Roland Lescure alerte sur la crise budgétaire : "L'année 2026 n'a pas épargné la France !"
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Chapitres
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- 2:56Chiffre
« On estime à ce stade l'impact sur la croissance à 0,1 %. »
- 3:38Chiffre
« Hier, le taux des obligations d'État française à 10 ans était de 4,4 %. Il était de 3,5 % il y a 1 an. C'est le chiffre le plus haut depuis 2008. »
- 3:38Chiffre
« On est à 65 milliards d'euros juste pour l'état de charge de la dette dont 4,5 milliards de hausse lié à la crise au détroit d'ormouse. »
- 4:23Fait
« Le papier français, comme on dit dans le jargon, se vend bien. Les investisseurs continuent à nous faire confiance. »
- 6:36Chiffre
« Une baisse de la valeur ajoutée agricole de 8 %. »
- 7:18Chiffre
« Pour 2027, nous tablons sur un rebond de la croissance qui amènerait la croissance française à 1 %. »
- 8:00Chiffre
« Une inflation qui en 2026 serait en moyenne sur l'année un peu au-dessus de 2 % 2,1 % pour être précis avec un pic d'ici la fin de l'année autour de 3 % et un retour progressif à une inflation en dessous de 2 % qui amènera la prévision en moyenne sur l'année 2027 à 1,8 %. »
Temps de parole
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Je pense qu'il est il est raisonnable de dire que les incertitudes économiques n'ont aujourd'hui jamais été aussi fortes. Elles sont internationales, elles sont nationales et à environnement économique inédit. Exercice donc inédit, un exercice de transparence qui nous permet de vous présenter notre prévision de croissance à la fois pour cette année et pour l'année prochaine. Notre fil roule fil rouge pardon, il est clair, c'est la transparence qui est aujourd'hui un gage essentiel de crédibilité. crédibilité vis-à-vis de nos concitoyens, crédibilité vis-à-vis des parlementaires, crédibilité aussi vis-à-vis des marchés financiers. Nous disons la vérité, toute la vérité, rien que la vérité.
Le moins qu'on puisse dire, c'est que l'année 2026 n'a pas épargné la France en terme de crises successives multiples qui se sont multiplié des crises internationales mais aussi des crises nationales. Cette année, elle a été marquée par des crises multiples avec quatre types de choc.
D'abord, un début d'année marqué par l'incertitude, une incertitude, je dirais traditionnelle du fait du cycle électoral à l'approche des élections municipales et tout de suite après les élections municipales, on a enregistré, cet habituel une baisse de l'investissement des collectivités locales en travaux publics qui se reflètent dans les comptes de l'INC et une incertitude plus inhabituelle liée à l'adoption tardive d'un budget, la mise en place d'une oasp spécial jusqu'à la fin du mois de février qui a introduit à la fois de l'incertitude et l'arrêt d'un certain nombre de politiques publ qui soutiennent la croissance.
À cette incertitude politique domestique, s'est ajouté évidemment à partir du printemps un choc géopolitique d'ampleur. La crise du détroit d'Ormouse qui a conduit à la hausse des prix énergétiques pour nos concitoyens, nos entreprises, mais aussi les ménages. Évidemment, cette crise, elle est loin d'être terminée. On voit encore avec les derniers chiffres. Ce matin, le diesel était à 2,30 € l'essence ordinaire à 2,10 €. On était à 240 au printemps pour le diesel et le 210 qu'on a atteint ce matin est un maximum pour l'année en ce qui concerne l'essence. Cette crise, elle est internationale.
Vous avez sans doute vu qu'aux États-Unis, le prix du galon, puisqu'on le mesure en galon là-bas, a dépassé pour la première fois les 6 dollars cette nuit. Elle pèse évidemment sur le pouvoir d'achat, elle pèse aussi sur les coûts des entreprises. 3è type de choc, un choc climatique, des épisodes climatiques inédits à la fois par leur intensité mais aussi par leur multiplication. Nous n'avons pas eu un choc thermique cette année mais quatre. En mai, c'était jamais arrivé auparavant, en juin, en juillet et en août avec en plus des incendies majeurs qui ont affecté directement des régions, la Gironde, l'Élande et levar, on le sait, et qui ont eu un impact réel sur la croissance française.
On estime à ce stade l'impact sur la croissance à 0,1 %. Et puis une hausse historique, rapide et forte des taux d'intérêt qui pèse sur le budget de l'État, qui pèse aussi sur le budget de nos concitoyens, qui pèse notamment sur les perspectives d'investissement des entreprises. Hier, le taux des obligations d'État française à 10 ans était de 4,4 %. Il était de 3,5 % il y a 1 an. C'est le chiffre le plus haut depuis 2008. s'en suit une hausse de la charge de la dette notamment pour l'État. On est à 65 milliards d'euros juste pour l'état de charge de la dette dont 4,5 milliards de hausse lié à la crise au détroit d'ormouse.
4,5 milliards d'euros de plus par rapport à ce qui était prévu dans la loi de finance. C'est aujourd'hui le premier budget de l'État supérieur à celui de l'éducation nationale ou encore celui de la défense. J'en profite pour rassurer sur le fait que l'État français n'a aucun problème d'émission. Nous sommes aujourd'hui sur les marchés à près de 85 % de notre programme initial. Le papier français, comme on dit dans le jargon, se vend bien. Les investisseurs continuent à nous faire confiance. Mais il faut le reconnaître, nous payons plus cher notre dette qu'il y a 1 an.
Alors, quand on compare ces chiffres récents au chiffres de nos voisins européens, on a clairement un trou d'air spécifique à l'économie française. L'économie française croit moins que ce qui était prévu en début d'année et croit moins que ses partenaires notamment européens. D'abord parce qu'on est victime à la fois de chocs internationaux qui s'opposent qui s'imposent pardon à tous mais aussi de chocs nationaux spécifiques. Le climat, les incertitudes politiques qui ont un impact réel. L'ex l'exposition pardon peut-être plus forte au choc climatique. Et troisème point, il faut bien le reconnaître, nous n'avons pas de marge de manœuvre budgétaire.
L'économie allemande bénéficie aujourd'hui d'un programme historique de relance de l'investissement dans la défense. L'économie italienne bénéficie du plan de relance européen dont nous avons bénéficié au sortir de la crise Covid et dont l'Italie bénéficie depuis 2 ans. C'est pour cette raison que nous annonçons aujourd'hui notre révision de croissance pour 2026, nos prévisions pour 2027. révision et prévision que nous avons construit de manière réaliste. Les chiffres sont les suivants. En moyenne, cette année, nous estimons la croissance française à 0,5 % en ligne avec les prévisions récentes et les estimations rincentes des principaux instituts.
L'INC est sorti, vous le savez hier, avec une prévision de 0,4 %. Le consensus des économistes de la place est aujourd'hui à 0,6 %. Nous sommes dans la moyenne. Vous le savez, en début d'année, nous tablions dans le cadre de la loi de finance sur une prévision de croissance de 1 %. On a donc divisé par de les estimations de croissance pour cette année. C'est important, c'est majeur avec un effet estimé de la sécheresse des vagues de chaleur estimé à 0,1 points de PIB sur 2026. Une baisse de la valeur ajoutée agricole de 8 %. Hormous qui a impacté nos perspectives de croissance.
de l'ordre de 0,2 % de croissance impacte à la fois sur la consommation des ménages et sur les dépenses des entreprises. Et puis les 02 restants sont liés d'écart entre 1 et 0,5 % sont liés à deux facteurs : l'incertitude politique, j'en parlais tout à l'heure, qui a affecté la croissance en début d'année, mais aussi un hiver plus clément qui avait affecté de manière positive la consommation énergétique des ménages inférieur à ce qui était prévu. Pour 2027, nous tablons sur un rebond de la croissance qui amènerait la croissance française à 1 %.
1 %, c'est à la fois un rebond lié à une hypothèse importante qui est une réduction progressive mais une réduction quand même des incertitudes géopolitiques et un retour de la circulation dans le détroit d'Ormous à la quasi normale dans les mois qui viennent. C'est inférieure à la croissance potentielle de la France qui est à 1,2 %. Mais c'est une croissance qui rebondit.
Évidemment, ces hypothèses restent des hypothèses incertaines, j'y reviendrai, mais c'est une prévision de croissance qui elle aussi est dans la fourchette des principaux prévisionnistes avec une inflation qui en 2026 serait en moyenne sur l'année un peu au-dessus de 2 % 2,1 % pour être précis avec un pic d'ici la fin de l'année autour de 3 % et un retour progressif à une inflation en dessous de 2 % qui amènera la prévision en moyenne sur l'année 2027. à 1,8 %.
Évidemment, peut-être plus que jamais, comme toujours, mais plus que jamais, ces ces prévisions sont entourées de fortes incertitude sur l'évolution des tensions géopolitiques, sur l'évolution des taux d'intérêt, sur l'évolution des aléas climatiques. Plus que jamais, en 2026, les incertitudes sont essentiellement liées à des révisions possibles de la croissance par l'INC en 2027 par des aléas qui sont très présents. J'ai entendu que le président des États-Unis prévoyait une fin de la guerre en Iran dès les élections du midterm, début novembre.
Évidemment, si on réduit très fortement, très rapidement les tensions géopolitiques, ça se verra sur les prix d'énergie, ça se verra sur les taux d'intérêt, ça se verra sur la croissance française. Je rappelle que en juillet, le prix du pétrole était aux alentours de 70 dollars le baril, c'est-à-dire finalement un chiffre très proche de celui qui prévalait juste avant la crise. Il est aujourd'hui au-delà de 100 dollars. Une réduction des incertitudes géopolitiques aurait évidemment un impact important.
À l'inverse évidemment une dégradation de l'environnement géopolitique, des turbulences financières qui amèneraient les taux d'intérêt plus haut encore qui ne sont aujourd'hui ou j'insiste là-dessus des incertitudes politiques franco-françaises pourraient affecter ce scénario à la baisse. C'est la raison pour laquelle je souhaite passer quelques messages qui me semblent importants. Nous sommes dans un cadre budgétaire contraint. Pour le dire simplement, nous n'avons plus de gras. Ce cadrage budgétaire, il démontre la nécessité impérieuse d'adopter un budget le plus tôt possible pour 2027 avant la fin de l'année, je l'espère.
Deuxème enseignement important, ce budget, il il nécessitera un effort partagé. Oui, un effort partagé, mais un effort qui devra préserver nos moteurs de croissance. Il est impératif dans un monde où les risques sont plus élevés. que les moteurs de croissance soient préservés. C'est tout le sens de la lettre du Premier ministre qu'il a adressé au chefs d'entreprise pour leur proposer un pacte de stabilité. Le budget que nous déposerons ne touchera pas au crédit imporcher ne tout touchera pas au pacte du trail, préservera l'apprentissage et visera une baisse de la surtaxe de l'impôt sur les sociétés.
Avant de terminer, je voudrais insister quand même dans ces moments parfois un peu déprimants sur les facteurs de résilience réelle qui bénéficient à l'économie française. D'abord, son attractivité constante. des investissements directs à l'étranger en France dans des secteurs liés à l'industrie verte, à la transition écologique, dans des secteurs liés à la transition numérique, à l'accélération de l'intelligence artificielle sont des facteurs de résilience, sont des facteurs de croissance. Nous devons continuer à les soutenir et soyons-en fier. La France est à la pointe de la révolution verte, est à la pointe de la révolution technologique. Nous pouvons, nous devons en profiter.
Le commerce extérieur qui a soutenu la croissance, ce qui signe notre agenda de compétitive visivité continue à porter ses fruits. La maîtrise du coût du travail, les efforts d'inroviation. J'insiste aussi sur le plan d'électrification avec des investissements majeurs dans le secteur énergétique, notamment évidemment la construction des EPR qui va débuter progressivement dans les semaines dans les mois qui viennent, qui va soutenir la croissance. Et puis n'oublions pas que l'innovation technologique, la révolution technologique, c'est aussi de la croissance dure, de l'emploi. On a aujourd'hui 450000 salariés en France qui travaillent directement pour le secteur des technologies.
La France est le premier pays de radivité dans les emplois dans le secteur de l'intelligence artificielle. Nous allons continuer à soutenir des champion en la matière. C'est essentiel pour nous, c'est essentiel pour l'Europe puisque la France est aussi le faire de lance de la révolution technologique en Europe. Cette conférence de presse, c'est comme je le disais l'acte 1 de la séquence budgétaire poser le cadre exigeant dans le cadre pour lequel nous construisons le projet de loi de finance que nous aurons l'occasion de présenter un peu plus tard. avec mon collègue David Amiel, ministre des comptes publics.
Avant de passer la parole aux représentants du trésor ici présent, Nathalie Georges, Dorotti Rouset et Guillaume Cléo, je voudrais les remercier sincèrement eux trois mais aussi toutes celles et ceux qui travaillent à leur côté pour avoir fait leur métier il y a maintenant un peu plus de 30 ans. Je peux vous dire que le métier de prévisionniste, il est pas facile et que ces temps-ci, il est particulièrement difficile. Ils ont travaillé d'arrache-pied pour ces prévisions qu'on vous présente aujourd'hui. les équipes de Berti travaille d'arrache-pied pour finaliser un budget qu'on vous présentera dans les jours qui viennent. Merci à vous toutes et à vous tous.
Je sais que c'est pas facile, mais voilà, c'est votre métier et vous le faites bien.
Roland Lescure