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InterviewLyon Première — L'invité politique du samedi· 19 décembre 2020 30 minContradictoireActualité / polémiqueSécuritéLogementEnvironnement & énergieÉconomie & entreprises

Alexandre VINCENDET : Maire LR de Rillieux-la-Pape

Audio original de l'émission.

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Chapitres

Répartition du ton (temps de parole politique)

Propositif 42 %Attaque 38 %Défensif 14 %

Questions et réponses

Taux de réponse directe : 98 % (directe = 1, partielle = 0,5, éludée = 0)

  • 0:29OuverteRéponse directe

    Qu'est-ce que vous en pensez ? Est-ce que vous pensez qu'effectivement c'est une priorité ?

  • 1:05RelanceRéponse directe

    Pour vous c'est la motivation de cette demande ?

  • 2:09OuverteRéponse directe

    Est-ce que ça vous intéresse ?

  • 4:41ComplaisanteRéponse directe

    Quand vous parlez de calcul politique, je vois vos yeux qui brillent.

  • 5:15OuverteRéponse directe

    Qu'est-ce qu'une mairie peut faire, très concrètement, dans une période comme ça ?

  • 7:39ComplaisanteRéponse directe

    C'est vraiment ce que vous vouliez faire, commencer par maire ?

Affirmations vérifiables (citations exactes)

  • 0:33Invité politiqueFait
    « La priorité c'est d'abord de respecter la loi. »
  • 1:33Invité politiqueChiffre
    « À Rieux-la-Pape, nous avons pris lors du premier confinement et du deuxième confinement la décision de débloquer des enveloppes, 140 000 pour la première et 100 000 pour la deuxième, 240 000 euros pour une ville comme Rieux, ce n'est pas rien, pour soutenir les commerçants de proximité et les artisans. »
  • 3:18Invité politiqueFait
    « C'est la droite, avec Jacques Chirac, qui a mis en place le principe de précaution dans la Constitution, justement. »
  • 3:29Invité politiqueFait
    « Donc on n'a pas de grandes leçons à recevoir de certains qui en font un porte-étendard. »
  • 5:12PrésentateurChiffre
    « Vous avez débloqué des enveloppes. Alors, je crois, 140 000 euros. 100 000 euros dans un premier temps. »
  • 5:12Invité politiqueChiffre
    « 140 000 dans un premier, 200 dans le deuxième confinement. »
  • 6:05Invité politiqueFait
    « Moi, je me rappelle, j'ai dû au moment où je savais que des masques arrivent dans un entrepôt, envoyer des camions de la mairie pour aller les chercher. »
  • 6:05Invité politiqueChiffre
    « Pareil, l'histoire des masques, c'est plus de 100 000 euros pour pouvoir les distribuer sur l'ensemble de la population. »
  • 12:31Invité politiqueChiffre
    « Il faut savoir que Rieux-la-Pape, quand je suis arrivé en 2014, c'était 57 % de logements sociaux. »
  • 12:49Invité politiqueChiffre
    « Ensuite, il faut savoir que la ville nouvelle, sur ses 18 000 habitants, c'est plus de 80 % de logements sociaux. »
  • 13:01Invité politiqueChiffre
    « Les Alaniers, aujourd'hui, est le quartier le plus pauvre de la métropole. 8 500 euros de revenus nets, médians, par personne et par an. »
  • 13:17PrésentateurChiffre
    « 320 millions d'euros ? »
  • 13:17Invité politiqueChiffre
    « Il y a 320 millions d'euros, pas encore investis, qui vont être investis. »
  • 16:27PrésentateurChiffre
    « Vous avez obtenu 5 873 réponses. »
  • 19:31Invité politiqueFait
    « On a été la ville qui a connu la plus forte baisse de délinquance de toute la zone police dans la métropole de Lyon. »
  • 28:56Invité politiqueFait
    « j'ai été élu à 30 ans »
  • 28:57Invité politiqueFait
    « maire d'une ville de banlieue »
  • 28:58Invité politiqueFait
    « reprise à la gauche »
  • 29:00Invité politiqueFait
    « cette ville était soi-disant un bastion imprenable »
  • 29:37Invité politiqueChiffre
    « une petite journée, c'est 10 heures par jour »
  • 29:39Invité politiqueChiffre
    « une grosse journée, ça va être 14, 15, 16 heures »

Temps de parole

  • Alexandre Vincendet82 %
  • Présentateur17 %

2,3 interruptions / 10 min (chevauchements et interjections détectés).

Modèle mistral-small-latest · prompt v1· les citations sont vérifiées mot pour mot dans le transcript ; le taux de réponse directe est calculé à partir des verdicts question par question. Aucun label idéologique n'est produit.

0:00
Présentateur

Lyon 1ère, l'invité du samedi. Sur Lyon 1ère, ce samedi, je reçois Alexandre Vincendez, le maire de Rieux-la-Pape. Bonjour. Bonjour. Merci d'accepter de venir répondre à quelques questions. Je vais faire comme d'habitude, commencer par deux questions d'actualité, et puis après on essaiera de vous découvrir, il y a beaucoup de sujets à Rieux-la-Pape. Première question, l'actualité c'est évidemment le confinement. Il y a quelques jours, le maire de Lyon et le président du Grand Lyon ont demandé à réouvrir d'avance les lieux culturels. Qu'est-ce que vous en pensez ? Est-ce que vous pensez qu'effectivement c'est une priorité ?

0:33
Alexandre Vincendet

La priorité c'est d'abord de respecter la loi. Il faut savoir que les règles du confinement et du déconfinement sont systématiquement présentées devant le Parlement, que ce soit l'Assemblée nationale ou le Sénat. Et on peut avoir des avis différents, ce n'est pas le problème. Je pense simplement qu'il faut éviter en cette période un peu troublée et extrêmement anxiogène pour nos concitoyens d'essayer de faire de la petite politique politicienne et essayer simplement de prendre le contre-pied pour préparer des échéances électorales, qu'elles soient locales avec les régionales ou qu'elles soient nationales avec une campagne pré-présidentielle.

1:05
Présentateur

Pour vous c'est la motivation de cette demande ? Mais bien sûr. Parce qu'il y a quand même des gens qui travaillent dans la culture.

1:09
Alexandre Vincendet

Mais bien sûr, mais que les gens travaillent dans la culture, ça il y a aussi des restaurateurs. Il faut aussi penser à eux. Il y a des petits artisans, des petits commerçants qui ont été en très grande difficulté. Je rappellerai simplement que les mêmes aujourd'hui qui demandent qu'on soutienne le monde de la culture sont ceux qui ont refusé lors du dernier confinement, notamment pour la métropole, de débloquer une enveloppe importante pour soutenir les commerçants et les artisans qui avaient fermé.

Je rappellerai par exemple qu'à Rieux-la-Pape, nous avons pris lors du premier confinement et du deuxième confinement la décision de débloquer des enveloppes, 140 000 pour la première et 100 000 pour la deuxième, 240 000 euros pour une ville comme Rieux, ce n'est pas rien, pour soutenir les commerçants de proximité et les artisans.

1:50
Présentateur

Bon, on va y venir. Encore une question d'actualité, puis on va en parler justement. Elle concerne l'environnement. Il a été annoncé que peut-être, vous qui êtes un fervent, que vous avez rendu hommage par exemple au général de Gaulle, vous êtes un gaulliste, je crois qu'on peut le dire. Oui, tout à fait. Il est question de changer la constitution et de faire entrer l'environnement dans la constitution. C'est une proposition qui a été faite récemment par Emmanuel Macron. Est-ce que ça vous intéresse ?

2:15
Alexandre Vincendet

C'est intéressant. Par contre, il ne faut pas tomber dans le coup politique. Là aussi. Vous l'avez vu ? Bien sûr, regardez. Vous avez vu quand même les images. Vous savez, s'il y a une chose que je ne peux pas reprocher à Emmanuel Macron, c'est de savoir faire de la politique et d'être un fin tacticien. Mais on ne peut pas, sur ces questions-là, faire de la tactique en permanence. On le voit et c'est habile de la part du président de la République. Il a été mis en grande difficulté pendant plusieurs heures devant la convention citoyenne. Il a passé des moments rudes et il a fini avec cette annonce de référendum sur l'environnement.

Qu'est-ce qu'on a gardé et qu'est-ce que les médias ont gardé comme image ? L'image d'un président de la République applaudit avec un effet un petit peu blast avec cette annonce de référendum. C'est très bien joué de la part du président de la République. Il triangule un peu ses adversaires. Le président de la République étant un fin tacticien et un fin politicien, il voit très bien qu'il y a des sujets qui sont en train de monter dans l'opinion. D'un côté, les questions liées à l'environnement. Et ça, je pense que l'ensemble des familles politiques, aujourd'hui, en sont parfaitement conscientes, y compris la mienne, qui avait déserté un petit peu ce champ.

Alors même qu'il faut quand même rappeler à vos auditeurs que c'est la droite qui a créé le ministère de l'écologie. C'est la droite, avec Jacques Chirac, qui a mis en place le principe de précaution dans la Constitution, justement. Donc on n'a pas de grandes leçons à recevoir de certains qui en font un porte-étendard. Simplement, ce qui est vrai, c'est qu'on a un peu délaissé ce sujet. Et aujourd'hui, il faut qu'on le réinvestisse avec un vrai message sur la défense de l'environnement. Après, rentrer dans le piège qui est tendu par le président de la République, vous êtes pour ou contre la défense de l'environnement sur un référendum.

Je pense qu'il faut qu'on soit extrêmement réaliste sur ce qu'attendent nos concitoyens. Ne pas tomber dans la caricature non plus et dans l'opposition bête et méchante, ou dans le fait de suivre le piège ou pas. Il y aura bien sûr une discussion. Ça demande une vraie réflexion de fond et savoir ce qu'on veut pour notre pays. Parce que l'inscrire dans la Constitution, ce n'est pas rien. Je rappellerai simplement qu'il y aura aussi d'abord un débat parlementaire, avec un vote conforme à l'Assemblée nationale et au Sénat. Il ne vous aura pas échappé que le Sénat et l'Assemblée nationale n'ont pas la même majorité aujourd'hui. Donc ce n'est pas gagné pour ce référendum.

C'est aussi une annonce qui ne coûte pas cher, parce qu'elle est quand même soumise au vote conforme du Parlement, avec les deux chambres qui n'ont pas la même couleur politique. Et si un accord est trouvé entre les deux chambres, ensuite les Français trancheront. Ça par contre, pour le coup, le faire voter par les Français, c'est plutôt une bonne chose.

4:41
Présentateur

Quand vous parlez de calcul politique, je vois vos yeux qui brillent. Vous aussi, vous êtes fort en politique. On vous appelle l'étoile montante de la droite. Je vais en parler tout à l'heure. Vous me direz justement quelle réaction ça vous inspire. Et dans un instant, surtout, on va parler de Rieux et des aménagements que vous envisagez. On fait une première pause. A tout de suite. La matinale du week-end, Yannick Cusy. Merci d'écouter Lyon 1ère. Notre invité cette semaine est le maire de Rieux-la-Pape, Alexandre Vincent D. Alors, vous en parliez à l'instant. On va commencer par ça. On est toujours dans le confinement. Vous avez débloqué des enveloppes. Alors, je crois, 140 000 euros.

100 000 euros dans un premier temps.

5:12
Alexandre Vincendet

140 000 dans un premier, 200 dans le deuxième confinement.

5:15
Présentateur

Qu'est-ce qu'une mairie peut faire, très concrètement, dans une période comme ça ?

5:19
Alexandre Vincendet

Qu'est-ce qu'on peut faire ? Je ne vais pas dire on bricole, mais en tout cas, on improvise. Et on essaye de parer au plus pressé. Je rappellerai quand même que ce sont, lors du premier confinement, et notamment pour préparer le déconfinement, ce sont les maires et les élus locaux qui ont réussi à trouver des masques. On se coordonnait ensemble pendant les périodes de confinement. On a fait des vidéoconférences. On se téléphonait. On essayait de trouver le meilleur fournisseur. On essayait de commander en masse pour justement pouvoir réserver les commandes.

Il faut savoir que vous aviez quand même des entreprises qui vendaient plusieurs fois le même stock de masques parce qu'elles savaient très bien que de toute façon, il y avait une demande qui était juste incroyable pour préparer le déconfinement. Moi, je me rappelle, j'ai dû au moment où je savais que des masques arrivent dans un entrepôt, envoyer des camions de la mairie pour aller les chercher. Pareil, l'histoire des masques, c'est plus de 100 000 euros pour pouvoir les distribuer sur l'ensemble de la population. Il y avait une grande opération de distribution de masques à domicile pour les plus fragiles, avec des points aussi pour le reste de la population. Ça a été une vraie logistique.

Les masques pour les plus de 6 ans, on l'a mis en place aussi lors des règles un peu plus contraignantes qui sont arrivées en cette fin d'année.

6:27
Présentateur

C'est dingue quand on y pense qu'un maire se transforme comme ça presque en intermédiaire commercial pour trouver des masques.

6:32
Alexandre Vincendet

Un maire, vous savez, c'est pour ça que j'ai l'habitude de dire que le mandat de maire est le plus beau de la République. Il serait bien qu'en fait, avant de faire un parcours politique, on passe par la case maire pour une bonne et simple raison. Quand vous êtes maire, vous êtes un généraliste. Quand vous êtes maire, vous êtes au contact de vos concitoyens en permanence. Quand il y a un problème, c'est vous qu'on vient voir. Vous êtes finalement la relation de ceux qui n'en ont pas. Et donc à partir de là, vous devez improviser en permanence dans des circonstances qui parfois peuvent être exceptionnelles.

C'est-à-dire, comme je l'ai dit, aller négocier des masques, trouver des solutions pour aider les plus fragiles, mettre en place une cellule de soutien aux personnes isolées, débloquer des enveloppes et trouver des marges de manœuvre budgétaires dans un contexte pas si évident que ça depuis 2014 pour les mairies. Pour aider les commerçants. Oui, on s'est transformé en généraliste et puis à un certain moment même en urgentiste. Donc on était un peu sur le champ de bataille et on continue à être mobilisé dans cette crise assez inédite.

7:29
Présentateur

Vous faites partie de ces jeunes maires fondus de leur municipalité. Ça se sent quand on va sur vos réseaux sociaux, votre Facebook. Vous êtes omniprésent sur à peu près tous les sujets. Ça, c'est vraiment quelque chose qu'on ne peut absolument pas vous reprocher. C'est que vous êtes très proche de vos habitants. C'est vraiment ce que vous vouliez faire, commencer par maire, ce que vous disiez à l'instant.

7:44
Alexandre Vincendet

Ah mais je pense que de toute façon, si vous n'avez pas, et moi c'est cette volonté vraiment que j'avais, c'est être au plus proche des gens et des Français. Et dans la ville de Rieux, il faut savoir qu'il y a des défis qui sont immenses. Cette ville qui a un potentiel incroyable, une population qui a un talent extraordinaire, mais qui pendant des années, je l'ai dit en 2014 avant l'élection, était plongée dans la naftaline. Parce que, on va dire les choses, certains pensaient qu'ils étaient assis avec le fait de laisser la ville nouvelle telle qu'elle était. Depuis les années 60, on pensait qu'on était assis sur un trésor électoral. Disons les choses telles qu'elles sont.

Vous savez, j'ai l'habitude de dire que la gauche ne s'est pas occupée des quartiers populaires, et la droite non plus. La droite, parce qu'elle pensait que ces populations qui habitaient dans ces quartiers ne voteraient jamais pour elle, et la gauche, pensant qu'elle voteraient toujours pour elle, ne s'en occupait pas non plus. Eh bien, moi j'ai envie de faire mentir un petit peu tout ça. Et j'ai envie de prouver aussi une chose depuis 2014, c'est que quand on fait un changement de majorité, et quand on a une volonté politique forte, on est capable de donner un destin différent à une ville et à ses habitants.

8:48
Présentateur

Bon, vous n'épargnez personne, c'est intéressant. Encore une question sur les masques dont vous parliez et ce confinement. Vous avez un regard critique sur l'action du Grand Lyon. Vous dites qu'il y a eu un manque de coordination ou de décision claire, c'est ça ?

8:58
Alexandre Vincendet

Alors, sur le premier confinement et sur le deuxième, ça ne s'est pas du tout passé de la même façon. Il faut quand même savoir que, alors même si on était dans un entre-deux-tours d'élections métropolitaines sur le premier confinement, il y a eu une vraie concertation par rapport à ce qui s'est passé sur le deuxième confinement.

Là, vraiment, je dois le dire, David Kimmelfeld, et j'étais dans son opposition pendant son mandat, a eu, je tiens à le dire, une attitude extrêmement digne d'un dirigeant de collectivité, et il est devenu un véritable responsable public, parce qu'il a mis autour de la table tout le monde, avec des groupes de travail pour travailler sur un plan de relance, qui d'ailleurs est passé un petit peu sous les teignoires avec l'arrivée de la nouvelle majorité écologiste. Mais il y avait une volonté de travailler collectivement avec l'ensemble des groupes politiques, majorité et opposition.

9:48
Présentateur

Et ça, ça a disparu avec l'arrivée des Verts ?

9:49
Alexandre Vincendet

Ça a complètement disparu avec l'arrivée des Verts, qui vous explique, écoutez, on est majoritaire, donc restez dans votre coin. Je rappellerai simplement que le mode de scrutin fait qu'il y a un effet amplificateur, mais les Verts ont en fait leur majorité grâce simplement à deux villes, Lyon et Villeurbanne. C'est deux villes sur 59 communes qui forment la métropole du Grand Lyon.

10:07
Présentateur

Donc manque de démocratie au Grand Lyon ? Manque d'écoute ?

10:11
Alexandre Vincendet

Écoutez, quand on vous explique très gentiment que même dans des secteurs, c'est le cas sur le plateau nord ou sur Rieux, que grosso modo nous ne sommes pas majoritaires à la métropole, alors que sur ce territoire, en l'occurrence, il y a un élu vert en tout et pour tout à Rieux-la-Pape et aucun élu vert, enfin, il y a un seul élu vert sur l'ensemble du plateau nord qui a été élu, parce que très clairement, ma famille politique, entre Philippe Cochet et moi-même, ainsi que Myriam Fontaine qui nous accompagnait sur le trio de tête pour tirer la liste métropolitaine, nous avons eu un grand succès, nous avons gagné la confiance de nos administrés.

Donc je veux dire, tout ça se respecte également. On doit respecter les équilibres politiques, on doit respecter les territoires, on doit respecter aussi ceux qui ont été choisis par les citoyens.

10:57
Présentateur

Et très bien élu, je dois le rappeler, vous avez été très bien élu pour le deuxième nom.

11:01
Alexandre Vincendet

On a fait au premier tour à la ville de Rieux 66% au premier tour, ce qui est le meilleur score de l'agglomération pour une ville de plus de 30 000 et 67% au deuxième tour à Rieux pour les métropolitaines. Donc c'est vrai que c'est quelque chose qui nous... C'est une vraie fierté, mais dans le même temps, c'est une fierté qui doit rendre très humble parce que ça veut dire qu'il y a une très grosse attente derrière nous.

11:18
Présentateur

Notre invité est Alexandre Vincendez et on se retrouve dans un instant pour parler encore de Rieux-la-Pape. On n'a toujours pas parlé d'aménagement, on va le faire et aussi de sécurité. A tout de suite. Lyon 1ère, l'invité du samedi. Sur Lyon 1ère ce samedi, notre invité est Alexandre Vincendez, le maire Rillard, puisqu'on dit Rillard.

11:36
Alexandre Vincendet

On dit Rillard, on dit Rillard. C'est les Rillard et les Rillards.

11:38
Présentateur

On commence par l'aménagement. J'ai vu que vous aviez lancé un programme pour reconquérir la vie nouvelle, la désenclaver. Quel est le projet ? Il faut changer tout Rieux ?

11:49
Alexandre Vincendet

En fait, c'est un projet global de transformation de la ville. En fait, Rieux-la-Pape, c'est différentes petites communes qui ont fusionné dans les années 60-70. Il y a Vincia qui est entre ville et campagne, et qui a un petit hameau qui appartenait à Miribel qui avait été rattaché au village de Rieux. Vous aviez des champs entre le village de Rieux et sur les balmes Crépieux-la-Pape. Et au milieu, on a construit la ville nouvelle. Aujourd'hui, la ville nouvelle, c'est 18 000 habitants sur une ville d'un peu plus de 31 000 habitants. Donc, ce qu'il faut savoir, c'est que la vérité, c'est qu'on n'a jamais finalement, pendant des années, pensé Rieux comme une seule et même ville.

Vous voulez plus de mixité ? Et le vrai sujet, c'est qu'en effet, un de mes combats, c'est la mixité sociale. Il faut savoir que Rieux-la-Pape, quand je suis arrivé en 2014, c'était 57 % de logements sociaux. C'était une baisse de 2 % en l'espace de 15 ans de logements sociaux, parce qu'il n'y avait pas de volonté forte de transformer la commune, et notamment de mettre en place de la rénovation urbaine. Ensuite, il faut savoir que la ville nouvelle, sur ses 18 000 habitants, c'est plus de 80 % de logements sociaux. Donc, avec des quartiers, 2 sous-quartiers, La Velette et Les Alaniers, 100 % de logements sociaux. Et Les Alaniers, aujourd'hui, est le quartier le plus pauvre de la métropole.

8 500 euros de revenus nets, médians, par personne et par an. Ce qui est vraiment très bas. C'est plus faible que le mât du taureau, à vous en voulin. C'est vous dire le dénuement de cette population.

13:14
Présentateur

Est-ce qu'on peut changer ça ? Là, vous avez investi combien ? 320 millions d'euros ?

13:17
Alexandre Vincendet

Il y a 320 millions d'euros, pas encore investis, qui vont être investis. On a aussi un plan important d'investissement sur des équipements publics. Moi, j'ai une chose qui est très simple. Premièrement, ce que je veux, c'est le retour de la mixité sociale dans les quartiers. Si, dans ces quartiers, alors que vous n'avez plus qu'en général, des bâtiments publics dégradés, des commerces qui ont fermé, ou qui se sont communautarisés, vous enfermez les gens entre eux, vous créez des ghettos, et donc, vous créez tous les problèmes qu'on voit aujourd'hui sur notre territoire.

13:43
Présentateur

Il y a eu plein de politiques de la ville qui ont dit ça, et que ça n'a jamais changé. Concrètement, vous voulez faire quoi ? Vous allez casser les immeubles ?

13:48
Alexandre Vincendet

Mais concrètement, les choses sont très simples. Ça va être, un, recréer de la mixité. Donc, il y aura une partie de démolition, bien évidemment, parce qu'il faut passer dans des quartiers 100% de logements sociaux, aux alentours de 60 à 50% de logements sociaux. C'est déjà en place sur le premier quartier 100% de logements sociaux, qui est La Volette. On refait une école. On est en train de créer un centre-ville. On met en place un centre culturel avec une médiathèque géante qui coûte à la collectivité 14 millions d'euros, et l'État nous a suivis là-dessus. On travaille, on a mis en place un cinéma. On est en train de mettre en place un nouveau linéaire commercial.

On travaille sur la mixité commerciale également. On essaye de, justement, faire venir de nouvelles populations, parce que si vous avez une mixité de populations, moins de pauvreté concentrée, c'est plus de mixité à l'école. C'est aussi plus de pouvoir d'achat pour maintenir des commerces sur place. C'est de travailler sur la couture urbaine. C'est de travailler sur le désenclavement et l'ouverture des quartiers. Bref, enfin, j'en ai vraiment...

14:38
Présentateur

En même temps, dans ce que vous dites, c'est très en même temps.

14:40
Alexandre Vincendet

Mais c'est une vraie politique globale. Pour reprendre le mot préféré d'Emmanuel Macron. Je ne fais pas du en même temps, mais en même temps... Enfin, je ne sais pas si je fais du en même temps ou pas. Ce qui est sûr, c'est que je pense qu'il faut avancer sur tous les sujets. Il faut avancer sur la rénovation urbaine, le parcours résidentiel, plus personne n'en parle. Vous savez, le vrai sujet, aujourd'hui, c'est quand on parque des gens au même endroit et qu'on les fixe à cet endroit-là. Et résultat des courses, en effet, vous créez une espèce d'apartheid sociale. Disons les choses telles qu'elles sont. Et ça arrange certaines personnes.

Moi, je pense que c'est tout l'inverse de l'esprit républicain. Vous savez, dans ces quartiers, il y a des gens qui sont extraordinaires et qui ont juste envie de s'en sortir. Qui sont venus ici parce qu'ils croient en notre pays. Parce qu'ils sont issus, certes, de la diversité. Mais s'ils sont venus ici, c'est parce qu'ils croient en leur pays. Dans le pays qui les a accueillis. Et ils pensent que ce pays peut être une chance pour l'avenir de leurs enfants. Et quand ces parents ou ces mères de famille viennent me voir en me disant « Monsieur le maire, il n'y a pas assez de petits blancs dans l'école de mon enfant. Est-ce que vous trouvez ça normal ?

» « Monsieur le maire, je suis obligé de mettre mon enfant dans l'école privée pour retrouver de la mixité pour mon enfant. Est-ce que vous trouvez ça normal ? » À partir de là, vous vous dites que la République, quelque part, elle a échoué. Et le travail des maires, bien sûr, je ne peux pas tout faire. Je n'ai pas tous les pouvoirs. J'ai autour de moi des acteurs institutionnels. J'ai une métropole. J'ai un État. J'ai une région. Ben, mon but, c'est justement un petit peu d'être l'entraîneur de tout ça. D'être celui qui va réunir tous les acteurs autour de la table et dire « Écoutez, j'ai un projet pour Rieux. La population soutient. Maintenant, j'ai besoin de votre appui.

Parce que vous, vous avez les fonds aussi. »

16:13
Présentateur

Merci d'écouter Lyon 1ère. Avec nous, Alexandre Vincent D. Le maire de Rieux-la-Pape, qui nous parle de sa commune, de ses projets. On va parler de sécurité. Vous avez fait une consultation citoyenne sur la sécurité. Vous avez obtenu 5 873 réponses. C'est sous mes yeux. Avec des questions très diverses qui vont de « Faut-il plus de caméras ? Faut-il plus de policiers ? » Ou « Faut-il, par exemple, vous donner le droit d'interdire les chaises longues sur les trottoirs ? » Ça m'a surpris, ce type de questions. Quelle est la démarche ? Vous encouragez la démocratie participative ? Vous voulez faire comme les Suisses ?

Parce que vous avez annoncé que vous alliez faire d'autres consultations, notamment sur l'environnement, je crois. Donc c'est quoi l'idée ? Est-ce que vous aviez besoin de ça ? Parce que vous êtes bien élu, justement.

16:51
Alexandre Vincendet

J'étais très bien réélu. Alors, vous savez, ça me fait un peu sourire sur les commentaires.

16:57
Présentateur

Tu n'as pas dit que c'était mal.

16:58
Alexandre Vincendet

Non, non, mais parce que ça a fait un peu réagir, cette consultation. Pendant 6 ans, on m'a expliqué que je ne consultais pas assez la population que je prenais souvent des décisions seule. Qu'est-ce que cela ne tienne ? Sur ce mandat, j'ai décidé de faire un certain nombre de consultations sur des sujets qui ne doivent pas faire l'objet de caricatures partisanes. Je m'explique. Sur la sécurité, vous savez, je pense que le vrai défaut de beaucoup d'élus, c'est de prendre des postures qui deviennent des impostures.

Vous avez en général ceux de droite qui vous expliquent que c'est la sécurité avec la sécurité, et ceux de gauche qui vous expliquent qu'il ne faut pas trop de sécurité parce que finalement, on rentre dans un état policier. Il faut arrêter tout ça. Vous savez, la sécurité, c'est la première des politiques sociales, et la sécurité, c'est la première des libertés. C'est ce qui vous permet d'aller et de venir en paix en bas de chez vous. La liberté de circulation, c'est la première des libertés.

Si, à Rieux-la-Pape, alors qu'on le sait, c'est une ville de banlieue avec des problèmes de banlieue et des problèmes de violence urbaine liés à des trafics de drogue, qu'on a vu se réorganiser lors du premier confinement et ensuite lors du premier déconfinement. Si je ne règle pas ou que je ne prends pas à bras-le-corps ce problème de l'insécurité, je n'arriverai pas à convaincre de nouveaux habitants de venir et de créer cette mixité sociale tant attendue.

Je n'arriverai pas à convaincre des chefs d'entreprise de venir investir dans ma commune pour implanter leur entreprise, créer de l'emploi pour mes habitants et ensuite aussi pouvoir créer de la richesse pour pouvoir redistribuer aux plus fragiles. Le vrai sujet, il est là. C'est pour ça que la sécurité, ce n'est pas un enjeu partisan. Par contre, c'est un vrai enjeu de politique publique. Et je rappellerai simplement pourquoi je dis que la sécurité est une politique sociale. C'est qu'en général, les premières victimes de l'insécurité et des voyous, c'est souvent les plus pauvres, les plus fragiles qui habitent dans les quartiers et qui n'aspirent qu'à une chose, vivent tranquillement.

La vie est déjà difficile pour ces personnes qui habitent dans des conditions parfois compliquées, dans des logements qui sont parfois dégradés, qui ont des problèmes sociaux, des problèmes financiers. Et en plus, on vient leur rajouter la dégradation du hall d'immeuble, le squat, le trafic de stupéfiants. Moi, je ne me résous pas à ça. À partir de là, moi, j'investis ce champ-là qui est essentiel pour le développement de la commune, pour la qualité de vie dans la commune. Mais pourquoi j'ai fait une consultation ?

Parce que, justement, j'ai entendu tellement de caricatures de la part d'une opposition municipale qui est un peu en mal de renouvellement que j'ai dit « Écoutez, c'est très simple, vous savez, il y a un vrai sujet de la sécurité. Sur le premier mandat, on a été la ville qui a connu la plus forte baisse de délinquance de toute la zone police dans la métropole de Lyon. » Le vrai sujet, c'est qu'avec la réorganisation du trafic de stupéfiants lors du confinement-déconfinement, on a perdu du terrain. Donc, on a voulu un petit peu reprendre à la main sur le sujet. On l'a vu, il y a eu quand même une visite du ministre de l'Intérieur suite à l'incendie d'une église.

Alors, justement, vous voulez faire partie

19:55
Présentateur

de ces quartiers reconquêtes ? Mais s'il faut que ce soit un quartier de reconquête éducatif,

19:58
Alexandre Vincendet

c'est plus de policiers nationaux. Et nous, on va encore augmenter nos moyens en termes de police municipale parce que l'un ne peut pas aller sans l'autre. Les communes ne peuvent pas tout attendre de l'État de façon bouche bée en disant, écoutez, comme certains maires le disent, moi, vous savez, la sécurité, c'est une fonction régalienne de l'État. Je ne fais rien. Je ne suis pas quelqu'un qui attend que les choses se passent. Je suis quelqu'un qui agit. Plus de policiers. Il y a une autre logique

20:21
Présentateur

que vous actionnez. Justement,

20:22
Alexandre Vincendet

quand je fais une consultation, c'est en fait pour que les gens s'approprient le sujet.

20:27
Présentateur

Ça vous donne aussi un blanc-seing quand on voit les résultats.

20:29
Alexandre Vincendet

Et voilà, quand vous êtes plus de 80% d'habitants qui vous disent OK, allez-y, libre d'agir au-delà de toute caricature partisane que certains voudraient pouvoir mettre en place.

20:41
Présentateur

C'est-à-dire que je vais supprimer les aides aux familles.

20:44
Alexandre Vincendet

C'est mis en place depuis 2018.

20:46
Présentateur

Ça, c'est efficace ?

20:48
Alexandre Vincendet

C'est efficace dans le sens où le but n'est pas de supprimer les aides. Le but, la suppression des aides, elle n'arrive qu'in fine si les parents refusent d'être accompagnés.

20:56
Présentateur

Moi, j'ai reçu la mère de Vauranvelin il y a deux semaines, trois semaines qui m'a dit que ça, c'est de la poudre aux yeux. C'est un faux pouvoir et c'est un jeu de... Alors, vous savez,

21:03
Alexandre Vincendet

ça va peut-être vous surprendre. Alors, j'ai... Là-dessus, c'est une différence de fond que j'ai avec Hélène Geoffroy. Simplement, moi, je vais vous dire, Hélène Geoffroy, on a appris à se connaître notamment... Vous avez un peu les mêmes problèmes. Mais on a un peu les mêmes problèmes. On a, en tout cas sur la rénovation urbaine, exactement le même diagnostic et la même volonté de faire bouger les lignes. C'est vrai. Vous voyez, entre la droite et la gauche, pour le coup, vous avez quelqu'un qui est président des Républicains pour le Rhône et quelqu'un qui brigue le poste de premier secrétaire du PS. On peut se retrouver sur ces questions-là qui doivent dépasser les clivages politiques.

21:36
Présentateur

Alors, sur la suppression des aides... Sur la suppression des aides, moi, je vais vous dire,

21:39
Alexandre Vincendet

on ne voit que ça. Mais en fait, il n'y a pas que ça. Le vrai sujet, c'est quoi ? C'est que l'aide municipale, elle est supprimée si les parents refusent de prendre en charge leur enfant. Le vrai sujet, c'est que quand vous avez des mineurs qui commencent à rentrer dans la grande délinquance, j'en ai reçu encore deux cette semaine. Un qui avait dégradé une caméra de vidéoprotection qui est là pour déranger un trafic de stupéfiants. L'autre qui faisait du rodéo urbain et parce qu'on a voulu l'arrêter avec sa moto est venu avec des camarades attaquer un poste de police municipale. Enfin, excusez-moi, à partir de là, ça veut dire qu'il y a quand même une grave dérive de la part des enfants.

Et si ces enfants commencent à dériver et qu'ils sont aujourd'hui, enfin, et demain, des adolescents perdus, ils deviendront des adultes en grande difficulté. C'est donc aussi une mesure de protection de l'enfance quand vous mettez aussi des parents devant leurs responsabilités et que vous leur dites voilà, maintenant on va vous accompagner. On vous propose de vous accompagner. On propose d'aider votre enfant. On propose de mobiliser les partenaires pour que justement votre enfant revienne dans le droit chemin. Ça, c'est vraiment de l'accompagnement social et familial. Et il y en a besoin.

Le but, c'est justement de remobiliser les parents qui restent les premiers éducateurs de leurs enfants. Par contre, s'ils refusent, parce que je veux qu'on soit dans une république des droits et des devoirs, s'ils refusent par contre, ils n'auront plus accès à la solidarité municipale qui sont juste des aides qui ne sont pas obligatoires de par la loi et qui sont juste issues de la bonne volonté de la municipalité.

23:07
Présentateur

On fait une nouvelle pause. C'est Alexandre Vincendé, le maire de Rieux-la-Pape, qui est notre invité cette semaine. On se retrouve pour une dernière fois dans un instant. Lyon 1ère, l'invité du samedi. Vous êtes sur Lyon 1ère. Notre invité cette semaine est le maire de Rieux-la-Pape, Alexandre Vincendé. On va essayer pour terminer si vous voulez bien de vous connaître un petit peu mieux. Alors, vous l'avez rappelé, vous êtes le patron LR du département. Vous avez été proche de M. Blanc, de M. Copé, de M. Sarkozy aussi. Et pourtant, là, depuis le début de l'interview, vous tapez beaucoup sur la droite. Vous êtes toujours

23:38
Alexandre Vincendet

de droite ou pas ? Je suis toujours de droite et je n'oublie pas de la douche d'hier. Vous avez cité un certain nombre de personnes qui m'ont aidé et pour qui j'ai toujours une affection, une amitié profonde. Encore cette semaine, j'étais au bureau politique de ma famille politique pour parler des primaires. Mais vous dites que la droite

23:53
Présentateur

a fait beaucoup de conneries.

23:54
Alexandre Vincendet

Vous l'avez dit là depuis le début. On ne va pas se raconter de bêtises. Enfin, attendez. Il y a un moment, vous savez, je pense que les Français n'ont pas la tête dans le guidon et ne sont pas dans le calcul permanent. Si nous avions été, si mes aînés avaient été si efficaces que ça, parce que je n'ai que 37 ans, donc quand nous étions aux responsabilités, quand ma famille politique était aux responsabilités au niveau national, j'étais encore un étudiant. Parce que maintenant, ça commence à remonter. Ça fait maintenant 13 ans que nous ne sommes plus aux responsabilités dans ce pays ou que nous n'avons plus gagné d'élections majeures en tout cas.

Si nous avons été écartés par les Français des responsabilités au niveau national. Et si aujourd'hui, nous avons des difficultés à nous faire entendre, c'est peut-être parce qu'on l'a bien cherché. Et c'est pareil d'ailleurs pour les socialistes. Et je pense qu'à un moment, si nous ne changeons pas le logiciel, si nous ne devenons pas une droite moderne, ouverte sur le monde et sur les sujets de sociétés qui sont, je dirais, importants aux yeux de nos concitoyens, comme le sujet justement de l'environnement, comme la question de l'alimentation, comme la question du parcours résidentiel et de l'habitat, comme les questions d'éducation et de culture.

Enfin, ça fait longtemps qu'on n'a pas entendu la droite sur ces sujets-là que de l'autre côté, vous n'avez pas des actions sur le terrain crédibles, notamment en termes de sécurité ou d'immigration. Les choses sont très claires. On ne nous regardera plus. On se dira, écoutez, ils sont bien gentils, les Républicains. Ils font des beaux discours. Mais bon, ils sont un peu bas de plafond et puis ils ne voient pas tout à fait la réalité des choses. Ce n'est pas ce que je veux pour ma famille politique. Je rappellerai, vous l'avez très bien dit, je suis issu d'une famille gaulliste. Et moi, mes grands-parents m'ont toujours appris un petit peu à vivre dans le culte du général de Gaulle.

On est la famille politique fondatrice de cette 5e République. On n'a jamais été aussi éloigné du pouvoir. Et moi, je pense quand même qu'aujourd'hui, nous avons des choses à dire et ce courant de pensée a encore des choses à dire dans ce pays.

25:51
Présentateur

J'ai encore 2-3 questions avec des réponses plus courtes. Si vous pouvez, comme ça, on essaiera de les faire toutes. Vous vouliez être député. Sous question, si vous devenez député, vous laissez tomber votre municipalité puisqu'on ne peut plus faire les dents en même temps.

26:04
Alexandre Vincendet

Ce qui est d'ailleurs une erreur majeure. Je le dis aujourd'hui quand on voit l'Assemblée nationale. Le fait de pouvoir cumuler député maire. Le faible niveau d'un certain nombre de parlementaires qui ont été élus sur un coup de dé. D'ailleurs, les Français s'en rendent compte qu'ils n'ont aucune consistance, aucune constance dans leur positionnement politique et qui en plus n'ont aucune expérience de ce qui se passe sur le terrain parce qu'ils n'ont aucun lien avec les Français. Je pense que le fait de permettre à des maires d'aller siéger à l'Assemblée nationale renourrait un grand lien entre les politiques locales et justement les politiques nationales.

26:35
Présentateur

En même temps, il y a eu des cumuls, il y a eu des abus. Vous parliez d'un bilan notamment de la droite. C'est à cause de ça aussi.

26:40
Alexandre Vincendet

Oui, mais c'est toujours très français. Le problème, c'est que d'abord, on permet tout et après, on ne permet plus rien. Le juste milieu, la mesure, ça peut être aussi un mode de gouvernance et on n'est pas toujours obligé d'être aux extrêmes. D'un côté, en permettant tout et ensuite, en interdisant tout.

26:52
Présentateur

Je vous entends beaucoup dire qu'on pourrait faire à la fois ça et ça et les deux camps, etc. Si on vous appelait pour faire un ministre pour le pouvoir actuel,

27:01
Alexandre Vincendet

vous nous éditoriez ? Mais aujourd'hui, la question 1, la question ne se pose pas. Par exemple,

27:05
Présentateur

Gérald Darmanin a un peu votre profil et il le fait.

27:07
Alexandre Vincendet

Oui, mais d'ailleurs, je connais Gérald Darmanin depuis longtemps. On a l'occasion, notamment sur des sujets de sécurité, depuis qu'il est ministre de l'Intérieur, d'échanger régulièrement. Nous, nous discutons ensemble régulièrement. Après, par contre, voilà, je sais que quand on vous demande, quand on vous propose d'être ministre de la République, de se mettre au service de son pays, forcément, je peux comprendre que ça interroge et qu'à un moment, on puisse franchir le rubicon. Aujourd'hui, la question n'est pas là. Moi, vous savez, aujourd'hui, j'ai été élu pour une mission extraordinaire qui est changer le visage de cette ville de Rieux. Je suis convaincu d'une chose.

Si j'y arrive, alors peut-être que je pourrais commencer à regarder les marches du dessus. Mais j'aurai une crédibilité, ça sera mon bilan et mon action politique sur le terrain. À partir de là, ce qui est vrai, c'est que parce que nous avons des réussites à Rieux, parce qu'on essaye d'innover, parce qu'il y a des choses qui sont en train de bouger dans cette commune alors qu'on pensait que tout était figé ad vitam aeternam, oui, il y a des politiques au niveau national qui commencent à s'intéresser à ce que je fais.

J'en suis très heureux, mais j'en suis surtout plutôt fier pour les habitants parce que ça me permet d'avoir une écoute de la part d'un certain nombre de décideurs nationaux pour décrocher un certain nombre de dossiers au niveau national pour le bénéfice de mes habitants.

28:21
Présentateur

Alors, je vais encore revenir là-dessus, mais on vous appelle, je le dis une nouvelle fois, l'étoile montante de la droite. Il y a une presse qui vous cherche, qui vous épingle. On dit aussi, cette presse-là dit que quand on vous appelle l'étoile montante de la droite, ça embête surtout les gens de votre camp. Vous, ça vous amuse ? Vous vous foutez complètement ?

28:39
Alexandre Vincendet

Alors, moi, je ne vais pas vous dire que je me contrebalance complètement, mais dans le même temps, ce n'est pas moi de dire si je suis une étoile montante ou pas. Mais ça vous amuse ? Moi, j'essaye simplement de faire mon travail du mieux possible. Vous savez,

28:50
Présentateur

ça c'est une réponse langue de bois. Non, je vois vos yeux sourire.

28:54
Alexandre Vincendet

Je vais vous dire pourquoi. J'ai eu une chance extraordinaire, j'ai été élu à 30 ans, maire d'une ville de banlieue, reprise à la gauche, alors que cette ville était soi-disant un bastion imprenable. Donc, c'est une chance incroyable. Mais c'est surtout une charge incroyable. Si ça peut me permettre d'avoir une certaine aura, mais c'est tant mieux pour finalement les actions que je porte. Après, on verra où me mènera mon parcours. Je ne suis pas quelqu'un qui coche des cases patiemment en disant par tel mandat, je ne sais pas où je serai dans 10 ans. Ce qui est sûr, c'est que je sais où je serai aujourd'hui, demain et après-demain. C'est dans ma commune.

29:27
Présentateur

Vous avez quand même des loisirs. Vous l'avez dit, c'est encore assez jeune. Vous arrivez à faire

29:31
Alexandre Vincendet

autre chose que de la politique. C'est très compliqué parce que c'est très prenant. En général, on travaille entre... Ça peut arriver une petite journée, c'est 10 heures par jour, une grosse journée, ça va être 14, 15, 16 heures.

29:40
Présentateur

Vous avez un loisir secret qu'on ne connaît pas ?

29:42
Alexandre Vincendet

Une chose que j'ai bien compris, c'est que quand on n'a plus rien, il reste toujours la famille. C'est pour ça que quoi qu'il arrive, j'essaye toujours de prendre du temps pour mon épouse, pour mon fils, que je mène à l'école tous les matins. C'est un rituel immuable et j'essaye vraiment d'être présent pour eux parce que j'ai une chance extraordinaire, c'est qu'ils comprennent mon engagement. Je suis soutenu par ma famille et donc je dois leur rendre un tout petit peu de ce qu'ils me donnent eux beaucoup plus au quotidien.

30:11
Présentateur

Ce sera la conclusion. Merci Alexandre-Vincendé, maire de Rigneux qui était notre invité cette semaine. Dans un instant, c'est les infos.