il y a un an, 3,4%. Bon, la bonne nouvelle, c'est que la raison pour laquelle on baisse les taux d'intérêt, c'est que l'inflation a baissé. On a gagné le combat contre l
'inflation. La bonne
nouvelle,
c
'est que les Français, depuis 2015, ont retiré plus d'argent de leur livret A qu'ils n'en ont placé. On appelle ça la décollecte. Elle vous inquiète, cette décollecte
? Non, parce que, d'abord, elle est logique, les taux d'intérêt baissent. Elle n'est pas massive, mais elle est importante. Et deux, ça veut dire que les Françaises et les Français, j'espère en tout cas, sont prêts à remettre de l'argent dans l'économie, à consommer. On a un taux d'épargne
extrêmement
élevé en France aujourd'hui. Si la confiance revient et le budget, ça sert aussi à ça. Redonner
confiance à tout le monde. Ça pourra descendre en
dessous de 1,5% ou vous vous direz, non,
il
ne
faut
pas trop baisser après ?
Non, écoutez, on verra ce que les taux d'intérêt donnent et ce que l'inflation donne. 1,5% aujourd'hui, c'est très bas. On verra ce qui se passe dans les six mois qui viennent. Mais a priori, pour l'instant, on reste là.
Merci beaucoup.
Merci à vous.
Vous avez le point. Le 15 décembre, vous étiez dans ce studio face à moi et vous avez dit 5%. Voilà, on a vérifié en régie. Merci beaucoup.
Roland Lescure