"On infantilise les Français" : Yannick Jadot réclame la réouverture des parcs dans les zones rouges
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Chapitres
Répartition du ton (temps de parole politique)
Propositif 65 %Attaque 25 %Défensif 10 %
Questions et réponses
Taux de réponse directe : 91 % (directe = 1, partielle = 0,5, éludée = 0)
- 0:25OuverteRéponse directe
Faut-il relancer la machine toutes affaires cessantes ou relancer l'économie par l'écologie ?
- 0:46OuverteRéponse directe
Pensez-vous que les choses et les esprits ont changé depuis 2008 ?
- 1:51OuverteRéponse directe
Si vous étiez aux manettes, vous feriez quoi sur l'aéronautique ?
- 3:50OuverteRéponse directe
François Bayrou s'est ému de la réduction des rotations Paris-Pau. A-t-il tort ?
- 6:14OuverteRéponse directe
Le gouvernement envisage de restreindre le chômage partiel. Est-ce juste ?
- 8:14OuverteRéponse directe
Faut-il rétablir l'ISF malgré son faible rendement ?
Affirmations vérifiables (citations exactes)
- 0:58Invité politiqueChiffre
« En 2008, on avait mis 35 milliards d'euros de relance. »
- 2:58Invité politiqueChiffre
« Nous savons, au niveau européen, qu'il faut imposer une taxe kérosène. Ce serait près de 30 milliards d'euros, y compris de recettes fiscales. »
- 4:19Invité politiqueFait
« Il a raison. Il a raison sur le fait qu'il est aberrant aujourd'hui de continuer à prendre systématiquement les décisions depuis Paris quand elles concernent les territoires. »
- 5:02Invité politiqueFait
« « je suis tellement en difficulté que je vais réduire mes investissements et je vais probablement licencier ». »
- 7:07Invité politiquePromesse
« transformer ce chômage partiel en revenu de transition. »
- 11:54Invité politiqueFait
« C'est une réforme totalement bâclée des retraites. »
- 12:05Invité politiqueFait
« Ça a été une promesse d'arrêter le glyphosate. On devrait quasiment, ces semaines, avoir plus aucun glyphosate dans nos champs. »
- 12:15Invité politiqueChiffre
« Ça a été augmenté de 25% l'année dernière. »
- 19:11Invité politiqueChiffre
« l'Europe devrait mettre 2 000 milliards d'euros d'investissement, plus de 1 000 milliards d'euros en dons sur les pays les plus impactés. »
Temps de parole
- Yannick Jadot67 %
- Présentateur15 %
- Invité9 %
- Invité 26 %
- ?3 %
≈ 12 interruptions / 10 min (chevauchements et interjections détectés).
Modèle mistral-small-latest · prompt v1 · les citations sont vérifiées mot pour mot dans le transcript ; le taux de réponse directe est calculé à partir des verdicts question par question. Aucun label idéologique n'est produit.
Et avec Léa Salamé, nous recevons un eurodéputé écologiste dans le grand entretien de la matinale. Vous pourrez évidemment dialoguer avec lui dans une grosse dizaine de minutes. 01 45 24 7000, réseaux sociaux et applications France Inter. Bonjour Yannick Jadot. Bonjour. Commençons Yannick Jadot par le grand débat sur la manière de sortir de la crise économique. Crise qui va durer longtemps mais n'en est qu'à ses tout débuts. Faut-il relancer la machine toutes affaires cessantes et encourager les consommateurs à consommer à nouveau ? Ou faut-il au contraire profiter de cette crise pour relancer l'économie par l'écologie ?
En 2008, Yannick Jadot, vous vous en souvenez, lors de la précédente crise économique, l'urgence avait été de relancer l'économie à tout prix. Pensez-vous qu'il va se passer la même chose en 2020 ou que les choses et les esprits surtout ont changé ?
Je
veux croire que les choses et les esprits ont changé. Vous avez raison. En 2008, on avait mis 35 milliards d'euros de relance. On estime qu'à peine 2 milliards ont été vers des activités qui nous permettaient par exemple de lutter contre le dérèglement climatique. Ce dérèglement climatique s'est accentué. On en subit les crises dramatiques, les inondations, les canicules, les pesticides ont augmenté. On a réduit le fret ferroviaire. On a augmenté le fret routier.
Donc
on s'est trompé. Il serait grave. Ce serait une faute politique, voire une faute criminelle, au regard des impacts que nous connaissons de la crise écologique, de relancer l'économie sans sauver l'humanité, sans sauver notre santé, sans sauver notre climat, parce que des chocs violents sont à venir si nous n'agissons pas.
Faute politique, faute criminelle, dites-vous. Mais si vous étiez aux manettes, vous feriez quoi ? Tenez par exemple sur l'aéronautique. Bruno Le Maire a d'ores et déjà demandé des contreparties écologiques à certaines entreprises, massivement aidées,
comme
Air France, qui doit supprimer certaines de ses lignes intérieures. Vous, Yannick Jadot, vous seriez donc aux manettes. Vous exigeriez quoi de plus d'Air France ? Les avions, ça pollue, on le sait, mais l'entreprise est aujourd'hui exsangue. Vous faites quoi ? Vous tranchez comment
? Il
faut sauver Air France KLM, bien sûr. À la fois, il y a du transport aérien, c'est une évidence. Il y a des milliers et des milliers de salariés, d'entreprises, nos grandes entreprises françaises, mais il faut aussi penser à toutes les PME qui sont dans l'aéronautique. Donc, il faut sauver l'aéronautique. Mais est-ce qu'il faut le sauver à l'identique ? Il y a eu un débat à l'Assemblée nationale. Pourquoi avoir refusé
d
'inscrire Air France KLM dans une stratégie forte de neutralité carbone, en jouant plutôt des accords volontaires ? Tant mieux si on a pris conscience qu'il fallait supprimer les lignes intérieures absurdes. Nous savons, au niveau européen, qu'il faut imposer une taxe kérosène. Ce serait près de 30 milliards d'euros, y compris de recettes fiscales, qu'on pourrait investir
dans
une mobilité moins polluante. Sur tous ces secteurs, on est parfaitement lucide. Nous savons qu'il faut sauver l'automobile, mais nous savons aussi que si on veut relocaliser une partie de la construction automobile, il faut le faire autour des voitures avec des pièces recyclables, de l'économie circulaire. Il faut le faire autour de l'électromobilité.
Donc,
il y a des perspectives extraordinaires d'innovation, de création d'emplois à l'échelle de nos territoires, à l'échelle de l'Europe, et que ça passe justement par cette innovation en matière de sobriété carbone ou de sobriété des pesticides.
Toujours sur l'aviation, François Bayrou s'était ému hier sur France Inter. Du fait que seulement deux rotations hebdomadaires entre Paris et Pau soient prévues à partir du 5 juin, toute une partie de notre pays, dit-il, qu'on appelle avec condescendance la province, se trouve largement abandonnée. A-t-il tort, Yannick Jadot ? Comment ne pas isoler des villes et des territoires quand on prend des décisions de ce type depuis Paris, dit François Bayrou
? Il
a raison. Il a raison sur le fait qu'il est aberrant aujourd'hui de continuer à prendre systématiquement les décisions depuis Paris quand elles concernent les territoires. On a eu le mouvement des Gilets jaunes. Le mouvement des Gilets jaunes, c'était aussi une revendication très forte autour de la désertification économique, en services publics, en transport de nos territoires. On a la SNCF qui est aujourd'hui en difficulté.
Il
est quand même invraisemblable d'entendre le patron de la SNCF dire, au moment où on sait qu'il faut faire du ferroviaire pour les passagers comme pour les marchandises, avoir un patron de la SNCF qui dit « je suis tellement en difficulté que je vais réduire mes investissements et je vais probablement licencier ». Donc on a besoin de penser l'aménagement de nos territoires.
On
voit également qu'avec cette période de confinement, il y a eu beaucoup de télétravail, du télétravail imposé et puis du télétravail qui s'est révélé intéressant dans l'organisation des entreprises. On va avoir des semaines et des semaines, voire des mois, où il va falloir gérer les transports avec de la distance.
Pourquoi ne pas organiser aujourd'hui, à l'échelle des régions, puisqu'elles ont de fortes compétences en matière de transport, des négociations entre les entreprises, les syndicats et les régions sur justement l'aménagement, notre rapport au travail, notre rapport au transport, qui est souvent un transport du temps perdu, de vie, et la protection des salariés et l'émancipation dans le travail. Voilà des chantiers qu'il serait extraordinairement intéressant, enthousiasmant de créer, qui répondent à l'urgence sociale, mais qui nous projettent dans une société plus bienveillante et plus sobre du point de vue de notre impact social et environnemental.
Alors, question sociale, question économique également. Le gouvernement envisage de restreindre le chômage partiel d'ici le 1er juin prochain. Les mesures de chômage partiel ont permis de faire tenir l'économie ces deux derniers mois, mais elles coûtent des dizaines de milliards d'euros à l'État. Est-ce que le gouvernement a raison de commencer à décélérer à partir du 1er juin
? On
a des entreprises qui vont mettre énormément de temps à sortir de la crise.
Et
potentiellement, nous le savons, tout donne à penser qu'il va y avoir des milliers de faillites et probablement beaucoup, beaucoup, beaucoup de chômeurs à l'issue de cette crise. Donc, il faut intervenir massivement dans l'économie et dans la protection des salariés. Sur le chômage partiel, évidemment que sur certaines entreprises, il faut prolonger le dispositif. Mais ce que nous proposons, nous écologistes, c'est
de
transformer ce chômage partiel en revenu de transition. Dans certains secteurs, on ne retrouvera pas le niveau d'activité qu'il y avait avant la crise. Et donc, il faut penser ce chômage partiel avec un plan massif de formation, vers ces nouveaux métiers dont nous avons besoin. Je pense, par exemple, à la question du bâtiment.
C
'est un secteur très intensif, très riche en main d'œuvre. C'est un secteur dont on sait qu'on a besoin sur le logement social. On a besoin sur la rénovation thermique. Il est triste aujourd'hui de constater qu'on ne met pas le paquet ni sur l'investissement public dans la rénovation thermique, ni sur la formation des artisans qui demandent cette formation pour justement les former, par exemple, à la rénovation thermique. Voilà comment on peut faire évoluer le chômage partiel pour qu'il soit utile au secteur d'activité qui, aujourd'hui, rêve d'avoir de l'activité, rêve d'engager du personnel.
Le patron du MEDEF, Geoffroy Roux de Bézieux, était au micro d'Inter il y a quelques instants avec Léa Salamé. Sur le rétablissement de l'ISF qui permettrait de récupérer 3 milliards d'euros, Geoffroy Roux de Bézieux dit qu'un impôt des riches, au fond, ne changera rien. C'est symbolique à un moment où l'on parle de centaines de milliards, voire de milliers de milliards d'euros pour relancer l'économie. Quelle est votre position sur le sujet, Yannick Jadot ? Faut-il malgré tout rétablir ce symbole si vous pensez que ça n'est que ça
? C
'est un symbole, mais 3 milliards, 4 milliards, ce n
'est
pas rien. Et je crois que nous n'échapperons pas à nous engager dans une réduction massive des inégalités. C'est une préoccupation majeure qui existait évidemment avant la pandémie. Notre pays, nos sociétés souffrent terriblement de l'explosion des inégalités et la réduction des inégalités, ça passe par plein d'outils, de leviers, depuis l'école jusqu'à justement ces secteurs économiques relocalisés, ces secteurs économiques réinstallés en Europe. Mais ça passe aussi par la fiscalité, ça passe par le fait qu'il faut remettre de la progressivité, il faut remettre probablement une tranche
sur
les plus hauts revenus. Il faut que ceux qui ont le plus de moyens aujourd'hui, ceux qui ont le plus de patrimoine, le plus de revenus, contribuent à un partage juste des richesses, participent à réduire les inégalités.
Si Emmanuel Macron allait vers ça, vers repenser la fiscalité pour les plus riches, réduire les inégalités comme vous le dites ce matin, mettre le paquet sur la transition écologique, il l'a dit, le président de
la
République, face à l'épidémie, il faut se réinventer et il prépare, dit-il, un changement politique fort à l'issue de cette crise.
Vous
l'avez entendu faire l'éloge du service public, reconnaître une erreur sur l'hôpital, critiquer le libéralisme, tout ça, tout ça. S'il décidait de mettre en œuvre tout ce qu'il dit et de mettre sur pied un gouvernement d'Union Nationale, est-ce que vous accepteriez de travailler avec lui ? Est-ce que vous lui donneriez une chance de changement ? Ou c'est exclu par avance
? Mais
moi, je suis député européen, les écologistes ont toujours travaillé avec tous les gouvernements en place quand il s'agissait d'ici, de solidarité. Là, nous proposons de relancer les contrats aidés parce qu'on va avoir énormément de jeunes qui vont arriver, qui n'auront plus d'emplois, et évidemment, la transition écologique. Donc, nous sommes
des
acteurs de la société, nous voulons la transformer tous les jours, il y a urgence. Maintenant, toutes les rumeurs dont on entend parler, c'est du casting politique. Nous savons aujourd'hui que dans notre pays, il y a quatre personnes
qui
sont aux manettes. Le président de la République, son Premier ministre et leurs deux directeurs de cabinet. Et autour de tout ça, il y a la technocratie qui essaye d'inventer des solutions qui sont parfois, et le plus souvent, totalement aberrantes. On infantilise, on culpabilise les Français en permanence. Souvenons-nous
comment
Nicolas Hulot l'a dit à votre micro, comment il a été empêché d'agir. Donc, le casting, ça n'est pas la solution. En revanche,
quand le président de la République... Mais ce n'est pas le casting, pardon,
est-ce que c'est répondre... Vous répondez à un... Ce n
'est
pas qu'une affaire de casting, c'est en gros, est-ce qu'aujourd'hui, les écologistes que vous représentez, est-ce que vous, Yannick Jadot, vous seriez Macron compatible si Macron revenait à ses promesses de campagne de 2017 ?
S
'il revenait à
ce qu'il avait...
Ecoutez,
ses
promesses de campagne de 2017, elles ont été mises en oeuvre pendant trois ans. Ça a été la réforme de l'assurance chômage. Heureusement, aujourd'hui, c'est arrêté. C'est une réforme totalement bâclée des retraites. Heureusement, aujourd'hui, c'est arrêté. Ça a été
le
report de toutes les ambitions en matière de transition énergétique. Ça a été une promesse d'arrêter le glyphosate. On devrait quasiment, ces semaines, avoir plus aucun glyphosate dans nos champs. Ça a été augmenté de 25% l'année dernière. Donc, moi, si vous voulez, à un moment donné, ce ne
sont
pas les discours qui comptent. Les Français sont en colère.
Les
Français veulent de l'action qui les serve, qui leur soit utile. Quand, encore ces dernières semaines, le ministre de l'économie valide un projet de mine d'or à ciel ouvert en Guyane quand l'État organise toutes les dérogations sur les épandages de pesticides à côté des domiciles. Vous voyez bien que tout ça va dans le sens inverse.
Donc, c'est exclu, pour
vous reposer la question de Léa. C'est exclu à vous entendre, et totalement exclu.
Mais,
moi, j'exclus, évidemment, de participer à une opération de communication. Je me bats
tous
les jours pour que, je l'ai dit, on fait des propositions sur le social, on fait des propositions de long terme. On a besoin de faire confiance aux forces vives de notre pays. Partout, des entreprises, des salariés, des associations, des agriculteurs,
des citoyens... Mais vous êtes dans l
'opposition, c'est ça ce que
vous nous dites d'une autre manière ce matin ? Non, je
suis toujours dans la construction, mais la construction dans la clarté et la cohérence. Pas dans la confusion, et, au fond, dans une forme de grande manipulation politique qui serait le pire pour la démocratie, qui nous amènerait encore plus vite à Marine Le Pen. Ce dont on a besoin, aujourd'hui, c'est de courage. On a besoin de tempérament. On a besoin
de
résister aux lobbies. Et puis, on a besoin d'ouvrir une incroyable espérance pour nos concitoyens. Et cette espérance, j'en suis convaincu, c'est justement cette matrice écologique qui est aussi une matrice sociale et une matrice démocratique.
Allez, la parole aux concitoyens auditeurs de France Inter. Bonjour, Angelo. Bonjour, France
Inter. Et bienvenue.
Bonjour.
Bonjour. Moi, franchement, je m'y perd un peu dans tout ce que dit M. Jadot. Et puis, pour avoir des réponses claires, c'est vraiment très compliqué pour dire non, je ne bosserai pas avec Macron. D'ailleurs, je pense que Macron ne le mérite pas. Moi, j'ai été très étonné du silence des écologistes, alors que ce soit au niveau local, au niveau national, pendant tout le début de la crise, pourtant,
il
y avait à dire. Et j'entends aujourd'hui parler d'une possible alliance socialiste-écologiste. quand on sait ce que ça a donné par le passé et comment les écologistes ont été roulés dans la farine. Je voulais aussi faire référence, je vais essayer d'embrasser l'âge, parce qu'il s'est passé du temps depuis que j'attends, je voulais
faire référence
à l'espèce d'autosatisfaits site qu'il y a eu sur les 13,8% pendant les dernières élections. Je trouve, messieurs les politiques, qu'en règle générale, et Dieu sait si je suis écolo depuis que je suis môme, humilité devant les résultats, 13,8%, c'est que dalle. Par rapport aux votants et aux abstenants. Merci. Quant aux orientations générales, j'ai vraiment du mal à comprendre M. Jadot. J'ai du mal à le comprendre.
Sur
quoi, Angelo, qu'il puisse vous répondre précisément sur un point ? Je sens un
non-droite-ni-gauche qui est apparent. Là, la réponse qu'il vous fait à Emmanuel Macron, c'est très difficile de répondre.
Ben
non, on ne le fera pas, malgré tout l'argumentaire qu'il a développé. Moi, je ne comprends pas qu'il y ait une porte qui soit fermée avec les insoumis. Alors, je ne parle pas
de M.
Mélenchon, parce que Mélenchon, moi, je n'ai pas de gourou, je n'en ai rien à faire. Mais sur la planification écologiste, il me semble qu'on est quand même dans des choses qui sont entendables.
Merci, Angelo.
Angelo, je suis obligé de vous couper. Excusez-moi, on va donner la parole à Yannick Jadot pour qu'il vous réponde et essaye donc de vous apporter un peu plus de clarté. Pouvez-vous le faire, Yannick Jadot
? Écoutez,
il y
a
eu beaucoup de réponses et beaucoup de procès d'intention. Vous savez, moi, ma seule ambition, ça fait 30 ans que je milite, longtemps en dehors de la politique. Ma seule ambition, c'est de mettre l'écologie aujourd'hui au cœur de l'action publique, au cœur du paysage politique. Mon histoire, elle est connue. Mon histoire, elle s'inscrit notamment dans les valeurs de la gauche. Mais ce qui est certain aujourd'hui, c'est qu'on est dans une telle situation sanitaire, évidemment, économique, sociale et évidemment écologique que toutes celles et tous ceux qui aujourd'hui sont ébranlés par cette nécessité de réinscrire les PME comme priorité à l'échelle de nos territoires.
Eh bien, je veux les rassembler. Alors, nos valeurs, restons claires, c'est la solidarité, c'est l'Europe, c'est la confiance dans les forces sociales de notre pays, c'est la décentralisation, c'est le féminisme. Toutes ces valeurs, elles sont claires. Mais moi, j'en ai ras-le-bol, en fait, de cette injonction à positionner l'écologie par rapport au paysage politique du XXe siècle. Tous les matins, on a droit à
l
'écologie. Est-ce qu'elle est de gauche ? Pas de gauche ? Trop à gauche ? Pas assez à gauche ? L'écologie doit devenir le cœur du paysage politique. Alors, quand les forces de gauche viennent vers l'écologie, eh bien, je m'en réjouis. Ça n
'a
pas toujours été le cas. Je m'en réjouis. Mais je ne m'arrêterai jamais là. Parce que la politique, aujourd'hui, c'est la génération climat. Ce sont des entreprises qui sont en train d'inventer des nouvelles façons de produire, de décider, de partager, de consommer, de s'organiser. C'est des chercheurs.
Et
c'est ces personnes-là que je veux rassembler, que les écologistes
veulent rassembler. Pour justement
ouvrir une perspective.
Yannick Jadot, ce que vous dit l'auditeur, c'est qu'au fond, vous avez déjà gagné le combat idéologique.
C
'est-à-dire que votre but de mettre l'écologie au milieu de l'Église, si j'ose dire, ou à la place de l'Église, c'est déjà gagné. En revanche, ce que vous ne gagnez pas, c'est le combat politique. Pour l'instant, il n'y a pas
d
'incarnation. Ça ne s'impose pas. C'est ce qu'il essaie de vous dire, d'une certaine manière.
Il n'y a pas de leadership,
pour parler
clairement.
Et ne me répondez pas, c'est juste un casting. Parce qu
'à
un moment, il faut y aller.
Mais on y va. On y va
en permanence. Oui, mais il faut être suivi.
Il faut être suivi. Écoutez, c'est le travail. C'est le travail de rassembler la société. C'est le travail d'être crédible sur cette transition économique. Cette crise, elle renforce la trouille de tout le monde. De chacune, de chacun. Est-ce que j'ai retrouvé mon boulot ? Est-ce que mon entreprise va fermer ? Est-ce que les services publics vont enfin être renforcés ? Est-ce que les biens communs, est-ce que nos enfants vont être dans un monde qui sera meilleur que celui qu'on a aujourd'hui ? Donc, tout le monde a la trouille. À nous, d'être crédibles sur tous ces enjeux-là, économiques, sociaux, d'organisation des territoires.
Quand cette semaine, la semaine dernière, nous gagnions une majorité au Parlement européen pour dire que l'Europe devrait mettre 2 000 milliards d'euros d'investissement, plus de 1 000 milliards d'euros en dons sur les pays les plus impactés. Et on va relocaliser l'économie. Et je me bats pour que les PME soient au cœur de la relance économique. On contribue en permanence à essayer de faire émerger un projet écologiste crédible. Mais c'est un chemin. C'est un chemin. Et on assume sa complexité. On assume sa difficulté. Et on assume ce moment terrible pour les citoyens du monde aujourd'hui face à une pandémie.
Yannick Jadot, quelques questions plus rapides. Le temps file. Dans une tribune au JDD 35 maires de France, Estrosi, Hidalgo, Repsamen, pour n'en citer que quelques-uns, appellent à mettre fin au confinement démocratique et à organiser le second tour des municipales au mois de juin. Y êtes-vous favorable ? Il faut accélérer maintenant sur ce calendrier. Dites-nous rapidement.
Il
faut garantir les conditions sanitaires d'organisation de ce scrutin. On sait les difficultés, les ratés de l'organisation du premier tour. On ne peut pas se permettre de recommencer, d'organiser un scrutin dans des conditions sanitaires qui ne seraient pas garanties. Si ces conditions sont garanties, évidemment, il va bien falloir clôturer ces élections municipales. Et je parlais des entreprises. Il y a plein d'entreprises aujourd'hui qui, effectivement, attendent d'avoir des exécutifs en place parce que toute la commande publique est bloquée aujourd'hui.
Yannick Jadot, les frontières rouvrent en Europe. C'est le cas pour les pays baltes, le cas pour l'Allemagne, l'Autriche, bientôt pour l'Italie. Dans ce dernier cas, il y a des enjeux touristiques majeurs. La France doit-elle rouvrir rapidement ces frontières
? J
'en discute très souvent. Et nous voulons prendre des initiatives avec mes collègues allemands, mes collègues verts allemands, notamment pour que la frontière franco-allemande puisse être réouverte. Mais il va falloir renforcer, muscler, j'allais dire, les institutions européennes sur la sortie, sur toutes les stratégies de sortie du confinement. Parce qu'on a des pays qui ont tellement agi de manière isolée que c'est difficile de coordonner ces stratégies de sortie. mais incontestablement, ce ne
sont
pas... C'est les conditions sanitaires qui doivent dicter nos mesures de confinement et de déconfinement. Ce ne sont pas des fantasmes politiques de la frontière.
La polémique entre la maire de Paris et l'exécutif Yannick Jadot sur la réouverture des parcs et jardins s'est poursuivie toute la semaine dernière. Ouvrir ses parcs, a dit Anne Hidalgo, c'est une question de santé publique. Considérant la circulation du virus en Ile-de-France, le gouvernement a refusé. Je le cite à nouveau, François Bayrou, hier sur Inter, s'est dit favorable à la réouverture de ces espaces verts. La contagion est beaucoup plus forte lorsque vous êtes dans des espaces fermés que si vous êtes en plein air, a dit le maire de Pau. Alors, faut-il, selon vous, rouvrir les espaces verts dans les zones rouges ?
Ah
oui ! Ah oui ! Déjà, un, on a tous besoin de nature. Là, on est en déficit. Enfin, moi, on est en manque de nature. C'est extraordinaire. Je me baladais avec ma compagne dans Paris ce week-end. Vous avez les personnes concentrées là où vous avez un petit espace pour s'asseoir, pour respirer un peu et prendre un peu le soleil et vous avez les parcs qui sont vides et qui sont fermés avec des bancs et des pelouses. C'est totalement débile.
Il
faut justement, vous savez, ça fait partie
de
ces mesures qui ne sont pas des mesures absolument essentielles mais qui disent à quel point on culpabilise, on infantilise les Français. Les Français sont parfaitement capables de fonctionner dans des jardins, dans des parcs, dans des espaces naturels sans se coller les uns aux autres parce qu'aujourd'hui fermer ces parcs c'est organiser le fait que les gens sont concentrés dans des espaces trop restreints.
Yannick Jadot, merci d'avoir été au micro d'Inter ce matin, eurodéputé écologiste. et... ...
Yannick Jadot