Nouvelle-Calédonie : "À situation exceptionnelle, mesures exceptionnelles", estime Bruno Retailleau
Transcription Whisper (large-v3), avec identification des locuteurs. À recouper avec la source d'origine.
Analyse automatique
Générée par IA — peut contenir des erreurs. Méthodologie
Chapitres
Répartition du ton (temps de parole politique)
Propositif 35 %Attaque 25 %Défensif 40 %
Questions et réponses
Taux de réponse directe : 61 % (directe = 1, partielle = 0,5, éludée = 0)
- 7:18OuverteRéponse partielle
Le gouvernement n'a-t-il pas sa part de responsabilité ?
- 8:14RelanceRéponse partielle
Mais dix jours avant l'élection, Bruno Retailleau, ça reste quand même un ultimatum.
- 8:29RelanceRéponse partielle
C'est ce qu'il y a de pire, ça ne marchera pas.
- 9:05RelanceÉludée
Mais Gérard Larcher, c'est un représentant de votre parti, les Républicains. Or, les Républicains sont pour...
- 10:33OuverteRéponse directe
Bruno Retailleau, revenons en métropole, où la situation est également très grave, dans nos prisons.
- 12:03RelanceRéponse partielle
Vous plaisantez sur les aménagements de peine, vous plaisantez, Bruno Retailleau.
Affirmations vérifiables (citations exactes)
- 6:49Invité politiqueFait
« J'avais moi-même demandé l'état d'urgence. Il le fallait. »
- 6:55Invité politiqueFait
« on ne peut pas dialoguer avec un couteau sous la gorge, avec un pistolet sur la tempe. »
- 8:10PrésentateurFait
« on disait, si jamais il y a un accord dix jours avant l'élection, on peut tout remettre à plat. »
- 10:09Invité politiqueChiffre
« 20% du PIB de la richesse nationale, à peu près 20% des emplois. »
- 10:13Invité politiqueFait
« Or, aujourd'hui, les trois usines sont en grand danger. »
- 11:40Invité politiqueFait
« depuis 12 ans, depuis François Hollande, il y a eu une idéologie anti-prison. »
- 11:53Invité politiqueFait
« la loi de 2014, la loi de 2019, la loi de 2021, où on dit, on pousse des mesures probatoires, on pousse des aménagements de peine. »
- 12:24Invité politiqueChiffre
« En Vendée, moi, j'ai deux prisons. Ça fait 10 ans, on a trouvé un terrain. La prison qui est quasiment, en tout cas dans le top 3, à mon avis, des prisons les plus surpeuplées, 241%. »
- 12:59Invité politiqueChiffre
« On est un des pays d'Europe qui incarcérons le moins, le plus tard. »
Temps de parole
- Bruno Retailleau43 %
- Locuteur 220 %
- Présentateur17 %
- Présentateur 215 %
- Locuteur 34 %
≈ 3,2 interruptions / 10 min (chevauchements et interjections détectés).
Modèle mistral-small-latest · prompt v1· les citations sont vérifiées mot pour mot dans le transcript ; le taux de réponse directe est calculé à partir des verdicts question par question. Aucun label idéologique n'est produit.
7h43.
Le 7-10 sur France Inter.
L'édito politique et à El Gauze entre l'état d'urgence en Nouvelle-Calédonie et la traque du fugitif Mohamed Hamra, la campagne des Européennes est mise sur pause.
Oui Nicolas, de fait, suspendu, Marion Maréchal lundi, François-Xavier Bellamy mardi, Raphaël Glucksmann hier, tous ont quand même pris le temps de présenter leur projet et le dépôt des listes est toujours ouvert jusqu'à vendredi 18h. Mais pour quelle bande passante, pour quel écho, deux agents pénitentiaires et un gendarme sont morts en moins de 48 heures. Autorité, justice, maintien de l'ordre, le débat régalien qui relève de l'état et non de l'Europe écrase tout. On n'est pas en mars 2012 quand Nicolas Sarkozy et François Hollande avaient temporairement suspendu leur campagne présidentielle après les tueries de Mohamed Merah.
Mais lorsqu'un président ordonne l'état d'urgence pour la septième fois seulement en 70 ans, tout le reste paraît bien dérisoire. Emmanuel Macron subit l'agenda et repart en gestion de crise. Que voulez-vous dire là ? Quand vous êtes en commande, il y a ce que vous pouvez maîtriser et ce qui s'impose à vous. En avril, le camp Macron a subi son propre agenda politique. La campagne de Valérie Ayet, parasitée par le concours Lépine des ministres pour réduire le déficit, annonce tous azimuts sur les chômeurs, les fonctionnaires, la fin du logement social à vie. Ce que le président a qualifié de foire à la saucisse, loin des enjeux européens.
D'où son deuxième discours de la Sorbonne, conçu pour remettre l'église européenne au milieu du village français, sans effet ou presque. Et l'objectif cette semaine, c'était de continuer à maîtriser l'horloge. En positif, Choose France et ses investissements records, l'EPR de Flamanville, Fécamp et ses éoliennes, deux visites annulées, le vent a tourné brutalement, ultra-violence du narcotrafic et guerre civile à Nouméa.
Et comment analysez-vous, Yael, le début de reprise en main ?
Fragile, fragile, car le RN rejoue à domicile, lui qui théorise une campagne nationale et anti-Macron. Tenez, ce matin, Jordan Bardella bouscule son agenda pour une conférence de presse sur le sursaut face au narcotrafic. Marion Maréchal et François-Xavier Bellamy se déplacent pour soutenir les agents pénitentiaires en colère qui bloquent leur prison. Ou comment continuer la campagne en mettant l'Europe entre parenthèses ? Fragile et périlleux pour l'exécutif, car on assiste au classique concours de réaction martiale. La réponse sera implacable, dit l'Elysée. La République ne tremble pas devant les Kalachnikovs, renchérit Gérald Darmanin.
Sauf que sur un dossier aussi complexe, sensible que la Nouvelle-Calédonie, la parole, dite performative, ne suffit pas à dessiner une sortie de crise. En fixant un ultimatum fin juin pour obliger loyalistes et indépendantistes à trouver un accord, Emmanuel Macron se met lui-même dans la seringue et enclenche un compte à rebours politique. Le calme, la concorde, seront-ils de retour d'ici aux urnes le 9 juin ? C'est à se demander si le débat entre Gabriel Attal et Jordan Bardella a encore du sens, jeudi prochain. Vu la crise, les crises, le Premier ministre a sans doute mieux à faire qu'à boxer à la télé contre un leader populiste qui commente le chaos dont il se nourrit. Yael Gauze.
L'édito éco avec Banque Populaire, engagée aux côtés de ceux qui entreprennent. Banque Populaire, partenaire premium de Paris 2024.
L'édito éco et on continue avec vous Dominique Seux sur la Nouvelle-Calédonie. Le nickel n'est plus l'or vert qu'il a été.
Or vert, c'est comme ça que le nickel a longtemps été appelé une ressource devant assurer la richesse de l'île pour l'éternité. Or, aujourd'hui, si les réserves sont considérables, si la production reste importante, si 13 000 personnes travaillent dans les mines et les usines, tout a changé ces dernières années. Tout a changé au point qu'un expert du secteur sur place me disait hier soir, on a bien résisté, mais là, on craque. Comme souvent, ce sont les changements du monde et le rouleau compresseur chinois qui écrase le nickel calédonien.
Il y a 20 ans, les pays occidentaux dominaient le marché de ce métal que l'on trouve dans les aciers inoxydables et dans les moteurs des avions, des sous-marins et de plus en plus dans les batteries. Le Canada, l'Australie et donc la Nouvelle-Calédonie. Mais les Chinois, via l'Indonésie et dans une moindre mesure les Russes, ont investi lourdement et ils pèsent désormais 75% de ce marché. Et le meilleur moyen qu'ils ont trouvé pour éliminer la concurrence occidentale, c'est de surproduire afin d'écrouler les prix, moins 45% en 2023, efficace, très efficace.
Oui, et donc difficile de résister.
Et pourtant, il faut résister. Il n'y a plus une seule usine mythologique de transformation du nickel en Europe, pile au moment où on en a besoin pour les voitures électriques. Le nickel de Nouméa pourrait être le filon de l'Europe, sur le papier, tout colle. Sauf qu'il est produit plus cher qu'en Indonésie parce que les salaires y sont plus élevés, et ça, et heureusement, et que l'électricité coûte cher, ça, l'État est prêt à la subventionner. Mais aussi parce que les spécialistes le disent un peu à mi-voix, les canaques indépendantistes, dans les instances qu'ils contrôlent, ne poussent pas vraiment les feux. Ils veulent garder au chaud le nickel pour quand l'indépendance viendra.
Les permis seraient accordés au compte-gouttes. Les deux exploitants locaux, une filiale d'Eramet et Proni, croient qu'une remonte Tadda est jouable. Mais la pente est très rude. Eramet a d'ailleurs aussi investi en Indonésie.
Oui, et la géopolitique revient par la fenêtre.
Oui, le mal-être d'une partie de la population canaque existe, et 30 000 personnes vivent dans des conditions insalubres aux portes de Nouméa, dont des milieux de jeunes désœuvrés. Mais, outre que trois référendums ont conclu au maintien de la République, il ne faut pas être dupe. Le journaliste de Radio France, Frédéric Mettezot, a enquêté sur l'ingérence de l'Azerbaïdjan en Nouvelle-Calédonie, militant pour l'indépendance canaque, en représailles du soutien français à l'Arménie, mais surtout, surtout sur la même ligne que Moscou. Après le Mali, le Burkina Faso et le Niger, la Russie s'intéresse maintenant à la Nouvelle-Calédonie.
Conclusion, il ne faut pas être dupe, l'ombre de Pékin, le réseau chinois TikTok a été interdit hier sur le territoire, et l'ombre de Moscou s'étendent indubitablement sur le caillou.
Dominique Seux, merci. 7h49, Sonia Devillers, votre invitée ce matin, et sénateur LR de Vendée.
Et président du groupe LR au Sénat. Bonjour Bruno Retailleau.
Bonjour Sonia Devillers.
4 morts, dont un gendarme en Nouvelle-Calédonie, 1800 membres des forces de l'ordre mobilisées, 500 autres à venir. Emmanuel Macron a décrété l'état d'urgence et déployé l'armée. Procédure très exceptionnelle, c'est ce qu'il fallait faire.
A situation exceptionnelle, vous l'avez dit, en rappelant les morts, en rappelant les centaines de blessés, les pillages. Cette jeune maman dont le bébé, elle était enceinte, est mort parce qu'elle n'a pas pu arriver à temps à l'hôpital. La voiture était bloquée. A situation exceptionnelle, mesure exceptionnelle. J'avais moi-même demandé l'état d'urgence. Il le fallait. La première des choses, avant même le dialogue, on ne peut pas dialoguer avec un couteau sous la gorge, avec un pistolet sur la tempe. Il faut impérativement que l'ordre républicain soit rétabli. Par les moyens, justement, de l'état d'urgence.
Mon invité d'hier, Nicolas Metzdorf, député Macroniste de Nouvelle-Calédonie, a fait porter le chapeau aux indépendantistes qui hystérisent le débat, dit-il, qui hiérarchisent les Calédoniens en fonction de leur couleur de peau. Le gouvernement n'a-t-il pas sa part de responsabilité ?
Bien sûr qu'il y a eu des maladresses. Je suis membre de l'opposition. Je dirige un groupe qui est dans l'opposition au Sénat. Je crois qu'il faut que, désormais, on pèse notre parole publique, parce qu'il y a le feu dans une petite partie de la France, du Pacifique, en Nouvelle-Calédonie. Et je ne rajouterai pas de la polémique sur les événements que vous venez précisément dénumérer. Simplement. Bien sûr qu'il y a eu des maladresses. Mais aujourd'hui, regardons vers l'avenir. Qu'est-ce qu'il faut faire ? Première chose, rétablir l'ordre public. Nous venons d'en parler avec l'état d'urgence. Deuxième chose, renouer le dialogue.
Et pour renouer le dialogue, je pense qu'il faut détendre le calendrier. Même s'il faut faire des élections provinciales en 2025. C'est ce que le Sénat, d'ailleurs, dans le texte qui a été voté conforme, on avait été critiqué à l'époque, mais l'Assemblée nationale l'a voté conforme. Puisque nous, on allait jusqu'à dix jours avant l'élection. On disait, si jamais il y a un accord dix jours avant l'élection, on peut tout remettre à plat.
Mais dix jours avant l'élection, Bruno Retailleau, ça reste quand même un ultimatum. Or, hier, Jean-François Merle, ancien conseiller outre-mer de Michel Rocard, à l'époque des accords de Matignon, donc il sait parfaitement de quoi il parle, il dit, l'ultimatum, c'est ce qu'il y a de pire, pour mettre d'accord les Calédoniens entre eux. C'est ce qu'il y a de pire, ça ne marchera pas.
Ce que je propose, moi, je doute aujourd'hui que même Emmanuel Macron, même Gabriel Attal, puissent être en mesure de restaurer un dialogue. La proposition que je ferais, c'est qu'il y ait une sorte de comité, de médiateurs. Je pense que Gérard Larcher est aujourd'hui le seul capable à parler à toutes les parties. à toutes les parties, y compris parce qu'il avait créé un groupe de contact, il n'a cessé d'entretenir des liens, parce que c'est le rôle institutionnel du Sénat, la représentation des territoires, y compris des territoires ultramarins, ne l'oublions pas.
Mais Gérard Larcher, c'est un représentant de votre parti, les Républicains. Or, les Républicains sont pour...
Je fais la proposition d'associer peut-être d'autres personnalités, au moins la présidente de l'Assemblée nationale, les deux grandes institutions. Mais la difficulté, c'est que les indépendantistes sont eux-mêmes divisés entre le palica qui détient la province nord et l'UC, Daniel Goa, d'un côté, et de l'autre, Paul Néautine. Et il y a une lutte intestine, puisque l'UC veut conquérir la province nord. C'est ce qui est difficile, aujourd'hui, le dialogue. C'est la raison pour laquelle je me décalerai, je n'investirai pas le gouvernement de cette charge-là.
Si j'étais Emmanuel Macron, je ne mettrai pas en première position, on verra ce que donne la visio qu'il a prévue avec l'ensemble des partis, en fin de matinée, je le ferai. Et troisième, troisième élément, un ancien garde des Sceaux, qui connaît bien le sujet, me le disait, il me disait, Bruno, le nickel, c'est le sang, Dominique Seul le disait très bien, c'est le sang de la Nouvelle-Calédonie. 20% du PIB de la richesse nationale, à peu près 20% des emplois. Or, aujourd'hui, les trois usines sont en grand danger. Je pense que sur les trois, peut-on en sauver une ou deux ? Je ne le sais pas.
Mais en tout cas, sans plan nickel, qui permettra d'assurer un flux de revenus, la richesse, une prospérité pour l'île, il n'y aura pas d'accord institutionnel. Ce que je veux dire, c'est que l'accord institutionnel doit être lié à un accord économique et social. On l'oublie trop souvent.
Bruno Retailleau, revenons en métropole, où la situation est également très grave, dans nos prisons. Parlons du personnel pénitentiaire, deux gardiens de prison assassinés, trois autres blessés lors de l'attaque d'un convoi pénitentiaire. Les prisons sont toujours bloquées, le personnel réclame un plan d'urgence et des équipements. Nous n'avons pas les armements face à un nouveau grand banditisme, disent les syndicats. Le ministre de la Justice est d'accord pour revoir les critères des escortes pénitentiaires.
Moi aussi, mais à chaque fois en France, on n'anticipe pas. Je pense vraiment qu'on est au bout d'un cycle. On parlait de la Nouvelle-Calédonie. On sort du cycle ouvert par les accords de Matignon, puis de Numea. Et à chaque fois qu'on sort d'un cycle, il faut réinventer quelque chose, un nouveau monde. Et c'est la même chose pour les prisons. C'est la même chose. Aujourd'hui, les Français qui regardent la télévision ou que vous écoutent sont totalement effarés. Ils ont le sentiment d'une perte de contrôle de l'État. J'étais il y a quelques jours à Mayotte, idem, avec des influences de Moscou à partir des Comores, puisque l'adjoint de M. Lavrov s'est rendu. Mais la prison, c'est pareil.
On a vécu, il y a un cycle là, et notamment, pardon, mais depuis 12 ans, depuis François Hollande, il y a eu une idéologie anti-prison. Je suis désolé. Il y a eu des gardes des Sceaux qui étaient à gauche, Mme Taubira, Mme Belloubet, M. Dupond-Moretti, la loi de 2014, la loi de 2019, la loi de 2021, où on dit, on pousse des mesures probatoires, on pousse des aménagements de peine. Mais la prison, c'est l'horreur. On ne construit pas de place de prison.
Vous plaisantez sur les aménagements de peine, vous plaisantez, Bruno Retailleau. C'est-à-dire que la surpopulation carcérale arrive à un pic critique. Vous avez lu le rapport de la contrôleuse des prisons qui a été remis hier.
Est-ce que vous avez lu ?
On est à 125%, 125% de densité carcérale, 200% des pics à 200% dans les prisons d'arrêt. C'est ce que je vous dis.
En Vendée, moi, j'ai deux prisons. Ça fait 10 ans, on a trouvé un terrain. La prison qui est quasiment, en tout cas dans le top 3, à mon avis, des prisons les plus surpeuplées, 241%. À tel point, il y a quelques jours, Ouest France relatait le fait qu'un détenu traîne l'État en justice au tribunal administratif pour mauvais traitement parce que dans une cellule de 13 mètres carrés, ils étaient 5. Ce que je veux dire, c'est que le refus... Attendez, c'est trop important. Je pense qu'en France, justement, on n'assume pas le fait d'incarcérer. Il faut réhabiliter la sanction. Et la sanction aussi par la prison. On est un des pays d'Europe qui incarcérons le moins, le plus tard.
Et ça ne marche pas, notamment parce qu'on enferme, du coup, des jeunes dans des parcours de délinquance. Bien. Mais justement, le personnel pénitentiaire, parce qu'on a des prisons vétustes, parce qu'on a des prisons surpeuplées, parlez-leur. Qu'est-ce qu'ils vous disent ? Eh bien, ils vous disent que quand il y a une prison surpeuplée, il y a des risques énormes parce qu'il y a des tensions humaines. Ça, c'est humain. Et c'est eux qui sont en première ligne. Donc, ce que je dis, c'est qu'il faut changer.
Il faut absolument changer de politique pénale et revoir la prison, non pas comme le mal absolu, mais dire et imiter ce qu'a réussi, par exemple, en Hollande, dans d'autres pays de l'Europe du Nord. Les Pays-Bas ? Exactement. Les Pays-Bas. Qui ont vidé leur prison ? Exactement. Mais ils ont vidé... Vous savez pourquoi ils les ont vidé ? Dites-nous. C'est très intéressant. Ils avaient un problème de délinquance et ils ont changé de pied. Ils se sont dit, notamment sur les jeunes mineurs, pas dans n'importe quelle prison, on va incarcérer, avec des peines courtes, de quelques semaines, une butée, une contention. On les coupe de la meute et en même temps, on les fait réfléchir.
Ils ont construit des prisons, ils ont rempli les prisons et ensuite, ça a marché. Et ils ont vidé les prisons à tel point qu'ils louent des places de prison à la Belgique.
Il me semble qu'aux Pays-Bas, c'est tout à fait l'inverse, qu'on a joué plutôt sur les aménagements de peine et qu'on a dépénalisé certains petits délits. On vérifierait ça. Un dernier mot sur l'avis de votre parti parce que c'est important, la moralisation de la vie politique. Le parquet de Nice a confirmé lundi qu'une enquête préliminaire était ouverte pour détournement de fonds publics. Elle cible Éric Ciotti et ses collaborateurs. C'est le président du parti Les Républicains. Est-ce que c'est un problème ?
Je lui fais confiance à Éric pour s'expliquer devant la justice et il apportera les preuves de son innocence.
Oui, mais il y a quand même déjà une enquête qui a été ouverte ciblant son ex-femme l'année dernière. Est-ce que la moralisation de la vie politique et de la vie publique concerne les Républicains ?
Mais bien sûr, mais bien sûr. Il concerne tous les citoyens qu'on soit élu, qu'on ne soit pas élu. Personne n'est ni en dessous née au-dessus de la loi. Il y a la présomption d'innocence. Donc arrêtons de faire des procès médiatiques. Ce n'est pas le lieu. Les réseaux sociaux ne sont pas le lieu de cela ni les médias. Et encore une fois, je fais confiance à Éric qui est notre président. Vous savez que j'avais été concurrent. Absolument. Voilà, je portais un autre projet mais il a gagné. Donc c'est mon président et je pense que notre famille est affaiblie. Donc il faut aussi qu'on fasse preuve de cohésion. Merci Bruno. Et d'esprit d'équipe. Et merci Sonia de Villers.
Bruno Retailleau