L’Interview Politique - Christophe Béchu, ministre de la Transition écologique et de la Cohésion des territoires, invité d’Adrien Gindre dans Les Matins LCI
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Bonjour Adrien, votre invité aujourd'hui ? Il est ministre de la Transition écologique et de la cohésion des territoires. Autrement dit, c'est le ministre des maires en première ligne face aux violences ces derniers jours. Bonjour Christophe Béchut. Bonjour Olivier. Merci beaucoup d'avoir accepté notre invitation. Hier, Emmanuel Macron recevait donc 300 maires à l'Elysée. On va parler longuement de leur situation. Le chef de l'État a eu également un mot sur les réseaux sociaux que je vais citer, qui nous a interpellés. « Quand les choses s'emballent, dit-il, il faut peut-être se mettre en situation de les réguler ou de les couper. Le gouvernement est-il prêt à couper les réseaux sociaux ? »
Ce que le président de la République a dit, c'est qu'on ne pouvait pas regarder ce qu'on avait vécu sans essayer d'en tirer toutes les leçons. Il y a des leçons en matière de maintien de l'ordre, il y a des leçons en matière de retour de l'autorité, il y a certainement des leçons aussi sur la politique de la ville. Et le rôle des réseaux sociaux, en particulier certaines applications pour se retrouver, a été au cœur d'une partie des difficultés où quand on en a fait face. Et un autre élément, qui a été la multiplication des mises en ligne d'adresses de policiers d'adresses personnelles d'élus.
Personne n'imagine qu'on n'accepterait que sur une chaîne de télé ou dans un média papier, on puisse faire des appels à la haine en mettant les coordonnées personnelles de quelqu'un. Il y a donc à la fois comment on évite la propagation de ce type de contenu, il y a déjà des dispositifs, et comment, si les choses s'emballent, on peut, à défaut de couper, ralentir une forme de flux. Quand on dit que les choses s'emballent, vous pensez à quoi ? Qu'est-ce qu'il y a derrière cette formule ?
Je pense que si vous utilisez un réseau social pour dire on se retrouve tous dans une heure pour aller mettre le feu à tel bâtiment, on est dans une forme d'emballement dans lequel le réseau joue un rôle de propagation ou d'accélération de la haine. Ce que le président de la République a exprimé hier, c'est qu'il a dit à haute voix ce que l'ensemble des forces de l'ordre ont pu constater. On est confronté à des phénomènes de délinquance, de violence nouveau qui s'appuient sur la viralité des réseaux sociaux, parce que parfois on est là en disant t'as vu ce que les copains ont fait dans telle autre ville ou dans tel autre quartier ? Il faut qu'on les imite.
Une viralité qui est parfois accentuée par les algorithmes de ces réseaux sociaux. Et de l'autre côté, des applications en particulier de maps qui permettent de se donner des points de rendez-vous et de provoquer à ce moment-là des attroupements qui accentuent les phénomènes de violence.
C'est une phrase pour faire peur, sonner l'alerte et dire attention à ces comportements où le gouvernement va réellement changer les règles, légiférer ou prendre des dispositions. Je sais bien que
on aime quand il se passe quelque chose que dès le lendemain on puisse suggérer qu'il faut des nouveaux textes, des lois. On aime comprendre ce que dit le politique. Je vous entends M. Jean. Ce que je veux dire c'est que le président de la République, après des heures passées avec les maires, a fait en sorte de répondre à la multiplication des sujets qui ont été évoqués devant lui. Certains parlant d'éducation, d'autres parlant de reconstruction, d'autres encore des moyens de leur police municipale, etc.
Dans toutes ces interventions, le rôle, le poids des réseaux sociaux a été évoqué et ce ne serait pas responsable quand on est en charge de ne pas se demander dans quelle mesure ça a pu contribuer ou accentuer une partie des difficultés. Ce n'est pas l'annonce d'une loi de censure en aucune manière. Ça n'était ni l'esprit ni les propos du président.
Alors pour le coup il y a eu une annonce de loi, une loi d'urgence, a dit le chef de l'État en substance pour faciliter la reconstruction des bâtiments endommagés. Qu'est-ce qui sera possible grâce à cette loi qui n'est pas possible déjà aujourd'hui ? J'aurai l'occasion,
dès la fin de cette matinée, en Conseil des ministres, de présenter un texte sur lequel, avec mes équipes, on a travaillé une partie de la nuit. Donc vous présentez déjà cette loi aujourd'hui en Conseil ? On va présenter un texte parce qu'il y a des choses qui relèvent du législatif et il y en a d'autres qui, comme vous le dites, peuvent d'ores et déjà être traitées à condition qu'on additionne ce que le droit actuel permet et parfois qu'on le facilite. C'est ce qui sera présenté ce matin, en clair, pour pouvoir accélérer de manière extrêmement rapide la reconstruction à l'identique de ce qui a été démoli.
Et là, on devrait pouvoir écraser les délais d'une manière qui soit extrêmement forte pour pouvoir sécuriser des travaux de confortement ou de relogement dès maintenant. Parce qu'on a des problématiques qui, pour certaines, n'attendent pas. Quand vous avez une école qui a brûlé, ça a été le cas de près d'une centaine dans notre pays. Quand vous avez des centres de loisirs qui sont censés accueillir des enfants pendant le temps des vacances qui ont été démolies, vous avez des besoins qui sont des besoins d'urgence, pas forcément de reconstruction mais au moins de réponse.
En sécurisant la réponse, en indiquant à l'ensemble des préfets comment accueillir les demandes des élus, comment accélérer les procédures, comment utiliser les leviers qui existent, on va répondre à la première commande du président de la République sur l'urgence. Et puis, il y en a une deuxième parce que le président a aussi dit qu'on ne pourrait pas laisser seuls des maires qui allaient se retrouver aussi avec des difficultés pour aller financer une partie de ces travaux. L'état d'esprit du gouvernement, ce n'est pas une partie de ces quartiers compliqués ont brûlé, on va sortir le carnet de tchèques. Ça a été fait par le passé et on a vu la limite de ça.
En revanche, ça n'est pas la double peine pour les habitants d'une partie de ces quartiers et pour les maires en faisant en sorte de les priver d'équipements dont ils ont besoin.
Juste avant de prolonger, parce que c'est très important ce que vous évoquez, la dimension budgétaire, le coût et le financement. Encore un petit mot du calendrier, ce que vous êtes en train de préparer, ce que vous allez présenter tout à l'heure, ça a vocation à entrer en vigueur quand, a fortiori, s'il y a une dimension législative, quand est-ce que tout cela sera à la fois présenté au Parlement, voté, effectif ? Ça, ça va être finalisé dans la journée.
Ce que je veux dire, c'est qu'il y a une première brique avec ce texte qui répond à la commande d'urgence du président de la République que je présente en fin de matinée et dans la foulée de la journée, les angles qui ne sont pas couverts par ce premier texte y feront l'objet de dispositions législatives
dont on précisera le calendrier dans la journée. Vous parliez tout à l'heure des écoles. En ce qui concerne les mairies ou les bâtiments municipaux, vous avez des chiffres à l'échelle nationale de combien ont été endommagés ou détruits la semaine dernière ? On a des chiffres qui, je pense,
sont à peu près exhaustifs. On est effectivement sur plus d'une centaine de mairies. Le chiffre précis pour les écoles, il était de 84 avant-hier, si vous voulez même le connaître. On est sur 65 commissariats de police municipales, mais on est sur un chiffre quand on regarde les casernes de gendarmerie ou les commissariats de police qui dépassent les 200 pour ces bâtiments. On est sur, en tout, plus d'un millier de bâtiments publics quand on additionne les gymnases, les centres de loisirs, les centres d'hébergement, sans compter les commerces, les lieux privés, les habitations qui ont été endommagées, sur la pure partie bâtiments publics.
On est à plus de 1 000 bâtiments et même plus près des 1 500
que des 1 000. Vous évoquiez la dimension budgétaire. Alors, venons-y. Il y a certaines régions, c'est le cas par exemple de l'Île-de-France, qui ont déjà dit qu'il y aura un fonds d'urgence en Île-de-France et 20 millions pour les 140 communes touchées. Qu'est-ce que l'État va faire ? Est-ce que c'est là aussi un mécanisme de fonds d'urgence ou est-ce qu'on est plutôt sur des prêts à taux zéro et donc qui seront remboursés ?
D'abord, vous l'avez dit et je veux le saluer, il y a des régions et même des départements, je pense aux départements des Bouches-du-Rhône qui ont annoncé des dispositifs de soutien à la région Grand-Est, à la région Sud, à la région Île-de-France. L'État, dès lundi matin, a dit qu'il débloquait de manière immédiate 20 millions d'euros pour la reconstruction et pour le financement des caméras de vidéoprotection de manière à rapidement pouvoir, dans la logique de la priorité donnée au maintien de l'or, répondre à cette problématique. Et maintenant, il se préoccupe du fonds. Il faut comprendre que sur les bâtiments publics, on a deux types de problématiques.
La plupart des bâtiments sont assurés. Quand vous êtes assurés, la question, c'est la question de la franchise, du reste à charge, qui peut être couvert ou par les collectivités locales ou par un appui que l'État pourrait apporter et qui devra faire l'objet d'un vote et d'une disposition budgétaire. Pourrait ou pourra ? La particularité, c'est que beaucoup de bâtiments publics ne sont pas forcément assurés. Les collectivités locales ne sont pas tenues d'assurer leurs bâtiments. Elles peuvent décider d'être leurs propres assureurs.
Et ce que nous sommes en train de faire, c'est de consolider à la fois le niveau des factures et le nombre de collectivités qui se retrouvent dans une situation où elles ne sont pas assurées. Le président de la République a été extrêmement clair. Nous accélérons les délais pour reconstruire et nous ne laisserons pas les communes
seules face aux dégâts de ces émeutes. Seules face aux dégâts, ça veut dire on aide celles qui n'ont pas les capacités de financer ou elles n'auront rien à débourser, aucune, et l'État prendra tout à sa charge.
Ça veut dire qu'on n'a pas vocation à se substituer à des assurances. Ça veut dire qu'on n'a pas vocation à se substituer à des collectivités locales qui décideraient déjà d'aller donner un coup de main mais que les communes ne doivent pas se retrouver avec une facture à la fin.
Vous disiez tout à l'heure qu'il y a aussi la dimension des politiques qu'on mène dans ces quartiers sur le logement, sur la rénovation urbaine. Le chef de l'État hier aussi a montré une forme de prudence. Il dit 40 000 milliards par an, est-ce que je suis satisfait ? Non. Est-ce que je pense que nous allons trouver la solution avec plus d'argent ? Non. Vous nous confirmez ce matin, hormis de ces aides aux collectivités pour la reconstruction, il n'y aura pas d'argent en plus pour les quartiers, il n'y aura pas de plan banlieue de nouvelle version. Je ne vous dis pas ça. Je vous dis qu'après 2005,
tout le monde a dit qu'on vient de vivre des émeutes, on vient de vivre des difficultés qui révèlent un malaise dans nos banlieues et qui a justifié une unanimité politique pour aller lancer dans le sillage de Jean-Louis Borloo à l'époque l'Agence Nationale de Rénovation Urbaine. Non seulement ce travail s'est poursuivi, mais avec Emmanuel Macron, il s'est amplifié. On est passé de 5 à 12 milliards d'euros de financement au titre de l'ANRU depuis le début du dernier quinquennat. On a augmenté les crédits politiques de la ville à destination de ces quartiers de plus de 30% au cours de ces 5 dernières années. On a dédoublé les classes de CP, on a etc.
Ce qu'on a vécu, ce n'est pas une crise des banlieues, c'est un drame absolu, abominable, la mort d'un adolescent de 17 ans et dans la foulée, sous couvert de vengeance, ça a servi de prétexte à la fois à des dégradations, à des pillages de magasins qui n'ont absolument rien à voir avec le sujet, à des embrasements et à des manifestations de violence par des adolescents qui n'ont absolument rien à voir avec ce jeune et y compris dans des villes qui ne sont pas politiques de la ville, dans lesquelles il n'y a pas de quartier sensible. Donc, se dire c'est un problème de politique de la ville, c'est faire un raccourci qui ne correspond pas à la réalité.
On a des quartiers politiques de la ville où il ne s'est rien passé, pas une dégradation, pas de voitures brûlées et on a à côté de ça des villes qui ne sont pas en géographie prioritaire et qui ont été brûlées. Donc, si le diagnostic c'est de dire on sort le chéquier,
on rajoute de l'argent, on se plante. C'est pour ça que vous disiez à l'instant que la priorité c'est l'ordre. En fait, pour vous, c'est un sujet sécuritaire avant tout ? Non. D'abord, la priorité à court terme, c'est à la fois
ce que réclament tous les maires pour le coup. Quelle que soit leur sensibilité politique, c'est de dire il faut ramener le calme et il faut le maintenir de manière à ce qu'on n'ait pas une résurgence dans les jours qui viennent. Deux, sur le fond, il y a des sujets d'autorité. Parce qu'on ne peut pas se satisfaire quand on a en moyenne d'âge des interpellés de 17 ans, des jeunes qui sont arrêtés à 12 ou 13 ans avec des bidons d'essence, avec des mortiers d'artifice ou avec des cocktails Molotov de considérer que c'est un phénomène normal et qu'il faut que je laisse ce passe. Donc, il y a des sujets d'autorité et d'autorité parentale, ça n'est pas un gros mot. Il y a des sujets de moyens.
Dans un certain nombre d'endroits, ça peut être aussi en creux le soutien à la parentalité, ça peut être les dispositifs qui sont mis pour faire en sorte de tenir le lien social. Mais penser qu'il y a une réponse unique à la totalité de ce qu'on vient de vivre, c'est faire des raccourcis autoréalisateurs qui ne correspondent pas à ce que nous avons vécu.
Alors, on va parler des parents dans un instant parce que ça interpelle aussi. Mais juste sur la question de la politique de la ville pour terminer, le président a quand même reconnu hier au détour d'une phrase qu'il avait, je cite, sans doute été maladroit à l'époque du plan Borloo qui avait été présenté. Qu'est-ce qui a été raté en fait ? Quand il dit j'ai été maladroit, qu'est-ce qui n'a pas été bien fait ?
On a eu une remise de rapports et ensuite le consensus ça a été de dire le président de la République a écarté le rapport qui lui a été remis. La vérité c'est que depuis nous avons suivi les gouvernements successifs ont mis en œuvre beaucoup des mesures de ce plan Borloo. Une des mesures très fortes proposées par Jean-Louis Borloo c'est-à-dire il faut renforcer ce que nous faisons en matière d'éducation. C'est sans doute encore vrai mais ça a donné les cités éducatives. Il y en a 200 en France qui ont été démultipliées.
On l'a fait sans le dire en fait si je comprends ce que vous avez dit.
Plus exactement, on a suivi plusieurs des recommandations du rapport sauf qu'au lieu de le faire en bloc on l'a fait au fur et à mesure. On a augmenté les moyens budgétaires, on a plus que doublé les moyens de l'ANRU, on a multiplié les cités éducatives, on a mis en place des dispositifs spécifiques d'accompagnement. Mais peut-être sans donner à tout ça comment dirais-je le caractère global qui aurait pu montrer qu'on reprenait le rapport dans son entier.
Très clairement, il y aura à la rentrée un comité interministériel des villes parce que de toute façon il était calé dans l'agenda qu'au milieu de cette année 2023 nous aurions à nous pencher sur le futur de la politique de la ville avant même ces émorts.
Non, consacré uniquement à la situation... Exactement. Vous faisiez allusion aux parents. À l'instant, votre collègue du gouvernement mais comme l'a dit également la première ministre hier, Bruno Le Maire, là ce matin, dit qu'il faut engager la responsabilité des parents. Vous y faisiez allusion aussi à l'instant à la question de l'autorité parentale. Concrètement, ça veut dire quoi ? Est-ce que c'est une question d'appel au bon sens que vous faites aux parents ou est-ce que c'est une question également de sanctions ? La question s'est posée à votre place en début de semaine sur ce plateau. Éric Ciotti renouvelait sa proposition de dire plusieurs choses. D'abord,
on ne peut pas ne pas regarder cette question de l'autorité parentale et je le dis en particulier pour tous les parents y compris qui habitent dans ces quartiers difficiles pour toutes les mamans solos et pour toutes les mamans courage qui n'ont pas laissé leur gamin de 13 ou de 14 ans sortir pour aller participer aux émeutes. La première justice qu'on doit leur rendre c'est de ne pas mettre tout le monde dans le même sac et donc c'est de ne pas dire que c'est parce qu'on habite dans ces quartiers qu'on n'est pas capable de poser des règles ou de faire en sorte qu'il y ait des éléments d'éducation. Je suis désolé.
À un moment, laisser un adolescent sortir dans un climat d'émeute de ce type c'est lui faire prendre des risques à lui avant les risques pour les autres et donc ça n'est pas assurer le développement de l'enfant dans sa moralité etc. Mais ça c'est presque une question de bon sens. C'est pour ça que je vous ai dit à ce qu'on appelle
au bon sens
ou à la sanction. Mais je considère que les deux sont liés. Le problème c'est qu'on en soit venu à se dire qu'une sanction ne serait pas du bon sens. Il y a un article dans le code pénal qui dit clairement que des parents leur responsabilité financière peut être engagée pour aller payer une partie des dégâts voire qu'ils peuvent avoir une amende qui peut monter jusqu'à 30 000 euros et jusqu'à 2 ans de prison s'ils délaissent leur enfant. Donc cette règle-là suffit même si elle n'est que très peu appliquée pour ne pas dire pas appliquée. Vous avez raison.
Elle a jusqu'à maintenant été très peu appliquée sauf que la nouveauté c'est que la circulaire du garde des Sceaux qui a été envoyée au début de ces événements est bien de dire au procureur je vous demande de multiplier les enquêtes sociales pour savoir si nous pouvons activer cette clause. En clair, la mère qui travaille la nuit et qui élève seule son enfant on ne peut pas aller lui expliquer que c'est scandaleux qu'elle ait laissé sortir son adolescent à minuit puisqu'elle n'est pas sur place. Et l'enquête sociale elle permet de trouver à ce moment-là des circonstances qui n'engagent pas sa responsabilité.
A l'inverse, on a des situations avec des parents qui n'ont absolument pas ce type d'excuses qui ont laissé se faire voire qui ont été complices et tout le monde en mémoire les images parfois de mère ou de père laissant les adolescents aller piller des magasins et aller ensuite se servir une fois que la brèche est ouverte.
Je vous posais la question de la suppression des allocations familiales c'est un thème qui a beaucoup été porté par votre ancienne famille politique Les Républicains qui l'est encore aujourd'hui. Je repose la question est-ce que c'est une piste qu'il faut creuser ? Monsieur Gindre
moi ce qui m'a frappé hier à l'Elysée c'est que il y a un constat unanime retour à l'ordre et ensuite on a des mères qui ne partagent pas forcément de constat des mères de gauche qui disent il faut faire plus de social des mères de droite qui disent il faut faire plus de répression ou plus d'autorité Je plaide pour qu'on se laisse les quelques jours qui permettent d'être sûr qu'on a bien compris et qu'on ne se dise pas que les recettes qu'on a proposées il y a un an on avait raison de les proposer et que la crise nous a donné raison parce que vous entendez aujourd'hui des gens des deux côtés de l'échiquier qui vous disent ça Donc on ne pourra pas faire l'économie d'une réflexion sur l'autorité on ne pourra pas faire l'économie d'une réflexion sur le social on ne pourra pas faire l'économie d'une réflexion sur la responsabilité parentale mais encore une fois retour à l'ordre soutien aujourd'hui aux collectivités qui sont touchées et les réponses ne tombons pas dans un concours les pines de j'ai la solution depuis toujours je vous l'avais bien dit
Alors il y a quand même des propositions c'était l'objet de la réunion s'y entendent les maires il y a certains maires qui sont très attachés aussi à l'efficacité de leur police municipale et qui disent on a besoin que les règles évoluent sur la police municipale Robert Ménard par exemple à Bézier qui dit la police municipale elle ne peut pas faire de contrôle d'identité la police municipale elle ne peut pas ouvrir les coffres des voitures tout cela au quotidien ce sont des problèmes est-ce que c'est un sujet pour le coup sur lequel il faut bouger vous connaissez bien le sujet vous avez été maire et vous avez eu une police municipale dans votre ville d'Angers
je vous confirme et je vous confirme que c'est un sujet il y a ce qu'on appelle avec des grands mots le continuum de sécurité c'est-à-dire cette idée que les forces de l'ordre elles n'ont pas forcément le même employeur mais elles ont toutes la même finalité que la sécurité et l'ordre public le conseil constitutionnel a censuré quelques-unes des dispositions de la loi d'orientation du ministre de l'intérieur portée par Gérald Darmanin en disant attention on ne peut pas confier certains pouvoirs à la police municipale parce que le chef de la police c'est le maire ce n'est pas le procureur et donc par rapport aux libertés par rapport aux fichiers par rapport à un certain nombre de sujets on n'est pas dans la même finalité il ne s'agit pas d'aller chercher des éléments pour rendre la justice il s'agit des éléments pour ramener la tranquillité donc il y a des actes qui ne peuvent pas être accomplis et ça ne pourra pas être contourné je crois qu'on doit tout réinterroger on doit réinterroger aussi bien sur le plan technique ce que sont les moyens qui sont mis à disposition on voit par exemple de manière très claire que l'interdiction pour les polices municipales d'avoir des drones qui n'est pas le fait du gouvernement mais qui est le fait du juge elle a posé des difficultés parce que le drone c'est ce qui vous permet au moins de savoir à quel endroit il se passe quelque chose dans votre commune et c'est une sorte de super caméra qui vous permet de regarder comment ça se passe il faut qu'on interroge le pouvoir de ces polices municipales y compris sous l'autorité temporaire du préfet ou du procureur parce que là le sujet c'est pas la tranquillité municipale c'est la tranquillité tout court et que vis-à-vis des habitants qui sont en attente de sécurité dans ces quartiers peu importe si le badge il dit national ou municipal ce qui compte c'est est-ce que oui ou non il y a une réponse de prévention et de répression par rapport aux événements qu'on connaît
le chef de l'état a fait ce constat cette prédiction le pic que nous avons connu ces derniers jours est passé bon les faits lui donneraient raison pour le moment l'année dernière a été très calme il n'y a eu que 16 interpellations au niveau national des chiffres communiqués ce matin par Beauvau à quoi vous attribuez ce retour au calme il y a l'action des forces de l'ordre bien sûr mais il y a certains élus qui disent soyons réalistes il y a aussi l'action des trafiquants de drogue qui ont besoin de reprendre leur trafic et qui ont contribué à ramener les jeunes à la maison
on entend plein de choses je pense d'abord que je vais être très concret une partie de ces émeutiers n'ont plus une munition c'est-à-dire que les mortiers qui ont été tirés ne sont pas renouvelés y compris parce que le président de la république a demandé à ce que les douaniers et les policiers fassent en sorte de faire des contrôles fréquents aux frontières pas plus tard qu'hier il y a d'ailleurs un camion qui a été interpellé avec 300 kilos d'artifices à l'intérieur donc il y a une raison que je qualifierais de technique ensuite vous avez eu près de 4000 interpellés de façon là aussi très concrète l'action résolue des forces de l'ordre elle a permis de retirer du terrain des émeutiers qui sont aujourd'hui ou derrière les barreaux ou on entend de convocations avec des débuts de déferments et de comparutions
et l'action des trafics en drogue
vous y accordez un crédit ce que je veux dire c'est que si l'action des trafiquants de drogue avait été si efficace que cela il y a des villes dont nous savons l'intensité du trafic de drogue qui ne se seraient pas embrasées et la carte des émeutes ne permet pas de corroborer ce que vous êtes en train de dire des villes qui sont connues pour un trafic de drogue intense ont été des lieux dans lesquels il y a eu des émeutes de façon extrêmement sensible donc c'est vraiment pour ça qu'il faut un peu d'humilité pour regarder
c'est possible de le dire publiquement parce que ce serait avoué l'impuissance et l'échec de l'état
moi vous savez quand je ne sais pas je ne dis pas je ne peux pas devant vous vous dire je pense que vous avez raison je vous donne les raisons qui à ma connaissance participent à ce calme 4000 interpellés une diminution objective de ce qui a été tiré sur les forces de l'ordre et sur les bâtiments ensuite il y a des questions dans quelle mesure les appels au calme ont joué je pense que ça a été le cas dans quelle mesure certains trafiquants ont participé à la reprise en main je pense que ça a été une partie de l'explication dans quelle mesure la résolution de l'état a fini par avoir des questions je pense que c'est le cas et dans quelle mesure l'appel à la responsabilité parentale a aussi conduit un certain nombre de parents à ouvrir les yeux sur ce qui était passé je pense que ça a participé au retour au calme
un dernier mot Christophe Béchut je disais en introduction vous êtes en charge de la cohésion des territoires on en a beaucoup parlé mais aussi de la transition écologique on devait avoir la présentation de la planification écologique le président l'avait annoncé il avait demandé à la première ministre de le faire dans les 15 premiers jours de juillet on est d'accord que c'est reporté
nous sommes toujours dans les 15 premiers jours de juillet et à la fin de cette matinée nous aurons un conseil qui permettra de finaliser la présentation avant sa communication nous ne sommes pas en retard sur le sujet communiquer aujourd'hui sur les ambitions écologiques pourrait sembler décalée compte tenu des plaies qui ne sont pas refermées dans de nombreuses villes et de la priorité que nous devons donner à ce retour absolu au calme mais ça n'enlève rien à la détermination et rien au calendrier des 15 premiers jours de juillet
merci beaucoup Christophe Béchut d'avoir été sur le site merci à vous monsieur Jean
Christophe Béchu