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interviewLCP - Assemblée nationale· 17 février 2026 67 min

Mort de Quentin Deranque : l'Assemblée nationale sous tension | Chaque voix compte - 17/02/26

Transcription Whisper (large-v3), avec identification des locuteurs. À recouper avec la source d'origine.

0:24
Présentateur

Bonsoir à tous et bienvenue dans Chaque Voix Compte sur LCP. Nous sommes ensemble pour une heure de décryptage de l'actualité et de débats en direct de l'Assemblée Nationale avec pour m'accompagner ce soir Lou Frittel, journaliste à Paris Match. Bonsoir Lou. Bonsoir. Et bonsoir Bertrand Perrier. Merci à vous deux d'être là. C'est parti pour le sommaire de ce soir avec à la une dans Chaque Voix Compte la brutalisation de la vie politique au cœur des débats après le meurtre de Quentin Déranque samedi à Lyon. À l'Assemblée Nationale, les questions au gouvernement ont rapidement tourné cet après-midi au pugilat anti-LFI tandis que l'enquête progresse avec ce soir les premières interpellations.

Question ce soir sur cette violence politique qui vient percuter la campagne des municipales et qui inquiète à 14 mois de la présidentielle. Nous en parlons avec vous Jean-Yves Camus. Bonsoir. Vous êtes politologue, co-directeur de l'Observatoire des radicalités politiques de la Fondation Jean Jaurès et chercheur à l'IRIS. Merci d'être là aux côtés d'Elsa Mondingava, journaliste parlementaire à LCP. Vous nous avez fait vivre tout l'après-midi sur LCP cette séance de questions au gouvernement. Et bonsoir Xavier Chrétier. Bonsoir. Vous êtes professeur agrégé de sciences politiques et auteur notamment du livre « Violence politique en France » paru aux presses de Sciences Po.

Vous êtes également enseignant à Sciences Po, à Saint-Germain-en-Laye. Merci à tous les trois d'être là. Nous sommes également en direct de Lyon avec vous Francis Ziegelmeyer. Bonsoir. Vous êtes journaliste au progrès et nous ferons le point dans un instant avec vous sur l'enquête qui se poursuit et qui a progressé aujourd'hui puisque les premières interpellations sont intervenues il y a quelques minutes maintenant. Lou, de quoi allez-vous nous parler ce soir ? De la fondation d'une ligue des droits de l'homme, de droite, c'est le nouvel outil des nationalistes pour lutter contre la gauche.

Dans la deuxième partie de chaque voie, on te place à la question qui fâche question ce soir sur Parcoursup alors que les députés viennent de rendre les conclusions d'une mission flash sur l'efficacité de la plateforme. Outil d'orientation ou machine à trier socialement ? Nous en parlerons avec les deux co-rapporteurs de cette mission. Pierrick Courbon qui est député socialiste de la Loire et Franz Gums qui est député modem de Saint-Barthélemy. Et puis Louis Boyard, député LFI du Val-de-Marne, sera aussi avec nous. La France Insoumise avait déposé l'an dernier une proposition de loi pour carrément supprimer Parcoursup. Vous, Bertrand Perrier, vous aimez Parcoursup ?

Je vous expliquerai comment Parcoursup s'est devenu LinkedIn au lycée. Vous pouvez vous aussi interroger nos invités ce soir ou nous faire part de vos réflexions. Vous flashez le petit QR code qui est là et qui restera là tout au long de l'émission. Et c'est Bertrand Perrier qui a la tablette magique ce soir. C'est lui qui est chargé de collecter vos messages et de les transmettre à nos invités. On n'oublie pas Bourbon Express, bien sûr, le journal de l'Assemblée nationale tout à l'heure avec Valérie Brochard. Voilà pour le menu de ce soir. Installez-vous confortablement. Chaque voix compte, c'est parti.

L'Assemblée nationale a donc observé une minute de silence en début d'après-midi en hommage à Quentin Deranque, ce jeune militant nationaliste de 23 ans, lynché à mort jeudi dernier en marge d'une conférence de l'eurodéputé Rima Hassan à Sciences Po Lyon. Cette minute de silence a précédé une séance de questions au gouvernement dont tout le monde prédisait qu'elle allait être électrique. Baptiste Garguichartier nous la résume. Une ouverture d'une séance de questions au gouvernement très solennelle cet après-midi. Mes chers collègues, en hommage au jeune Quentin, je vous demande d'observer une minute de silence.

Une minute de silence en hommage à Quentin Deranque, juste avant la première question du Rassemblement national, directement posée au gouvernement.

4:06
Marine Le Pen

Allez-vous dissoudre les organisations antifa ? Allez-vous faire poursuivre leurs éventuelles reconstitutions comme le permet le Code pénal ?

4:16
Bruno Retailleau

J'ai dissous de nombreuses associations d'ultra-droite et d'ultra-gauche. Et nous devons continuer à les dissoudre comme l'a fait Bruno Rotaillot lorsqu'il l'a proposé et comme va continuer à le faire. Vous le savez, Laurent Nunez. Et oui, vous aurez le gouvernement toujours à vos côtés et j'espère le Parlement aussi.

4:29
Présentateur

La jeune garde est aujourd'hui pointée du doigt. Son fondateur, Raphaël Arnaud, n'était pas présent sur les bancs de l'hémicycle, mais la France insoumise n'a échappé ni aux critiques ni aux attaques des oppositions.

4:40
Invité

Il appartient à chacun d'entre nous ici de dénoncer les responsabilités politiques qui ont mené à cette violence. Et cette violence ne vient pas de nulle part. Aujourd'hui, l'extrême-gauche a du son sur les mains.

4:51
Présentateur

Durant les débats, pas un mot dans les rangs insoumis. Jusqu'à ce que la présidente du groupe prenne la parole.

4:56
Marine Le Pen

Il vous aura fallu ce drame pour sortir enfin du silence. Nous ne vous avons pas entendu sur l'assassinat du rugbyman Federico Aramburo à deux kilomètres seulement de notre assemblée par des militants du GUD, ni sur les douze personnes tuées par l'extrême droite depuis 2022. Monsieur le Premier ministre, faire peser sur notre groupe une responsabilité morale imaginaire ne parviendra pas à éclipser votre réelle responsabilité politique.

5:21
Intervenant

Ce que vous venez de faire est absolument ignoble et abject.

5:42
Présentateur

Madame la Présidente, c'est pourquoi tout le monde doute de votre sincérité

5:45
Intervenant

et pourquoi personne ne veut vous croire. Tout simplement parce qu'il est temps que vous fassiez le ménage, Madame la Présidente Panneau. Le ménage dans vos propos, le ménage dans vos idées et surtout le ménage dans vos rangs.

6:01
Présentateur

De son côté, le ministre de l'Enseignement supérieur l'annonce, une circulaire a été envoyée à tous les recteurs pour interdire toute manifestation politique dans les universités en cas de risque de trouble à l'ordre public. Xavier Chrétier et Jean-Yves Camus, je voulais d'abord votre commentaire sur ce qui s'est passé cet après-midi à l'Assemblée nationale. D'abord, cette minute de silence. Et puis ensuite, ces questions au gouvernement ont prédisé une ambiance très houleuse, très électrique. Les questions ont essentiellement porté sur ce sujet, sur le meurtre de ce jeune homme. Comment est-ce que vous avez trouvé à la fois et les députés et les ministres dans leur réponse ?

6:35
Intervenant

– Pendant que l'Assemblée nationale rend hommage au jeune homme qui est décédé, ce qui est une excellente initiative, je vois, moi, des commentaires sur les réseaux sociaux, y compris à ce que je peux poster, qui nous expliquent, qui m'expliquent que finalement, ce jeune homme était un fasciste et qu'il n'y a pas le gueule de faire un plat. Ça prouve à quel point la polarisation est grande.

Et cet hommage, non pas à quelqu'un à raison de ses idées, mais parce qu'il est mort et que personne à son âge ne mérite de mourir, alors qu'il n'a participé à aucun acte délictueux, ça prouve quand même qu'il est temps de réfléchir à ce que la parole politique, à ce que la parole militante a atteint comme degré de radicalité. Parce qu'il arrive que la parole soit performative. Elle ne l'est pas toujours, heureusement. Mais il existe des gens qui entendent les mots comme des appels à les transformer en actes.

C'est évidemment une stratégie de la France insoumise que de casser le consensus sur tous les sujets, en essayant de porter le fer là où il y a une cassure possible de l'arc républicain. C'est comme ça que j'interprète, moi, les prises de position d'un certain nombre de députés et de cadres insoumis sur, par exemple, la légitimation de la lutte armée de certains mouvements palestiniens. Certaines réactions d'après le 7 octobre. Porter le fer là où le consensus républicain est le plus général.

Porter le fer en disant, par exemple, que tous ceux qui ne se prononcent pas explicitement contre le gouvernement Netanyahou sont des génocidaires ou des complices des génocidaires, ce qui fait de moi, par exemple, un génocidaire, à minima. C'est véritablement toucher à ce qui faisait l'unité nationale. Et tout ça, en multipliant les prises de parole, disant, mais antisémite, pas du tout, nous sommes simplement antisionistes. Encourageant la violence, pas du tout. Nous encourageant un antifascisme défensif.

Il est temps, à un moment donné, et l'avancée de l'enquête, les interpellations, je l'espère bientôt, ce qui va suivre, permettront effectivement d'établir qu'à un moment donné, ce qui était un mouvement antifasciste qui voulait faire la jonction de l'antifascisme traditionnel et de l'ensemble des luttes anticapitalistes, antimilitaristes, féministes, radicales, etc., à déboucher sur quelque chose qui ne doit pas se produire, quelle que soit la victime et sa proximité idéologique.

9:29
Présentateur

Xavier Chrétier.

9:31
Intervenant

Alors, je ne serai pas tout à fait sur la même ligne que Jean-Yves Camus. Mais chaque voix compte et c'est pour ça que vous êtes là. Je suis assez d'accord sur l'idée que la France insoumise a eu une part de responsabilité dans ce qu'on pourrait appeler la brutalisation de la parole publique, en particulier à l'Assemblée. C'est d'ailleurs une stratégie totalement revendiquée et qui est justifiée et qui s'inspire en particulier de la philosophe Chantal Mouffe. L'idée de la France insoumise c'est de dire il faut combattre l'espèce de compromis libéral un peu mou et durcir les positions. C'est de cette façon-là qu'on doit faire de la politique. Et qu'on existe. Et qu'on existe.

Soit, ils le font. Ça a été une stratégie qui a été mise en place. De là à dire que cette brutalisation de la parole publique a un effet direct sur un activisme de rue et un activisme meurtrier en l'occurrence, ça me paraît un petit peu rapide. Moi je suis très méfiant sur l'idée que les mots tuent directement. Les mots inspirent peut-être. Les mots peuvent avoir un effet d'inspiration mais ils ne tuent pas directement. Je pense que ce n'est pas tellement vrai. Moi j'ai beaucoup travaillé sur la question de l'islamisme radical.

On voit très bien que la plupart des islamistes qui sont actuellement en prison, on a travaillé sur plus de 600 personnes qui sont actuellement en prison, ce ne sont pas des gens qui ont été socialisés avec les frères musulmans, dans une logique comme ça de mots et d'inspiration de violences radicales ou de violences islamistes. Là en l'occurrence c'est quoi ? On a affaire à un conflit entre deux bandes qui sont rencontrées. La violence c'est toujours une interaction et c'est des émotions. C'est des gens qui se haïssent, c'est des gens qui se provoquent. Je pense qu'il ne faut pas sur-idéologiser ce type de cas.

C'est vraiment une interaction violente et voilà, sur bien des points c'est assez proche des phénomènes de guerre entre bandes ou entre gangs qu'on peut voir dans les quartiers périphériques. En l'occurrence vous avez des anciens

11:32
Présentateur

de la France insoumise qui reprochent aujourd'hui à Jean-Luc Mélenchon notamment cet été d'avoir eu des mots invitant les jeunes à s'engager y compris de manière violente en politique. Donc c'est vrai que pardon mais je vois

11:45
Intervenant

nécessairement un lien peut-être moins direct que celui que Jean-Yves Camus a pu soulever

11:51
Présentateur

mais quand même assez présent entre ce qui s'est passé ces derniers jours et les positions de Jean-Luc Mélenchon.

11:58
Intervenant

Je ne sais pas si le fait de défendre une logique anticapitaliste

12:02
Présentateur

ne s'en fait pas du tout. Non mais là l'invitant à s'engager y compris de manière violente.

12:06
Intervenant

Ah ben ça s'il a invité les gens à s'engager de façon violente oui en effet Justifiant et puis aussi

12:11
Présentateur

pardon mais d'avoir un représentant comme Raphaël Arnaud qui effectivement a fondé la jeune garde

12:16
Intervenant

sur les bancs de la France insoumise Il y a un ministre qui était membre d'Occident et qui maniait très bien la barre de fer dans les années 70. Tout à fait mais la différence c'est qu'il a fondé ce mouvement qui revendique justement la violence défensive donc c'est quand même c'est quand même justifier la violence en politique et avoir un de ses représentants les plus présents les plus importants On va revenir d'ailleurs sur le cas de Raphaël Arnaud

12:38
Présentateur

Bertrand Payet vous vouliez ajouter quelque chose Non, je voulais juste souligner d'un point de vue rhétorique le whataboutisme que fait Mathilde Panot c'est-à-dire la stratégie de diversion c'est-à-dire qu'elle n'arrive même pas à parler de la mort de Quentin de Ranc c'est-à-dire immédiatement elle déplace le sujet sur d'autres morts et je trouve ça extrêmement extrêmement frappant d'un point de vue argumentatif on a une question d'un téléspectateur dont je me fais le relais qui nous interroge et surtout vous sur la nouveauté du phénomène des milices d'ultra-gauche et qui pose la question l'ultra-gauche se doit le tête de milices

13:18
Intervenant

en opposition à des milices d'ultra-droite Moi je n'utilise pas le terme de milices parce qu'il a une connotation juridique précise qui provient de la loi du 10 janvier 1936 sur les milices privées et les groupes de combat laquelle loi a été incorporée dans le code de la sécurité intérieure article L212 petit 1 c'est une des incriminations possibles qui peut conduire à l'interdiction à la dissolution d'un mouvement qu'il se soit constitué en milices privées c'est-à-dire qu'il se prépare ou qu'il soit déjà une formation de combat c'est très rare c'est très rare si l'on prend par exemple et c'est pour cela que j'en reviens au phénomène de bande la mort de Clément Méric c'était vraiment un phénomène de bande ce sont des membres du mouvement 3ème voie donc d'extrême droite et des militants antifascistes donc Clément Méric qui portent le même dress code et qui se retrouvent un jour de solde privé dans un appartement et puis là le ton monte et puis ça se règle en bas et il y a un mort sur le pavé là ce sont des bandes mais dans le cas lyonnais ce ne sont pas des bandes c'est un groupe politique qui a un manifeste publié en 2018 lors de sa fondation qui est toujours disponible qui est un manifeste articulé qui est un manifeste très articulé qui ne mentionne pas d'ailleurs le recours à la violence comme moyen de mettre en oeuvre la révolution et d'abolir le capitalisme mais c'est un mouvement constitué qui recherche le contact avec l'articulation avec un mouvement politique alors évidemment pas social-démocrate parce que social-démocrate égale social-traître mais avec un mouvement de la gauche radicale et qui le trouve avec Jean-Luc Mélenchon jusque-là tout ce débat tout ce qui est écrit dans le manifeste de la jeune garde ce débat sauf qu'ensuite moi je n'ai pas dit que la parole tuait j'ai dit qu'il existe un certain nombre d'individus qui n'ayant pas le recul intellectuel nécessaire lisent qu'il faut abolir le capitalisme et finissent par incendier le siège d'une société lisent qu'il faut soutenir l'écologie radicale et finissent par à Saint-Soligne

15:39
Présentateur

c'est ce que disait Sébastien Lecornule les mots deviennent des armes

15:43
Intervenant

il existe fort heureusement des militants qui se sont tenus à l'écart de tous ces actes de violence mais vous savez chez les plus faibles d'entre eux dans toutes les radicalités vous avez des gens qui à un moment donné se disent écoutez puisqu'on a une parole qui vient d'en haut un chef qui se cache aujourd'hui à l'Assemblée nationale finalement pourquoi pas

16:01
Présentateur

un chef qui a quand même justifié plusieurs fois ça face caméra attendez

16:04
Intervenant

c'est là la grande erreur à mon avis qui existait à faire de ce chef qui devait rester me semble-t-il à sa place de dirigeant d'un groupe antifasciste un membre de la représentation nationale

16:15
Présentateur

on va faire un détour par Lyon si vous voulez bien je salue Francis Ziegelmeyer merci d'être en direct avec nous depuis Lyon vous êtes journaliste au progrès vous suivez depuis le début l'enquête sur la mort de Quentin de Ranck enquête désormais ouverte on le sait pour homicide volontaire que sait-on ce soir de l'enquête plusieurs suspects identifiés et plusieurs interpellations ont eu lieu il y a quelques minutes je crois c'est cela ?

16:39
Locuteur non identifié

oui

16:40
Présentateur

les choses bougent continuellement il y a 4 personnes qui ont été interpellées et sur ces 4 personnes il y a la tachée parlementaire du fondateur de la jeune garde des députés et des filles Raphaël Arnaud il y a donc Jacques-Édifavreau qui fait partie des personnes interpellées voilà ce qu'on sait là tout de suite à l'heure actuelle on sait qu'il y a 6 personnes donc qui sont il y en reste et 2 visiblement interpellées ce soir

17:08
Intervenant

donc voilà où on est pour l'instant l'enquête à Lyon

17:13
Présentateur

ces 6 personnes avaient été identifiées semble-t-il dans la nuit ou hier soir les 4 interpellations donc vous venez de nous le dire il y a quelques minutes dont Jacques-Édifavreau l'assistant parlementaire du député LFI Raphaël Arnaud est-ce qu'on sait pourquoi il a été interpellé ?

17:31
Intervenant

il a été interpellé parce que visiblement il était sur place il était sur place il y a des témoins qui ont dit que lui il était entre guillemets à la manœuvre à la commande

17:41
Locuteur non identifié

de de de de de de de de

17:44
Présentateur

de de de de de

17:45
Locuteur

de de

17:46
Présentateur

de de de de de de de de de de de de de de de de de de de de de de de

17:53
Locuteur

de

17:53
Présentateur

de il commandait la jeune garde on parle d'un groupuscule qui a été dissous et donc vous nous parlez de l'assistant parlementaire de de Raphaël Arnaud qui commandait une ligue dissoute

18:05
Intervenant

il commandait en tout cas visiblement

18:09
Présentateur

d'après les éléments il était d'après les éléments d'après certains témoignages c'est pas confirmé par l'enquête tout de suite il était il faisait partie des gens qui indiquaient

18:19
Intervenant

qui donnaient des consignes des ordres à ceux qui étaient sur place

18:22
Présentateur

est-ce qu'on en sait plus Francis Higuelmeyer sur le déroulé des faits votre journal le progrès a publié cet après-midi une vidéo le canard enchaîné a publié également une vidéo cet après-midi d'une bagarre qui a opposé deux groupes avant le lynchage de de de de de de de de de de de de est-ce que la publication de ces vidéos nous raconte autre chose elle nous raconte que les affrontements ont commencé avant la vidéo il y en a eu il y a eu un premier affrontement déjà visiblement à cet endroit-là il y a eu déjà ce qui s'est passé devant le devant l'université Lyon 2 il y a eu ce deuxième affrontement

18:59
Intervenant

et le troisième affrontement où l'on voit Quentin de Ranck effondré au sol

19:05
Présentateur

est-ce que l'existence de ces vidéos et donc de de ces bagarres nous dit qu'il ne s'agissait pas en fait d'un guet-apens

19:13
Intervenant

c'est difficile là je pense que seule l'enquête pourra le déterminer je ne m'avancerai pas sur ce terrain

19:21
Présentateur

là ce soir en dehors des identifications et des interpellations sur quoi travaillent les enquêteurs qu'est-ce qu'ils essayent encore d'éclaircir Je pense que les enquêteurs actuellement ils ont beaucoup d'éléments à disposition la téléphonie il y a forcément également d'autres des témoignages il y a toutes les vidéos qui ont été prises par des différents témoins qui ont dû être récupérés et qui permettent d'identifier les personnes qui étaient présentes Manuel Bonpart le coordinateur de la France Je vous en prie

19:56
Intervenant

Oui non non juste pour dire les enquêteurs sont quand même relativement discrets au vu de la difficulté de cette enquête

20:04
Présentateur

Comment travaille-t-il ?

20:07
Locuteur

Est-ce que vous nous parliez

20:08
Présentateur

du bornage téléphonique ? Est-ce que vous les voyez sur place aux abords de Sciences Po Lyon ?

20:14
Intervenant

Non ? Non non on ne les a pas vus aux abords de Sciences Po Lyon ça s'est fait excessivement discrètement

20:19
Présentateur

Je vous disais Manuel Bonpart le coordinateur de la France Insoumise a mis en cause ce matin la préfecture de Lyon affirmant qu'elle était informée de la manifestation de Némésis contre la venue de Rima Hassan à Sciences Po et il déplorait qu'il n'y ait pas eu de cordon policier Qu'en est-il ? Vous qui êtes à Lyon vous qui êtes sur place Encore une fois d'après les informations dont on dispose il n'y avait pas de policiers visibles mais il y avait des policiers qui étaient présents sur place Il y avait des policiers sur place au moment de cette réunion de Rima Hassan dans l'enceinte de Sciences Po

20:54
Intervenant

mais encore une fois les événements ne sont pas produits juste à côté c'est donc c'est ça

21:04
Présentateur

on est à 200 mètres de Sciences Po

21:06
Intervenant

200-300 mètres de Sciences Po franchement c'est des choses qui peuvent ça peut échapper

21:13
Présentateur

Donc la présence policière ou non n'est pas en cause selon vous parce que c'est les Insoumis cet après-midi notamment interpellé Gérald Darmanin et le Premier ministre sur ce thème Oui on peut dire qu'il y aurait pu avoir plus de policiers il y aurait pu aussi ne pas y avoir de manifestation de l'interdire celle de Némésis il y aurait pu également interdire la venue de Rima Hassan c'est rien voilà donc je pense que c'est un petit peu un petit peu difficile là le principe c'est de se focaliser sur une enquête il y a un jeune homme de 23 ans qui est mort dans un affrontement un affrontement de rue

21:54
Intervenant

et l'idée c'est de savoir qui sont les responsables de cette tragédie

22:00
Présentateur

Bien sûr merci en tout cas d'avoir été avec nous restez avec nous parce qu'on va continuer à parler de Lyon mais je voulais avoir votre sentiment Jean-Yves Camus et Xavier Chrétier sur ces premières interpellations donc 4 personnes interpellées dont Jacques-Élie Favreau l'assistant parlementaire du député LFI Raphaël Arnaud d'ailleurs il était où Raphaël Arnaud cet après-midi Elsa Mondin-Gavard ?

Alors il n'était pas dans l'hémicycle de l'Assemblée nationale on le savait puisque Mathilde Panot lundi dans notre émission avait dit qu'elle ne souhaitait pas forcément qu'il soit présent côté la France insoumise on ne veut pas trop donner de crédit enfin dire qu'il s'absentait exprès etc on dit son nom est cité partout il est accusé d'un crime donc évidemment il n'allait pas être là aujourd'hui mais on ne veut pas donner de symbole particulier à son absence tout à l'heure dans l'hémicycle Votre commentaire sur ces premières interpellations donc 4 personnes interpellées des membres de la jeune garde

22:55
Intervenant

Mon premier commentaire sera juridique une interpellation n'est pas une mise en examen et quand bien même parmi les interpellés tous ou certains seraient mis en examen ils bénéficieront de la présomption d'innocence jusqu'au moment où ils auront été condamnés ils ont des droits à la défense il faut naturellement les respecter pour autant je n'imagine pas que les enquêteurs avancent sans avoir un minimum de billets le point central encore une fois y compris d'un point de vue juridique ça va être de déterminer si les militants qui ont tapé à mort ce jeune l'ont fait d'initiative de leur propre chef ou s'ils ont reçu consigne de le poursuivre je ne dis pas consigne de le battre à mort je n'envisage même pas cette hypothèse tellement elle serait tragique mais est-ce qu'il leur a été demandé de le poursuivre si loin si loin des lieux du premier affrontement puisqu'il est secouru à deux kilomètres de l'endroit où commence le film si je veux dire est-ce que ces militants ont agi de leur propre volonté ce qui de toute façon est inadmissible ou est-ce que parce que là il va y avoir un problème de responsabilité personnelle est-ce qu'il y a une chaîne de une chaîne de commandement on n'est pas dans un mouvement paramilitaire mais est-ce qu'il y a quelqu'un qui véritablement chapeaute ce groupe et qui lui dit où aller quoi faire voilà à ce stade c'est aux enquêteurs de répondre on n'a pas encore tous les éléments en main donc il faut surtout tout faire pour que les éléments sortent vite évidemment la procédure l'enquête est compliquée mais la pire des choses ce serait que continuer à se multiplier sur les réseaux sociaux les dénonciations les rumeurs enfin bref tout ce qui fait que dans cette semaine où il va y avoir y compris à Lyon samedi des hommages qui vont être rendus par les militants qui étaient proches de lui ou disparus que cette tension aboutisse sur de nouveau

25:06
Présentateur

Francis Siegelmeyer vous vouliez ajouter quelque chose

25:08
Intervenant

oui sur ces dénonciations qu'il y a eu sur les réseaux sociaux on a eu

25:14
Présentateur

on a une personne on a eu une jeune fille qui était accusée d'avoir participé à ces événements on a eu son père au téléphone il l'avait mis il l'avait accompagné elle prenait l'avion la veille donc son nom était jeté en peinture sur les réseaux sociaux je rejoins complètement ce qui vient d'être dit c'est absolument il faut que ça ça évite parce que ça ça peut vite être compliqué il y a ensuite l'hommage qui va être rendu samedi je pense que c'est un hommage qui va se dérouler sous haute tension avec de nombreuses personnalités avec un appel à faire venir enfin un appel qui est lancé aux différents mouvements d'extrême droite qui pourraient se retrouver à Lyon et la situation pourrait être compliquée samedi Sébastien Lecornu a demandé cet après-midi que la vérité judiciaire passe sans aucune pression sur les enquêteurs et sur l'autorité judiciaire et en même temps il n'a pas hésité à se tourner vers la France insoumise de même que Gérald Darmanin de même que quand même de nombreux groupes parlementaires qui ont dit la jeune garde tue et la fille devrait condamner Elsa il y a eu une réponse en deux temps de Sébastien Lecornu dans sa première réponse qu'il fait à Laurent Wauquiez alors que Laurent Wauquiez lui cible complètement la France insoumise le Premier ministre répond en disant les responsabilités elles sont avant tout individuelles donc ce qu'il rappelle bien c'est que c'est la responsabilité et chacun est responsable de ses actes donc à ce moment-là le Premier ministre donne le sentiment quand même de sans vouloir des responsabilités les uns et les autres déjà réaffirmer un principe de base c'est que les coupables ce sont ceux qui agissent ensuite dans sa deuxième réponse à Mathilde Panot qui on l'a vu elle a fait une référence au rugbyman Fédérico Arambourou en disant qu'il y avait un deux poids deux mesures qu'on luttait contre les groupes d'extrême gauche mais qu'on condamnait pas la violence quand elle venait d'extrême droite là la réponse du Premier ministre a été beaucoup plus ciblée vers la France insoumise il a dit que c'était une réponse ignoble et abjecte on voit sur les images que la France insoumise ne réagit pas tellement puisque consigne en tout cas décision collective de rester très calme avait été prise avant la séance et après il appelle clairement la France insoumise à balayer devant sa porte mais on sent qu'il allait moins loin que Gérald Darmanin qui lui avait décidé voilà clairement de cibler la France insoumise même si effectivement dans sa réponse à Mathilde Panot il parle clairement la responsabilité des insoumis dans le climat dans la violence que peuvent avoir certains groupes liés de plus ou moins directement avec leur mouvement Xavier Chrétier Sébastien Lecornu a aussi parlé d'un moment de vérité est-ce que ce qu'on est en train de vivre c'est un moment de vérité ?

27:48
Intervenant

Alors moi j'aimerais bien peut-être parce que c'est vrai qu'on a le sentiment avec cette minute de silence les débats la focalisation médiatique on a l'impression que la France vit un grand moment de violence politique et qu'on est dans une situation quasi révolutionnaire peut-être revenir un petit peu sur ce que c'est que la violence politique en France nous on a fait un gros travail on essaie de comptabiliser les actes de violence politique depuis 1986 jusqu'en 2021 donc à peu près 40 ans de violence politique on a relevé à peu près 5600 faits de violence politique sur ces 5600 faits 4829 n'ont donné lieu à aucun mort ou aucun blessé donc la grande majorité on a 418 décès comment se répartissent ces décès ?

289 chez les islamistes indiscutablement les islamistes c'est vraiment la violence politique majeure et la menace majeure dans le pays 71 chez les séparatistes séparatistes corse, basque, etc. ce qui est un nombre important 2 morts issues de violences syndicales 1 mort issue de violences sociétales écologistes, radicaux antitechnicistes, etc. le reste c'est 53 morts chez les idéologiques c'est-à-dire ultra-gauche ultra-droite comment se répartissent ces 53 morts 5 morts dues à l'ultra-gauche 48 morts dues à l'ultra-droite donc on a la...

29:08
Présentateur

mais est-ce que la violence elle se mesure en mort ?

29:10
Intervenant

non, pas seulement vous avez tout à fait raison elle se mesure pas seulement en mort mais ce qui est particulièrement intéressant dans ce cas-là c'est que précisément c'est quelqu'un disons appartenant à l'ultra-droite qui est mort tué par quelqu'un d'ultra-gauche et ça c'est relativement rare c'est-à-dire que en général l'ultra-droite pose des problèmes de violence inter-individuelle quand l'ultra-gauche pose des problèmes de troubles à l'ordre public c'est-à-dire que l'ultra-gauche détruit, casse c'est les tactiques black bloc, etc.

l'ultra-droite c'est la violence de coups c'est trois skinheads qui croisent un arabe et qui le frappent voilà donc on n'a pas tout à fait les mêmes logiques de violence et là c'est vrai que ce qui est assez étonnant c'est peut-être pour moi l'élément le plus étonnant c'est qu'on a affaire à des gens de l'ultra-gauche qui ont tapé et qui ont tué donc enfin en tout cas je ne sais pas d'ailleurs si ce sont eux l'enquête le dira moi je ne me prononce absolument pas sur l'enquête mais très clairement il semble que ce soit des gens qui soient très liés à ce mouvement qui ont tué mais ce que je veux dire par là c'est que voilà la violence politique elle existe dans ce pays enfin on n'est pas aux Etats-Unis on n'est pas dans un certain nombre de pays européens qui ont pu connaître des niveaux de violence l'Italie l'Allemagne l'Espagne l'Irlande du Nord donc la Grande-Bretagne des niveaux de violence absolument incommensurables par rapport à ce que nous nous avons connu on n'est pas dans un niveau de violence absolument sidérant il y a aussi une vraie instrumentalisation politique que ce soit d'ailleurs de la part de la droite ou que ce soit de la part de la gauche il y a eu la même chose avec Clément Méric il y a actuellement l'affaire avec Quentin

30:39
Présentateur

Je vous propose d'écouter Jean-Luc Mélenchon qui vient à l'instant de donner une conférence une conférence de presse une allocution sur ses réseaux sociaux écoutez

30:46
Intervenant

Pour nous la mort n'a rien à faire dans la dispute politique la mort n'a rien à faire dans la dispute politique et souvent nous disons ni la violence dans la violence qu'elle soit défensive ou offensive je le dis en notre nom à tous tous les coups ne sont pas permis on se déshonore lorsque étant contre la peine de mort on ne calcule plus la portée de ses propres actes et que l'on frappe d'une manière qui de toute évidence comporte le risque d'infliger la mort

31:20
Présentateur

Jean-Yves Camus quel regard vous portez sur la façon dont LFI se défend depuis ce matin on a vu les insoumis se déployer sur toutes les antennes pour reprendre les termes de Jean-Luc Mélenchon qui expliquait que ce n'est pas notre histoire et là ce soir on sent peut-être un changement de pied

31:35
Intervenant

c'est difficile à commenter sans avoir quand même une très grande émotion parce que mon impression est que Jean-Luc Mélenchon est sincère sans doute réalise-t-il qu'il y a eu une certaine imprudence dans la façon de lâcher la bride à certains groupes et à certains individus

32:03
Présentateur

Quand vous dites lâcher la bride vous voulez dire

32:07
Intervenant

des incitations Vous investissez pour les élections législatives quelqu'un d'abord qui ne vient pas de chez vous qui vient du NPA ensuite qui est fiché S bon il est élu ça c'est les électeurs qui décident mais ça doit quand même vous inciter à regarder un peu même si le député en question n'a aucune part personnelle dans les coûts qui ont été donnés mais il faut faire attention quand même parce qu'effectivement la violence défensive et la violence offensive à fortiori peuvent donner lieu à un moment donné à un défaut de maîtrise à un défaut de maîtrise il y a des gens qui ne retiennent pas leur coût il y en a fort heureusement plus entraînés plus habitués qui savent exactement quels sont les mines de l'affrontement moi je pense qu'il y a une désinhibition de tous les côtés d'ailleurs de tous les côtés du spectre politique c'est à dire que finalement le mort c'est une victime collatérale il appartenait au mauvais camp bon bah voilà ça a mal tourné et puis voilà on n'en parle plus j'espère que la réaction du reste de la représentation politique de l'éléfic sera à la hauteur de ce que je viens d'entendre je suis parfaitement d'accord par ailleurs avec ce que vient de dire Xavier Chrétier ne partons pas non plus du principe que nous sommes au bord du précipice de la guerre civile ça n'est pas la stratégie de l'attention à l'italienne des années 70-80 ça n'est pas la bande abadère des années 70 dont on sait maintenant qu'elle avait derrière elle l'appareil de l'astasie et d'autres services du bloc communiste ça n'est même pas les violences des années 30 loin s'en faut mais enfin c'est quand même c'est précisément parce que il est très rare qu'on en arrive à ce type d'extrémité qu'il est temps de poser des bornes et ces bornes elles passent avant tout par la judiciarisation et la condamnation des auteurs de toutes ces rixes de tous ces coups de toutes ces attaques qui ne sont pas mortelles qui font quand même des fois des blessés assez sévèrement atteints mais qui montrent une dégradation du climat politique donc on passe d'abord par la judiciarisation passez-moi l'expression on tape la justice tape à un moment donné vous vous rendez coupable d'un délit et bien vous en êtes responsable et vous prenez des peines qui sont si possibles sont des peines dissuasives et qui permettent de faire baisser le niveau de violence on ne peut pas laisser courir

34:38
Présentateur

et interdire les réunions qui peuvent provoquer des troubles à l'ordre public dans les universités est-ce que c'est un mal nécessaire pour faire redescendre cette tension ?

34:47
Intervenant

c'est déjà le cas c'est pour ça j'ai du mal à comprendre une réunion nous on a reçu Rima Hassan à Sciences Po Saint-Germain-en-Laye et on a jugé qu'il n'y avait pas de trouble à l'ordre public il y aurait eu un trouble à l'ordre public on l'aurait évidemment empêché on l'aurait évidemment interdit donc j'ai du mal à comprendre l'intérêt de cette circulaire surtout si la circulaire donne la décision au directeur d'établissement les directeurs d'établissement

35:11
Présentateur

et in fine c'est le président de l'université

35:13
Intervenant

le président de l'université ou un directeur d'un IEP il refusera une réunion s'il y a une menace de trouble à l'ordre public avérée c'est les laisser complètement si j'ose dire dans la nature c'est leur faire porter la responsabilité d'une décision qui est lourde à prendre qu'ils n'ont peut-être pas au moment enfin ce sont des directeurs d'établissement ce ne sont pas des commissaires de police est-ce qu'ils peuvent apprécier véritablement au moment où ils sont sur place quel est le risque de trouble à l'ordre public ça on demande aux renseignements territoriaux nous en l'occurrence on est contacté les renseignements territoriaux et voilà il faut passer un certain temps

35:45
Présentateur

il y a quelques mois le directeur de Sciences Po Paris avait refusé

35:50
Intervenant

une conférence de Rima Hassan et avait été validée par le conseil état mais on ne peut pas être dans une société où on interdit les réunions où on multiplie où l'on dissout tout mouvement dont la tête dépasse un peu où on interdit toutes les manifestations qui risquent d'être entachées d'un trouble quelconque cette volonté de multiplier les interdictions qui est le signe d'une société où les gens même lorsqu'ils sont adversaires même lorsqu'ils sont ennemis politiques ne se parlent plus n'envisagent même plus de pouvoir laisser l'autre tenir sa réunion tranquille c'est tragique moi j'ai aucune envie d'aller mettre le souc dans une réunion publique de gens qui ont des opinions opposées aux miennes si ça m'intéresse j'y vais si ça ne m'intéresse pas je n'y vais pas mais à un moment donné chacun a quand même le droit à un moment donné la parole on va voir ce qu'il adviendra

36:38
Présentateur

de la ligue des libertés ça c'est une émanation de la droite et c'est dans les off de l'ouc c'est tout de suite c'est une réplique lancée par les nationalistes Lou Frittel que vous révélez le lancement d'une ligue des droits de l'homme de droite c'est ça en quelque sorte oui c'est ça en tout cas c'est comme ça qu'ils se définissent donc la ligue des libertés ça a été fondé par le vice-président de l'UDR Guilhem Carayon c'est le seul cadre LR

37:04
Intervenant

à avoir suivi Eric Ciotti lorsqu'il a fait alliance avec le Rassemblement Rational à l'été 2024 c'est financé par Pierre-Edouard Sterrain le milliardaire conservateur via le projet Périclès Périclès pour

37:16
Présentateur

patriotes enracinés résistants identitaires chrétiens libéraux européens souverainistes ça donne le ton son objet porter la voix des sans voix devant les tribunaux afin que le droit se remette enfin au service du peuple c'est Guilhem Carayon qui nous le confiait ces thèmes la lutte contre le gaspillage des deniers publics la défense des serviteurs de l'Etat entendre les policiers du patrimoine culturel la défense de la liberté d'expression la sécurité la politique migratoire l'aide sociale à l'enfance et son premier dossier c'est rendre justice à Quentin ces fondateurs affirment que leur boussole sera le droit tout le droit rien que le droit et pas l'idéologie mais peut-on les croire ?

sur le droit on leur laisse le bénéfice du tout sur l'idéologie déjà vu les thèmes qu'on a déroulés on peut imaginer que ce ne sera pas tout à fait le cas ensuite les gens qui sont dans cette ligue des libertés c'est intéressant de s'y pencher il y a l'avocat Thibaut de Montbrial par exemple qui est peu connu du grand public mais dont en tout cas qui voit Bruno Retailleau Gérald Darmanin Valérie Pécresse Laurent Lunez se pressaient auprès de lui pour obtenir quelques conseils notamment sur les questions sécuritaires d'immigration il est expert il y a aussi des anciens ministres chirakiens et sarkozistes comme Pierre Lelouch qu'on a vu récemment s'afficher aux côtés de Sarah Knafo candidate municipale à Paris reconquête ou encore le magistrat Charles Prats auteur d'un best-seller le cartel des fraudes c'est le livre de chevet des représentants de la droite notamment libérale pour lutter contre la gabegie il était aussi candidat LRUDR LR pardon RN lors des dernières législatives si je reprends votre comparaison cette ligue des libertés c'est la ligue des droits de l'homme de droite ils assument cette comparaison ?

oui ils s'en revendiquent même alors sans nommer la ligue des droits de l'homme on peut dire par exemple dans leur manifeste que des organisations sous-entendu la ligue des droits de l'homme moi ils l'ont confiée personnellement en tout cas la ligue des droits de l'homme ils se revendiquent complètement en opposition à eux elles mènent selon eux une véritable guérilla juridique

39:17
Intervenant

pour imposer un agenda idéologique et en fait cette nouvelle émanation de la sphère nationale conservatrice identitaire c'est un nouvel épisode dans un autre type d'affrontement pas dans la rue un affrontement idéologique qui existe depuis plusieurs années et la droite elle, son credo c'est combattre la gauche

39:35
Présentateur

selon les codes de cette dernière en judo c'est une technique ça s'appelle utiliser la force de l'adversaire merci beaucoup Lou merci à tous les trois d'être venus ce soir parler de tout ça dans chaque voix compte je remercie également Francis Siegelmeyer qui était en direct avec nous depuis Lyon on passe à la question qui fâche ce soir on parle de Parcoursup si vous avez un lycéen de terminale à la maison vous le savez c'est la première phase de Parcoursup qui bat son plein depuis le 19 janvier pour 900 000 élèves que ce soit des lycéens de terminale ou des étudiants en réorientation ils doivent choisir parmi 25 000 formations et ils ont jusqu'au 12 mars pour inscrire au maximum 10 vœux sur Parcoursup c'est le moment qu'on choisit les députés pour mener une mission flash sur l'efficacité de Parcoursup le rapport a été rendu aujourd'hui et on en parle dans un instant avec les deux co-rapporteurs les députés Pierry Courbon et Franz Gums et Louis Boyard de LFI est également avec nous c'est Maïté Frémont qui pose ce soir la question qui fâche

40:36
Intervenant

il suffit de se rendre devant un lycée pour comprendre

40:43
Invité

je sais pas juste en temps de Parcoursup ça me fait stresser Parcoursup

40:48
Intervenant

la fameuse plateforme aux 25 000 formations l'angoisse d'un bon nombre de lycéens

40:53
Présentateur

pourquoi t'es stressé ? ça définit notre avenir c'est ce qu'on va faire dans la vie ce qu'on va devenir

41:00
Intervenant

l'un parle quand l'autre rassure Kaïs et Fares sont en terminale et ils réfléchissent encore pas facile de formuler 10 vœux en seulement 2 mois et ce malgré les conseils de leur prof

41:13
Marine Le Pen

on est très encadrés on a des bons enseignants qui nous donnent envie de travailler voilà c'est ça qui nous motive

41:20
Intervenant

reste que cela ne suffit pas toujours cet après-midi là les yeux rivés sur le téléphone Octave et Lucas scrollent encore et encore sur le site à la recherche de la formule qui pourrait leur convenir

41:33
Marine Le Pen

avoir une idée de ce qu'on veut faire c'est compliqué

41:36
Présentateur

moi je pense qu'avant c'était peut-être un peu plus simple d'aller déposer son dossier après de voir les résultats plutôt qu'une plateforme en ligne c'est un robot une IA qui juge si on doit aller là-bas ou pas et on sait pas en fait

41:49
Intervenant

alors mieux avant ou mieux maintenant après les résultats du bac la course aux inscriptions nous avons retrouvé ce reportage il date de 2005 un temps où Parcoursup n'existait pas la deuxième c'était Quota Atteint aussi et la troisième pas de réponse on a essayé des gens tout à l'heure impossible de les aborder les gens

42:09
Marine Le Pen

Quota Atteint c'est le refrain servi à des centaines d'étudiants en cette période d'inscription

42:13
Intervenant

des ados souvent déboussolés et des parents de plus en plus perdus prêts à débourser jusqu'à 3500 euros l'accompagnement certains décident de faire appel à des coachs d'orientation

42:26
Présentateur

alors il y a on est perdu on comprend pas il y a aussi beaucoup de parents qui disent on n'a pas le temps de le faire en réalité cette mission dans nos accompagnements ne devrait pas avoir lieu d'exister alors la question qui fâche ce soir Parcoursup outil d'orientation

42:45
Intervenant

ou machine à trier socialement

42:47
Présentateur

et je salue sur ce plateau Franz Gums et Pierre-Éric Courbon bonsoir vous êtes les deux co-rapporteurs de cette mission flash sur Parcoursup et bonsoir Louis Boyard député la France Insoumise du Val-de-Marne d'abord question aux deux rapporteurs vous avez pour cette mission flash mené une consultation citoyenne combien de réponses avez-vous obtenues ?

de l'ordre de 1600 à peu près 1600 la consultation était assez courte d'ailleurs oui c'était quelques semaines elle a pas de valeur d'ailleurs scientifique mais on a voulu vraiment donner la parole aux usagers de Parcoursup les jeunes mais aussi des professionnels de l'orientation des professeurs principaux on a eu vraiment un panel très varié très divers qu'est-ce qui est ressorti des questionnaires auxquels les gens ont répondu ?

alors il est ressorti voilà c'est compliqué de tirer des leçons définitives mais globalement moi j'ai retenu quand même l'écart qui existe entre le ressenti des institutionnels des professionnels pour qui globalement Parcoursup fonctionne bien et ne pose pas trop de difficultés et le ressenti des jeunes qui ont un a priori en tout cas beaucoup plus et même une expérience au-delà des a priori beaucoup plus mitigée avec toujours des mots qui reviennent régulièrement le stress l'angoisse l'opacité Franz Gums vous expliquez dans le rapport que Parcoursup est devenu le bouc émissaire d'un système sous-financé et saturé avec une explosion du nombre de bacheliers des dépenses par étudiant qui sont en baisse depuis maintenant 15 ans des capacités d'accueil limitées une concentration massive des candidatures sur quelques filières en lisant le rapport je me suis dit d'abord le vrai problème c'est pas Parcoursup c'est le manque de place en fait vous avez bien lu je l'ai passé la nuit figurez-vous moi je pense que la mauvaise réputation de Parcoursup dans l'atmosphère elle est suffaite par rapport à la réalité de ce qu'on entend c'est la différence entre la température réelle et la température ressentie lorsqu'on est dans les auditions on n'entend pas que c'est le monstre qui détruit et qui mange tous les étudiants ce n'est pas ça qu'on entend on connaît les défauts il y a des défauts effectivement par exemple l'idée qui est dans l'opinion publique que c'est Parcoursup qui fait la sélection des étudiants c'est pas une idée qui est vraie c'est une idée qui est forte ce sont bien les établissements d'accueil les universités avec leur personnel leur dispositif qui sélectionnent ceux qui veulent et Parcoursup leur a transmis des vœux et Parcoursup va redescendre des propositions de ces universités mais justement est-ce que finalement le problème ce n'est pas l'opacité des critères dans la façon dont ça redescend le choix des établissements du supérieur alors en fait voilà là où quand on a voulu ouvrir la boîte noire de Parcoursup on s'est aperçu qu'on mettait derrière le mot Parcoursup des réalités très différentes et en fait ce qui pose aujourd'hui le plus de problèmes c'est effectivement le traitement et la manière dont travaillent les commissions d'examen des vœux formation par formation établissement par établissement parfois qui sont comment dire constitués d'hommes et de femmes ce ne sont pas des machines mais qui parfois cèdent d'un certain nombre d'outils d'aide à la décision qu'on appelle des algorithmes locaux dans le jargon de Parcoursup et c'est dans le cadre de ces algorithmes locaux qui sont construits à la discrétion des formations où il y a le plus d'opacité et la question des critères aussi effectivement est à prendre en compte et surtout la manière dont ces critères sont réellement pris en compte par les algorithmes locaux c'est à dire qu'il y a les algorithmes les critères et la manière finalement dont les deux fonctionnent ensemble qui est la source de plus d'angoisse et finalement de scepticisme de la part des usagers nous recommandons d'ailleurs aux universités de rendre leur algorithme transparent pour que tout le monde comprenne comment ça fonctionne cette histoire d'algorithme Louis Boyard je crois que ça fait vraiment partie des sujets autour de Parcoursup qui vous agacent prodigieusement c'est quelque chose qui est agaçant j'ai été élu universitaire à l'université Paris 2 Panthéon Assas et lors d'une commission j'avais demandé au président de l'université un premièrement de rendre public les algorithmes locaux ce qu'il a refusé

47:00
Bruno Retailleau

mais j'avais aussi ajouté un amendement demandant à ce que les lycéens de la voie professionnelle soient mis à égalité

47:06
Présentateur

avec les lycéens de la voie générale pour pouvoir accéder aux filières de droit et le président de l'université m'a répondu non on ne le fera pas et donc c'est bien la preuve que dans la manière dont sont organisés les algorithmes à l'université Paris 2 Panthéon Assas il y a une discrimination qui est faite entre les lycéens de la voie générale et de la voie professionnelle aller au bout s'il ne veut pas le faire s'il y a ce manque de transparence c'est pour cacher quoi ?

47:26
Bruno Retailleau

en fait et d'ailleurs c'est un peu ce qui a été dit Parcoursup c'est qu'une pierre de toute la maison qui pose problème aux jeunes en réalité ça commence dès la seconde

47:35
Présentateur

bon mais là ce soir on parle de Parcoursup si vous voulez bien mais non mais je vais mais je vais vous parler

47:38
Bruno Retailleau

de Parcoursup pourquoi ? parce que quand vous êtes en seconde vous devez faire des choix en première pour vos spécialités qui vont être déterminantes pour la suite de votre orientation mais quand vous êtes en seconde vous avez 15 ans vous ne savez pas ce que vous allez faire de votre vie j'en connais même

47:50
Présentateur

ils ont 15 ans ils ne savent même pas que le choix de la spécialité va être déterminant pour choisir quelle sera la filière qui définira le métier de leur vie et c'est pour ça qu'ensuite quand ils arrivent à 18 ans ils sont totalement angoissés parce que la question ce n'est pas de savoir où est-ce qu'on va passer nos 3, 4 prochaines années la question c'est de savoir quelle formation on va avoir et dans quel domaine on va travailler dans le reste de sa vie et on en parle tellement peu aux jeunes on n'est tellement pas transparents sur ça qu'ensuite à la fin on se retrouve avec cette angoisse qui marque une génération en tout cas pour revenir sur le sujet des algorithmes le rapport propose pour y remédier vous le disiez d'améliorer la lisibilité des attendus et de rendre plus clair les profils recherchés alors sans dévoiler donc les algorithmes locaux ce que vous avez demandé vous à l'époque mais en tout cas on le demande aussi en faisant vous demandez la publication des algorithmes oui la transparence sur les algorithmes locaux est-ce qu'il n'y a pas un problème au regard des données personnelles ?

non puisque par exemple l'algorithme national de Parcoursup qui permet à posteriori par exemple de réinjecter des quotas d'étudiants boursiers ou des quotas territoriaux sont parfaitement publics donc après le contenu de l'algorithme peut être critiquable contestable politiquement mais le fait de le rendre public de savoir à qui on a affaire en soi ne peut pas poser de problème au moins en tout cas sur le plan juridique parce qu'on peut difficilement accepter quand même que l'avenir d'un enfant dépende de critères inconnus en fait c'est ça nous ne mettons pas en cause la liberté de l'université de sélectionner les étudiants de la manière qu'elle veut mais en tout état de cause encore faut-il qu'elle soit transparente sur la manière dont elle le fait Bertrand Perrier Bertrand Perrier il a une idée très tranchée sur Parcoursup et il tranche maintenant est-ce que Parcoursup Bertrand permet d'exaucer la promesse républicaine de l'égalité des chances dans l'accès à l'enseignement supérieur ?

c'est toute la question Adeline parce qu'on en discute depuis quelques minutes entre les vœux les 10 vœux les 20 sous-vœux avec les formations plus ou moins sélectives avec les filières sous tension et bien Parcoursup apparaît apparaît en tout état de cause aux yeux des lycéens et de leurs parents comme un labyrinthe complexe anxiogène une sorte de parcours du combattant opaque qui mettrait l'avenir des bacheliers entre les mains de ce fameux algorithme à la fois mystérieux aléatoire voire arbitraire et du coup évidemment on l'a vu dans le reportage qu'on a vu tout à l'heure jouant sur le stress des familles prospère les coachs privés supposer aiguiller les choix formater les CV rédiger les lettres de motivation et saisir les vœux sur la plateforme pour avoir les meilleures chances d'accéder aux formations voulues et c'est là qu'il est le défi à l'égalité des chances en fait oui et même plus généralement au service public parce que l'informatique pouvait être le gage du fait que la sélection se ferait sur des critères simples, objectifs uniformes et transparents or en l'été ce qu'on a c'est un service public mais un service public pour initier c'est à dire qu'il faut avoir les codes pour en sortir indemne et c'est là que la promesse de l'égalité républicaine est complètement chimérique les notes les appréciations et les classements ne suffisent plus il faut avoir les bonnes informations les bons mots les bons projets pour séduire les enseignants du supérieur sur des critères objectivement divinatoires c'est la raison pour laquelle Parcoursup c'est devenu LinkedIn avant le bac et ça c'est pas acceptable parce que tout le monde est mis à contribution les parents les familles les conseillers d'orientation les professeurs les proviseurs les officines privées on y passe ces week-ends ces vacances et à ce petit jeu et bien ceux qui s'en sortent le mieux ce sont les mieux entourés ceux qui ont le meilleur capital social et culturel et ceux qui peuvent se faire aider moyennant finance et ça ça n'est pas acceptable alors en ces temps de slalom olympique je voulais rappeler que l'égalité des chances c'est pas tous faire le même temps mais c'est avoir tous les mêmes skis et oui formidable Bertrand vous êtes d'accord avec Bertrand ?

vous avez bien lu en tout cas le rapport parce que le diagnostic que vous faites je crois que nous le partageons pleinement Louis Boyard n'est pas d'accord je nuance Louis Boyard pourra nuancer mais ce que vous décrivez en creux c'est finalement la qualité très discutable d'accompagnement des jeunes à l'utilisation de Parcoursup en tant qu'outil technique et puis à la préparation de l'orientation et on s'est aperçu que finalement on avait on était très très très loin d'une effectivité notamment des 54 heures les fameuses 54 heures d'aide à l'orientation prévue au lycée on a auditionné des jeunes qui nous ont dit moi en tout et pour tout depuis la seconde j'ai eu le droit à une heure et pour me parler de Parcoursup on m'a présenté une vidéo sur Youtube et là on s'est aperçu aussi que malheureusement là où il y avait le plus faible accompagnement c'était souvent dans les établissements scolaires les plus défavorisés avec les élèves qui en auraient eu le plus besoin et effectivement Parcoursup pour celles et ceux qui sont bien accompagnés socialement par les parents par des amis etc.

ou qui ont les moyens d'avoir recours à des coachs d'orientation privée et je suis complètement d'accord avec vous c'est une faillite finalement de nos politiques publiques d'orientation que d'avoir besoin d'avoir recours à des coachs d'orientation privée ceux-là ils s'en sortent bien et puis tous les autres quelque part ils sont un peu livrés à eux-mêmes et c'est eux qui ont le plus de difficultés Qu'est-ce que vous proposez pour ces élèves-là alors ?

Eh bien L'accompagnement est un des points faibles Le rapport est très sévère sur l'accompagnement En amont de Parcoursup Par exemple beaucoup d'étudiants beaucoup d'élèves lycéens nous disent qu'ils ont beaucoup de mal qu'ils voient extrêmement rarement un psychologue de l'éducation nationale les conseillers d'orientation Et il n'y en a pas Alors nous préconisons qu'on rétablisse un taux de psychologue de l'éducation nationale autour de 1 pour 600 élèves par exemple C'est une recommandation de notre...

Mais il y a vraiment des sujets et après je passe la parole à mon collègue autour de ça sur aujourd'hui le rôle clé du professeur principal et les professeurs principaux sont pas formés n'ont pas le temps de faire ce travail qui est fondamental pour les jeunes et là aussi C'est le rôle du conseiller d'orientation des années 90 Oui mais sauf qu'il n'y en a plus beaucoup Voilà Je voulais juste apporter une nuance je suis d'accord avec 99% de ce que vous avez dit Donnez-nous le 1% Non Je ne suis pas d'accord avec la sélection à l'université et par ailleurs je me rappelle qu'en 2018 y compris les députés qui ont voté la loi ORE n'admettaient pas que c'était de la sélection partout à l'université alors qu'aujourd'hui c'est communément admis Je ne suis pas d'accord avec la sélection à l'université et même dans le lycée pour des questions de fond Est-ce qu'au moment où on a 15 à 18 ans on doit prendre la décision la plus importante de sa vie ?

C'est une question de fond Et par ailleurs à 15 à 18 ans quand on voit les disparités énormes selon que vous veniez d'un lycée de centre-ville ou d'un lycée des milieux populaires ou de la ruralité profonde et donc on a intériorisé le fait qu'à partir de 15 à 18 ans c'est normal de mettre en compétition des adolescents pour la décision la plus importante de leur vie et on a aussi intériorisé que l'enseignement supérieur n'était pas un service public pour tout le monde parce que si on part du principe qu'il faut avoir une sélection dans l'enseignement supérieur alors dans ce cas c'est pas un service public pour tout le monde sauf que ce sont des formations qui sont déterminantes pour plus tard

55:07
Bruno Retailleau

l'insertion professionnelle et c'est ça qui fait qu'aujourd'hui vous voyez que dans le supérieur les enfants de cadre sont surreprésentés là où les enfants d'oubri sont sous-représentés

55:15
Présentateur

et que même plus généralement dans la société ce sont souvent les mêmes classes sociales qui se retrouvent dans les positions les plus dominantes Reproduit les déterminismes sociaux Parcoursup Reproduit les déterminismes sociaux mais j'irai même plus loin on a intériorisé pour nous c'est un système normal de mettre en compétition des adolescents de 15 à 18 ans pour la décision la plus importante de leur vie je ne suis pas d'accord avec ça Pour autant vous ne pouvez pas contester le fait qu'en première année à l'université il y a énormément d'échecs il y a énormément de personnes qui renoncent qui doivent se réorienter d'ailleurs Parcoursup est ouvert même à Bac plus 1 pour les réorientations donc est-ce que finalement cette idée qu'il n'y aurait pas de sélection n'aggraverait pas les échecs en première année à l'université Alors en fait il y a plusieurs questions pourquoi est-ce que vous avez des échecs premièrement parce que vous avez des étudiants qui n'ont pas été envoyés dans la filière qu'ils voulaient et donc ils abandonnent ou qui n'ont pas travaillé aussi mais aussi vous avez des étudiants qui aimeraient bien travailler mais la question de la précarité à l'université c'est la première cause d'abandon c'est ça en fait qui fait que vous avez énormément d'étudiants qui arrêtent et pour rester encore plus sur le sujet Parcoursup quand vous voyez que vous en avez 10% sur près de 100 000 lycéens qui début juillet ne savent toujours pas dans quelle université ils vont aller comment est-ce qu'ils font pour trouver l'appartement comment est-ce qu'ils font pour pouvoir s'installer construire leur nouvelle vie et donc du coup c'est là où vous avez une différence financière qui est immense Est-ce que c'est la faute de Parcoursup ?

Est-ce qu'on n'a pas connu ça aussi dans les années 80 dans les années 90 dans les années 2000 à l'époque de admission post-bac je crois que Bertrand lui a fait son orientation sur Ravel à l'époque mais déjà à l'époque on savait assez tard de quelle filière on allait avoir si on allait avoir de la place à la fac Si mes collègues me permettent juste 30 secondes supplémentaires Après ce sera à eux Promis Et après il y a des questions Et après il y a des questions aux téléspectateurs Non, il y a une différence fondamentale entre à l'époque et aujourd'hui c'est qu'à l'époque on avait une certaine estime de l'enseignement supérieur public et aujourd'hui ce qu'on voit

57:02
Bruno Retailleau

c'est qu'on a réduit les moyens du public et que le privé est en train d'exploser L'enseignement supérieur privé est inscrit parmi les voeux Parcoursup et en réalité c'est une stratégie délibérée de privatisation de tout le service public et c'est ça la différence fondamentale entre les années 2020 et les années à l'époque c'est qu'il n'y avait pas un gouvernement qui cherchait absolument à privatiser ce service public

57:21
Présentateur

Ce qu'on a voulu essayer de faire effectivement pour prendre un petit peu de hauteur par rapport à Parcoursup c'est de regarder finalement l'adéquation entre les objectifs politiques qu'on lui a signés dans la loi ORE en 2018 et la réalité aujourd'hui Cette loi elle avait trois objectifs principaux c'était de démocratiser l'accès à l'enseignement supérieur offrir un accès au supérieur pour tout le monde Elle avait comme deuxième objectif de lutter contre l'échec en licence et elle avait pour objectif de répondre aux critiques formulées notamment sur l'ancienne plateforme APB et notamment cette question du tirage au sort Ce qu'on constate aujourd'hui huit ans après c'est que sur les critiques sur le plan technique elles sont aujourd'hui partiellement atténuées parce qu'il reste encore un certain nombre de problèmes autour de la question du calendrier autour de la fameuse transparence autour de la question des critères et que sur les aspects plus politiques Est-ce qu'on a aujourd'hui fait baisser les taux d'échec en licence ?

La réponse est non

58:14
Intervenant

Est-ce qu'on a fait baisser le volume de réorientation ? La réponse est non Et est-ce qu'on a réussi réellement à démocratiser l'accès à l'enseignement supérieur ? La réponse est non On a réussi à le massifier

58:25
Présentateur

On a plus de jeunes qui vont aujourd'hui faire des études supérieures qu'il y a quelques années quelques dizaines d'années Est-ce qu'on a réussi à diversifier les profils sociologiques de celles et ceux qui accèdent à l'enseignement supérieur ? Malheureusement non Ce qui nous fait dire que Parcoursup plus qu'un outil d'aide à l'orientation est avant tout un outil de régulation Question téléspectateur J'ai deux questions du coup je les mets en une seule fois J'ai une question sur les élèves de bac pro La question est Les élèves de bac pro sont-ils réellement évalués sur leur potentiel ou sur des préjugés liés à leur filière ?

Et la deuxième question qui nous est parvenue c'est trop de bacheliers pas assez de filière professionnelle ne faut-il pas arrêter de faire croire que l'enseignement supérieur est possible pour tous ? Deux questions en une France Gums Vous voulez lui répondre ? Sur la filière pro la question est les élèves de bac pro sont-ils réellement évalués sur leur potentiel ou sur des préjugés liés à leur filière ?

Ce ne sont pas écoutez ce ne sont pas des préjugés les filières bac pro sont organisées dans leur curriculum dans leur contenu pour être professionnalisant à court terme c'est comme ça que c'est prévu c'est comme ça que c'est calculé Maintenant il y a des élèves de bac pro qui ont du potentiel qui leur permettraient éventuellement de rejoindre des filières d'enseignement long comme on dit mais le constat statistique apparemment si j'ai bien compris ce qu'on nous dit dans certaines auditions est que les chances en réalité de réussite à partir d'un bac pro dans des filières longues sont moindres que quand on...

La question sous-jacente c'est est-ce que Parcoursup c'est encore pire pour le bac pro ? Je vais vous répondre sur le bac professionnel moi j'ai ma théorie je pense que dès le plus jeune âge on met dans la tête des lycéens de la voie professionnelle que c'est une filière dévalorisée pour justifier les bas salaires une fois qu'ils feront les métiers essentiels Deuxièmement je sais que je vais me faire taper sur les doigts pour l'avoir dit mais il y a une discrimination raciste et sexiste sur la voie professionnelle

1:00:29
Bruno Retailleau

quand vous êtes noire et arabe vous avez plus de chances d'être orienté dans la voie pro et quand vous êtes une femme vous avez plus de chances d'être orienté dans les filières dites sociales ensuite troisièmement une fois que vous êtes dans la voie professionnelle vous êtes lié directement

1:00:40
Présentateur

à parcours sup non mais c'est plus profondément dans le système scolaire c'est son algorithme à lui que j'ai vu personnellement et qui pour le coup se sait

1:00:48
Bruno Retailleau

ensuite j'ai un troisième point sur la question de la filière professionnelle on n'informe pas les gens de ce que c'est la voie pro

1:00:52
Présentateur

la première fois que j'ai été visiter un atelier dans la voie pro je voyais comment ils étaient passionnés comment c'était incroyable et enfin j'y mettrai un quatrième point on perd comme vous l'avez dit c'est une filière court terme donc on a des lycéens de la voie professionnelle qui font des stages une fois qu'ils ont obtenu leur baccalauréat ils sont recrutés directement

1:01:07
Bruno Retailleau

par l'entreprise alors qu'ils devraient faire un BDS pour être des techniciens du supérieur c'est pour ça qu'on propose un revenu pour faire leurs études on ne va pas avoir le temps d'en parler mais je voulais aussi dire

1:01:15
Présentateur

que le rapport parlait aussi du stress et du calendrier et que parmi les propositions du rapport il y a l'amélioration de l'ergonomie de l'application sur smartphone il y a la mise à disposition d'ordinateurs dans tous les lycées c'est la proposition numéro 1 et ce n'est même pas le cas encore aujourd'hui et une découverte de la plateforme dès la seconde alors ça je pense que ça ne va pas plaire à Louis Boyard parce que déjà qu'on embête les élèves de Terminal à devoir décider de leur avenir mais si en plus on leur met ça dans la tête dès la seconde mais peut-être que ça peut être aussi un moyen d'y réfléchir dès la seconde sans stress ce n'est pas tant une question de réfléchir c'est qu'on s'aperçoit que les publics qui sont aujourd'hui les plus éloignés du numérique qui sont le plus en situation de précarité socioculturelle ce sont les plus pénalisés et ce sont eux qui ont le besoin d'être le plus accompagnés je vous lave parce que le temps imparti est écoulé c'est l'heure de Valérie Brochard c'est le Bourbon Express c'est le journal de l'Assemblée Nationale tout de suite Bonsoir Adeline on commence ce Bourbon Express avec la séance de questions au gouvernement qui a aussi porté sur les inondations et oui Adeline Météo France a prolongé ses vigilances pour risque de crues jusqu'à aujourd'hui inclus pour Vigicrues c'est une situation exceptionnelle qui dépasse tous les records après voilà vous le voyez de nombreuses perturbations dont la violente tempête Nils le Maine-et-Loire la Gironde le Lot-et-Garonne

1:02:35
Intervenant

restent en vigilance rouge et 11 départements du sud-ouest de la France sont maintenus en orange la ministre de la transition écologique a été interpellée à deux reprises de l'argent sera débloqué

1:02:46
Présentateur

pour aider les sinistrés la ministre a aussi avancé quelques pistes pour l'avenir il nous faudra réfléchir aux moyens de renforcer

1:02:55
Marine Le Pen

notre résilience face aux événements climatiques d'ampleur l'artificialisation excessive

1:03:01
Présentateur

des seuls joue un rôle déterminant dans ces crues d'ampleur c'est pourquoi il nous faudra la limiter et renforcer aussi le recours aux solutions fondées sur la nature voilà et à l'Assemblée nationale il est aussi question des futures vacances parlementaires oulala attention Adeline n'allez surtout pas dire ça à la présidente de l'Assemblée nationale

1:03:23
Intervenant

Yael Brunpivet sait bien que c'est pourtant l'expression consacrée pour parler de la fermeture du palais Bourbon

1:03:29
Présentateur

entre le 2 et le 22 mars mais elle préférerait qu'on dise qu'on utilise le mot interruption et quand on a posé la question à Constance de Pellichy la députée du Loiret était plutôt d'accord écoutez sincèrement j'aimerais beaucoup partir trois semaines en vacances mais ce sera absolument pas le cas et je connais peu de députés qui partiront trois semaines en vacances d'une part il y a la question des échéances électorales il est de tradition que le député mouille la chemise pour aller soutenir un grand nombre de candidats de sa circonscription et d'autre part nous pouvons caler des rendez-vous en circonscription donc je ne connais pas l'agenda total de l'ensemble des députés de cet hémicycle mais je peux vous assurer que le mien sera bien rempli et figurez-vous Adeline que certes il n'y aura pas de séance dans l'hémicycle pendant cette période mais les commissions elles seront bel et bien au boulot je vois que tout le monde est inquiète et sachez que nous aussi il n'y a pas d'interruption parlementaire ni de vacances pour chaque voie quand on sera là aussi toujours au boulot après les vacances après l'interruption parlementaire on se demande quel sera le programme des députés ensuite jusqu'à l'été oui alors on ne va pas rentrer dans le détail de tout ce que l'Assemblée nationale va faire dans les prochains mois mais je peux vous donner le programme législatif du gouvernement jusqu'à l'été alors vous le voyez il a été décidé en conférence des présidents ce matin de se pencher sur les textes suivants en avril la rétention administrative

1:04:45
Intervenant

et la prévention des risques d'attentats en mai l'extension des prérogatives des polices municipales la sécurité du quotidien et la mise en place de l'allocation solidarité unifiée

1:04:56
Présentateur

et en juin il sera question de la programmation militaire de la justice criminelle de la restitution des biens culturels provenant d'états qui en ont été privés et de la réduction de l'artificialisation des sols un agenda qui ne plaît pas vraiment au patron des élus communistes

1:05:11
Intervenant

ça m'inspire rien de bon puisque si je résume une loi pour fusionner les prestations sociales c'est à dire une loi antisociale une loi pour l'économie de guerre et trois lois sécuritaires voilà je vous laisse je vous laisse juge de ce que sont les orientations du gouvernement Lecornu d'ici la fin de mandat d'Emmanuel Macron

1:05:34
Présentateur

et pour Paul Molac du groupe Liot quelques regrets

1:05:38
Bruno Retailleau

et bien c'est particulièrement chargé il y a des lois qui ont été qui n'ont pas été retenues par exemple celle sur la Vichère dans les Outre-mer ça va nous toucher directement donc il faudra qu'on en parle évidemment je subodore que nous n'arriverons peut-être pas au bout fin juin et donc il faudra évidemment continuer un petit peu au mois de juillet

1:06:01
Présentateur

vacances repoussées on annule nos billets départ pour le 1er juillet avec un programme pareil il y aura très certainement une session extraordinaire merci Valérie merci à tous les trois merci Lou et merci Bertrand on passez une excellente soirée sur la 8 dans un instant c'est débat d'ox cette émission rediffusée tout à l'heure à 23h30 et vous la retrouvez aussi sur lcp.fr on sera de retour demain en direct à 19h30 bonne soirée est-ce qu'il y a de bon

Mort de Quentin Deranque : l'Assemblée nationale sous tension | Chaque voix compte - 17/02/26 — Bruno Retailleau · Pourquijevote